Tanella Boni est morte à 72 ans

par La redaction
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Tanella Boni

L’écrivaine, poète et philosophe ivoirienne Tanella Boni est morte le 15 septembre 2026 à Toulouse, à l’âge de 72 ans. Née à Abidjan le 20 mai 1954, elle a publié pendant plus de quarante ans des romans, des essais, de la poésie et des livres pour la jeunesse, parallèlement à une carrière universitaire en philosophie.

Après des études supérieures à Toulouse, elle poursuit sa formation à l’Université Paris IV-Sorbonne. Elle y obtient en 1979 un doctorat de troisième cycle consacré à la théologie chez Platon et Aristote, puis, en 1987, un doctorat d’État sur L’idée de vie chez Aristote. 

De retour en Côte d’Ivoire, elle enseigne à l’Université de Cocody, devenue depuis l’Université Félix Houphouët-Boigny, et dirige le département de philosophie de 1982 à 1984. Elle sera également vice-doyenne de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines entre 1993 et 1997.

Tanella Boni a aussi joué un grand rôle dans la vie littéraire et culturelle ivoirienne. Élue en novembre 1991 à la tête de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, elle la préside jusqu’en 1997. Dans une interview publiée en 1993, elle expliquait déjà que l’association devait défendre les intérêts des écrivains, promouvoir l’écriture et donner à l’écrivain une place dans la cité. De 1998 à 2002, elle organise également le Festival international de poésie d’Abidjan.

Elle occupe également plusieurs fonctions dans des institutions culturelles et philosophiques, en Côte d’Ivoire comme à l’international. Elle est directrice de programme au Collège international de philosophie à Paris de 1992 à 1998, puis directrice de la Francophonie au ministère ivoirien de la Culture de 2000 à 2002. Elle est ensuite vice-présidente du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines, une organisation internationale créée à l’initiative de l’UNESCO et basée à Paris, de 2002 à 2006. De 2013 à 2018, elle est vice-présidente de la Fédération internationale des sociétés de philosophie, qui réunit des sociétés et institutions de philosophie du monde entier. Elle a également été membre de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines.

En 2005, Tanella Boni reçoit le prix Ahmadou-Kourouma pour Matins de couvre-feu, publié au Serpent à Plumes. Le roman est écrit dans le contexte de la crise ivoirienne du début des années 2000. En 2018, l’Académie française lui décerne le prix Théophile-Gautier pour son recueil Là où il fait si clair en moi, publié aux éditions Bruno Doucey.

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En 2022 paraît Insoutenable frontière, un recueil de poésie consacré entre autres aux frontières, à l’exil, aux inégalités, aux guerres et aux déplacements de population. Le livre reçoit en 2023 le Prix francophone international du Festival de la poésie de Montréal, puis le prix Tchicaya U Tam’si en 2025.

Les questions abordées dans ses travaux philosophiques se retrouvent régulièrement dans ses livres : la dignité humaine, la place des femmes, les migrations, les violences politiques, les frontières ou encore les conditions d’une vie digne. 

Avec la disparition de Tanella Boni, la Côte d’Ivoire perd l’une de ses grandes voix littéraires et intellectuelles contemporaines, une autrice qui aura compté autant par ses livres que par les espaces de pensée, de poésie et de transmission qu’elle a contribué à faire vivre.

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