Nétonon Noël Ndjékéry remporte le Prix Ivoire 2026

par La redaction
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Portrait de Nétonon Noël Ndjékéry et couverture de La Fabrique du merveilleux avec le bandeau Prix Ivoire 2026.

L’écrivain tchadien Nétonon Noël Ndjékéry remporte le Prix Ivoire 2026 pour la littérature africaine d’expression francophone avec La Fabrique du merveilleux, publié aux éditions Hélice Hélas. Le résultat a été rendu public le 30 octobre. La remise officielle de cette dix-huitième édition est prévue le samedi 28 novembre à l’hôtel Les Vallons, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Le prix est doté de deux millions de francs CFA, soit environ 3 000 euros.

Présidé par l’écrivaine et dramaturge Werewere-Liking-Gnépo, le jury a salué « l’écriture inventive, imaginative à souhait, très riche et variée » du livre. Dans les motifs de sa décision, elle souligne la place des langues africaines dans le récit et décrit un conte nourri de traditions anciennes, qui interroge la gouvernance politique et porte un espoir pour le continent.

Le jury comptait aussi Hélène Lobé, présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, Foua Ernest de Saint Sauveur, président honoraire de cette association, ainsi que les critiques littéraires Auguste Gnaléhi et Henri N’koumo.

Une fable sur la tyrannie et la liberté

Paru en janvier 2026, La Fabrique du merveilleux se déroule dans la principauté imaginaire de Lara. Une courtisane, Poudoudou, gagne les faveurs du monarque Laoula, écarte les autres épouses et remplace les conseillers. Devenue reine, elle impose progressivement son autorité sur le royaume et gouverne par la terreur.

La résistance prend forme dans une forêt où se fabriquent les rêves destinés aux humains. Les arbres, les animaux et la divinité Sou y préparent des rêves de liberté. Deux personnages, Guiliguili et Tipipi, s’en emparent pour combattre la tyrannie et améliorer la vie collective. Le merveilleux intervient ainsi directement dans la lutte contre le pouvoir qui opprime le royaume.

L’histoire se poursuit avec une interrogation sur l’usage de ces rêves après le retour de la paix et de la prospérité. Dans sa présentation, l’éditeur décrit une réflexion sur la démocratie, sur les difficultés à la préserver et sur l’usage du progrès. Le livre aborde donc aussi la vie qui suit la chute d’un pouvoir tyrannique.

Les cinq finalistes du Prix Ivoire 2026

Cette édition du Prix Ivoire avait réuni 46 ouvrages provenant de treize pays. Cinq romans figuraient dans la sélection finale, avec des écrivains représentant le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Tchad, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Les quatre autres finalistes étaient Djaïli Amadou Amal pour Espoir, publié aux éditions Emmanuelle Collas ; Jocelyn Danga pour Né sur des pissenlits, chez Elyzad ; Célia Sanchez pour Yaay !, chez L’Harmattan Sénégal ; et Ephrem Youkpo pour Ceux qui parlent fort, chez Eyo Éditions.

Né à Moundou, au Tchad, Nétonon Noël Ndjékéry vit en Suisse. Il a reçu en 2017 le Grand Prix littéraire national du Tchad pour l’ensemble de son œuvre. Son roman Il n’y a pas d’arc-en-ciel au Paradis, publié chez Hélice Hélas en 2022, a obtenu le Prix Hors concours et le Grand Prix littéraire d’Afrique noire la même année, puis le Prix Lettres frontière en 2023.

Créé en 2008 par l’association ivoirienne Akwaba Culture, présidée par Isabelle Kassi-Fofana, le Prix Ivoire récompense la littérature africaine d’expression francophone. Nétonon Noël Ndjékéry succède à l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo, lauréate en 2025 pour Je remercie la nuit, paru chez Mémoire d’encrier.

Livres cités dans cet article

  • La Fabrique du merveilleux — Nétonon Noël Ndjékéry — Amazon
  • Espoir — Djaïli Amadou Amal — Fnac
  • Né sur des pissenlits — Jocelyn Danga — Fnac
  • Yaay ! — Célia Sanchez — Fnac
  • Ceux qui parlent fort — Ephrem Youkpo — Fnac
  • Il n’y a pas d’arc-en-ciel au Paradis — Nétonon Noël Ndjékéry — Fnac
  • Je remercie la nuit — Véronique Tadjo — Amazon

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