Au Maroc, Yasser Mounbir, dessinateur et graffeur de 22 ans, a été condamné dans la nuit du 30 au 31 octobre 2026 par le tribunal de première instance de Casablanca à quatre ans de prison ferme et à une amende de 40 000 dirhams, soit environ 3 600 euros. Il était poursuivi après avoir diffusé sur Instagram des caricatures du roi Mohammed VI. Son avocat, Farouk Mehdaoui, a annoncé son intention de faire appel.
L’artiste a été reconnu coupable d’offense envers la personne du roi et d’outrage à des agents publics. Les dessins mis en cause représentaient le souverain sous différentes apparences, parfois travesti ou sous les traits d’un animal. Yasser Mounbir avait été convoqué par la police judiciaire le 15 juin 2026, puis placé en détention provisoire. Au moment du jugement, il était incarcéré depuis plus de quatre mois à la prison d’Oukacha, à Casablanca.
La défense de Yasser Mounbir annonce un appel
L’affaire repose sur l’article 179 du Code pénal marocain, qui sanctionne les injures, diffamations ou offenses visant le roi. La peine prévue peut atteindre deux ans d’emprisonnement, et être doublée lorsque les propos sont diffusés par voie électronique. C’est cette disposition relative à la diffusion sur Internet qui explique le plafond de quatre ans appliqué dans ce dossier. Les caricatures ayant été publiées sur Instagram, la condamnation correspond à la peine maximale possible dans ce cadre.
L’Association marocaine des droits humains, organisation de défense des libertés fondamentales, a dénoncé une sanction disproportionnée et demandé la libération du dessinateur. Une pétition soutenue par plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des artistes, des journalistes et des responsables politiques, réclame l’arrêt des poursuites pénales contre des artistes pour leurs œuvres. Ses défenseurs considèrent que la condamnation porte atteinte à la liberté de création et d’expression.
Farouk Mehdaoui, qui assure sa défense avec l’avocate Sara Soujar, conteste la sévérité de la décision. Il a indiqué que l’état psychologique du jeune homme était préoccupant pendant sa détention. La procédure n’est donc pas achevée, puisqu’un appel a été annoncé.
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