Le Sénégal a inauguré le 27 octobre 2026, à Dakar, Niokolo-Base, une bibliothèque numérique consacrée aux documents scientifiques et historiques du parc national du Niokolo-Koba, dans le sud-est du pays. Ce parc, qui abrite des lions, des chimpanzés, des éléphants et de nombreuses espèces d’oiseaux, fait partie du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, l’UNESCO, depuis 1981.
Niokolo-Base centralise un patrimoine documentaire dispersé
La Direction des parcs nationaux, service public sénégalais chargé de la gestion des espaces protégés, souhaite rassembler dans cette bibliothèque les études, rapports, inventaires et autres archives produits au fil des décennies sur la faune, la flore, les écosystèmes et la conservation du parc. Jusqu’ici, une partie de ces documents était conservée dans différents bureaux et institutions, parfois uniquement sur papier. La dispersion des fonds rendait leur consultation plus difficile pour les agents du parc et les chercheurs, et risquait d’entraîner la perte de certains d’entre eux.
Ousmane Touré, responsable du projet de numérisation, a indiqué lors du lancement qu’environ 600 documents avaient déjà été numérisés. Il prévoit l’intégration d’un millier de fichiers dans la base de données d’ici à la fin de 2026. Le catalogue Niokolo-Base est consultable en ligne. La plateforme est destinée à faciliter le travail des équipes de conservation, des scientifiques et des étudiants.
Le projet a été développé par la Direction des parcs nationaux avec l’École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes, appelée EBAD, qui forme les professionnels de l’information documentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il bénéficie du soutien de l’organisation Ucoopia et de la coopération belge. Lors de l’inauguration, Cheikh Ndiaye Sylla, conseiller technique au ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, a expliqué que la centralisation des archives devait faciliter le suivi de la faune et la transmission des connaissances scientifiques. Gaspard Van Goethem, représentant de l’ambassade de Belgique au Sénégal, a confirmé le soutien belge à cette initiative.
En 2007, l’UNESCO a inscrit le parc du Niokolo-Koba sur la Liste du patrimoine mondial en péril en raison du braconnage, du déclin de certaines populations animales et des pressions exercées par les activités humaines.
Le 24 juillet 2024, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a retiré le parc du Niokolo-Koba de la Liste du patrimoine mondial en péril, après avoir constaté des progrès dans la surveillance du parc et la protection de ses écosystèmes. Le parc reste inscrit au patrimoine mondial et l’UNESCO demande au Sénégal de poursuivre ses efforts de conservation.
Les équipes pourront s’appuyer sur les archives réunies dans Niokolo-Base pour retrouver des observations anciennes, consulter les études déjà menées et comparer les données recueillies à différentes périodes.
À lire aussi : La préservation de la bibliothèque de Léopold Sédar Senghor.
L’Afrique au creux des lettres