Une plaque en hommage à Aimé Césaire à l’Assemblée nationale française

par La redaction
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Aimé Césaire assis, photographié en 2003.

Une plaque commémorative en hommage à Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, a été dévoilée le 13 octobre 2026 dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale française, au Palais-Bourbon, à Paris, en France. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’institution, a présidé cette cérémonie organisée à la demande de Béatrice Bellay, députée de la Martinique. La plaque a été apposée sur le siège numéro 607, qu’Aimé Césaire occupait lorsqu’il siégeait avec le groupe communiste, de 1945 à 1956.

Sa fille Michèle Césaire, des membres de sa famille et plusieurs élus ont assisté à l’hommage. Des étudiants de classe préparatoire littéraire du lycée Louis-le-Grand étaient aussi présents. Aimé Césaire avait étudié dans cet établissement parisien, où il avait rencontré Léopold Sédar Senghor, écrivain et futur président du Sénégal.

Un hommage à Aimé Césaire avec la lecture de ses textes et discours

Les comédiens Bakary Sangaré et Steffy Glissant ont lu des textes de l’écrivain et ancien parlementaire. Le programme associait un discours prononcé devant la première Assemblée nationale constituante le 20 décembre 1945, une intervention du 27 juillet 1981 sur le projet de loi de décentralisation porté par Gaston Defferre et un extrait du Cahier d’un retour au pays natal.

Le premier discours portait sur la situation économique et sociale des Antilles. Celui de 1981 concernait la décentralisation, c’est-à-dire le transfert de compétences de l’État aux collectivités territoriales, et la prise en compte des particularités antillaises. Ces interventions figuraient au programme aux côtés de sa poésie, dans une cérémonie consacrée à son parcours littéraire et politique.

Né en 1913 et mort en 2008, Aimé Césaire est l’un des fondateurs de la négritude avec les écrivains Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. Ce mouvement affirme la dignité, l’histoire et les cultures noires face au racisme et à la domination coloniale. Son Cahier d’un retour au pays natal a été publié pour la première fois en 1939 dans la revue Volontés. En 1950 paraît Discours sur le colonialisme, essai qui dénonce la violence du système colonial. Son œuvre comprend aussi des pièces de théâtre, dont La Tragédie du roi Christophe, Une saison au Congo et Une tempête.

Près de quarante-huit ans de mandat parlementaire

Élu député de la Martinique en 1945, Aimé Césaire a siégé jusqu’en 1993. Il a également été maire de Fort-de-France de 1945 à 2001. À l’Assemblée nationale, il a participé à l’adoption de la loi du 19 mars 1946, qui a transformé la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion en départements français. Il défendait l’application des mêmes droits et des mêmes protections sociales que dans la France hexagonale.

Dans son allocution du 13 octobre, Yaël Braun-Pivet a rappelé les limites rencontrées après cette départementalisation, avec des délais d’application et des inégalités persistantes. Aimé Césaire a ensuite défendu une plus grande autonomie pour la Martinique. Il a quitté le Parti communiste français en 1956, puis cofondé le Parti progressiste martiniquais en 1958 avec Pierre Aliker.

Cette plaque prolonge un précédent hommage au Palais-Bourbon. Le 1er mars 2022, Richard Ferrand, alors président de l’Assemblée nationale, avait donné le nom d’Aimé Césaire au salon d’accueil du public. L’institution propose désormais sur son portail vidéo l’enregistrement de la cérémonie du 13 octobre 2026, d’une durée de 55 minutes et 2 secondes, avec les lectures et le dévoilement de la plaque.

Sources : communiqué de la présidence de l’Assemblée nationale, allocution de Yaël Braun-Pivet et enregistrement officiel de la cérémonie.

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