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La participation des écrivains Africains de la diaspora aux événements littéraires en Afrique est-elle nécessaire (1)
InterviewsAfrique de l'Ouest

Abdoulaye Soumaré: « Le Panafricanisme est un devoir accompli en soutien du refus de l’aliénation »

par La redaction 19 janvier 2019
Rédigé par La redaction

Il y a de ces romans, hors de l’axe du temps, qui vous hantent. Ce genre de romans que vous lisez et relisez, votre attention retenant un nouvel aspect, et vice-versa. La rue de la forêt de l’auteur sénégalais Abdoulaye Soumaré, paru chez Épiderme en 2016, est de ces romans dans l’air du temps, et intemporels tout autant.

La rue de la forêt reflète peines et luttes d’un panafricanisme mondial, conté par un narrateur se situant en Allemagne, arraché de sa matrice, la Terre d’Afrique. En ce narrateur, convergent les peines confondues d’une Afrique attaquée, arrachée de ses ressortissants. Le roman est un aller-retour, un retour pour une allée constante, dans le bien-être des peuples du monde. Il y a trente ans, dans les années quatre-vingt, ce roman fut écrit, avant que son auteur ne trouve un éditeur. Le temps a fui, les choses ont peu bougé, l’ordre colonial autrement restauré. La rue de la forêt nous le rappelle, sagement, incessamment, tel son auteur, qui prête son hors temps à des réflexions afrolivresques.

Abdoulaye Soumaré, vous avez grandi au Sénégal au moment des indépendances. Depuis trois décennies, vous êtes engagé dans un panafricanisme dont votre roman La rue de la forêt s’inspire. De quoi le panafricanisme que vous projetez est-il composé ?

« Nous ne voulons plus des États prébendiers« , disait tout récemment Nouhoum Keita, activiste malien. Nous voulons guérir de la misère, l’intoxication ou formation du matérialisme scientifique irrespectueux de tout. Comme dans notre enfance et jeunesse on écoutait fréquemment et volontiers Bob Marley dire qu’il faut se libérer de la mentalité d’esclave, nous sommes devenus militants de l’émancipation des peuples du monde entier. Liberté du mercantilisme esclavagiste. L’allocation universelle pour responsabiliser et assurer tout un chacun dans le futur, ce n’est pas seulement pour les peuplades européennes, chinoises ou américaines. Les retombées de la manufacture globale doivent revenir au monde entier. Par l’arrêt du gâchis des dépenses militaires mondiales. Et l’ouverture des frontières. Pour soutenir la congrégation mondiale. La rue de la forêt est une marque de notre engagement social. Pour le cessez-le-feu universel ou la paix dans le monde.

[bctt tweet= » L’Afrique est le continent de l’exploitation sauvage la plus meurtrière.  » username= »Affrolivresque »]

Votre roman me paraît questionner un dilemme : beaucoup d’Africains s’engagent pour le bien de leurs sociétés africaines, faisant face à une Europe qui les opprime. Leurs sociétés africaines respectives, toutefois, ne les reconnaissent pas toujours. Et s’opposent parfois à eux, tout en aspirant à l’Europe. Comment répondez-vous à ce dilemme ?

Cette question centrale demande à se tenir droit debout. Contre l’exploitation des multinationaux Européens. En même temps, cela demande à tenir tête à l’oppression et le déni de politiques africains ingrats à l’égard de leurs enfants. Ces absurdités asociales sont préméditées et commanditées par le capitalisme global des rentiers et des dividendes bancaires. À cela, c’est la résilience humaine elle-même qui apporte une réponse. Ce n’est pas pour rien que l’on dit que la dignité est intouchable. Parce que cette honorabilité est la valeur humaine suprême. Le respect réciproque induit à la justice sociale, qui est garante de la paix collective – la posture adéquate pour enquérir nos droits universels. Notre liberté est bafouée et piétinée par la boutique libérale, la prébende qui ne tient ni compte de notre humanisme, ni du minimum de soins dus à notre environnement. L’Afrique est le continent de l’exploitation sauvage la plus meurtrière.

L’entre-deux qui caractérise votre roman se reflète dans le dialogue entre une voix de femme, appelée Gaby, et le narrateur. Gaby est une femme issue d’Europe, le narrateur est africain. Les deux discutent et échange sur l’Histoire et le sort de l’Afrique. Ce dialogue qui alterne avec un récit fait la grande part du roman. Pourquoi avoir choisi cette forme de dialogue et ces interlocuteurs ?

La condition féminine est le noyau de l’évolution humaine. Mais, elle est déplorable dans cette Afrique. Comme dans le reste du dit tiers-monde d’ailleurs. Gaby, l’Européenne instruite, fait bien de sympathiser avec ses sœurs et frères du globe souffrant. Car, avec l’avantage de la bonne et libre éducation qu’elle possède, au contraire de l’Afrique où le taux d’analphabétisme est estimé à 80 %, elle peut se souvenir des lois saliques pour l’affaiblir, la sous-estimer et l’exploiter. Comme elle se rappelle des héroïnes d’antan engagées dans sa libération. Surtout de leur douloureux martyrium. Telle que Marie Olympe de Gouges guillotinée par la Révolution française. Pour avoir défendu les esclaves Noirs. Elle a écrit la première déclaration des droits civils et politiques des femmes. Rosa Luxembourg fusillée et noyée par la mouvance fasciste patriarcale. Et tant et tant d’autres. Toutes des Mères Courage au front de la lutte antiesclavagiste, le combat contre l’exploitation de la femme par l’homme. C’est pourquoi Gaby, pareille à toute demoiselle européenne émancipée et compatissante avec les opprimés, doit avoir beaucoup d’estime pour ses sœurs ! Kung et bushmen, dits primitifs mais chez qui paradoxalement ces mêmes bonnes compagnes jouissent pleinement de leurs droits humains. Elles s’attellent ainsi ensemble dignement à leurs devoirs de restauration de la civilisation.

[bctt tweet= »La condition féminine est le noyau de l’évolution humaine. » username= »Afrolivresque »]

Dans votre roman, cette restauration de la civilisation me semble se déjouer dans une forme de restauration, à savoir le club de musique africain portant le nom de « Club Dakar ». Loin de se situer à Dakar, ce club se trouve à Cologne, une ville d’Allemagne. Quelle importance ce club africain en Europe a-t-il pour vous ?

Le club Dakar à Cologne, comme tous les coins de rencontre de la diaspora africaine, est un emplacement hybride. Il s’agit de recréer, dans le lointain, une atmosphère de case familiale. Ou d’un chez-soi dans l’ailleurs et l’illusion, comme l’écrivait Abdoul Aziz Mayoro Diop, représentant du Sénégal à la voix de l’Allemagne, dans les années quatre-vingt. Au fil de l’immigration des Africains vers le nord, les ressortissants des pays du sud deviennent plus panafricanistes que leurs gouvernements et leurs représentants au pays et dans l’hexagone. Ceci est dû au fait que la diaspora est obligée d’avoir recours à la solidarité ancestrale. Voir l’hospitalité, le partage et la fraternité d’une coexistence sans frontières. Alors que les responsables politiques ne sont pas autorisés à dépasser les limites de leurs États rançonnés par la finance, qui gère toutes leurs ressources, et impose le comportement de ses tributaires. Comme le fait remarquer Aaron, le patron du club Dakar à sa façon dans La rue de la forêt.

Le personnage appelé « Pied noir » est un Allemand instruit sur l’Histoire de l’Europe et de l’Afrique, et sur les crimes que l’Europe continue à commettre en Afrique. Mais sa connaissance ne s’applique pas en actes, du moins ceux-ci échappent aux lecteurs, car le roman se termine là où un changement pourrait commencer. Est-ce une expression d’un manque de responsabilité pour le bien de l’Afrique, alors que les causes de son oppression et les solutions pour son indépendance sont connues ?

L’intelligentsia européenne, si elle n’est pas victime de la censure des bourses à propos de la crise sociale et politique qu’elle cause, le néocolonialisme dans les pays du sud, elle en est même très souvent complice. Bien que quelques-uns, très rares, se démarquent de ce séparatisme « racial » et économique, comme le célèbre auteur du commissaire Wallander, le démontre. Ce suédois Henning Mankell s’est finalement établi avec tout son théâtre au Mozambique et ailleurs sur le continent. Ces esprits libres sont souvent nos seuls alliés. Ils combattent à nos côtés, selon leurs moyens, contre les grandes injustices imposées aux pauvres par la manufacture. Telles que la barbarie et le sous-développement dictés par l’égoïsme pécuniaire. Le silence de la majeure partie des intellectuels du nord sur la détresse de l’Afrique est tout à fait l’attitude des singes qui ne veulent rien avoir vu. Ou entendu. Parce qu’ils ne veulent rien dire. Sur la distorsion immense entre eux-mêmes et les Africains. Les déshérités qu’ils exploitent en termes d’infrastructure, d’aisance, ayant obtenu leurs grandes richesses de l’escroquerie des malheureux depuis l’esclavage comme l’explique Frantz Fanon.

Le style d’écriture de La rue de la Forêt est méditatif, on plonge dans les réflexions philosophiques et dans la vieille Histoire d’Afrique. La voix du narrateur traduit l’écart, l’entre-deux, qui fait ce roman. Cette voix vêtit le subconscient, qui lui se trouve entre conscience et inconscience d’un narrant, d’un peuple, d’un monde.

Le subconscient est près de l’infini de la fantaisie. C’est l’âme intérieure du texte. Dans La rue de la forêt, il y a deux voix très spéciales.
Celle de la muse qui dit :

C’était la seconde voix mystérieuse, trompeuse. L’erreur, l’intrus et le faux tableau de l’ingratitude introduite avec le matérialisme dans notre conscience de sous-développement. Enfin, le fantôme de la névrose et de l’amalgame identitaire a un visage.

L’histoire, dans le roman, est relatée autour de ces deux éléments – diagnose du mal de vivre dans l’acculturation et l’aliénation africaine, et le remède de la connaissance affirmée et appliquée – comme disait le vieux Saadi (soufisme d’Iran) : 

« Il y a deux sortes de personnes qui subissent inutilement de la peine et des malheurs : celles qui amassent des biens et de la richesse et ne s’en servent pas, et celles qui acquièrent de l’expérience, mais ne l’utilise pas. Quelque connaissance que tu puisses acquérir, si tu ne t’en sers pas, autant être ignorant. Tu n’es ni un chercheur de vérité, ni un homme instruit, mais simplement un quadrupède qui transporte une charge de bouquins. Une bête sans cervelle ne sait pas et se soucie fort peu de savoir si elle porte un fagot ou des livres. »

Que dites-vous à vos jeunes lecteurs d’aujourd’hui, à qui échappe l’Histoire de l’Afrique ?

Le panafricanisme va être scientifique avec la méditation en eux. Il est un devoir accompli en soutien du refus de l’aliénation, d’une affirmation de leur dignité et de discours hautement militants. Il revient aux jeunes et à la jeunesse de relever le défi.

Propos recueillis par Arlette-Louise Ndakoze

La rue de la forêt d’Abdoulaye Soumaré
Épiderme éditions
Collection Épiderme
ISBN : 978-2-37477-011-6, 2016/236 pages

Un rêve d’amour (Pièce de théâtre) d’Abddoulaye Soumaré
Collection : Epiderme, théâtre
ISBN : 978-2-37477-027-7, 2018/116 pages

19 janvier 2019 0 Commentaires
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PoésieAfrique de l'OuestNotes de lecture

« À toi, Climbié ! » – Un poème en hommage à Bernard Dadié qui a eu 103 ans

par Baltazar Noah 19 janvier 2019
Rédigé par Baltazar Noah

L’auteur Ivoirien Bernard Dadié, monument de la littérature africaine, a eu 103 ans ce 10 janvier 2019. Baltazar Atangana Noah (Nkul Béti) lui rend un vibrant hommage en poésie.

 

Hommes de tous les continents, nous te célébrons !

Avec les haïkus de nos carnets de prison,

Nous te consacrons désormais roi du panthéon des légendes africaines de la plume !

Ta mission ne se terminera jamais…

Petit Nègre à paris, toi qui ne te lasses point d’exorciser ta terre-patrie hantée par Le cri des oiseaux fous et Les sommeils des indépendances :

Héritier de Chaka, mets ton Pagne noir !

Oui, Les arbres en parlent encore…

Tes écrits ne sont pas Leurres ni lueurs,

Ils sont les jambes du fils de Dieu

Qui accompagne Les souffles et les voix dans le vent d’une aventure ambiguë Qui annonce l’avènement d’un tout-monde non-utopique !

Ton combat est à jamais imprimé sur le temps…

Pas Comme un malentendu, mais comme Béatrice du Congo s’adressant avec amour et sympathie à Monsieur Thôgô-Gnini dont la foi de corroborer que L’Afrique n’est pas mal partie n’a jamais grelotté !

Les vents s’en vont et s’en viennent…

Le sanglot de l’homme noir se meurt poco à poco,

Il gomme, Le sang de nos prières aidant,

Toutes les Cacophonies des voix d’Ici !

Il fait certes un temps de chien dans nos villes si cruelles : Heureusement, dans son cahier d’un retour au pays natal l’Enfant noir

Condamne tous ces testaments trahis par La petite Bijou !

Native son, Fils d’Agatha…

De Joal à Ongola, de Manhattan à Tokyo, de Laval à Bora-Bora,

De Cocody Aux chemins de Babokani,

Nous venons purifier nos mémoires de porc-épic

Avec Les belles histoires de Kacou Ananzé,

Les confidences des maquisards

Et Les contes de Koutou-as-amala ;

Au rendez-vous :

Chateaubriand avec la gracieuse chair de La chèvre de Monsieur Seguin,

Jazz et vin de palme pour tous !

Loin de Douala…

Sous les ombres oppressantes, derrière Les sombres façades,

Sous la flamme de la joie et sous la coupole de la reconnaissance,

La rose dans le bus jaune entonne sans balbutier

Le chant de Salomon, les Chants d’ombre,

Comme un grand combat

Pour toi,

Messie du Darfour,

Emblème des littératures africaines…

Notre centenaire !

Happy party !

Sans tam-tam…

Toujours comme jamais,

Quand le coq annoncera l’aube d’un autre jour,

Que la terre entière battra les mains,

Elle t’acclame à tout jamais

Toi,

Papassidi le citoyen des belles lettres

Et de La ville où nul ne meurt…

Concierge inlassable de l’île des tempêtes,

Toi,

Dont la plume travaille éternellement à nous

Sortir de la grande nuit !

Ô Jubilate,

Patron de New-York… !

 

 

Biographie : Bernard Dadié, de son nom d’origine Koffi Binlin Dadié, est né le 10 janvier 1916 à Assinie au sud de la Côte d’Ivoire. A sept ans, il part vivre dans la plantation d’un oncle à Bingerville puis rejoint son père qui le confie à un instituteur de Dabou, Bernard Sétigui Sangaré, dont il prend le prénom au moment de son baptême en 1925. En juin 1933, il entre à l’École William-Pontyde Gorée, la célèbre pépinière de l’élite africaine de l’époque. C’est là que se révèle sa vocation d’écrivain. On lui confie le rangement de la bibliothèque de l’école, ce qui l’amène à découvrir tous les plus grands auteurs. Bernard Dadié également des journaux africains ou venus d’Europe, parfois échangés clandestinement, qui préparent et modèlent son futur engagement politique. La suite par ici.

19 janvier 2019 0 Commentaires
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Les premiers extraits du livre de Laurent Gbagbo révélés
ActualitéAfrique de l'OuestBiographie, mémoires et AutobiographieEuropeÉvénementsPolitiquePolitique et Affaires Sociales

Les premiers extraits du livre de Laurent Gbagbo révélés

par La redaction 13 décembre 2018
Rédigé par La redaction

Chassé de force par l’armée française le 11 avril 2011 après le litige qui marqua le second tour de l’élection présidentielle de novembre 2010, l’ancien président de la Côte d’ivoire, Laurent Gbagbo, est depuis à la Cour Pénale Internationale de La Haye (CPI) et incarcéré à la prison de Scheveningen, pour crime contre l’humanité.

Aujourd’hui 13 décembre 2018, la cour se prononcera sur une demande de libération provisoire. Ce n’est donc pas un hasard si la sortie du livre entretien avec Laurent Gbagbo Libre. Pour la vérité et la justice de François Mattei, ancien rédacteur en chef de France Soir, est prévue à la même date. Dans un article du journal Jeune Afrique publié en ligne le 12 décembre 2018, les premiers extraits du livre sont révélés en exclusivité. Et ils valent le détour !

Questionné sur ses projets au cas où sa demande de liberté provisoire est acceptée, Laurent Gbagbo souhaite retrouver sa famille, mais précise qu’il fera toujours de la politique.

[bctt tweet= »La Côte d’Ivoire, l’Afrique, c’est ma vie, et je serai toujours concerné par leur destin. » username= »Afrolivresque »]

– Mon ambition, c’est de revenir chez moi, en Côte d’Ivoire. J’ai réservé une maison pour m’accueillir. I go back home ! J’ai déjà fait acheter des matelas pour remplacer ceux qu’on m’a volés dans ma petite maison du village. On m’a aussi pris tous les draps, et un minuscule frigo posé à côté de mon lit. Je ne me plains pas : tant d’Ivoiriens ont tout perdu ! J’en parle que pour souligner que les rebelles n’étaient, pour beaucoup d’entre eux , que de pauvres gens manipulés, affamés : le vol de mes matelas est une illustration.

François Mattei : Et redevenir président en 2020 ?

– Il n’est pas indispensable d’être président pour faire de la politique, et se rendre utile. La Côte d’Ivoire, l’Afrique, c’est ma vie, et je serai toujours concerné par leur destin. »

 

Bien que mettant en cause le rôle qu’ont joué les anciens présidents français Nicolas Sarkozy, François Hollande et Jacques Chirac dans la politique ivoirienne, Laurent Gbagbo reconnaît aussi ses erreurs.

« C’était en 2001, je pense. Villepin et Robert Bourgi m’ont demandé de cracher au bassinet pour l’élection en 2002 en France. Nous étions dans un salon du restaurant Lapérouse, qui se trouve sur le quai Voltaire, près de la Documentation française. C’était le prix pour avoir la paix, en Françafrique. J’ai eu une entrevue avec Chirac, tout s’est très bien passé, il m’a raccompagné, il était très amical, et il m’a dit en me tapant sur l’épaule, sur le perron : “Je ne suis pas un ingrat.” Je ne suis pas fier de cet épisode, mais je pensais y gagner la marge de manœuvre nécessaire pour avancer vers nos objectifs. On me l’a reproché en disant que c’était la preuve de mon double langage, que je m’appuyais sur le néo-colonialisme pour le critiquer. Comme si on pouvait toujours répondre à des partenaires aussi puissants, sans employer la ruse et la diplomatie… Au moins, ils ne sont jamais revenus à la charge. Je n’aurais pas accepté. Ils le savaient. »


Lire l’article complet sur jeuneafrique.com

13 décembre 2018 0 Commentaires
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Littérature Camerounaise Des livres en quête de lecteurs
LifestyleAfrique Centrale

Littérature Camerounaise : Des livres en quête de lecteurs

par Rosine Dayo 4 décembre 2018
Rédigé par Rosine Dayo

La littérature camerounaise est en plein essor. Des jeunes pétris de talents et passionnés mettent tous les jours des œuvres littéraires sur le marché. Mais avec grand regret, nous assistons à la « mort subite et précoce » de ces auteurs. Rares sont ceux qui publient plus d’un ouvrage. Dès lors, certains ont tôt fait de voir dans cette situation un manque d’inspiration ou de talent de nos jeunes auteurs. Mais que nenni : faute est bien celle des lecteurs.

Le lecteur introuvable

Oui, il faut le dire sans contournement ; c’est nous qui laissons nos auteurs « mourir », c’est nous qui « tuons » nos auteurs en ne les encourageant pas à continuer de nous donner de la substance, parce que nous ne nous intéressons pas à la lecture. Mais à bien y regarder, je pense que le problème se trouve bien au-delà de notre amour pour la lecture.

Le plaisir de lire dans les pays africains, à divers degrés bien entendu, est si rare. Les Camerounais, les Ivoiriens, les Maliens, les Sénégalais, et bien d’autres encore connaissent ce problème, ce fléau. Il est dit partout que les Africains ne lisent pas. Que si vous voulez leur cacher quelque chose, mettez-le dans un livre…

NON ! Je dirai plus tôt que les Africains n’achètent pas les livres ; ils ont la capacité de lire. C’est la paresse qui tue. D’ailleurs, il suffit de faire un tour dans les kiosques ou devant les vitrines des librairies pour voir des personnes lisant les titres ou feuilletant les pages, mais qui n’achètent pas les livres. Les raisons sont variées et nombreuses.

Un potentiel inexploité

Il faut observer les potentiels lecteurs devant les rayons de livres pour comprendre qu’ils aimeraient pouvoir lire des livres de toutes sortes. Ils sont bien motivés, mais on dirait qu’ils attendent un déclic qui viendrait les convaincre d’acheter ce livre qui les tente.

Parfois, ils reçoivent de mauvaises orientations et se retrouvent coincés en pleine lecture avec ce que je ne qualifierais pas de mauvais livres, mais des livres qui ne siéent pas à leur identité psychologique et physique. Ils se retrouvent souvent face à des livres très volumineux, d’un style très lourd ou alors sans intérêt pour l’horizon d’attente du jeune lecteur qu’il est.

L’autonomisation du littéraire

Ce constat indique la nécessité d’un accompagnement du lecteur non seulement par la critique, mais également par l’auteur. En publiant le fruit de son imagination, il devient un personnage public qui devrait œuvrer à la reconnaissance et à la professionnalisation de sa passion dans son environnement. Nos romanciers, nos poètes, nos dramaturges, qui sont-ils ? Où sont-ils ? Dans le contexte de précarité qu’est l’Afrique, l’auteur ne devrait pas être celui-là qui, après avoir publié son livre, s’assoit chez lui et croise les bras. Il devrait réfléchir, en collaboration avec son éditeur, sur les stratégies à mettre sur pied pour lui construire une personnalité, une image forte dans le champ social, car comme le disent les experts en marketing, il est question pour lui de se vendre.

La magie de la lecture

La lecture est un voyage qui ouvre ses portes vers l’aventure. Elle t’offre des privilèges qui ne se trouvent nulle part ailleurs. C’est un jet privé qui te permet d’atterrir où que tu veuilles sans avoir à décoller de ton lit. Ce voyage a toutefois un prix. Il a besoin que tu revoies l’organisation de ton temps. Lire est le meilleur moyen de s’éduquer, s’informer et de se former. Lire, c’est se donner le droit de rêver, d’aller à la découverte du monde ; lire c’est avoir le pouvoir de créer son monde à son image. À présent, il est important pour chacun de revoir l’organisation de son temps. Devrait cette activité de lecture appartenir aux priorités de tes journées ou être considérée comme une distraction ? C’est à toi de voir.

La littérature camerounaise est là mais…

Les littératures camerounaise et africaine entreposées dans les rayons des kiosques et librairies n’attendent qu’un lecteur pour prendre vie. Les auteurs n’attendent que toi pour sortir leurs manuscrits des tiroirs et les publier. Les éditeurs n’attendent plus que toi pour se lancer à la chasse de nouveaux talents à publier. Es-tu surpris ?

L’éditeur est en réalité un investisseur. Pour produire un auteur, il a besoin d’être serein sur le risque qu’il prend. Il a besoin de savoir qu’il trouvera des lecteurs pour le livre qu’il produira. Toi, lecteur, tu es l’Alpha et l’Oméga de la chaîne du livre. Tu es le centre de la production et de la réception de la production littéraire de ton pays, de ton continent. Il ne tient qu’à toi de faire BRILLER le livre, de faire BRILLER TA VIE.

Le texte littéraire, comparable à un caméléon

Une fois qu’une œuvre est née, elle n’appartient plus à l’auteur, mais à nous les lecteurs. Le livre dès lors qu’il est produit est semblable à de l’argile ; il prend forme, se déforme, prend de nouvelles formes en fonction des mains entre lesquelles il se retrouve. Une poésie de Jean Claude Awono peut se retrouver entre les mains de Charlotte Dipanda et se transformer en une merveilleuse mélodie. Un roman d’Uzodinma Iweala peut faire tomber sous son charme un Thierry Tamack ou Jean-Pierre Bekolo qui le transformera en une œuvre cinématographique. Une pièce théâtrale de Seydou Badian peut se retrouver entre les mains d’un artiste qui décide d’en faire une magnifique représentation théâtrale. Un livre écrit en langue française pourrait émouvoir un traducteur qui le ferait traverser les frontières linguistiques en lui accordant une tout autre existence en anglais, en Nguemba, en Wolof ou dans une autre langue. Le livre peut se retrouver entre les mains d’une âme sensible et changer le cours d’une vie, d’une famille, d’une société.

À toi de jouer

À toi qui me lis, il ne tient qu’à toi de prendre la bonne décision de lire les auteurs de ton pays, de ton Afrique. Les Camerounais, les Africains, ne lisent pas, disent-ils ; il ne tient qu’à toi d’incarner le CHANGEMENT. Va dans la librairie la plus proche. Tu y trouveras de la poésie, des pièces théâtrales, des bandes dessinées, des biographies, des témoignages de l’histoire, des romans de tout ordre. Il ne tiendra qu’à toi de faire ton choix, de demander conseil si tu en éprouves le besoin.

Où que tu sois au Cameroun, en Afrique, Afrolivresque sera là pour t’accompagner dans ton aventure en tant que lecteur. Nous t’aiderons à retrouver les librairies qui se trouvent dans ton entourage, te proposerons des lectures, des auteurs et éditeurs qui t’aideront à trouver les lectures qui cadrent avec tes besoins quotidiens.

Lisons, donnons vie à nos auteurs et à leurs œuvres.

Par Rosine Dayo

4 décembre 2018 0 Commentaires
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Les Seins De l'Amante de Timba Bema
Afrique CentraleEuropeNon fictionPoésieVidéos

« Les Seins De l’Amante » de Timba Bema

par Sonia Menoud 30 novembre 2018
Rédigé par Sonia Menoud

Les seins de l’amante, poème d’envergure de l’auteur camerounais Timba Bema, est magnifique. Il faut le lire d’une traite, et s’en remettre.

Véritable « molécule enchantée », le poème nous enivre. Du premier vers maudissant les seins de l’amante à l’impératif retour vers soi, nous sommes prisonniers d’une langue poétique sublime, ininterrompue, une houle qui submerge et régénère. C’est tantôt « un cri jeté dans la nuit », tantôt le « silence dans l’herbe rabattue / les grillons ayant renoncé à pleurer ». Le poème de Timba Bema est une odyssée aux confins de la mémoire cellulaire, une « gifle de la réalité ». Un voyage au bout de l’humain.

Alors que son amante fuit à bord du train l’emmenant vers les steppes du Nord, un homme reste pétrifié sur le quai de gare, « ancré dans cette latérite poreuse », « comme une statue à taille humaine ». L’aimée le quitte. Dès lors, le souvenir des seins de l’amante va le hanter. La rupture initie une crise vertigineuse « par les sentiers labyrinthiques du calvaire où l’on te pique, te pince, t’arrache la peau, te bat, te crache dessus (…) ». La fuite de l’amante le confronte à sa propre séparation d’avec son passé et ses origines. Confrontation qui passe par la déchéance, la fuite, l’exil, la violence, la mort rituelle, la vulnérabilité, avant une possible reconstruction. « Ouvrez vos ventres et sortez-en vos intestins » : la voix du poète invite à se regarder nus, à réaliser sa solitude viscérale et à renouer avec la sagesse des anciens. Le recueil s’offre comme une initiation cathartique, un retour à soi essentiel par le corps et la pensée.

Les seins de l’amante n’est pas une confession, mais plutôt une introspection racontée sous la forme d’une histoire à la fois personnelle et universelle, sensorielle et prophétique. L’homme qui parle utilise ‘tu’, ce miroir de soi et de l’autre. Dès lors, nous sommes tous concernés. Comme tout bon poème, il puise ses sources dans l’expérience personnelle, et la transcende. Sans jamais être nommé, le continent africain, terreau du poète, est peint par touches successives : on y retrouve les objets, paysages et gestes du quotidien, avec en prime cette image ciselée : « Déjà, tu sortais de la nuit immobile / Froide comme le visage boisé d’un totem. » Les colons européens, de même, ne sont jamais cités ainsi, mais sont « ceux venus par la mer » pour peu à peu étrangler la voix des natifs. Il n’y a ni complaisance ni victimisation dans le récit sous-jacent de la colonisation, mais une forte envie de la confronter et d’en voir tous les angles. Ainsi, l’homme du poème aussi est revenu occidentalisé dans la « friperie d’une Europe submergée d’abondance ». De retour au pays, il sera agressé et dépouillé, l’honneur dépecé. Et lorsque, nu, il s’approchera des siens, il sera rejeté, miroir trop douloureux reflétant leur propre fuite d’avec leur histoire. « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil », écrivait René Char. Ainsi en est-il de l’épopée dantesque auquel se soumet le héros du poème.

Composé de formes et de rythmes variés, Les seins de l’amante se déploie en une série de poèmes à l’intérieur du tout, connectés les uns aux autres par d’habiles transitions. La répétition d’un mot, d’une phrase, crée une mélodie, un refrain, s’ouvrant parfois sur une nouvelle pensée ou expérience. Le panoramique y côtoie la précision, la justesse du langage, la profondeur de la pensée. L’écriture de Timba Bema est à la fois sensuelle et réfléchie, exaltée et incantatoire, ponctuée d’aphorismes percutants. Virtuosité de la forme, beauté du langage, clarté de la pensée. La Trinité profane de ce que j’appelle la poésie. Lisez Timba Bema. Il tutoie les grands.

Timba Bema naît et grandit au quartier Bali à Douala, Cameroun. Après la lecture de Le procès de Frantz Kafka, il comprend que sa vocation est d’écrire. Sa quête poétique consiste à faire surgir le sens au cœur-même de la beauté. Initiateur de la Revue des Citoyens des Lettres, il publie en 2018 le poème Les seins de l’amante aux Editions Stellamaris.

30 novembre 2018 2 Commentaires
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La participation des écrivains Africains de la diaspora aux événements littéraires en Afrique est-elle nécessaire
Afrique

La participation des écrivains Africains de la diaspora aux événements littéraires en Afrique est-elle nécessaire?

par Baltazar Noah 6 novembre 2018
Rédigé par Baltazar Noah

Le mercredi 24 octobre 2018, dans un article sur e site du journal Suisse Le Courrier, la journaliste Catherine Morand a publié, de retour de la 4e édition du festival Efrouba du livre de Grand-Lahou, dans une ville du même nom à 150 km d’Abidjan, « Écrivains africains, expatriés ou exilés ? », une chronique stimulante qui a créé une polémique sur un post ironique de l’auteur Camerounais Max Lobe qui avait partagé cet article sur Facebook.

Dans sa chronique, Catherine Morand décrie, peu ou prou sur fond d’un sermon à la Jacques Bénigne Bossuet ou d’un pamphlet à la Léon Bloy ou encore à la Mongo Beti, la non-présence notoire des écrivains d’origine africaine de la diaspora aux événements littéraires organisés sur leur continent. Or, selon la journaliste, ils « tournent comme des toupies en Europe » et « ne retournent dans leur pays d’origine que pour des vacances, se ressourcer, rassembler le matériel de leur prochain livre. Avant de faire le tour de l’Hexagone pour en assurer la promotion, avec quelques incursions à Genève, Bruxelles ou Montréal ».

En s’interdisant de lire cette chronique comme un portrait pessimiste de l’écrivain d’origine africaine qui vit à l’étranger et que Achille Mbembe, dans une démarche analytique critique dont la compétence permet de dire et de lire la dialectique de l’Ici et de l’Ailleurs dans la littérature africaine francophone autrement, désigne comme un « expatrié du dedans » et/ou un « exilé du dehors », la réflexion de Catherine Morand pourrait être interprétée comme la formulation subjective de l’indignation d’une passionnée de belles lettres, soucieuse de contribuer à l’émergence des œuvres, des festivals littéraires et des jeunes auteurs dans les Afriques. Ce, avec probablement la bonne intention de participer à la structuration de la réponse des littératures africaines francophones face à la construction épistémologique et pratique progressive du concept de topique, récemment théorisé par Eboussi Boulaga. C’est-à-dire, une démarche discursive incluant aussi les discours littéraires, et qui a la capacité d’élargir les points de vue de manière à ce que les points de vue antagonistes puissent se confronter et dialoguer sans ambages. Ceci, afin de rassembler des points de vue diversifiés qui permettent de repenser en permanence les paradigmes du fonctionnement des possibles politisables, telles que l’implication des écrivains d’origine africaine qui vivent à l’étranger dans la promotion des différentes manifestations littéraires organisées au-delà même de leur continent d’origine, la production et la réception des textes littéraires.

À propos de la querelle

Marcel Proust écrit une série de fragments qui seront publiés en 1954 par Bernard Fallois dans une édition intitulée Contre Sainte-Beuve. Il y construit sa poétique de la critique littéraire, qui déconstruit la méthode critique Sainte-Beuvienne, selon laquelle la vie d’un agent-écrivant est radicalement indissociable de son œuvre. C’est, nous nous permettons ce rapprochement, suivant cette logique subversive Proustienne donc que certains écrivains africains francophones qui résident à l’étranger, se positionnent contre Catherine Morand qui développe une réflexion dans laquelle elle condamne sans sursis leur saturation sur tous les plateaux télé européens au profit d’un « public français et européen déjà tellement privilégié », et leur absence dans les différents niveaux des circuits littéraires africains.

Le positionnement de ces écrivains-là, derrière Alain Mabanckou la principale cible de la journaliste, a la forte ambition de déconstruire et de réorienter les interventions peu précises, vierges de toute objectivité et globalisantes, comme celle de Catherine Morand donc, qui pourraient, à long terme, minimiser ou annihiler l’action-présence des écrivains africains francophones qui vivent à l’étranger dans le processus d’animation des festivals et des salons organisés en Afrique. C’est ce que Sami Tchak essaie de faire comprendre à Catherine Morand à travers ses mots visiblement dépouillés de toute méchanceté et/ou de condescendance :

« Les mouvements se font dans tous les sens (…) les nombreuses manifestations sur le continent africain, auxquelles participent les écrivains, vous les connaissez peu, c’est ce que vous révélez et c’est normal ».

Au fil des différentes interventions sur le post de Max Lobe, dans la même tendance que celle de Sami Tchak, certains écrivains, bien que timidement, démontrent à Catherine Morand qu’elle a tort d’affirmer péremptoirement, sans manquer de s’acharner sur Mabanckou « son chapeau et ses vestons bariolés », que de nombreux écrivains d’origine africaine qui vivent en Europe ou aux États-Unis rendent très peu visite aux étudiants des Afriques qui ont « soif d’entendre et d’apprendre (…) de se confronter à des modèles valorisés et valorisants ». Il lui est même reproché de tirer inutilement à lettres réelles sur Mabanckou, tout simplement parce qu’elle n’a rencontré aucun « frère de plume » de cet auteur d’origine congolaise à Grand-Lahou, en Côte d’Ivoire, comme c’est souvent le cas dans divers salons européens internationaux où ils sont pourtant invités.

En réalité, en plus de leur présence dans diverses manifestations, de nombreux écrivains, au-delà même de la catégorie que Catherine Morand condamne, participent chacun à sa manière et à son niveau au rayonnement de la littérature africaine en général en prenant part ou en organisant des festivals « jusque dans les villages les plus reculés du Nigeria, du Mozambique ou encore de la Namibie》 (Mabanckou). À l’instar de Didier Kassaï, Sosthène Mbernodji, Kangni Alem, Couao Zoti, Nathasha Pemba, Edna Marysca Apinda ou encore Chimamanda Ngozi Adichie. La liste n’est en rien exhaustive.

Regard à partir de l’Afrique…

Les écrivains d’origine africaine, qui vivent en Europe ou aux États-Unis, quand ils sont invités, prennent part aux différents événements littéraires organisés en Afrique. Il faudrait se rendre entre autres « à la rentrée littéraire du Mali à Bamako, du 19 au 23 février 2019 » (Sami Tchak) ou encore au récent Salon International du Livre de Yaoundé qui s’est déroulé en juin 2018 ou enfin au Salon International du Livre d’Alger pour les voir et les rencontrer.

Toutefois, pour faire bonne mesure, il faut préciser qu’il n’est pas possible qu’ils prennent part à tous les festivals littéraires, surtout ceux qui, comme le festival Efrouba du livre de Grand-Lahou, sont encore naissants. Et ce, parce qu’il se pose, au niveau des organisateurs, un réel problème de moyens financiers permettant d’assurer au minimum l’hébergement des écrivains, car ils ne sont pas toujours originaires de la ville ou du pays dans lequel se déroule le festival ou la foire littéraire.

Démystifier les écrivains africains « diasporéens »

Les organisateurs des festivals littéraires et tout le tremblement en Afrique francophones font une fixation sur les « écrivains diasporéens » au point de penser que s’ils sont absents à leurs événements, ceux-ci manquent d’épaisseur. Pourtant, de toute évidence, lesdits écrivains africains, qui n’ont pas pour seule activité de faire des livres, ne peuvent pas spontanément prendre part à tous les événements littéraires organisés dans leurs différents pays d’origine. Ce, non seulement parce qu’ils ne connaissent pas tous ces événements, mais aussi parce qu’ils sont occupés par d’autres activités en dehors de la littérature. Ils font certes des livres qui vivront pendant longtemps sur le temps, mais qui ne leur permettent pas encore d’en vivre. Ils s’occupent alors à autre chose pour pouvoir vivre.

Il est possible que des étudiants ou des jeunes auteurs qui vivent en Afrique, construisent des parcours remarquables sans nécessairement rencontrer ou voir des écrivains qui vivent et écrivent à l’étranger. En effet, contrairement à ce que certains cercles de la critique littéraire européenne veulent faire croire aux jeunes générations d’auteurs qui vivent et écrivent en Afrique, les « écrivains diasporéens » ne sont ni incontournables, ni au-dessus de ceux qui sont basés en Afrique. Ils ont l’avantage de la visibilité. Sans plus. Leur présence ou leur absence à une manifestation n’est donc pas si déterminante. Autrement dit, il est possible qu’on se passe d’eux si on n’a pas les moyens de les inviter, mais sans toutefois les ignorer. Puisque, sans détour, ils jouent un rôle remarquable dans la promotion des esthétiques des écritures littéraires africaines francophones à l’étranger à travers leurs œuvres.

Leur visibilité leur donne certes beaucoup de crédit, mais on ne peut pas autant déplorer leur absence sur le continent quand on sait qu’il y a des écrivains du même acabit qu’eux sur le continent. C’est d’ailleurs une tendance de plus en plus adoptée par plusieurs associations littéraires, notamment le Clijec (Cercle littéraire des jeunes du Cameroun), qui organisent leurs festivals en invitant le maximum d’écrivains vivant en Afrique.

Il devient important pour les journalistes européens et tout le secouement qui connaissent, pour la plupart, uniquement des écrivains africains vivant hors du continent qu’ils rencontrent dans divers salons à Montréal, à Paris ou à Genève, d’entreprendre de découvrir des écrivains africains majeurs et leurs œuvres aussi, qui vivent et écrivent en Afrique comme par exemple Janis Otsiemi, Jean-Claude Awono, Josué Guebo ou Pabe Mongo. Cela leur évitera de se précipiter à des remarques hâtives et étroites au point de conclure sans bémol que l’absence régulière sur le continent des écrivains d’origine africaine qui vivent en occident pénalise tellement les jeunes écrivains qui vivent en Afrique, et qu’ils feraient d’emblée face à une sévère crise de modèles à suivre au pays.

Ce qu’on devrait réellement déplorer c’est l’indisponibilité des œuvres des écrivains d’origine africaine qui vivent à l’étranger dans les diverses librairies de leurs pays d’origine. Contrairement à leur pseudo-absence sur le continent que Catherine Morand dramatise. Plus virilement, les jeunes (étudiants et/ou écrivains) ont beaucoup plus besoin de lire, et moins besoin de voir ou de rencontrer les auteurs. Les voir ou les rencontrer relève simplement de la fantaisie. À quoi ça servirait de rencontrer un auteur si, au final, on ne lit jamais son œuvre ? Soit!

Au-delà de la querelle

Il est clair que la sphère littéraire africaine francophone est encore naissante. Il est donc évident, et quasi normal qu’elle soit autant agitée par des querelles et des polémiques. C’est un processus que l’on retrouve partout, et qui participe d’une certaine manière à la formation et à la refondation de l’histoire de la connaissance littéraire africaine francophone. À titre illustratif, l’histoire de la littérature française s’est construite, au fil des siècles, à travers différentes confrontations idéologiques et critiques de la querelle des anciens et des modernes au dépassement des approches modernistes par des prénotions postmodernistes. Autrement dit, les récentes polémiques autour de la chronique de Catherine Morand ou de l’article d’Abdoulaye Imorou sur le site du critique LaRéus Gangoueus (Comment Homère a plagié Fatou Diome) constituent un système de valeur qui assure la traçabilité de l’histoire littéraire africaine en général. Et francophone précisément.

Tout compte fait, il faut désormais s’habituer à ce que les blogueurs, les journalistes, les critiques littéraires et les universitaires parlent de plus en plus des écrivains africains francophones qui vivent en Afrique ou à l’étranger. Ce serait plus intéressant s’ils parlaient d’eux suivant une logique interprétative/compréhensive de théorisation pertinente de leurs œuvres. Car, ces dernières constituent un important palimpseste de discours littéraires encore en friche à construire, à déconstruire et à reconstruire, afin d’apprécier la compétence de l’originalité des sens et des variations des différentes poétiques de ces discours littéraires à faire champ avec les nombreux sociotopes littéraires qui constituent la littérature mondiale.

6 novembre 2018 0 Commentaires
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« Carrefour des auteurs », le Salon du livre international et numérique en Haïti

par La redaction 27 octobre 2018
Rédigé par La redaction

Sous la houlette des Alliances Françaises en Haïti, de l’Institut français en Haïti et de la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) avec la collaboration de l’Organisation Internationale de la Francophonie, de France 24, de RFI… La première édition du Salon du livre international et numérique aura lieu du 5 au 16 novembre en Haïti. Dans la caravane de la quinzaine littéraire fera le tour de six villes dont Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Gonaïves, Jacmel, Les Cayes, Jérémie. Neuf auteurs venus de Haïti, de France, de la Belgique, du Canada, d’Allemagne, du Cameroun, de la RD Congo feront le tour du pays : Patrick Poivre d’Avor, Marie Darrieussecq, Jean-Paul Hirsch, Bofane In-Koli, Dominque de Loppinot, Florence Tsagué, Chloé Savoie-Bernard, Sylvestre Bouquet et Odile Bazin.

Carrefour-des-auteurs-Hiti-2018

Une kyrielle d’activités littéraires, à savoir les ventes signatures, les ateliers d’écriture et de dessin, les tables rondes/conférences, les rencontres avec le public et présentation de Culturethèque constitueront la toile de fond de cette belle aventure littéraire dans un pays qui reste debout, garde l’espoir pour un avenir meilleur et se sert du livre comme vecteur du développement durable.

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Théo Ngongang Ouandji Nous nous sentions supérieurs aux Anglophones
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Théo Ngongang Ouandji : « Nous nous sentions supérieurs aux Anglophones »

par La redaction 17 octobre 2018
Rédigé par La redaction

Nos années 80-On va faire comment ? est un livre surprenant, risqué et audacieux par son style. Un recueil de 50 petites anecdotes dans un ton simple et cocasse, et qui nous plonge dans les souvenirs d’enfance de l’auteur camerounais Théo Ngongang Ouandji. Une enfance qui se déroule pendant les années quatre-vingt au cœur de la bourgeoisie camerounaise de la capitale Yaoundé. Avec Nos années 80-On va faire comment ? , Théo Ngongang Ouandji interroge les responsabilités de cette génération-là par rapport aux crises actuelles. Et cela gêne parfois, surtout quand on est soi-même issu de cette bourgeoisie. Nos années 80-On va faire comment ? c’est aussi un essai attachant car rempli de ces petits instants innocents qui faisaient la joie de vivre de ces adolescents ou jeunes adultes. Loin d’être un livre d’Histoire, c’est un carnet de bord de la vie quotidienne d’une partie de la jeunesse camerounaise dorée des années quatre-vingt. Théo Ngongang Ouandji, qui présentera son livre au public parisien le 20 octobre prochain, a accepté de répondre à quelques questions d’Afrolivresque.

Théo Ngongang Ouandji est né et a grandi au Cameroun. Il est marié et père de deux enfants. Il réside à Baltimore, dans le Maryland aux USA et est directeur adjoint, chef des politiques du département des transports de la ville de Baltimore (USA). Il capitalise plus de 20 ans d’expérience dans les secteurs public et privé dans les domaines de l’aménagement urbain et régional, de l’aménagement des transports, des politiques publiques et de l’administration publique. Il siège à de nombreux conseils et est diplômé de la promotion 2014 du programme LEADERship du Greater Baltimore Committee.

Pouvez-vous nous raconter l’aventure humaine que représente la parution de Nos Années 80 – On va faire comment ?

De prime abord, on pourrait dire que rien ne me prédestine vraiment à l’écriture, pas à cette période de ma vie. Ni mon métier d’urbaniste ni ma formation d’architecte n’y sont directement liés. De plus, je vis dans un environnement Nord-Américain où l’on parle l’anglais et un peu d’espagnol, mais pas de français du tout. J’écris sur le Cameroun, mon pays certes mais un pays que j’ai quitté en 1985. Je suis le produit d’un environnement assez complexe quand on le décrit. Pour beaucoup de Camerounais, j’appartiens à la classe bourgeoise de par les fonctions qu’a occupées mon père dans la haute administration Camerounaise, et donc je fais partie du « problème ». Pour d’autres je suis tout simplement trop loin des réalités actuelles pour y consacrer une œuvre littéraire ! La réalité est simple et complexe : je suis une combinaison de tout ça, mais je suis aussi bien sûr un observateur attentif et averti de la société Camerounaise.

Et quel serait le registre qui vous conviendrait le mieux ?

Je ne rentre dans aucun moule, je ne prétends pas faire une thèse ou une encyclopédie sur les problématiques de développement ou même de l’endettement des pays pauvres, mais je suis juste un observateur qui dit ce qu’il voit, qui crie quand il a mal, qui applaudit quand les Lions Indomptables (l’équipe nationale de football) gagnent et qui a pensé à partager tout un pan de vie de sa génération de l’adolescence à la vie d’adulte, une espèce de chronique des années 80, vue sous un angle ludique et nostalgique ! L’aventure humaine commence donc par la rédaction de petites histoires que je collecte avec l’idée de les rassembler un jour dans un livre. Puis, en racontant ces histoires autour de dîners entre amis, je les enrichissais tous les soirs avec des détails venant des autres. Parfois aussi, au gré de l’actualité, ces histoires devenaient de véritables articles que je publiais sur les réseaux sociaux. J’absorbais ensuite les commentaires pour saler ou sucrer ces histoires et les rendre à la fois divertissantes et instructives.

Theo Ngongang-OuandjiLa parution de mon premier essai est la culmination de ce processus de production et d’accumulation d’histoires et d’anecdotes que j’ai entrepris il y a quelques années. C’est aussi l’aboutissement d’un rêve qui me hantait depuis longtemps. De plus, ma passion pour la lecture depuis ma tendre enfance (j’étais un véritable rat de bibliothèques) est certainement un facteur ayant contribué à ma décision d’écrire. J’ai été accompagné dans cette aventure par les encouragements de ma famille et les multiples souvenirs nostalgiques de mes amis qui ont fait de moi une espèce de porte-parole (de facto) d’une génération, de notre génération.

 

 

Theo Ngongang Ouandji, vous avez choisi un titre assez original pour ce recueil. Qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?

Merci pour l’appréciation. Je le prends comme un compliment ! Au fil de mes voyages successifs au Cameroun, j’ai noté avec consternation que la dégradation de l’état d’un certain nombre de choses (environnement, infrastructure, éducation, santé publique, mœurs, habitudes alimentaires, relations entre différents groupes ethniques etc.) ne choquait plus personne. Quand je demandais naïvement « pourquoi » je m’entendais répondre « on va faire comment » ! Je me suis donc dit qu’il fallait que je tire ma sonnette d’alarme à moi, d’autant plus qu’il fallait aussi que je trouve le moyen d’expliquer à mes enfants pourquoi ce Cameroun-là ne ressemble plus au Cameroun dans lequel j’ai grandi : l’écriture devint donc mon refuge et ainsi naquit Nos Années 80 – On va faire Comment ?

Votre style d’écriture n’est pas courant dans la littérature camerounaise. D’histoires à mi-chemin entre le pamphlet et satire, qui derrière leur apparente légèreté, disent tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Qu’est-ce qui vous a poussé à adopter ce format ?

Au départ, le format n’est pas vraiment défini ! Comme je l’ai dit précédemment, je discute avec plein d’amis, je partage mes sentiments avec certains proches et tout doucement se tisse une toile qui devient le background de mes histoires. Je les compile, les accumule, les lis et les relis, puis je les assemble donc presque verbatim, dans ce qui devient mon premier essai littéraire.

Je raconte des histoires, nos histoires, mais le support n’est plus la table de la salle à manger ou le fauteuil du sous-sol de la maison, mais plutôt mon œuvre, livrée maintenant au monde entier. Mon désir de communiquer directement avec mes lecteurs, de les emmener dans tous les endroits que je décris, de les faire danser en même temps que moi sur les mélodies de l’époque de notre jeunesse, et nous rasseoir tous ensemble sur les bancs des écoles et collèges qui nous ont façonnés, tout ça, rentre un peu dans la genèse de mon style d’écriture : je voulais une audience « active », plutôt que passive, debout plutôt qu’assise, une audience qui pourrait même compléter mes propres phrases tellement on serait en phase quand elle lirait mes récits. Puis, juste au moment où cette audience semble avoir pris le rythme, j’injecte donc, finement j’espère, un peu de vitriol, question de nous maintenir dans ma réalité à moi au moment où j’écris : constat de la triste situation actuelle du pays en la comparant à notre époque. Puis enfin, mon style est aussi imprégné du souci de communiquer avec toutes les couches de la population Camerounaise, du vendeur de Soya[i] au professeur d’université, de la coiffeuse du salon de coiffure à la chef d’entreprise, d’où la simplicité qui en découle. Enfin, la volonté de s’adresser à la génération qui nous suit, celle de nos enfants, nièces et neveux, m’a poussé à rester assez léger dans le style, car il faut être à la fois, court, succinct, marrant tout en gardant un message à transmettre.

Dans quelques anecdotes, vous soulignez les prémisses d’une crise politique qui prévaut aujourd’hui notamment dans les régions anglophones du Cameroun.

Dans le dernier chapitre de Nos Années 80-On va faire comment, en guise de pseudo-conclusion, je dis que nous Camerounais sommes tous responsables de la triste situation dans laquelle se trouve le pays aujourd’hui. La réalité, c’est que les responsabilités, bien que partagées, sont de niveaux et d’ordres différents. Ceux qui nous gouvernent ont abandonné certaines de leurs fonctions régaliennes, ceux qui en profitent ne s’en plaignent pas, ceux qui en sont victimes ne semblent plus savoir à quel saint se vouer et donc baissent aussi les bras. Au final, personne ne fait plus rien, ou pire, personne ne contrôle plus rien et le chaos s’installe tous les jours de manière durable.

La situation dans les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en est une parfaite illustration. Sans vouloir remonter entièrement le cours de notre histoire, disons que les événements successifs tels que la Réunification de 1961 puis l’Unification de 1972 traînent leurs parts d’impacts négatifs sur la situation actuelle. En plus, dans l’univers collectif de beaucoup de Francophones, nous nous sentions supérieurs aux Anglophones, nous cultivions ce complexe de supériorité à l’école et partout ailleurs, dans les activités sociales et familiales, aidés en cela par les lois et réglementations d’un gouvernement central et fort à Yaoundé qui n’en percevait pas encore les effets « secondaires ». Les séquelles psychologiques et les frustrations accumulées qui en découlent au fil du temps ont laissé des traces presque indélébiles chez nos frères et sœurs de ces régions.

En lisant votre livre, on a le sentiment que les messages véhiculant des valeurs morales de probité, d’excellence et d’effort sont peu audibles dans la société camerounaise en 2018.

Notons d’abord ensemble que ces valeurs que vous évoquez sont celles avec lesquelles nous avons grandi, dans ce même Cameroun, dans les années soixante-dix et 80. L’analyse rétrospective que je fais au travers de cet essai a pour point de départ la comparaison entre deux périodes. Le changement de mentalités qui s’est opéré entre-temps dans la société et que nous observons aujourd’hui (en 2018) est le résultat de l’accumulation de plusieurs facteurs négatifs successifs et du rêve qui s’est progressivement envolé, du haut au bas de l’échelle de notre triangle national. On cultive la paresse, les raccourcis à tous les niveaux, on ne lit plus, on regarde une télévision qui manque de consistance, on vole car on n’est plus puni quand on le fait, on parle d’argent dans toutes les conversations, et pire, avoir de l’argent devient le but de toute entreprise humaine. Et si le travail n’est plus récompensé, on ne travaille donc plus puisque aucune sanction ne suit. Le tribalisme est érigé en système de gouvernement, les voleurs sont décorés et respectés, les cybercafés ont remplacé les bibliothèques, les bars se sont multipliés pour nous aider à enterrer nos soucis etc. Voilà la situation ! C’est un tableau sinistre que je peins, je le reconnais, mais je suis aussi réaliste car il faut en parler. La société n’est plus réceptive aux valeurs d’antan car elle a tout simplement basculé dans un registre ou d’autres valeurs se sont durablement installées. Pourtant, ces résultats pouvaient être prévisibles et surtout évités.

Theo Ngongang Ouandji, certaines voix au Cameroun s’élèvent contre la diaspora disant que la critique d’un système ne saurait se faire depuis l’extérieur et serait donc illégitime. Que répondez-vous à cela ?

Je réponds simplement que la diaspora n’a pas le monopole de la critique, il y a des millions de Camerounais de l’intérieur qui se plaignent tous les jours, qui marchent au risque de leurs vies pour implorer le changement, qui réclament tout simplement le droit à la dignité humaine face à une machine qui les appauvrit tous les jours. C’est donc fausser le débat que de penser que nous qui vivons à l’étranger sommes les seuls à relever et soulever les inconsistances d’un système qui ne produit pas de richesses. Ensuite, j’ajouterais que pour notre génération, nous n’avons pas nécessairement fait le choix de vivre à l’étranger, je note dans mon livre qu’en partant du pays, nous rêvions tous d’y retourner et de contribuer à son essor (qui semblait être bien parti dans les années quatre-vingt). Notre « exil circonstanciel » est de fait le résultat d’une absence de réelle politique d’intégration de la diaspora dans le processus de développement du pays. Mais je tiens à vous rassurer, nous sommes toujours prêts à y contribuer et nous appelons de nos vœux tous les Camerounais qui pensent comme nous à faire de même. Nos choix personnels de nous établir à l’étranger ensuite ne sont venus que comme mode d’adaptation aux différents pays qui nous ont donné l’opportunité de nous épanouir professionnellement.

Comment imaginez-vous le Cameroun en dehors du fatalisme ambiant que vous décriez ?

J’ai bon espoir que le Cameroun de demain sera de loin meilleur que celui qui nous est offert aujourd’hui. Après avoir lu mon livre, si les Camerounais (ou même les Africains en général) se posent déjà les mêmes questions que moi, le pari est gagné. Ensuite un travail de mise en synergie de ces questionnements, pour y réfléchir collectivement serait une superbe deuxième étape. Enfin, réfléchir comment canaliser les contributions individuelles des Camerounais d’ici et de là-bas pour les mettre en réseau, pourrait créer un début d’organisation ou de réorganisation de nos pensées et réflexions. L’action ultime arriverait quand les Camerounais de ma génération, soutenus par ceux de la génération juste avant nous, et surtout guidés par celle plus jeune, se retrouveraient donc à travailler ensemble dans un Cameroun nouveau. Ceci est un vœu pieux, mais réalisable à moyen terme, car nous ne sommes pas les seuls à en rêver. Vision, leadership et action résument le Cameroun de demain que j’imagine aujourd’hui.

Nous avons appris que Nos Années 80 – On va faire comment ? figure déjà dans la bibliographie des étudiants de Science Po à Paris. Theo Ngongang Ouandji, qu’en attendez-vous et quelle est la prochaine étape ?

C’est une agréable surprise et bien sûr un véritable honneur que de l’apprendre. Je le prends très humblement et comme un encouragement à continuer à susciter le débat intergénérationnel à propos de la situation sociopolitique de nos pays Africains et sur les problématiques autour de leur développement économique. J’espère que mon livre contribuera à faire avancer ces questions.

En termes de prochaine étape, je vais certainement continuer cette nouvelle aventure littéraire en produisant une suite à ce premier essai. Les champs de réflexion sont multiples et foisonnent en ce moment, c’est dû en partie aux réactions et commentaires de mes lecteurs : on pourrait par exemple choisir de donner la parole à des Camerounais de ma génération qui ont connu un parcours complètement différent du mien (du nôtre) et établir comme ça des comparaisons ouvrant la voie à des perspectives différentes sur les choix de développement du pays. On pourrait aussi s’aventurer sur le champ politique et proposer des débuts de solutions aux questionnements soulevés dans le livre, avec comme but l’établissement d’une plateforme de gouvernance. Une autre piste pourrait consister à renforcer certaines vérités historiques évoquées dans le livre, en réécrivant des pans de notre histoire !

Propos recueillis par Erika Daly

17 octobre 2018 0 Commentaires
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Chinelo Okparanta : "C’est la littérature qui peint la vérité d’une société"
InterviewsAfrique de l'Ouest

Chinelo Okparanta : « C’est la littérature qui peint la vérité d’une société »

par Acèle Nadale 18 septembre 2018
Rédigé par Acèle Nadale

Née en 1981 à Port Harcourt, au Nigeria, Chinelo Okparanta est arrivée à l’âge de dix ans aux États-Unis, où elle enseigne aujourd’hui au sein d’universités renommées (West Lafayette, Princetown). Avec sa nouvelle America, finaliste du prestigieux Caine Prize pour la littérature anglophone d’Afrique en 2013, et son recueil Le Bonheur comme l’eau (éditions Zoé, 2014), lauréat du Lambda Literary Award for Lesbian Fiction, Chinelo Okparanta s’impose comme l’une des figures majeures de la jeune génération d’écrivains africains. Son écriture inventive est désormais reconnue à l’international. Dans le cadre de sa tournée en France pour la présentation de son dernier roman Sous les branches de l’udala traduit de l’anglais (Nigeria) par Carine Chichereau et publié aux éditions Belfond le 23 août 2018, Chinelo Okparanta a bien voulu répondre aux questions d’Afrolivresque.

 

Chinelo Okparanta, comment est née en vous l’envie d’écrire ?

Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup, divers livres dans la bibliothèque de mes parents : les romans de Danielle Steel et de Stephen King ; les textes pour des Témoins de Jéhovah ; les textes scientifiques et les livres de santé, parce que ma mère était nutritionniste et mon père ingénieur ; les encyclopédies, parce que mon père en a eu beaucoup. Dans la bibliothèque de la ville où nous habitions, j’ai lu les séries Nancy Drew, Sweet Valley High et Baby Sitters Club ; à l’école, j’ai lu, parmi d’autres, le livre de William Golding, Lord of the Flies, les classiques Newberry (Island of the Blue Dolphins, Bridge to Terabithia) et Roll of Thunder, Hear My Cry.

Quelques-uns des livres que j’ai lus en français quand j’étais une fille sont : Le Petit Prince d’Antoine de St. Exupéry, Candide de Voltaire, Une Si Longue Lettre de Mariama Bâ, L’enfant Noir de Camara Laye, etc. Et j’ai tenu un journal dès l’arrivée de ma famille aux États-Unis. Dans les années qui ont suivi, j’ai continué à consigner mes pensées dans mes journaux, et j’ai commencé aussi à écrire des essais pour exprimer mes pensées.

Un des premiers essais que j’ai écrits était dans le cadre de l’école, et La Justice en était le sujet. C’était pour un concours jeunesse dans la ville de Boston, et j’ai écrit au sujet de la violence domestique. J’ai gagné le prix. Et après, j’ai continué à écrire des choses engagées, par exemple, au sujet des luttes des femmes. Même si je n’écris plus beaucoup d’essais, ma fiction est toujours politique.

Comment a été accueilli Sous les branches de l’udala au Nigeria ?

Le livre est de plus en plus bien accueilli maintenant. Pas au début. Par exemple, juste après le lancement du livre au Nigeria, j’ai été invitée à la radio au Nigeria. Juste avant l’interview, l’animatrice m’a dit qu’elle ne pouvait pas parler de mon roman — elle dit que le superviseur venait de lui dire que si elle le faisait, la station de radio serait pénalisée et aurait une amende. C’est à cause de la loi que le Président Goodluck Jonathan a fait voter quand il était président, et qui disait que si vous aidez un membre de la communauté LGBT, vous pourriez être puni d’une peine pouvant aller jusqu’à quatorze ans de prison. Et dans les états du nord, de la mort par lapidation.

Alors, il y a des gens qui ont peur de lire mon livre. Qui ne veulent pas avoir de problèmes, ni avec leurs familles, ni avec la loi. Il y avait une jeune femme Nigérienne qui m’a dit qu’elle avait lu mon livre en cachette dans le placard de sa maison. Elle m’a dit que l’histoire d’Ijeoma est aussi son histoire, et m’a beaucoup remercié d’avoir écrit ce livre. Maintenant, elle sait qu’il y a d’autres femmes comme elle, et qu’elle n’est pas seule. Je reçois beaucoup de lettres comme celle cette jeune femme, mais ces lettres sont toujours privées. Ces gens ne peuvent pas me remercier en public parce qu’ils ont peur.

Mais il y a aussi des gens qui continuent à me dire que j’ai été endoctrinée par l’ouest, et que l’homosexualité est une maladie de l’ouest, pas de notre culture. En fait, c’est toujours dangereux d’être écrivain des thèmes LGBT. Quand mon premier livre a été publié, il y a des gens qui ont dit que je méritais de mourir pour ce que j’avais écrit. L’année passée, J’ai travaillé avec un jeune poète nigérian qui a écrit des poèmes pro-lqbtq. Il a été persécuté et attaqué à plusieurs reprises, et un jour, il m’a dit qu’on avait détruit la porte de sa maison, qu’on l’avait agressé et qu’il avait peur de rester dans le pays. Alors, je l’ai aidé à quitter le pays en écrivant des lettres à diverses organisations.

Chinelo Okparanta, peut-on considérer que pour vous l’écriture est comme un espace dans lequel vous vous échappez pour explorer des sujets complexes et tabous de la société nigériane ?

Oui, j’utilise mon roman comme un espace où je peux explorer des idées complexes. C’est la littérature qui peint la vérité d’une société, qui nous montre qui nous sommes. Et c’est aussi vers la littérature que nous nous tournons quand la vie est trop difficile et que nous tentons d’avoir un répit dans nos propres vies. Je sais que mon roman donne aux gens LGBT un peu d’espoir, un peu de pouvoir, un peu de répit, peut-être dans la même manière que les livres de Sarah Waters, Jeanette Winterson, Gertrude Stein, Fannie Flagg, et Alice Walker m’ont donné une sorte d’espoir.

Pourquoi avoir choisi le cadre de la guerre du Biafra comme coulisses du roman Sous les branches de l’udala ? 

J’ai choisi le cadre de la guerre du Biafra parce que je voulais situer la guerre sexuelle d’Ijeoma dans un moment crucial de l’histoire du pays. La vérité est que la guerre intérieure et extérieure que les gens dans la communauté LGBT livrent aujourd’hui est dans une certaine manière aussi terrifiante que la violence intérieure et extérieure qui a eu lieu pendant la guerre civile. Alors, je voulais faire une comparaison, montrer le parallèle.

Même si je n’ai pas vécu cette période, je sais ce qu’est la terreur de la guerre à travers ce que m’en a raconté ma mère. En fait, l’histoire d’Ijeoma a des points communs avec celle de ma mère qui a perdu son père pendant la guerre Biafra. Après la guerre, la famille de ma mère n’avait pas d’argent, n’avait pas de moyen de survie, alors, ma grande mère a envoyé tous ses enfants travailler chez d’autres familles comme domestiques — ce que nous appelons “housegirls” au Nigeria. C’est comme ça que l’histoire d’Ijeoma commence dans mon roman. L’histoire de ma mère a été mon inspiration pour le début du roman. Mais la suite est tout à fait différente de la vie de ma mère.

Comment entrevoyez-vous la place de littérature dans la société nigériane en particulier et en Afrique en général ?

Pour moi, c’est important d’avoir des discussions qui peuvent aider les gens à réfléchir, à penser. Surtout quand les lois d’une société ne respectent pas les droits humains, et quand ceux qui gouvernent le pays ne protègent pas les innocents — comme au Nigeria, mais aussi comme dans beaucoup d’autres pays, y compris les États-Unis —, peut-être la seule solution est de se tourner vers la littérature. Le gouvernement change des choses du haut jusqu’en bas, mais je pense que la littérature peut changer une société du bas vers le haut. La littérature change les pensées des gens. Dans des sociétés démocratiques, j’aimerais me dire qu’en changeant les pensées, nous pouvons effectivement changer le gouvernement. J’utilise mon roman comme un espace où je peux explorer des idées complexes, mais aussi comme un espace ou nous pouvons explorer et donner des pistes pour le changement, cultiver l’amélioration des idées.

18 septembre 2018 0 Commentaires
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[Vidéo]Une cinquantaine d’écrivaines à la première édition des “Rencontres Méditerranée Afrique des jeunes écrivaines”
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[Vidéo]Une cinquantaine d’écrivaines à la première édition des “Rencontres Méditerranée Afrique des jeunes écrivaines”

par La redaction 31 août 2018
Rédigé par La redaction
La première édition des Rencontres « Méditerranée Afrique » des jeunes écrivaines, se tiendra le 1ᵉʳ et 2 septembre prochain à la bibliothèque nationale d’El hamma, Alger. Amine Idjer, membre du comité d’organisation, évoque dans cet entretien la Genèse de cette rencontre sur la littérature féminine, qui ambitionne à devenir un rendez-vous annuel. Il revient également en détails sur la programmation de cet évènement.
31 août 2018 0 Commentaires
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Prix Nnanga kon 2018 : Les bons points des livres finalistes

par La redaction 27 août 2018
Rédigé par La redaction

Après la publication de la courte liste du Prix Nnanga 2018, les lecteurs qui suivent de près l’évolution de la littérature africaine et camerounaise en particulier sont sans doute curieux de découvrir les trois livres finalistes de ce jeune prix. Nous livrons ci-dessous quelques bons points qui ont certainement joué en faveur des ouvrages retenus. Pour rappel, la première édition du Prix Nnanga kon avait été remportée par la jeune romancière Djhamidi Bond pour son œuvre intitulée 8clos. Fiston Mwanza Mujila lui avait d’ailleurs à cette occasion adressé ses « vives félicitations ». L’une des conditions pour être éligible à ce prix est d’avoir été présélectionné aux Grands Prix des Associations Littéraires (GPAL), dont l’édition 2018 vient d’être lancée.

 

Biographie d’une jeune femme trop tôt partie… de Merveiline Tapi

Présélectionné aux GPAL 2017 par l’Association pour la Conservation et la Diffusion du Savoir (ACDIS)

C’est l’histoire de Barbara, qui lui est contée par un proche, au chevet de… sa tombe. « Tu étais jeune, belle, étudiante dans une grande école et vivais dans ce quartier depuis plus d’une dizaine d’années. » On le voit, le ton est celui du regret, la voix du narrateur est douce, empreinte de tendresse et d’intimité, au point où par endroits le style peut paraître emprunté à celui qui sied au journal intime. Cette histoire est belle à sa manière, pas comme un conte des mille et une nuits, avec des péripéties, du suspense et des retrouvailles inespérées. Merveiline Tapi a choisi de jouer plutôt sur la corde de la sensibilité pour toucher le cœur du lecteur. « Elle y est parvenue », car à la fin, on se surprend à plaindre le narrateur éprouvé, mais aussi à aimer Barbara, par pitié ou par empathie, peu importe, le résultat est là : on s’est attaché au livre.

Enquêtes en eaux troubles de Séraphin Deffo Deffo

Ouvrage proposé aux GPAL 2017 par la Maison de la Culture Française (MCF)

L’écrivain, s’entend ici le romancier, est aussi l’historien de son temps. La preuve, on apprend bien plus sur la révolution industrielle et la lutte des classes dans Germinal d’Émile Zola que dans n’importe quel livre d’Histoire y relatif. L’Opération Obama, pardon, l’opération épervier, n’a pas fini d’inspirer des chefs-d’œuvre. À l’avenir un enseignant qui en viendrait à entretenir ses étudiants sur ce sombre aspect de notre époque pourrait à raison leur recommander de lire aussi les Enquêtes en eaux troubles de Séraphin Deffo Deffo. L’auteur nous sert dans ce livre un plantureux « legal thriller » de 420 pages à couper le souffle. Prévarications, malversations, détournements de deniers publics, trafic d’influence, juges corrompus… On en arrive à des milliards de francs coincés dans des domiciles ou dans des bureaux, quand ils ne se baladent pas dans des cantines. Tout y est, dans ce livre, y compris les réseaux occultes et autres frasques de la société contemporaine. L’auteur aborde le sujet avec force précisions et des détails pointilleux qui dénotent une parfaite maîtrise des enquêtes judiciaires sur les crimes financiers, mettant ainsi à profit ses connaissances et son expérience professionnelle dans la vraie vie (titulaire d’un diplôme d’Inspecteur des Régies financières). Cependant il n’y a pas que des enquêtes à boire dans ce bel ouvrage, il y a aussi de l’eau de rose, à faible dose certes, mais assez pour contenter un tant soit peu les amateurs. Avec des coïncidences et des retrouvailles rocambolesques comme on en voit que dans les telenovelas, même si ces intrusions d’un autre genre font un peu fausse note. Cela dit, il faut avoir lu le livre, autrement on aura manqué quelque chose. Vous voilà prévenu.

Le défi du fidèle de Léonard Fokou

Présenté aux GPAL 2017 par Les Amis de la Littérature.

Le-défi-du-fidèle-Léonard-Fokou-198x300« Pas d’évolution sans sacrifices », ce dicton pourrait tout aussi bien s’appliquer à l’amour. Le prix à payer pour s’attacher l’être aimé peut parfois exiger des sacrifices incommensurables. Le défi du fidèle de Léonard Fokou est une belle histoire d’amour qu’on dirait au départ platonique, puis finalement influencée par les réalités humaines et les tragédies qui font et défont les grandes passions. Roméo ici s’appelle Fidelis et Juliette Fidelia. Tout les oppose, la condition sociale, les origines tribales, le regard des autres. Mais les deux amis ont fait le vœu de s’aimer toujours, autour du symbole très fort d’un quartier de kola. S’aimer envers et contre tous, pour le meilleur et pour le pire, à la vie à la mort. Y parviendront-ils ? C’est cela « Le défi du fidèle ». L’auteur porte aussi un regard critique sur la société contemporaine et ses dysfonctionnements. Le tribalisme, l’incivisme, la mal gouvernance, la corruption, le terrorisme, la misère, ses causes et ses conséquences, sont passés au crible. On pourrait même peut-être faire le petit reproche à Léonard Fokou d’être un peu trop moralisateur, ne se contentant pas souvent de son rôle de narrateur et de laisser le lecteur faire lui-même les déductions. Mais ce n’est qu’un avis discutable ; car, d’un autre côté, quand il s’agit de dénoncer le vice, la répétition est un bien petit bémol.

Correspondance : Palabre Intellectuelle

27 août 2018 0 Commentaires
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Pamela Ohene-Nyako : "Faire le choix de se nommer soi-même est une manière de résister"
InterviewsAfrique de l'OuestEurope

Pamela Ohene-Nyako : « Faire le choix de se nommer soi-même est une manière de résister »

par La redaction 17 août 2018
Rédigé par La redaction

Une chose aussi naturelle que de vivre : se nommer soi-même, accorder une identité par soi-même à soi-même. Chose omise à une personne qui est opprimée, qui se voit attribuée divers qualificatifs et qui est perçue par l’autre comme un objet. L’historienne Ghanéenne Suissesse Pamela Ohene-Nyako réfléchit sur les entrelacements des dominations et des identités, du racisme et de la liberté. La littérature s’avère être l’art par excellence pour les questions liées à ces sujets, étant la discipline où le mot s’ouvre sur une réalité, et de là, sur une liberté possible pour celui qui se prononce.

Ce n’est donc pas un hasard si Pamela Ohene-Nyako lie son engouement pour la littérature à son engagement pour des formes de libération. En 2016, la doctorante en Histoire contemporaine fonde « Afrolitt », une plateforme de rencontres et d’événements littéraires. S’ensuit la série web du même nom dont la deuxième saison est en cours de préparation.

Parlant des romans qui vous inspirent, vous employez le terme « Lit(h)eraSoul ». Qu’est-ce que la “Lit(h)eraSoul”?

Le concept de « Lit(h)eraSoul », à savoir la littérature qui sert de thérapie pour l’âme, est quelque chose qui m’a beaucoup travaillé. Je cherchais à définir ce que je ressentais quand je lisais un certain type de littérature qui m’apportait un éveil à la fois intellectuel et psychologique entraînant des effets thérapeutiques. La littérature fonctionnait pour moi comme une thérapie, grâce à l’accès à des connaissances alternatives auxquelles je n’avais pas accès en grandissant en Suisse, un environnement culturellement occidentalo-centré et Blanc, avec très peu de références auxquelles je pouvais m’identifier. C’est à travers la littérature écrite par des auteur (e) s Noir (e) s que leurs univers et leurs imaginaires sont entrés en moi. J’ai enfin pu découvrir des situations dans lesquelles je pouvais me retrouver en tant que personne afro-descendante. C’est ce qui, à partir de 2013, a beaucoup aidé mon parcours personnel et contribué par la suite à la création d’Afrolitt.

Dans un article autour de Lit(h)eraSoul sur votre blog, vous mentionnez Léonora Miano comme auteure qui vous a marquée. Comment vous a-t-elle changée ?

C’était pour moi la première auteure qui mettait des mots sur des expériences que j’avais vécues ou des questionnements que j’avais dans un contexte européen. Léonora Miano est connue pour avoir articulé la possibilité d’être Noir (e) et Français (e) dans le cas de la France, mais par extenso en Europe. Être Noir(e) et Suisse romande est donc possible et valide. Tout aussi valide que d’être afro-américain. Dans la diaspora Noir(e) en général, il y a des diasporas qui sont considérées d’une part comme valides ou « vraies », les Afro-américains, alors qu’on oublie que cette diaspora a une histoire traumatique de capture et de travail forcé. D’autre part, il y aurait la diaspora européenne qui serait entre deux, qui n’aurait pas vraiment de nom, et qui au final est un peu perdue. Ce qui est fondamental pour moi dans les textes de Miano, c’est qu’elle dit qu’on a le droit de trouver nos termes, de s’appeler. Je considère son recueil de conférences Habiter la frontière (Arche, 2012) comme une œuvre phare et libératrice pour des personnes afro-descendantes dans l’espace francophone européen. Miano n’est pas la seule à avoir fait ce travail. Je suis historienne, donc je regarde aussi ces processus d’articulations identitaires et subjectives en Europe. Ce sont des phénomènes qui ont toujours eu lieu; des femmes et des hommes ont toujours essayé de se définir en tant que personnes afro-descendantes, Noires ou « of color » en Europe.

[bctt tweet= »On peut utiliser les histoires et les propositions artistiques pour réfléchir sur ce qui nous entoure, sur nous-mêmes, sur notre vie dans notre quotidien. » username= »Afrolivresque »]

L’une des composantes de Lit(h)eraSoul est l’esprit critique qu’un roman peut engendrer chez le lecteur. Est-ce le même objectif avec Afrolitt ?

Il est vrai que j’ai voulu  partager cette approche de la littérature que j’ai découverte sur le plan personnel. La littérature peut être du  divertissement mais toute personne en fait l’usage qu’elle veut. Elle peut aussi nous apporter une conscience critique, quelque chose de libérateur. C’est beaucoup plus évident avec la non-fiction. Les textes de Malcolm X, Wole Soyinka, Angela Davis ou Ngũgĩ wa Thiong’o en sont de beaux exemples. Avec la fiction, c’est moins le cas. Avec Afrolitt, j’essaye de montrer que la fiction, bien qu’elle soit du divertissement et du « storytelling » avant tout,  peut aussi véhiculer quelque chose qui est de l’ordre de la libération à travers la manière dont les histoires sont articulées et les personnages pensés. On peut utiliser ces histoires et les propositions artistiques pour réfléchir sur ce qui nous entoure, sur nous-mêmes, sur notre vie dans notre quotidien. Il y a une tendance pour les personnes qui ne sont pas concernées, donc qui ne sont pas afro-descendantes, à utiliser la littérature africaine ou même asiatique comme des espèces d’échappatoires ou d’ouvertures ethnographiques sur les mondes inconnus. Ce qui n’est pas du tout mon approche. Il y a certes un aspect de cette littérature qui peut donner aux lecteurs une ouverture sur certaines connaissances. Mais très souvent, ces connaissances se rapportent à la question suivante : Qu’est-ce que ça veut dire être afro-descendant? Il s’agit également de connaissances acquises indépendamment du fait d’être afro-descendant ou Noir(e). Afrolitt propose donc la fiction comme outil de pensée et d’échange. Ça a été un pari gagné avec les rencontres Afrolitt qui étaient les premières activités mises en place, d’abord à Lausanne et ensuite à Genève.

 

 

En tant qu’historienne, y a-t-il un livre qui est particulièrement important pour vous ?

 

Park Schmuck Sicherung farbe bekennen afro deutsche frauen auf den spuren ihrer geschichte Überreste Endlos Teenager

May Ayim

Ma mère est en grande partie allemande. Elle a beaucoup baigné dans le monde germanophone, et c’est un monde qu’elle m’a transmis. Quand j’ai lu le livre Farbe Bekennen qui est une anthologie de femmes afro-allemandes sortie en 1985, je me retrouvais énormément dans ces récits, parce que la majorité des personnages était des métis dont la mère était allemande. Les éditrices sont May Ayim ­– qui à l’époque s’appelait May Opitz –, Katharina Oguntoye et Dagmar Schultz, qui elle n’était pas afro-allemande mais la directrice de la maison d’édition « Orlanda Frauenverlag ». Ce livre, en plus d’Habiter la frontière de Léonora Miano, a validé mes expériences. Je n’étais plus la seule à les vivre. Il y avait des personnes qui avaient vécu les mêmes expériences bien avant moi, et d’autres qui les vivent encore maintenant. C’était important pour moi de le savoir. Et de me nommer. D’avoir les possibilités de se dire qu’on peut s’appeler Afro-allemande, Afro-suisse. Ça ne veut pas dire que nous sommes des nationalistes suisses.  Cela veut juste dire qu’on a une expérience qui est marquée par le fait d’avoir, pour certains, des cultures hybrides. Je pense que même les Noirs sans parent blanc ont des cultures mixtes. On baigne dans l’hybridité des cultures. Tout le monde peut investir ce terme comme il veut ; mais pour moi, « Afro-suisse » c’est l’idée d’avoir une expérience marquée par le fait d’être Noire et liée à l’Afrique dans un contexte suisse. C’est le fait d’avoir une transmission culturelle d’Afrique, d’être vus comme Noirs dans la société, mais pourtant de grandir dans un contexte suisse, d’aller à l’école en Suisse.

Pamela Ohene-Nyako, le fait de se nommer est-il libérateur ?

Oui. Si on a ce besoin de se nommer, c’est parce que les autres s’évertuent à nous nommer selon eux-mêmes : soit nous sommes des « issus de la migration de quatrième génération », ou des Africains associés à des termes péjoratifs. Nous sommes toujours nommés par rapport aux autres et toujours par les autres . Je pense que la liberté totale, c’est de n’avoir pas besoin de se prendre la tête et de vivre sa vie. Mais on n’a pas ce luxe ni ce privilège quand on est une minorité. On est toujours ramené au fait qu’on est différent. Pourtant on est toujours bien plus que des personnes Noires ou des femmes.  On a des identités multiples. Mais nous sommes toujours renvoyées à des identités particulières. On peut aussi faire le choix de se nommer soi-même. C’est une manière de résister et de se défendre par rapport à des pressions externes.

Dans votre série web, vous êtes au Ghana, dans un environnement convivial à Accra ou Tema,  et vous échangez avec une artiste ou activiste sur un roman. Qu’est-ce qui vous a incitée à proposer ce format au public?

Acheter un livre quand on est au Ghana, c’est un luxe. Un livre de poche qui coûte 15 dollars américains coûte quatre fois et demie plus cher au Ghana, pour autant qu’on le trouve. L’obstacle financier poussent les personnes qui lisent au Ghana à être ingénieuses. Par exemple, Moshood Balogun (auteur ghanéen, NDLR) trouve des livres partout à prix cassés, je ne sais pas où. Il y a les « librairies par terre », des vendeurs de livres dans la rue. Mais toujours est-il que ça coûte très cher au Ghana de lire. Ce sont des personnes de la classe moyenne qui lisent et lire n’est pas populaire. Le livre le plus lu au Ghana c’est la Bible. Je pense qu’on peut faire quelque chose pour rendre la littérature plus accessible à des lecteurs. La série web est un moyen de parler de sujets abordés dans les livres et par une manière où les personnes qui n’ont pas forcément lu le livre peuvent se retrouver dans les textes abordés. Il s’agit là de sortir d’une idée poussiéreuse des littéraires comme des espèces d’intellos repliés sur eux-mêmes. La question que je me pose toujours est de savoir comment rendre visuellement intéressante une discussion autour d’un roman avec un côté documentaire et en montrant aussi des lieux différents de la ville d’Accra.

En ce moment, vous préparez la saison 2. Quelles seront les nouveautés dans cette saison?

Le focus va surtout être de rendre le visuel intéressant et surtout de parler des livres parus dans des maisons d’éditions du continent afin de soutenir des auteurs vivant en Afrique. Nous présenterons également des genres nouveaux comme les BDs, – ça ne va pas être Black Panthers ! – . Concernant la structure interne, j’ai voulu chez AfroLitt travailler avec une équipe panafricaine, mettre des gens de différents horizons ensemble, avoir un équilibre entre femmes et hommes à la technique, et favoriser les rapports sud-sud. Je trouve par exemple très intéressant d’avoir sur ce projet un réalisateur jamaïcain qui travaille avec des Ghanéens. Ce qui est aussi important pour moi, c’est ne pas demander un travail bénévole à mes collaborateurs. Faire du culturel pour le culturel et ne pas s’occuper de l’aspect financier n’est pas dans mes objectifs. Je prends en compte la dimension économique de ce projet sans rentrer dans une logique capitaliste de profit. Nous essayons pour cela de trouver des fonds pour financer ce projet. Tout soutien est bienvenu.

Propos recueillis par Arlette-Louise Ndakoze

17 août 2018 0 Commentaires
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Fiston Mwanza Mujila
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Fiston Mwanza Mujila : « Je suis un boulanger congolais, un autodidacte »

par La redaction 2 juillet 2018
Rédigé par La redaction

Écrire et faire naître. Un corps prend forme, par un corps cherchant à se connaître. Écrire et travailler une matière : tel un architecte, tel un boulanger. C’est comme cela que décrit sa littérature l’auteur Fiston Mwanza Mujila. Depuis près de 10 ans, il a quitté Lubumbashi au Congo pour la ville autrichienne de Graz. Le paysage géographique se lie à son paysage littéraire, car l’auteur du roman expérimental Tram 83 (Métailié, 2014) se comprend dans le courant littéraire de l’avant-garde autrichienne. Dans Tram 83, trois personnages vivent la nuit dans un bar du même nom, à la recherche de leur identité. Si un boulanger ou un architecte peut s’approprier la matière qu’il travaille, le saxophoniste, lui, ne saurait ou voudrait la définir. C’est sans doute à la jonction des deux que se trouve Fiston Mwanza Mujila. Lors de sa participation à une conférence du collectif « Nazis und Goldmund » du 14 au 17 juin 2018 à Berlin, l’auteur Fiston Mwanza Mujila pâtit des questions d’identités – sur scène, et dans le micro d’Afrolivresque.

Fiston Mwanza Mujila, bonjour. Êtes-vous à cet événement pour parler d’identité ?

Bonjour. Identité oui, parce que j’ai été invité pour donner ma vision du monde. Je suis né au Congo, je vis en Autriche, mais je peux dire que je suis aussi Européen. Parce qu’en tant qu’écrivain je baigne dans un bain culturel européen. Ce qui est très intéressant, avec l’Autriche, c’est qu’on a des écrivains qui sont entre deux, trois pays, comme Kafka. Cette délocalisation de la littérature – cette désacralisation de l’espace politique – m’intéresse beaucoup comme écrivain. Baigner entre trois, quatre univers. En même temps, je ne me raconte pas écrivain autrichien, ou écrivain africain, ou écrivain européen, mais je dis que j’appartiens à ce monde-là, que je baigne dans ces eaux-là.

Vous vivez à Graz, en Autriche. Comment s’est fait ce choix ?

Au départ, j’avais eu une résidence d’écriture, j’étais invité à Graz comme invité de la ville – « Stadtschreiber » – et puis je suis retourné en Allemagne, parce que j’étais boursier aussi de la fondation Heinrich-Böll. Et puis, je suis retourné à Graz pour y résider. Il faut dire que Graz c’est, je dirais, une petite ville, comparativement aux villes congolaises. C’est une petite ville, mais qui est très élargie parce que tout simplement on y trouve une université de musique, des gens qui arrivent de partout pour étudier le jazz. Tous les gens qui sont passés par Graz reviennent chaque mois pour un festival de littérature ou de musique. C’est une ville très culturelle. J’aime cette ambiance ; et puis, c’est une ville calme.

[bctt tweet= »J’essaie à partir de la langue de dresser une cartographie, une cartographie de rêve, une cartographie de l’utopie la plus marchande. » username= »Afrolivresque »]

Les gens viennent pour étudier le jazz ?

Oui, parce que la ville compte l’un des plus anciens départements de jazz en Europe. Et donc, il y a cette tradition, les gens viennent pour étudier le jazz. La plupart sont des jeunes qui arrivent de pays de l’Europe de l’Est. C’est-ce qui me plaît. Aussi, la tradition littéraire : cette ville a eu à donner au lendemain de la Seconde Guerre mondiale des écrivains qui ont retravaillé et repensé l’écriture, la langue, la langue allemande. Et puis, il y a cette tradition musicale – j’aime la musique.

Par rapport à cette tradition littéraire, quand j’ai lu votre roman Tram 83 j’ai perçu ce que je retrouve dans les romans de la tradition autrichienne : cette focalisation sur la forme. Est-ce ce qui vous a attiré en écrivant? Vous situez-vous aussi dans cette tradition ?

Oui. Comme exemple d’écrivains autrichiens de cette tradition, on peut prendre Peter Handke, un écrivain auteur de théâtre avec des textes extraordinaires, des monologues radieux. Je suis dans cette perspective de la langue. Pour moi, quand je dis écrire dans une langue, en français ou dans ma propre langue, je vois cela dans une perspective matérielle. Je dis toujours que je suis un boulanger, un boulanger congolais, ou autodidacte. Un boulanger congolais, il se réveille à 4 heures du matin, il commence à faire son travail, à cuire son pain. L’écriture dans les deux langues, en français et en allemand – parce que j’écris dans les deux langues – est un travail plutôt personnel, mais en même temps un travail esthétique, un travail corporel. Je travaille la langue, je malaxe la langue comme un boulanger malaxerait la pâte. C’est dans ce sens que je me situe dans la généalogie de deux écrivains qui font un travail extraordinaire sur la langue comme Peter Handke, mais également Ernst Jandl qui est un poète autrichien. L’Autriche a toujours été plus ou moins dans l’avant-garde de la littérature allemande en ce qui concerne le travail sur la langue. Je me situe aussi dans la tradition de Jandl, de Friederike Mayröcker et d’Ilse Aichinger quand elles abordent les grandes questions telles que le nazisme et la guerre. Je me situe également dans cette tradition d’écrivains africains qui font un excellent travail sur la langue tels que Kourouma, Sony Labou Tansi et même Alain Mabanckou. La langue est un instrument qui m’est très proche.

Je vis en Autriche, dans l’espace germanophone, depuis plus de dix ans, mais j’écris toujours en français. Et là, j’en arrive à un autre lien par rapport à la langue : c’est dire que j’écris dans cette langue mais je ne parle pas cette langue. Le français devient une langue intérieure, un jardin secret, une langue personnelle. Il y a cette fluidité qui fait penser au fleuve Congo. Comme je le dis toujours dans mes textes, c’est un fleuve qui s’accouche, qui s’enfante dans le Katanga, qui traverse tout le pays et se déverse, se défenestre, ou se suicide dans l’océan. Donc, il y a dans mes textes – de poésie ou de théâtre – quelque chose de très fluide. Que ce soit en allemand ou en français, il y a le même engouement pour la langue, pour les mots ; il y a la même folie, il y a la même extravagance, la même exubérance, l’euphorie suprême. J’essaie, à partir de la langue, de créer mon propre univers. J’essaie à partir de la langue d’inventer ou d’enfanter une nouvelle langue. J’essaie à partir de la langue de dresser une cartographie, une cartographie de rêve, une cartographie de l’utopie la plus marchande. Donc, j’essaie d’utiliser la langue comme un contrebandier, comme un mercenaire. C’est-à-dire, trouver toute ma force, la puissance, de forcer les portes ou les fermer à travers une utilisation presque débile – je pense que c’est le bon mot, débile – de la langue.

Peut-on dire que la forme du texte aide une chose à prendre corps ? Que plutôt de s’approprier, la forme donne vie ?

Oui, je pense que c’est dans cela. C’est dire que, la langue est utilisée comme un outil mais au-delà d’un outil. Il faut dire qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ce qu’on appelle « Nachkriegsliteratur » dans les pays germanophones (N.d.l.r : « littérature d’après-guerre »), la question était de savoir dans quelle langue écrire, dans quelle langue repenser. Parce que le nazisme a aussi utilisé l’allemand pour massacrer, pour arriver à ses fins. Donc, il s’est posé cette question de la langue. Et cette question a été beaucoup plus débattue à travers les écrivains du groupe 47 (N.d.l.r : groupe d’écrivains allemands d’après-guerre, entre 1947 et 1967) qui ont dès lors beaucoup influencé la scène littéraire germanophone. Et d’ailleurs, le collectif qui nous invite ici, duquel je suis très proche, se situe presque dans cette généalogie d’auteurs qui essayent d’articuler un discours par rapport à leur société. Dans ce mouvement-là du groupe 47, jusqu’aujourd’hui, en Allemagne, en Autriche, et dans une certaine mesure en Suisse, il y a la question de la langue : que peut faire la poésie face à un monde où poussent les barrières chaque jour davantage. La langue peut être comme une planche de salut.

[bctt tweet= »Je pense que le grand problème de certains lecteurs est de considérer l’écrivain africain comme quelqu’un qui travaille au ministère du tourisme. » username= »Afrolivresque »]

Le narrateur dans Tram 83 remarque : le jazz, avant, c’était une musique pour les Noirs, maintenant c’est pour des touristes et la haute bourgeoisie. L’importance du jazz a-t-elle changé aujourd’hui ?

Il faut dire que le jazz a joué un rôle important dans l’humanité. Aux États-Unis, il a contribué à l’affirmation d’une identité Noire. Et puis, le jazz a dénazifié l’Allemagne. Dans l’Allemagne hitlérienne, le jazz était interdit. Les gens jouaient le jazz dans des caves à Hambourg. Le jazz a dénazifié l’Autriche aussi. Le jazz est venu en Europe, apporter un nouveau souffle sublime. Il a eu son moment de gloire en Afrique du Sud, a été un instrument contre l’Apartheid, non seulement avec Hugh Masekela ou Makeba, mais également avec les jeunes talentueux comme les Blues Notes qui sont l’un des premiers groupes de free-jazz en Afrique du Sud. Le jazz, définitivement, a joué un rôle important dans toutes les sociétés. Mais il se trouve que, dans certains pays en Afrique aujourd’hui comme le Congo, le jazz est devenu une musique d’une certaine bourgeoisie. Il n’est plus ce qu’il était, c’est-à-dire une musique qui participait à une certaine conscience. Mais pour le puriste, parce que moi je me considère comme un puriste du jazz, je suis resté dans le jazz classique. C’est le jazz qui est appelé à participer à la marche du monde ou à la marche personnelle. Avec Coltrane par exemple, c’est un jazz qui est très personnel, spirituel. Je suis resté dans ce jazz-là.

Il y a eu beaucoup de répliques par rapport aux personnages de femmes dans Tram 83. Elles sont perçues d’une perspective de colon selon ces critiques, car dotées de tout ce que les anciens colons aimaient. Mais vous ne voulez pas répondre à ces répliques. Quelle en est la raison ?

Parce que j’estime qu’une œuvre littéraire, quand elle est publiée, elle appartient à tout le monde. Chacun de faire ses commentaires. D’autre part, moi je parle d’une réalité tout à fait simple qui est la réalité de la mine. Et de sociétés africaines qui sont des sociétés patriarcales. Je parle de cette réalité de mine, des espaces qui sont soumis à l’exploitation artisanale de la mine. La femme est considérée, on peut le dire, comme un objet sexuel. Je parle de ces réalités-là, de jeunes prostituées qui existent, je n’invente rien, on pouvait même aller au-delà. Je pense que le grand problème de certains lecteurs est de considérer l’écrivain africain comme quelqu’un qui travaille au ministère du tourisme. Mais si les gens lisent mon roman comme un traité de sociologie, ce n’est pas mon problème. Je pense qu’il n’y a pas à répondre à des commentaires. Chacun a droit de mettre sa pensée, de donner son avis par rapport à une œuvre littéraire ou musicale.

Propos recueillis par Arlette-Louise Ndakoze

2 juillet 2018 0 Commentaires
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Écrire pour raconter quoi
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Écrire pour raconter quoi ?

par La redaction 8 juin 2018
Rédigé par La redaction

8Une histoire à six voix ou un monologue simplement. Il y aura toujours quelque part une oreille prête à les entendre et un cœur pour s’en émouvoir, à tort ou à raison. On peut écrire encore pour soi-même et broder une histoire à laquelle personne n’a jamais pensé ou que l’on aurait eue beaucoup de gaité à entendre. Mais la question qui me revient est : « Écrire pour raconter quoi ? »

 

Certes, l’emploi d’un écrivain ne se résume pas fondamentalement à relater des faits vécus ou entendus. En l’occurrence, il ne serait pas faux de dire que son ultime dessein serait aussi de donner à voir sa perception du monde, de sublimer les contours de nos existences, d’ajouter un brin d’éclat à la beauté du monde. Il ne serait pas non plus excessif d’attester qu’on peut tout écrire à condition de savoir donner à ses mots de la chair et des ailes. De la chair pour qu’ils ne s’effondrent point au premier coup de vent et des ailes pour leur permettre de voleter une fois narrés ou couchés sur le papier.

[bctt tweet= »C’est avec la franchise qu’un écrivant découvre ses propres limites et décide de les dépasser. » username= »Afrolivresque »]

On peut alors tout raconter et encore se raconter ? Dans les moindres détails : ses joies intimes comme ses colères indécrottables, la mort de ses parents et, voire son tout premier vol pas cher dans un avion à hydrogène. Il suffirait d’avoir de la ténacité et de mettre au bout de sa plume une bonne dose de spontanéité à laquelle viendrait se joindre la franchise. Puisque c’est avec la franchise qu’un écrivant découvre ses propres limites et décide de les dépasser. Seulement avec la franchise qu’il choisit de raconter telle situation plutôt que telle autre. On peut écrire ce qui a déjà été raconté mille et une fois dans les couloirs ou sur la place publique. Le plus important reste la manière avec laquelle l’on investit un sujet ou une situation et la sueur que l’on se sent prêt à répandre pour la renouveler.

Êtes-vous clairement prêt à écrire ? Les fautes ne doivent pas être un frein à votre envie de raconter ce qui vous a touché et que vous pensez qu’il émouvra d’autres personnes. « Les fautes, disait mon père, sont comme des chiques, elles finissent par disparaître pour peu que tu prennes soin de toi ».

Racontez votre premier amour ou votre premier baiser, un soir de printemps, sur le chemin de l’école, tout ce qui vous tient à cœur, mettez-y véritablement de la sueur et de la franchise, nous serons heureux de vous lire et de publier sur le site d’Afrolivresque vos chers mots ailés et charnus !

Les textes sont à envoyer à : lesateliersguyalexandresounda@gmail.com

par Guy Alexandre Sounda

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8 juin 2018 0 Commentaires
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Guy Alexandre Sounda: "J’ai voulu interroger les convergences de l’art d’écrire avec les arts visuels"
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Guy Alexandre Sounda: « J’ai voulu interroger les convergences de l’art d’écrire avec les arts visuels »

par Acèle Nadale 8 mai 2018
Rédigé par Acèle Nadale

C’est avec son premier roman à succès, Confessions d’une sardine sans tête (2016, Sur le fil – Prix Ethiophile 2017, mention spéciale du jury du Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2016, Sélection officielle Prix Cène littéraire, Senghor et Mahogany) que nous avons fait la connaissance de Guy Alexandre Sounda, auteur et metteur en scène congolais. Il nous revient avec un ambitieux projet d’ateliers et stages d’écriture, auquel Afrolivresque à l’honneur de participer en tant que partenaire média. Il nous explique sa démarche et le contenu de son offre originale dans cet entretien.

Après la scène, la radio et le livre, vous rajoutez une autre corde à votre arc artistique, la création de stages et ateliers d’écriture créative. Quelles ont été vos motivations pour tenter cette nouvelle aventure ?

Je me suis toujours défini comme un défricheur de territoires, un flâneur insatiable, un curieux impénitent. Cela découle sans doute de ma soif de découverte et d’apprentissage ? La rencontre et l’échange sont au centre de ma démarche d’artiste. Partant de là, j’ai voulu interroger, à travers ces ateliers d’écriture, les convergences de l’art d’écrire avec les arts visuels. Venant du théâtre, un domaine où le visuel et l’oral tiennent une place importante, il m’a semblé tout à fait pertinent d’ouvrir cette réflexion et de mettre en œuvre des parcours performatifs inspirés de mes expériences et mes questionnements. La question est « comment partir de mon expérience de comédien et ma pratique d’écrivain pour créer un espace où l’écrit et le visuel s’entrecroisent et s’interrogent ? » Ce qui m’a motivé davantage, c’est d’explorer la co-activité entre ces deux formes, de découvrir les types de narration à mettre en mouvement selon qu’on est écrivain ou plasticien, pour ne citer que ces deux cas.

Qu’est-ce que l’écriture créative et en quoi se différencie-t-elle de l’écriture classique ?

L’écriture créative, comme on peut l’imaginer, mobilise nos capacités de création, déplace les objets et les formes d’écriture ordinaire, à travers des jeux langage et des formes nouvelles de narration. Il est question à la fois d’esthétique et de poétique, une double dimension que l’écriture classique ou d’invention ne prend pas en compte. Le plaisir d’écrire auquel s’ajoutent le débridement de l’imagination, l’investissement de soi et le façonnage de son propre style, la découverte de grands auteurs. Que dire de plus ? C’est une écriture de l’émotion où le mot devient un corps et une voix qui résonne au loin, une écriture qui met en exergue les directions que prend le langage du quotidien et les dimensions littéraires et plastiques que revêt l’acte d’écrire dans n’importe quelle langue.

[bctt tweet= »Je me suis toujours défini comme un défricheur de territoires, un flâneur insatiable, un curieux impénitent. Guy Alexandre Sounda » username= »Afrolivresque »]

Les arts visuels occupent une place importante dans les stages et ateliers d’écriture que vous dirigez. Pourquoi et comment les intégrez-vous dans l’accompagnement des participants ?

En effet, j’ai voulu intégrer les arts visuels, comme je l’ai dit plus haut, dans ces ateliers d’écriture pour explorer les convergences et les croisements entre l’écrit et le visuel, inciter les écrivants à exploiter les possibilités de narration qu’amènent les croisements. La démarche a pour objectif de donner à découvrir diversement les œuvres mises en situation et développer une approche interdisciplinaire de l’écriture littéraire, à travers deux démarches complémentaires qui mettent en relief les sensibilités individuelles et les rapports de chacun à l’écriture. L’une consiste à nourrir les différentes étapes de la construction d’une fiction, du déploiement d’une intrigue et l’autre à explorer des formes et des contextes d’écriture par des parcours formatifs qui incluent des jeux sur l’image et sur la textualité. Dans ces ateliers d’écriture, les arts visuels servent d’embrayeur littéraire et de matière conduisant d’une part à l’exploration du moi profond, où se mêlent des champs sémantiques abstraits et concrets, et d’autre part au déploiement du langage des émotions et de sa traduction corporelle et verbale.

Quels sont les éléments d’arts visuels que vous avez utilisés dans votre dernier roman à succès, Confessions d’une sardine sans tête, (2016, Sur le fil) ?

Tout est visuel dans ce roman. Du premier dernier au chapitre. J’invite vos lecteurs à découvrir les univers que je convoque à travers les remémorations de Fabius Mortimer Bartoza. Le personnage principal que l’on voit d’abord au tout début dans un jardin, assis sur un banc solitaire et tenant une poupée russe dans une main et une valise de bois dans l’autre, ensuite à la fin, juché sur la statue d’Henri IV. Tout est visuel dans le ton et le propos, puisque ici les mots n’ont pour but que de donner à voir et à ouïr les mondes intérieurs qui beuglent dans la tête du personnage, les voix qui brament à ses oreilles, les ombres qui défilent sous ses yeux. Cette histoire aurait été touffue et sans doute verbeuse sans cette dimension du visuel dans la narration.

Quels profils d’écrivains peuvent avoir accès à vos formations et qu’est-ce qu’ils emportent avec eux en y ressortant ?

Ces ateliers d’écriture sont ouverts à tous les profils, ouverts à toute personne désirant approfondir ou amorcer un travail d’écriture. Ils ont pour objectifs d’exhorter les écrivants à aborder les arts visuels comme des pistes de création de contenus et de fictions, à renouveler leurs rapports à la langue à travers les structures extérieures et intérieures des images mises en situation. Ils portent sur les possibilités de narration qu’offrent les croisements de l’écrit et du visuel, la diversité discursive qui en découle, la construction du style polymorphe, le dialogue inventif entre l’image littéraire et l’image visuelle. Il est question d’approfondir, en dehors des clichés itératifs auxquels notre langage du quotidien recourt souvent, des marques de poéticité et de densité de la langue intérieure et de sa cohérence avec les flux de la société, autrement dit : écrire ici et maintenant en croisant sa narration avec celle des arts visuels.

Où se déroulent vos ateliers d’écriture ?

Nous commençons cette année par un cycle de 4 stages à Marseille, ouverts à tous, en collaboration avec l’association L’arca delle lingue et les éditions Héliotropismes, du 6 juillet au 28 septembre. Un stage par semaine, du vendredi au dimanche. Nous avons associé à ce projet un photographe marseillais, Nicolas Guyot. Ses peintures photographiques serviront à la fois de matières visuelles et de propositions d’écriture autour desquelles les participants construiront leurs univers narratifs. Les textes issus des ateliers d’écriture déboucheront sur une publication dans un recueil collectif aux éditions Héliotropismes. Un beau projet en perspective !

8 mai 2018 0 Commentaires
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L’Afrique au 32e Salon du livre de Genève retour sur 5 jours de célébration
ActualitéÉvénements

L’Afrique au 32e Salon du livre de Genève : retour sur 5 jours de célébration

par Acèle Nadale 3 mai 2018
Rédigé par Acèle Nadale

C’est ce 29 avril que la 32e édition du Salon du livre de Genève a fermé ses portes. Pendant cinq jours, près de quatre-vingt-sept mille visiteurs ont apprécié les 3000 animations et activités de ce rendez-vous international du livre qui mettait à l’honneur le canton du Valais situé au sud de la Suisse et connu pour son magnifique paysage montagneux, et la ville de New York. L’Afrique aussi était mise en lumière lors des journées professionnelles organisées en marge du salon, les quatrièmes Assises de l’édition, pendant lesquelles l’accent a été mis sur les politiques publiques du livre en Afrique. Le Salon Africain, espace réservé aux productions africaines, a choisi de célébrer les femmes avec le thème « Ces amazones qui font l’Afrique ».

Les assises du livre en Afrique

L’une des innovations de ce 32e Salon du livre de Genève est la première édition des Assises du livre consacrée à l’édition Africaine. Professionnels et pouvoirs publics du livre en Afrique ont pu ainsi échanger et partager leurs expériences toute la journée du 25 avril avec leurs pairs d’autres pays francophones (Suisse, France, Canada) pendant des ateliers, débats, interventions individuelles et tables rondes. Ces assises ont été marquées par la présence de la présidente du Salon de Genève, Madame Isabelle Falconnier, du Ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire, Monsieur Maurice Kouakou Bandaman, de la fondatrice du Pavillon Lettres d’Afrique, Madame Aminata Diop Johnson, de la Cheffe de Division Afrique subsaharienne et Francophonie (DASF), Madame l’Ambassadeur Anne Ligon-Moulin et de la Présidente de l’Alliance des éditeurs de l’Afrique centrale, Madame Sylvie Tsame.

Les politiques publiques du livre en Afrique

Au cœur des échanges entre professionnels lors de ces premières assises du livre en Afrique, la question des politiques publiques du livre, les exemples de maisons d’édition à succès, les projets innovants et les défis à relever pour l’avenir. Hacène Mendjoun, Sous-directeur des Bibliothèques et de la promotion de la lecture publique d’Algérie, Nizar Ben Saad, Directeur du livre de Tunisie, Henri N’Koumo et Ibrahima Lô, respectivement Directeurs du livre de la Côte d’Ivoire et du Sénégal représentaient les institutions publiques de leurs pays et ont chacun présenté les actions et initiatives engagées pour soutenir le secteur de l’édition et promouvoir la lecture.

L’une des grandes annonces lors de ces assises vient du Sénégal qui compte presque doubler son budget de soutien à l’édition, passant ainsi de 570 millions à 1 milliard de CFA, malgré l’absence d’une politique du livre sauf dans le domaine du livre scolaire selon Ibrahima Lô. Il faut noter que l’accès au marché du livre scolaire au Sénégal comme dans beaucoup de pays subsahariens reste réservé aux éditeurs étrangers, au grand dam des éditeurs locaux.

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Maurice Kouakou Bandaman – Ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire – ©Afrolivresque

Henri N’Koumo de la Côte d’Ivoire a lancé un appel particulier aux éditeurs ivoiriens pour qu’ils utilisent les nouvelles technologies afin de faciliter l’accès à leurs catalogues, notamment en proposant systématiquement une version numérique pour chaque nouveau livre. Il envisage de proposer une directive qui encouragerait les éditeurs dans ce sens. Sur le même sujet, il a été demandé aux différents représentants des institutions publiques de se pencher sur la problématique du manque d’une législation claire sur le commerce électronique dans certains pays africains, rendant ainsi le développement de ce secteur d’activité, notamment dans les livres, plus compliqué que dans les pays du Nord.

Agnès Gyr-Ukunda, fondatrice des Éditions Bakame, première maison d’édition jeunesse du Rwanda créée en 1995, a présenté un état des lieux sur les politiques publiques du livre au Rwanda qui applique un taux de 0 % sur les livres importés. Toujours dans le but de promouvoir la lecture, le Rwanda célèbre le livre chaque mois de novembre. Malgré une avancée de l’édition locale depuis les années 1995, notamment dans l’édition en Kinyarwanda, la seule langue locale, Agnès Gyr-Ukunda a questionné la domination sans cesse croissante du marché rwandais du livre par les Américains, mettant ainsi en danger les éditions locales déjà assez fragiles.

Cartographie des politiques publiques

Laurence Hugues, Directrice de l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants (AIEI), collectif de professionnels créé en 2002 qui réunit plus de 550 maisons d’édition indépendantes présentes dans 52 pays, et Serge Dontchueng Kouam des Presses Universitaires d’Afrique (PUA) ont présenté le 25 avril le bilan à mi-parcours du projet « Politiques publiques du livre en Amérique latine, dans le monde Arabe et en Afrique subsaharienne/Madagascar ».

Les débats ont continué lors de l’atelier sur le même sujet dans la matinée du 27 avril. Ce projet soutenu par la Fondation de France et mené par l’Observatoire de la biblio diversité, groupe créé au sein de l’Alliance, a pour objectifs de collecter (février à décembre 2017), d’analyser (janvier à septembre 2018) et de cartographier (janvier à décembre 2018) les politiques publiques du livre des régions concernées. L’AIEI espère ainsi avec cette étude « Contribuer à la mise en place et à la consolidation de politiques publiques du livre dans les pays en développement ».

Édition du Maghreb, édition bilingue, édition anglophone : des exemples de réussite

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De g. à d. : Emma Shercliff, Sulaiman Adebowale, Elisabeth Daldoul et Selma Hellal ©Afrolivresque

Les langues et les traductions resteront toujours parmi les défis majeurs à relever par les éditeurs africains s’ils veulent atteindre un lectorat plus vaste. Jusqu’à présent, le livre africain circule très difficilement entre pays africains. Cela est certes dû au manque d’une véritable industrie du livre, mais aussi à une barrière linguistique importante. On assiste par conséquent à une édition à deux vitesses, selon que l’on soit dans l’Afrique anglophone qui depuis quelques années affiche de grands succès littéraires aussi bien localement qu’à l’international, ou que l’on soit dans l’Afrique francophone, dont la plus grande partie de la production se concentre toujours et malheureusement à Paris, et qui peine à suivre le succès anglophone à l’exception du Maghreb.

Créée en 2006 par la dynamique Bibi Bakare-Yusuf à Abuja, Cassava Republic Press (Elnathan John, Mylo Freeman, Nnedi Okorafor, Chigozie Obiama) est la première maison d’édition à ouvrir un bureau à Londres. Elle était représentée aux Assises par Emma Shercliff qui a annoncé la sortie de leur première traduction en Français dès 2019 et aussi l’ouverture de leur maison aux manuscrits francophones. Cassava Republic Press suit ainsi le chemin déjà emprunté par la maison d’édition indépendante multilingue Amalion (Louis Camara, Mutt-Lon, Kofi Awoonor, Tina Okpara) installée à Dakar, et créée par le nigérian Sulaiman Adebowale. Amalion est spécialisée dans la publication et la diffusion du savoir-faire africain qui propose des pensées alternatives dans les réflexions sur le monde.

Elisabeth Daldoul de la Tunisie a présenté le parcours des Éditions Elyzad qui a mené à de grands succès littéraires tels que L’amas ardent de Yamen Manai (Prix Comar d’Or 2017, Prix des cinq continents de la Francophonie 2017, Grand Prix du Roman Métis 2017, Prix Maghreb de l’ADELF 2017). Selma Hellal quant à elle, présentait les éditions Barzahk d’Algérie connues pour le succès phénoménal de Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Prix « Escale littéraire » d’Alger, Prix François-Mauriac 2014, Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2014, sélectionné aux Prix Goncourt et prix Renaudot 2014).

Mutualisation des ressources entre éditeurs pendant le Salon du livre de Genève

Les professionnels de différents horizons se sont retrouvés dans un atelier le 26 avril pour partager leurs expériences relatives à la mutualisation des ressources entre pairs. Parmi les projets présentés, celui du Collectif de maisons indépendantes créé par Stephan Carrière des Éditions Anne Carrière a été beaucoup discuté. Ce Collectif gère toute la production des livres proposés par les maisons membres, ceci leur permettant de réduire leurs coûts d’investissement et de se concentrer sur le travail purement éditorial. Un catalogue commun est présenté chez les libraires.

Le salon africain 

Pour cette 15e édition du salon africain, Pascal Kramer et Boniface Mongo Mboussa, programmateurs de l’espace, ont choisi de mettre à l’honneur les femmes avec le thème « Ces amazones qui font l’Afrique ». Les femmes et les hommes de lettres se sont donc retrouvés sous le baobab pour parler non seulement de différentes femmes qui les ont marqués ou ont marqué le continent, mais aussi des sujets qui les interpellent personnellement ou de ceux qui concernent l’Histoire, le présent et le futur de l’Afrique.

Le public jeune du Salon du livre de Genève a pu voyager à travers l’Afrique grâce aux séances de contes d’Adèle Caby-Lyviannah et aux palabres de Florent Couao-Zotti avec son livre Lance-pierres de Porto-Novo. Les étudiants genevois n’ont pas été oubliés et ont échangé avec Boubacar Boris Diop autour de ses ouvrages Murambi, le livre des ossements et Bàmmeelu Kocc Barma.

L’un des temps forts du salon africain a été la rencontre « Femmes puissantes » avec Aminata Sow Fall, Véronique Tadjo, Ken Bugul et Denise Epote qui ont partagé leurs expériences professionnelles en tant que femmes, leur vision du monde et les différents regards que le monde pose sur les femmes.

Le cinéma était aussi présent d’une certaine manière au salon africain avec Valérie Cadignan qui, en se penchant sur le documentaire « I am not your negro » de Raoul Peck, a exploré les obsessions de l’écrivain afro-américain James Baldwin. Les écrivains Max Lobe et Théo Ananissoh quant à eux, ont présenté leurs romans respectifs, Loin de Douala et Delikatessen, qui partagent en commun une écriture au style cinématographique, un récit abordé comme l’œil d’une caméra.

Wilfried N’Sondé lauréat du Prix Kourouma

Salon du livre de Genève

Cette année, le Prix Kourouma a été décerné Wilfried N’Sondé pour son roman Un océan, deux mers, trois continents publié chez Actes Sud; la remise du prix a été marquée par la présence de Sophie Kourouma, fille d’Ahmadou Kourouma. Wilfried N’Sondé succède à Max Lobe qui l’avait remporté avec Confidences (2016, Zoé)

Le Prix Ahmadou Kourouma créé par Jacques Chevrier, professeur émérite à la Sorbonne, Jean-Louis Gouraud, ancien directeur de Jeune Afrique, et Pierre-Marcel Favre, président du Salon international du livre et de la presse de Genève prime un ouvrage, essai ou fiction consacré à l’Afrique noire et dont l’esprit d’indépendance, de lucidité et de clairvoyance s’inscrit dans le droit-fil de l’héritage légué par le romancier ivoirien. Il est parrainé par Direction du développement et de la coopération.

Étaient également présents Marc-Alexandre Oho-Bambe, Jean-Luc Raharimanana, Christine LeQuellec, Jehanne Denogent, Paulin Assem, Simon Mbumbo, Charline Effah, Hélène d’Almeida, Catherine Vidrovitch, Sylvia Serbin et Adrien Folly-Notsron.

La fête du livre a été belle à Genève et l’expérience des assises du livre en Afrique a été accueillie avec un grand enthousiasme de la part des participants qui souhaitent renouveler ces rencontres. Le salon africain qui ne désemplissait pas a tenu ses promesses. Nous vous donnons donc rendez-vous au 33e Salon du livre de Genève et de la presse qui se déroulera du 1er au 5 mai 2019.

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3 mai 2018 0 Commentaires
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« On peut trouver des réponses aux dysfonctionnements des sociétés en Afrique en examinant les manières d’aimer dans leurs intimités »: Charles Gueboguo

par Baltazar Noah 15 avril 2018
Rédigé par Baltazar Noah

Charles Gueboguo est sociologue et comparatiste d’origine camerounaise basé aux États-Unis. Il s’est fait connaître dans les années 2000 par ses travaux pionniers sur les problématiques des sexualités marginales en Afrique francophone. Ses approches, théoriques et conceptuelles, originales et très bien documentées, couplées aux recherches de terrain, tranchaient sans complaisance avec les discours et les pratiques communément admis en terre d’Afrique sur la question. Ce qui ne lui a pas valu que des amitiés. Il revient cette fois-ci sur la scène avec un premier roman : Cacophonies des voix d’Ici qui paraît en ce 23 mars 2018 chez Lys Bleu Éditions.

Afrolivresque : Vous êtes surtout connu comme sociologue et vos travaux sur les sexualités marginales en Afrique ont marqué plusieurs générations, pourquoi un roman ?

Charles Gueboguo : Question très intéressante, en apparence très simple, mais qui va m’obliger à préciser le contexte premier que vous avez évoqué. En effet, j’ai une formation de sociologue politique, et tous mes travaux depuis plus d’une décennie ont été orientés vers les sexualités des groupes minoritaires en rapport ou non avec la problématique du VIH en Afrique. C’étaient des travaux pionniers à l’époque, et toutes mes publications étaient également spécialisées, et s’adressaient donc en majorité à un public d’experts. Même si j’ai pu constater, par la suite, que l’étendue desdits travaux était allée au-delà. Mais il n’en demeure pas moins que la thématique était pointue et commandait un discours et des outils d’approches tout aussi pointus, mais pas nécessairement destinés à un public large. La nécesité d’atteindre ce public s’est imposé.  C’est comme cela que m’est venue l’idée d’écrire un roman, idée que je nourris depuis 2011.

S’agit-il donc dans le roman Cacophonies des voix d’Ici d’une continuité de vos précédents travaux mais, sous un format grand public ?

Il ne s’agit pas d’une continuité et c’est très important à préciser. En changeant de support, je fais le choix d’établir une rupture radicale. En effet, après plus d’une décennie à discourir sur les mêmes problématiques et bien qu’à partir d’angles variés, il est temps pour moi de passer à autre chose. De parler d’autre chose. D’aborder d’autres thématiques. Ce d’autant plus que comme je le disais plus haut, je suis sociologue politiste.

Quand je me suis installé aux États-Unis, j’ai fait de la littérature comparée pendant cinq ans. L’univers romanesque et sa production m’intéressent beaucoup en tant que comparatiste et maintenant en tant que romancier aussi. On verra bien si je parviendrai à convaincre le grand public sous cette nouvelle casquette-là.

Comment s’est opérée la transition entre le critique littéraire et le romancier ?

Vous constaterez qu’il n’y a pas souvent beaucoup de critiques littéraires qui sont romanciers. Bien que la frontière entre les deux activités puisse parfois être fine, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de deux disciplines totalement différentes. Un bon critique n’est pas nécessairement un bon romancier et vice versa. Les écoles sont différentes. Les approches aussi. C’était pour moi un défi majeur de pouvoir être en mesure de narrer une histoire sans verser dans l’essai ou dans une narration qui s’y apparente. J’ai été aidé en cela par mon bagage culturel et mes origines camerounaises. Il existe un ethos de style et de narration qu’on partage presque tous et que vous retrouvez fréquemment chez les auteurs ressortissant de ce pays : il s’agit d’une approche dotée souvent d’une forte violence dans la narration, sous un gant de beaucoup d’humour ou un style très ironique. C’est illustré, entre autres, chez Calixthe Beyala, Mongo Beti, Ferdinand Oyono et chez nombre d’écrivains Camerounais contemporains.

Y-a-t-il un aspect autobiographique dans votre premier roman ?

Hum ! Dans l’immédiat comme ça, je ne pense pas. Bien sûr que pour un premier roman, et je dirais même pour toute œuvre créative, on puise nécessairement auprès et/ou autour de soi. Le pays que je décris par exemple, « Ici », on peut lui trouver une forte similitude avec mon pays d’origine, le Cameroun. Mais puisque je connais aussi un peu la Côte d’Ivoire (j’évoque d’ailleurs Babi), le Sénégal ou Jo’burg, si une lectrice de ces autres régions de l’Afrique s’y retrouve, alors j’aurais réussi mon pari.

À un moment, deux des protagonistes : Bitomo et Allompo évoluent aux États-Unis, dans les villes d’Ann Arbor et de New York City. Deux villes que je connais très bien. Mais d’avoir évoqué ces villes, entre autres, c’était surtout par souci de vraisemblance. Paresse, aussi, probable. Puisque c’était plus facile de parler de la 125e ou de West Harlem où l’on retrouve, entre autres, le quartier Africain « Little Senegal » et toutes ses humeurs à New York City, que de parler par exemple de Lisbonne où il m’aurait été plus difficile de me rappeler le nom des ruelles et leur parfum.

Cacophonies des voix d'Ici - Charles GUEBOGUO

Lire le livre

Quelles sont les thématiques que vous abordez dans Cacophonies des voix d’Ici ?

Cacophonies des voix d’Ici, et donc des voix de chez vous, où que vous soyez en Afrique, est le récit de plusieurs parcours de vie, quatre précisément, dont les relations amoureuses traumatisées vont influencer le cours de toute leur vie, à travers les enjeux psychopsychanalytiques qui en découleront.

J’essaie de montrer que les choix non heureux qu’on peut être amené à faire quand nos ambitions ou nos rêves sont frustrés ou violés ont nécessairement des conséquences fâcheuses. Mais ces ambitions peuvent être rattrapées, bien que ce soit au prix de nombreux sacrifices. Cet état de choses m’a surtout permis, par ricochet, d’aborder comment toutes ces frustrations amoureuses, et voire, sociales, informent et travaillent la vie politique d’ »Ici ».

Les voix des amours meurtries, des déchirures deviennent donc des tiroir-trajectoires par lesquels je suis rentré pour mieux poser, plus tard, un bilan des gestions des politiques africaines, après plus de 50 ans d’indépendance.

Vous avez une approche qui met en exergue deux mondes : un monde onirique et un monde réel…

Cette approche trouve sa raison d’être dans la mémoire historique dont ce premier ouvrage romanesque a pour ambition de contribuer à forger. Cela, pour mieux cerner le présent, essentiellement le dépasser. Et la façon que j’ai trouvée pour ce faire, c’était de l’aborder à travers ces déchirures amoureuses et les trajectoires individuelles qu’elles ont influencées. Elles en deviennent des formes d’allégories pour mieux faire le point, avec le regard d’aujourd’hui, 56 ans après les indépendances en Afrique. Pour moi, faire le point ne m’aurait pas semblé complet si je n’avais pas pris aussi en compte les vécus oniriques qui font partie du tissu social de plusieurs sociétés en Afrique. Plusieurs éléments cosmogoniques forment le ciment de ces sociétés.

Pour vous, la littérature devrait-elle nécessairement être un engagement politique ?

Non. Ce n’est pas une nécessité. Les fonctions de la littérature sont multiples et variées. On doit pouvoir dépasser la question du seul engagement politique, sauf si les questions connexes peuvent servir à informer, entre autres, le politique mais, aussi le sociologique ou le psychanalytique.

J’ai choisi de faire en sorte que la littérature puisse s’inviter dans les problématiques complexes de réconciliations et conférences nationales, en me servant de la question des relations amoureuses accidentées comme bifurcation. Plusieurs pays en Afrique subsaharienne ont refusé de programmer des conférences nationales dans le courant des années quatre-vingt-dix ; il m’a semblé que la littérature pouvait se servir de cette brèche pour les réinviter dans le débat public.

[bctt tweet= »On peut trouver des réponses aux dysfonctionnements des sociétés en Afrique en examinant les manières d’aimer dans leurs intimités » username= »Afrolivresque »]

L’Afrique du Sud a osé une réconciliation nationale. Le Rwanda post-génocide a mis sur pied des gacaca, ou des justices communautaires, pour confronter une réalité d’après-guerre traumatisante, mais nécessaire pour que la nation puisse guérir et avancer. Et on peut constater les résultats aujourd’hui, l’Afrique du Sud et le Rwanda, malgré quelques imperfections, restent des modèles sociopolitiques qu’on peut citer comme référence. C’est pour moi une manière de suggérer qu’il faille se poser : après 56 ans d’indépendance. Faire une pause pour faire un inventaire social critique, et donc, analytique. Inventaire qui au final pourrait servir d’héritage historique aux générations qui s’en viennent. Mais encore, cet état des lieux pourrait permettre de mieux cerner les tragédies de troubles sociaux qui sévissent actuellement sur pratiquement tout le continent.

La littérature peut essayer de combler ce vide qui se fait gouffre de l’absence pacifiste de tradition de remise en question publique, une manière de remettre au goût du jour les joutes autour des fameux arbres à palabres (qui ont marqué l’Afrique de l’Ouest). D’où cette idée sous-jacente et récurrente du gacaca/arbre à palabres qui traverse de fond en comble tout le récit.

728 x 90 Bannière- Page Auteur Afrolivresque

Vous avez fait allusion à l’aspect politique qui semble aller de pair avec la problématique des amours traumatiques. Entre « colonialité », « postcolonialité » et « mondialité », où vous situerez-vous ?

Les dynamiques des relations amoureuses, ses heurs et malheurs sont universels, quoique se jouant au niveau de l’infiniment petit, c’est-à-dire l’individu. C’est d’ailleurs cela qui en fait toute la richesse. Mais dans ses manières d’aimer, si l’on se donne la peine d’examiner leurs intimités, on peut trouver des réponses aux dysfonctionnements et/ou aux bons fonctionnements des sociétés en Afrique. C’est pourquoi le politique, dans Cacophonies des voix d’Ici, reste chevillé aux trajectoires de ces déchirures amoureuses.

Quels sont les auteurs qui vous ont inspiré ?

Je vais vous surprendre en vous disant que ce ne sont curieusement pas les auteurs camerounais, que, soit dit en passant, j’admire beaucoup, du moins certains d’entre eux. J’ai été fortement et largement influencé par Ahmadou Kourouma. Ébloui par comment il est parvenu à « Malinkéiser » la langue française, et comment le français sous sa plume en est enrichi. Et que dire de son humour débordant ? Il parvient à vous décrire des scènes tellement dures et avec un tel humour que vous êtes partagé entre le désir de rire aux éclats et de marquer une pause pour réfléchir à ce que vous venez de lire… Bon, c’est lui que j’avais en tête. Mais puisque j’ai lu Mongo Beti plus jeune, et que j’aime beaucoup Calixthe Beyala, que je ne boude pas Chinua Achebe ou Noviolet Bulawayo, il se pourrait bien que mon approche s’en trouve au final être un savant mélange de tous ces génies de la littérature africaine. Je laisse le soin aux critiques d’en décider. Je ne saurai me risquer à être juge et partie (rires).

Quel message veut faire passer le romancier Charles Gueboguo avec Cacophonies des voix d’Ici ?

Je suis un pacifiste et un idéaliste incorrigible, c’est le bon sens de l’amour qui finit par l’emporter dans Cacophonies des voix d’Ici … Pour une meilleure gestion du politique. En tout cas une gestion qui laisserait en héritage, aux générations à venir, un socle de valeurs et d’historicité solide sur lequel elles pourraient s’appuyer pour mieux se construire. Pour avoir la possibilité de ne plus avoir à reproduire nos manquements historiques. Pour être en mesure de perpétuer les heureux savoir-faire, quand ils existent, dans le but de toujours s’améliorer. Ce n’est pas un hasard si le récit se ferme sur un des enfants entourant le griot qui prend la relève. C’est donc un discours fort d’espoir. Il faut encore y croire.

Propos recueillis par Nkul Béti

15 avril 2018 0 Commentaires
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Le Bilili BD festival lance une campagne de référencement des bédéistes africains
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Le Bilili BD festival lance une campagne de référencement des bédéistes africains

par La redaction 9 avril 2018
Rédigé par La redaction

Communiqué de presse par Bilili BD festival 

Le Bilili BD festival lance un grand référencement d’acteurs et actrices du domaine de la bande dessinée et l’illustration sur le continent africain.
Cette action s’initie en partenariat avec la CIBDI – Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’image et le RABD – Réseau Africain de Bande Dessinée.
L’objectif de cette vaste campagne de référencement, est de cartographier les artistes africains actifs du domaine de la bande dessinée (ainsi que tout artiste hors du continent africain, qui traite de l’Afrique dans ses BDs/ illustrations/thèses/Mémoires, etc.) afin de plancher sur une meilleure fédération, consolider un réseautage et une mise en avant de leurs parcours et travaux sur le continent et à l’étranger.

Nous avons donc besoin que vous soumettiez à l’adresse « bililibdfestival@gmail.com », le formulaire ci-dessous rempli directement sur PDF.

Vous pouvez joindre à ce formulaire, ce qui mettra le mieux en valeur votre travail selon votre compétenc:

  • 3 planches de BD représentant au mieux votre style graphique,
  • 1 extrait de scénario + les planches associées si vous êtes scénariste,
  • 5 illustrations si vous êtes illustrateur.trice, etc…
  • N’oubliez pas d’y joindre la photo 4×4 couleur.

 

9 avril 2018 0 Commentaires
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Nigeria: des camionnettes pour donner le goût de lire aux enfants
ActualitéAfrique de l'OuestSociété

Nigeria: des camionnettes pour donner le goût de lire aux enfants

par La redaction 8 février 2018
Rédigé par La redaction

Plus jeune, Funmi Ilori rêvait de fonder la plus grande bibliothèque d’Afrique. Mais son rêve ne s’est pas réalisé. Ou plutôt pas entièrement. Car quinze plus tard, elle a créé une bibliothèque ambulante baptisée «I-read» (Je lis) pour donner le goût de lire aux enfants. À bord de son véhicule, elle amène chaque jour des centaines de livres dans les écoles des quartiers défavorisés de Lagos, au Nigeria.

Le désir de Funmi Ilori de faire partager au plus grand nombre les joies et les bienfaits de la lecture remonte à 2003. A cette époque, elle a lancé une petite affaire de prêt de livres. Allant «de maison en maison avec un panier rempli de romans», elle organisait des prêts en échange de quelques centaines de nairas (quelques euros). «Mais je me suis rendu compte que les adultes ne prennent plus le temps de lire.» Ancienne institutrice, elle décide alors de poursuivre son rêve : le goût de lire aux enfants.

Son projet a pu réellement démarrer en 2013, quand elle propose à «You-win together», une bourse financée par le gouvernement nigérian pour encourager les initiatives de développement, un projet de bibliothèque mobile. Victorieuse, elle remporte 10 millions de nairas, l’équivalent de 60.000 dollars à l’époque, et achète une camionnette et un mini-bus.

Aujourd’hui, à bord de sa camionnette, elle sillonne les quartiers pauvres de la plus grande ville du Nigeria et propose ses livres aux écoles les plus démunies. « Je souhaiterais voir des bibliothèques dans chaque quartier. De la même manière que les églises poussent comme des champignons, les bibliothèques devraient elles aussi pousser comme des champignons ! », déclare-t-elle.

Lire la suite sur FranceInfo…

8 février 2018 0 Commentaires
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La twittosphère « afro-feministe » réagit aux propos de Chimamanda Ngozi sur l’afro-féminisme
ActualitéAfriqueAuteursSociété

La twittosphère « afro-feministe » réagit aux propos de Chimamanda Ngozi sur l’afro-féminisme

par La redaction 2 février 2018
Rédigé par La redaction

Qui se souvient des propos de Chimamanda Ngozi Adichie lors d’une interview en 2015 en France dans le journal Le Point en réponse à la question « Vous sentez-vous une « Afropolitaine » comme on dit des africains cosmopolites d’aujourd’hui ? »

 « Je suis fatiguée de ce mot. Je suis africaine. Il y a deux choses qui me paraissent curieuses : d’abord les africains sont-ils donc tellement en dehors de l’histoire générale de l’humanité qu’ils doivent être désignés par un mot particulier quand ils voyagent ou se trouvent dans les capitales du monde ? La deuxième chose, c’est que l’histoire (malheureusement pas assez connue) montre que le cosmopolitisme ne date pas d’hier : de nombreux rois africains de la côte ouest envoyaient leurs enfants étudier en Europe. Bien plus tard, la génération de mon père a beaucoup voyagé, il y a eu de nombreuses vagues de gens revenus dans les années soixante, et qui n’ont cessé de bouger. Ils se définissent comme Africains. »

Cette réponse de Chimamanda Adichie divisa l’opinion. D’un côté, ceux qui étaient de l’avis de l’auteure nigériane, en s’appuyant sur ses arguments, et de l’autre, ceux qui essayaient de démontrer la nécessité de ce mot qui, selon eux, présente la réalité d’un type d’africain cosmopolite que le mot africain seul ne peut symboliser.

 

Il fallait donc s’attendre à une réponse du même style la semaine dernière, lorsqu’une journaliste du journal Libération demanda à Adichie son avis sur le mot Afro-féminisme :

« Je ne le comprends pas. Si on parle d’afro-féminisme, alors parlons d’euro-féminisme. Souvent, nous rajoutons des étiquettes pour parler des choses africaines, comme si on avait besoin d’une sorte de justification. J’ai, pour la même raison, un problème avec « afropolitain ». Si quelqu’un est cosmopolite, alors il est cosmopolite, c’est tout. Pareil avec le féminisme. Mon arrière-grand-mère était féministe. Elle ne connaissait pas le mot, mais c’était une femme farouche, qui a toujours repoussé les limites qu’on lui imposait parce qu’elle était femme. Dans ma famille, on m’a toujours dit que j’étais elle, parce que dans ma culture, nous croyons à la réincarnation. J’adore cette idée. Mais le féminisme a toujours fait partie de l’Afrique. Il y a toujours eu des femmes féministes en Afrique. »

Que dire, à part que la romancière est resté égale à elle-même ! Les réactions sur Twitter ne se firent pas attendre :

Je pense que Chimamanda aurait dû s’arrêter à « je ne comprends pas »…

« Je ne le comprends pas. Si on parle d’«afro-féminisme», alors parlons d’«euro-féminisme».  » ici https://t.co/p5AB8pAfvI

— Mrs Roots (@mrsxroots) 28 janvier 2018

Chimamanda Après sa sortie sur les femmes transgenres maintenant l’afrofeminisme … Tantine renseigne toi avant de dire des bêtises plus grosses que toi 😭

— Générale N. (@Nass_One) 28 janvier 2018


Afroféminisme, féminisme, afropolitain, black feminism, féminisme américain, etc. on s’y perd parfois. Si vous connaissez la différence entre tous ces courants, laissez un commentaire.

2 février 2018 0 Commentaires
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L’abbé Emmanuel Ndjakomo célèbre la sagesse Bulu dans le « Dictionnaire des proverbes Bulu »
Non fictionAfrique CentraleArt et CultureNotes de lecture

L’abbé Emmanuel Ndjakomo célèbre la sagesse Bulu dans le « Dictionnaire des proverbes Bulu »

par Rosine Dayo 8 janvier 2018
Rédigé par Rosine Dayo

« L’Afrique de nos ancêtres, cette Afrique qui tend à disparaître », c’est de cette Afrique-là qu’Emmanuel Ndjakomo, prêtre de profession et auteur de ce livre, veut nous parler.

Il plante le décor avec une image de l’Afrique que bon nombre d’Africains n’ont connu qu’en image. Une image de l’homme noir vivant autrefois en harmonie avec la nature sauvage, mais qui aujourd’hui se sent en danger dans ce biotope qui fut le sien.

L’arrivée de la civilisation blanche a indéniablement transformé le mode de vie dans les sociétés africaines. De façon progressive, elle a conduit à l’aliénation de la population autochtone. Aujourd’hui, les dégâts sont observables et les autorités essayent tant bien que mal de rectifier le tir. À cet effet, une journée mondiale de la langue maternelle a été proclamée par l’UNESCO et est célébrée chaque année dans les États membres afin de promouvoir la diversité linguistique et culturelle. Ceci dans le but d’amener chacun à prendre conscience de la gravité de la situation et à passer à l’action avant qu’il ne soit trop tard.

Lire aussi Le culte des ancêtres chez les Bamiléké | Essai sur la spiritualité africaine…

Dans le sillon de ce combat, Emmanuel Ndjakomo publie en 2016, aux éditions Ifrikya, le « Dictionnaire des proverbes Bulu ». Il se donne pour mission de contribuer à la pérennisation et à la transmission de la langue et de la culture Bulu. Dans ce répertoire, Emmanuel Ndjakomo donne à voir la pluralité et la richesse de la culture Bulu.

Pour assurer cette transcendance, l’auteur aurait pu convoquer le conte, la légende, les berceuses, mais il choisit le proverbe. Dans la littérature orale africaine, le proverbe est le canal par excellence qu’utilisent les sages pour transmettre leur sagesse à leur progéniture. Le proverbe apparaît ainsi comme un outil stratégique, propice pour l’étude de l’identité culturelle d’un peuple.

Ces proverbes abordent la vie Bulu dans tous ses maillons. C’est un voyage qui nous fait faire un tour en pays Bulu en proposant une expédition au cœur même de la philosophie au moyen des proverbes souvent poétiques, toujours imagés et plein de sagesse et de vérités sources de bon sens et de compréhension de la vie.

 

Une grande mère pouvait alors dire à son fils « /Metyela kup a ne te dimin nkoé été », qui veut dire qu’une poule tachetée ne saurait passer inaperçue dans un panier. Autrement dit, un Homme talentueux est une identité remarquable.

Un père pouvait dire à ses enfants « /Mevot metan ma susup mbim ôkpzeñ/ », qui veut dire que cinq filets ne peuvent manquer de tuer un lièvre. En d’autres termes, l’union fait la force.

À travers des images simples proches de la vie de tous les jours, le proverbe exprime un sens profond.

Présentés sur un ordre alphabétique, les proverbes publiés dans cet ouvrage abordent tous les domaines de la vie du peuple Bulu et en précisent les us et les coutumes. Les thèmes tels que la recherche du bonheur, l’éducation, la paix, le mariage, la sagesse, la mort, la vie, la sexualité et bien d’autres y sont ainsi illustrés, expliqués et valorisés. À travers ces thématiques, c’est tout un imaginaire populaire Bulu qui a été construit. Nous assistons à la création, mais surtout à la personnification d’animaux, leur octroyant ainsi une place significative dans la structuration de la société humaine. Des personnages tels que Kulu, la tortue ; Ze, la panthère ; Zibi, l’antilope, ont ainsi fait leur chemin dans la société qui leur a attribué des noms, des traits de caractère qui font d’eux des êtres qui prennent la parole pour incarner, dévoiler et condamner les caractères et injustices sociales propres à l’Homme.

Un proverbe bien placé dans l’échange verbal peut avoir des effets intéressants. Seulement, nous pouvons faire ce constat paradoxal que les vieillards illettrés connaissent et utilisent plus de proverbes que les jeunes lettrés. Cela pourrait avoir pour origine l’attitude des jeunes qui considèrent le proverbe comme un langage de vieux. Pourtant, la connaissance de proverbes peut refléter le niveau de connaissance et de maîtrise de la langue du locuteur.

Concernant le problème de l’abandon des langues par la jeunesse africaine actuelle, il serait sage de suivre le conseil de ce proverbe Bulu qui dit /Tate’e vañ ôkôs, éyoñ te ô zu vañ bikon/ qui veut dire « calme d’abord la tornade et après, tu pourras calmer les bananiers ». Ce proverbe recommande donc de regarder d’abord la cause.

Ce dictionnaire fournit au chercheur, à l’intellectuel, aux leaders appelés à s’adresser aux populations Fang-béti et à tout lecteur amoureux des langues, une base de données d’une richesse inestimable. Chaque personne enrichit son fond de proverbe en même temps qu’elle multiplie ses expériences de vie. Cette lecture, mieux cette découverte fut très enrichissante pour moi. Ce sont des heures de plaisirs qui attendent celui qui ouvrira.

8 janvier 2018 0 Commentaires
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Un itinéraire singulier à écho pluriel et à résonance universelle Réminiscences d'Ismaël Teta
Notes de lectureAfriqueAfrique CentraleNon fictionPoésie

Un itinéraire singulier à écho pluriel et à résonance universelle : « Réminiscences » d’Ismaël Teta

par Baltazar Noah 19 octobre 2017
Rédigé par Baltazar Noah

« Retenez votre souffle » : le pas poétique d’Ismaël Teta est emmailloté de créativité et de zèle. Le poète entreprend de dépouiller sa conscience affective. Ces souvenirs parfois touffus et confus, mais jamais éparpillés qui font « (sur)vivre les fils ». Des remembrances déclenchées par la madeleine de Proust1. C’est-à-dire, la résurgence de certains « ressouvenirs », parce que provoqués par des morceaux choisis des expériences de la vie quotidienne et des rencontres vécues ou déjà vécues, qui reviennent à la mémoire et à l’esprit fortuitement ou volontairement. Et qui, tout en revisitant sans agrafe l’existence du sujet-humain, Teta donc, invitent le lecteur en toute subtilité à adopter une néo-posture critique ouverte sur une certaine esthétique cosmopolitaine dont le but est de fertiliser certains pans du passé.

En effet, le présent fait littéraire suggère la lecture d’une forme poétique d’écriture de soi, d’un Moi dans toute sa transparence et dans toute son opacité. Et ce, non seulement pour laisser libre champ à la caricature de sa quête permanente et constante de la place de « l’image du Bon/Mauvais Dieu » dans son parcours existentiel, mais également son désir d’embrasser l’inconnu – l’autre soi – sans « honte de [l’] aimer/Sans[le] connaître [et]/Sans[le] posséder ». Sous le préau du respect de sa vision du monde. Car, « Même si j’en suis pas heureux, mon âme n’en est pas malheureuse ».

L’écriture poétique d’Ismaël Teta se donne donc à aborder comme une certaine ouverture à l’Autre par la médiation d’un itinéraire et d’une histoire peu ou prou communs. Et dont la débouchée jouissive à un écho pluriel et une résonance universelle vis-à-vis du monde, ses réalités et le cortège de satellites qui le font, l’alimentent et l’animent. Comme quand Balafons2 chantant la trajectoire de la singularité d’un « Je » Mveng qui se transforme progressivement en expression déguisée d’une pluralité, d’une totalité conjuguée : « Je », « nous », « tout », « tous » global !

D’une part, il s’agit de la réécriture-immortalisation de L’épreuve du temps3 d’un itinéraire singulier dont la résonance se voudrait objective et universelle-plurielle en tandem. Et d’autre part, du rendu de la somme des expériences d’un passé qui survit dans le présent, en même temps que les expériences présentes vivent avec les empreintes et les traces du passé. Sans aucune faille. Aucune. Ce paradigme pose d’emblée l’objet de cet opuscule comme le tremplin du décryptage des amours-désamours, des joies, des peines et des errances d’une âme humanitaire « Libre de connaître d’autres hommes/ [et] Libre de connaître d’autres femmes ». Sur aplomb d’une démarche, à fort goût, d’une macédoine de thèmes — qui suscitent chez le lecteur émotion, révolte, compassion et réflexion — couverte du voile subversif d’une versification mêlée, rimée et ceinte d’une audace poignante et sybarite du style.

Pour tout-monde. L’acte poétique de peinture et d’écriture des remembrances du poète par le poète est sélectif. Plus amplement, il est parsemé d’une implication de l’imagination et d’une fissure d’impertinence qui motivent la construction du linteau du nouveau regard à poser sur des thématiques gluantes — les homosexualités notamment – dans ce processus de remémoration. C’est le moyen de postuler « sans recours à un psy/ [la résolution des multiples] « si » hypothétiques qui trottent en chaque homme qui s’engage dans une maïeutique complexe d’un système qui consiste à démêler « tous les aujourd’hui » qui fondent sans toutefois se détremper dans « tous les demain/ [et] Où de vie à trépas, Wouking tu passes » !

[bctt tweet= »Partir de soi, projeter ses vies, sa trajectoire, ses positions, pour chuter sur la saisie de l’autre, du monde et des divers dispositifs sociétaux.Point ! » username= »Afrolivresque »]

Ce recueil de poèmes d’Ismael Teta n’est pas qu’un espace d’expression des remembrances, ressouvenirs, remémoration dont la chape de plomb est sous-tendue par une quête d’un certain « retour dans le présent » à partir des expériences passées. Il est plus que cela. Il se veut une manière de lecture de la poésie, dans le sens d’une contemplation humaniste, comme miroir et mémoire à la fois d’une contribution porteuse d’inventions néologiques et de jeu-agencement de mots, de rimes, qui va s’abreuver à la source d’une imagination qui montre que le « vrai…ment » parfois. Ce sont donc des poèmes qui ont pour point de départ l’exposition d’un itinéraire singulier, et pour point d’arrivée la composition d’un écho pluriel à résonance universelle : partir de soi, projeter ses vies, sa trajectoire, ses positions, pour chuter sur la saisie de l’autre, du monde et des divers dispositifs sociétaux. Point !

En note de fin, l’opuscule d’Ismaël Teta offre au lectorat de lire la poésie autre…ment. Non plus comme simple étalement de sentiments. Tout court. Chanson du beau. Uniquement. Mais dorénavant non seulement comme valorisation d’une certaine esthétique stylistique, mais également comme écriture de soi qui contribue à faire fonctionner les imaginaires particuliers. Ainsi, Réminiscences, une fois posé, devient d’emblée la construction d’un possible regard subtilement différent sur la dialectique de la relation, comme conceptualisé par Glissant, et le rapport existant entre le passé, le présent, la société et l’homme. Touche poétique, espace de lisibilité de ce que la vie, la poésie, fait des hommes et ce que les hommes font de la poésie. Chant d’espoir d’un Moi qui se « confesse à haute et intelligible plume » et dont « Le pouvoir [du] cerveau s’arrête[rait-il] à la ceinture » ? Probablement ? Soit !

1 Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, tome 1 : Du côté de chez Swann, Grasset, 1913
2 Engelbert Mveng, Balafons, Clé, 1972
3  Georges Tadonki, L’épreuve du temps, abis éditions, 2014

19 octobre 2017 0 Commentaires
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Littérature, médias et technologies numériques une invitation à une nouvelle approche des études littéraires
ActualitéAfrique CentraleNotes de lecture

« Littérature, médias et technologies numériques » : une invitation à une nouvelle approche des études littéraires

par Rosine Dayo 17 octobre 2017
Rédigé par Rosine Dayo

Notre lecture du jour est un ensemble de textes critiques réunis par Robert Fotsing Mangoua à l’issue d’une journée d’étude organisée par l’Equipe de Recherche en Littérature Comparée (ERLIC) de l’université de Dschang au Cameroun. Publié aux éditions Ifrikiya en juillet 2016, Littérature, médias et technologies numériques est un ouvrage qui invite le lecteur à une nouvelle dimension de la recherche en études littéraires.

Ecrire et lire, dans un contexte moderne influencé de manière considérable par les nouvelles technologies de la communication, prennent de nouvelles formes. L’ouvrage se propose de revisiter l’espace littéraire dans l’optique de définir dans le contexte contemporain ce qu’est un écrivain et en quoi son travail consiste. Quelles transformations subit l’acte de lecture au vu du nombre de surfaces virtuelles sur lesquelles le texte est désormais accessible ?

 

De l’intermédialité dans les textes littéraires

La première partie de l’ouvrage consiste en l’étude de textes littéraires. Il est question dans ces corpus d’illustrer l’intermédialité qui y est inscrite ; ceci par l’interprétation d’outils numériques et médiatiques utilisés par les auteurs dans l’écriture de leur création. Ces différents auteurs appartiennent à des époques et espaces différents les uns des autres. Il est donc intéressant d’analyser les méthodes d’écriture dont ont fait preuve chacun d’eux afin de représenter le contexte historique dans lequel leurs œuvres ont été produites, en prenant notamment en considération l’influence qu’ont eu les progrès scientifiques et techniques dans l’univers de la création littéraire. L’intermédialité dont il est ici question se matérialise dans la littérature au travers du choix des thématiques, de l’identité des personnages, de l’espace, du décor.

Mathusalem Nganga ouvre l’analyse par sa communication qui s’intitule Henri Lopes et les dispositifs artistiques dans Le Lys flamboyant (Seuil, 1997). Dans ce roman, trois principaux médias sont personnalisés. À ce propos, le critique écrit :

« La musique est au premier plan de l’histoire et s’impose dans tout le roman comme un véritable album que le lecteur écoute gracieusement […] En dehors de la musique, d’autres médias visuels sont présents dans ce roman. Il s’agit des médias purement visuels à savoir la photographie et le cinéma qui mettent un accent particulier sur l’œil. Ces deux dispositifs artistiques se croisent et attribuent un caractère visuel à l’œuvre de Lopes».

 

Dans l’article suivant, Chantal Bonono avec le roman de Maurice Druon, Rois maudits (Del Duca, 1955) livre une analyse du Roman historique et l’intermédialité. Au travers de l’architecture, la peinture, la sculpture, l’orfèvrerie, la photographie et le cinéma qui sont autant de formes artistiques présentées dans ce roman, Chantal Bonono donne une interprétation de l’intermédialité qui y est décrite. Elle revient en outre sur la définition même de l’intermédialité telle qu’énoncée par Silvestra Marinello :

« On entend l’intermédialité comme hétérogénéité ; comme conjonction de plusieurs systèmes de communication et de représentation […] comme emprunt ; comme interactions de différents supports ; comme  intégration d’une pratique avec d’autres, comme adaptation, comme assimilation progressive de procédés variés, comme flux d’expériences sensorielles et esthétiques […] ».

Alain PENKA NDASSI dans sa contribution propose aux lecteurs une initiation à des néologismes dont le principal est celui de la médiascripture. Dans l’œuvre d’Alain MABANCKOU Lumières de Pointe-Noire (Seuil, 2013) l’auteur met en exergue un ensemble d’éléments intermédiatiques qui semble de plus en plus intégrer l’univers littéraire. Il analyse les procédés qu’utilise le romancier pour esthétiser la rencontre entre le texte et l’image de manière que le lecteur soit porté à se demander s’il est question d’un roman ou alors d’un album.

Dieudonné MBENA nous amène quant à lui dans une analyse transmédiatique. Il analyse l’écriture de la sculpture chez les romanciers du XIXe siècle. Comme corpus, l’auteur s’est intéressé à l’œuvre de Victor Hugo, Notre Dame de Paris. Il étudie en effet les procédés employés par l’auteur pour ressusciter au travers de son texte l’histoire de la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris.

NGETCHAM quant à lui interroge la posture du critique face à cette écriture, transmédiatique. Il relève la nécessité d’une polyvalence sensorielle chez le lecteur :

« Le critique doit donc, par une polyvalence désormais nécessaire, jouer de tous les instruments de décodage des arts, des médias et des sciences qui, à la faveur de la pictographie, se manifestent sur la page du livre ».

Catherine Marie Ida AWOUNDJA NSATA clôture la partie portant sur l’esthétique des textes en interrogeant la pratique de l’intermédialité cette fois-ci dans des textes poétiques. Dans une perspective comparatiste, elle met en rapport deux classiques de la littérature africaine, à savoir : le Sénégalais Léopold Sédar Senghor avec son titre À New York et le Camerounais Francis Bebey avec Concert pour un vieux masque.

[bctt tweet= »Le critique doit jouer de tous les instruments de décodage des arts, des médias et des sciences » username= »Afrolivresque »]

Littérature et numérique

La 2ᵉ partie s’intéresse au hors texte. Elle analyse la littérature et le numérique comme faits sociaux  et interroge les changements qui se sont opérés au niveau des conditions de production et de consommation du livre.

Maurice MBAH ouvre le débat en interrogeant l’avenir du livre sous forme papier à l’ère du numérique. Entre complémentarité et conflit se situe le débat.

Daniel HOULI invite à la définition du texte numérique ; il présente la distinction entre un texte numérisé et  un texte numérique. En analysant la spécificité et le parcours de ces deux formes d’écriture, il ressort cette observation que le texte numérique est par nature hybride, dynamique et interactif. « De texte à lire, il devient… Un spectacle à voir, à regarder, à écouter, à écrire ».

Robert FOTSING MANGOUA conclut en présentant les opportunités qu’offre le numérique dans la sauvegarde des mémoires. Il s’attèle à démontrer comment l’internet redonne vie à quatre auteurs camerounais disparus à savoir Mongo Béti, Francis Bebey, Réné PHILOMB et Ferdinand OYONO. Le critique analyse les nouvelles formes et modalités d’existence de ces écrivains disparus.

En ce début du XXIe siècle où l’espace littéraire ne peut faire la sourde oreille face aux changements qui s’opèrent tout autour de lui, il est nécessaire de repenser le phénomène littéraire. Cet ouvrage est un véritable vivier de données nouvelles et de défis pour la littérature africaine. Faites-y un tour, vous n’en serez que ravis.

17 octobre 2017 0 Commentaires
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"Mr. Fix-It" de Richard Ali : premier livre traduit du lingala vers l'anglais
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« Mr. Fix-It » de Richard Ali : premier livre traduit du lingala vers l’anglais

par La redaction 22 septembre 2017
Rédigé par La redaction

L’utilisation des langues africaines et leur traduction dans d’autres langues sont encore rares dans la littérature. Heureusement, depuis quelques années, des auteurs africains comme le congolais Richard Ali, donc le dernier livre écrit en lingala vient d’être traduit en anglais, font le choix conscient d’écrire dans leur langue maternelle. Mr. Fix-It (Phoneme Media, 2015, traduit par Bienvenu Sene Mongaba et Sara Sena) est le tout premier livre traduit du Lingala vers l’anglais. Parmi les quatre langues nationales de la République Démocratique du Congo que sont le tshiluba, le kikongo, le lingala et le swahili, le lingala est l’une des plus répandues dans le pays. Elle est parlée par environ dix millions de personnes.

 

Certains grands noms de la littérature africaine ont précédemment sauté le pas, comme Richard Ali, et ont même décidé de ne plus écrire qu’en langues africaines, à l’instar de l’écrivain kényan Ngugi wa Thiong’o. Il a abandonné l’anglais pour la langue Kikuyu (Kenya). Selon Ngugi wa Thiong’o, la décolonisation de la langue utilisée dans l’éducation est la forme contemporaine du panafricanisme. Sa nouvelle Ituĩka Rĩa Mũrũngarũ: Kana Kĩrĩa Gĩtũmaga Andũ Mathiĩ Marũngiĩ publiée en 2016 par le collectif Jalada a rencontré un grand succès et a été traduite dans 64 langues.

De plus en plus d’éditeurs créent des collections pour les langues africaines, à l’instar du label Céytu créé par les maisons Zulma et Mémoires d’encrier. Ce label en wolof dirigé par Boubacar Boris Diop a fait la démarche inverse et publie la littérature francophone en wolof.

Richard Ali est un écrivain originaire de la République Démocratique du Congo. Il a fait des études de droit à Kinshasa, ville dans laquelle il travaille aujourd’hui comme avocat. Il anime l’émission télé hebdomadaire “b-one Littérature” qui parle de la littérature congolaise. Il est lauréat du Prix Mark Twain (novembre 2009). Son roman intitulé EBAMBA, Kinshasa-Makambo fut le seul texte écrit dans une langue africaine parmi les 39 meilleurs jeunes auteurs africains 2014 du Projet Africa39.

Mr. Fix-It est un roman se déroulant à Kinshasa, et qui raconte l’histoire d’un jeune congolais qui se bat et essaye de s’en sortir dans la vie, tiraillé entre tradition et modernité. Mr. Fix-It, pierre majeure dans le processus de « décolonisation des pensées », a été positivement accueilli dans le milieu littéraire américain. Le magazine Asymptote Journal et la Bibliothèque publique de Los Angeles n’ont pas tari d’éloges sur le texte de Richard Ali.

L’on constate donc que diverses initiatives mettant en avant les langues africaines ont du succès, et que le public est prêt à accueillir des productions littéraires en langues africaines. Les auteurs africains sont-ils tout aussi prêts ?

22 septembre 2017 0 Commentaires
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"La culture est une arme pour être libre" : Christian Epanya en résidence à la maison de la littérature de jeunesse “Le Wolf” à Bruxelles
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« La culture est une arme pour être libre » : Christian Epanya en résidence à la maison de la littérature de jeunesse “Le Wolf” à Bruxelles

par Acèle Nadale 20 septembre 2017
Rédigé par Acèle Nadale

Dans la littérature jeunesse, l’illustration est une discipline incontournable. Elle sert à représenter des lieux de vie, des personnages, des actions et bien d’autres éléments qui accompagnent les textes. L’auteur et illustrateur jeunesse français d’origine camerounaise Christian Kingue EPANYA est l’un de ceux qui imprègnent de leur marque cette littérature, en particulier la littérature jeunesse africaine.

Le plus gros succès de Christian Epanya, Le taxi brousse de Papa Diop (Syros,2015), a été vendu à plus de vingt mille exemplaires partout dans le monde. Il a été traduit en japonais, en suédois, et a été adapté au théâtre en Suède. On ne s’étonne donc pas que ce livre fasse partie des livres au programme dans l’éducation nationale en France pour les classes de CE1 et CE2.

Né à Douala en 1956 à Bonadoumbe, Christian Epanya est un vrai globe-trotteur dès sa jeunesse. Il fait ses études primaires à Bonadoumbè, à Douala au Cameroun, puis ses études secondaires à Foumban et Nkongsamba. Par la suite, il poursuit une année d’études universitaires en Chimie-Biologie à Yaoundé, avant de s’installer au Gabon où il devient gérant de boîte de nuit à Libreville.

Hanté par sa passion pour le dessin, il n’a qu’un seul rêve en tête : entrer dans une école de dessin en France, le Cameroun et le Gabon n’offrant pas d’école professionnelle de dessin à cette époque. Son séjour au Gabon est de courte durée et il retourne au Cameroun où il travaillera pendant huit ans chez Elf Serepca comme responsable de chargement de pétrole.

Profitant des indemnisations des départs volontaires proposées par son employeur, Christian Epanya va enfin réaliser son rêve d’entrer dans une école professionnelle de dessin. Il sera admis en 1990 à l’école de dessin et d’art Emile Cohl de Lyon où il passera deux ans.

Dans le cadre d’une résidence à la Maison de la Littérature de Jeunesse “Le Wolf” à Bruxelles, qui se déroulera du 25 au 30 septembre prochain, nous sommes allés à sa rencontre pour discuter de son métier et découvrir ce qu’il réserve aux visiteurs pendant cette période.

Comment avez-vous été accueilli dans votre école de dessin au début de votre formation professionnelle ?

J’ai été plutôt bien accueilli vu mon âge à l’époque. J’avais 34 ans quand j’ai commencé. J’étais donc bien plus âgé que la plupart de mes camarades qui eux étaient au début de la vingtaine. Mes professeurs m’ont rapidement bien intégré et ont reconnu la qualité de mon travail. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai été admis directement en deuxième année ; ce qui m’a fait faire des économies vu le prix élevé de la scolarité.

Quelles différences techniques avez-vous rencontré lors de votre formation, puisque vous aviez été jusque-là un autodidacte ?

Les codes dans le dessin sont différents dans une école de formation professionnelle, ce qui n’empêche pas de les acquérir de manière autodidacte aujourd’hui. Mais l’avantage d’une formation professionnelle reste l’accompagnement de qualité des professeurs qui vous guident. Personnellement, j’ai appris à travailler avec les couleurs car je ne savais pas le faire lorsque je dessinais au Cameroun.

Comment avez-vous été contaminé par le virus du dessin ?

Ma nounou m’a dit que j’ai commencé à dessiner à l’âge de trois ans. Je dessinais sur le sable avec des bâtonnets. Je dessinais tout et partout. À la sortie des salles de cinéma, je reproduisais ce que j’avais vu. Mes cahiers à l’école étaient remplis de dessins. J’aimais aussi beaucoup lire, et ceci sans y être forcé. J’étais un enfant très renfermé qui ne jouait pas au foot et restait plongé dans ses univers BD des heures entières. Je lisais des BD comme Les Aventures de Tanguy et Laverdure, Zembla et bien d’autres. Je les achetais tous les mois au kiosque à journaux de mon quartier et j’attendais avec grande impatience toutes les fins du mois pour me procurer les nouveaux albums.

Connaissant la difficulté à se faire une place dans votre domaine, quels ont été selon vous les éléments qui vous ont permis de décoller ?

À la fin de ma formation en 1992, j’ai envoyé mon dossier au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil et il a été bien accueilli. Il avait été exposé dans le cadre de “Figures futures”. L’année suivante, j’ai remporté le Prix UNICEF des Illustrateurs à la Foire internationale du livre jeunesse de Bologne en Italie. Ce prix a été une étape importante pour la suite de ma carrière, car il m’a ouvert des portes aux éditeurs américains et allemands.

Comment voyez-vous le livre jeunesse aujourd’hui au Cameroun ou en Afrique en général, et que conseillez-vous à un jeune qui veut se lancer dans le métier d’illustrateur ?

Il y a de plus en plus d’écoles d’art au Cameroun. J’en connais une à Foumban et une autre à Mbalmayo. La bande dessinée se développe plutôt bien en Afrique actuellement. Il y a de plus en plus de maisons d’édition dans des pays comme le Cameroun, le Bénin, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire qui font du bon travail. Je dirais à un jeune qui souhaite se lancer dans le métier d’illustrateur jeunesse de bien réfléchir avant, car c’est un métier très difficile. Mais il est tout aussi gratifiant. Il l’est vraiment parce que quand on voit les yeux brillants des enfants, on est comblé. Le plus dur est de se faire connaître. Ce métier demande un travail constant. Il faut aussi régulièrement aller voir les éditeurs et leur proposer de nouveaux projets.

Dans le cadre de votre résidence, que promettez-vous au public qui souhaite vous rencontrer et découvrir votre travail ?

Je recevrai des étudiants d’écoles d’art et des élèves d’écoles primaires. J’échangerai avec eux dans des ateliers sur le métier d’illustrateur et les différentes étapes de la conception. Le 29 septembre 2017 à L’Oranger, j’inaugurerai une exposition d’une fresque inspirée d’une de mes illustrations et réalisée par l’asbl Art Mural. C’est un programme vaste et varié que le public aura l’occasion d’apprécier et il s’étalera sur plusieurs jours. Ce métier est aussi pour moi un moyen de faire découvrir ma culture à toutes les personnes qui vivent en occident, toutes origines confondues. Je tiens également à montrer l’Histoire de l’Afrique aux personnes originaires de l’Afrique, car la culture est une arme pour être libre. Ce n’est pas un hasard si les dominants, pour mieux manipuler les peuples, essaient toujours de modifier la perception que les gens peuvent avoir de leur propre culture. Je serai accompagné lors d’une journée par l’auteur et illustrateur belge d’origine congolaise Dominique MWANKUMI.

Nous ne saurons vous quitter sans vous demander quand est-ce qu’on aura le plaisir de découvrir un nouveau livre signé Christian Epanya ?

Je travaille actuellement sur un livre avec la maison d’édition d’un couple franco-camerounais en région parisienne, “À vol d’Oiseau”. Il sera intitulé Le petit vendeur de beignets et c’est un biopic du père de la fondatrice de la maison d’édition. Je pense que ce sera un beau bouquin, car l’histoire m’a beaucoup touché et j’y mets toute mon âme. Il sortira avant la fin de l’année 2017.

Pour découvrir le programme détaillé des activités de la résidence littéraire, c’est ici.

20 septembre 2017 0 Commentaires
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Les auteurs africains incontournables au 17ème Festival International de Littérature de Berlin

par Acèle Nadale 4 septembre 2017
Rédigé par Acèle Nadale

L’attractivité de la littérature africaine dans le monde ne cesse de croître et l’Allemagne n’est pas restée insensible à cette tendance. Les auteurs africains et afro-descendants sont de plus en plus nombreux à être traduits en allemand, et sont invités dans les festivals de livre prestigieux du pays, à l’instar de la 17ᵉ édition du Festival International du Livre de Berlin qui se tiendra du 6 au 16 septembre 2017.

Le marché du livre en Allemagne

Forte de son puissant marché du livre avec un chiffre d’affaires de 9,28 Milliards d’Euros en 2016, et ce, malgré les difficultés que subit ce marché, l’Allemagne maintient sa réputation de géant dans l’édition mondiale. Il est le premier marché du livre en Europe en termes de ventes et le deuxième en termes de production éditoriale (après le Royaume-Uni), notamment grâce aux grands groupes allemands tels que Bertelsmann, Hotzbrinck, Klett, Springer, Nature… et étrangers comme Bonnier, Pearson. Le dynamisme des grandes maisons d’édition indépendantes détenues par les familles fondatrices et le grand nombre des petites et moyennes maisons d’édition contribuent également à cette solidité du marché allemand.

En 2016, 9 882 livres ont été traduits vers l’allemand et les langues les plus traduites sont l’anglais, le français, le japonais, l’italien et le suédois. Il y a là un vrai potentiel encore sous-exploité pour les littératures africaine, anglophone et francophone.

[bctt tweet= »Le marché du livre en Allemagne a un chiffre d’affaire de 9,28 Milliards d’Euro en 2016. » username= »Afrolivresque »]

Les rendez-vous africains à ne pas manquer à cette 17ᵉ édition du Festival International de littérature de Berlin

Du mercredi 6 septembre 2017 au samedi 16 septembre 2017, Berlin, la capitale allemande, accueillera plus de cent auteurs, issus d’environ 50 pays pour la 17ᵉ édition de son Festival international de littérature.

Le Festival International de Littérature de Berlin, créé et dirigé par l’architecte Ulrich Schreiber en 2001 en collaboration avec la fondation « Peter-Weiss-Stiftung für Kunst und Politik e.V. », se veut être un lieu de discussion politique et d’échange culturel, une plate-forme où les auteurs et autres intervenants peuvent se faire entendre sur les questions décisives de notre époque. Une place particulière y est réservée à la littérature jeunesse avec un programme riche autour de présentations de livres, débats et autres activités.

Les auteurs africains invités au fil du temps à ce festival sont de plus en plus nombreux. Sur la liste de ceux ayant déjà participé, on peut noter des noms connus comme Fatou Diome (Sénégal, 2008), Wilfried N’Sondé (Congo, 2007, 2008, 2009, 2010), Chirikure Chirikure (Zimbabwe, 2008, 2011), Alain Mabanckou (Congo, 2002, 2013), Taiye Selasi (Ghana, 2013), Wole Soyinka (Nigéria, 2007, 2015).

Cette année aussi, des noms connus de la littérature africaine occupent une belle place dans la programmation. Pendant ces 10 jours de festival, ce sont des dizaines d’autres auteurs et acteurs internationaux du livre qui sont présents. Les amoureux de la littérature africaine et afro-descendante trouveront certainement leurs comptes dans le riche programme du festival que vous pouvez consultez ici. Voici les incontournables que nous vous proposons :

 

Maaza Mengiste (Éthiopie)

Maaza Mengiste

Source : Maaza Mengiste

09.09.2017 21h00  
Lieu: Haus der Berliner Festspiele, Bühne am Garten
Moderation: Andrea Maurer
Présentateur: Regina Gisbertz
Traducteur: Oliver Kontny
Prix 8 Euros / Réduit 6 / Écoliers 4

Maaza Mengiste, avec une grande simplicité et vivacité, raconte un chapitre cruel de l’histoire de l’Éthiopie dans son premier roman Under the Eyes of the Lion (Sous le regard du lion, ACTES SUD (28 septembre 2012)). Durant la révolution éthiopienne, dans les années 1970, les destins d’un père et de ses deux fils qui ne font pas les mêmes choix. Ce formidable premier roman convainc par sa sensibilité complexe, sa vision politique acérée, ses personnages forts et son écriture captivante.

Maaza Mengiste est professeure invitée d’écriture créative au Queens College de la City University de New York, conférencière au Lewis Center for the Arts de l’Université de Princeton. Elle écrit régulièrement sur des questions telles que l’Éthiopie et sa révolution, les droits de l’homme et les problèmes de migration pour divers journaux et magazines américains. L’auteure habite à New York.

Petina Gappah (Zimbabwe)

Petina Gappah

Petina Gappah
Source : Hachette

11.09.2017 19h30 
Lieu: Haus der Berliner Festspiele, Bühne am Garten
Moderation: Gabriele von Arnim
Présentateur: Frank Arnold
Prix 8 Euros / Réduit 6 / Écoliers 4

Petina Gappah, « une étoile montante de la littérature du Zimbabwe », comme J.M. Coetzee l’appelait, est née en 1971 en Zambie et a grandi au Zimbabwe. Même si elle voulait être écrivain, elle a étudié le droit à l’Université du Zimbabwe et à Cambridge, a promu à Graz et s’est fait un nom en tant qu’avocate international spécialisée dans l’organisation mondiale du commerce à Genève.
Son roman Le livre de Memory a connu un très grand succès auprès des lecteurs. Dans sa récente collection d’histoires, Rotten Row, Petina Gappah traverse les barrières de la classe, de la race, du genre et de la politique sexuelle au Zimbabwe pour explorer les causes et les effets de la criminalité et méditer sur la nature de la justice.

 

Elnathan John (Nigéria)

Elnathan John - Festival International de Littérature de Berlin

Elnathan John

12.09.2017 18h00  
Lieu: Haus der Berliner Festspiele, Oberes Foyer
Moderation: Susanne Koelbl
Prix 8 Euros / Réduit 6 / Écoliers 4

Elnathan John présentera son dernier roman Born on a Tuesday (Cassava Republic Press (1 avril 2016)) qui raconte la vie du jeune Dantala. Dantala a quitté l’école coranique et vit avec d’autres enfants et adolescents dans les rues de Bayan Layi, une petite ville du nord du Nigéria. Il vole de la nourriture et fume de l’herbe, met le feu au siège du parti d’opposition et se confronte à un monde brutal où les jeunes commettent des crimes au nom des idéologies qu’ils ne comprennent pas.

Elnathan John est né en 1982 à Kaduna, au nord-est du Nigéria. Il a étudié le droit et a ensuite travaillé comme avocat, jusqu’à ce qu’il décide en 2012 de se consacrer entièrement à la littérature.

Yaa Gyasi (Ghana)

Yaa Gyasi

Yaa Gyasi Source : Peter Hurley / The Vilcek Foundation

12.09.2017 19h30 
Lieu: Haus der Berliner Festspiele, Seitenbühne
Moderation: Priya Basil
Présentateur: Regina Gisbertz
Prix 8 Euros / Réduit 6 / Écoliers 4

La saga No Home (Calmann-Lévy (4 janvier 2017)) de Yaa Gyasi commence au 18ème siècle et comprend huit générations. Le récit instinctif de Gyasa donne au lecteur une compréhension profonde de la dure réalité de l’esclavage et du traumatisme émotionnel qui s’est répandu au cours des siècles.

L’écrivain ghanéenne-américaine Yaa Gyasi est né en 1989 à Mampong, une petite ville de la région d’Ashanti, résidence des rois des Ashanti en plus de Kumasi. Sa famille déménage aux États-Unis en 1991 lorsque le père de Gyasi, plus tard professeur de français, obtient un doctorat à l’Ohio State University. La famille a également vécu dans l’Illinois et le Tennessee, et depuis sa dixième année, Gyasi a grandi à Huntsville, en Alabama. Gyasi a trouvé refuge et sécurité dans son enfance dans les livres. Les débuts de Gyasis ont été très appréciés par les critiques. L’auteure vit à Berkeley, en Californie.

Nadifa Mohamed (Somalie)

Nadifa Mohamed - Festival International de Littérature de Berlin

Nadifa Mohamed
Source : Stuart Simpson/Penguin

12.09.2017 21h00 
Lieu: Haus der Berliner Festspiele, Seitenbühne
Moderation: Flora Veit-Wild
Présentateur: Nina West
Prix 8 Euros / Réduit 6 / Écolier 4

Nadifa Mohamed est née à Hargeisa, en Somalie, en 1981. En 1986, ses parents ont émigré à Londres, où elle vit toujours, après des études en Politique et Histoire à Oxford.

Dans son roman The Orchard of Lost Souls, Nadifa raconte le sort des femmes en Somalie à la fin des années 1980, juste avant la guerre civile. Un monde étranger devient palpable, rappelant l’histoire d’autres états désintégrés par la guerre – le Liban, la Yougoslavie, la Syrie. Ce sont les réseaux de femmes qui permettent la survie dans ces zones de conflits.

Pour suivre toute l’actualité des auteurs africains du Festival International de Littérature de Berlin, suivez-nous sur Twitter ou Facebook.

4 septembre 2017 0 Commentaires
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Félix Mbetbo : "Donnez moi 1 million de lecteurs et je vais soulever le Cameroun"
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Félix Mbetbo : « Donnez moi 1 million de lecteurs et je vais soulever le Cameroun »

par Acèle Nadale 11 août 2017
Rédigé par Acèle Nadale

Atteindre un million de lecteurs à court terme au Cameroun : tel est l’objectif que s’est fixé Félix Mbetbo, jeune auteur et blogueur camerounais, dans le cadre de la journée “Rencontre Nationale des Jeunes Auteurs” qu’il organise ce samedi 12 août à Douala. Le thème de cette grande manifestation en l’honneur du livre camerounais est “En marche pour 1 million de lecteurs”. Félix Mbetbo a accordé une interview à Afrolivresque.

Comment est née l’idée de rassembler des écrivains et des acteurs du livre au Cameroun autour d’un événement tel que la “Rencontre Nationale Des Jeunes Auteurs” ?

L’idée est aussi vieille que l’association qui la porte. Créée en 2011, l’ACDIS (Association pour la conservation et la Diffusion du Savoir) s’est choisie pour leitmotiv la promotion du livre et de la lecture en milieu jeune. Après avoir réalisé que l’avenir de notre société sera fortement dépendant d’une certaine éclosion de la pensée. Depuis lors, nous avons mené pas mal de projets dans ce sens. Les plus récents sont l’organisation d’une tournée philosophique avec le prof Njoh Mouelle dans la région de l’ouest du Cameroun en 2014. Et l’organisation de la « Rencontre Nationale des Jeunes Leaders » en 2015. La « Rencontre Nationale des Jeunes Auteurs » est donc une suite logique de nos ambitions de départ.

Quels sont les objectifs à moyens termes d’une telle rencontre ?

L’objectif déjà à court terme est celui de donner une plateforme d’expression aux jeunes auteurs, leur donner l’opportunité de se connaitre, leur donner l’occasion d’échanger sur des thématiques liées à leur place dans le devenir social de notre pays. Au sortir de là, les jeunes auteurs pourront former désormais une communauté solide constituée d’un corps et d’une voix. À moyen terme, nous espérons appliquer les premières résolutions issues de la rencontre du 12 août afin de marcher vers le million de lecteurs que nous ciblons de toutes nos forces.

Félix Mbetbo Rencontre-des-jeunes-auteurs-Cameroun

Le thème choisi pour cette première édition est “En marche pour 1 million de lecteurs”. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nous avons été intrigués de voir l’engouement virtuel des camerounais autour du mouvement spontané lancé pour recruter des millions d’électeurs avec tous les moyens qui vont avec. Nous avons pensé à notre niveau que le Cameroun a beaucoup plus besoin « de lecteurs » que « d’électeurs ». Ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des millions d’électeurs qui ne sont en réalité que des « analphabètes politiques » pour parler comme Bertolt Brecht. On a besoin d’une véritable masse critique. Or ce n’est que par le livre que l’esprit critique se forme et se développe. Comme j’ai eu à le dire, « donnez-moi 1 million de lecteurs et je vais soulever le Cameroun ». Dans le sens d’Archimède qui avait voulu un point d’appui pour soulever le monde.   Cette rencontre du 12 août est la première pierre que nous allons poser pour ce vaste chantier.

On remarque une grande absence de la littérature anglophone camerounais dans le programme de cette journée. Est-ce un choix délibéré ?

Personne ne peut avouer qu’une telle situation soit tributaire d’un choix délibéré. Nous avons été limités par le temps et les moyens et nous n’avons pas pu aller au-delà de la sphère du connu. Je ne vais pas aller jusqu’à dire que la littérature de langue anglaise au Cameroun est rare à trouver. Je pense juste que nous ne l’exposons pas assez.

La littérature africaine connaît une grande popularité actuellement au niveau international, notamment celle d’expression anglaise. Ces succès restent encore très limités aux auteurs édités hors d’Afrique. Quel votre sentiment par rapport à cela ?

Félix Mbetbo-Programme-Rencontre-des-jeunes-auteurs-Cameroun-12-août-2017C’est le même constat que nous pouvons faire dans les autres domaines : le sport, la musique, le cinéma, les arts plastiques… L’extérieur accueille et valorise toujours mieux nos talents que nous-mêmes. Au Cameroun même le plus beau livre peine à s’écouler à plus de 1000 exemplaires. Or, on apprend qu’une jeune écrivaine camerounaise touche 1 million de dollars américain pour son tout premier roman. On va plaindre peut-être nos éditeurs locaux ! Mais est-ce que le système en place permet seulement qu’on en arrive là ? Au Cameroun, nous n’avons que des auteurs à temps perdus et nous manquons d’écrivains qui vivent de leurs écrits et qui ne vivent que pour ça. Ailleurs, quand un auteur est édité dans les bonnes maisons, il bénéficie de nombreuses opportunités qui font de sa vie une vie d’écrivain. Chez-nous, on s’endette pour publier un livre et on meurt de faim au milieu de nombreux manuscrits.

Vous êtes aussi un blogueur assez connu au Cameroun. Comment voyez-vous l’avenir du blogging littéraire dans ce pays et en Afrique en général ?

Déjà, il faut penser le présent même du blogging, avant de penser à un avenir du blogging spécialisé en littérature. Au Cameroun, ils sont nombreux à ouvrir des blogs et peu sont ceux qui en font une véritable occupation, pour ne pas aller jusqu’à dire un métier. Les blogs qui fonctionnent le plus parlent de cultures urbaines, la littérature est toujours la 5e roue du carrosse. Or, dans un pays qui manque amèrement de critiques littéraires, pourtant on en forme tous les jours dans les facultés, on aimerait avoir de plus en plus des amoureux du livre qui sacrifient quelques heures pour offrir régulièrement aux internautes du jus livresque.  Il faut susciter des passionnés de la lecture et de l’écriture sur tout le territoire pour œuvrer dans ce sens. Surtout dans un pays où on ne s’intéresse quasiment pas à la littérature dans les médias.

Initier de tels projets nécessite des coûts non négligeables et la question du financement se pose inévitablement. Quels ont été vos stratégies de financement pour cette première édition ?

Depuis six ans que l’ACDIS existe, elle n’a presque jamais reçu de financement à la hauteur de ses réalisations. Nous avons décidé de compter sur notre seule volonté pour atteindre nos objectifs. Nous avons une stratégie alternative de financement qui nous dispense de dépendre des grands annonceurs ou des bailleurs de fonds. Nous avons eu à réaliser des projets aussi grands que cette rencontre du 12 août. Et nous ne comptons pas nous arrêter là. Le jour où les grands financements viendront tout le monde le saura. Les choses vont plus que changer.

Comment pourrait-on motiver les africains à investir dans des projets culturels et intellectuels afin de reprendre le pouvoir sur les concepts qu’ils souhaiteraient inventer, appliquer en fonction de leurs réalités locales, et pourquoi pas les proposer à toute la communauté humaine ?

Nous n’avons pas de choix, il faut nécessairement que les personnes qui ont des grands moyens soutiennent celles qui ont de grandes idées. C’est le système du mécénat, ç’a toujours existé dans le temps. Ceux qui ont le pouvoir politique doivent favoriser les intellectuels à circuler dans le monde et à s’inscrire dans les plus grands cercles de pensée. Un pays ne peut pas seulement espérer rayonner à travers ses sportifs et ses musiciens. Un pays qui veut se positionner comme respectable doit aussi avoir des intellectuels qui font parler de lui dans les lieux où les idées dominantes se pensent. Or pour y arriver, il faut se donner les moyens. Sauf qu’à l’heure actuelle, nos hommes d’affaires et hommes politiques pensent à tout développer et à tout conserver, sauf le savoir.

11 août 2017 0 Commentaires
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Le budget de la Bibliothèque de la Renaissance Africaine bouclé
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Côte d’ivoire : Le budget de la Bibliothèque de la Renaissance Africaine bouclé

par La redaction 10 août 2017
Rédigé par La redaction

Le Groupe Côte d’Ivoire Invest (C2I)/Archi 2000, chargé de la construction et de l’équipement de la Bibliothèque de la Renaissance africaine d’Abidjan (BRAA) annonce, dans un communiqué, le bouclage du financement du projet.

« Le financement est bouclé et les actions sont en cours afin de permettre à l’entreprise d’entrer en possession du site occupé par la direction des Examens et Concours (DECO) pour le démarrage des travaux lourds », indique le document.

La Bibliothèque de la Renaissance est une tour futuriste de 14 étages à plusieurs compartiments, comprenant une bibliothèque, une galerie commerciale, un centre de conférences de 1500 places, un hôtel cinq étoiles de 177 chambres, des bureaux et 900 places de parking souterrain de trois niveaux.

D’un coût global de 63 milliards de FCFA, cette bibliothèque sera la plus grande d’Afrique noire francophone et l’une des sept plus grandes et plus belles d’Afrique. Elle devrait être livrée en 2020 à l’État de Côte d’Ivoire, selon les termes de l’accord-cadre signé le 28 décembre 2015 entre l’entreprise et le gouvernement.

(Source AIP)

10 août 2017 0 Commentaires
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Le concept « Necropolitique » d’Achille Mbembe s’invite dans la série américaine « Queen Sugar » d’Oprah Winfrey et Ava DuVernay
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Le concept « Necropolitique » d’Achille Mbembe s’invite dans la série américaine « Queen Sugar » d’Oprah Winfrey et Ava DuVernay

par La redaction 28 juillet 2017
Rédigé par La redaction

Quand on se met devant son petit écran pour regarder une série américaine tendance, on ne s’attend sûrement pas y voir des thèmes de société qui poussent à la réflexion intellectuelle, comme celui de « Nécropolitique » d’Achille Mbembe. C’est pourtant le cas de la série Queen Sugar réalisée par Ava DuVernay, co-produite par Oprah Winfrey et diffusée sur Oprah Winfrey Network (OWN) depuis septembre 2016.

La saion 2 de la série a démarré en juin 2017 et rencontre autant de succès que la première. Queen Sugar est une adaptation du roman du même de nom de Natalie Baszile publié chez Penguin Random House en 2014.

 Natalie Baszile

Natalie Baszile – Crédit photo Natalie Baszile

La Louisiane, décor d’une rencontre de 3 trajectoires différentes

La série suit la vie de trois frères et sœurs : deux sœurs, Nova Bordelon (par Rutina Wesley), journaliste engagée et militante de la Nouvelle-Orléans, et Charley Bordelon (Dawn-Lyen Gardner), une femme moderne qui, avec son fils adolescent Micah, laisse sa maison haut de gamme à Los Angeles pour le cœur de la Louisiane pour s’occuper de l’héritage de leur père récemment décédé (une ferme de canne à sucre de 800 hectares). Leur frère Ralph Angel (Kofi Siriboe), un père célibataire qui lutte contre le chômage et doit gérer sa relation trouble avec la mère de son enfant, une ancienne toxicomane.

La nécropolitique est la question essentielle

Queen Sugar Saison 2 Episode 3

Dans l’épisode 3 de la saison 2, la journaliste et activiste Nova Bordelon est invitée à Atlanta à participer à un débat avec l’épidémiologiste Dr. Robert Dubois (Alimi Ballard) sur les questions politiques concernant le racisme, la politique d’incarcération massive des hommes noirs aux USA. Les deux protagonistes partagent le même objectif, mais leurs approches sont très différentes. Nova et Robert sont en désaccord sur la sémantique du mot « génocide ». Pour Nova, l’incarcération de masse en est un. Ce que Robert trouve un peu exagéré.

Au cours de ce débat, le concept « Necropolitique » d’Achille Mbembe est évoqué et le modérateur demande l’avis de l’activiste Nova par rapport à celui-ci. Elle répond comme suit :

La nécropolitique est la question essentielle. Qui est-ce que la société désigne comme entité négligeable ou racaille? Qui sont les morts-vivants de la vie réelle? Si ce n’est par la mort physique, la mort sociale, la mort économique ou l’insignifiance politique.

Achille Mbembe et la nécropolitique

Dans une interview accordée au blog Monsieur Buzz le 14 mars 2016, le philosophe, historien et écrivain camerounais Achille Mbembe explique la notion de « nécropolitique » comme suit :

« J’ai utilisé la notion de « nécropolitique » en référence aux formes de pouvoir et de souveraineté dont l’une des principales caractéristiques est de produire activement la mort à grande échelle. Cette économie opère évidemment évidemment de différentes façons en fonction des histoires particulières des sociétés.

Pour le reste, le terme s’applique de manière générale à toutes les formes de domination fondées sur le gaspillage considérable des vies humaines. Il s’agit très souvent de régimes de domination sans responsabilité, dans lesquelles la souveraineté consiste en l’exercice d’un droit de vie et de mort sur ceux et celles que l’on a, au préalable, réduit à l’état d’objet. »

Achille Mbembe a développé cette notion dans un article intitulé « Necropolitics » (trad. du lamba par Libby Meintjes, Public Culture, vol. 15, n° 1, hiver 2003, p. 11-40). Une version en français a été publiée dans la revue de théorie politique Raisons politiques, n° 21, p. 29-60. Cet article est disponible en téléchargement gratuit ici.

Achille Mbembe

Achille Mbembe.

Achille Mbembe est né au Cameroun en 1957. Il obtient son doctorat en histoire à l’université de la Sorbonne à Paris, en France, en 1989. Par ailleurs, il est titulaire d’un DEA en science politique de l’Institut d’études politiques, toujours à Paris. Reconnu comme l’un des plus grands théoriciens actuels du post-colonialisme, il est intervenu dans de nombreuses universités et institutions américaines dont l’université Columbia de New York, la Brookings Institution de Washington, l’université de Pennsylvanie, l’université de Californie, Berkeley, l’université Yale mais aussi au Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) à Dakar au Sénégal. Il est actuellement membre de l’équipe du Wits Institute for Social & Economic Research (WISER) de l’Université du Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud. Ses principaux centres d’intérêts sont l’histoire de l’Afrique, la politique africaine et les sciences sociales.

Source : Wikipédia

28 juillet 2017 0 Commentaires
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Le dernier livre très controversé sur Nelson Mandela retiré des ventes
ActualitéAfrique AustraleBiographie, mémoires et Autobiographie

Afrique du Sud: Le dernier livre très controversé sur Nelson Mandela retiré des ventes

par La redaction 26 juillet 2017
Rédigé par La redaction

C’est le 18 juillet dernier que la masion d’édition Penguin Random House South Africa a publié Les Dernières Années de Mandela, un livre écrit par Vejay Ramlakan, médecin de Nelson Mandela. Le livre révélait des détails intimes sur les dernières semaines de Mandela avant son décès. 

Graca Machel, la veuve de Nelson Mandela, et les autres membres de la famille du Madiba, accusent le médecin d’avoir violé la confidentialité et porté atteinte à sa dignité. En effet, il est entre autre question dans ce livre de la dégradation de l’état de santé de Nelson Mandela quand il souffrait de l’estomac, d’un ulcère hémorragique et d’une infection pulmonaire. Le Lieutenant-General Vejay Ramlakan aurait également affirmé dans son livre que contrairement à la version officielle, ce serait Winnie Mandela qui était au chevet de Mandela pendant ses dernières heures et non Graca Machel.

Les réactions d’indignation dans l’opinion publique sud-africaine ne se sont pas fait attendre, rejoignit ainsi la colère de la famille. Dans un communiqué de presse, la veuve a menacé de poursuivre en justice l’auteur et la maison d’édition qui a vite fait de retirer le livre des ventes.

Il sera bien difficile pour la famille et les proches de Nelson Mandela d’effacer cet incident malheureux, car des copies du livre ont déjà été vendues avant son retrait du marché.

 

26 juillet 2017 0 Commentaires
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Tomi Adeyemi la nouvelle africaine dans le club des auteurs à 1 million de dollars
ActualitéAmérique du NordÉvénementsScience-fiction

Tomi Adeyemi: la nouvelle africaine dans le club des auteurs à 1 million de dollars

par Acèle Nadale 25 juillet 2017
Rédigé par Acèle Nadale

Une fois de plus, une auteure africaine fera parler d’elle dans les jours à venir. Pour la troisième fois, après la camerounaise Imbolo Mbue et la ghanéenne Yaa Gyasi, c’est la nigériane Tomi Adeyemi qui signe un contrat d’1 million de dollars avec la célèbre maison d’édition Macmillan pour sa trilogie Children of Blood and Bone (Children of OrÏsha), roman pour les adolescents et jeunes adultes.

Tomi Adeyemi est âgée de 23 ans, diplômée en littérature anglaise de l’Université Harvard et coach d’écriture créative.

Children of Blood and Bone raconte l’histoire de Zélie, une jeune fille de 17 ans qui lutte contre la monarchie oppressive. Elle veut restituer les pouvoirs magiques à son peuple qui vit dans un pays appelé Orïsha.

Au-delà de raconter une belle aventure dans le genre « African fantasy », la jeune Tomi Adeyemi traite des thèmes plus vastes, comme la race, la brutalité policière, l’oppression et le pouvoir, thèmes qui font régulièrement la une de l’actualité internationale actuellement. Dans le magazine Teen Vogue, elle a déclaré que

« Pour moi, c’est comme ça que j’essaie d’aider le monde. C’est ainsi que je peux protester et dire quelque chose. Souvent, les problèmes comme le racisme ou la brutalité policière notre personne que nous nous demandons comment nous pouvons les traiter. Si j’écris ceci, et que je peux faire que les gens les comprennent , alors j’ai l’impression de faire ma part pour lutter contre ça et cela me donne le sentiment d’être capable de combattre ces problèmes« 

Notons que ce deal exceptionnel inclut également les droits pour une adaptation cinématographique avec Fox 2000/Temple Hill Productions, avec comme producteurs Karen Rosenfelt and Wyck Godfrey (Twilight, Maze Runner, The Fault In Our Stars).

La couverture de Children of Blood and Bone qui a déjà été révélée, a été conçue par Rich Deas, le directeur créatif de Macmillan Children’s Publishing. Elle promet déjà au lecteur des aventures dans un monde fantastique avec des personnages hauts en couleur.

Tomi Adeyemi cover

Image: Rich Deas/Macmillan

 

Les romancières africaines sont en train d’imprégner remarquablement la littérature au niveau mondial et s’imposent avec leur authenticité, tant dans leur écriture que dans les thèmes qu’elles abordent. Il y a encore quelques jours, la romancière nigériane Nnedi Okorafor qui fait aussi dans le genre African fantasy, dévoilait qu’elle venait de signer l’adaption de son roman Who Fears Death avec la chaîne HBO et George R. R. Martin, producteur de Games of Thrones. 

La sortie du premier tome de la trilogie est prévue pour le 06 mars 2018 et la version en anglais peut déjà être précommandée.

 

25 juillet 2017 0 Commentaires
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À la découverte des “Nouvelles inédites du pays”, un recueil de Ekum’a Mbella Bwelle
LittératureAfrique CentraleNotes de lecture

À la découverte des “Nouvelles inédites du pays”, un recueil de Ekum’a Mbella Bwelle

par Rosine Dayo 17 juillet 2017
Rédigé par Rosine Dayo

De plus en plus de romanciers, confirmés ou débutants, s’adonnent aux textes courts. Pour le plus grand plaisir des lecteurs. Les Nouvelles inédites du pays d’Ekum’a Mbella Bwelle est un recueil de 09 brillantes nouvelles publié en juillet 2016 aux éditions Ifrikiya.

Originaire du littoral du Cameroun, l’auteur Ekum’a Mbella Bwelle a suivi une formation en édition. Passionné par la communication, il poursuit son aventure éditoriale en s’investissant dans l’écriture. Il est notamment l’auteur de L’Amour assassin, roman qu’il publie précisément à la même date chez son éditeur Ifrikiya en juillet 2016. Outres ces œuvres de fictions, l’auteur a à son actif plusieurs ouvrages à caractères politique et religieux.

Le recueil Les Nouvelles inédites du pays est l’histoire d’un village de pêcheurs situé en plein cœur de l’Afrique ; là vivait un vieil homme appelé affectueusement « le vieux Mutèmbi ». Au gré des événements, ce dernier a vu les années se succéder, son village sombrer. Il a vu les fils du village rejeter leur héritage, la sagesse des ancêtres pour une vie moderne. Seulement ces derniers sont tombés dans l’oisiveté pour certains, et dans le déni de leur africanité pour d’autres.

« Oui, cette nuit-là sur sa véranda le vieux Mutèmbi se rappelait le passé de ce village, décortiquait son présent et s’interrogeait sur son avenir » (Page 16).

Comme nous le décrit le narrateur, le vieux Mutèmbi se souvient de ce qu’avait été son village dans sa jeunesse, il revoit la convivialité qui y régnait et tout cela le chagrine. La vie s’était montrée très dure avec lui. Très tôt, de suite d’un assassinat, il avait perdu son unique fils et cinq mois plus tard sa femme. Le narrateur peint un homme âgé, fatigué et abattu.

« Il se prit la tête entre les deux mains et essuya une goutte de larme qui pendait sous son œil droit. Avait-il pleuré ? Lui qui pensait avoir tout vu le pouvait-il encore ? Et qui pleurait-il ? Son fils, sa femme ou son pays ?» (P17)

Des souvenirs se bousculent dans sa mémoire et il pense à son désarroi, il pense à sa descendance, il pense à son Mbombo, son petit-fils ainé qui est allé faire des études supérieures dans les grandes universités européennes.
Son petit-fils ainé, de passage au pays, constate avec tristesse le changement qui s’est opéré chez les habitants du village ; ils ont perdu leur joie de vivre d’antan. Il demande à son grand-père :

« Mbombo, je ne comprends plus rien du village. Je ne comprends plus rien du pays. Il y a dix ans, lorsque je suis parti, ce n’est pas ce que j’ai retrouvé […] Mais que se passe-t-il, Mbombo, je veux comprendre… !»(Page 21).

Voyant l’inquiétude se lire sur le visage de son petit-fils, le vieux Mutèmbi décide donc de l’initier afin qu’il soit capable de guider ses jeunes frères et sœurs.

Tous les matins, le père va s’engager à lui livrer les nouvelles inédites du pays, ceci jusqu’à son retour en Europe. Il lui parlera ainsi des Sango Pasto, des églises telles qu’elles sont administrées aujourd’hui. Des pasteurs qui ont perdu le sens de leur mission en société. C’est ainsi que s’exclame un pasteur :

« Chacun vient à l’église pour lui-même. Ce n’est pas à moi d’aller vous chercher dans vos lits. Si vous voulez, vous venez. Si vous ne voulez pas, vous ne venez pas. Quel est mon problème là-dedans ? On va m’affecter ailleurs. »(P28).

Le vieil homme décrit une église meurtrie qui, loin d’apporter l’harmonie, sème des discordes où elle passe. Il va ensuite nous parler de ces « Nouveaux riches » qui sont venus semer le mépris dans la hiérarchisation de la société. Autrefois la sagesse et le droit d’ainesse faisaient office de respect. « Les nouveaux riches » sont venus avec leur argent, obtenu très souvent de façon illicite, créé des conflits entre générations. Comme le dit le narrateur,

«Ils croient pouvoir tout acheter […] Ils provoquent des dissensions à l’intérieur de leur familles ; méprisent la notabilité et le chef ; bref ils mettent la société sens dessus-dessous.» (P32)

Le retour au village, Le tabouret de dange, Timotéo, Iyo, j’ai mal, Itumbè, La lettre du jeune Mutèmbi sont autant de fabuleuses nouvelles qui sous un ton à la fois satirique et ironique, présentent les nouvelles qui font désormais le quotidien des sociétés africaines.

Dans un langage plein d’images métaphoriques et sur un ton ironique, l’auteur peint une société qu’il veut imaginaire, mais que l’on pourrait identifier comme étant le Cameroun.

L’auteur aborde ainsi une diversité de thèmes illustrant les bouleversements que connaissent les sociétés africaines du XXIe siècle. Les affres du déracinement et celles du couple, les difficiles relations entre générations, la nostalgie du passé, la déprime sont autant de thèmes abordés avec une élégance finesse. Les situations se déroulent entre l’Europe, la ville et le village du vieux Mutèmbi. Cette coopération, loin de favoriser le développement de l’africain dans son environnement, l’a aliéné et l’a parfois poussé à renier sa véritable nature. D’une nouvelle à une autre, les personnages changent. Toutefois, la famille du vieux Mutèmbi demeure présente et ancrée dans les valeurs ancestrales, signe que tout espoir n’est pas perdu. Il est encore des personnes aux bonnes mœurs capables de reconstruire ce beau pays.

Dans ce texte, on croise des pasteurs sans foi, des alcooliques, des parvenus, des homosexuels, des enfants aux pères inconnus, des filles aux mœurs légères, des déprimés ; c’est des comportements humains que scrutent Les Nouvelles inédites du pays d’Ekum’a Mbella Bwelle est un recueil de 09 brillantes nouvelles publié en juillet 2016 aux éditions Ifrikiya. avec une écriture à la fois ferme et sensible. Le narrateur, lui, virevolte entre souvenirs, regrets, amertume, perte, espoir. Il est drôle, triste. Son art du dialogue fait merveille, sa subtilité fascine.

D’où venons-nous ? Où voulons-nous aller ? Où allons-nous vraiment ? Ce recueil de nouvelle est une mine d’or. Venez et vous serez ébahis non seulement pas la beauté du texte, mais également par la profondeur de l’analyse de l’auteur.

17 juillet 2017 0 Commentaires
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Congo-Brazzaville L’Association ‘’Le Quai de la culture’’ lance le « Prix du premier Roman Sylvain Bemba ».
ActualitéAfrique CentraleÉvénementsIndustrie

Congo-Brazzaville : L’Association ‘’Le Quai de la culture’’ lance le « Prix du premier Roman Sylvain Bemba ».

par La redaction 10 juillet 2017
Rédigé par La redaction

La plume, le verbe et la voix, c’est bien à ces trois choses que l’on pense lorsqu’il s’agit de rendre hommage à Sylvain Bemba. Car celui qui naquit un certain 17 février sur les terres presque colorées de Sibiti (Congo-Brazzaville) se fera connaître premièrement par ses écrits journalistiques. Journaliste à la semaine Africaine dans les années 50, il annonce déjà les couleurs d’une plume, à la lumière de la terre qui l’a vu naître. Très vite il se jette dans le vaste fleuve de la littérature où les mots seuls sont des bouées de sauvetage pour espérer atteindre la rive de la réussite. En 1963 il est lauréat du prix de la nouvelle littéraire pour son œuvre  La chambre noire .

Des récompenses, il en aura, encore et encore, jusqu’en 1995 où lui est attribué, à titre posthume et pour l’ensemble de ses œuvres, le grand prix de la littérature d’Afrique Noire. Sylvain Bemba restera à jamais cet auteur congolais et africain pour lequel l’écriture se conjugue à la fois à l’information, à l’histoire romanesque, au théâtre et à la musique. Et comme il l’avait écrit : Le soleil est parti à Pemba, Sylvain Bemba s’en est allé de la terre des hommes vers l’au-delà le 08 juillet 1995.

En choisissant de nommer ainsi ce premier prix « Sylvain Bemba », Le Quai de la culture s’accorde, avec d’autres grands noms de la littérature congolaise, à reconnaître la valeur des hommes qui ont fait le temps et ainsi poser, sur les mêmes traces, les pas de ceux qui feront demain.

Le « Prix du premier roman ‘’Sylvain Bemba’’ » lancé ce 05 juillet vise à récompenser un(e) jeune écrivain(e) du Congo-Brazzaville pour son premier roman édité. Il s’adresse aux écrivains, auteurs d’un premier roman édité entre le 1er janvier 2016 et le 30 juillet 2017.  Le PRIX est doté d’une somme de 656 000 FCFA (1 000 euros).

Vous pouvez obtenir le formulaire d’inscription ainsi que le règlement du prix en écrivant à l’adresse mail : lequaidelaculture@gmail.com Paterne Ngoulou (…)

Lire la suite sur Oeil d’Afrique.
10 juillet 2017 0 Commentaires
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Le roman Who fears death de Nnedi Okorafor adapté par la chaîne américaine HBO
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsScience-fictionYoung Adult

Le roman « Who fears death » de Nnedi Okorafor adapté par la chaîne américaine HBO

par La redaction 10 juillet 2017
Rédigé par La redaction

C’est sur son mur Facebook que la jeune romancière d’origine nigériane de science-fiction et de fantasy, Nnedi Okorafor, a fait l’annonce ce jour. En effet, son livre à succès Who fears death, qui a obtenu le prix du meilleur roman « World Fantasy « en 2011, sera adapté en une série sur la chaîne HBO avec comme producteur George R. R. Martin (Game of Thrones).

La version française du roman est sortie en 2013 aux éditions Panini, la maison d’édition italienne connue pour l’édition d’albums d’images autocollantes à collectionner, sous le titre Qui a peur de la mort ?. Elle a obtenu le prix Imaginales du meilleur roman étranger 2014 et a été nommé au grand prix de l’Imaginaire du meilleur roman étranger 2014, et meilleure couverture.

Quatrième de couverture

Qui a peur de la mort _ - Okorafor, NnediDans une Afrique post-apocalyptique, la guerre continue de faire rage. Enfant du viol, rejetée par les siens du fait de sa peau et ses cheveux couleur de sable, Onyesonwu porte en elle autant de colère que d’espoir. Seule sa mère ne semble pas étonnée lorsqu’elle se met à développer les prémices d’une magie unique et puissante. Lors de l’un de ses voyages dans le monde des esprits, elle se rend compte qu’une terrible force cherche à lui nuire. Pour en triompher, elle devra affronter son destin, sa nature, la tradition et comprendre enfin le nom que sa mère lui a donné : Qui a peur de la mort.

Les romans de Nnedi Okorafor sont destinés aux enfants comme aux adultes et ont toujours des univers et histoires inspirés de l’Afrique.

Nous lui souhaitons beaucoup de succès avec cette série !

 

10 juillet 2017 0 Commentaires
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Paris Week-end des Écrivains du Monde - Résonances Afrique Caraïbes
ActualitéEuropeÉvénements

Paris : Week-end des Écrivains du Monde – Résonances Afrique Caraïbes

par La redaction 25 juin 2017
Rédigé par La redaction

La capitale parisienne offrira une fois de plus un rendez-vous littéraire autour de l’Afrique et des Caraïbes. Organisé par le Columbia Global Centers de Paris et la Bibliothèque nationale de France, le « Week-end des Écrivains du Monde » aura lieu du 9 au 11 juin 2017 sur le campus parisien de l’université Columbia, le Reid Hall. De grands noms de la littérature africaine et des Caraïbes discuteront pendant ces 3 jours autour des thématiques très actuelles telles que le retour d’exil, le langage et la mémoire.

« Le monde est mon langage » et lecture musicale

Emmanuel Dongala (La sonate à Bridgetower, Actes Sud 2017; Grand prix littéraire d’Afrique Noire 1988, Le feu des origines, ) et Alain Mabanckou (Grand prix littéraire d’Afrique Noire 1999,  Bleu-Blanc-Rouge ), deux auteurs congolais ayant marqué la littérature africaine, ouvriront le festival le vendredi 9 juin dès 19h avec un échange autour de la question de la langue qu’ils choisissent pour écrire, de ce qu’elle représente pour eux et de sa place dans la construction des identités.

La deuxième partie de la soirée entraînera le public vers les univers de Danny Laferrière, aux vibrations de blues avec Arthur H et Niclas Repac. Le duo nous proposera une « traversée métissée » des écrits de l’auteur haïtien.

Penser l’Afrique de demain, l’énigme du retour et comment rendre une parole possible ?

Telle est la mission qu’essayeront de remplir les 4 intervenants lors du débat du samedi 10 juin en première partie du programme dès 15h. Achille Mbembe, Felwine Sarr, Alain Mabanckou et Séverine Kodjo-Grandvaux discuteront à propos des enjeux, chances et défis que rencontre l’Afrique d’aujourd’hui pour mieux penser celle de demain.

En deuxième partie du programme, Kidi Bebey, Adourahman Waberi et Max Lobe (prix Ahmadou Kourouma 2016, Confidences, éditions Zoé) réfléchiront sur le chemin inverse de l’exil qu’est le retour. Où est-on à la maison ? Chez soi ? Quelles sont les traces laissées par l’exil ? Autant de questions auxquelles ces trois auteurs essayeront de répondre.

Cette journée riche en perspective se clôturera par un panel avec Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice en France et l’auteur africain-Américain John Edgar Wideman, considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Ces deux auteurs exploreront la question de la mémoire et de la parole par le biais de l’écriture.

« I’m not your negro » – Projection/discussion

I Am Not Your Negro est un film documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck et adapté du manuscrit inachevé Remember This House de James Baldwin. Il sera en projection le dimanche 11 juin au cinéma l’Arlequin et suivi d’une discussion avec Tania de Montaigne, dramaturge et auteur du livre Noire (Grasset, 2015).

Une journée littéraire dédiée au Maroc

Ce Week-end des Écrivains du Monde – Résonances Afrique Caraïbes  a reservé toute une journée pour la littérature marocaine, avec 4 auteurs autour de deux conversations. Une exposition photographique d’Hakim Benchekroun sur les lieux oubliés du Maroc, « Lost in Morocco », accompagnera cette journée qui se déroulera cette fois-ci à « La Vallée Village ».

Afrolivresque est partenaire du festival. Toutes les programmations sont en entrée libre, à l’exception de la projection du documentaire au cinéma l’Arlequin. Pour plus de détails sur le déroulement de l’événement, consulter le programme ici.

 

 

Week-end des écrivains du monde

 

25 juin 2017 0 Commentaires
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La littérature africaine à la 6ème édition du festival « Image Afrique »
ActualitéAfriqueEuropeÉvénements

Bâle (Suisse) : La littérature africaine à la 6ème édition du festival « Image Afrique »

par La redaction 22 juin 2017
Rédigé par La redaction

Initié en 2012 à Bâle (Suisse) par Benjamin Füglister (Direction artistique) et Livia Rutishauser (Cheffe de projet), et en partenariat avec le Centre d’Études Africaines de l’Université de Bâle, et Marcel Tanner, conseiller pour Image Afrique et ancien directeur de l’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse, le festival Image Afrique a pour ambition de mettre en lumière l’Histoire et la culture du continent africain, et surtout, de choisir de nouvelles perspectives pour influencer positivement l’image de l’Afrique très souvent négativement dépeinte par les médias.

Pour cette 6ème édition du festival qui se déroule du 9 juin au 2 juillet 2017, sont prévus au programme une série d’activités telles que des expositions de photographes venant du continent ou de sa diaspora, des projections de films et des soirées de lectures publiques.

La littérature africaine sera à l’honneur les 23 et 24 juin avec les auteurs et poètes Jùmọké Bọlanle Adéyanju (Nigéria), Mohomodou Houssouba (Mali), Steve Mekoudja (cameroun), Goitseone Montsho (Afrique du Sud), Wilfried N’Sondé (Congo) et Henri Michel Yéré (Côte d’Ivoire) dans le cadre de la coopération avec le festival Stadtsprachen de Berlin, festival qui promeut le multilinguisme de la littérature contemporaine de la ville de Berlin.

Ces brillants artistes présenteront leurs textes lors des deux soirées « Stadtsprachen – The Sound of Language » qui seront animées par Martin Jankowski, auteur et initiateur du festival littéraire Stadtsprachen, et Acèle Nadale, fondatrice du magazine littéraire Afrolivresque.

 

Image Afrique Stadtsprachen 1 | Admission free

Friday, 23 June 2017, 19:30h
Naturbad Riehen | Weilstrasse 69, 4125 Riehen
www.naturbadriehen.ch

Authors:
Mohomodou Houssouba (Mali/Switzerland)
Steve Mekoudja (Cameroon/Germany)
Henri Michel Yéré (Ivory Coast/Switzerland)

 

Image Afrique Stadtsprachen 2 | Admission free

Saturday, 24 June 2017, 19:30h
Rhybadhüüsli St. Johann | St. Johanns-Rheinweg 50, 4056 Basel
www.rhybeli.ch

Authors:
Jùmọké Bọlanle Adéyanju (Nigeria/Germany)
Goitseone Montsho (South Africa/Germany)
Wilfried N’Sondé (Democratic Republic of Congo/France/Germany/Switzerland)

 

Pour plus de détails sur tout le programme, visitez le site du festival.

 

22 juin 2017 0 Commentaires
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Façade de la bibliothèque nationale (ancienne bibliothèque universitaire) - La Bibliothèque nationale de Norvège va numériser la littérature nigériane
ActualitéAfriqueAfrique de l'OuestEuropeIndustrieProfessionnelsTechnologie

La Bibliothèque nationale de Norvège va numériser la littérature nigériane

par La redaction 29 mai 2017
Rédigé par La redaction

(AFP) La Bibliothèque nationale de Norvège a annoncé lundi qu’elle allait numériser la littérature nigériane en vertu d’un accord sans précédent connu qui, espèrent ses promoteurs, pourrait préfigurer une « bibliothèque numérique africaine ».

C’est à proximité immédiate du cercle polaire arctique, dans une unité spécialisée située dans la ville de Mo i Rana, que la Bibliothèque nationale de Norvège se chargera de numériser une partie de la collection de son homologue nigériane.

« Notre objectif est que ce projet devienne un modèle pour d’autres pays, et que l’on contribue ainsi à créer une bibliothèque numérique africaine à part entière« , a souligné le directeur de la bibliothèque norvégienne, Aslak Sira Myhre, dans un communiqué.

L’accord, qui doit être signé le 10 juin à Abuja, portera dans un premier temps sur des œuvres en langues haoussa, igbo et yoruba, a précisé l’institution norvégienne.

Les coûts de cette opération de numérisation de la littérature nigériane seront partagés entre les bibliothèques nigérianes (collecte locale des ouvrages) et norvégienne (numérisation), le transport étant pris en charge par l’ambassade de Norvège au Nigeria.

« Ce projet n’a pas été lancé parce que la Bibliothèque nationale souhaite faire de l’aide au développement, mais parce qu’il nous donne la possibilité d’élargir notre bibliothèque en langues étrangères, de sorte que cela devienne un projet gagnant-gagnant pour nous et le Nigeria« , a souligné une porte-parole de la bibliothèque norvégienne, Nina Braein, interrogée par l’AFP.

L’institution s’était déjà distinguée en annonçant en 2014 la mise en accès gratuit sur la toile de la quasi-totalité de la littérature nationale publiée avant 2001 grâce à un accord novateur avec les ayants droit sur la délicate question des royalties.

Source AFP

29 mai 2017 0 Commentaires
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ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsIndustrieLittérature

La nouvelle couverture de « Things Fall Apart » est une véritable oeuvre d’art

par La redaction 24 mai 2017
Rédigé par La redaction

Things Fall Apart, ce classique de la littérature africaine écrit par l’écrivain nigérian Chinua Achebe, traduit dans plus de 57 langues avec au moins 20 millions de copies vendues, se parera d’une nouvelle tenue à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans du roman l’année prochaine. À cet effet, la maison d’édition americaine Penguin Random House se prépare à republier tous les écrits de Chinua Achebe.

Viktor-Ekpuk

Viktor Ekpuk, artiste peintre

C’est à l’artiste peintre nigérian Viktor Ekpuk qu’est revenu l’honneur de concevoir la nouvelle couverture du livre Things Fall Apart. Pour cela, il s’est inspiré, comme d’habitude dans ses œuvres, des systèmes de graphisme et d’écriture, le Nsibidi, qui est un système de symboles utilisé dans le Sud-Est du Nigéria. C’est de cette écriture que découle le Vévé, écriture de signes que les prêtres vaudous utilisent. Le jeu entre ces symboles, vieux de plusieurs siècles et les couleurs choisies pour la couverture, est aussi une sorte de clin d’œil au fameux « Vase de Rubin », cette illusion d’optique expérimentée par le psychologue danois Edwin Rubin en 1915.

Viktor Ekpuk est également l’artisan des nouvelles couvertures de No longer at ease et African trilogy, deux autres classiques de l’enfant d’Enugu, toujours publiés chez Penguin Random House.

African trilogy- new cover Viktor Ekpuk with Things Fall Apart

 

Victor Ekpuk est basé à Washington, DC. Son art, qui a commencé comme une exploration des systèmes de graphisme et d’écriture « traditionnels » Nsibidi au Nigéria, a évolué pour embrasser un plus large éventail de sens enraciné dans les discours d’art contemporain africain et mondial.

Guidé par la philosophie esthétique Nsibidi, où les systèmes de signatures sont utilisés pour transmettre des idées, Ekpuk réimagine les symboles graphiques de cultures diverses pour former un style personnel qui aboutit à l’interaction de l’art et de l’écriture.

24 mai 2017 0 Commentaires
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Jowhor Ile est le gagnant du prix « Etisalat Literature Prize » 2016
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsLittérature

Breaking news : Jowhor Ile est le gagnant du prix « Etisalat Literature Prize » 2016

par La redaction 19 mai 2017
Rédigé par La redaction

L’annonce est tombée il y a 1 heure environ. L’auteur nigérian, Jowhor Ile, est l’heureux lauréat du « Etisalat Literature Prize » pour l’année 2016 avec son roman And after Many Days, sorti en février 2016 et publié au Nigéria chez Kachifo Limited.

Jowhor Ile being presented with the £15,000 Etisalat Prize. @etisalatreads pic.twitter.com/vWyJ245h8U

— Molara Wood 🍉 (@molarawood) May 20, 2017


Jowhor Ile est né en 1980 au Nigéria dans la ville de Port Harcourt où il a grandit et vit actuellement. And after Many Days est son premier roman et connaît très grand succès international auprès du public anglo-saxon. Ce roman est aussi publié dans la prestigieuse maison Penguin random House. Jowhor Ile suit ainsi les pas de Fiston Mwanza Mujila qui était lauréat de l’édition 2015 avec Tram 83.

L’objectif du Prix Etisalat ou « Etisalat Literature Prize » est de promouvoir la création littéraire en Afrique en attirant et en renforçant l’attention du public sur les nouveaux écrivains et en encourageant la culture de la lecture. Le lauréat se verra attribuer un prix en espèces de 15 000 £ ainsi qu’une bourse à la prestigieuse université d’East Anglia, sous le mentorat de l’auteur primé Giles Foden (The Last King of Scotland). Le lauréat se verra également offrir une tournée de promotion de son livre dans trois villes, tandis que les deux autres finalistes bénéficieront d’une tournée dans deux villes. Le Prix Etisalat de Littérature soutient également les éditeurs en achetant et en distribuant sur le continent 1000 exemplaires des romans des trois finalistes.

19 mai 2017 0 Commentaires
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Amour de la Sagesse et Sagesse de l’Amour d'Assana Brahim une poésie qui invite à l'innocence
PoésieAfrique CentraleNotes de lecture

« Amour de la Sagesse et Sagesse de l’Amour » d’Assana Brahim : une poésie qui invite à l’innocence

par Rosine Dayo 11 mai 2017
Rédigé par Rosine Dayo

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. Le septentrion du Cameroun vient une fois de plus d’être honoré par la publication d’un recueil de poème-chants et maximes qui fera date sans aucun doute. Après Clément Dili Palaï, Yaoudam Élisabeth, Kolyang Taiwé, et bien d’autres, Assana Brahim est un nom auquel le champ littéraire camerounais doit désormais s’accoutumer.

Assana Brahim est un jeune auteur camerounais qui adore jouer avec les mots et a déjà publié en 2012, toujours chez Ifrikya, un recueil de poèmes-chants intitulé, L’Éclipse du désespoir dans la collection la «Ronde ». Il nous revient en 2016 avec ce second recueil, Amour de la Sagesse et Sagesse de l’Amour.

Assana Brahim naît en 1983 à Kousserie. De nature conviviale, cultivé et ouvert, le poète est un amoureux des belles lettres. Il est aussi un enseignant des sciences du langage et des arts de spectacle à l’université de Ngaoundéré. Il est également délégué régional de l’Association des poètes et écrivains du Cameroun pour la région de l’Adamaoua.

Dans son dernier recueil, l’auteur nous présente des poèmes-chants et maximes répertoriés sur deux livres. Le livre I, intitulé « Amour de la Sagesse », est organisé sur deux parties intitulées chacune « Poèmes-chants de la Foi » et « Poèmes-chants de la Sapience ».

Le livre II, intitulé « Sagesses de l’Amour », est également organisé autour de deux parties, dont les titres sont : « L’art d’aimer » et « L’or de l’Amour ».

À travers 64 Poèmes-chants et des maximes introduisant chaque partie et chaque poème de son recueil, l’auteur nous invite à la découverte de deux puissances créatrices de l’univers que sont l’Amour et la Sagesse. Par des « jambements de passes et des passements de jambes », l’auteur invite son lecteur à un jeu ; celui du jeu de mots, d’images. Il fait découvrir le plaisir des mots et leur sonorité, la beauté des sentiments et leur signification.

La poésie est loin d’être un style facile à appréhender. L’auteur, conscient de ce fait, propose des créations écrites dans un langage simple, accessible à la majorité, qui nécessite tout de même une bonne concentration et une disposition conséquente.

La lecture de la poésie est une activité mielleuse, mais capricieuse. Pour en déguster les saveurs, il est impératif pour le lecteur d’accorder au poème toute son écoute, toute sa sensibilité et toute sa réflexion, sinon celui-ci court le risque de rester imperméable au texte et de ressortir bredouille de sa lecture.

Il s’avère donc que pour lire Amour de la Sagesse et Sagesse de l’Amour, le lecteur doit retrouver son cœur d’enfant, son innocence afin d’être en mesure de se laisser émerveiller par les divers paysages que nous dépeint le poète.

Cet ouvrage propose des poèmes-chants de différentes longueurs. Elles font corps avec les illustrations. Ces poèmes-chants sont chacun accompagnés de maxime pour aider le lecteur dans sa quête de la sagesse. Ce qui est génial avec ces textes, c’est que l’auteur joue avec les mots sur plusieurs degrés. Dans la composition de ses poèmes, il y va par des découpages séquentiels de mots, des jeux de syllabes et de lettres, des étirements de sonorité.

Au niveau du jeu des sonorités, simplement entendus, ces changements pourraient passer inaperçus mais lorsque lecteur lit, il est intéressant de voir sa réaction. Par exemple : «L’amour toujours ne vient qu’une seule fois toujours seule la voix lui donne une voie» P85.

Dans la formulation des titres des divers poèmes, l’auteur fait usage d’un lexique structuré autour de l’amour, de la sagesse, de spiritualité et de patriotisme. La présence de ces titres de poèmes et des maximes rend la lecture fluide et agréable. Ce champ lexical a le mérite d’éveiller la curiosité du lecteur, de le captiver et de le pousser à vouloir en lire davantage. Les maximes quant à elle poussent à la réflexion. Elles ont pour but de titiller l’égo de l’Homme, de le mettre au défi afin d’en cerner la quintessence. Une fois arrivé, le lecteur sort de sa réflexion heureuse, rempli d’une nouvelle sagesse.

Dans ses poèmes, Assana Brahim ne s’est pas uniquement attaché au rythme, aux sonorités et au jeu de rime comme les poètes classiques français. Mais il utilise également le vers libre comme les rénovateurs de la poésie mondiale. La construction d’ensemble des poèmes de ce recueil est nouvelle : certains poèmes sont courts et se présentent sous forme d’une seule strophe. Ce cas est observable dans le poème intitulé « Lyrisme » à la P94. D’autres poèmes par contre sont longs et composés de toutes sortes de strophes. Le poème, par exemple de la P63 intitulé « Patriotisme », renferme à la fois des quatrains, sixains. La longueur des strophes dépend des sentiments et des sujets dont traite le poète Assana Brahim.

Le poète ne se contente plus de la métrique de la poésie classique. En lieu et place des octosyllabes, décasyllabes ou alexandrins, l’auteur utilise un style plus libre et personnalisé. Il donne à sa poésie un aspect nouveau, charmant et merveilleux. En lisant la poésie d’Assana Brahim, on éprouve une sensation de défoulement.

Dans l’écriture des poèmes de l’ouvrage, dans le choix de sa ponctuation, l’auteur fait une abstraction quasi totale du point d’interrogation et de la virgule. Il n’emploie en effet qu’une seule fois ce point durant toute l’aventure et ceci a la page 65, dans son poème intitulé « Arbre de mon village ». On est porté à se demander la raison de ce choix. Plongé dans l’univers de la sagesse, qui est un perpétuel questionnement, pourquoi choisir de faire abstraction du point d’interrogation ?

L’auteur accorde une importance à l’homme et au pluralisme identitaire. Il décrit une société dans laquelle doivent se côtoyer des individus de diverses cultures et croyances, mais qui ont ceci en commun : le besoin d’amour et de sagesse.

Une telle poésie défendant ces éléments essentiels de notre existence en tant qu’être humain mérite donc d’être lues, relues et méditées.

11 mai 2017 0 Commentaires
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Lagos Lady de Leye Adenle Une critique acerbe des capitales africaines sous forme de polar
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« Lagos Lady » de Leye Adenle : Une critique acerbe des capitales africaines sous forme de polar

par Zila Aset 8 mai 2017
Rédigé par Zila Aset

Non content d’avoir porté au monde Wole Soyinka, Chinua Achebe, Chimamanda Ngozi, ou encore Ben Okri voilà que le Nigeria nous offre Leye Adenle dont la plume s’illustre dans un registre particulier : Le polar.  Lagos Lady est son premier roman. Traduit de l’anglais par David Fauquemberg il a été publié en 2016 aux éditions Métailié. 

L’œuvre s’ouvre sur Guy Collins, un reporter anglais en mal d’amour, envoyé par dépit à Lagos couvrir les élections nigérianes. Alors qu’un soir il souhaite se détendre dans un bar de seconde zone, il découvrira un exécrable scoop qui peut-être revigorera une carrière professionnelle déjà chancelante : « Ils lui ont tranché les seins et ont balancé son corps dans le caniveau. » C’est donc à la faveur – si l’on puit le dire ainsi vu le contexte – d’une sombre affaire d’assassinat et sous le prisme d’un regard étranger que l’on redécouvrira la barbarie ordinaire et effroyablement actuelle d’une des plus grandes mégalopoles africaines.

Lagos, reflet d’une Afrique ténébreuse

Dans l’espace laissé par les mots, on ne peut s’empêcher de deviner en filigrane les tares d’un continent. Celui-là dont les images macabres tapissent les fils d’actualité de nos profils Facebook et alimentent les rubriques faits-divers des journaux locaux. Il ne s’agit pas d’imaginaire, mais plutôt de l’Afrique dans sa plus sombre réalité. Le vérisme de l’auteur est d’ailleurs si perceptible que chaque vocable utilisé entortille les tripes du lecteur dans la glaire du dégoût et c’est avec une pointe d’humour que Leye Adenle nous porte dans le lit de la nausée : « Un frisson de terreur m’a parcourue l’échine en voyant une tête rouler par terre – puis j’ai compris que quelqu’un avait perdu sa perruque, rien de plus ».  Et lorsque prêt à dégueuler, on s’empresse de tourner la page ; nos narines sont prises dans l’étau des senteurs pestilentielles d’une terre qui s’éviscère et démembre ses enfants sur l’autel du fétichisme politique : « Ils lui ont coupé les seins pour leur juju, leur magie noire. C’est les politiciens à cause des élections. Ils font du juju pour gagner les élections » ; de la prostitution : « La fille semblait avoir quinze ans à peine. Elle était nue à part un collier de perles autour de la taille. Elle avait les mains sur les hanches, les jambes écartées, et elle parlait avec un homme, lui demandant ce qu’il voulait qu’elle fasse. La voix de l’homme répondit : ‘’Enfonces-la-toi’’. La fille se pencha pour attraper quelque chose, puis courbée en avant, glissant une main entre ses jambes par-derrière et l’autre par devant, elle enfonça une bouteille de Remy Matin dans son vagin » et des crimes crapuleux : « il découpa le reste du chemisier de la fille et abattit le couteau dans sa poitrine, d’un coup puissant qui traversa la chair et les os. Il tortilla la lame pour la décoincée et recommença ».

Mais il faut se méfier de Leye Adenle. Sa plume a la maîtrise du suspense. Elle sait vous tenir en haleine dans une ambiance rythmée. Avec elle, lorsque l’on croit qu’il n’y en a plus, eh bien, il y a encore. L’artiste ne s’est posé aucune limite. Il a étendu sa fresque sociétale sur le domaine d’une police corrompue : « Les policiers avaient arrêté un Hummer jaune, devant eux. Un poing serré jaillit par la fenêtre ouverte. Un agent pris ce qu’il y avait dedans, le glissa dans sa poche et fit signe au Hummer de redémarrer » ; d’une police encline à l’usage de la torture : « les policiers empoignèrent le garçon. Hot –Temper attrapa son pénis entre pouce et index, et l’inséra dans la résistance chauffée à blanc. Le hurlement du garçon se répercuta à travers tout le bâtiment et une odeur de chair brulée envahit la pièce ».

Ce polar est aussi une critique acerbe des capitales africaines qui très souvent sont écartelées par des dissensions sociales. Pour illustrer son propos, l’auteur n’hésite pas à utiliser deux quartiers frénétiques de la ville légendaire : Victoria Island, habité par des pontes et autres hommes d’Affaires à la fortune douteuse et Ojuelegba « un endroit dangereux le jour, et bien pire la nuit » ou s’entasse tout ce que Lagos peut compter comme pègre. Pendant que les premiers trinquent aux bulles, les seconds s’entretuent à l’arme lourde. L’on pourrait croire qu’un univers les sépare les uns des autres. Que nenni. Il n’en est rien. Entre ces deux mondes, il n’y a qu’un pont symbolisé par Chief Amadi. Dans ce cercle fermé ou l’Etat est quasiment supplanté dans son rôle régalien, les uns commandent et les autres exécutent. Le tableau est certes sombre mais dans ces fonds abyssaux brille tout de même une pointe d’espoir en la personne d’Amaka.

Amaka, la Lagos Lady

De cet amas fourmillant de parasites, une âme humaine s’élève et s’érige en protectrice des prostituées : « Son boulot était vraiment frustrant. Il exigeait une patience surhumaine, et un grand sens du sacrifice. […] Chaque jour, une partie de son être était gommée, pour laisser place à la peur et à l’inquiétude qu’elle éprouvait pour chacune de ces filles ». En plus d’avoir une âme charitable, elle avait un regard à faire chavirer bien des cœurs : « Les yeux d’Amaka… Ils pouvaient me fixer jusqu’à ce que je me ratatine et recule devant eux ».

Armée de son seul courage, notre héroïne arrachera de justesse Collins à un emprisonnement arbitraire. Le prenant pour un journaliste de la BBC, elle lui demandera en échange de mener une investigation sur une série de meurtres et d’enlèvements perpétrés sur des prostituées. Débutera alors un épatant concerto d’actions dont Amaka sera le chef d’orchestre. On ne peut qu’admirer ce bout de femme qui n’a pas hésité laisser tomber la robe d’avocate pour endosser le temps d’une enquête le rôle d’une prostituée. Au péril de sa propre vie, elle essaiera de démasquer un vaste réseau de brigands et trafiquants d’organes humains. Ses efforts, loin d’être vains, seront couronnés de succès. Mais ne dit-on pas « coupez la tête de l’hydre une autre repousse » ?

Entre hôtels chics, bordels, quartiers chauds, fusillades, nous voilà emportés dans une intrigue survoltée qui nous projetterait presque dans les salles obscures d’un cinéma. Sortez le pop-corn s’il vous plaît ! En refermant ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer l’actrice camerounaise Patricia Bakalack dans le rôle de la Lagos Lady. D’ailleurs, l’ultime phrase du roman offre de multiples possibilités de scenarios. Je rêve déjà d’une saga en trois volets. Je rêve peut-être et cela n’est pas interdit.  Pour l’instant, je ne peux qu’espérer que ce petit résumé donnera envie à la réalisatrice Francoise Ellong d’en faire une adaptation cinématographique.  Parce qu’il n’y a pas que Tanrantino…

8 mai 2017 0 Commentaires
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Lettre du Panthéon de Shungu Wembadio alias Papa Wemba

par Marien Fauney Ngombé 27 avril 2017
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

Chers villageois de Molokaï,
Chers villageois de la planète terre,
Chers tous,

Selon votre calendrier grégorien, nous sommes le 26 avril 2017. Cependant là où je me trouve, la notion de temps et d’espace est totalement différente de celle de la terre. J’emprunte le chemin de l’imaginaire d’un passionné de musique pour esquisser quelques parcelles de ma vie ici.

Je ne sais par où commencer. C’est étrange. J’ai l’impression d’avoir toujours été là. Nos présidents éternels doivent probablement avoir la même impression. Comme eux, je ne sais plus de quand date mon élection, ni mon admission dans ce lieu.

Nous sommes dans un large halo lumineux où la méditation occupe le plus clair de notre temps. Il nous arrive néanmoins de rompre la routine. De nous octroyer des moments de douces aspérités.

Des moments de drôleries et d’émotions.

Tenez pour exemple, ce matin, après son petit-déjeuner, The Duke a été pris d’une sorte de folie douce. Comme par une obsession créatrice. Il a désaccordé ses 12 pianos blancs. Oui, il en a 12. Subitement. Il l’a fait avec minutie. Il avait l’outillage nécessaire : diapasons, un plectre, des gants et un arsenal d’objets qui m’étaient inconnus. L’un après l’autre. Chaque piano. Il a ensuite testé la disharmonie du son que crachaient ces caisses à musique.

Un boucan de deux orchestres amateurs de Poto-poto.

Son vacarme m’a arraché de ma méditation matinale. C’est vous dire.
« Je veux créer à partir du chaos Shungu … le Chaos !! » maugréait-il.
« Comment veux-tu que je crée si autour de moi il règne un ordre martial et un calme monastique?! ».

« Le Bing Bang Shungu ! Du Chaos naquit la Création … », insistait-il le regard hagard.
« Je veux créer la dépression dans laquelle s’engouffrera mon génie créatif Shungu ! », l’écume se formant au coin de ses lèvres.

Il m’amuse le vieux Duke. Tous les génies ont un grain dans le cerveau. J’en suis désormais persuadé. Voir plus d’un grain d’ailleurs.

Réflexion faite, je m’aperçois qu’il a raison. Après tout le temps qu’il a passé ici, il est difficile de trouver des sources d’inspiration. Il faut la gangue pour extraire le diamant. Trainer dans la boue comme un maquisard. Être dans une situation d’inconfort comme Kabila père pour trouver le chemin.

L’idée révolutionnaire. L’inspiration en quelque sorte.

D’ailleurs, je me souviens d’un de mes paroliers. Sa brève carrière illustre le propos de The Duke. Il était « Bamba lipapa » – cordonnier ambulant – et cireur de godasses à la fois. Il travaillait sur le boulevard Kasa Vubu à Kinshasa. Le petit était très inspiré. Un jeune de 16 ans frêle et aussi discret que le pet d’un moustique. Il écrivait ses textes en inhalant l’odeur de son cirage bon marché toute la journée, mêlée aux émanations des pots d’échappements des maudites bagnoles qui traversaient l’avenue en le narguant. Entre deux clients, il peaufinait des textes d’amour dignes de ceux du petit Yvon Moumpala et de Felix Wazekwa.

Figurez-vous que le jour où il a commencé à gagner son pain, il a ouvert un kiosque de vente de bonbons et biscuits de fabrication locale. C’est en s’éloignant des rejections des vieilles guimbardes de l’avenue Kasa-Vubu que son inspiration s’est fait la malle.

« Le Chaos.. » de Duke. Je suis d’accord. Le nécessaire Chaos.

Dans ces moments, seul Louis Amstrong parvient à l’arracher de ses obsessions.

Oui les amitiés perdurent là haut. Des matinées comme celles là sont nombreuses.

Ici, dans les hauteurs éthérées, la vie est malgré tout plus que paisible. Tout baigne dans une lumière qui éblouit d’abord les nouveaux arrivants et rassérène ensuite.

Je vous ai parlé de Duke, mais j’ai croisé différents artistes de tous horizons depuis que je suis ici, dans ce havre de paix. Ceux avec qui j’ai collaboré comme le maestro Tito Puente. Toujours un mot pour rire. Sa crinière et ses dents blanches sont assorties au nuage immaculé dans lequel nous baignons.

J’ai échangé avec les plus grands. Ceux avec qui j’aurais voulu collaborer de mon vivant de l’autre côté tels Michael et Prince. Nous avons en commun avec ces deux grands artistes le fait d’avoir gardé une âme d’enfant.

Et je comprends qu’eux comme moi ne vivions que par la musique. Nous étions « les soldats du 4ème art».

Dites aux jeunes de Bandal que Prince connaît mieux mon répertoire que je ne connais le sien. J’ai échangé longtemps avec le génie de Minneapolis, il travaille sur la polyphonie africaine et mon œuvre lui sert de référence! Incroyable!

Suka na fimbu!

Pour pallier ma méconnaissance du répertoire de Prince, et lui rendre la pareille, je lui ai dit que dans mon orchestre, j’avais un inconditionnel de sa voix qu’on appelait Petit Prince et que je ferai les présentations un de ces jours; Petit Prince m’ayant précédé là haut.

Avec Mike, oui je l’appelle comme ça, on chante souvent, car je connais mieux son répertoire. Ici je n’ai pas de problème de langue. Ils parlent anglais et je parle lingala, mais tout le monde parle toutes les langues et se comprend par je ne sais quel miracle acoustique.

C’est encore une étrangeté de Lola – l’au delà-.

Vous n’allez pas me croire, mais je croise aussi souvent Otis Redding et Marvin Gaye partageant le même micro blanc. Ils me saluent avec un « Mangrokoto Shungu !» déférent et appuyé.

Otis Redding pense que ma version de « Fa fa fa » est meilleure que l’originale.

Ici « Shungu ! » est dans toutes les bouches. Peu de gens m’appellent Papa Wemba. Quant à mes autres pseudonymes, ils ne sont utilisés que par les kinois, brazzavillois et quelques frères du Cameroun et de Côte d’Ivoire.
Voilà comment je passe mon temps infini.

Nous sommes dans l’éternité. Tout est immuable et figé en quelque sorte.

Ici, personne ne vieillit, mais personne ne rajeunit non plus. Tout le monde a le physique du jour de sa mort. Croyez -moi que voir James Dean né en 1931 avec une gueule de gamin, alors qu’il est de loin plus âgé que moi, ça te file un coup de vieux.

Finalement, l’indice sur l’âge des uns et des autres sont la coupe de cheveux, le look, la démarche qui trahissent les fantaisies de chaque époque.

Une exception toutefois. Miles Davis. Il rajeunit. La raison est toute simple : il ne s’esquinte plus la santé avec ses drogues plus ravageuses que la sorcellerie d’un vieux Téléla édenté. Plus de drogues, d’amphé, d’ectas. Il a retrouvé sa tronche de jeune premier. Il m’appelle « chanteur de blues ». Je l’appelle « prince de la sape» car ici il a retrouvé élégance et dandysme.

Mais Miles n’en a cure de son élégance ressuscitée. Il cherche comme Ellington le chaos désormais mort en lui. Il le cherche en vain dans son esprit. Il cherche les tourments enfouis.
Hélas ici nous n’avons presque plus de souvenirs de la douleur. Oui, nous nous souvenons des moments douloureux, mais avec la distance d’un homme qui se rappelle une émotion lointaine. Comment vous dire, c’est comme visualiser Neptune d’un télescope acheté au marché central. Une pacotille sans utilité. Vision nulle. Zéro.

Je sais que ma digression sur les stars rencontrées plaira à mes petits de Molokaï.

J’ai croisé toutes les stars de la rumba qui m’ont précédé comme vous vous en doutez : mon petit frère propre King Kester Emmeneya, le grand ninja Madilu, le grand maître Franco himself qui paraît beaucoup plus jeune que moi et toute la grande famille de la rumba. Nous nous voyons tous les déciles (unité de mesure de l’espace-temps ici) chez Maya Angelou. Une femme d’exception, amoureuse de la musique et de l’Afrique. On y retrouve tout le gratin des chanteurs noirs de Bébé Manga, à Myriam Makeba en passant par Fela avec ses éternels slips et saxophones blancs, et ses blagues folles à faire bouffer de la charogne à Euterpe.

Voilà que mon stylo me fait oublier quelqu’un.

« Oh Nkuru ! ».

Tenez le voilà qui m’appelle.

C’est le Ngantsié qui m’apostrophe. Il déteste les plats qu’on nous sert ici. De l’ambroisie et du nectar de fruits. Oui Strevos Niarcos alias Eddy Bara, mon frère dans la vie, dans la musique et dans la SAPE. Il est resté grande gueule. Il a la gouaille à tout rompre. « Le pape de la religion kitendi » c’était son surnom en bas. Peu auraient parié qu’il se retrouverait du bon coté après sa mort. Ils ne connaissaient pas le cœur de mon ami. Des mécréants. J’étais heureux de retrouver celui qui m’a écrit quelques uns de mes plus beaux tubes.

« Boni Ngantsié que me veux-tu? Je croyais que tu préparais une collection avec Gianni Versace et que tu voulais refaire 1500 blousons en cuir blanc! ».

Oui ici tout est blanc. Je ne sais plus si je vous l’ai dit.

D’ailleurs Gianni Versace en arrivant dans l’endroit que vous appelez le paradis aurait dit « Vaffanculo ! comment mettre des motifs sur mes créations ? Je mets où ma méduse? Comment je crée des imprimés originaux si tout est blanc ?! ».

Mais sa surprise fut belle quand il a découvert que le blanc ici n’est pas le spectre froid du monde d’en bas.

Ici, le blanc a des nuances. Je ne pourrai vous l’expliquer, ça dépasserait votre entendement. Mais la beauté de cette couleur incarnée est inouïe. On ne fait pas que voir cette couleur on la ressent. Les sens se confondent. Cette couleur nous exhalte. Ici cette couleur est tantôt effluve, tantôt sensation. Je vous l’ai dit, ça dépasse votre entendement.

Le Ngantsié comme certains ici ont le chaos indélogeable dans leur esprit même s’ils sont plus calmes. Le chaos Seseko. Ce qui lui permet de créer des vetêments avec Gianni et d’écrire des textes. Ils font un tabac chez Maya d’ailleurs.

Mes chers villageois, une autre chose surprenante. Les architectes ici ont créé un univers propre à chacun, un espace parallèle. Un espace qui nous rapproche de vous. Qui nous relie à notre vie sur terre. Une sacrée invention des régisseurs, les hauteurs éthérées.

Pour faire simple : tout ce à quoi nous pensons fortement sur terre existe réellement ici. Ce qui ce conçoit dans une forte pensée sur terre prend vie dans l’au- delà.

J’ai donc retrouvé toutes les personnes imaginaires que j’ai chantées. Tout comme mes amis écrivains ont rencontré les personnages de leur roman. Mais dans cette zone je n’interagis pas avec les autres personnes qui sont dans l’au – delà avec moi. J’y vais seul. Et c’est vrai que j’y passe des moments intenses. Parfois je croise ceux avec qui j’ai interprété en duo des chansons.

Chaque semaine je croise Aména qui tape la discute avec King Kester et Pépé Kallé. En fait c’est plus souvent Kester avec Amena, pourtant j’ai fait d’autres duos avec lui. Je le vois constamment avec cette fille. Il m’a dit la semaine dernière « avec sa chute de reins de mandjack et son savoir faire mongo, tu ne risques pas de me croiser ailleurs. Cette fille a les obus du M23 devant comme derrière. Ne compte pas sur moi pour rester observateur comme la Monusco Vieux Bokul ».

Ce fut ses derniers mots avant de s’en aller avec sa démarche particulière : claudiquant de la jambe droite et avec son épaule droite placée de manière asymétrique, on aurait dit déboitée. Rires. « Victoria é Certa ! ».

Ces incursions dans mon espace privé, m’ont fait réaliser que j’avais imaginé ou immortalisé en chanson de nombreuses femmes, particulièrement de Kinshasa, et de Brazzaville.

J’ai retrouvé chacune d’elles avec les apprêts et le canon de beauté propre à chaque époque. Ainsi J’ai vu défiler l’histoire du Zaïre et de la RDC. Au travers des coupes de cheveux de ces femmes, passées des tresses avec fils à l’afro au tissage. Certaines étaient velues comme le voulaient la mode et d’autres plus près de vous dans le temps (selon votre calendrier) épilées du mollet jusqu’aux sourcils.

Et chose amusante, moi également je change selon que je me retrouve dans une chanson des années 7O en pantalon pattes d’éléphant, chemise en polyamide, en chaussures « Mombombo dominé » avec des cheveux gras à cause de ce fichu produit pour se défriser les cheveux.

J’ai pu grâce à ce lieu créé par moi, parler à Pauline (celle de mes premières chansons écrites dans Zaiko Langa Langa) avec ses tresses dressées comme des épis de maïs. Pauline arbore une jupe verte longue jusqu’aux orteils. Un regard qui transpire la candeur. Avec encore le lait maternel au bout des lèvres. Le Ngantsié aurait dit avec « le caca aux fesses ». C’est de cette façon qu’on nommait les filles encore trop jeunes pour aller avec un mec. C’est une impression étrange que de voir ces femmes. Je m’adresse à elles comme à des étrangères mais elles me connaissent car nous sommes liés par l’histoire que raconte chacune de mes chansons.

Papa Wemba

 

Je ne vous raconte pas comment je fus déstabilisé par une fille de 15 ans qui me fixait sans honte. Son physique baragouinait à peine le langage corporel de l’adulte. Pourtant elle plantait son regard jusque dans les parties intimes de mon corps. Un regard-glaive. Un regard avide. C’était Santa, je lui faisais du gringue dans la chanson qui porte son nom. Elle aussi était en longue jupe mais avec une coupe afro pointée vers le haut. En forme de flamme comme le symbole du MPR.

D’ailleurs, je réalise que la plupart des filles que je chantais, je les croise habillées en jupe. Je comprends c’était sous Mobutu Séséko Koukou Wendo Wazabanga. La grande époque de l’authenticité. Les filles ne portaient pas de pantalons et nous n’avions le droit ni aux prénoms français, ni aux cravates.

A y songer, la créativité vestimentaire de ma génération a du être exacerbée par cette politique. Nous avions le choix entre les abacosts ou de banales chemises. Alors nous avons fini par trouver des habits créés par des italiens ou japonais qui redoublaient d’inventivité.

Chers villageois, ma zone privée me donne un plaisir fou. C’est notre « péché autorisé » comme dit Fela.

Ma promenade a un jour, quitté le Zaire pour la RDC. Ce fut le jour de ma rencontre avec Maria. Maria Valencia. La petite était terrible ! Elle ne marchait pas, elle lévitait dans les hautes sphères. Une fille loin de mon canon de beauté. Plutôt menue avec des proportions divines. La divine proportion incarnée. Dans la chanson, je décris son sourire, sa démarche. J’en parle comme celle d’un ange. Et à bien y penser, elle ne peut être le fruit de mon imagination. Elle existait déjà là haut. Elle s’est imposée à mon imaginaire. Les anges n’avaient pas de sexe. Jusqu’à Maria Valencia.

Si vous ne devriez retenir qu’une chose de cette lettre, c’est ce que je m’apprête d’écrire entre deux méditations.

Souvenez-vous, un jour dans les années 70, j’ai composée une chanson dédiée à ma femme Amazone. Alias Mukaramè. Alias Maria-rosa. Mon amour. J’ignorais que celle-ci rendrait ma vie là-haut si douce. J’ai laissé Amazone parmi vous en bas. Mais j’ai rencontré Amazone dans ma zone privée. Oui Marie-Rose la maman d’Orphée. La même que vous voyez parmi vous. Sauf que celle que j’ai avec moi a juste 20 ans de moins. Elle me témoigne ma jeunesse. Elle témoigne de la force de notre Amour. Elle témoigne de l’éternité de notre amour. Elle et Mama Nyondo, ma mère me raillent souvent. Elles prennent soin de moi. Rendez-moi un service. Prenez soin de l’Amazone qui est parmi vous. De la Mino comme aurait dit un ami griot du Dahomey.

Retrouver Mukaramè a créé le chaos en moi. La quête de Duke que j’évoquais plus haut. Le chaos qui inspire. Le chaos dont naît l’harmonie absolue. Longtemps, j’ai refusé de parler à mon Amazone de là-haut. Transi d’appréhension. Mais le jour où j’ai mis k.o. cette peur, j’ai compris que sa lumière était la même que le halo dans lequel nous sommes baignés.

Lumière intérieure blanche. De ce blanc qui parle à tous les sens.

Je dois y aller mes villageois. Mais promis, je me glisserai dans l’imaginaire d’un autre mélomane très bientôt.

Je vous salue selon la tradition de Molokaï: “Mangrokoto ba yaya ! Mangrokoto na bino ba yaya !”

Et que Viva la Musica…

Papa Wemba kaka!

27 avril 2017 0 Commentaires
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Abdelaziz Baraka Sakin est le lauréat de l’édition 2017 du Prix du livre engagé de La Cène Littéraire avec « Le messie du Darfour »
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Abdelaziz Baraka Sakin est le lauréat de l’édition 2017 du Prix du livre engagé de La Cène Littéraire avec « Le messie du Darfour »

par La redaction 18 avril 2017
Rédigé par La redaction

Abdelaziz Baraka Sakin est le lauréat de l’édition 2017 du Prix du livre engagé de La Cène Littéraire pour son roman « Le messie du Darfour » traduction française parue en 2016 aux Editions Zulma. La cérémonie solennelle de remise du prix au romancier soudanais aura lieu le samedi 29 avril 2017 au stand (N 1442) de La Cène Littéraire, dans le cadre du Salon du livre et de la presse de Genève (Suisse).

« Le messie du Darfour » est un roman dense, épique et édifiant sur la Guerre du Darfour qui, depuis 2003, affiche un bilan terrifiant d’environ 300.000 morts et plusieurs millions de déplacés. C’est un roman éclair et vertigineux comme une attaque de nuit des cavaliers Janjawids. Un cri dans la longue nuit des Noirs du Darfour, premiers remparts millénaires contre l’invasion militaire et religieuse de l’Afrique.

Un messie comme une espérance à apaiser un peuple martyr, à travers le cœur d’une femme au prénom d’homme, Abderahman, hantée par un désir frénétique de vengeance envers la barbarie des Janjawids, dont Sakin nous alerte du sombre projet en ces mots tranchants : « Les janjawid sont des mercenaires qui viennent essentiellement des pays voisins. Ils ont été chassés de leur propre terre. Le gouvernement soudanais les a acceptés au Darfour, à condition qu’ils prennent par la force la terre qu’ils souhaitent occuper… C’est une épuration ethnique. »

Abdelaziz Baraka Sakin est né au Soudan en 1963. Il est l’auteur le plus lu de son pays malgré la censure qui frappe ses œuvres. Il a trouvé asile en Autriche. « Le Messie du Darfour » est son premier livre traduit en français. Il succède au Prix du livre engagé de La Cène Littéraire à Hemley Boum, lauréate de l’édition 2016.

La Cène littéraire est une association de lecteurs-mécènes dont le jury prime, depuis deux ans, un auteur Africain ou des diasporas dont l’œuvre frappe par la force de son engagement et son originalité sur des questions tant d’ordre politique que sociétal ou culturel. Il récompense son lauréat d’un chèque d’une valeur de 3000 Francs Suisses et d’une œuvre d’art de même valeur.

Le Jury était composé cette année de : Monsieur Ambroise Kom (Président), Madame Ken Bugul, Madame Hortense Simé, Monsieur Boris Boubacar Diop et de Monsieur Koulsy Lamko.

 

Les autres livres nominés cette année étaient :

– Confessions d’une sardine sans tête, de Guy Alexandre Sounda, (Editions Sur le fil).
– Le livre de Memory, de Petina Gappah (traduction française parue aux éditions JC Lattès).
– Racines d’amertumes, de Landry Sossoumihen (Mon petit éditeur).
– Une colère noire : Lettre à mon fils, de Ta-Nehisi Coates, (traduction française parue aux éditions Autrement).

Genève, le 18 avril 2017

www.lacenelitteraire.com

18 avril 2017 0 Commentaires
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Mon salon du livre « Livre Paris » au Pavillon des lettres d’Afrique
ActualitéEuropeLittérature

Ndèye Fatou Kane : Mon salon du livre « Livre Paris » au Pavillon des lettres d’Afrique

par La redaction 12 avril 2017
Rédigé par La redaction

Depuis 2015, le Salon du Livre de Paris a changé de nom et s’appelle Livre Paris. J’ai encore beaucoup de mal à dire Livre Paris pour désigner l’une des manifestations littéraires ayant lieu chaque année dans la capitale française… En bonne amoureuse des mots, l’esthétique de ceux – ci compte beaucoup. Mais que voulez-vous, les organisateurs ont le dernier mot !

J’ai eu à partager une table ronde autour de Franklin, l’insoumis (Ed. La Doxa, janvier 2016), l’ouvrage collectif que j’avais co – écrit avec des auteurs congolais, camerounais, ivoiriens autour des œuvres musicales de Franklin Boukaka.

C’était la première fois que je participais au salon en tant qu’auteure ; même si je tenais à y aller durant les précédentes éditions pour m’acheter de nouveaux livres, et surtout rencontrer mes auteurs favoris en dédicace. Jusqu’à l’édition 2016 de Livre Paris, le Stand des Auteurs du Bassin du Congo était le stand des auteurs africains. Sur une superficie de 280m2, le Stand des Auteurs du Bassin du Congo était la vitrine permettant de mettre en lumière les écrivains africains.

Lors de l’édition 2017 de Livre Paris qui s’est achevée il y a quelques jours, une nouveauté a fait son apparition : le Pavillon des Lettres d’Afrique. Il est vrai que le Stand des Auteurs du Bassin du Congo avait une mission fédératrice et panafricaniste en mettant au – devant de la scène des auteurs d’origine africaine et pas seulement congolais, comme le nom du stand pouvait le laisser présager… Toujours dans le même esprit, le Pavillon des Lettres d’Afrique a vu le jour. Aminata Diop Johnson, qui co – organisait le déjà le Stand du Congo, a travaillé à l’édification du Pavillon. J’ai été ravie de recevoir son e – mail d’invitation. J’ai donc eu l’honneur de participer à la première édition du Pavillon des Lettres d’Afrique, porté sur les fonts baptismaux lors de Livre Paris 2017.

Ndèye Fatou Kane

Ndèye Fatou Kane

En tant que bloggeuse tout d’abord, en atteste ce post, et aussi en tant qu’auteure. Aminata Diop Johnson et l’équipe organisationnelle ont vu les choses en grand. Sur 400m2, s’étalaient l’agora, la librairie où on pouvait se procurer tous les livres des auteurs présents (ou pas), un espace jeunesse pour initier les jeunes à la lecture, un espace média, et surtout un espace dédié à chaque pays, ce que j’ai grandement apprécié. J’y reviendrai…

La table ronde à laquelle j’ai participé, le samedi 25 mars, portait sur la littérature et l’engagement féminin. Avec les auteurs avec qui j’ai partagé la table ronde, nous nous sommes interrogés sur comment faire des luttes émancipatrices des femmes des œuvres littéraires et surtout comment allier esthétique et engagement. Nous étions quatre : Julienne Salvat, Tina Ngal, Berthrand Nguyen et moi – même à répondre au feu nourri des questions de Dominique Loubao, qui a mené d’une main de maître (sse) ces échanges.
Durant la bonne heure que ceux – ci ont duré, je suis pour ma part, revenue sur l’exégèse du Malheur de vivre (Ed. l’Harmattan, Avril 2014), en le recontextualisant historiquement (espace spatio – temporel, influences ayant conduit à son écriture), et replaçant Sakina, le personnage principal du roman, dans sa culture halpulaar. Un tour d’horizon a non seulement été fait autour de mon travail d’écriture, mais aussi sur la façon dont je percevais l’engagement féminin africain à travers l’écriture. Si je prends l’exemple du Sénégal, j’ai d’illustres devancières telles qu’Aminata Sow Fall et Mariama Bâ, qui m’ont donné envie  de prendre la plume. Ces femmes à forte valeur ajoutée décrivaient des maux qui minaient nos sociétés et continuent de les miner : le patriarcat, la mendicité, la polygamie, l’excision…

 

 

 

12 avril 2017 0 Commentaires
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120 Nuances d’Afrique Une riche sélection d’armes de destructions vocales massives
Notes de lecture

« 120 Nuances d’Afrique » : Une riche sélection d’armes de destructions vocales massives

par Charles Gueboguo 10 avril 2017
Rédigé par Charles Gueboguo

120 Nuances d’Afrique, Anthologie établie par Bruno Doucey, Nimrod et Christian Poslaniec, Paris: Éditions Bruno Doucey en partenariat avec Le Printemps des Poètes, 2017, ISBN: 978-2-36229-143-2, 288p. 20 Euros.

Quel pourra être le devenir de la littérature à l’ère Trump? Quelle est la réponse de la poésie face à la résurgence des politiques nationalistes et populistes; celles qui visent la suppression des ponts; celles qui célèbrent le repli identitaire dans des origines sans origine (il y a longtemps que les souches primaires d’ADN ont été entremêlées), et donc peu ou prou orignales?

L’anthologie ci-présente à travers son assemblage, de 120 poètes d’ascendance africaine et étant originaire de l’Afrique, des Iles Vanille, des Méditérranées, des Amériques et des Caraïbes, suggère la création d’un espace nouveau des voix pour répondre à la problématique ci-dessus formulées. Cet espace théorique parce que poétique, c’est les Afriques.

En effet, le discours poétique des Afriques est posé dans 120 Nuances d’Afrique en termes d’arme de destruction vocale massive. Elle tire à lettres réelles contre toutes formes de tours, ces murs de séparation, prénotions qui sont les trumpêtes de nos temps contemporains. Sont mis ainsi en scène les poètes d’avant, d’hier et d’aujourd’hui. Citons sans nuance ses intervenants tels que: Césaire, Yacine, Angelou, Dadié, Dalembert, Wheatley, Craveirinha, Lao, Achebe, Kariara, Hughes ou encore Semedo… Le but est de renforcer la stature de la pluralité des demains de la littérature, disons-le franchement: négroïde. Dans toutes ses nuances. Parce que, les nuances ainsi écrites émergent de facto comme la continuité de la problématique non épuisée de l’hybridité.

Et puisqu’ “écrire, c’est aussi une façon de compter” (Kandé), c’est-à-dire de rendre compte en contant comptant des réalités travaillées par des horizons géographiques et des historicités diverses et parfois divergentes; l’autre question sous-jacente serait de savoir “en quelle langue écrire?” Nos mémoires historiques. Nos vécus. Nos désirs. Ce d’autant plus qu’ “il y a peu de vent/ Pour rassembler nos mémoires” (Nivard). La solution c’est de  parler créole. “Je parlerai créole!/… Afin de laisser un témoignage/ Aux héritiers de notre siècle” (Samedo). En d’autres termes, “maintenant que nous prenons/ Pied dans la lagune [langagière]/ Chaque chose admet[tra]/ L’illocalité de la pensée” (d’Almeida).

Et si la poésie des Afriques, dans ses nuances, a pour dénominateur commun l’Afrique, c’est parce qu’elle a fini par se retrouver partout. C’est pourquoi ses poètes négroïdes, eux aussi, habitent partout. Dans les provinces, pour reprendre Nimrod. Toutefois, de par son organisation géostratégique, l’ouvrage n’a pas pour ambition de supprimer les frontières, dans une fallacieuse ambition de réduire toutes les poétiques nègres à la mêmeté. Au contraire. Ce chef-d’oeuvre sublime chaque frontière qu’il visite en soulignant ses spécifités oratoires. Il les enrichit par les ponts qu’il jette comme la pointe d’une flèche qui avance. Mais, la tête pensante retournée en arrière. Vers l’Afrique. Manière de sankofa. En cela, les nuances ne sont donc pas altéricides. Elles se pensent plutôt en des liants sociaux. D’où la morphologie de la structure de l’oeuvre. Elle rappelle celle d’un collage multiplex, apposé sur la toile blanche du continent: la “terre, heureuse, dit-on, d’Afrique” (Weathley). La mosaïque ainsi produite devient donc une sorte de palimpseste que la notion des nuances vient compliquer, d’un point de vue théorique.  

Les corps peuvent être momentanément géo-localisables dans cette nouvelle toile peinte. Mais le fruit de la pensée poétique qui constitue les Afriques, et partant, toutes ces nuances posées en mirroir par rapport à l’Afrique reste : fugace. Dans sa gestuaire : “Là juste au milieu/ A mi-chemin du sommet de la montagne/ il doit y avoir un endroit où nous pourrions demeurer” (Sinurinzi). Frivole. Dans son élan: “Le vin du savoir/ j’ai couru après cet elixir…/Ma révolte fut vaine/ pas de regret/… Je repars demain/l’aube en bandoulière”(Wabéri). Révolte. Dans ses regards: “Je ne baisserai plus la tête/ je plongerai mon regard dans vos vices/… vous m’aviez ôté la féminité/…et je vous remercie pour ce mal/… je vous pardonne/Vous êtes pardonnés” (Lao). Amour. Dans ses extases: “Gloire à celui qui étreint l’amour sous la mitraille” (El Amraoui). Colère. Dans ses vérités: “Je n’ai rien à te donner mais ma colère/… Toi, tu en as tant vendu et forcé comme moi à l’exil” (Chipasula). Détermination. Dans ses affrontements: “Vous pouvez me rabaisser dans les récits historiques/… Pourtant, comme la poussière, je m’élèverai”(Angelou). Questionnement. Dans ses quêtes de la mémoire historique: “Ceux qu’on/ exécuta/ sur les places/ publiques/ errent sur les places publiques/…Jusqu’à quand/ jusqu’à quand/ dureront nos errances?” (Tawa).

Ces nuances vocalisées, une fois rassemblées a posteriori, constituent des “nattes à tisser”. Elles n’ont pour attaches “que la somme des intersections/ [d]es échos de Babel” (U Tam’si). Les Afriques comme mosaïque des cultures et des civilisations négroïdes au service du monde de la poésie sont, en d’autres termes, l’expression de ces intersections qui se disent. Avec, l’Afrique comme la source originelle de ses inspirations. Ces intersections disent l’Afrique comme un continent mouvant, mû et mouvementé. C’est dans la pluralité de ces mouvements qu’il a toujours su produire la parole créatrice et libératrice. Celle qui a pour ambition de dompter la violence du monde, par la douceur des mots, pour parler comme Brumo Doucey.

10 avril 2017 0 Commentaires
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N'Être Un roman de Charline Effah
LittératureAfrique CentraleNotes de lecture

« N’Être » | Un roman de Charline Effah

par Zila Aset 30 mars 2017
Rédigé par Zila Aset

Telle une oraison, N’être, la deuxième œuvre individuelle de Charline Effah publiée en 2014 aux éditions La Cheminante, résonne comme une humble exhortation au pardon :

« Je ne veux pas oublier. J’ai seulement décidé de pardonner. Me pardonner et te pardonner. Pardonner tous les vides et les façons égoïstes dont on cherche à les combler. Pardonner pour les larmes creusées par l’attente et les silences. Pardonner pour les peines infligées et les peines reçues. Pardonner pour les promesses non tenues. Pardonner pour les mensonges. Pardonner pour ne pas avoir compris qu’en laissant faire, je nous tuais. Pardonner d’avoir joué avec le feu, avec l’amour et le cœur. Pardonner pour avoir perdu le temps à se perdre. Pardonner pour les plaisirs volés, les baisers à la sauvette. Pardonner pour le chantage, les manipulations et les menaces. Pardonner ».

Le mot « pardonner » ainsi ânonné plus d’une dizaine de fois constitue l’essentiel du message diffusé par ce roman petit par son format, mais si dense en émotions. D’ailleurs, l’intrigue n’est en fait qu’un prétexte pour effacer le « N’ » du titre, qui par son essence négative affecte l’Être de la jeune héroïne au point de la réduire à la simple Existence. Une existence empreinte de mélancolie et surtout dénuée d’amour de soi.

Le déni de soi

Née d’une idylle passagère entre Medza et le routier Ondo l’américain, l’héroïne Lucinda Bidzo accuse le rejet avant même qu’elle ne soit au monde : « Pendant les neuf mois que dura ta grossesse, tu t’étais évertuée à une seule chose : Tuer la vie qui s’était logée dans tes chairs ». Plus tard, ‘’L’enfant’’ a grandi et tel un rebut, elle sera reléguée dans une chambre de bonne de la résidence familiale.

Enfouie dans un coin de vie de sa génitrice, Lucinda tente de prendre forme aux yeux de cette femme meurtrie par l’infidélité de son mari, le désigné « Père » ; mais Medza elle-même couve une sourde rage. Elle est trop occupée à jouer les épouses respectueuses qu’elle ignore le gouffre qui grandit entre elle et sa fille. Dans les mailles des silences meurtris, Lucinda épie un signe, un geste d’affection qui ne viendra pas. Alors elle s’enlise, s’enterre et finalement restreindra sa vie aux qualificatifs comme « furoncle puant » ou encore « tache indélébile » pour faire référence à son épiderme “mélanimé” qui comme les circonstances troubles de sa naissance, creusera un énième fossé entre elle et les siens à la peau claire. La blessure dans le cœur de la jeune fille est béante. Un vent d’amertume y souffle au point de méthodiquement la disloquer. Prisonnière de ce vide sentimental, Lucinda décide de prendre le large pour retrouver un peu de liberté.

À 17 ans, elle quitte « la maison rouge ». Elle s’exile dans l’Hexagone et pense pouvoir y trouver refuge face au néant qui l’habite :

« Le voyage est un placebo, l’ailleurs est un mirage. Ils donnent l’illusion d’être parvenus à nous guérir de nous-mêmes, d’avoir fui nos angoisses, d’avoir fui la malaria et les mouches tsé-tsé​, la poussière des routes en latérite, et les Etats oligarques et gérontocrates, le mauvais œil des sorciers, la polygamie, la famine et les guerres, les mauvaises conditions de vie, et ce soleil qui tape fort sur les nerfs et brûle, consume et liquéfie les lendemains ».

Elle a certes fui ce passé meurtri, mais comme le souligne le précédent extrait, elle emportera dans son sillage tout le mépris qu’elle a pour sa propre personne. Lucinda se refusera à elle-même au point congédier le véritable amour lorsqu’il se présentera à elle.

Le déni de l’amour

Comme Lucinda, nous femmes avons toutes eu des « Elvis » dans notre vie. Ces hommes de nous si proches, si aimants, toujours à l’écoute de nos peines, enclins à nous offrir leurs viriles épaules sur lesquelles pleurer pour un autre qu’eux : un rival, un copain, un amant, un goujat ou dans le cas de Lucinda pour un homme marié. 

Malheureusement, c’est souvent en balayant les miettes éparses de notre cœur que nous nous rendons compte que l’amour était à notre portée et qu’il aurait juste fallu s’estimer soi-même assez pour lui ouvrir grand les bras. Mais il est souvent trop tard lorsqu’on reconnaît le bonheur aux bruits qu’il fait en s’enfuyant. Alors, comme des gamins effrayés, pour se faire panser nos âmes brisées, nous retournons dans les bras d’un être cher pour y chercher du réconfort, pour oublier ou alors pour finalement se retrouver.

La renaissance à soi

Bien plus que sa rupture d’avec Amos, Lucinda regrette le départ définitif d’Elvis. S’armant de courage, elle décide de retourner à Nlam non seulement pour s’y consoler, mais aussi pour faire face à cette mère qui s’est auréolée de non-dit. Dans une ambiance pourtant glaciale, une conversation s’engage. La relation se réchauffe, des vérités s’énoncent et finalement les derniers remparts cèdent. Le signe d’amour tant espéré se révèle enfin. Dans le secret d’une malle en osier : Des robes de différentes tailles, toutes bleues avec des boutons rouges, portant les initiales LB dévoilent le secret d’une mère au demeurant froide, mais tout aussi aimante. Il y en a 29 comme l’âge de la jeune Héroïne. Il ne lui en faut pas plus pour qu’elle lâche prise : « Cette découverte m’accable, me dépouille, me réconcilie avec moi ». Comme quoi : « L’amour a besoin d’être vu pour vivre et faire vivre ».

La lecture de ce roman de Charline Effah est une réelle délectation même si ma curiosité reste intacte quant à l’issue de la relation entre Medza et sa sœur Effiri. On s’enivrerait encore et encore de cette encre poétique. Le mot est fin et la plume est précise pour aborder le sujet ô combien imminent qu’est la naissance à soi-même. Le décor planté par l’auteur nous permet aussi d’explorer divers sujets tels que la violence conjugale, la ségrégation, les amours interdits ou encore l’expatriation. Que dire si ce n’est Madame Charline Effah, merci pour ce moment sombre et lumineux à la fois.

30 mars 2017 0 Commentaires
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« Les danses de salon au Cameroun » d’Alex K. Yadou
Non fictionAfrique CentraleArt et CultureNotes de lecture

« Les danses de salon au Cameroun » d’Alex K. Yadou

par Rosine Dayo 23 mars 2017
Rédigé par Rosine Dayo

Oser se lever et danser devient possible ! Salsa, Tango, Rumba africaine, Cha-Cha, Samba, Jazz, Rock’n Roll… Pour se relaxer et se faire plaisir entre amis, vivre des moments spéciaux et jouissifs entre époux et en famille ; avec Alex K. Yadou, nous allons à la découverte non plus de l’écriture, mais d’un autre art, celui de la danse et plus précisément celui de la danse de salon.

Alex Yadou est diplômé de l’Institut de Formation en Art Plastique de Mbalmayo et titulaire d’un Master I en art plastique à l’université de Yaoundé. Membre de l’école de danse « La Finesse », l’auteur est sacré champion en danse de salon de la région du centre et champion du Cameroun en danse de salon en formation chorégraphique avec le ballet de l’université en 2009. Maître de 3ᵉ degré, il fait partie depuis 2014 de l’équipe nationale de danse sportive.
Publié en août 2016 aux éditions Ifrikiya dans la collection “Savoirs”, préfacé par Patrice Côme Abitina, Alex K. Yadou ouvre une voie de la recherche dans le domaine des danses de salon au Cameroun.

Les danses de salon au Cameroun Tome 1 est un ouvrage qui a pour ambition de contribuer à l’harmonisation et à la codification des pas et figures de danses telles que pratiquées dans les différents clubs installés sur tout le territoire national. Ainsi, cet ouvrage a pour dessein de permettre à tout danseur de pouvoir bien danser où qu’il aille au Cameroun.

L’auteur livre les techniques de base pour s’initier aux danses de salon. L’ouvrage est développé autour de deux chapitres rédigés sur 188 pages. Dans son premier chapitre, Alex K. Yadou revient sur le contexte historique de l’insertion et de l’évolution des danses de salon dans la culture camerounaise. Dans le second chapitre, il fait connaître en cinq mots les danses de salon au Cameroun. Il donne ainsi à voir l’évolution et les principes de base des rythmes que sont : le Rock’n Roll, la Salsa, la Rumba Africaine, le Jazz et la Lambada.

Pour chacune de ces danses, l’auteur nous amène à découvrir leurs origines, leurs pas de base, leurs rythmes et quelques figures élémentaires. Il évoque également la symbolique de chacune d’entre elles. C’est là que l’on se rend compte des grâces que l’on perd très souvent dans la vie par ignorance. C’est une réelle aventure, que nous propose Alex. Il nous conduit dans un monde régi par un tout autre mode de communication. Ici, la gestualité se fait maîtresse, toutes les 400 parties du corps sont en mouvement, c’est le corps qui s’exprime. C’est une agréable sensation que chacun devrait vivre au moins une fois dans sa vie. C’est une aventure fascinante et pleine de vibrations.

Bien illustré et accompagné d’un CD tout est mis en œuvre pour faciliter la compréhension et surtout la mise en pratique des pas et figures décrits dans le livre. Ces images et vidéos donnent au lecteur que nous sommes des outils nécessaires à son apprentissage. Néanmoins, pour un apprentissage approfondi, l’auteur rappelle la nécessité de s’inscrire dans un club de danse en proposant au lecteur un répertoire de club de danse reparti dans les différentes régions du Cameroun.

Ce livre est destiné à tous les niveaux, du débutant au professeur. Les danses de salon, ce n’est pas du tout ringard ! Tout le monde peut s’y mettre quel que soit l’âge et passer d’agréables moments.

Danser, c’est développer son savoir-être, son savoir-vivre. Le chanteur camerounais de salsa, Tchana Pierre, disait « Danser la salsa c’est rester toujours jeune». Tout le monde aime danser. Toutefois cela exige une force de caractère pour passer à la pratique. Développer ce potentiel exige une bonne dose de courage, notamment pour affronter le regard de la société et surtout pour sortir de notre zone de confort, des barrières que nous nous sommes érigées. La danse a un pouvoir de transformation incroyable. Elle nous permet de nous ouvrir, d’interagir avec les autres, de bannir la frustration, la peur de l’inconnu, le stress. Elle donne une meilleure confiance en soi. Et à plusieurs elle révèle son réel potentiel souvent inexploité. Dans un langage simple et concis.

23 mars 2017 0 Commentaires
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« Literatur Berlin » 2017 Podium pour deux femmes de lettres à découvrir
ActualitéEuropeÉvénements

« Literatur Berlin » 2017 : Podium pour deux femmes de lettres à découvrir

par La redaction 15 mars 2017
Rédigé par La redaction

Pour sa troisième édition, le festival de littérature « Literatur Berlin », qui se déroule du 06 au 31 mars à Berlin réunissant auteurs, cinéastes et musiciens, débutants ou confirmés, de tous les horizons et toutes les origines, fait une belle place à deux auteures que nous vous invitons à découvrir si vous ne les connaissez pas déjà.

Sharon Dodua Otoo : écrivaine engagée contre les discriminations raciales

Sharon Dodua Otoo

Sharon Dodua Otoo – Photo dpa

Fille d’un père et d’une mère Ghanéens, Sharon Dodua Otoo, activiste et écrivaine, est née à Londres en 1972 où elle a grandit. Elle vit depuis 2006 à Berlin et est lauréate du prix Ingeborg-Bachmann (en allemand Ingeborg-Bachmann-Preis) avec son texte « Herr Gröttrup setzt sich hin« . Ce prix est un des principaux prix littéraires décernés dans les pays de langue allemande et est doté de 22 500 €.

La compilation en un seul volume de ses deux premiers romans, the things i am thinking while smiling politely (Assemblage, 2012) et Synchronicity (Assemblage, 2014) sera préséntée le 21 mars 2017 à 20h dans la salle « Kesselhaus & Maschinenhaus » (Kulturbrauerei), accompagnée du groupe de chanteuses  A-Capella-Projekt 3WOMEN.

Imbolo Mbue présente son livre à succès Voici venir les rêveurs

Imbolo Mbue - Literatur berlin

Imbolo Mbue – Photo Patrice Normand

Imbolo Mbue est une jeune auteure camerounaise qui vit aux USA depuis 10 ans. Dans son premier roman Voici venir les rêveurs (Belfond, 2016) qui connaît actuellement un grand succès international, Imbolo Mbue dépeint le quotidien de deux familles aux USA pendant la crise de 2008, dont l’une est une famille de blancs qui vit dans les quartiers huppés de New York, et l’autre une famille d’immigrés venant du Cameroun. La faillite de la banque Lehman-Brothers vient bouleverser le destin de ces deux familles, révélant ainsi les différentes facettes du fameux « rêve américain ». Imbolo Mbue présentera son livre ce 15 mars 2017 au « Palais in der Kulturbrauerei » dès 20h dans le cadre du festival « Literatur Berlin ».

Les tickets du festival sont disponibles ICI

15 mars 2017 0 Commentaires
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Berlin Si vous n’êtes pas prêts d’ouvrir vos coeurs, n’allez pas à “One World Poetry Night”
ActualitéEuropeÉvénementsNon fictionPoésieSociété

Berlin : Si vous n’êtes pas prêts d’ouvrir vos coeurs, n’allez pas à “One World Poetry Night”

par Acèle Nadale 14 mars 2017
Rédigé par Acèle Nadale

Il y a des jours où on n’est pas du tout préparé à l’intensité de ce qu’on va découvrir ou entendre lors d’une rencontre artistique. Surtout quand on assiste comme moi régulièrement à des événements et autres shows d’artistes dans le cadre de mon travail. « One World Poetry Night », une soirée de poésie organisée chaque deuxième samedi du mois à Berlin par la dynamique Lahya – Stefanie-Lahya Aukongo est une de ces rencontres d’où l’on ressort chargé d’émotions sur lesquelles il est difficile de mettre des mots justes.

Spoken words from the world to the world – our artists are « blessed » and they use words, rhythm, awareness and their voice to change their and our world.

C’est ainsi que se présente « One World Poetry Night » qui existe déjà depuis 2014 avec un public de plus en plus grandissant. « One World Poetry Night » c’est plus de 13 shows avec la participation de plus de 54 artistes venant de tous les continents, en différentes langues telles que le Kiswahili, le Yoruba, le Zulu, l’Oshiwambo, l’Igbo, l’Arabe, le français , l’Espagnol, l’Allemand et l’Anglais.

Lahya-Stefanie-Lahya Aukongo

Lahya-Stefanie-Lahya Aukongo – Fondatrice de « One World Poetry Night »

La première fois qu’on rencontre Lahya-Stefanie-Lahya Aukongo, la fondatrice de « One World Poetry Night », on est frappé par sa joie de vivre et son sourire. Quand on lui demande qui elle est, il faut être patient car la liste des ses activités est longue, très longue: activiste, auteure, poétesse, chanteuse, photographe, et bien plus encore. Toutes les formes d’art sont ses passions et elle se refuse de se limiter à une seule.

C’est à Kreuzberg, quartier très animé de Berlin, que je me suis donc rendue ce samedi 11 mars 2017 en début de soirée pour assister la première fois à cette série de poésie dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. C’est grâce à l’invitation d’un ami que je découvre ce joli cadre très chaleureux qui se transforme en scène de mots et sons le temps d’une soirée qui avait cette fois pour thème « My words, My life ». Ma vie, mes mots… prometteur…

One World Poetry Night - my words, my life

L’équipe des artistes de la soirée au complet

Au programme, 6 passages d’artistes, y compris celui de Lahya. Je me sens tout de suite à l’aise parmi cette cinquantaine de personnes. Les artistes se mélangent au public, discutent avec eux…il règne une belle atmosphère de simplicité et de partage.

La soirée commence avec Lahya, qui après avoir présenté le programme, lit quelques uns de ses textes : profonds, touchants, hilarants ! Lahya parle de son quotidien de femme noire avec un handicap dans une société allemande blanche. Les textes dits en allemand, claquent comme des coups de fouet qui rappellent à l’ordre l’auditoire dans sa perception de l’autre, dans sa prescription de comment l’autre devrait être ou à quoi il devrait ressembler.

Le décor est planté. Les artistes Deidra Freeman, Steve Mekoudja, Furat Abdulle et bien d’autres qui vont suivre au courant de la soirée feront monter la tension. Ici, pas de semblant, pas de politiquement correct. Les gens sont tels qu’ils sont.

Steve Mekoudja
Furat Abdulle
Deidra Freeman

L’idée de créer une série de rencontres artistiques pour la poésie lui est venue après qu’elle a assité à une soirée de « Poetry Slam » très ennuyeuse et superficielle, où elle ne se reconnaissait pas dans les sujets abordés. Le manque de plate-formes où des voix authentiques et différentes et du conformisme ambiant pouvaient s’exprimer la pousse donc à créer.

C’est ainsi qu’après bien des difficultés liées au fait que Lahya tenait absolument à avoir une salle gratuite et facile d’accès pour handicapés, « One World Poetry Night » vit le jour. Il faut rappeller que, Lahya finance ces événements de sa proche poche et des dons du public. L’entrée y est gratuite.

Les cris et les silences venant des âmes tourmentées des artistes vous transpercent et vous font remettre en question beaucoup de choses auxquelles vous croyiez jusqu’à présent. Vous découvrez à quel point la nature humaine est variée, multi-facettes.

Cela peut être même effrayant de voir si loin dans le coeur des gens quand on n’y est pas habitué. Car ce qu’on y trouve n’est pas toujours gai. La chose commune à ces artistes? La poésie a été leur seule bouée de sauvetage lorsqu’ils étaient dans la tourmente.

J’ai passé une soirée riche en émotions. Chaque deuxième samedi du mois, « One World Poetry Night » vous accueille à bras ouverts. Pour recevoir des notifications sur les prochaines dates et artistes invités, connectez-vous à la page Facebook dédiée à la série. Vous feriez aussi la joie des organisateurs si vous venez avec un don, de la pâtisserie ou tout autre cadeau qui agrémentera la soirée.

 

14 mars 2017 0 Commentaires
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Petit Pays de Gaël Faye
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« Petit Pays » : Un roman de Gaël Faye qui bouleverse

par Marien Fauney Ngombé 7 mars 2017
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

J’ai connu le rappeur grâce à l’album « Pili-Pili sur un croissant au beurre« . Un album qui traitait du métissage (comme l’indique le titre), de la situation préoccupante de l’Afrique et ses « président(s) » éternels, de la nostalgie de son « petit pays » le Burundi, entre autres thèmes abordés. Gaël Faye donnait déjà à lire son univers, ses combats et ses tourments. Le roman Petit pays, sorti chez Grasset en août 2016 (Prix Goncourt des lycéens 2016, Prix du Roman des étudiants 2016, Prix du roman Fnac 2016) s’inscrit dans une sorte de prolongement de cet opus musical.

L’insouciance à Bujumbura

C’est l’histoire de Gabriel (Gaby), fils d’un ressortissant français résident à Bujumbura et d’Yvonne, une rwandaise exilée au Burundi depuis les années 1960. Cette famille habite dans un quartier résidentiel de la capitale. Gaby a pour voisins directs la famille d’un ambassadeur, une femme grecque fortunée qui vit seule et un autre couple mixte dont le père est ressortissant belge. Le jeune Gaby âgé de 10 ans est le narrateur du roman

Avec les enfants des familles voisines, ils forment un groupe de cinq camarades de jeu. Ils passent leurs journées dans l’épave d’un combi Volkswagen à refaire le monde ; ou alors à faire des expéditions à la rivière quand ils ne sont pas occupés à chaparder les mangues de madame Economopoulos.

La première moitié du roman de Gaël Faye raconte comment Gaby, grâce notamment aux efforts de son père pour le tenir à l’écart du monde des adultes, vie pleinement son enfance en toute insouciance avec sa petite sœur Ana. Le goût des mangues mûres, les fous rires sont le quotidien de ses compagnons de jeu qui ne le quittent pas. La seule vraie ombre au tableau : les problèmes conjugaux entre ses parents. Ces problèmes sont ce qui marque le début de la prise de conscience sur le monde des adultes.

Gaby demeure de nature joviale à toute épreuve. L’impasse (c’est le lieu où il habite) est un havre de paix. Un bunker qui ne laisse passer que les sentiments amènes.

Le tableau est presque idyllique jusqu’à l’anniversaire des 11 ans de Gaby. En effet, ce jour qui intervient à peu près à la moitié du roman entame la fin de l’innocence des enfants de l’impasse.

Contexte politique du roman de Gaël Faye

Petit Pays de Gael Faye

Lire le livre

Nous sommes au début des années 1990. Le Burundi vient de connaître ses premières élections démocratiques. La population est excitée. Cet événement va éveiller les passions jusque dans le personnel de maison de la famille de Gaby.

Le président Melchior Ndadaye d’origine Hutu, remporte les élections. Il remplace Pierre Buyoya arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’État. Il y a un lourd passif historique dans ce petit pays. Et pour cause, en 1972, l’armée contrôlée alors par les Tutsis a été à l’origine d’un génocide de 200 000 Hutus. C’est le début de la résurgence du tribalisme exacerbé. La cohabitation est de moins en moins envisageable.

La mère de Gaby est Tutsi, tous les habitants de l’impasse sont soit blancs, sinon Tutsi. Selon le père de Gaby le changement à la tête du pays est de mauvais augure pour la paix apparente qui régnait jusqu’alors. Les événements lui donneront raison : le président élu est victime d’un coup d’État en octobre 1993.

C’est le début de massacres en série. Des villes mortes à répétions. Des soirées marquées par des détonations et des coups de feu qui lézardent le ciel paisible de l’enfance de Gaby et Ana.

Le conflit burundais fait écho à la poudrière rwandaise. La mère de Gaby a un frère déjà mort à cause du conflit rwandais. Les deux conflits ne feront plus qu’un avec l’attentat du 6 avril 1994.

Les présidents burundais et rwandais qui étaient sur le chemin de la résolution pacifique de ce conflit y trouvent la mort.

Guerre ethnique et enfance perdue

Gaby ne saisit pas toute la portée de ce conflit. Lui qui distingue avec humour Hutu et Tutsi : les derniers grands graciles à la nuque fine et autres courts sur pattes avec nez épatés.

La violence, qui n’était située que dans les quartiers périphériques, finit par pénétrer dans ce bunker qu’était l’Impasse. Ce lieu protégé par ces petits de 11 ans comme un Eldorado va être entaché lui aussi… Gaby et ses amis veilleront sur cet endroit comme s’il était le symbole de leur enfance et de leur amitié.

Après cet anniversaire donc, la mère de Gaby ira au Rwanda pour préparer son retour tant souhaité. Le père de Gaby redoublera de vigilance dans un Bujumbura de plus en plus défiguré et Gaby, comme si l’impasse ne suffisait plus, trouvera refuge dans les lectures des livres prêtés par Madame Economopoulos pour échapper au monde des adultes de plus en plus oppressant.

Un premier roman de Gaël Faye très réussi

Gaël Faye a écrit un livre touchant sur l’enfance, sur le souvenir. Le livre nous fait sentir la pluie perler sur le dos. Il nous fait sentir l’odeur des bougainvilliers. Les descriptions sont d’une précision poétique. Un parfum de spleen embaume les pages.

Faye sur le dernier tiers bouleverse le lecteur. Il distille quelques secousses sismiques pendant la première moitié du texte et le tremblement survient comme une blague qui tourne mal entre Gino et Gaby, les deux meilleurs amis métis de l’impasse.

La fin du roman est surprenante et particulièrement bouleversante. Attention, vos pupilles pourraient s’humecter… Une citation pourrait résumer ce roman :

« Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel. » Page 213

 

 

7 mars 2017 0 Commentaires
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USA 60 millons de dollars pour les livres du couple Obama
ActualitéAmérique du NordBiographie, mémoires et Autobiographie

USA : 60 millons de dollars pour les livres du couple Obama

par La redaction 1 mars 2017
Rédigé par La redaction

C’est devenu presque une tradition. Les présidents des USA se (re)mettent à l’écriture une fois qu’ils ont quitté la Maison-Blanche. Et les sommes qui scellent leurs contrats avec les maisons d’édition les plus célèbres de la planète donnent parfois le tournis. Le couple Obama suivra la tradition et va cette fois-ci battre un nouveau record dans le monde de l’édition.

L’on se souvient de George W. Bush qui avait obtenu environ 10 millions de dollars pour ses mémoires, d’Hillary Clinton avec 8 millions de dollars, et de Bill Clinton qui était allé jusqu’à 15 millions de dollars pour son autobiographie.

La plus grosse somme en matière de signature de contrat d’édition jusqu’ici était l’auteur américain à succès de romans policiers James Patterson qui avait signé en 2009 un contrat d’environ 150 millions de dollars, mais pour 17 livres.

C’est le Financial Times qui vient de l’annoncer. Potus et Flotus ont signé un deal record avec la célèbre maison d’édition Penguin Random House (Imbolo Mbue, Yaa Gyasi) de 60 millions de dollars. Il faut rappeler que les 3 précédents livres de Barack Obama ont été édités dans cette même maison. C’est au cours d’une enchère qui aurait commencé aux alentours de 18 millions et à laquelle d’autres grosses maisons d’édition prenaient part que le marché a été conclu. Ce contrat faramineux a été négocié par leur agent, l’avocat Robert Barnett, agent de Bush, Tony Blair et Clinton entre autres, et qui, selon les coulisses, en tirera une belle commission de près de 9 millions de dollars.

L’éditeur prévoit de donner un million de livres au nom de la famille Obama à First Book, un organisme à but non lucratif qui fournit des livres à des enfants défavorisés, et à Open eBooks, le partenaire pour l’initiative d’éducation numérique de la Maison-Blanche de 2016 basé à Washington. Le couple Obama a également l’intention de faire don d’une partie de leur avance à un organisme de charité, y compris la Fondation Obama.

1 mars 2017 0 Commentaires
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Cameroun Bernard Dadié sacré Grand Prix des Mécènes
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Cameroun : Bernard Dadié sacré Grand Prix des Mécènes

par La redaction 21 février 2017
Rédigé par La redaction

Le nom du nouveau lauréat du Grand Prix des Mécènes vient d’être dévoilé dans la presse camerounaise. Il s’agit du patriarche ivoirien Bernard Dadié. Le prix lui sera officiellement décerné le 09 mars prochain à 15h, dans l’enceinte de la Fondation Muna, à Yaoundé au Cameroun, à l’occasion de la très attendue cérémonie de remise des prix des GPAL 2016. Le GPM a pour but de rendre hommage à un auteur chevronné pour l’ensemble de sa carrière bibliographique.

Le Grand Prix des Mécènes est une distinction littéraire décernée au Cameroun depuis 2014 par les organisateurs des Grands Prix des associations littéraires (GPAL). Ce prix honore un écrivain chevronné pour l’ensemble de sa production bibliographique et est remis chaque année.

Bernard Binlin Dadié était un écrivain, dramaturge, poète et homme politique ivoirien de renom, né vers 1916 à Assinie en Côte d’Ivoire et décédé en 2019 à l’âge de 103 ans.
Considéré comme l’un des pères de la littérature ivoirienne, Dadié a mené une carrière littéraire prolifique parallèlement à ses engagements politiques. Ses œuvres les plus connues incluent Climbié (1982), Un nègre à Paris (1966), et Légendes africaines (1973).

Son héritage littéraire et culturel est célébré en Côte d’Ivoire et au-delà. Le Palais de la Culture d’Abidjan a été rebaptisé Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié en 2010, et plusieurs colloques internationaux ont été organisés pour honorer sa contribution à la littérature africaine. Cinq ans après sa mort, en mars 2024, un hommage lui a été rendu à Abidjan, pour témoigner de l’importance durable de son œuvre et de son influence.

21 février 2017 0 Commentaires
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Salon du livre de Casablanca Naissance de l'Alliance des éditeurs d'Afrique centrale
ActualitéAfrique du NordÉvénements

Salon du livre de Casablanca : Naissance de l’Alliance des éditeurs d’Afrique centrale

par La redaction 21 février 2017
Rédigé par La redaction

Lors du Salon du livre de Casablanca, samedi 18 février, les éditeurs de onze pays d’Afrique centrale ont officialisé leur alliance.

Un protocole d’accord prévoyant la création de l’Alliance des éditeurs d’Afrique centrale a été signé, samedi 18 février, en marge du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca (Maroc).

« Cette Alliance se donne pour missions de fédérer la dynamique éditoriale nationale en vue d’établir une synergie sous-régionale et d’assurer la circulation et la promotion du livre à travers l’organisation de foires, de salons et de caravanes et la création d’une librairie virtuelle« , détaille l’Agence de presse africaine (APA).

Des formations aux éditeurs, la mise en conformité des maisons d’éditions ou encore la création d’un prix littéraire comptent parmi les projets de cette nouvelle Alliance des éditeurs de l’Afrique centrale.

22 éditeurs s’engagent

Les accords ont été signés par 22 éditeurs concernés et invités au salon par le ministère de la Culture du Maroc. Les pays de l’Afrique centrale étaient d’ailleurs invités d’honneur du SIEL cette année.

Pour rappel, la Communauté économique des états d’Afrique centrale (CEEAC) réunit le Gabon, l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad.

Les éditeurs présents ont également procédé à un vote, désignant à l’unanimité la composition d’un bureau provisoire, dont la composition est la suivante :

Présidente : Mme Sylvie Ntsame Ngomo des éditions Ntsame du Gabon.

Vice-président : M. Laring Baou des éditions SAO du Tchad.

Secrétaire général : M. Honoré Koume des éditions Sopecam du Cameroun.

Prochaine étape pour cette nouvelle alliance éditoriale : le Salon international du livre et des arts de Libreville (Gabon) du 19 au 22 avril, lors duquel seront adoptés ses statuts et son règlement intérieur.

Source : Livres Hebdo
21 février 2017 0 Commentaires
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7e édition de la Rentrée Littéraire du Mali, du 21 au 25 février 2017 sous le thème « Renouveler le monde »
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénements

7e édition de la Rentrée Littéraire du Mali, du 21 au 25 février 2017 sous le thème « Renouveler le monde »

par La redaction 16 février 2017
Rédigé par La redaction

Renouveler le monde, c’est réinventer le récit que nous en faisons, redessiner les plans d’un projet commun pour les générations présentes, et pour celles qui viendront. C’est prendre le risque de l’espérance et de la paix. Chacun d’entre nous peut accomplir une part de ce travail salutaire, parce que nous sommes de passage sur cette terre. Elle existait avant nous, façonnée par d’autres.

Elle demeurera après nous, quand nos enfants en auront pris possession. Entre les deux, se tient le temps de l’imagination et de l’action, celui de la création. Les écrivains, les poètes, les artistes venus de tous les continents, qui animeront durant quatre jours la Rentrée littéraire du Mali 2017, nous invitent une nouvelle fois à nous mettre en mouvement en empruntant les chemins buissonniers de la lecture et de la création artistique.

Littérature, philosophie, théâtre, musique… Cette année, les débats, tables rondes, cafés littéraires, spectacles et ateliers de la Rentrée littéraire du Mali exploreront plus particulièrement trois conditions d’un nouveau monde durable et mieux partagé : Apprendre à se connaître, jusque dans ses recoins d’ombre et de lumière, pour se redécouvrir multiple, complexe, en constant devenir. Chercher l’Autre inlassablement, non pour le combattre mais pour le comprendre et travailler avec lui au renouvellement du monde. Se rappeler, avec Gabriel Okoundji, que « là où gémit l’arbre, périt l’homme ». Saisir le fil qui nous unit à la Nature, à la terre et à ses mystères…

La Rentrée littéraire du Mali, sous le thème « Renouveler le monde », est heureuse de vous accueillir pour ces quatre jours de fête. Quatre jours d’échanges, de rencontres qui mettront à l’honneur les livres du Mali, d’Afrique et d’ailleurs, et rendront hommage à ceux qui leur donnent vie.

Des prix littéraires  seront décernés en cette occasion sous la présidence de Madame Ndiaye Ramatoullaye Diallo, Ministre de la Culture. Consultez la liste des prix ici et tout le programme de la rentrée ici.

Source : Rentrée Littéraire du Mali
16 février 2017 0 Commentaires
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Le Pavillon des Lettres d'Afrique Le grand nouveau très attendu au Salon Livre Paris
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Le Pavillon des Lettres d’Afrique : Le grand nouveau très attendu au Salon « Livre Paris »

par La redaction 11 février 2017
Rédigé par La redaction

Pour l’édition de « Livre Paris » de 2017 qui se déroulera du 24 au 27 mars à Paris Porte de Versailles, les littératures africaines vont avoir un nouvel espace encore plus prestigieux, le Pavillon des Lettres d’Afrique. Le thème choisi pour lancer cette innovation qui s’étend sur près de 400m2 est « Lire et écrire l’Afrique ». Pour marquer un signal fort, et souligner la diversité de la littérature africaine, les organisateurs ont choisi pour lancer le pavillon, le Nigéria comme pays invité.

 

Les lettres africaines au salon de Paris : du Congo en Côte d’Ivoire

Parmi les événements internationaux littéraires francophones d’envergure, le Salon du Livre de Paris est devenu un rendez-vous incontournable pour les professionnels et même le public. Créé en 1981 par le Syndicat national de l’édition (SNE), le Salon du livre de Paris, devient Livre Paris en 2016, se déroule depuis 1989 chaque année au mois de mars au parc des expositions de la porte de Versailles au printemps à Paris. Livre Paris c’est plus de 800 événements et animations, et près de 3 000 auteurs.

Depuis 2009, l’espace « Livres et Auteurs Bassin du Congo » au Salon du livre de Paris est devenu un stand de référence pour les littératures africaines et pour celles de l’Afrique centrale en particulier. Débats sur des sujets d’actualité avec les auteurs et acteurs du livre, dédicaces, animations pour enfants et remises de prix étaient le programme proposé sur ce stand de près de 280 m2 dont l’organisation était soutenue par la francophonie, les pouvoirs publics congolais et des entreprises privées. En 2016, Brazzaville, la capitale politique et administrative de la République du Congo et Pointe-Noire, la capitale économique du pays étaient les villes-invitées à Livre Paris.

 

Les mains derrière le Pavillon Lettres d’Afrique à Livre Paris

Le concept du Pavillon des Lettres d’Afrique au sein de Livre Paris est ainsi né de l’ambition de rassembler  les pays africains sur cet enjeu de promotion littéraire, pour aboutir à une mutualisation et une véritable synergie des nombreuses manifestations littéraires organisées sur le Continent et souvent méconnues du public et de la presse internationale. 

Il s’agit également de mettre en lumière aussi bien les jeunes talents, les auteurs résidants en Afrique, que les auteurs de renom.

Telle est la vision de ce projet d’envergure que nous pouvons lire sur le site internet très attractif dédié à ce pavillon.

Maurice Kouakou Bandaman Ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire

Le Ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, président d’honneur du Pavillon Lettre d’Afrique, Maurice Kouakou Bandaman, et dont le pays est tête de file de cet espace, rappelle dans son édito que :

« Lire et écrire, c’est poser la question de l’écrivain, mais aussi celle du lecteur. 

Lire et écrire en Afrique, c’est poser la question du regard que l’on porte sur ce continent. 

Lire et écrire l’Afrique, c’est aussi observer les réalités africaines et y déceler les dynamiques en marche. 

Lire et écrire, c’est avoir accès au patrimoine de l’humanité ; cela passe également par l’éducation, la culture, les Lettres, et c’est surtout un véritable défi pour notre jeunesse. »

Aminata Diop Johnson, Fondatrice et Directrice du Pavillon des Lettres d’Afrique

Fondé par Madame Aminata Diop Johnson qui est en charge de la coordination du projet, Directrice de Projets chez Hopscotch Africa et ancienne Chef de projet et Responsable de la programmation du stand « Livres et Auteurs du Bassin du Congo » au Salon du Livre de Paris de 2010 à 2016, le Pavillon des Lettres d’Afrique est parrainé par la Fondation Children of Africa de la première dame de la Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, et a été techniquement accompagné par Hopscotch Africa, agence de conseil en communication du groupe international Hopscoth Global PR Group.

La programmation du Pavillon des Lettres d’Afrique

Plus de 100 auteurs sont attendus au Pavillon Lettres d’Afrique où le public aura l’occasion de les découvrir dans le cadre de débats et tables rondes, entretiens tête-à-tête, séances dédicaces et pauses gourmandes avec des Chefs.

Les professionnels du livre auront aussi leur plate-forme pour faciliter l’échange de bonnes pratiques dans leur secteur d’activité.

Un espace média, une lounge VIP, un studio d’enregistrement, des espaces dédiés par pays sont le cadre qui accueillera les visiteurs et les professionnels.

La jeunesse n’est pas oubliée et sera comblée avec les ateliers éducatifs et des animations ludiques. Le Prix Stéphane Hessel de la Jeune Ecriture Francophone, habituellement remis dans l’espace « Livres et auteurs du Bassin du Congo » sera remis cette année dans le Pavillon des Lettres Africaines.

Deux noms connus dans le milieu littéraire francophone africain sont en charge de la programmation de cet espace. Il s’agit de Séverine Kodjo-Grandvaux philosophe et journaliste, ancienne rédactrice en chef des pages culture du magazine Jeune Afrique et actuellement correspondante pour Le Monde Afrique à Douala, et accompagnée dans cette tâche par Felwine Sarr, écrivain et universitaire sénégalais, fondateur de la maison d’édition Jimsaan et co-organisateur des Ateliers de la Pensée.

11 février 2017 0 Commentaires
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Maroc 23ième Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL) du 09 au 19 février 2017
ActualitéAfrique du NordÉvénements

Maroc | 23ième Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL) du 09 au 19 février 2017

par La redaction 29 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Sous le haut Patronage de SM le Roi Mohamed VI , le Ministère de la Culture du Maroc organise, du 09 au 19 février 2017, la 23ème édition du Salon International de l’Edition et du Livre de Casablanca (SIEL) à l’Office des foires de Casablanca.

Pour cette édition, La Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) est à l’honneur.

Participent à l’édition plus de 650 exposants, représentants de plusieurs pays : maisons d’édition,  des institutions gouvernementales, des instituts, des universités et des associations de la société civile.

En parallèle, la 23ᵉ édition du Salon International de l’Edition et du Livre célèbrera, conformément à sa tradition, des activités auxquelles participeront des écrivains marocains, arabes et étrangers. Une célébration du centenaire de l’écrivain et intellectuel Edmon Amran El Maleh est également prévue lors de cette édition qui lui rend hommage, et dont la date d’anniversaire coïncide avec celle du salon.

Le programme comprend également l’attribution pour la première fois du Prix Ibn Batouta et six rencontres autour du texte de Ibn Batouta.

 

Sources salonlivrecasa.ma

29 janvier 2017 0 Commentaires
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Comment désigne-t-on la Capitale mondiale du livre ?
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Comment désigne-t-on la Capitale mondiale du livre ?

par Erika Djadjo 25 janvier 2017
Rédigé par Erika Djadjo

Cette année, c’est une ville africaine qui sera sous les feux des projecteurs d’une activité majeure du monde du livre : Conakry a été désignée « Capitale Mondiale du Livre 2017 ». Nous vous l’annoncions dans un précédent article, mais toujours est-il que beaucoup s’interrogent sur les critères de désignation d’une ville en tant que Capitale Mondiale du Livre. Afrolivresque a fait la démarche, dans ce dossier, de vous en détailler le processus.

L’UNESCO, grand artisan de cette initiative, a lancé le programme « Capitale mondiale du livre » en 2001. La désignation d’une nouvelle ville a lieu chaque année. Après un appel à candidatures qui se clôture en mars de chaque année, un Comité consultatif se réunit au siège de l’UNESCO à Paris, afin d’examiner les candidatures (qui ont atteint cette année un nombre record).

A travers le programme de Capitale mondiale du livre, l’UNESCO veut reconnaître l’engagement des villes pour la promotion des livres et l’incitation à la lecture. La désignation est valable pour une période de 12 mois comprise entre deux célébrations de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (23 avril de chaque année). La Directrice générale de l’UNESCO désigne la ville en s’appuyant sur des consultations internes et externes avec le soutien des autres membres du Comité consultatif.

Irina Bokova

Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. Crédit: UNESCO

Le Comité consultatif, composé des représentants (un chacun) de l’UNESCO, de l’Union internationale des éditeurs (UIE) et de la Fédération internationale des associations et des institutions de bibliothèques (IFLA), émet ensuite des recommandations sur lesquelles la Direction Générale de l’UNESCO se basera afin de désigner la ville choisie pour être la Capitale mondiale du livre.

Les six critères de sélection des candidatures

Conakry Capitale mondiale du livre 2017

Crédit: UNESCO

  • la soumission d’un programme d’activités spécialement conçu pour le processus de nomination de la Capitale mondiale du livre, applicable par la ville élue pour toute la période prévue à ce titre, et également bénéfique à plus long terme pour les partenaires impliqués et pour la société ;
  • un avant-projet des dépenses prévues et les stratégies imaginées pour identifier les ressources financières possibles ;
  • le niveau d’implication des autorités municipales, régionales, nationales et internationales incluant les organisations professionnelles et non gouvernementales ainsi que les impacts prévisibles du programme d’activités ;
  • la quantité et la qualité des activités, ponctuelles ou permanentes, organisées par la ville candidate, en étroite collaboration avec les organisations professionnelles nationales, régionales et internationales représentant les auteurs, les éditeurs, les libraires et les bibliothécaires, et dans le respect des multiples acteurs de la chaîne du livre et de la communauté scientifique et littéraire ;
  • la quantité et la qualité de tout autre projet significatif visant à promouvoir et à encourager le livre et la lecture ;
  • la conformité avec les principes de liberté d’expression, de liberté de publication et de diffusion de l’information, tels qu’énoncés par l’Acte Constitutif de l’UNESCO, par les articles 19 et 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par l’Accord pour l’importation d’objets à caractère éducatif, scientifique ou culturel (Accord de Florence).

Conakry, Capitale mondiale du livre 2017

Chaque année, la ville nommée Capitale mondiale du livre s’engage à promouvoir les livres et la lecture et à mettre en œuvre un programme d’activités pour une période d’un an à partir de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
Afin d’assurer, à tour de rôle, l’implication de toutes les régions du monde (l’UNESCO distingue cinq régions : Afrique, États arabes, Asie et Pacifique, Europe et Amérique du Nord et Amérique latine et Caraïbes), le Comité consultatif exclut l’élection consécutive de deux villes issues d’une même région.

Ainsi, le titre de Capitale mondiale du livre 2017 ayant été décerné à une ville de la région Afrique, aucune candidature d’une ville issue de cette même région n’a été recevable à l’obtention du titre de Capitale mondiale du livre 2018.

À la suite de Conakry en 2017, Athènes (Grèce) sera la dix-huitième ville à devenir Capitale mondiale du livre après Madrid (2001), Alexandrie (2002), New Delhi (2003), Anvers (2004), Montréal (2005), Turin (2006), Bogota (2007), Amsterdam (2008), Beyrouth (2009), Ljubljana (2010), Buenos Aires (2011), Erevan (2012), Bangkok (2013), Port Harcourt (2014), Incheon (2015), Wroclaw (2016) et Conakry (2017).

La ville hôte de 2018 déjà connue

La ville d’Athènes a été choisie en raison de la qualité exceptionnelle de son programme d’activités soutenu par l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. Les activités proposées prévoient notamment des rencontres avec des écrivains, des traducteurs et des illustrateurs, des concerts, des expositions thématiques, des lectures de poésie ou encore des ateliers destinés aux professionnels de l’édition. Leur vocation est de rendre les livres accessibles à l’ensemble de la population, y compris aux migrants et aux réfugiés. La richesse des infrastructures culturelles et l’expertise dans l’organisation d’événements internationaux de la ville ont également été soulignées par les membres du Comité.

L’appel à candidatures pour la Capitale mondiale du livre 2019 est lancé, jusqu’au 15 mars 2017. En espérant que, Conakry ayant ouvert la voie aux villes africaines francophones (Port Harcourt avait inauguré le bal pour l’Afrique en 2014), d’autres villes seront désignées, nous encourageons tous les comités nationaux africains à présenter leur candidature pour la promotion de livres et l’incitation à la lecture tout en faisant de ces capitales des vitrines mondiales pendant un an.

 

Port harcourt, Capitale mondiale du livre 2014

De gauche à droite- La représentante de la Bibliothèque Nationale, Mme Koko Kalango, le représentant de l’UNESCO, et le représentant des auteurs nigérians. Crédit: http://adedayoadejobi.blogspot.fr/

Calendrier indicatif du processus de nomination et de l’appel à candidatures 2019 :

Lancement de l’appel à candidatures –> 15 septembre 2016
Date limite pour la réception des candidatures par l’UNESCO –> 15 mars 2017
Processus d’évaluation et de consultation externe et interne –> 15 avril 2017
Annonce officielle de la ville nommée par la Directrice générale de l’UNESCO –> 30 avril 2017

Les villes qui souhaitent se porter candidates pour être Capitale mondiale du livre doivent remplir le formulaire de candidature et y joindre :

  • Une lettre de soutien de la part du maire de la ville candidate ;
  • Une lettre officielle d’appui de la candidature de la Commission nationale pour l’UNESCO du pays dans lequel se trouve la ville ;
  • Deux lettres officielles de soutien d’associations professionnelles nationales ;
  • Trois photos de la ville en lien avec l’univers des livres (format : JPEG, max. 3MB) ;
  • Le formulaire « cession de droits » complété.
25 janvier 2017 0 Commentaires
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Paris Barbès Cameroun - Un bouillon de culture à la littérature camerounaise ce 27 janvier 2017
ActualitéAfrique CentraleEuropeÉvénements

Paris : Barbès Cameroun – Un bouillon de culture à la littérature camerounaise ce 27 janvier 2017

par La redaction 25 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Les Rares Talents en partenariat avec le FGO Barbara présentent Barbès Cameroun ce 27 janvier 2017

A partir de 16h30 : Accueil du public

17h-17h30: En guise d’introduction: projection de photos du Cameroun de l’époque coloniale à nos jours présentée par Jay Lou Ava 

 > 17h30 – 18h00 // Café Littéraire


 Avec Marc Alexandre Oho Bambe, poète et slameur qui a reçu le prix Paul Verlaine 2015 de l’Académie Française. Il présentera son dernier livre Résidents de la République (Editions Broché).

> 18h00 – 18h30 // Café Littéraire

Avec Hemley Boum, écrivain qui a reçu le grand prix littéraire de l’Afrique noire en 2016. Elle présentera son ouvrage Les Maquisards (Editions La cheminante).

 

Barbès-Cameroun affiche

 

> 18h30 – 19h00 // Café Littéraire

Avec Kidi Bebey, écrivain, journaliste et éditrice et auteur de nombreux et romans pour la jeunesse qui viendra présenter son dernier ouvrage Mon royaume pour une guitare (Editions Michel Lafon).

> 19h00 – 19h30 // Café Littéraire

Avec Alexandre Bella Ola, chef du restaurant Rios dos Camaroes, nous parlera de gastronomie camerounaise. http://riodos.fr/notre-chef/

Le café littéraire de l’événement Barbès Cameroun sera suivi d’une séance de dédicace des auteurs.

19h30-20h30: Escale gourmande: restauration 100% camerounaise proposée par le Chef Bella Ola du restaurant Rio dos Camaraos à acheter sur place.

Puis à 20h30 place à la fête avec un grand bal.

Le Chef d’Orchestre Richard Epesse et son backing band: Herve Lebongo, Dody Ngea, Belmond de Boville et Landry Onguelle accueilleront les musiciens Corry Denguemo, Cali Kamga, Patricia Essong, Georges Seba, Julien Pestre, Jay-Lou Ava, Kristo Numpuby Ndjock, Emilio Bissaya et Vicky Edimo Officiel et d’autres invités surprise !

phots: Hemley Boum (© DR), Kidi Bebey (© Odile Motelet)

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25 janvier 2017 0 Commentaires
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Bénin Agnès Adjaho, une femme de lettres au Vatican
ProfessionnelsAfrique de l'OuestÉvénementsSociété

Bénin : Agnès Adjaho, une femme de lettres au Vatican

par La redaction 20 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Figure du milieu de l’édition francophone en Afrique de l’Ouest, catholique engagée, Agnès Adjaho est la nouvelle ambassadrice du Bénin près du Saint-Siège. Elle a remis ses lettres de créances au pape avant Noël.

Pendant longtemps, elle a été, jusqu’en 2010, l’emblématique directrice de la librairie Notre-Dame, juste derrière la cathédrale de Cotonou. Six jours par semaine, elle a accueilli avec patience des milliers de lecteurs venus dénicher un ouvrage. La vaste boutique avec ses rayonnages répartis sur trois niveaux appartient désormais à sa vie d’avant.

« Tout ce qui engage la vie de la cité et l’avenir des hommes nous concerne. »

Cet automne, Agnès Adjaho, 67 ans, a emménagé Via Giosuè Carducci, à Rome, à l’ambassade du Bénin près le Saint-Siège. Fini les hauts murs de cette librairie religieuse qu’elle avait entièrement transformée, à la demande de l’archevêque de Cotonou. La voici maintenant représentante de son pays auprès du pape.

C’est un service public que mon pays me demande, dans un endroit qui a pour moi à la fois une dimension temporelle, mais aussi un grand sens spirituel, auquel je suis extrêmement sensible.

Explique-t-elle, de sa voix douce et grave. Catholique pratiquante, proche de Mgr Isidore de Souza, archevêque de Cotonou jusqu’à sa mort en 1999, elle n’hésite pas à parler de sa foi.

C’est la foi qui a permis à ma vie de prendre une dimension politique, dit-elle. Tout ce qui engage la vie de la cité et l’avenir des hommes nous concerne. Le règne de Dieu n’est pas seulement là-haut, mais ici et maintenant.

Un principe visible à travers les engagements pris tout au long de sa vie.

Au Vatican et au Bénin, Agnès Adjaho œuvre pour le développement

Lors de ses années en France, après des études de géographie à la faculté de Nanterre, elle milite dans des associations pour la coopération, travaille au sein du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). On l’appelle au Vatican dès 1977, et jusqu’en 1984, pour devenir membre du Conseil pontifical pour les laïcs.

Puis, entre 1996 et 2008, forte de son expérience au Mouvement international d’apostolat des enfants (Midade) et devenue mère de trois enfants, elle rejoint le même dicastère, et devient consultrice au Conseil pontifical de la culture (2004-2008). À la même période, elle œuvre également au développement des magazines Planète Jeunes et Planète Enfants, édités par Bayard Afrique.

Au Bénin, outre ses activités de libraire, elle est l’une des premières à travailler au sein du service diocésain de développement. Aujourd’hui, elle suit encore de très près les activités du centre Songhaï, l’une des premières fermes développant l’agroécologie en Afrique de l’Ouest, fondée par un dominicain, dont elle est administratrice.

« Ma foi a toujours eu une dimension politique »

Aimant à se définir comme une femme « en dehors du sérail », elle connaît en réalité très bien les sphères politiques béninoises. D’abord grâce à l’itinéraire de son mari, décédé en 2009, qui fut tour à tour ministre de l’intérieur et ambassadeur du Bénin en France. « La vie avec un ministre de l’intérieur est une expérience hors du commun… C’est à cette époque que j’ai affiné ma perception de la vie politique », souligne-t-elle.

Lire la suite sur: La Croix, photo Agnès Adjaho. / Osservatore Romano
20 janvier 2017 0 Commentaires
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PoésieAfrique de l'OuestEurope

Esclave… | Un poème illustré de Marianne Vinégla Camara en hommage aux Talibés

par La redaction 17 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Esclave …,

Un poème de de Marianne Vinégla Camara.

Marianne Vinégla CamaraTes ailes ensanglantées gisent sur l’asphalte,
écrasées,
sous les roues prétentieuses de l’indifférence;
cohue aveugle que nous sommes.
Ton silence hurlant n’atteindra pas les cieux,
car le dieu dont ils parlent, et qu’ils te promettent,
est assis tout près d’eux, aux portes de l’enfer.
Ils ont violé ton corps et déchiré ton âme, écorché vif,
au nom d’un Coran,
d’un marabout de pacotille,
d’un père d’une mère,
d’un pervers ou d’un oncle.
Traîne ta peine dans la poussière brûlante !
Il ne te reste plus que ce regard suintant,
assaillit par les mouches,
comme sur la charogne que le vautour convoite.
Jour après jour, tu te donnes à l’obscène pitié,
alors ils s’engraissent,
ils te volent ta chair dévorant ta douleur,
suçant tes os jusqu’au dernier,
à s’en lécher les doigts,
sur lesquels dégoulinent,
les larmes épaisses et glauques
de ton âme souillée.

Tes ailes gisent sur l’asphalte,
pendant combien de temps vont-elles saigner, sous nos pas ?

Poème extrait du recueil de poèmes illustrés Dakar je t’aime, Dakar je te hais.

 

Dakar je t'aime, Dakar je te hais - Marianne Camara

 

« Pour dire les choses simplement, ce recueil est surtout l’amer aveu d’une inquiétante passion de Marianne pour Dakar. Chaque poème est une douloureuse pelure de ces profondes écorchures qui exhalent des désirs fusionnels inassouvis. Le dépit amoureux est manifeste, entre cette artiste torturée touche à tout, et cette fantasque ville gorgée d’impudeurs truculentes. Une idylle mal vécue qui donne une litanie de serments d’amour arrachés à ses amertumes, ses impuissances…/… »

Extrait de la préface de Ibou Fall, journaliste et créateur du journal Le P’tit railleur sénégalais

 

À propos de Marianne Vinégla Camara

Marianne est une « artiste-poète-etc » comme elle le dit elle-même sans trop savoir comment se définir… Fille d’ouvriers, elle grandit entre la vallée du Rhône et les Pyrénées Orientales. Depuis 1991, elle vit à Paris. Cette artiste autodidacte utilise tous les médiums à sa disposition, écriture, dessin, sculpture, broderie etc, car pour elle, la création est le seul espace réel de liberté. Dakar je t’aime, Dakar je te hais est son 5ème ouvrage aux éditions Unicité; si son éditeur devait lui donner une étiquette, ce serait celle d’être inclassable…

 

 

Contacts de de Marianne Vinégla Camara

libarto.wix.com/marianne

mariannecamara.fr

facebook.com/mariannevineglacamara

17 janvier 2017 0 Commentaires
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Florence Tsagué « La fiction a besoin d’un fil conducteur chargé d’imagination pour réunir les bribes et les pièces du puzzle »
LittératureAfrique CentraleInterviews

Florence Tsagué : « La fiction a besoin d’un fil conducteur chargé d’imagination pour réunir les bribes et les pièces du puzzle »

par La redaction 16 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Florence Tsagué est née au Cameroun. Après les études de littérature, de linguistique appliquée et des sciences politiques, elle est actuellement chargée d’enseignement à l’Université de Wuppertal en Allemagne. Passionnée de littérature, elle publie son premier roman Femmes Connues, Coépouses Inconnues aux Éditions Edilivre en 2009, un roman qui met sur le tapis l’épineuse question de la polygamie dans un monde en pleine mutation. Elle revient cette fois-ci dans le monde littéraire avec le livre La Porte de Minuit, paru en novembre 2016 aux Éditions l’Harmattan, collection « Encres Noires ».


Ce livre est-il inspiré d’histoires vraies ?

Il y a dans ce livre un mélange de la réalité et de la fiction. Les réalités et les démons qui hantent notre société. Les thèmes tels que la vie des couples, le poids du secret, les « deuxièmes bureaux » (concubines), les accidents routiers et la situation calamiteuse des hôpitaux sont traités dans la nouvelle Le Revenant.

La gestion de la chose publique, la méritocratie, l’éthique et la culture politique occupent une place de choix dans la dernière nouvelle, Un Cadavre pour le Remaniement Ministériel. À ceci s’ajoutent les histoires racontées par les adultes pendant l’enfance, à côté du feu, lesquelles nourrissaient notre imagination. Elles constituent la toile de fond des nouvelles La Porte de Minuit et Le Marigot aux Raphias Dansants. Les monstres et fées qui peuplaient ces mythes ne quittaient pas souvent notre imagination quand nous nous retrouvions seuls au milieu de la nuit. Dans La Porte de Minuit, ils vont prendre corps.

La fiction a besoin d’un fil conducteur chargé d’imagination pour réunir les bribes et les pièces du puzzle. La dernière nouvelle Un Cadavre Pour le Remaniement Ministériel est le miroir de la culture politique dans mon pays le Cameroun. Une culture politique marquée parfois par une quête exacerbée de la reconnaissance et des privilèges, par la folie de la promotion et des nominations, la pression d' »être en haut » à tout prix. Face à la méritocratie qui bat de l’aile, d’aucuns donnent libre cours au mysticisme dans la quête du pouvoir et aux pratiques qui sont sujettes à caution.   

Pourquoi avez-vous choisi de rester dans l’univers africain dans cette œuvre ?

Je n’ai pas choisi de rester dans cet univers. Il s’est imposé ainsi. Les quatre nouvelles du recueil ont un fil conducteur : Les démons de la nuit. Minuit, c’est l’heure qui nous faisait trop peur pendant l’enfance. Ici, toutes les histoires forment une unité dans l’univers africain.

Dans la première nouvelle, La porte de minuit qui donne son titre au livre, vous nous parlez de la mort de Céline, la peur que son âme passe vous dire aurevoir, etc., qu’est-ce qui fait qu’à cet âge-là, une si jeune fille se met à croire à ce genre de choses ?

Précisons une chose : il ne s’agit pas de mon histoire. Dans cette histoire fictive, le personnage principal est en même temps la narratrice. On pourrait penser qu’elle est trop jeune pour raconter elle-même son histoire. Non ! Dans son univers, elle est assez mature pour décrire ce qui se passe autour d’elle et dans son monde intérieur. Quand on grandit au village qui est l’un des socles importants de la culture, on baigne très tôt dans l’univers mythologique. Le sens de la communauté étant très poussé, on assiste à des cérémonies et rites traditionnels, à des deuils, enterrements et funérailles. Bref, des moments de joie et des moments de peine partagés. Que l’âme du défunt fasse une tournée d’adieux, les adultes avaient coutume, pendant notre enfance, de relater de telles histoires et bien d’autres portant sur la création, l’existence, la mort et la vie post-mortem. C’est des fragments de ces histoires que j’ai voulu recomposer à travers des personnages et un univers fictifs, tout en questionnant leur impact sur les questions actuelles de notre société.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ce livre ?

Il s’est avéré nécessaire pour moi de trouver un univers pour faire vivre et partager les histoires qui ont forgé notre imagination et parfois hanté nos nuits pendant la tendre enfance, tout en faisant ressortir le côté obscure de l’homme et de la société. C’est une façon de se réconcilier avec le monde invisible et d’exorciser ses démons ainsi que les démons intérieurs de l’homme. Une sorte de thérapie.

Florence Tsagué

 

Qui est réellement Florence Tsagué ?

Hmmm (Sourire). Difficile de parler de soi. Je suis une passionnée de la culture, de la lecture, de l’écriture, de la musique, de la photographie. J’aime ce que je fais.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus, quand vous écrivez, et pourquoi ?

Dans le processus de l’écriture, je navigue entre la réalité et l’imagination, entre les mondes. Je pense que pour les œuvres fictives, il est difficile de considérer seulement un seul volet. Chez moi, il y a une certaine fluidité entre la réalité et la fiction, le naturel et le surnaturel. Nous sommes le produit de notre société et de notre temps, ce qui influence notre perception et notre imagination et nous contraint en même temps d’agir à travers notre plume. L’écriture en soi est un acte d’engagement pour une meilleure société.

Qu’aimez-vous partager avec vos lecteurs ?

J’aime partager cette voix, cette mélodie qui fait défiler les images pour produire une certaine réalité dans la fiction. Entre le narrateur et le lecteur s’installe au fil des pages une relation de confiance et de confidence. Quand le lecteur lit le livre, il chemine non seulement avec les personnages, mais aussi avec l’auteur qui reste d’une façon ou d’une autre présent.

Serait-il possible de nous parler de l’un de vos plus beaux moments de culture ?

Lors de mon récent séjour au Cameroun, j’ai eu l’occasion de participer aux cérémonies telle le NSIH (la cérémonie des jumeaux). Cela faisait presque deux décennies que je n’avais plus eu l’occasion de prendre part à de telles activités traditionnelles. Même si le NSIH (avec tout ce qu’il comporte comme rites, danse, sacrifices…) est dédié aux jumeaux (Pomefack) et aux parents (Mégni, Tégni), il regorge un caractère très communautaire. C’était comme si je renouais à nouveau avec mon enfance.

Chacun de nous a une définition qui lui est propre de la culture. Et vous, comment la définissez-vous ?

La culture, c’est quelque chose de vital qui nous donne des repères, nous lie avec les autres, avec le passé, nous façonne de façon implicite et explicite. C’est ce qu’on hérite souvent, (re)crée, forge, fait vivre et lègue si possible à la postérité.

BONNE ANNÉE 2017 !

À tout le monde, je souhaite une excellente année 2017 !

Propos recueillis par Michel Tagne Foko,
Chroniqueur, écrivain, éditeur. Membre de la société des auteurs du Poitou-Charentes.

 

Extrait de la nouvelle La porte de minuit

Florence Tsague La Porte De minuit

 

 

Au Milieu de la nuit, la porte pleurait, pleurait, pleurait. Dans notre cuisine, une scène affreuse se jouait autour de moi. Secouée par la foudre, la pièce tressaillait. Les assiettes et les marmites virevoltaient dans l’air, se télescopaient et tout le mouvement produisait un vacarme intenable. Abasourdie, j’esquivai les objets qui valsaient pendant que je tentais de regagner la chambre. Une boule incandescente pénétra en trombe la cuisine, tourbillonna et illumina complètement la pièce… ;

 

16 janvier 2017 0 Commentaires
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« I Am Not Your Negro » – L’adaptation cinématographique du manuscrit inachevé de James Baldwin
ActualitéAmérique du NordBiographie, mémoires et AutobiographieCinémaÉvénementsIndustrie

[Vidéo] « I Am Not Your Negro » – L’adaptation cinématographique du manuscrit inachevé de James Baldwin

par La redaction 7 janvier 2017
Rédigé par La redaction

I Am Not Your Negro est un film documentaire de Raoul Peck adapté du manuscrit inachevé « Remember This House » de James Baldwin.

Raoul Peck, réalisateur

Première sortie : 3 février 2017 (États-Unis)
Réalisateur : Raoul Peck
Directeur musical : Alexeï Aïgui
Acteurs/Narration : Samuel L. Jackson
Producteurs : Raoul Peck, Rémi Grellety, Hébert PeckScénario : Raoul Peck, James Baldwin

 

Le documentaire avait déjà été présenté au Toronto International Film Festival en septembre 2016.

Qui est James Baldwin ?

James Baldwin

Source collectifbaldwin.fr, Photo AFP

Durant la décennie turbulente des années 60, le visage et la pensée de James Baldwin ont illuminé le paysage culturel américain tel un éclair descendu droit des cieux. Parcours de ce prophète de la lutte pour l’égalité qui a choisi l’Europe pour mieux observer son pays.

Né le 2 août 1924 dans la partie la plus pauvre de Harlem, Baldwin est l’ainé de neuf enfants. C’est aussi un enfant illégitime. Sa mère, qui s’est remariée alors qu’il avait trois ans avec un prédicateur très strict, refusera toujours de lui révéler l’identité de son père biologique. Lecteur vorace, il commence très tôt à écrire. À 14 ans, il devient prédicateur prodige, mais il choisit de quitter l’église et le foyer à 17 ans, s’installe dans le Greenwich Village bohème où il vit de jobs mal payés tout en publiant des critiques littéraires dans des revues progressistes. Il trouve un soutien de poids en la personne de Richard Wright, le grand écrivain noir, qui l’aide à obtenir une bourse pour un projet de roman. Mais ne supportant plus le climat racial étouffant de New York, le 11 novembre 1948, il quitte brusquement les États-Unis pour la France.

7 janvier 2017 0 Commentaires
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[vidéo] Mobilisation exceptionnelle Front anti CFA du 07 janvier 2017 Comprendre les enjeux avec le livre de Nicolas Agbohou
ActualitéScience et TechnologieSociété

[vidéo] Mobilisation exceptionnelle « Front anti CFA » du 07 janvier 2017 : Comprendre les enjeux avec le livre de Nicolas Agbohou

par La redaction 7 janvier 2017
Rédigé par La redaction

C’est une mobilisation sans précédent que l’activiste Kémi Séba avec son association Urgences panaf  lance simultanément dans plusieurs pays ce 07 janvier 2017 contre la monnaie CFA. Des économistes, artistes, activistes, intellectuels et penseurs de tous les horizons, d’Afrique et de sa diaspora, ont répondu massivement présent à cet appel.

  • France, Paris:  avec Nicolas Agbohou, docteur en économie politique, Alain Toussaint, journaliste politique et ex-conseiller de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et Théophile Kouamouo, journaliste politique.
  • Côte d’Ivoire, Abidjan:  avec Pîija Souleymane Yameogo, économiste de développement panafricain; conférencier sur l’histoire et les valeurs africaines et directeur général à PER-FORM; Thi-Mi Nguessan, militant panafricaniste responsable de l’ONG Urgences Panafricanistes en Côte d’Ivoire.
  • Bruxelles, Belgique: avec Jahi Muntuka, ingénieur aérospatial, analyste en économie; Claude Wilfried, écrivain et analyste politique; Natou Pedro Sakombi, essayiste et Fondatrice de Reines et Héroïnes d’Afrique.
  • Mali, Bamako :  Aminata Traoré, femme politique ; Pape Diallo de Jeunesse Maya; Ismaël Youssef Koné, représentant de l’ONG Urgences Panafricanistes au Mali.
  • Royaume-Uni, Londres : avec Clarice Kamwa alias Mamoushka, militante panafricaniste et Cheikh Ba, Data Scientist Senior et analyste en marketing.
  • Bénin, Ouidah:  avec la famille Jah
  • Haïti: avec Bayyinah Bello, écrivaine, professeur d’Histoire et dirigeante de la Fondasyon Félicité; Camille Chalmers, professeur d’Economie et de planification sociale à l’Université d’Etat d’Haïti.
  • République démocratique du Congo, Kinshasa : avec Rex Kazadi, homme politique et activiste; Ted Beleshayin économiste monétariste et consultant financier.
  • Italie: avec Donfack N. Alex Leroy et Bolivie Wakam.
  • Sénégal, Dakar, Casamance : avec Demba Moussa Dembele, Hulo Guilabert; Guy Marius Sagna; Ndongo Samba Sylla, Badou Kane et Ndeye Nogaye Babel Sow et Kemi Seba.
  • Guinée Conakry

Tous les lieux et heures des conférences sont affichés sur le site de l’association.

Le Franc CFA est une monnaie est utilisée par :

  • huit États d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo formant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont l’institut d’émission est la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ;
  • six États d’Afrique centrale : le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, formant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), dont l’institut d’émission est la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ;

Conseil de lecture pour mieux comprendre les enjeux autour de cette monnaie : Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique : pour une monnaie africaine et la coopération Sud-Sud, du Professeur Nicolas Agbohou (éditions Solidarité Mondiale, 1999)

 

 

Le professeur Nicolas Agbohou explique toute la complexité et tous les travers liés au Franc CFA.

 

7 janvier 2017 0 Commentaires
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« Pour une échappée belle » Un poème d'Anne NGO HAGBE
ActualitéPoésie

« Pour une échappée belle » | Un poème d’Anne NGO HAGBE

par admin3050 6 janvier 2017
Rédigé par admin3050

« Pour une échappée belle » est un poème d’Anne NGO HAGBE

Cueille moi une étoile,

Pour y esquisser ton éternité.

Dessine moi l’infini,

Pour y plonger ta grandeur.

Montre-moi l’horizon,

Pour toujours t’habiter.

 

Appelle moi Tulipe.

Et de mille couleurs.

Pare mon âme.

Ou peut être orchidée,

Et de mille regards,

Savoure mes courbes.

 

Mets du rouge à mon cœur,

Pour y dessiner la passion.

Décore mes pensées de jaune,

Pour rejoindre le Bhoutan.

Incruste de blanc notre avenir,

Comme sur le toit de l’Himalaya.

 

Du golfe du Bengale,

Apprends moi la sérénité.

Au Palais de la Couronne,

Inscris-y ton amour.

Et de la rivière sacrée du Gange,

Je prendrai ma liberté.

 

Parfume le cap de bonne Espérance,

De fragrances subtiles et délicates,

Qui embaumeront mon être.

Et que de False Bay,

Je saisisse le parfum de ton corps,

Qui toujours fait chavirer mon cœur.

 

Cueille moi l’infini,

Que je réinventerai chaque matin.

Dessine moi la douceur,

Pour mieux habiller nos nuits.

Décroche l’éternité

Et j’y déposerai notre amour.

 

Anne Ngo Hagbe

© Anne Ngo Hagbe

À propos de l’auteure Anne Ngo Hagbe

Anne est créatrice du blog The Majority World et fondatrice de l’ONG Inkhata, deux concepts visant à aider l’entreprise à devenir l’expression d’une œuvre pour le développement socio-économique avec priorité sur l’Afrique. Anne dit qu’un jour, elle a commencé à écrire et elle a aimé ça parce que les mots sont pour elle le parfait médium pour traduire la voix du cœur et les envolées créatives de l’âme.

 

 

Photo titre : CC0 Public Domain
6 janvier 2017 0 Commentaires
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[Vidéo] Côte d'Ivoire Des salons de coiffures transformés en salons littéraires
ActualitéAfrique de l'OuestSociétéVidéos

[Vidéo] Côte d’Ivoire : Des salons de coiffures transformés en salons littéraires

par La redaction 4 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Pour faciliter l’accès des femmes à la lecture, la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire a installé 23 mini-bibliothèques dans des salons de coiffures à Abidjan et dans des villes de l’intérieur du pays.

Chacun dispose de 50 livres, renouvelés régulièrement grâce à une rotation du fonds de 1.750 ouvrages.

Le projet « Femmes et lecture » constitue une démarche de « bibliothèque hors les murs » dans un pays où il « n’existe pratiquement pas de bibliothèques dans nos quartiers » et où celles qui existent « ne sont pas fréquentées par la population, encore moins par les femmes », résume Chantal Adjiman, directrice de la Bibliothèque nationale et initiatrice de ce projet lancé en 2012.

Selon elle, entre leurs obligations professionnelles et/ou ménagères, les femmes n’ont pas assez de temps pour lire. C’est pourquoi la bibliothèque a décidé d’aller à leur rencontre là où elles se rendent régulièrement.

« Les femmes ivoiriennes sont très coquettes (…). Et cette raison peut les maintenir pendant au moins une heure et demie dans un salon de coiffure », souligne à l’AFP Mme Adjiman.

Certaines viennent ‘juste pour lire’

A la Bibliothèque nationale, située au Plateau, le quartier administratif et des affaires d’Abidjan, des collaborateurs empilent dans des cartons des ouvrages destinés aux salons de coiffures. Romans, livres pour enfants mais aussi essais qui parlent des droits de la femme ou des enfants…

Lire la suite sur weekened.levif…

4 janvier 2017 0 Commentaires
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Conakry Capitale Mondiale du Livre 2017
Afrique de l'OuestÉvénementsVidéos

[Vidéo] Conakry: Capitale Mondiale du Livre 2017

par La redaction 4 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Conakry, Capitale mondiale du livre 2017 de l’UNESCO – 23 Avril 2017- 22 Avril 2018

La capitale de la République de Guinée, Conakry, a été nommée Capitale mondiale du livre pour l’année 2017 par un Comité international d’experts le 30 juin 2015 au Siège de l’UNESCO à Paris.

Le comité de sélection a souhaité distinguer Conakry «à la lumière de la qualité et la diversité de son programme» en particulier «pour l’attention accordée à l’implication des communautés» ainsi que «pour son budget maîtrisé et ses objectifs de développement qui mettent l’accent sur les jeunes et l’alphabétisation».

Tout en se félicitant de la qualité des candidatures reçues par l’UNESCO, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a approuvé et salué la décision du Comité de désigner Conakry, Capitale mondiale du livre pour l’année 2017.

«Les livres, l’apprentissage et la lecture sont essentiels à la vie. Le fort investissement de la République de Guinée dans la promotion des livres et de l’alphabétisation témoigne d’une vision claire de la culture et de l’éducation en tant que moteurs du développement, et l’UNESCO est déterminée à soutenir ces efforts», a-t-elle déclaré.

Chaque année, l’UNESCO et les trois organisations professionnelles internationales de l’industrie du livre – l’Union internationale des éditeurs (IPA), la Fédération internationale des libraires (IBF) et la Fédération internationale des associations et institutions des bibliothécaires (IFLA) désignent la Capitale mondiale du livre pour une période d’un an. L’année commence le 23 avril à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Les principaux acteurs du livre se rassembleront afin de promouvoir et célébrer les livres et la lecture durant les 12 mois suivants.

4 janvier 2017 0 Commentaires
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Adaptation littéraire au cinéma des Confessions de Nat Turner The Birth of a Nation Bande-annonce VF
ActualitéAmérique du NordBiographie, mémoires et AutobiographieCinémaÉvénements

Adaptation littéraire au cinéma des « Confessions de Nat Turner » : The Birth of a Nation Bande-annonce VF

par La redaction 3 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté.
Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des
atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

Extrait de « Confessions de Nat Turner » dont la traduction en français est publiée aux éditions Allia et sort dès ce 05 janvier 2017.

« Lorsque je l’ai questionné sur l’insurrection qui avait lieu à peu près au même moment en Caroline du Nord, il a affirmé ne rien savoir à ce sujet ; et alors que je scrutais son visage comme pour tenter d’avoir accès à ses pensées les plus profondes, il a ajouté : ‘‘Monsieur, je vois bien que vous doutez de ma parole. Mais est-ce que vous ne croyez pas que d’autres que moi, influencés par les mêmes idées et par les mêmes phénomènes étranges dans le ciel, puissent être amenés à agir de façon identique ?’’ »

Le 21 août 1831, en Virginie, des esclaves prennent les armes contre leurs maîtres blancs. Sus aux esclavagistes ! En deux jours, ils vont de plantations en plantations et assassinent de sang-froid hommes, femmes et enfants. L’instigateur du massacre est arrêté. Il se nomme Nat Turner.

Emprisonné, il reçoit la visite de l’avocat Thomas R. Gray et lui raconte la ferveur religieuse qui a motivé son ‘’œuvre de mort’’. Depuis son enfance, Nat a l’étoffe d’un prophète : l’Esprit lui parle, lui envoie des signes et, bientôt, lui confie une mission. Il décrit, impassible et troublant, les préparatifs, la fuite, les morts et la soif de violence. Insurgé ou fanatique ? Libérateur ou illuminé criminel ?

Après son exécution en novembre 1831, Thomas R. Gray publie le récit qu’il a recueilli sous le titre de Confessions de Nat Turner. Au-delà de la ‘’littérature de potence’’, c’est un document historique incontournable : pour éviter d’autres rebellions, les États du Sud durciront la législation sur l’esclavage qui mènera à la guerre de Sécession… Ce texte, l’un des premiers à faire entendre une voix noire, éclaire aujourd’hui la place de ce personnage dans l’histoire des États-Unis et de la culture afro-américaine.

En 1967, l’adaptation littéraire de ce témoignage par William Styron lançait une polémique. Cinquante ans plus tard, l’histoire de Nat Turner devient un film, The Birth of a Nation, qui sortira en janvier 2017. À l’époque des émeutes de Ferguson et du mouvement Black Lives Matter, ces Confessions restent d’une actualité radicale.

Traduit de l’anglais et suivi d’Une Révolte en noir et blanc par Michaël Roy.

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Paris Palabres autour des arts - Les femmes dans la lumière littéraire !
LittératureÉvénements

Paris : Palabres autour des arts – Les femmes dans la lumière littéraire !

par La redaction 2 janvier 2017
Rédigé par La redaction

En collaboration avec la mairie de Boulogne-Billancourt, La rencontre « Palabres autour des arts » en ce janvier 2017 sera sur le thème « LES FEMMES DANS LA LUMIÈRE LITTÉRAIRE !« 

En quoi les femmes racontent-elles différemment des hommes ? Quel regard posent-elles sur les grands thèmes de la littérature ? Comment se racontent-elles ? Les palabres reviennent à l’occasion du festival AFRIQUE EN SCÈNE, avec un focus sur les femmes qui écrivent ou que l’on écrit.

Ce sera ce samedi 7 Janvier 2017, à partir de 15h30, à la Médiathèque Landowski, Boulogne-Billancourt (92100 Boulogne-Billancourt).

Les livres à l’honneur seront :

  • Mon royaume pour une guitare, Kidi Bebey
  • Les Maquisards, Hemley Boum
  • Le livre de Memory, Pettina Gappah
  • Les pêcheurs, Chigozie Obioma

L’invité palabreur du mois sera l’exceptionnel Guy alexandre Sounda avec son roman « Confession d’une sardine sans tête«  (éditions sur le fil, 2016)

2 janvier 2017 0 Commentaires
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Dakar Dr. Mahamadou Lamine SAGNA dédicace Violences, Racisme et religions en Amérique - Cornel West, une pensée rebelle
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsNon fiction

Dakar : Dr. Mahamadou Lamine SAGNA dédicace « Violences, Racisme et religions en Amérique – Cornel West, une pensée rebelle « 

par La redaction 2 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Le Pr. Mahamadou Lamine SAGNA vous convie à la cérémonie de présentation et de dédicace de son livre intitulé :

Violences, Racisme et religions en Amérique – Cornel West, une pensée rebelle le Vendredi 06 Janvier 2017 à 16h précises au WARC (Rue E x Léon G. Damas, Fann Résidence, Face Agence Autonome des Transports Routiers, DHL, CSE).

L’événement a lieu en collaboration avec le Centre de Recherche Ouest Africain (WARC).


Quatrième de couverture : 

Au moment où le nihilisme et les violences raciales et religieuses font d’énormes ravages dans le monde, Mahamadou Lamine Sagna nous invite à découvrir les analyses d’un auteur majeur et singulier : Cornel West. Cet auteur iconoclaste voyage à travers ces sujets d’actualité avec une passionnante singularité, qui prend souvent à contrepied les vulgates dominantes.

C’est cette pensée que l’auteur explore et décortique en nous invitant à en saisir les nombreux enjeux contemporains. Philosophe, critique littéraire, universitaire, commentateur politique, un temps ami de Obama avec qui il prend progressivement ses distances, la pensée de Cornel West est féconde et imprévisible. Comment la rendre accessible, témoigner de son caractère décisif ? C’est l’objectif de ce livre.

A partir de la tension entre douleur et espoir, Mahamadou Lamine Sagna apporte des éclairages profonds sur les dogmes religieux qui conduisent aux différentes formes de nihilisme, à l’intégrisme de l’économie de marché, au militarisme agressif, et à l’autoritarisme en Amérique et dans le reste du monde. L’auteur nous montre à travers la pensée de Cornel West comment les musiques afro-américaines, notamment le Blues et le Jazz, ont permis de lutter et de dépasser la violence structurelle et idéologique en Amérique. Dans le sillage des grandes voix politiques et musicales afro-américaines qui ont fait l’histoire, Cornel West joue sa propre musique. Capter ces notes et en analyser les significations, voici le pari tenu du livre de Mahamadou Lamine Sagna.

Mahamadou Lamine Sagna, Docteur en sociologie, est l’auteur du livre Monnaie et Sociétés, publié chez l’Harmattan en 2001. Il a enseigné une douzaine d’années aux États-Unis, notamment à l’Université de Princeton. Il effectue des recherches et des conférences sur la question de la pauvreté et des liens financiers.

2 janvier 2017 0 Commentaires
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Côte d’Ivoire Bernard Dadié récolte plus de 26 millions de signatures pour la libération de Gbagbo
ActualitéAfrique de l'OuestSociété

Côte d’Ivoire : Bernard Dadié récolte plus de 26 millions de signatures pour la libération de Gbagbo

par La redaction 2 janvier 2017
Rédigé par La redaction

Plus de 26 767 291 signatures ont été recueillies en Côte d’Ivoire et à l’extérieur dans le cadre de la pétition internationale visant la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo, a appris, jeudi, APA dans la capitale économique ivoirienne.

L’information a été donnée au cours d’une cérémonie de restitution de l’opération initiée le 22 juin 2016 par l’écrivain ivoirien Bernard Binlin Dadié et l’ex-Premier ministre togolais Joseph Koffigoh, au domicile de l’homme de la littérature à Cocody quartier des Ambassades, dans l’Est d’Abidjan.

‘’La collecte générale s’élève à 26.767.291 signatures enregistrées dans la période du 22 juin au 25 décembre 2016 en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde pour la libération du président Laurent Gbagbo’’ a déclaré Me Francis Elisé Trazié, huissier de justice qui a supervisé l’opération de la signature de la pétition, avant de remettre les actes au requérant Bernard Dadié…

Lire la suite sur abidjan.net,

photo abidjan.net

2 janvier 2017 0 Commentaires
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Mali Conférence sous régionale sur la conservation et la valorisation des manuscrits en Afrique de l’ouest
ActualitéAfrique de l'Ouest

Mali : Conférence sous régionale sur la conservation et la valorisation des manuscrits en Afrique de l’ouest

par La redaction 27 décembre 2016
Rédigé par La redaction

A l’issue de la conférence sous régionale sur la conservation et la valorisation des manuscrits en Afrique de l’ouest, l’ONG SAVAMA DCI, a organisé  du 15 et 16 décembre 2016  à Bamako, une rencontre d’une trentaines d’experts africains pour  échanger sur le problématique du financement des actions de conservation et de valorisation des manuscrits anciens en Afrique de l’ouest.

Abdel Kader  Haidara président exécutif de l’ONG SAVAMA, était le chef de fil de la rencontre des experts lors de la conférence sous régionale sur la conservation et la valorisation des manuscrits en Afrique de l’ouest. Aux termes des travaux, les participants ont formulé des recommandations sur les six différents panels ainsi qu’une déclaration pour la sauvegarde des manuscrits anciens aux futures générations.

En l’occurrence, depuis l’arrivée des jihadistes dans le nord du Mali en 2012, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à la sauvegarde des manuscrits de Tombouctou, dont la plus forte auprès de la communauté internationale est celle de l’UNESCO. L’organisation s’est encore exprimée très récemment sur l’urgence à restaurer et à mettre en lieu sûr les milliers de manuscrits maliens qui souffrent de mauvaises conditions de conservation. C’est à ce juste prix que l’ONG SAVAMA entend bonder dans le même sens pour donner des repères utiles aux jeunes générations sur le rôle et la place de l’Afrique dans la civilisation universelle.

Ces recommandations sont entres autres, pour les  Etats de l’Afrique de l’ouest: la mise à la disposition de leur  politique culturelle des moyens utiles à la création de bibliothèques de manuscrits anciens, et de budgets pour assurer leur mission ; l’adoption des textes  législatifs et réglementaires pour la protection des manuscrits ; un plaidoyer auprès des gouvernements et institutions pour une meilleure prise en compte dans les plans, programmes et budgets pour  des mesures de conservation des manuscrits ; la mobilisation de financement ; le partage de bonne pratique, notamment sur la base des expériences de l’ONG SAVAMA ; garantir d’une appropriation des manuscrit.

A noter que l’ONG SAVAMA est une association Tombouctienne pour la sauvegarde et la valorisation des manuscrits pour la défense de la culture islamique, créée depuis novembre 1996 pour la protection et la sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens en tant que partie intégrante du développement socio économique et culturel durable au Mali.

Abdel Kader Haidara

Abdel Kader Haidara, Directeur de la Bibliothèque commémorative Mamma Haidara au Mali, Président de SAVAMA DCI

La sauvegarde à tout prix.

Alors qu’attendons-nous pour prendre soin de ce patrimoine exceptionnel?

C’est déjà un petit miracle qu’il n’ait pas été entièrement brûlé -ou pillé- par la main destructrice des jihadistes (rappelons quand même que 4200 manuscrits ont été brûlés). Un miracle orchestré dans la plus grande discrétion par Abdel Kader Haidara, directeur de la bibliothèque Mamma Haidara de Tombouctou et président de l’ONG Savama-DCI. Une histoire aux accents héroïques, relayée maintes fois dans la presse. Ainsi, on sait que durant environ six mois, les manuscrits des 32 bibliothèques de Tombouctou ont pu être exfiltrés de Tombouctou vers Bamako. Un sauvetage périlleux et salutaire. Mais aujourd’hui, la zone humide de Bamako rend la conservation durable de ses sources écrites très compromise.

Un autre problème se pose alors celui de la préservation de près de 400.000 manuscrits historiques recensés. Un défi d’autant plus grand que les voix qui se sont élevées ne suffisent plus. Les actes manquent malgré le courage et l’engagement quotidien des communautés, de l’ONG Savama-DCI, ainsi que de l’Institut des Hautes Études et de la Recherche Islamique Ahmed Baba, qui ont permis d’entamer, immédiatement après la guerre, une action de sauvegarde et de catalogage pour reconstruire ces bibliothèques oubliées. Un travail long et minutieux, véritablement titanesque, qui a besoin de renfort et de soutien.

L’histoire du monde a laissé un héritage à Tombouctou à travers les manuscrits anciens de cette ville. L’histoire récente du Mali a montré la fragilité de ce bien universel. Aujourd’hui, une grande opportunité s’offre à nous pour mettre à l’abri les manuscrits afin que, dans l’avenir, aucune calamité, crise ou risque important ne puisse menacer de destruction totale ou partielle ce patrimoine inexploré. C’est en cela que l’initiative de BOZAR est salutaire à plus d’un titre pour nous. Faire voir, c’est faire savoir.”

Source : Dramane Konta, La Lettre du Mali, photos SAVAMA
27 décembre 2016 0 Commentaires
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Côte d'Ivoire Une rue d'Abidjan baptisée Bernard Dadié
ActualitéAfrique de l'OuestLittératureSociété

Côte d’Ivoire : Une rue d’Abidjan baptisée Bernard Dadié

par La redaction 27 décembre 2016
Rédigé par La redaction

Une rue d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a été baptisée vendredi 23-12-2016 du nom de l’écrivain et homme politique Bernard Dadié, le « père des lettres ivoiriennes ».

Le ministre ivoirien de la Culture Maurice Bandaman a salué en lui un « héros centenaire » lors de la cérémonie d’inauguration en présence d’hommes de lettres et d’universitaires. Cette rue d’Abidjan, longue de 1,3 kilomètre, est parallèle à la rue des jardins et passe devant le Bureau ivoirien des droits d’auteurs, dans le quartier chic de Cocody.

Bernard Dadié, de son nom d’origine Koffi Binlin Dadié, est né le 10 janvier 1916 à Assinie au sud de la Côte d’Ivoire. À sept ans, il part vivre dans la plantation d’un oncle à Bingerville puis rejoint son père qui le confie à un instituteur de Dabou, Bernard Sétigui Sangaré, dont il prend le prénom au moment de son baptême en 1925. En juin 1933, il entre à l’École William-Pontyde Gorée, la célèbre pépinière de l’élite africaine de l’époque. C’est là que se révèle sa vocation d’écrivain. ( Source : Présence Africaine).

Bernard Dadié est l’auteur d’une œuvre prolifique, dans laquelle il a abordé tous les genres littéraires : poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et surtout théâtre.

Militant pour l’indépendance, il sera le ministre de la Culture de 1997 à 1986 du premier président ivoirien Felix Houphouët Boigny.

« Poser un tel acte, c’est le faire entrer au panthéon pour qu’il continue d’inspirer ses contemporains pendant longtemps encore et serve de boussole aux générations à naître » a déclaré M. Bandama.Cette rue « encouragera les plus jeunes et les futures générations à découvrir l’importance et le plaisir de la lecture et aussi à mieux rencontrer l’homme ».

Bernard Dadié avait reçu le 11 février le premier prix Jaime Torres Bodet décerné par l’Unesco, qui récompensait l’ensemble de l’oeuvre de ce « pionnier et géant de la littérature africaine », selon Irina Bokova, la directrice de l’Unesco.

L’écrivain centenaire a reçu deux fois le grand prix littéraire d’Afrique Noire avec Patron de New York (1965) et La ville où nul ne meurt (1968).

 

27 décembre 2016 0 Commentaires
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Fawzia Zouari, lauréate 2016 du prix des 5 continents de la francophonie
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Fawzia Zouari, lauréate 2016 du prix des 5 continents de la francophonie

par La redaction 16 décembre 2016
Rédigé par La redaction

Réunis au siège de l’OIF à Paris le 6 décembre 2016, les membres du jury du Prix des 5 continents de la Francophonie ont désigné la lauréate de cette 15ᵉ édition. Fawzia Zouari (Tunisie-France) Le Corps de ma mère aux Éditions Joelle Losfeld (France).

Bio : Fawzia Zouari, née au Kef, est une écrivaine et journaliste tunisienne. Docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, elle vit à Paris depuis 1979. Elle a travaillé à l’Institut du monde arabe – à différents postes dont celui de rédactrice du magazine Qantara1 – avant de devenir journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique en 1996. Parmi ses publications : La caravane des chimères (Olivier Orban, Paris, 1981), Ce pays dont je meurs (Ramsay, Paris, 1999), La Retournée (Ramsay, Paris, 2002), Le voile islamique (Favre, Paris, 2002), Pour en finir avc Shahrazah (Edisud, Aix-en-Provence, 2003), Ce voile qui déchire la France (Ramsay, Paris, 2004), La deuxième épouse (Ramsay, Paris, 2006). Elle participe à de nombreuses émissions de télévision sur l’évolution des pays arabes.

Résumé : La narratrice tunisienne raconte sa mère. Comme le lui dit l’une de ses amies, il t’aura fallu une révolution (des jasmins) pour oser parler de tes rapports avec elle. Le sujet n’est pas tabou, mais dévoiler, au sens figuré comme au sens propre, la personnalité maternelle n’est pas une affaire facile. D’autant que le silence familial a toujours été la règle. Raconter l’intime, c’est mettre un sens à tout ce qui a été, est et sera. C’est essentiel aussi pour comprendre ce que sont et seront les bouleversements politiques et sociologiques.

 

16 décembre 2016 0 Commentaires
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Résidents de la République Capitaine Alexandre slame pour Mediapart
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[Vidéo] « Résidents de la République » : Capitaine Alexandre slame pour Mediapart

par La redaction 11 décembre 2016
Rédigé par La redaction

«Résidents de la République»
« Nous, citoyens de la République, résidents du tout monde qui gronde en nous… » Capitaine Alexandre, du collectif « On a slamé sur la lune », clôt la soirée de Mediapart en poésie.

Marc Alexandre Oho Bambe, également connu sous le nom de Capitaine Alexandre, est un poète, slameur et écrivain franco-camerounais né en 1976 au Cameroun. Ayant grandi entre le Cameroun et la France, il a trouvé dans la poésie et le slam des moyens puissants pour exprimer ses réflexions et ses sentiments.

Il est l’auteur de plusieurs recueils de poésie et de prose, tels que « Le Chant des possibles » (2014), « Résidents de la République » (2016). Son travail explore des thèmes profonds et variés, notamment l’identité, l’appartenance, la mémoire et la résistance, rendant souvent hommage aux luttes des peuples africains et afrodescendants.

Engagé pour la justice sociale, la paix et la liberté, Marc Alexandre Oho Bambe dit Capitaine Alexandre utilise sa poésie pour toucher et mobiliser le public. En tant que slameur, il a participé à de nombreux festivals et événements littéraires internationaux, utilisant la scène comme une tribune pour partager ses messages. Sa reconnaissance ne se limite pas à son public ; il a également été honoré par plusieurs prix littéraires, soulignant la pertinence et la profondeur de son écriture. Sa carrière continue d’inspirer de nombreux jeunes poètes et artistes à travers le monde, marquant durablement le paysage de la poésie et du slam francophone.

11 décembre 2016 0 Commentaires
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Le Nigeria, terre d'avenir pour l'édition et la littérature 
ActualitéAfrique de l'OuestLittératureSociété

Le Nigeria, terre d’avenir pour l’édition et la littérature 

par La redaction 10 décembre 2016
Rédigé par La redaction

Des grands écrivains à la multiplication des prix littéraires, en passant par les succès pour l’édition et la littérature, et l’engouement des jeunes, la littérature nigériane est dynamique, florissante et au centre de la vie culturelle du pays. C’est même un véritable phénomène de société, qui a encore de beaux jours devant lui.

Des centaines d’adolescents survoltés se rassemblent dans la nouvelle librairie d’un centre commercial de Lagos. Le « shopping mall » en question n’est pas particulièrement chic. Il vient de voir le jour à Surulere, un quartier populaire de Lagos. Ces jeunes Lagotiens se sont donné rendez-vous en quelques heures, grâce aux réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram et WhatsApp. Ils ont choisi de se réunir pour parler de romans nigérians.

Ces livres, ils en ont vanté les mérites sur des vidéos diffusées grâce à Youtube. Des auteurs nigérians sont venus participer à ces rencontres littéraires d’un nouveau type. Les débats sont enflammés pendant plusieurs heures d’affilée. Entre temps, des centaines de livres ont été dédicacés et vendus dans la jubilation.

The Jazz Hole Lagos - Photo: blackfabulousity.com

The Jazz Hole Lagos – Photo: blackfabulousity.com

Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. Lagos compte des centaines de librairies. Certaines d’entre elles comme le Jazz hole, à Ikoyi, un quartier chic de la capitale économique du Nigeria, sont des institutions où les écrivains célèbres comme Chimamanda Ngozi Adichie aiment se balader. Elle rend d’ailleurs hommage à cette librairie dans son dernier roman : à son retour à Lagos, son héroïne Ifemelu aime à flâner au Jazz hole. Tout comme l’écrivain qui lui a donné la vie.

D’autres librairies ont vu le jour récemment dans les centres commerciaux qui fleurissent un peu partout dans cette ville de vingt millions d’habitants. Bien sûr, on y trouve aussi des livres religieux et des ouvrages de développement personnel, mais la littérature y a la part belle. Les autres grandes villes telles qu’Ibadan, Abuja, Port-Harcout, Enugu ou Kano comptent, elles aussi, leur lot de librairies de qualité.

Le succès des éditeurs locaux

Un grand nombre d’ouvrages que l’on y trouve sont imprimés sur place. Ibadan, une grande ville du sud-ouest, est une capitale de l’imprimerie depuis plus de cinquante ans. Des centaines de livres sont également imprimés dans l’est du pays, à Onitsha ou Enugu, depuis des décennies.

Les éditeurs nigérians connaissent une belle croissance. Farafina, éditeur de Lagos, publie des ouvrages de belle facture, notamment les romans de Chimamanda Ngozi Adichie, L’autre moitié du Soleil, L’hibiscus pourpre ou Americanah. Bookcraft, éditeur d’Ibadan, a republié les ouvrages majeurs de Wolé Soyinka à l’occasion des quatre-vingt ans de l’écrivain.

Lire la suite sur – Hebdo – RFI

10 décembre 2016 0 Commentaires
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Burkina Faso L’INSS reçoit 3 846 ouvrages ayant appartenu au Pr Joseph Ki-Zerbo
ActualitéAfrique de l'OuestNon fictionSociété

Burkina Faso : L’INSS reçoit 3 846 ouvrages ayant appartenu au Pr Joseph Ki-Zerbo

par La redaction 10 décembre 2016
Rédigé par La redaction

L’Institut des sciences des sociétés (INSS) et la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le développement endogène de l’Afrique ont procédé à une signature de convention de partenariat ce vendredi 9 décembre 2016 au sein de l’INSS. Grâce à cette convention, la Fondation Joseph Ki-Zerbo met à la disposition de l’INSS son fond documentaire constitué d’ouvrages spécialisés en sciences sociales.

Ce sont 3846 ouvrages que la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le développement endogène de l’Afrique a offerts à l’Institut des sciences des sociétés (INSS). La bibliothèque de l’INSS qui ne disposait que de 1300 ouvrages se voit donc enrichie de cet important lot de livres pour le plus grand bonheur de ses 400 utilisateurs annuels.

Mme Françoise Ki-Zerbo, l’administratrice générale de la Fondation Ki-Zerbo, explique que ces livres sont pour la plupart rares et ont été sélectionnés par le Pr Ki-Zerbo qui les a lui-même utilisés. Cet acte constitue donc pour elle « un devoir de solidarité avec la communauté scientifique de notre cher continent. » Et le choix de l’INSS pour recevoir ces ouvrages n’a pas été fait au hasard. En effet explique- t-elle,

« Nous estimons que cet institut incarne à travers ses hommes et ses femmes qui font la recherche au quotidien sur nos communautés, les valeurs que nous prônons ; c’est-à-dire la responsabilité, l’engagement pour le développement de l’Afrique, la créativité, l’innovation, le dialogue des cultures et le dialogue entre les générations et aussi le dialogue entre les disciplines. Le Pr Joseph Ki-Zerbo était allé au-delà des frontières de sa discipline qu’est l’histoire (…) Nous sommes sûrs que nous sommes venus au bon endroit pour le développement endogène de l’Afrique. »

Le Dr Ludovic Kibora, directeur de l’INSS s’est également réjoui de la signature de la convention qui vise selon lui à « créer un espace de dialogue autour de l’œuvre du Pr Joseph Ki-Zerbo pour l’offrir comme repère fécond aux jeunes intellectuels et acteurs du développement africain afin qu’ils puissent relever les défis dans divers domaines. » Pour ce faire, il rassure la Fondation quant à l’engagement de l’INSS à faire en sorte de poursuivre la pensée et les œuvres du Pr Ki-Zerbo qui prônait un développement endogène de l’Afrique. Il appelle par ailleurs toutes les personnes s’intéressant à l’œuvre du Pr Joseph Ki-Zerbo à fréquenter l’INSS dont l’accès à la bibliothèque est gratuit.

Lire la suite sur leFaso.net

10 décembre 2016 0 Commentaires
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4ème Foire Internationale du Livre d’Haïti du 9 au 11 décembre 2016
ActualitéCaraïbesÉvénements

4ème Foire Internationale du Livre d’Haïti du 9 au 11 décembre 2016

par admin3050 8 décembre 2016
Rédigé par admin3050

Pour sa 4ème édition, la Foire Internationale du Livre d’Haïti, dont le thème est « Je lis, je grandis », se tiendra du 09 au 11 décembre 2016 dans les locaux du Palais municipal de Delmas.

 

Frantz Carly

Notre culture est notre richesse et nous devons exploiter au maximum toutes ses composantes afin de nous affermir en tant que peuple. A la DNL, nous avons une obligation de résultats dans le but ultime d’apporter la lumière aux jeunes d’Haïti.

C’est avec cette promesse que la Direction Nationale du Livre d’Haïti a annoncé les couleurs de la foire qui réunira plus de vingt maisons d’édition venues de partout, et dont l’invité d’honneur est Gary VICTOR, écrivain et scénariste haïtien. Y sont également attendus, l’éditeur Philippe Rey, la réalisatrice et auteure Julie Huard, le Dr. Marie Léticée, professeur de littérature et de langue à l’université de la Floride Central (UCF) et bien d’autres.

Au cours de la Foire Internationale du Livre d’Haïti, il y aura une réduction exceptionnelle de 60% sur tous les titres disponibles et plus de 4000 coupons rabais seront livrés aux étudiants et écoliers.

8 décembre 2016 0 Commentaires
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Paris Des artistes maliens rejoignent la Coalition des artistes pour promouvoir l’Histoire générale de l’Afrique
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsHistoireSociété

Paris : Des artistes maliens rejoignent la Coalition des artistes pour promouvoir l’Histoire générale de l’Afrique

par La redaction 6 décembre 2016
Rédigé par La redaction

Plus d’une quarantaine d’artistes maliens de grand renom seront présents au siège de l’UNESCO à Paris le 7 décembre (Salle XI, 12h30) pour s’engager à rejoindre la Coalition des artistes pour l’Histoire générale de l’Afrique, une initiative visant à promouvoir le travail effectué depuis 1964 par l’UNESCO pour réécrire une histoire de l’Afrique débarrassée des préjugés.

Barack Adama de Sexion d’Assaut (rappeur), Amadou et Mariam (chanteur), Dawala (producteur), Salif Keïta (chanteur), Aïssa Maïga (actrice), Cheick Moctary Diarra (écrivain), Inna Modja (chanteuse), Mokobé (rappeur), Oxmo Puccino (rappeur), Ballaké Sissoko (musicien), Cheick Tidiane Seck (musicien et compositeur), Rokia Traoré (chanteuse) et bien d’autres artistes renommés de la scène franco-malienne signeront une déclaration d’engagement pour rejoindre la Coalition.

La cérémonie sera ouverte par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, de la ministre de la Culture du Mali, N’Diaye Ramatoulaye Diallo et le Représentant de la Délégation des artistes maliens, Badiri Diakité, di Dawala.

En octobre 2015, l’UNESCO a créé une Coalition d’artistes, venus d’Afrique et d’ailleurs, pour aider l’UNESCO à « faire descendre l’immense savoir contenu dans les volumes de l’HGA dans l’esprit du peuple », selon les mots de Ray Lema, musicien congolais et porte-parole de la Coalition.

L’Histoire générale de l’Afrique, une initiative pour la jeunesse africaine

La Coalition des artistes a pour objectif de sensibiliser la jeunesse aux messages véhiculés par cette œuvre. Par leur engagement et par leurs créations artistiques, les membres de la Coalition s’emploient à convaincre les décideurs politiques de l’intérêt que représente pour l’ensemble du continent l’enseignement du patrimoine partagé des peuples africains.

Lancé en 1964, l’élaboration des huit volumes de l’Histoire générale de l’Afrique a mobilisé plus de 230 historiens et spécialistes pendant plus de 35 années. Achevé en 1999, ce travail est considéré comme une contribution majeure à la connaissance de l’histoire et de l’historiographie africaines.

La cérémonie sera suivie par un échange avec la presse pendant laquelle les artistes expliqueront les raisons de leur engagement dans un tel projet.

***Les journalistes souhaitant assister à cet événement sont priés de s’accréditer. Contact médias : Djibril Kebe, service de presse de l’UNESCO, d.kebe@unesco.org, +33 (0) 1 45 68 17 41

Source :  unesco.org 

6 décembre 2016 0 Commentaires
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la bibliothèque Al-Quarayouine
ActualitéAfrique du NordSociété

Au Maroc, les trésors retrouvés de la plus vieille bibliothèque du monde

par Acèle Nadale 5 décembre 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Après plusieurs années de restauration, la bibliothèque Al-Quarayouine, située au cœur de la médina de Fès, est de nouveau accessible aux chercheurs. Ce lieu exceptionnel accueille en son sein plusieurs milliers de manuscrits d’une valeur inestimable.

Dans le labyrinthe des ruelles de la médina de Fès, elle passerait presque inaperçue. À peine remarque-t-on cette sombre porte de bois sculptée sur la place des ferronniers, où chaudronniers et forgerons martèlent le cuivre à la main sous le regard enchanté des touristes et dans un tintamarre assourdissant. Passé le porche, un premier escalier de céramique mouchetée de vert et bleu — le célèbre bleu de Fès — enchante le regard et laisse déjà imaginer ce que l’on va trouver plus haut.

La bibliothèque al-Quarayouine, souvent présentée comme la plus vieille bibliothèque du monde, sort de plusieurs années de restauration. Pas encore ouverte au public, elle n’est accessible qu’aux chercheurs et à quelques journalistes chanceux. Al-Quarayouine, qui abritait alors une mosquée et une université, a été fondée en 859 par une femme, Fatima al-Fihri, fille d’un riche marchand tunisien, venue à Fès sous le règne de la dynastie idrisside. Cette « demeure de la science et de la sagesse » est devenue l’un des grands centres intellectuels du monde arabe. Traités de sciences islamiques, d’astronomie, de droit et de médecine lui ont été légués au fil des siècles par des sultans, des princesses ou des savants. La mosquée — d’une beauté éblouissante – est toujours là, mais l’université a déménagé vers de nouveaux locaux.

Lire la suite sur Le Figaro.fr 

5 décembre 2016 0 Commentaires
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AuteursAfrique de l'EstLittératureVidéos

[Vidéo]  » Je ne sais pas quoi faire de ma vie » de Fathia RADJABOU

par La redaction 2 décembre 2016
Rédigé par La redaction

Dans l’émission ENTRE LES LIGNES sur Africa24, Fathia Radjabou présente son livre Je ne sais pas quoi faire de ma vie – Présence Africaine – Comores

Jeunes et dynamiques, Zahara, Karimène, Mélissa, et les autres appartiennent à différentes communautés du melting pot marseillais.

Cadre supérieure ou caissière de supermarché, elles éprouvent toutes une sorte de mal-être. Elles sont décrites dans une tranche de vie : celle-ci, le matin, alors qu’elle reçoit un appel téléphonique de sa mère repartie aux Comores, celle-là, le soir de ses trente ans, ou encore cette autre prise du désir de rompre la routine et de faire voyage…

Toutes se cherchent et essaient d’échapper aux problèmes liés à la maternité, au couple, à la tradition. Elles tentent ainsi de satisfaire leurs besoins d’évasion, de liberté, création… Le texte évoque, pour chacune d’elles, moment particulier. Il se termine par une réunion «copines» ayant atteint la quarantaine et qui, le te d’une rencontre, vont partager leurs souvenirs, leurs joies et leurs peines.

Fathia Radjabou est née à Moroni (Comores). Agrégée d’économie, elle enseigne dans un lycée de la région parisienne. Je ne sais pas quoi faire de ma vie est première œuvre publiée.

2 décembre 2016 0 Commentaires
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4ème édition de la fête du livre de Kinshasa du 23 au 27 Novembre 2016
ActualitéAfrique CentraleÉvénements

4ème édition de la fête du livre de Kinshasa du 23 au 27 Novembre 2016

par La redaction 25 novembre 2016
Rédigé par La redaction

QUATRIÈME ÉDITION DE LA FÊTE DU LIVRE DE KINSHASA : « Roman noir et société africaine »

Du 23 au 27 novembre 2016 // Entrée libre

En trois éditions, la Fête du livre s’est imposée comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de littérature à Kinshasa. Autour des thèmes « Roman noir et société africaine », cette 4ème édition est une nouvelle fois l’occasion de mettre en avant la richesse de la littérature congolaise actuelle et de permettre des échanges toujours passionnants entre les auteurs et le public.

Un programme varié

Au programme, des lectures, des ateliers, des débats, des spectacles, des films, des séances-dédicaces et un concours de BD. Sous la petite halle de la Gombe, la librairie éphémère proposera des centaines d’ouvrages à la vente et une exposition photos réalisée par les élèves du Lycée français. On y trouvera tous les genres, romans, récits, essais, bande dessinée, pour tous les goûts et tous les âges…

Lire la suite…Institut Français de Kinshasa

25 novembre 2016 0 Commentaires
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Alain Mabanckou : « Donald Trump aurait voulu ne pas être président »
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Alain Mabanckou : « Donald Trump aurait voulu ne pas être président »

par La redaction 15 novembre 2016
Rédigé par La redaction

Sa plus grande victoire, en fait, aurait été de perdre. C’est ce qu’explique ici l’auteur de “Black Bazar”.

Donald Trump a été élu démocratiquement par les Américains. Ce que beaucoup ont qualifié de «choc» au regard des sondages qui garantissaient une victoire de la Démocrate Hillary Clinton. Le succès de celle-ci nous aurait en effet conforté dans notre bonne conscience, celle qui nous rassure – de plus en plus à tort – en nous disant que la haine, la division et le racisme échouent devant le résultat des urnes puisque les êtres vertueux, les gens raisonnables sont plus nombreux que ceux-là qui sont attirés par les charlatans de l’Apocalypse.

Or, c’est cette confiance suicidaire et paresseuse qui a plongé une bonne partie de l’électorat démocrate dans un sommeil léthargique tout au long de la campagne présidentielle. Et, pendant cet assoupissement, Trump le Conquérant enregistrait scrupuleusement l’exaspération des laissés-pour-compte, des populations désœuvrées dans les villes industrielles, des indignés du monde rural, des victimes de la rigueur économique et des Blancs en quête de leur suprématie d’antan, parce qu’ils se sentaient humiliés depuis deux mandats par la présence d’un président noir à la Maison Blanche…

L’article complet sur BibliObs

 

15 novembre 2016 0 Commentaires
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Photo de l'auteur Angelo Koblan
Interviews

L’auteur ivoirien Angelo Koblan compile ses chroniques quotidiennes pour son second livre.

par Acèle Nadale 15 novembre 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Koblan Koffi Kra Ange, alias Angelo Koblan est écrivain Ivoirien et juriste de formation. Entre ses recherches et la rédaction de sa thèse de Droit Public, il s’adonne à la passion de son enfance : la lecture et l’écriture. Ce qui lui vaut la publication de son premier livre Dans l’ombre de la féminité, Tome 1, publié en 2014 aux éditions Balafons et le deuxième Réflexions sur les pratiques politiques en Côte d’Ivoire publié aux éditions l’Harmattan, en 2016. Ce dernier est un recueil de chroniques écrites entre février 2010 et juillet 2011.

 

Dites-nous comment vous avez rencontrez l’écriture ?

Je ne sais pas si j’ai rencontré l’écriture. En réalité, il me semble que c’est l’écriture s’est imposée à moi à la suite de mes rencontres avec la lecture. J’ai été très influencé par plusieurs auteurs. Je peux citer entre autres Tiburce Koffi, Dany Laferrière, Paulo Coelho, Stephen King, Frédéric Lenoir,  Omraam Mikhaël Aïvanhov, James Chase Hardley, Amadou Hampaté Ba,… Leurs différentes œuvres m’ont permis de nourrir cette passion. Je me suis mis à les imiter. Et comme l’imitation précède l’imagination, petit à petit  j’ai commencé à écrire mes propres textes. A cet effet, j’ai pu contacter celui qui était le plus proche de moi en l’occurrence Tiburce  Koffi. Ce dernier sans me connaitre (à l’époque) m’a adopté et m’a guidé jusqu’à la sortie de mon premier livre. J’ai ensuite bénéficié du coaching de Véronique Tadjo qui m’a enseigné les rudiments de l’écriture.

Parlez-nous un peu de vos ouvrages ? Quel regard pouvez-vous jeter sur les nombreuses publications des auteurs ?

Mon premier livre, « Dans l’ombre de la féminité, Tome 1 » est un roman publié en 2014 aux éditions Balafons. Ce livre est un roman philosophique qui fait le pont entre le texte dissertatif et le texte narratif. Ce livre raconte le parcours d’une jeune femme de sa vie universitaire à sa vie professionnelle. A chaque étape de sa vie, elle effectue un travail de conscience de soi en mettant en relation théorique et pratique des éléments de sa condition féminine. Les thèmes abordés sont l’autonomisation de la femme et sa place dans la société, le dividende démographique, la quête du bonheur…

Mon second livre est « Réflexions sur les pratiques politiques en Côte d’Ivoire » publié aux éditions l’Harmattan. C’est un recueil de chroniques écrites entre février 2010 et juillet 2011. Il faut dire qu’à l’origine, mes intentions n’étaient pas d’écrire ce livre. Je produisais des textes pour juste donner mon opinion sur les faits que nous vivons au quotidien. J’ai effectué ce travail entre 2009 et 2012. C’est seulement en 2014 que j’ai eu l’idée de sélectionner quelques textes pour éditer ce recueil de chroniques. Le critère de sélection des textes a été bien entendu le thème abordé : les pratiques politiques en Côte d’Ivoire. Ils se révèlent donc comme un témoignage car ils ont tous été écrits à chaud. A ce titre, j’ai pris l’engagement d’assumer mes positions en conservant l’authenticité de chaque chronique.

Angelo Koblan

Commander le livre

Vous lirez dans ce livre des textes écrits avant, pendant et après la crise postélectorale. Il était important pour moi de les publier pour laisser des traces et relatant ma part de vérité sur la crise. Les sujets abordés sont la remise en cause de la démocratie en Afrique, la nécessité d’une nouvelle culture politique, la problématique du développement dans nos états, les modes de dévolution de pouvoir. Le titre « Réflexions sur les pratiques politiques en Côte d’Ivoire » est très explicite. Je l’ai voulu ainsi car il oriente facilement le lecteur. Toutefois, il est important de préciser que ce livre ne parle pas de politique à proprement parlé mais de pratiques politiques. L’on définit la démocratie comme le gouvernement du peuple. Si tel est le cas, le véritable acteur politique dans un régime démocratique n’est pas le leader politique mais le peuple. A ce titre, réfléchir sur les pratiques politiques revient en principe à réfléchir sur la manière dont le peuple participe à la gestion du pouvoir politique. Le livre, loin de donner des solutions miracles, met en lumière des problématiques sur la culture politique des populations africaines en général  et ivoiriennes en particulier.

Quant à mon regard sur les nombreuses publications des auteurs, je  suis admiratif de ces publications ; car elles contribuent à l’expression de la littérature. Toutefois, pour aller dans le sens de l’écrivain Guinéen Lamine Kamara, je reste persuadé que l’essor de la littérature dans un pays ne se mesure pas par la performance de ses auteurs, mais plutôt par l’intérêt que les lecteurs ont vis-à-vis des œuvres littéraires.

Quelques projets en vue ?

Je suis en train de travailler sur la suite de mon premier roman. Je compte également le rééditer dans une autre maison d’édition car la maison (éditions Balafon) qui l’a édité n’existe plus. J’ai donc repris mes droits. J’ai reçu des propositions d’éditeurs, mais pour le moment je veux prendre le temps de terminer les deux autres tomes avant de m’engager dans la phase éditoriale.

 

Entretien  réalisé par Auguste Gnalehi in Zaouli N°44

15 novembre 2016 0 Commentaires
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8Clos, un roman de Djhamidi Bond qui nous plonge au coeur d’une famille musulmane tourmentée
Notes de lecture

8Clos, un roman de Djhamidi Bond qui nous plonge au coeur d’une famille musulmane tourmentée

par Mireille Kameni 1 novembre 2016
Rédigé par Mireille Kameni

« Souffre en silence, ma petite. »

Ces mots lâchés par une mère à sa fille à la page 169 traduisent bien 8clos, sorti aux Editions Ifrikiya (2016, Collection Sanaga), Yaoundé de l’auteure camerounaise Djhamidi Bond. Dans ce dernier ouvrage, elle navigue sur les eaux troubles de l’inceste, du silence et de la sorcellerie. Le huis clos se présente dans cette œuvre sous différents aspects : dans le confinement d’une concession familiale, huit personnages de prime importance s’acheminent vers une déchéance taciturne les poussant à prendre des décisions aux conséquences irréversibles.

Djhamidi Bond prend l’initiative de dévoiler les squelettes planqués dans les placards d’une famille musulmane aux abords lisses et sans reproches. En réalité, le mot « famille » définit mal les liens qui unissent les personnages de ce roman. Saïd, le frère de l’héroïne, profitera sans vergogne de sa naïveté pour entretenir avec elle des rapports incestueux. D’ailleurs, il n’hésitera pas à la partager avec son ami Moktar. Apprenant cet acte immonde, sous le poids de la honte, Nazirah, la mère de l’héroïne et Zenabou, la femme de maison, entreprennent de dissimuler « l’infamie ». A l’insu d’Ally, le père de l’héroïne, cette dernière est emmenée dans le village de Zenabou et cachée jusqu’à l’accouchement, sous le prétexte de se soumettre à une formation à sa future vie d’épouse. De retour dans la concession familiale après l’isolement, l’accouchement et les tortures corporelles infligées pour redonner forme à son corps, l’héroïne, de nouveau face à son frère dont l’acte abject a été passé sous silence, entreprend alors de se faire justice. Pourquoi est-elle la seule à être punie à être traitée en pestiférée ? Pourquoi sa mère n’avait-elle pas pris son parti et tenté de tout expliquer à son père ? Comment une mère n’arrive-t-elle pas à réagir convenablement pour protéger sa fille ? Incapable d’alléger les souffrances d’une « gamine jetée en pâture au monde des adultes« . Ces interrogations dressent un mur infranchissable entre la mère et sa fille, et étouffent toutes aspirations au bonheur. Le mariage apparaît à l’héroïne comme la seule issue de secours pour s’éloigner de cette famille et oublier. Le mariage avec Karim, l’époux tout trouvé Ally, représentera-t-il un nouveau départ ou tout au contraire un miroir aux alouettes ?

La déchéance des personnages masculins qui se peaufine au fil du roman, met le discrédit sur la gent masculine, qui fera l’objet de punitions régulières. En effet, la récurrence de l’émasculation des hommes (accidentelle ou volontaire) frôle de peu la misandrie, car s’érige en juste châtiment comme le seul moyen pour mettre l’homme et la femme musulmans au même pied d’égalité.

L’héroïne, tout au long du roman, n’aura jamais été nommément citée. L’on serait tenté d’assimiler cette ombre identitaire, à une volonté d’universalité, afin que toute jeune fille musulmane ou non puisse se reconnaître en ses lignes.

La mention du genre roman, portée sur la première de couverture, annonce un caractère fictionnel de l’œuvre qui plutôt surprend par son réalisme social. Ce roman met en lumière la place de la fille dans une famille musulmane au sein de la société camerounaise. Il pourrait nourrir l’ambition, de susciter chez la fille musulmane de l’audace, un éveil, une envie de revendiquer une place en tant qu’être à part entière ; un être qui serait libre de ses choix, libre d’avoir accès à la scolarisation ou d’exercer une profession.  En effet, une certaine conception populaire voudrait que la fille musulmane soit un être muselé, inhibé et confiné aux recoins des maisons familiales au nom de l’Islam. Cette vision n’est pas trahie dans 8clos où l’héroïne est effectivement réduite à vivre en automate sous la gouverne d’un homme.

Dans une langue claire et facile à lire, l’héroïne du roman peint les personnages de façon différenciée ; les personnages masculins sont tour à tour, présentés sur la base de leur meilleur profil aussi bien physique que comportemental, puis successivement déchus et dépossédés de l’essence même de leur masculinité, tandis que les personnages féminins gagnent en maturité et en force de caractère. Bien que l’écriture soit assez complexe au regard de l’âge de la narratrice qui est censée n’être encore qu’une adolescente scolarisée à domicile, la structure dramatique du roman reste constante. Entre inceste, mariage de convenance, infertilité, polygamie et prémices de sorcellerie, l’héroïne évolue dans des situations aussi graves les unes que les autres, soulignant sa pensée pessimiste quant à la vision de la vie de la femme musulmane.

8clos est un roman dont le réalisme social interpelle les musulmans et le concept ségrégatif qui régit souvent la vie en famille. Toutefois, l’exhortation principale de l’auteure reste floue dans la diversité des thèmes abordés. Elle dénonce plusieurs injustices faites aux femmes africaines en général et à la femme musulmane en particulier, mais aussi, elle met en évidence le culte du silence, la manigance, l’usage courant de subterfuges et de sorcellerie au sein de certaines familles africaines. Pour ainsi dire, elle fait le constat de l’ancrage de nos traditions qui fissurent sans peine nos religions. Tous les moyens sont bons pour consolider un foyer et sauvegarder « l’honneur » d’une famille dans la société.

1 novembre 2016 0 Commentaires
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Le naufragé du destin un Poème-Roman de Para Bela
LittératureAfrique CentraleNotes de lecturePoésie

Le naufragé du destin | un « Poème-Roman » de Para Bela

par Rosine Dayo 28 octobre 2016
Rédigé par Rosine Dayo

Le naufragé du destin est l’œuvre du Camerounais Para Bela, de son vrai nom Jean Gabriel Bela. C’est un premier texte qui mérite d’être découvert. Toutefois, sorti en juillet 2016 aux éditions Ifrikiya, la catégorisation de ce texte dans un genre littéraire classique est un peu difficile. Pourquoi ne pas donc faire confiance à l’auteur lui-même lorsqu’il nous propose une étiquette commode pour désigner son propre texte ! Le genre Poème-Roman. C’est le registre dans lequel l’auteur a choisi d’inscrire son œuvre. Cette classification se justifie par la présence des deux genres dans son livre. Cette œuvre, écrite par un abbé, a une vocation philosophique et sociale.

Le thème central est celui de l’immigration. Les cent quarante-trois pages de ce livre se structurent autour de deux grandes parties : la première est consacrée à une observation brute de la triste réalité dans laquelle ont été plongés les pays francophones suite à la colonisation et la deuxième à une narration des actions qui ont été posées dans le but de remédier à cette douleur.

La première partie constituée de quinze lettres s’intitule Les mots des maux. « J’émigrerai … ». C’est sur ce vers que le narrateur ouvre son récit. Pour faire comprendre les motivations qui poussent à partir en Europe, le personnage du texte évoque les sacrifices, le fouet enduré, le déracinement et l’exploitation dont son pays a été l’objet. Il raconte comment on l’a forcé à parler français, se comporter comme un français, connaitre l’histoire de la France. Lorsqu’ils sont venus en Afrique, il les a reçus en amitié. Il est surpris et ne comprend pas pourquoi, lorsqu’il veut également leur rendre visite chez eux, on lui en interdit l’accès.

« La nouvelle identité africaine se fait à travers l’immigration, je vais immigrer justement pour cela » (p36).

Le narrateur nous plonge dans une quête de soi. Celle au-dedans de lui, il dit l’avoir déjà trouvée. À présent, il est en quête de cette autre partie que le blanc a emportée avec lui hors de l’Afrique. Sous forme de lettres poétiques, le candidat à l’immigration explique les raisons de sa détermination à immigrer.

Il écrit à ses amis Paul, Stéphane, Marine, Naguy Bocsa, Merkel pour les avertir de son arrivée imminente, car c’est une certitude pour lui qu’il émigrera vers l’Europe, qu’importent les mesures qu’ils prendront pour lui en empêcher l’accès ;

Il écrit à Barak Hussein, « un mangeur de banane version mondialisée ». Il lui écrit pour lui dire toute la joie qui a été sienne lors de son élection, l’espoir qu’ont pu semer en lui les mots qu’il énonçait. Seulement aujourd’hui, la réalité les a rattrapés :

« Tes mots n’ont plus leur effet envoutant, ils ne font plus rêver, ils sont source de malentendus, tes mots sont devenus des maux » (p50).

Il témoigne aussi sa gratitude à cet ami et frère qui a montré que l’idéologie et la politique n’ont pas de couleur, et qu’en Amérique tout est possible ;

Aux célèbres morts, Jean-Paul II et à Mandela, il écrit ; car le monde entier, d’un seul corps, a célébré ces deux grandes figures de l’Histoire. L’une a en effet élevé Dieu et l’autre l’Homme. Ils ont démontré que, pour célébrer la paix dans le monde, l’union de la théologie et des politiques des hommes est bien possible.

La deuxième partie, quant à elle, est intitulée Le voyage. Le texte prend ici un nouveau rythme. Le lecteur entre pleinement dans la phase prosaïque du texte. On note l’entrée de plusieurs personnages, la progression de l’intrigue dans le temps et dans l’espace. C’est le début du voyage. Construite sur trois séquences, à savoir le départ, la côte, l’autre départ, cette partie décrit le parcours du narrateur et ses amis d’aventure. Les personnages sont entre autres : M. Charon, Nemrod, les guides, Zam, son compagnon et ange gardien, le Père José, un religieux mystérieux et plein de sagesse et Shipampou Sorenia, l’unique personnage féminin de l’aventure et future compagne de Zam. Par elle viendra l’espoir et plus tard la vie. Le narrateur quant à lui demeure anonyme tout au long de l’intrigue.

L’espace s’ouvre sur le bord de la mer, décrivant ainsi un groupe d’aventureux prêt pour l’embarcation dans un bateau de fortune appelé « Naufragé » ou « Survivant » selon qu’on se trouve à tribord ou à bâbord. Par la suite plus rien. Que la mer, la lune, le ciel, les étoiles et le silence. Ce silence, d’abord enchanteur, favorable à la méditation, ensuite de mauvais augure, sera cet élément perturbateur qui fera chavirer le bateau. Après l’échec de ce voyage, le destin va conduire les naufragés sur le rivage d’une île inconnue. Une période transitoire, durant laquelle ils seront contraints d’y travailler afin de trouver à nouveau un moyen de continuer leur voyage. Grâce à divers stratagèmes, ils atteindront l’Europe, mais en seront immédiatement privés de séjour et renvoyés dans leur pays respectif.

D’un style plutôt poignant, mais humoristique, Le naufragé du destin est une véritable méditation à laquelle l’abbé soumet ses personnages et son lecteur, qui tout au long de l’intrigue sont amenés à se remettre en question, à remettre en question les vérités qu’ils prenaient pour acquises. Loin des cadavres repêchés, de réfugiés affamés et sans abris, loin de cette peinture macabre, Para Bela penche un nouveau regard sur l’immigration. Il la présente non pas comme une quête matérielle, mais plutôt intérieure, un cheminement vers l’accomplissement soit d’où l’inexistence de l’échec.

Ce livre est un magnifique témoignage de courage, de ténacité et d’amour. Que d’émotions au cours de cette lecture ! En se donnant les moyens de survivre, ces survivants nous donnent à nous lecteurs une belle leçon d’humilité et nous rendent parfois honteux des pensées que nous avions avant de lire ce beau texte. Je recommande vivement ce livre à toute la jeunesse africaine, qu’elle comprenne que sur le chemin de la vie, il n’existe pas d’échecs, mais tout simplement des étapes qui nous conduisent vers notre destin.

28 octobre 2016 0 Commentaires
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Dakar : Penseurs et universitaires d’Afrique et de sa diaspora se réunissent pour « Les Ateliers de la Pensée »
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Dakar : Penseurs et universitaires d’Afrique et de sa diaspora se réunissent pour « Les Ateliers de la Pensée »

par La redaction 20 octobre 2016
Rédigé par La redaction

Communiqué de presse : Les Ateliers de la Pensée

Les Ateliers de la Pensée, initiés par Achille Mbembe et Felwine Sarr réunissent du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis des penseurs, écrivains, et universitaires africains et de la diaspora, de premier plan, pour réfléchir autour des nouvelles interrogations suscitées par les transformations du monde contemporain.

La première décennie du XXIe siècle est marquée par le renouveau relatif de la pensée critique Afro-diasporique d’expression française, le dynamisme de sa création littéraire et le foisonnement de sa production artistique. Ce renouveau est porté en partie par l’apparition d’une nouvelle génération d’auteur(e)s, arrivée à maturité, l’émergence et la consolidation de diasporas intellectuelles en Europe et aux États-Unis notamment, et un déplacement significatif de la réflexion continentale elle-même.

Il s’agira de penser les possibilités nouvelles qu’offrent ces temps paradoxaux de vaste ouverture, mais aussi de clôture et d’enfermement, mais également d’interroger les concepts susceptibles de mieux éclairer les dynamiques présentes et d’ouvrir les futurs.

Les Ateliers de la Pensée seront composés alternativement de session à huis clos entre chercheurs et de rencontres avec le public au cours desquelles seront abordées : les questions des héritages postcoloniaux notamment celles liées à la pensée et aux épistémologies post et décoloniale ; la quête de nouvelles formes du politique et de la citoyenneté, l’Afrique et sa relation planétaire ; les thèmes récurrents de l’identité, de l’altérité et de la différence, des langues, ou encore de l’universel et du particulier, mais également des préoccupations concernant le devenir de la planète en général.

L’objectif de ces ‘Ateliers’ est donc de faire le point sur toutes ces questions. Où en sommes-nous ? Quelles sont les urgences à penser et les défis à relever ? Dans quelles archives devons-nous chercher les concepts susceptibles de mieux éclairer le présent et d’ouvrir les futurs ? Comment renouveler les formes ?

Le second objectif sera de réfléchir sur les formes de collaboration susceptibles de donner davantage de visibilité, de densité et de force, à la pensée, l’écriture et la création Afro-diasporique afin d’accroitre sa contribution dans la réponse aux défis qui interpellent l’Afrique et le monde.

Les intervenants

Intervenants-Ateliers-de-la-Pensée

Intervenants Ateliers de la Pensée ©Presse ADLP

Achille Mbembe (Historien, Politiste), Felwine Sarr (Economiste, Ecrivain), Souleymane Bachir Diagne (Philosophe), Mamadou Diouf (Historien), Léonora Miano (Ecrivaine), Françoise Verges (Politiste), Alain Mabanckou (Ecrivain), Abdourahman Waberi (Ecrivain), Elsa Dorlin (Philosophe), Sami Tchak (Ecrivain), Nadia Yala Kisukidi (Philosophe), Lydie Moudileno (Professeure de littérature comparée), Séverine Kodjo-Grandvaux (Philosophe, Journaliste), Abdourahmane Seck (Anthropologue, Historien), Ibrahima Thioub (Historien), Hourya Benthouami (Philosophe), Célestin Monga (Economiste, Ecrivain), Romuald Fonkua (Professeur de Littérature Francophone), Benaouda Lebdai (Professeur de littérature et Critique littéraire), Aminata Diaw (Philosophe), Ebrima Sall (Sociologue), Bonaventure MVE Ondo (Philosophe)

 

Les Ateliers de la Pensée se dérouleront à Dakar et à Saint- Louis en deux étapes :

Etape 1 – Dakar : 28-29 octobre 2016

28 octobre Institut Français de Dakar.

✓ 8h3ti – 17h00 : Travaux à huis-clos dans la salle de cinéma.

✓  19 H -̀ 00h00 : La Nuit de laPensée. Echanges avec le public au Théâtre de Verdure.
OUVERT AU PUBLIC ET A LA PRESSE

29 octobre Jardins du CODESRIA

✓ 9h00 – 13h00 : Ateliers de la Pensée à huis-clos, avec les chercheurs du CODESRIA

✓ Après-midi libre

Etape 2 – Saint-Louis  30 et 31 octobre 2016

30 octobre – Voyage sur Saint-Louis

31 octobre Universite Gaston Berger de Saint Louis

✓ 9h00 – 13h00 : Salle des Actes du Rectorat de l’UGB.
Ateliers de la Pensée avec les chercheurs de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

✓  15h – 19H Grand Auditorium de l’UGB II.

Échanges avec les étudiant(e)s de l’UGB au cours d’une après-midi de la pensée.

 

Elodie Dupuis 

20 octobre 2016 0 Commentaires
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AuteursAfrique CentraleInterviewsLittérature

Kidi Bebey : « Heureusement qu’il y a les arts pour arrondir les bords coupants de la vie »

par Acèle Nadale 18 octobre 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Kidi Bebey est une éditrice, journaliste et écrivain franco-camerounaise. Elle a été pendant une douzaine d’années, rédactrice en chef des magazines panafricains d’information « Planète Jeunes » et « Planète Enfants ». Elle a produit et animé l’émission quotidienne « Reines d’Afrique » sur RFI et collaboré à France Culture.  Elle publie son premier roman Mon royaume pour une guitare en août 2016 aux éditions Michel Lafon. Un roman inspiré de l’histoire de son père, le célèbre artiste-musicien camerounais Francis Bebey (1929-2001), auteur du Fils d’Agatha Moudio (Éditions Clé, 1967, grand Prix littéraire de l’Afrique noire 1968 ). Dans cet entretien, elle nous parle de la naissance de l’idée du roman, de ses motivations à l’écrire et du message qu’elle souhaite passer à travers lui.

Afrolivresque : Vous avez une longue expérience dans le journalisme et l’écriture, notamment dans la littérature jeunesse, pourquoi avoir attendu jusqu’en 2016 pour publier ce roman ?

Kidi Bebey : C’est une longue histoire. Il remontre à très longtemps le désir d’écrire sur des destins dont on n’a pas les représentations en littérature. Quand mon père est décédé il y a quinze ans, je me suis rendue compte que beaucoup de gens se sentaient proches de lui, de son parcours et de son audace, qui n’étaient pas forcément liés à sa célébrité. Certaines personnes avaient un rapport parfois difficile avec son souvenir en se rappelant les dictées à l’école qui étaient des extraits de ses livres (rires). D’autres avaient une sorte d’éblouissement au souvenir de certaines de ses chansons et le prenaient pour modèle. Au fil du temps, la figure de mon père m’est apparue comme un personnage romanesque dont beaucoup parlaient et disaient parfois des choses qui m’étaient étrangères. Je me suis aperçue que les gens se racontent des histoires à partir du passé et de ce qu’une personne peut représenter pour eux, même au sein de sa propre famille ; et je crois que c’est le cas chez tout le monde. Dans une famille, il y a toujours des mythes, des secrets, une histoire d’un oncle ou d’une tante, qui restent un peu tabous et qu’on ne nous a pas entièrement racontés. Et quand on en parle avec ses frères et sœurs, ils ont chacun leurs versions. Tout cela m’a en quelque sorte autorisée à donner aussi ma version de l’histoire de mon père.

Ce roman est-il une vraie biographie et pourquoi avoir choisi la forme du roman pour raconter la vie de votre père ?

Je ne voulais pas faire un essai, une biographie dans le sens classique du terme. Il y a des historiens qui en savent plus sur ma famille, à certains égards, que moi-même. L’un des personnages du roman, mon oncle Marcel, est un membre de la famille dont j’ai à peine entendu parler. L’universitaire Achille Mbembe par exemple, en savait plus sur lui que moi. À l’évocation du nom de mon oncle dans la famille, on sentait toujours qu’on allait bousculer des choses difficiles et tristes. J’adore les histoires et j’aime qu’on m’en raconte. Je me suis autorisée avec ce roman à mélanger le réel et la fiction, en le proposant comme pacte de lecture au lecteur potentiel. J’ai eu envie à mon tour de raconter les histoires que je me raconte sur mes parents et ma famille avec ce que je crois savoir. D’où la première phrase du roman « Il y aurait bien des manières de raconter cette histoire. »

Comment était Francis Bebey en tant que père ?

Il était un père certes sévère, mais qui était tendre et savait dire et faire ressentir son affection à ses enfants. Il avait un grand sens de l’humour qui est propre aux personnes qui travaillent sur le dépassement de soi. Son humour n’était pas de la légèreté, mais plutôt une arme pour avancer dans la vie. C’était aussi quelqu’un d’extrêmement travailleur qui cherchait quelque chose. Bref, un artiste.

Francis Bebey

Dans le roman, vous l’appelez toujours Francis. Vous ne dites jamais Papa. Pourquoi ?

Je ne suis pas entrain de lui parler dans le roman. Je l’ai transformé en un personnage dans mon récit. Je transforme la famille en personnages de mon propre film intérieur, je fais des photos, des images et je fais croire que je donne la parole.

Écrire sur les gens qu’on aime n’est pas toujours chose aisée, car on dévoile un peu leur intimité aussi. Y-a-t-il eu des moments au cours de l’écriture, où vous avez eu des difficultés à dire certaines choses ?

Il est toujours difficile d’écrire sur sa propre famille. Mais on a le droit de faire matière avec ce qu’on a autour de soi, notamment les siens. C’est légitime. Et c’est d’ailleurs le projet littéraire de beaucoup d’auteurs. Au départ, les personnages avaient d’autres noms pour créer cette distance entre l’histoire réelle de ma famille et le récit. J’ai tourné un peu autour du pot avant d’y arriver finalement. L’écriture du livre m’a pris trois ans au total. Et la famille l’a très bien accueilli.

Mariage de Francis Bebey et Madé Crédit Photo : Kidi Bebey)

Mariage de Francis Bebey et Madé
Crédit Photo : Kidi Bebey)

Vous utilisez beaucoup d’éléments photographiques dans votre récit…

Quand mon père est décédé, j’ai eu envie de regarder les albums photos de la famille. Je les avais toujours feuilletés mais cela faisait un moment que je ne l’avais pas fait. Je restais toujours avec mes questionnements sur l’identité de certaines personnes sur les photos. Ce qui est intéressant avec les photos, c’est qu’elles sont comme des flashs de souvenirs que l’on croit avoir, alors qu’ils sont peut-être le fruit des histoires qui nous ont été racontées. C’est au cours de la construction du récit que j’ai eu l’idée d’utiliser des photos comme flashs de souvenirs.

Bien qu’on soit dans la fiction, vous détaillez avec précision certains faits historiques relatifs à la période pré-indépendances en Afrique. Comment avez-vous effectué vos recherches ?

Je savais par exemple que mon oncle Marcel, qui était l’aîné et modèle de mon père, avait fait la deuxième guerre mondiale. J’ai trouvé quelques informations sur lui en faisant des recherches sur internet. Il était intéressant pour moi de nourrir le récit, non pas seulement avec l’histoire d’une famille qui va créer la première génération d’Africains hors de leur territoire d’origine, mais aussi avec les coulisses historiques de l’époque. Il y a une histoire du Cameroun méconnue dans son rapport avec la colonisation, notamment l’histoire de la résistance camerounaise. Heureusement qu’il y a des historiens qui réfléchissent sur cette mémoire-là, qui peut être incarnée par des personnes méconnues du grand public comme mon oncle. On trouve des documents dans des archives. J’ai choisi une clé d’explication qui est la mienne, le parcours de mon père, pour raconter une partie de cette mémoire. J’ai voulu la mettre en arrière-plan de mon récit pour dire le poids des choses dans les parcours des personnages. C’était aussi une manière de réhabiliter tous ces gens, dire le courage de toute une génération qui a porté un joug sur les épaules et qui a réussi à se débarrasser de ce joug colonial. J’ai tenu aussi à souligner le fait qu’il y avait des bons et des méchants des deux côtés.

La complexité de l’identité d’un immigré africain en France revient très souvent dans votre texte. Où vous sentez-vous chez vous ?

Quand mes parents arrivent en France à la fin des années cinquante, le regard que posaient les Français sur eux était étrange. Pour le coup, ils étaient des minorités visibles. Cette première génération d’immigrés africains représentait tout le continent. Ces regards n’étaient pas obligatoirement du mépris ou de l’arrogance, mais pouvaient être aussi de la curiosité positive ou de l’étonnement. C’est une dimension importante dont on ne parle pas toujours. Celui qui reçoit ce regard-là aimerait se fondre dans la masse mais oublie que ça peut être juste un questionnement de l’autre, et qui peut permettre une certaine ouverture. Je me sens chez moi là où vivent les Hommes, là où je me sens bien. Et se sentir bien n’est pas uniquement lié au regard des autres ; c’est d’abord et surtout être soi-même. Que ça pose problème aux autres, c’est leur affaire.

Kidi Bebey

Kidi Bebey (Photo Odile Motelet)

Estimez-vous que l’héritage de votre père en tant qu’artiste a la valeur et la reconnaissance qu’il mérite aujourd’hui dans son pays d’origine le Cameroun ?

Son vrai retour au Cameroun est culturel par la valorisation de la culture de son pays et de l’Afrique sub-saharienne à travers le monde, en allant à la rencontre des autres sur la terre entière. C’est merveilleux qu’il ait pu faire connaître les sonorités de ce continent au-delà des mers. Il se méfiait de tout ce qui était politique, à cause du souvenir de son frère. Quant à la valorisation de son héritage, je ne me pose pas la question pour lui uniquement, mais pour tous ces artistes d’Afrique sub-saharienne dont les mémoires culturelles contemporaines mériteraient à être mieux conservées, approfondies et transmises. C’est dommage qu’on ait plus de choses de Francis Bebey aux États-Unis qu’au Cameroun par exemple.

Quel est le plus bel enseignement que vous tirez de la vie de votre père ?

Il disait très souvent qu’il n’allait pas laisser de biens matériels comme des maisons, une parcelle de terre etc…Nous n’étions pas une famille fortunée. Finalement les choses plus importantes que j’ai reçues de lui, c’est une posture, une manière de voir le monde, c’est un fond culturel extraordinaire. Tout ceci fait que je n’ai pas forcément d’admiration pour l’accumulation de biens. Ce qui m’intéresse c’est ce que les gens font de leurs vies en essayant de se rapprocher le plus possible de ce qui les passionne.

Vous êtes aussi auteure de littérature jeunesse. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Merci de me poser la question et j’en suis ravie, car c’est très important pour moi d’écrire pour un public jeune. Je n’ai pas du tout de hauteur par rapport à ce public. Les gens ont malheureusement tendance à séparer le reste de la littérature de la littérature jeunesse. Je m’occupe de la collection Lucy aux éditions Cauris Livres fondées par Kadiatou Konaré, à laquelle je tiens beaucoup car c’est une collection qui traite justement des sujets sur la mémoire culturelle ou politique de l’Afrique à travers des personnages d’origines africaines.

Quel message souhaitez-vous passer avec Mon royaume pour une guitare ?

Ça vaut le coup de choisir sa route en dépit de ce qui peut se dire autour de soi, parce que nous sommes les seuls à savoir ce qui nous va. Heureusement qu’il y a la musique et les arts pour arrondir les bords coupants de la vie. Dans une époque aussi troublée que celle que nous vivons actuellement, il faut vraiment y prêter attention. Ce sont sans doute les choses qui vont nous aider à nous relier, à ne pas nous séparer en groupes ennemis et à rapprocher les Humains.

18 octobre 2016 0 Commentaires
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_Sélection spéciale du jury « Le pont de Likeng » Une nouvelle de Michel Ntcham
LittératureFantasy

Concours de nouvelles « L’Afrique fantastique » – Sélection spéciale du jury : « Le pont de Likeng » | Une nouvelle de Michel Ntcham

par admin3050 18 octobre 2016
Rédigé par admin3050

La nouvelle  « Le pont de Likeng » de Michel Ntcham est la sélection spéciale du jury, lors du concours de nouvelles « L’Afrique fantastique », organisé par Afrolivresque et en partenariat avec Kiro’o Games Studio.

 

« Foutez le camp de la barrière de mon chantier !!! »

Jean-Claude Bilong  répugnait ces morveux oisifs qui étaient le reflet d’une jeunesse camerounaise en perdition et dont les seuls moteurs semblaient désormais n’être que la bière ou la religion. Très souvent les deux à la fois. Mais déjà, il ne se préoccupait plus d’eux, occupé qu’il était à scruter le ciel. Un nouvel orage s’annonçait et à en jauger les lourds nuages, il risquait d’être encore plus impressionnant que les derniers.

Jean-Claude sentit une main peser sur son épaule et se retourna. Patrick Meunier le dévisageait. Le passé du Français dans la Légion Étrangère avait durci ses traits et sa coupe de cheveu militaire complétait la martialité de son apparence.

« Il faut évacuer. L’orage approche… »

Jean-Claude acquiesça. Il savait le Français très réfléchi et sa connaissance des lieux était implacable. Lui, avait quitté le Cameroun à ses 18 ans pour poursuivre ses études d’ingénierie à Lyon et n’était revenu qu’il y a trois mois, appelé à la rescousse afin de sauver ce projet de construction d’un pont sur le fleuve Nyonga.

« Tu t’en occupes ? », demanda Patrick rudement.

Il n’avait pas encore digéré le fait que lui, le vieux baroudeur, dusse désormais répondre de ses actes devant ce jeune premier. Jean-Claude n’était pas dupe. Il savait qu’il ne devait sa nouvelle position qu’à son appartenance à l’ethnie Bassa‘a, autochtone de cette petite bourgade qui jouait pourtant un rôle prépondérant dans le ralliement des métropoles Yaoundé et Douala.

« Fais-le toi. Je vais vérifier la digue. »

Jean-Claude s’engouffra dans son Toyota pick-up blanc flambant neuf et s’engagea sur la piste encore trempée par les averses des jours précédents pour s’enfoncer dans la forêt obscure qui séparait le nouvel emplacement du chantier du lit du fleuve Nyonga, laissant rapidement les dernières habitations de Likeng derrière lui.
Après une demi-heure de patinage artistique au travers d’une forêt lugubre il atteignit enfin le Nyonga et ses eaux ténébreuses.

La digue creusée avec l’aide des villageois pour éviter que le fleuve ne ressorte de son lit à nouveau n’inspirait guère confiance au jeune homme. Pourtant, ce projet ne pouvait plus se permettre le moindre retard. Déjà, son employeur, la SFPC (société Française des Ponts et Chaussées), y avait perdu des millions d’Euros. Au vu des divers autres contretemps, même Jean-Claude qui était loin d’être superstitieux commençait à penser que le sort s’acharnait contre eux. Il y avait d’abord eu l’accident de route sur la piste qu’il venait lui-même d’emprunter. Ce dernier avait coûté la vie à un collègue. S’en suivirent l’écroulement des fondations superficielles du pont sans raisons apparentes et enfin, l’inondation du chantier après que le Nyonga soit sorti de son lit engloutissant sur son passage tout le matériel de travail. C’en fût trop pour les travailleurs autochtones qui partirent, prétextant la colère de Madib, l’esprit de fleuve, qui ne souhaitait manifestement pas de pont à poutres au-dessus de ses eaux. Sans les villageois, il n’y avait que peu de chances de pouvoir terminer le pont dans les délais. La SFPC misait donc désormais sur le pouvoir persuasif de Jean-Claude, l’ex-enfant du village, pour les convaincre de revenir.

Un éclair déchira le ciel obscur. Le vent fouettait les arbres de cette forêt primaire. Jean-Claude compris qu’il fallait regagner le village au plus vite. C’est donc pied au plancher qu’il manœuvrait le 4×4 dans la forêt lorsque soudain, au milieu de la piste, un vieillard penché sous le capot ouvert d’une vieille Renault 4CV grise le força à s’arrêter. Jean-Claude baissa sa vitre et apostropha l’individu :

« Le moteur ne démarre plus ? »

L’homme s’avança lentement vers le pick-up. Ce n’est que lorsqu’il fût à quelques pas que l’Ingénieur distingua ses traits et sa tenue. Il était vêtu d’une soutane blanche. Sa frêle silhouette et son visage ridé contrastaient avec la dureté de son regard. C’est pourtant avec un large sourire qu’il répondit :

« Ah mon fils, la voiture là me fait des problèmes depuiiiiiss….

— Papa, tu vas venir la récupérer demain. Viens, je te ramène au village. »

Avant d’accepter, le vieillard se retourna une dernière fois sur son véhicule, probablement une relique de la période postcoloniale car la plaque d’immatriculation était encore de la république fédérale du Cameroun. Les deux hommes roulèrent quelques minutes en silence avant que l’ingénieur ne le rompit :

« Papa, tu es le pasteur de Likeng ? »

Le vieux se contenta de sourire.

« Et toi, tu es le nouveau chef de projet pour le pont, n’est-ce pas ? »

— Oui Papa. Tu me connais ?
— Mon fils, je connais tous les villageois. Toi tu es parti très jeune, c’est pour ça que tu m’as oublié. Alors, les travaux avancent-ils ?
— Pas comme nous le souhaitons.
— Oui… Parce que vous ignorez nos coutumes ici… Pourquoi ne demandez-vous pas à Madib ce qu’il veut ? »

Jean-Claude était stupéfait. Prêtre catholique et adepte de mysticisme n’avait, semble-t-il, plus rien de contradictoire. Le vieil homme devina ses pensées :

« Ce n’est pas parce que tu vis chez les blancs que nos rites et coutumes n’existent plus mon fils.
— Je sais Papa mais sérieusement, ça ne résoudra pas mes problèmes…

— Oh mon fils, nous avons tous des problèmes. Toi tu veux finir ton travail, le gouvernement souhaite achever le projet, moi j’ai une vieille voiture et j’en veux une neuve comme ton Pick-up-ci par exemple…C’est la vie… »

Les deux hommes échangèrent encore sur des futilités jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre déserté de Likeng.
Il pleuvait désormais en trombes mais le pasteur refusa poliment l’invitation de Jean-Claude de l’accompagner jusqu’à sa mission.

« Mon fils, marcher un peu sous la pluie à mon âge ne me fera pas de mal. », dit-il avec un sourire malicieux avant de disparaitre au pas de course entre les habitations.

Arrivé au campement évacué, Jean-Claude ne trouva que Patrick et Abessolo, l’un des gardiens, jouant aux cartes. La pluie frappait fort sur les tôles de la baraque de fortune aménagée en pièce à loisirs pour les travailleurs. Après que l’Ingénieur eut raconté sa rencontre, Abessolo insista sur l’importance des prêtres dans la communauté. Jean-Claude savait qu’il aurait besoin de celui de Likeng pour convaincre les villageois de reprendre le travail. Il se promit d’aller le voir dès son retour de Yaoundé où il se rendait le lendemain faire un rapport au ministre des transports sur l’avancée des travaux. Au moment d’aller au lit Patrick l’apostropha :

« Tu sais, en 1962, durant l’installation du Bac sur le Nyonga, les allemands ont été confrontés aux mêmes soucis que nous aujourd’hui. Ils auraient fait une offrande au fleuve parait-il.
— Et… ?
— Le Bac est bel et bien installé, non ?

***

À Yaoundé, la réunion avec le ministre s’était déroulée comme à l’accoutumée. Les menaces et invectives d’usage avaient fusé et Jean-Claude en avait pris pour son grade. Il était désormais bien heureux de pouvoir reprendre la route vers Likeng. À la sortie de la ville l’enseigne du « Tribune », le journal national, attira son regard. Il bifurqua dans l’entrée au goudron parsemé. Il dût promettre plusieurs bières pour qu’on le mène dans la salle des archives, une pièce poussiéreuse qui sentait le renfermé.

Après de longues minutes de recherche dans des armoires brinquebalantes il découvrit enfin la publication du 13 Mai 1962 qui relatait l’installation du Bac sur le Nyonga. Le texte faisait allusion à Madib, l’esprit maléfique du fleuve qui parfois prenait la forme d’animaux ou de personnes pour se mêler à la vie du village, à l’incrédulité des ingénieurs allemands et à l’offrande faite au fleuve pour l’apaiser. Les détails sur les photos de l’article en noir et blanc étaient difficilement identifiables. Le regard de Jean-Claude s’arrêta toutefois sur l’un d’eux avec effroi. C’est tremblotant et en trombe qu’il quitta les locaux du journal et qu’il pénétra quelques heures plus tard dans l’enceinte du chantier de Likeng ou il fût accueilli par un Abessolo inquiet.

« Qui y a-t-il ? demanda Jean-Claude depuis son véhicule.

— Patrick est brusquement tombé malade…On ne sait pas ce qu’il a. On ne sait pas s’il passera la journée.
—Tu sais où se trouve l’église du village ? demanda Jean-Claude à son interlocuteur.
— O-Oui…
— Monte, on y va. »

Abessolo s’exécuta sans comprendre.

La petite mission catholique de Likeng était cachée derrière deux vieux manguiers. Un jeune homme en soutane lisait devant le bâtiment colonial dont la dernière rénovation remontait aux indépendances. À la vue du véhicule un sourire illumina son visage au teint couperosé. En voilà un qui avait manifestement trouvé une utilisation plus pratique au vin de messe.

« Bonjour ! », dit-il en s’approchant du véhicule qui avait freiné dans un nuage de poussière.
« Bonjour, répondit Jean-Claude après avoir baissé la vitre de du pick-up avant d’ajouter, nous cherchons le prêtre…
— C’est moi.
— Non, …Le vieux prêtre !
— Monsieur, je suis le seul prêtre ici !»

Abessolo, paniqué, avait enfin compris. Jean-Claude redémarra son Pick-up, fit demi-tour en laissant pantois l’homme dans son rétroviseur.

« Chef ? », commença Abessolo. Son supérieur le fixa froidement pendant qu’il manœuvrait le 4×4 sur la piste qui le menait au fleuve.

« Pour sauver Patrick, il faut faire vite. Quand je dis saute, tu sautes. Compris ? »

Le gardien acquiesça. La pénombre de la forêt les engloutissait désormais. Enfin un dernier virage. Devant eux l’onde noire du fleuve.

« Maintenant !!!! », hurla Jean-Claude.

Abessolo pesa sur la portière et disparu dans la broussaille qui défilait. Son chef fit de même, laissant filer le pick-up. Ce dernier s’éleva de la rive et se projeta dans le fleuve. Après un dernier soubresaut, le véhicule fût finalement englouti par les eaux qui continuèrent le déferlement comme si de rien n’était.

Déjà, le brouhaha habituel de la forêt avait repris….

***

Les applaudissements réveillèrent Jean-Claude qui s’était légèrement assoupi pendant le discours kilométrique du ministre. À ses côtés, Patrick rayonnait dans son costume sombre malgré la chaleur estivale. Dix mois plus tôt il s’était miraculeusement remis de sa maladie subite dont aucun médecin n’avait pu diagnostiquer l’origine. Il se retourna vers son jeune patron dès que la foule de personnalités et de curieux venus assister à l’inauguration du pont de Likeng se fût dirigée vers le buffet organisé pour l’occasion.

« Je ne t’ai pas dit merci pour m’avoir sauvé la vie.

— Oh, je n’ai rien fait…
— Oh si mon cher. Abessolo m’a raconté. Je comprends que tu ne l’écrives pas dans ton rapport mais …Que s’est-il vraiment passé ? »

L’ingénieur hésita.

« Tu sais à Yaoundé, j’étais aux archives d’un journal pour savoir comment les allemands avaient résolu le problème du Bac sur le fleuve… »

Il prit une inspiration.

« Je suis tombé sur la photo de l’offrande faite au Nyonga ce jour-là. J’y ai reconnu la même voiture, de la même couleur et avec le même numéro d’immatriculation que celle du prêtre que j’ai rencontré dans la forêt et lui-même à côté !!»

Après un court instant, il demanda :

« Penses-tu que c’était Madib ?

— J’ai beaucoup roulé ma bosse tu sais, conclut Patrick, J’en ai vu des choses en Afrique… »

Sur ce, il tapota amicalement l’épaule de Jean-Claude avant d’aller rejoindre les autres convives. Le jeune ingénieur était désormais seul devant le pont. Derrière lui le brouhaha de la fête couvrait celui de la forêt réveillée.

Il monta sur l’édifice depuis lequel il avait vue sur la piste de forêt rénovée. Soudain, il crut percevoir un ronflement de voiture familier. Il bondit du pont et se mit à courir comme un forcené vers la piste. Sa veste et ses chaussures d’apparat gênaient son avancée. Il arriva juste au moment où un véhicule tournait au coin du virage et disparaissait de son champ de vision. Hors d’haleine il s’arrêta pour reprendre son souffle. Il aurait juré qu’il s’agissait d’un pick-up Toyota tout neuf de couleur blanche.

 

18 octobre 2016 0 Commentaires
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« Berlin Black & White » Les auteurs africains au Festival Stadtsprachen le 03 novembre 2016
ActualitéEuropeÉvénements

« Berlin Black & White » : Les auteurs africains au Festival Stadtsprachen le 03 novembre 2016

par La redaction 13 octobre 2016
Rédigé par La redaction

Si l’on dit que Berlin est la plus belle ville d’Europe, ce n’est pas seulement à cause de son passé historique fort symbolique ou encore de son riche répertoire d’artistes de tous bords, mais c’est aussi et surtout à cause de son caractère ô combien cosmopolite. Oui ! Vous trouverez tout et surtout « tous » à Berlin : toutes les influences artistiques, culturelles, spirituelles, religieuses, toutes les nationalités, et partant, toutes les langues…

En parlant de langues, saviez-vous que :

-101975 Berlinois parlent la langue turque,
-44 838, le Polonais
-18261, l’Italien
-16752, le Russe
-14361, le Français
– 10031, l’Espagnol
– 5924, le Chinois
Source:  Bureau des statistiques Berlin-Brandenburg (Juin 2012)

C’est dans l’optique de célébrer ce multilinguisme grandissant qu’aura lieu pour la première fois à Berlin, sous la coordination du très reconnu écrivain allemand Martin Jankowski,  le festival STADTSPRACHEN du 28 Octobre au 6 Novembre prochain. Et, parmi les plus de 90 auteurs étrangers qui se succéderont sur les scènes du festival, cinq africains auront la mission de représenter le continent :

–Jùmọké Bọlanle Adéyanju, poétesse, Nigeria

–Wilfried N’Sondé, écrivain, République du Congo

–Steve Mekoudja, auteur et poète, Cameroun

–Kenneth Binyavanga Wainaina, écrivain, Kenya

–Linda Gabriel, poétesse, Zimbabwe

Ces derniers donneront le 3 novembre d’abord à 17h00 une conférence intitulée Berlin Black & White à Brotfabrik, conférence au cours de laquelle chaque écrivain parlera de « ses expériences spécifiques et ses problèmes au sein des milieux littéraires berlinois et allemands », puis à 20h00 une séance de lecture de leurs textes au Panda-Theater. Des rencontres qui s’annoncent donc riches en émotions et réflexions. Nous  recommandons vivement à tous nos lecteurs berlinois de se rendre au festival STADTSPRACHEN.

 

13 octobre 2016 0 Commentaires
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Maya Angelou célébrée à Paris
LittératureAmérique du NordEuropeÉvénements

Maya Angelou célébrée à Paris avec Léonora Miano, Christiane Taubira, Rita Coburn-Whack, Nicole Dogué, Margot Dijkgraaf et Russel Banks

par Marien Fauney Ngombé 12 octobre 2016
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

C’est par une fraîche soirée d’automne que je vois ce beau monde converger vers le théâtre de l’Odéon. Je reconnais quelques artistes juste devant moi. Une romancière un peu plus loin. Nous sommes le 10 octobre 2016. Les journées raccourcissent. Les lumières du Paris by night sont un écrin pour l’édifice. La seule vue du théâtre participe à introduire la soirée qui m’attend. Je retrouve des co-auteurs du recueil Franklin l’insoumis (La Doxa, 2016) dans la queue pour prendre leurs places. Je suis là grâce à Afrolivresque, magazine littéraire pour lequel je suis contributeur et qui a été associé au plan média de l’événement. Je récupère mon invitation, mon casque de traduction et me voilà installé place corbeille pour enfin écouter les intervenants parler de Maya Angelou. C’est le début de la soirée.

Une musique nous plonge dans une atmosphère jazz. Je ne reconnais pas l’artiste, mais une ambiance s’installe peu à peu. Les lumières s’éteignent. Les projecteurs éclairent l’entrée de Rita Coburn-Whack, Leonora Miano, Nicole Dogué, Margot Dijkgraaf et Russel Banks. Les noms de Léonora Miano et Banks raisonnent particulièrement dans ma tête. On ne présente plus Miano à ceux qui s’intéressent à la littérature francophone. Tout le monde connaît sa rigueur d’écriture, son projet littéraire pour la cause africaine ou noire et son caractère bien trempé. Russel Banks le célèbre romancier dont des titres comme American darling me viennent à l’esprit. Une photo en guise d’unique décor illumine la salle. Elle présente une Maya Angelou, cheveux blancs étincelants, coupés court, bouche entre ouverte avec un regard intense qui fixe l’assistance. Tout au long de la soirée qui durera près de deux heures, Maya the « Phénoménal woman » est littéralement omniprésente. Et pour cause… nous allons voyager dans son existence.

La rencontre commence par une lecture de Nicole Dogué d’un texte extrait de Lettre à ma fille (dernière publication posthume aux Éditions Noirs sur blanc, préface de Dinaw Mengestu). Il y est question d’enfance. L’enfance qui ne part jamais. Nous apprenons à faire des choses, mais nous restons les mêmes enfants que nous avons été, timides et maladroits (je cite de mémoire). C’est le fil rouge de la rencontre. Il y sera question de l’enfance qui donne la trajectoire de notre vie. Sans tomber dans le pathos, on évoque l’enfance douloureuse dans le sud des États-Unis. Le sud ségrégationniste pour cette enfant née en 1928. Dans cette société raciste dans laquelle un enfant blanc aurait pu traiter un adulte noir de tous les noms sans que personne s’en offusque. Mais on parle surtout de l’acte qui sera peut-être la source de la force de Maya Angelou ou alors la fêlure qui laissera passer l’étincelle de génie. Le viol de Maya Angelou à 7 ans. Leonora Miano fait le parallèle avec son enfance et celle d’Oprah Winfrey qui a connu les mêmes sévices. On appendra plus tard qu’Oprah était une amie de Maya et c’est elle qui demande à Rita Coburn-Whack de faire des entretiens avec Maya. C’est ce qui donnera le film Maya Angelou : And Still I rise. De l’enfance, on passe à Maya jeune adulte qui passera par toutes les formes d’expressions artistiques : actrice, poète et chanteuse. On peut voir dans des extraits du film de Rita Coburn-Whack une Maya qui chante avec grâce dans les clubs de jazz de l’époque, ou chantant du Calypso avec ce physique atypique pour l’époque. Grande, athlétique, se mouvant avec assurance… À propos de ce physique, Russell Banks qui l’a vue sans être un intime, a dit avoir été impressionné par cette dame. Sa démarche, sa présence, sa façon de regarder de près et droit dans les yeux.

Les interventions de Miano qui n’a pas manqué d’ironiser sur le fait qu’en France, on parle plus facilement d’une Africaine Américaine qui a lutté pour les droits des noirs et pour la condition des femmes que d’une noire française, alors qu’il existe des noires en France qui portent un discours aussi intéressant. Elle explique ensuite sa passion pour une Angelou résiliente, jamais larmoyante, qui dans ses combats questionne la place de la femme dans le monde. On rappelle les voyages de Maya en Afrique, Égypte et Ghana, et questionne la place de la femme dans le monde finalement et aussi de l’africain et de sa diaspora. Au niveau de la langue, Miano attire notre attention sur le fait que Maya Angelou dans son combat avait déjà pris conscience du fait qu’il fallait se réapproprier la langue du colonisateur, du dominateur pour le dénoncer.

Alors que les échanges ne manquent pas de profondeurs souvent et d’humour par instants, dans la dernière partie de la soirée, la projection de la vidéo de Christiane Taubira est un moment fort. À tout point de vue ! D’abord, elle vient faire des ponts entre des générations de femmes qui n’ont certes pas la même existence, mais dont le travail littéraire place la question de la place des Noirs dans l’histoire de l’humanité et de la femme au centre avec en plus un travail sur la langue. Taubira parle de « lyrisme du quotidien » en parlant de Maya Angelou. Une écriture très belle et très accessible. Et parle d’un travail plus ciselé sur la langue et le langage dans le cas de Toni Morrison et de Léonora Miano. Cette intervention renvoyait aussi au propre parcours de Taubira en filigrane. On pense à la loi Taubira sur l’esclavage, au combat politique d’une femme noire dans une France qui a plein d’approximations en matière de place des femmes… De Maya Angelou, on passe à Toni Morrison, Taubira et Miano comme la sève d’un même arbre qui irrigue différentes branches. Ensuite, Taubira cite Angelou et avec le sourire conclut son intervention par une note d’enthousiasme.

On peut dire que le ton de la soirée était aussi à l’anecdote comme les relations complexes entre deux amis Maya et Billie Holiday. Ou encore la rencontre de Maya Angelou et Tupac Shakur sur le film de John singleton, Poetic Justice : Maya s’adresse à un jeune noir qui jure à tout-va. Elle finit par avoir un entretien avec ce jeune tourmenté. Elle fait pleurer un Tupac qui comprend le parcours de cette femme qui lui rappelle les combats de sa propre mère, ancienne Black Panther. Taubira dira que Maya est « un enseignement insurrectionnel, une insurrection par l’amour… »

La soirée est émaillée par d’autres fragments de textes, notamment l’extrait de Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage dans lequel Maya Angelou raconte son enfance dans l’Arkansas, la difficulté du travail dans les champs de coton, son amour démesuré pour son grand-frère ange gardien. Pour finir, Nicole Dogué nous a lu un autre extrait de Lettre à ma fille dans lequel il est question du rapport de Maya avec sa mère. Celle-ci devant le courage de sa fille dit dans ce texte « tu as du courage et de la détermination, avec ça tu peux aller partout et n’importe où ».

Celle dont l’œuvre est en grande partie autobiographique nous a encore montré ce soir-là, comme l’a dit Russel Banks, que « pour elle, le « je » est un « nous » » tant sa voix est celle de l’humanité sans fards. Celle de tous les hommes, femmes, les noirs et blancs.

Merci à toi la petite fille de Stamps, Miss Calypso, The Phenomenal Woman!

12 octobre 2016 0 Commentaires
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« Longue Vie! » | Un poème d’Anne NGO HAGBE
PoésieAfrique Centrale

« Longue Vie! » | Un poème d’Anne NGO HAGBE

par admin3050 7 octobre 2016
Rédigé par admin3050

Cœur aussi grand que l’océan,
Océan de sagesse et de bonté,
Bonté qui traverse le temps,
Temps qui te sublime chaque jour,
Jour que tu embrasses sans peur,
Peur qui n’habitera jamais ta maison.

Maison remplie de foi et de joie,
Joie qui te réveille et qui te berce,
Berce nous aussi, petits et grands,
Grands, ils sont devenus grâce à toi,
Toi qui penses toujours à l’autre.

L’autre qui t’a souvent déçue,
Déçue ? Mais tu n’attendais rien,
Rien est la vie, néant absolu,
Absolu d’humilité devant la vie,
Vie qui ne t’a fait aucun cadeau
Cadeau, oui tu l’es pour moi.

Moi qui vis et deviens par ta présence,
Présence inestimable même de Dieu,
Dieu qui t’a célébrée en une vie,
Vie froissée, mais bonté immaculée,
Immaculée dont l’étoile brille.

Brille encore car tu es unique.
Unique merveille invisible aux yeux
Yeux qui savent sonder l’âme
Âme pure, noble et belle
Belle du Seigneur, sois bénie.
Bénie ta vie et celle de ta descendance.

Descendance à qui je remets les clés,
Clés pour ouvrir les vertus de mon âme,
Âme qui te célèbre toi et ton nom,
Nom illustre parmi les humbles,
Humble parmi les élus de Dieu.

Dieu, témoin de mes pensées,
Pensées à jamais nourries de ta vie.
Vie exceptionnelle, longue vie !

 

À propos de l’auteure Anne Ngo Hagbe

Anne Ngo Hagbe

© Anne Ngo Hagbe

Anne est créatrice du blog The Majority World et fondatrice de l’ONG Inkhata, deux concepts visant à aider l’entreprise à devenir l’expression d’une œuvre pour le développement socio-économique avec priorité sur l’Afrique. Anne dit qu’un jour, elle a commencé à écrire et elle a aimé ça parce que les mots sont pour elle le parfait médium pour traduire la voix du cœur et les envolées créatives de l’âme.

 

 

Photo titre : CC0 Public Domain
7 octobre 2016 0 Commentaires
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« Sans filet ni parachute », un recueil de nouvelles de Njiké Nouemsi
LittératureAfrique CentraleNotes de lecture

« Sans filet ni parachute », un recueil de nouvelles de Njiké Nouemsi

par Rosine Dayo 4 octobre 2016
Rédigé par Rosine Dayo

Après La maison sans fin publié en 2010, le jeune auteur camerounais Njiké Nouemsi nous revient avec un nouveau délice à déguster sans modération. Sans filet ni parachute, recueil de six nouvelles, est une des dernières parutions de la maison d’édition Ifrikiya publiée dans la collection SANAGA en 2016 à Yaoundé. Njiké Nouemsi fait partie de ces auteurs africains de la diaspora qui depuis peu choisissent de faire confiance aux éditeurs locaux pour rendre public leurs œuvres. Il poursuit des études doctorales de littératures et cinémas francophones à l’université de Toronto au Canada. Dans sa composition de 105 pages, l’auteur balade son lecteur au milieu de thématiques diverses ; d’un langage fluide et insolite ayant pour point d’ancrage la recherche du bonheur.

La première nouvelle intitulée A moins un est l’histoire d’un jeune camerounais cultivé et fougueux qui après l’obtention de son baccalauréat, se lance dans une quête désespérée du bonheur. Cette quête du mieux-être le mènera à l’embouchure du « Paris à tout prix ». Il est alors intéressant de voir les différents changements qui vont s’opérer au niveau des croyances et idéologies du jeune Mboudjeka qui aura le malheur ou le bonheur d’être camerounais.

La deuxième nouvelle intitulée Les péchés des autres plonge le lecteur dans une réflexion sur l’injustice faite à la jeunesse, qui, en temps de trouble ou de guerre, sans l’avoir voulu, devient le bras armé des acteurs d’une guerre qui n’est pas la sienne. Il y est peint une société où la jeunesse très souvent se retrouve à porter les péchés commis par d’autres. Il y est aussi décrit un monde qui s’effondre, des jeunes qui dans la mort seule trouvent une raison de vivre.

Dans la troisième nouvelle Toutes choses étant égales par ailleurs… l’auteur fait correspondre deux femmes n’ayant apparemment rien en commun, l’une vivant au Cameroun et l’autre aux États-Unis. Ngo Noubissi et Jessica Smith racontent comment elles ont été persécutées et poussées au crime. Deux mondes, deux femmes unies par la mort, un seul destin. Dans cette impasse sombre, un appel à la révolte, un cri d’espoir est lancé.

La quatrième nouvelle intitulée Mémoires d’un arracheur d’herbes, parle des souvenirs d’un homme qui s’adresse à son feu papa, soldat. Il raconte comment suite à l’assassinat de ce dernier il a dû traverser des épreuves auxquelles il n’était pas préparé. Il est aujourd’hui un arracheur d’herbe mais son bonheur est à nouveau touché : son meilleur ami a disparu. Une fois de plus l’histoire se répète. De nouvelles herbes sont nées et ont à leur tête Fotso, son ami. Dans cette mésaventure, hypocrisie, amitié, et trahison se côtoient. Pour cela tous les arracheurs d’herbe appellent à la prudence dans les relations humaines.

La cinquième intitulée Les ways fort, est une spécialité que nous livre le chef. Il y donne une part belle au « camfranglais », la langue urbaine du Cameroun qui résulte d’un mélange de français, d’anglais et de pidgin. L’auteur, par l’appropriation du langage de ses personnages en majorité jeunes, présente l’impasse dans laquelle se trouve non seulement la jeunesse camerounaise mais celle de l’Afrique en général. Ce «parler jeune» constitue du point de vue de l’auteur l’avenir de son pays, le Cameroun. Langue qui d’après lui traduirait mieux les réalités locales.

L’auteur termine avec Sans filet ni parachute, cette nouvelle s’ouvre sur une scène de ménage entre un homme et sa femme au sujet du patron de cette dernière qui est un éternel insatisfait du travail qu’elle fournit. Cette dispute en fin de compte débouche sur un combat homme contre femme qui se confond tantôt à une déclaration d’amour, tantôt à une discussion historique et philosophique. Ainsi entre sexisme et racisme, l’auteur fait allusion à la quête identitaire dans laquelle se trouve l’Africain d’aujourd’hui qui désire dire son amour de l’Afrique et clamer sa négritude.

Sur le plan spatio-temporel, les nouvelles sont le reflet de la société camerounaise d’aujourd’hui qui ne rêve que de

«partir, partir à tout prix. Moscou, Paris, Montréal, New York pourquoi pas Marly-Gomont? En vérité en vérité le point de chute n’avait pas de réelle importance du moment qu’il se trouvait en Occident» (p14).

L’auteur invite le lecteur dans un monde obscur qui inspire l’effroi, la honte, la pitié mais paradoxalement l’endurance, l’espoir, la rébellion.

Le bonheur que certains miroiteront au travers de l’immigration, de l’enfantement, ou de l’exil, d’autres le verront au travers de la mort. Tout ceci dans le but de se libérer de l’injustice sociale, de la misère tant morale que matérielle.

« Si tu avais pris le temps de réfléchir à la question, tu accepterais ton sort avec flegme…Dieu a un plan pour chacun de nous » (p102).

Le destin de chacun, seul Dieu le tient entre ses mains. C’est sur cette sagesse que s’achemine cette quête du bonheur.

Dans le recueil Sans filet ni parachute, en se proposant « de faire parler des émotions qui sont bien souvent tues (quatrième de couverture), Njiké Nouemsi refuse de verser dans le trop-plein d’optimisme ou de pessimisme.

« Je le réalise enfin. Avoir le courage de poignarder à vingt-six reprises la personne avec laquelle on vient tout juste de faire l’amour a quelque chose de démentiel…Peut-être suis-je double. De quoi est capable l’autre moi, celui sur lequel je n’ai aucune emprise? » (p71)

Partant du postulat selon lequel il y a une corrélation entre la création littéraire et l’environnement, l’auteur choisit la voie de l’ambivalence de l’humain.

C’est une belle aventure qui se termine. Ce livre d’une intrigante couverture s’est révélé riche, non pas gai mais d’une noirceur teintée d’espoir, d’un langage original et percutant, de personnages jeunes, prêts à se battre pour trouver le bonheur qu’ils méritent. Comme le dit un proverbe Bamiléké[1] que j’affectionne bien «Celui qui mange la viande sans en donner à l’enfant mange une racine d’arbre». Je l’ai goûté et apprécié et je le recommande à toute personne désireuse de voir un changement dans sa vie car je me rends compte qu’il suffit d’un simple regard à côté pour mieux apprécier ce que nous avons.

[1] Ressortissant des Grassfield à l’Ouest du Cameroun

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Mongo Beti et la Françafrique La SAMBE célèbre l'auteur Camerounais du 07 au 08 octobre 2016
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« Mongo Beti et la Françafrique  » : La SAMBE célèbre l’auteur Camerounais du 07 au 08 octobre 2016

par La redaction 3 octobre 2016
Rédigé par La redaction

Communiqué de presse de La SAMBE

Le 07 octobre 2001 à Douala, s’effondrait un Baobab, un géant de la Littérature Camerounaise : Mongo Béti. 

Mongo Beti

À 69 ans s’en allait cet écrivain, éditeur, libraire qui durant toute sa vie –dont la plus grande partie passée à l’exil- aura marqué son époque, mais surtout des millions d’individus à travers le monde tant par la qualité ses œuvres que ses engagements et prises de position contre la dictature,  le Néo-Colonialisme, la Françafrique…

15 ans déjà qu’il s’en est allé.

Une fois de plus, la Société des Amis de Mongo Beti (SAMBE) se mobilisera comme elle le fait depuis 2003 pour célébrer ce fils d’Akometam, auteur de «  Main Basse sur Le Cameroun » mais aussi de la  » France Contre L’Afrique ».

Pour cela, le 07 et 08 octobre 2016, des activités sont organisées à Yaoundé et à Akométam village où il gît désormais pour l’éternité. Au programme, conférence, débats et pèlerinage.

La conference-débat avec pour thème « Mongo Beti et la Françafrique  » aura lieu le vendredi 07 Octobre 2016 dès 15 heures à la Librairie des Peuples Noirs avec les Prof. Ambroise Kom et Abé Claude, Michele Abé de la Fondation Conseils Jeunes. En visioconférence: Odile Tobner et Boubacar Boris Diop.
 
Le pèlerinage à Akometam aura lieu le samedi 08 octobre 2016, départ des 7h00 de Yaoundé. Retour à 13h00.
La SAMBE
3 octobre 2016 0 Commentaires
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Paris : Soirée en hommage à Maya Angelou (1928-2014), lundi 10 octobre à 20h à l'Odéon
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Paris : Soirée en hommage à Maya Angelou (1928-2014), lundi 10 octobre à 20h à l’Odéon

par Acèle Nadale 22 septembre 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Communiqué de presse en hommage à Maya Angelou :

À l’occasion de la parution de Lettre à ma fille de Maya Angelou (Notabilia / Noir sur Blanc), Lundi 10 octobre à 20h, l’Odéon – Théâtre de l’Europe, dans le cadre des « Bibliothèques de l’Odéon ».

« If you are always trying to be normal, you will never know how amazing you can be. »

Maya Angelou

Maya Angelou, une vie d’art et de combat pour les libertés

Icône du combat des Noirs américains, Maya Angelou a marqué l’histoire américaine.

Au cours de cette soirée, Christiane Taubira, Léonora Miano, Rita Coburn-Whack et Russell Banks témoigneront des multiples facettes de cette femme hors du commun.

Débats, projections, ponctués de lectures de Nicole Dogué, permettront au public français de découvrir la vie de Maya Angelou qui fut à son image, exceptionnelle et qu’elle transforma en lutte sans faille pour la tolérance, la justice et l’égalité.

Danseuse, chanteuse, actrice, elle a été aussi poète et romancière. Elle a travaillé avec Martin Luther King, fut l’amie de Malcom X, James Baldwin, Oprah Winfrey, Hillary Clinton et Barack Obama.

Maya Angelou a raconté son parcours extraordinaire dans des récits autobiographiques (Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, Tant que je serai noire, Un billet pour l’Afrique et Lady B.). Ses livres, étudiés dans les écoles américaines, ont été des best-sellers vendus à des millions d’exemplaires. Maya Angelou fut invitée par Bill Clinton à lire un de ses poèmes lors de son investiture en 1993 et le président Barack Obama lui a décerné en 2010 la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile aux États-Unis.

La disparition de Maya Angelou en 2014 a suscité une pluie d’hommages : Hillary et Bill Clinton, Michelle et Barack Obama en passant par J.K. Rowling, Beyoncé, Mariah Carey, Rihanna, Gwyneth Paltrow, Steven Spielberg, Lena Dunham mais aussi Toni Morrison ou encore Oprah Winfrey, tous ont salué son parcours hors du commun et son engagement.

Son œuvre, profondément ancrée dans les réalités politiques et sociologiques, résonne étrangement avec le monde d’aujourd’hui.

À quelques semaines des élections américaines, à l’heure où les problèmes de discrimination et les inégalités raciales restent d’une actualité brûlante, il est urgent de faire découvrir la richesse du combat et de l’œuvre de cette femme extraordinaire.

« Pour moi c’est le pouvoir des mots de Maya Angelou, des mots si puissants qu’ils ont conduit une petite fille noire des quartiers pauvres de Chicago jusqu’ à la Maison Blanche. »

Michelle Obama

« C’était une des voix les plus fortes de la planète. »

Bill Clinton

« Elle a amené les femmes afro-américaines à oser se tourner vers l’écriture. Elle était d’une générosité sansfaille. C’était une femme unique et irremplaçable. »

Toni Morrison

« Elle a poussé et inspiré des millions d’Américains à vivre leurs vies de manière plus bienveillante, courageuse et honorable. »

Hillary Clinton

Russel Banks

Russel Banks – ©Nancie Battaglia

 

Russell Banks est l’un des écrivains majeurs de la littérature américaine. Son œuvre, traduite dans une vingtaine de langues et publiée en France par Actes Sud, a obtenu de nombreuses distinctions internationales.

Très engagé politiquement, il a dirigé le Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie. Il est aujourd’hui le président fondateur de Cities of Refuge North America, qui s’est donné pour mission d’établir aux États-Unis des lieux d’asile pour des écrivains menacés ou en exil. Continents à la dérive (Actes Sud) parait dans une nouvelle traduction de Pierre Furlan.

 

 

 

Rita Coburn Whack

Rita Coburn Whack – D.R.

Rita Coburn Whack (USA) est réalisatrice et écrivain. Elle a réalisé avec Bob Hercules, Maya Angelou : And Still I Rise, premier documentaire consacré à la vie de Maya Angelou. Présenté au festival Sundance en janvier 2016, cet hommage a remporté un immense succès critique. Elle a remporté des Emmy-Award pour ses documentaires : Curators of Culture, Remembering 47th Street et African Roots American Soil

 

 

Léonora Miano

Léonora Miano – ©JF Paga-Grasset

 

Née en 1973 à Douala, au Cameroun, Léonora Miano vit en France depuis 1991. La découverte du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire à l’âge de 12 ans, et celle, deux ans plus tard, de La prochaine fois, le feu de James Baldwin, l’influenceront profondément. Elle est l’auteur de huit romans dont Contours du jour qui vient (Plon, 2006, Prix Goncourt des Lycéens), La Saison de l’ombre (Grasset, 2013, Prix Femina). Dans Crépuscule du tourment (Grasset, 2016), elle donne voix à quatre femmes qui explorent leurs âmes blessées, leurs désirs et leurs identités.

 

 

 

 

Christiane Taubira

Christiane Taubira – D.R.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice jusqu’en 2016, Christiane Taubira a été députée de Guyane de 1993 à 2012, mandant pendant lequel elle a rédigé la proposition de loi visant à reconnaître la traite négrière et l’esclavage. Elle a également proposé une loi contre le harcèlement sexuel et défendu la légalisation du mariage homosexuel en France. Dans L’Esclavage raconté à ma fille (éditions Philippe Rey) elle revient sur les souffrances et des révoltes des peuples victimes de l’esclavage.

 

 

 

 

 

 

Nicole Dogoué

Nicole Dogoué – D.R

D’origine Martiniquaise et vivant à Paris, Nicole Dogué a été formée à l’ENSATT et au Conservatoire Supérieur d’Art Dramatique de Paris où elle a eu comme professeur Vivianne Téophilidès et Claude Régy. Au théâtre elle a travaillé avec entre autres, Claude Régy, Brigitte Jacques, Pascal Rambert, Mathias Langhoff, Alain Ollivier et plus récemment, Marja-Leena Junker, Bob Wilson et Hassane Kouyaté. Au cinéma elle a été au générique de plusieurs courts, moyens et longs métrages dont 35 Rhums et Les Salauds de Claire Denis, Moloch Tropical de Raoul Peck, Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer.

 

 

Margot Dijkgraaf

Margot Dijkgraaf – D.R.

 

Margot Dijkgraaf est critique littéraire au NRC Handelsblad et chargée de rencontres littéraires et débats auprès de l’Ambassade des Pays-Bas à Paris. Spécialiste de littérature francophone et européenne, elle a, entre autres, publié La Plume de l’Europe (Prometheus), Nooteboom et les autres (De Bezige Bij) et Querido sur l’œuvre de Hella S. Haasse.

 

 

 

 

 

*****

RÉSERVATION :

Odéon-Théâtre de l’Europe

Téléphone : 01 44 85 40 40 du lundi au samedi de 11h à 18h30

ou en ligne sur www.theatre-odeon.eu/fr

Plein tarif : 10 euros

Tarif réduit : 6 euros

Cette soirée en hommage à Maya Angelou est organisée par les éditions Noir sur Blanc, en partenariat avec l’Odéon-Théâtre de l’Europe, en collaboration avec le Livre de Poche, The American Library in Paris, Columbia Global Centers | Paris et avec le soutien de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et des éditions Actes Sud.

RETROUVEZ RITA COBURN-WHACK À PARIS

Samedi 8 octobre à 20h au Reid Hall, 4, rue de Chevreuse, 75006 paris

En partenariat avec Columbia Global Centers, Rita Coburn-Whack

« Cinéma et engagement »

Mercredi 12 octobre à 20h à The American Library in Paris

Projection en avant-première en Europe de Maya Angelou : And Still I Rise réalisé par Rita Coburn – Whack et Bob Hercules

Entrée libre – The American Library in Paris, 10, rue du Général Camou, 75007 Paris www.americanlibraryinparis.org

*****

Presse
Alina Gurdiel / alinagurdiel@gmail.com 
Conception/Coordination
Brigitte Bouchard / brigitte.bouchard@libella.fr / Adélaïde Fabre / adelaide.fabre@laposte.net
22 septembre 2016 0 Commentaires
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Bruxelles Dialogue avec Wole Soyinka ce 21 septembre 2016
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsLittérature

Bruxelles : Dialogue avec Wole Soyinka ce 21 septembre 2016

par La redaction 15 septembre 2016
Rédigé par La redaction

Écrivain de stature internationale, Wole Soyinka (°1934) est le premier Africain à avoir été honoré du Prix Nobel de littérature. Dans les années 1960, il fut emprisonné pendant trois ans pour s’être opposé à la dictature de son pays, le Nigéria. « Si l’esprit de la démocratie africaine devait prendre chair, écrit le New York Times, il aurait le visage et la voix de Wole Soyinka. » Plus qu’une figure majeure du monde de la littérature, Wole Soyinka incarne la voix des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté. Aujourd’hui, du haut de ses 81 ans, Soyinka se veut plus actif que jamais. En dialogue avec le journaliste de MO* Stefaan Anrys, il évoquera tour à tour sa vie, son œuvre, aussi riches l’une que l’autre, son engagement pour davantage de démocratie en Afrique et la puissance de la littérature.

Date : Mercredi 21 septembre 2016 20:00 → 21:30

Lieu : Hall M
Rue Ravenstein 23
1000 BRUXELLES

Prix : € 12 – 10

Plus d’info

Photo emaze.com
15 septembre 2016 0 Commentaires
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Maroc - Laâyoune La plus grande bibliothèque municipale du royaume, un joyau architectural
ActualitéAfrique du Nord

Maroc – Laâyoune : La plus grande bibliothèque municipale du royaume, un joyau architectural

par La redaction 13 septembre 2016
Rédigé par La redaction

C’est un projet qui s’étend sur 7500 m² en plein cœur de la ville de Laâyoune, que l’Agence de développement du sud a démarré en 2014, et dont l’objectif est d’offrir au grand public comme aux chercheurs, un outil de qualité au service de la culture et des arts dans cette région du Maroc. Cette bibliothèque sera la troisième dans son genre à l’échelle continentale et sera la plus grande bibliothèque municipale du royaume.

Elle comprend une salle de lecture, des rayonnages, et un lieu dédié à la conservation et à la distribution des livres, espace où seront organisés des expositions.

 

13 septembre 2016 0 Commentaires
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Environnement Blick Bassy veut sensibiliser la jeunesse avec Les contes de Blick
ActualitéAfrique CentraleLittérature Jeunesse

Environnement : Blick Bassy veut sensibiliser la jeunesse avec « Les contes de Blick »

par admin3050 12 septembre 2016
Rédigé par admin3050

Artiste engagé, Blick Bassy rejoint le projet Les rénovateurs de la planète à l’occasion de la COP21 en 2015. Le voici donc embarqué dans un projet de livres pour enfants intitulé Les contes de Blick, en partenariat avec l’association « Les rénovateurs de la planète », pour les sensibiliser sur les problématiques de l’environnement.

On le connaît pour son attachement à sa culture et à ses racines camerounaises. On se souvient aussi de son engagement auprès des jeunes dans le domaine de la musique et également de son premeir roman Le Moabi Cinéma publié chez Gallimard en avril 2016. Il n’est donc plus surprenant de le retrouver engagé dans un nouveau projet qui rassemble toutes les valeurs qu’il partage.

 

 

Pour financer ce projet Les contes de Blick, qui prévoit une série de dix contes issus des traditions Africaines et racontés travers le personnage Kwem Kwem, une application, une intégration des contes dans un espace numérique en 360° et un spectacle basé sur les visuels et histoires des contes, l’équipe a lancé un crowdfunding sur la  plate-forme Kiss Kiss Bank Bank à hauteur de 8000 euros, destinés à la première étape.

Comme stipulé dans la description du projet, l’objectif pour les plus jeunes est « d’apprendre à regarder la nature, écouter les sons, comprendre des fonctionnements simples mais pourtant si importants. De la cause à l’effet, il n’y a qu’un pas qu’il faut franchir avec comme guide notre personnage Kwem-kwem. »

Images: © les rénovateurs de la planète, Denis Rouvre
12 septembre 2016 0 Commentaires
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« La voix parfaite, la voie parfaite » | Un poème d'Anne NGO HAGBE
PoésieAfrique Centrale

« La voix parfaite, la voie parfaite » | Un poème d’Anne NGO HAGBE

par admin3050 12 septembre 2016
Rédigé par admin3050

Poème « La voix parfaite, la voie parfaite » d’Anne NGO HAGBE

Arrosée de pétales du Bengale,
Elle porte le sourire dans son soleil.
Elle a pour seul horizon le bonheur,
Qu’elle puise dans les racines de l’âme,
Pour y trouver son plus beau reflet.

Encore et encore elle propose,
Lentement elle murmure,
Fait esquisser le chemin,
Entre hasards et coïncidences,
Pour faire accepter l’unique danse.

De tous les sens, elle en offre un,
Qu’il faudra chercher soi-même,
Entre milles parfums enivrants,
Entre avoir et être,
Entre paraître et se connaître.

Vrai-semblant et imprévisible,
Invisible et intouchable,
Elle habille l’être de milles pouvoirs.
Elle bouscule la raison,
Mais la logique est sa demeure.

Sur sa route, elle te vêtit de force.
Tu l’entends et elle guérit tes maux.
Le jour et la nuit n’ont plus de raison,
Car elle suspend le temps qu’elle offre,
pour contempler le nouvel arc-en-ciel

D’un revers de main, elle balaie
Échecs, doutes et désarrois,
Pour révéler la mélodie qu’elle compose.
Nouveaux visages, nouvelle partition,
Plus ils te suivent, plus tu la cherches.

Point de repos, mais jamais fatiguée,
Elle se renouvelle tous les matins,
Et toi tu te ris de l’avenir.
Sur sa route, bonheur sans fin,
En la suivant, tu ne crains plus rien.

La voix parfaite, la voie parfaite

 

À propos de l’auteure

Anne Ngo Hagbe

© Anne Ngo Hagbe

Anne Ngo Hagbe est créatrice du blog The Majority World et fondatrice de l’ONG Inkhata, deux concepts visant à aider l’entreprise à devenir l’expression d’une oeuvre pour le développement socio-économique avec priorité sur l’Afrique. Anne dit qu’un jour elle a commencé à écrire et elle a aimé ça parce que les mots sont pour elle le parfait médium pour traduire la voix du coeur et les envolées créatives de l’âme.

 

 

Photo titre : CC0 Public Domain
12 septembre 2016 0 Commentaires
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Quels sont les auteurs les mieux payés au monde
Actualité

Quels sont les auteurs les mieux payés au monde ?

par La redaction 30 août 2016
Rédigé par La redaction

Dans son édition du 23 août 2016, le magazine Forbes a publié la liste des auteurs les mieux payés au monde. En plus des droits d’auteurs sur leurs livres, leurs revenus annuels grossissent avec les droits sur les films au cinéma comme à la télévision et se comptent en dizaines de millions de dollars. Certains auteurs sont connus du grand public et d’autres un peu moins. Dans cette liste, on y trouve des auteurs de différents genres littéraires: romance, thriller et même des livres pour enfants. Les auteurs américains dominent le palmarès, suivis des britaniques. On remarque la grande absence des africains. Qui sont ces monstres de l’industrie du livre et combien ont-ils gagné hors taxes ces 12 derniers mois ?

 

12- Dan Brown : 9,5 millions de dollars

Dan Brown

Photo bookstoeat.com

Qui ne souvient pas du célèbre roman Da Vinci Code publié il y a treize ans? Dan Brown est un romancier américain de romans policiers et ésotériques, né le 22 juin 1964 à Exeter dans le New Hampshire, qui a vendu près de deux cents millions d’exemplaires (Source Wikipédia). Il prépare actuellement une version jeunesse de son roman Da Vinci Code dont la sortie est prévue pour le mois de septembre 2016 (sortie le 08 septembre en Angleterre et le 13 aux USA).

 

12- Rick Riordan : 9,5 millions de dollars

Rick Riordan

Rick Riordan, écrivain américain né le 5 juin 1964 à San Antonio au Texas, doit son succès à ses séries  dans la littérature jeunnesse Percy Jackson, Héros de l’Olympe, Les Chroniques de Kane et Magnus Chase et les Dieux d’Asgard, inspirées de la mythologie grecque. Il est également l’auteur de la série télévisée à succès Tres Navarre.

 

12- George R. R. Martin : 9,5 millions de dollars

George RR Martin

George R. R. Martin est un écrivain américain de science-fiction et de fantasy, également scénariste et producteur de télévision. Il est né le 20 septembre 1948 à Bayonne (New Jersey) et est le créateur  la série romanesque du Trône de fer, adaptée sous forme de série télévisée par HBO sous le titre Game of Thrones.

 

09- Paula Hawkins : 10 millions de dollars

Paula Hawkins

Photo: thetimes.co.uk

Paula Hawkins est une journaliste et auteure anglaise née le 26 août 1972 à Harare au Zimbabwe. Elle atteint un succès planétaire avec son thriller The Girl on the Train dont elle a vendu 11 millions d’exemplaires dans le monde. Une adaptation au cinéma est prévue pour octobre 2016.

 

09- John Green : 10 millions de dollars

John Green

Photo: theodysseyonline.com

John Michael Green est un auteur américain, producteur de films, videoblogger et podcaster. Ses livres (littérature jeunesse) qui ont rencontrés le plus grand succès sont Looking for Alaska (2005), Paper Towns (2009) et The Fault in Our Stars (2012) et ils se vendent encore très bien aujourd’hui.

 

09- Veronica Roth : 10 millions de dollars

Veronica Roth

Née à New York le 19 août en 1988, Veronica Roth est la plus jeune auteure sur cette liste. Elle doit son succès sa trilogie Divergente (Divergent, Insurgent et Allegiant).

 

08- E. L. James : 14 millions de dollars

E.L. James

Photo : play.google.com

Erika Leonard, dite E. L. James, née le 7 mars 1963 à Londres, est une romancière britannique, auteur de la romance érotique Cinquante nuances de Grey (Fifty Shades of Grey), grand succès en librairie des années 2010. Son roman, Cinquante nuances de Grey, était au départ une fanfiction de la série Twilight qui a évolué en trilogie publiée par Vintage Books (Source Wikipédia).

 

05- Nora Roberts : 15 millions de dollars

Nora Roberts

Photo : play.google.com

Nora Roberts, née Eleanor Marie Robertson le 10 octobre 1950 à Silver Spring dans le Maryland, est une romancière américaine spécialisée dans les romans d’amour et les thrillers psychologiques. La série de romans mettant en scène le lieutenant Eve Dallas a été publié aux États-Unis sous le pseudonyme de J. D. Robb. Elle a vendu plus de 100 millions de livres et est traduite dans plus de 26 langues (Source Wikiedia).

 

05- Danielle steel : 15 millions de dollars

Danielle Steel

Photo : play.google.com

Connue mondialement pour ses romans d’amour, Danielle Steel est une auteure américaine qui comptabilise déjà 129 livres à son actif et qu’elle rédige toujours sur une vieille machine à taper. Née le 14 août 1947 à New York aux États-Unis, elle aligne 80 best-sellers publiés en France et a vendu plus d’un demi-milliard d’exemplaires dans 69 pays et traduits en 43 langues. Danielle Steel est l’auteur contemporain le plus lu et le plus populaire au monde.

 

05- Stephen King : 15 millions de dollars

Stephen King

Stephen King est un écrivain américain né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine (États-Unis). Connu pour ses romans d’horeur. Stephen King a déjà gagné près de 450 millions de dollars au courant de sa carrière. La dernière adaptation cinématographique d’un de ces livres, The dark tower, sortira en 2017 avec l’acteur Idris Elba.

 

04- John Grisham : 18 millions de dollars

John Grisham

John Grisham, célèbre spécialiste de thrillers judiciaires, produit depuis 1988 1 livre par an. Il est surtout connu pour ses romans qui ont été portés à l’écran, notamment La Firme (avec Tom Cruise et Gene Hackman), L’Affaire Pélican (avec Julia Roberts), L’Idéaliste (de Francis Ford Coppola, avec Claire Danes et Matt Damon), Le Client (avec Susan Sarandon et Tommy Lee Jones), Le Droit de tuer ? (A Time to Kill avec Matthew McConaughey et Samuel L. Jackson), Le Maître du jeu (avec Dustin Hoffman et Gene Hackman).

 

03- J.K. Rowling : 19 millions de dollars

J.K. Rowling

Photo : Dan Hallman/Invision/AP

Joanne Rowling, née le 31 juillet 1965 dans l’agglomération de Yate, dans le Gloucestershire, en Angleterre, est une romancière britannique, connue sous le pseudonyme J. K. Rowling. Elle doit sa notoriété mondiale à la série Harry Potter, dont les romans traduits en au moins 67 langues ont été vendus à plus de 450 millions d’exemplaires. Jeune mère divorcée vivant d’allocations, elle a commencé à écrire Harry Potter à l’école des sorciers en 1990 et a dû attendre de longues années et l’aide d’un agent littéraire, Christopher Little, avant que son livre paraisse en 1997 chez Bloomsbury. Le succès planétaire des six romans suivants ainsi que des hors-série lui ont permis d’acquérir une fortune estimée en 2008 par le Sunday Times à 560 millions de livres (environ 590 millions d’euros ou 825 millions de USD, fin 2008), soit plus que celle de la reine d’Angleterre (Source Wikiedia).

 

02- Jeff Kinney : 19,5 millions de dollars

Jeff Kinney

Photo : The Boston Globe

Jeffrey Patrick „Jeff“ Kinney est un américain auteur de livres pour enfants et développeur de jeux vidéos né le 19 février 1971 à Fort Washington, Maryland, USA. Il connaît un grand succès avec sa série Diary of a Wimpy Kid (Journal d’un dégonflé) publiée en 2009 et qui s’est vendue à plus de 16 milluons d’exemplaires. La sortie du onzième épisode est attendue. Trois des romans de la série ont été adaptés au cinéma.

 

01- James Patterson : 95 millions de dollars

James Patterson

Photo : Reuters/Bret Hartman

James Patterson, auteur américian né le 22 mars 1947 à Newburgh dans l’État de New York est incontestablement l’auteur le mieux payé au monde. Il écrit avec 7 co-auteurs avec qui il publie des dizaines de livres par an. Il a publié à ce jour plus de 156 livres vendus à plus de 325 millions d’exemplaires. Il lance en juin 2016 un projet innovateur pour attirer ceux qui ne lisent pas en publiant de courts thrillers, des « BookShots »,  de moins de 150 pages à 5 Dollars la pièce.

 

30 août 2016 0 Commentaires
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Les voix | Un poème de Mela Nenko
Poésie

Les voix | Un poème de Mela Nenko

par La redaction 28 août 2016
Rédigé par La redaction

Poème de Mela Nenko

L’écho de leurs voix étouffe la mienne

Qui me dit : « Voici le chemin »

L’écho de leurs voix n’est que peine

Une oppression sinueuse

Et pourtant en mon être la vérité

Chut !! Faites silence !!

Qui es-tu toi qui parles ?

Comme une rivière déchainée tu déverses ton flot de fiel

Qui efficacement pollue mes sources d’eau vive

Lentement s’abat sur moi comme une nuit noire ce brouhaha de voix :

Une pénombre aveuglante

J’avance à tâtons

Dans ma faiblesse mes pensées altérées

Soudain, au loin une lueur, aussi légère qu’un murmure…

N’entends-tu pas ce chant d’espoir de la vie qui se meurt d’amour pour toi ?

Que n’ai-je entendu le bon berger qui en mon être m’appelle et me guide

D’une voix douce et ferme sur la voie du bonheur

Parle voix de l’amour

Parle voix de la vérité

Parle voix de la vie

Ouvre-toi mon oreille à la vie qui t’appelle

Ouvre-toi mon cœur à l’amour qui en toi se sème

Ouvre-toi ma vue à la beauté de l’univers

En route mon être

L’ordre est donné :

De ma bouche je réponds « OUI » à l’invitation éternelle

Que se taisent à jamais sous ce ciel étoilé les voix de la perdition

© Texte : Mela NENKO, Ivry Sur Seine le 25 Février 2016

28 août 2016 0 Commentaires
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