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Cinewax Outdoors - festival ephémère Explorer avec les enfants l'univers du Cinéma Africain
ActualitéCinémaEuropeSociété

Cinewax Outdoors – festival ephémère : Explorer avec les enfants l’univers du Cinéma Africain

par La redaction 26 août 2016
Rédigé par La redaction

Cet été, Cinewax vous offre l’occasion de découvrir le cinéma africain et les cultures africaines dans une ambiance conviviale et détendue ! Musique, Nourriture, Ateliers, Concerts live, Livres et cinéma vous attendent toute la journée !

Communiqué de l’association Apprends-Moi À Comprendre

Chers Enfants, Chers Parents et Amis,

Quel bonheur de se retrouver avec un programme exceptionnel pour cette nouvelle année 2016-2017 !

Durant ce mois de septembre, nous allons explorer avec les enfants l’univers du Cinéma Africain ! Sorties culturelles, ateliers d’histoire, de découvertes, d’initiation à la réalisation d’un court métrage par les enfants…Tout sera mis en place pour que les plus jeunes découvrent le 7ème Art autrement !

Dès ce samedi 27 août 2016, rejoignez l’équipe d’Apprends-moi à comprendre au Festival Ephémère CINEWAX OUTDOORS à partir de 16h00, autour de l’Atelier Kids « A la découverte du cinéma africain ! » : le cinéma africain, c’est quoi exactement ? Quelles sont ses origines ? Quelles sont les grandes dates qui l’ont marqué ? Pourquoi s’intéresser aux métiers du cinéma ? A partir d’un échange avec les participants nous construirons une chronologie-mémo du cinéma africain.

Au plaisir de vous y retrouvez !

L’équipe Apprends-Moi À Comprendre
apprendsmoiacomprendre@outlook.com

Retrouvez toutes les informations sur notre blog : CLIQUEZ ICI

L’association Apprends-Moi à Comprendre a pour objectif de favoriser l’accès à la connaissance des enfants originaires de l’Afrique et de la diaspora. Cette connaissance se fait à travers l’apprentissage de savoirs (tant historiques, que scientifiques, littéraires, artistiques…) indispensables au bien-être et à l’épanouissement de l’enfant. Nous mettons ainsi en place des cours de soutien scolaire, des sorties culturelles, des ateliers (conte, dessin, cuisine, musique…) axés sur le monde noir.

26 août 2016 0 Commentaires
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Coup de coeur « Voici venir les rêveurs » d'Imbolo Mbue
LittératureAfrique CentraleNotes de lecture

Coup de coeur : « Voici venir les rêveurs » d’Imbolo Mbue

par Acèle Nadale 19 août 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Voici venir les rêveurs… Avec ce titre et les symboles de la ville de New York sur la magnifique couverture, le décor est planté avant même d’ouvrir ce premier roman de la romancière camerounaise Imbolo Mbue. Immergeons-nous donc dans « la ville qui ne dort jamais » à la découverte des rêveurs.

Aidé par son cousin Winston, Jende arrive en Amérique trois ans plus tôt en 2004 avec un visa touriste. Il enchaîne les petits boulots pour survivre et nourrir sa petite famille, avec qui il est installé à Harlem dans un petit appartement. Il est bien décidé à se tailler une part du gâteau dans cette Amérique qui a beaucoup de dollars et où tou18t semble être possible. Il faut qu’il devienne « quelqu’un » pour payer les études de Neni son épouse, qui rêve de devenir pharmacienne. Il faut que Liomi, son fils de six ans soit fier de lui. Son retour un jour à Limbé dans sa ville natale au Cameroun en tant que riche Américain doit être triomphal .

Mais sans papiers, l’épée de Damoclès de l’expulsion risque de s’abattre sur lui à tout moment. Il doit absolument trouver des astuces pour obtenir le Saint Graal, la Green Card. Peut-être que cette belle opportunité d’emploi comme chauffeur que lui offre Clark, riche homme blanc et banquier chez Lehman Brothers, lui permettra enfin de régulariser sa situation et de vivre enfin son « rêve américain » ?

Clark Edwards vit dans un somptueux appartement dans l’Upper East Side avec son fils Mighty et sa femme Cindy, nutritioniste ou « docteur qui apprend aux gens à manger » selon Neni. Sa limousine devient au fil du temps un trait d’union entre sa famille et celle de son chauffeur. Bien que leurs origines et modes de vie soient très différents, il se tisse petit à petit entre Jende et Clark une amitié dans un respect mutuel. Questions existentielles, problèmes de couple, défis professionnels, bonheur des enfants, projets d’avenir, tels sont les sujets qui contre toute attente rapprochent le riche patron américain et son employé africain pauvre.

«Je suis content que vous mesuriez la chance que vous avez eue », dit Clark à Jende, une fois sa conversation terminée. Le plus grand des gratte-ciel de Manhattan venait d’apparaître au loin, alors qu’ils entraient dans le nord du New Jersey. « Je suis content qu’il y ait au moins une personne consciente de la chance qu’elle a.»

À chaque mot, Jende acquiesçait. Il réfléchit à la meilleure phrase possible pour remonter le moral de son patron, au mot juste à avoir dans de telles circonstances. Il décida de dire ce en quoi il croyait.

«Je remercie le bon Dieu tous les jours de m’avoir offert cette opportunité, monsieur, dit-il en se déportant sur la lfile de gauche. Je remercie le bon Dieu, et je crois qu’en travaivaillant dur, un jour, j’aurai une bonne vie ici. Mes parents eux aussi auront une bonne vie au Cameroun. Et mon fils, en grandissant, deviendra quelqu’un, peu importe qui. Je crois que tout est possible quand on est américain. Vraiment, monsieur, je le crois. Et en toute vérité, monsieur, je prie pour qu’un jour, en grandissant, mon fils devienne un grand homme comme vous.» (p.57)

Seulement, les choses ne sont pas si simples en Amérique comme Jende l’avait pensé en fuyant la pauvreté de Limbé à la recherche d’un avenir meilleur. Sa procédure de demande de régularisation se complique. Comme si cela ne suffisait pas, la crise des subprimes gronde comme le tonnerre pendant une pluie tropicale et l’économie américaine est au bord de l’écroulement. Jende et Neni sauront-ils traverser cet orage qui va secouer aussi bien leur vie que celle de la famille Edwards ?

Pendant la lecture de Voici venir les rêveurs, les scènes défilent comme un scénario et les images se dessinent dans l’imaginaire du lecteur tout naturellement. Dans un langage dont la simplicité est une caresse pour l’esprit, Imbolo Mbue réussit avec maestria le pari de raconter une histoire tout en faisant oublier au lecteur qu’il tient un livre dans ses mains. La romancière a su trouver les mots justes pour ce récit, sans prétention ni superflu et avec beaucoup d’humour, rendant ainsi ses personnages authentiques, vrais et attachants. On a l’impression de les connaître personnellement.

Le Pidgin, le français et le Bakwéri, langue maternelle de Jende et Neni, font partie des ingrédients de ce roman rafraîchissant. On se laisse facilement emporter par les aventures des membres de ces deux familles à New York, ponctuées par des flashbacks qui font voyager pour Limbé au Cameroun.

Bien que des thèmes sérieux tels que les galères des immigrés clandestins et les rapports entre différentes classes sociales soient abordés, Voici venir les rêveurs dépeint ces réalités en toute simplicité et sans porter de jugement. Il n’y a pas de bonnes personnes d’un côté, et des mauvaises de l’autre. Il n’y a que des humains avec toutes leurs parts d’ombres et de lumières et de zones grises, face à un système dans lequel ils essayent, chacun à sa manière, de trouver une place pour réaliser ses rêves, rêves qui peuvent parfois tourner en cauchemars.

 

Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue

420 pages

Éditions : Belfond

Parution : 18 août 2016

19 août 2016 0 Commentaires
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Jeune Afrique consacre un dossier de 12 pages au polar africain
DossierAfriqueFictionPolar

Jeune Afrique consacre un dossier de 12 pages au polar africain

par Patricia Nya Njaounga 19 août 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

Le polar africain séduit de plus en plus de lecteurs africains, et les plonge dans l’univers trouble et angoissant des enquêtes révélant le côté sombre de l’humain.

Les soldats de l’aube de Deon Meyer, Zulu de Caryl Férey, Les nuits de patiences de Tobie Nathan, Lagos Lady de Leye Adenle ou Les enfants du cap de Michèle Rowe. Ces polars africains dévoilent tout ce qu’il y a de plus noir dans l’être humain dans une société corrompue où crime, meurtre, vol et viol sont marqués par le sceau du silence. Des histoires avec une fin plus ou moins heureuse, qui poussent les lecteurs à s’y accrocher jusqu’au dénouement final.

Dans un dossier spécial de 12 pages, « L’heure du crime », sorti ce 15 août 2016 en kiosque, le journal Jeune Afrique brosse le portrait des auteurs africains de romans policiers les plus en vue. Il fait également une analyse de la santé du polar en Afrique et de son rayonnement à l’international qui tarde encore à démarrer.

Il ressort de ce dossier qu’il existe deux tendances dans ce genre littéraire en Afrique. D’un côté, les auteurs anglo-saxons qui, influencés par les thrillers américains, mettent un peu plus l’accent sur l’intrigue, et de l’autre, les auteurs francophones qui s’appliquent particulièrement à bien manipuler la langue française, parfois au détriment de l’intrigue.

Réalité et fiction locales : Le polar africain est-il exportable ?

Les récits des auteurs de polars africains puisent leur inspiration dans la réalité qui les entoure. Le lecteur africain se reconnaît dans l’environnement de l’intrigue, parle le même langage que les personnages et connaît les décors où se déroulent les scènes. Un atout majeur pour attirer le lectorat africain de plus en plus grandissant.

« Marli Roode, Karin Brynard et Michèle Rowe inscrivent leurs intrigues dans un quotidien sud-africain corrompu par des heurts raciaux hérités d’un passé toujours présent. Leye Adenle nous dépeint un Nigéria déchiré par une fracture économique, en proie à la persistance de traditions magiques qui en appellent à des sacrifices humains. Parker Bilal évoquant les dissensions pouvant exister entre musulmans et coptes, et montre comment politique et religion peuvent faire mauvais ménage », décrit dans le dossier la journaliste Séverine Kodjo-Grandvaux

Le constat établi dans ces 12 pages est sans appel : bien que les polars de ces grandes pointures soient appréciés dans de nombreux pays, le polar africain peine à s’imposer sur la place internationale, surtout lorsque les auteurs sont noirs. « Peu d’auteurs noirs parviennent à émerger sur le plan international », confie le journaliste Nicolas Michel dans le dossier spécial sur « L’heure du crime ». Mais pour ce dernier, rien n’est perdu puisque « la profusion créative actuelle laisse néanmoins espérer un happy end, caractéristique fréquente, quoique en trompe-œil, d’une majorité de polars ».

 

19 août 2016 0 Commentaires
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15 grands classiques de la littérature africaine avec « Les grandes voix de l’Afrique » sur la radio RFI
ActualitéAfriqueLittérature

15 grands classiques de la littérature africaine avec « Les grandes voix de l’Afrique » sur la radio RFI

par Patricia Nya Njaounga 19 août 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

C’est avec des archives sonores, que la chaîne Radio France Internationale (RFI) fait revivre cet été, les grandes voix de la littérature africaine en 15 épisodes du 8 au 26 août 2016.

Cheick Hamidou Kane, Williams Sassine, Camara Laye, Sembène Ousmane, Bernard Dadié, Birago Diop, Ferdinand Oyono. A travers ces grandes voix, la Radio France Internationale (RFI) plonge l’auditeur dans l’histoire de ceux-là qui ont porté haut la littérature africaine. Ces derniers racontent leurs parcours, leurs émotions, les rencontres qui ont structuré leurs existences, les joies et les difficultés de la création artistique.

Pour Sayouba Traoré, présentateur de cette émission intitulée « Les grandes voix de l’Afrique », « Ces grands noms ont été les témoins de leur temps ». Les archives de la chaîne de Radio RFI distillent ainsi des interviews et entretiens de ces auteurs, « Des grandes voix pour raconter des grandes plumes », comme le souligne Sayouba Traoré.

Sur les quinze épisodes que dévoile au quotidien l’émission, le présentateur a déjà partagé depuis le lundi 8 Août 2016 en neuf épisodes, le riche vécu des grands noms de la littérature africaine tels que : Birago Diop, Williams Sassine, Ferdinand Oyono, Amadou Hampâté Bâ, Tchikaya U Tam’si, Jacques Rabemananjara, Bernard Dadié, Camara Laye, et Sembène Ousmane. Les podcasts sont en accès libre sur le site de la chaîne de radio.

Dans les épisodes à venir, l’émission compte poursuivre le parcours historique des forgerons de la littérature africaine comme Massan Makan Diabaté, Cheick Amidou Khane, Léopold Sédar Senghor, Léon G. Damas, Joseph Zobel et Sony Labou Tansi.

Le rendez-vous littéraire de 46 minutes est diffusé de lundi à vendredi à partir de 13h10 temps universels et à 23h10 temps universels sur l’antenne d’Afrique.

Lien de l’émission pour écouter ou télécharger les épisodes

http://www.rfi.fr/emission/grandes-voix-afrique

 

 

19 août 2016 0 Commentaires
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Coup de coeur « Mon royaume pour une guitare » de Kidi Bebey
LittératureAfrique CentraleNotes de lecture

Coup de coeur : « Mon royaume pour une guitare » de Kidi Bebey

par La redaction 17 août 2016
Rédigé par La redaction

Le hasard de l’Histoire fait démarrer le destin du père de Kidi Bebey au milieu des années 30 au Cameroun. En quête de réponses aux questions qu’elle se pose sur l’histoire de sa famille, la fille du célèbre artiste compositeur camerounais Francis Bebey, revit, entre réalité et fiction, les parcours exceptionnels de certaines figures marquantes de l’histoire romancée de son père.

L’enfance de Francis se déroule à Akwa au Cameroun, village de pêcheurs au bord du fleuve Wouri. Nous sommes dans les années 30. Le cameroun est sous colonisation française avec son lot d’humiliations quotidiennes et d’injustices envers les populations locales. Francis grandit et suit les conseils de son brillant grand-frère et modèle Marcel. Il fréquente l’école française où il découvre sa passion pour la lecture et les mots. Ses très bons résultats scolaires lui permettent d’obtenir une bourse pour la France.

Francis quitte son pays, la tête pleine de rêves. Il fait partie des premières générations d’immigrés d’Afrique subsaharienne en France. Il pourra « devenir quelqu’un » comme le lui avait conseillé Marcel. Commence ainsi pour Francis une nouvelle vie, entre sa vie d’étudiant noir africain à Paris vers la fin des années 50 dans l’ambiance du Quartier latin, sa rencontre avec l’amour de sa vie et la nostalgie du pays qu’il a laissé derrière lui, le « Mboa ».

Francis ne prévoit pas s’éterniser en France de toute façon, car il veut rentrer, servir son pays. En attendant, il faut se former, être outillé. Les défis qui attendent les immigrés africains dans leurs pays respectifs sont immenses. Toute la famille compte sur eux et exige réussite. Il faut aussi préparer la relève de l’administration coloniale qui va bientôt plier bagage, car l’heure des indépendances a sonné. Ils doivent construire le pays. Il faut juste trouver le bon moment, le moment idéal pour rentrer.

 

En attendant, Francis devient journaliste de radio, puis fonctionnaire international à l’UNESCO. Avec son épouse Madé, ils doivent s’adapter à la vie française, s’intégrer et éduquer leurs enfants qu’ils adorent, tout en essayant de préserver les valeurs du pays.

Comment relever ce défi lorsqu’on est déchiré entre deux terres ? Étranger ici, et devenu au fil du temps, étranger là-bas aussi ? Prisonnier des attentes de là-bas et assoiffé des libertés d’ici ? Où pose-t-on définitivement ses valises ? Où est-on chez soi en fin de compte ? Quelle identité transmettre aux enfants ? Autant de questions auxquelles Francis essaye de trouver tant bien que mal des réponses.

Tout au long des 319 pages de son premier roman, Mon royaume pour une guitare (Michel Lafon, 18 août 2016), Kidi Bebey fait un bel hommage, non pas seulement à sa famille à travers l’histoire de Francis, personnage principal du récit qui fait figure de son père, mais aussi à tous ces oubliés de la résistance camerounaise face à la colonisation française et leurs complices locaux.

« Et me voici debout, sous les arbres, en train de chercher à éclairer in bout de ciel de feuillage, pour mettre des mots et des noms sur mes Jeanne d’Arc et mes Vercingétorix à moi. Vertigineuse impression de me réapproprier cette mémoire dont j’avais été expropriée petite, mes parents ayant cherché à me protéger d’une souffrance qu’ils ne voulaient pas me léguer en héritage. Ils y ont réussi. Mais il faut croire que j’ai à charge de me tenir ici, en sentinelle devant cet écran, et de noter que des êtres vinrent, qu’ils vinrent et que leur victoire passe par ces mots consignés bien des années plus tard, afin de faire mémoire.

Je comprendrai ainsi peut-être, regardant en arrière, pourquoi mon père a visé la lune avec le manche de sa guitare et comment mon oncle s’est perdu à vouloir sauver un pays malade des avatars de la colonisation. » (p.151).

Dès le début du roman, la romancière et journaliste fait ce choix sans ambiguïté, ne voulant pas écrire une biographie au sens classique du terme. Comme elle le dit, « Il pourrait y avoir bien des manières de raconter cette histoire. » Kidi Bebey a choisi la sienne. Elle navigue ainsi avec habileté entre le personnage de la narratrice dans le roman, et sa plume en tant qu’auteure, mélangeant des flashs de souvenirs réels avec des scènes réinventées à sa guise, mettant une distance, une certaine forme de pudeur, là où cela est necessaire, entre son histoire personnelle et le roman. Le lecteur peut ainsi en toute quiétude se plonger dans l’histoire sans avoir l’impression de violer l’intimité de cette famille.

Cette liberté, ici dans l’écriture, se reflète également chez Kidi la narratrice dans le roman, qui, déjà très jeune, est éprise de liberté et ne comprend parfois pas les exigences assez rigides de ses parents en matière d’éducation. L’écriture de Kidi Bebey est très poétique et imagée, réussissant avec subtilité et finesse à faire rire le lecteur, parfois même lorsqu’un passage est triste.

Mon royaume pour une guitare, l’un de nos coups de cœur de la rentrée littéraire en France, est un pont entre différentes époques, une main tendue avec pudeur et humanisme à ceux que l’Histoire du monde et la folie des Hommes, de part et d’autre de la rive, continuent aujourd’hui encore de séparer. C’est aussi l’histoire d’une famille guidée et nourrie par l’amour des siens. C’est enfin l’histoire d’un homme exceptionnel, Francis Bebey, dont la quête permanente était l’excellence.

kidi Bebey

 

Née à Paris, de parents camerounais, Kidi BEBEY est auteure et journaliste. Son parcours témoigne de son intérêt prononcé pour la musique, la danse, les destins de femmes, l’univers de l’enfance et de l’adolescence.
Fille de l’artiste compositeur Francis Bebey, elle a grandi dans un milieu familial multiculturel et baigné dans la musique. Son roman est inspiré de son histoire familiale.

 

 

 

17 août 2016 0 Commentaires
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Lire en vacances
Listes de livres

Lire en vacances : La sélection d’Afrolivresque

par La redaction 11 août 2016
Rédigé par La redaction

On y est! Nous sommes en pleines vacances. Au programme: repos, activités récréatives, tourisme, découvertes et plus de temps avec famille et amis, et bien sûr… Lire en vacances, lecture, lecture et encore lecture.

Vous irez  au village ? Vous rentrerez peut-être au pays ? Nous avons le livre qu’il vous  faut pour agrémenter vos soirées dans la fraîcheur des montagnes du Fouta Djalon ou des grassfields du pays Bamiléké, tandis qu’un bol d’arachides grillées se videra lentement entre vos mâchoires, ponctuant ainsi les sonorités mélodieuses lâchées par les instruments des griots locaux…

Vous avez prévu de parcourir les tréfonds de la forêt dense équatoriale ? Pour vous aussi, nous avons prévu des lectures qui vous transporteront entre deux soirées de danse au son des tam-tam et autour du feu.

Si vous préférez les grands espaces du Sahel et faire de la randonnée près des Cascades de Banfora avant de vous reposer à l’ombre d’un baobab, choisissez ci-dessous les lectures qui prépareront vos siestes!

Enfin, pour  les adeptes des stations balnéaires, que vous ayez prévu de planter votre arsenal de farniente sur la plage de Camberene, Bassam, Kribi ou Port Harcourt, un bon livre saura toujours combler votre temps de repos.

Vous ne pouvez pas partir? Ce n’est pas grave, nous avons aussi pensé à vous! Parfois, il suffit d’un bon livre pour avoir la tête en vacances…

Voici une liste concoctée pour vous, notre guide de lecture pour ces vacances, une sélection de livres pour tous les goûts ; que vous soyez lecteur occasionnel, assidu ou compulsif, quelle que soit votre personnalité ou votre lieu de villégiature, vous y trouverez certainement votre compte!

***

TRAM 83, de Fiston MWANZA MUJILA

Tram 83

Quatrième de couverture: La Ville-Pays, une grouillante mégalopole africaine. Lucien, écrivain en herbe tout juste débarqué de l’Arrière-Pays, est accueilli par Requiem, ancien pote de fac. Tout les oppose : l’un s’accroche à son stylo au milieu du tumulte, l’autre magouille et court les jupons. […] Une foule hétéroclite prête à en découdre sur des musiques inouïes, un peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l’émeute.

L’avis d’Afrolivresque: Un écho frénétique de la misère d’un peuple qui pour survivre à l’absence de rêves, se vautre dans les excès jouissifs de l’instant présent, seul refuge. Un roman qui pointe du doigt les pathologies sociales de nos cités à un rythme affolant.

En vente sur Amazon, aux formats Kindle, broché et de poche.

La cuisine de Moussa, d’Alexandre BELLA OLA 

La cuisine de Moussa

Quatrième de couverture: L’Afrique s’invite à votre table! Du Sénégal au Mali, en passant par le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou encore le Gabon, l’Afrique noire offre un trésor de parfums et de saveurs, une cuisine d’une richesse infinie, trop souvent méconnue. Avec ce livre, la cuisine africaine est enfin à la portée de tous !

Vous connaissez déjà le mafé au boeuf, le poulet yassa, les acras de morue, ou encore le blanc-manger coco ? Retrouvez dans ce livre les grands classiques de la cuisine africaine remis au goût du jour avec des recettes étonnantes et savoureuses : verrine de poulet fumé au gombo, chips de banane plantain verte, fondant chocolat au gingembre confit, tarte tatin à la banane… De l’entrée au dessert, étonnez vos invités et chatouillez leurs papilles avec 80 recettes 100 % illustrées, simplissimes à réaliser !

Inspirées de la cuisine de la rue, des gargotes ou de la tradition familiale, les recettes de ce livre sont accessibles à tous. Et pour que le voyage gustatif soit encore plus magique, régalez-vous aussi des anecdotes irrésistibles du chef !

L’avis d’Afrolivresque: idéal si vous voulez épater votre grand-mère pendant les vacances, qui n’en reviendra pas de vos talents. Voyage culinaire en prime à travers l’Afrique garanti.

En vente sur Amazon, 2 formats (Kindle et broché).

Behold The Dreamers (Voici Venir les Rêveurs), d’Imbolo Mbue

Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue (Editions Belfond)

Pour prépaper la rentrée littéraire, nous vous proposons d’ores et déjà, Behold The Dreamers (Voici Venir les Rêveurs), d’Imbolo Mbue. Il arrive  en tête d’affiche des romans que nous attendons avec impatience depuis plusieurs mois déjà. Disponible dès le 18 août, il est déjà en précommande chez des libraires comme la FNAC ou Amazon.

Quatrième de couverture: Automne 2007. Le rêve de Jende Jonga, un immigrant d’origine camerounaise vivant à Harlem, est en passe de se réaliser : il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour Clark Edwards, un riche banquier à la Lehman Brothers. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, sa femme, les études dont elle rêve, et faire venir sa famille aux États-Unis. Pour les Jonga, le Graal est en vue : obtenir leur carte verte et devenir enfin des Américains.

Entre Jende, loyal, discret, compétent, et son patron Clark, noyé dans le travail et les difficultés de la banque, se noue une vraie complicité. Les deux familles se rapprochent, mais si les Jonga restent soudés malgré la menace de l’expulsion, les Edwards sont en proie à de nombreux problèmes. Pour tous, l’interminable demande d’asile des Jonga et la menace d’éclatement de la bulle des subprimes vont remettre en question leurs certitudes…

Imbolo Mbue puise dans sa propre expérience pour raconter les destins croisés de deux familles que tout semble opposer ; un premier roman vibrant et sans concession qui attaque avec une certaine jubilation l’illusion de l’American Dream au profit de l’African Dream.

Traduit de l’anglais (Cameroun) par Sarah Tardy

En pré-commande sur Amazon

Afrique en résonance : Collection du Musée Africain de Lyon

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Quatrième de couverture: Constituée depuis les années 1860, la collection du Musée Africain comprend aujourd’hui huit mille pièces qui proviennent en large majorité de l’Afrique de l’Ouest. Les objets rassemblés dans le musée montrent l’histoire d’une partie de l’Afrique et disent à la fois la diversité et l’universalité de certaines pratiques et croyances […] Sous la direction scientifique de Laurick Zerbini et de Julien Bondaz, cinq auteurs se sont mobilisés pour donner forme à ce projet et proposer un livre qui est bien plus qu’un catalogue.

L’avis d’Afrolivresque : Les amoureux de l’art africain auront de quoi se ressourcer. A travers un florilège d’images, la collection du musée africain de Lyon, nous fait découvrir l’essence même de l’africain qui réside dans son interculturalité. Ce bel ouvrage offert comme cadeau réjouira certainement celui qui le recevra.

En vente sur Amazon, format broché

 

Chroniques de Brazzaville, album BD de Nsana Jussie,

KHP et Lionel Boussi

Chroniques de Brazzaville

Quatrième de couverture: L’intérêt de ces Chroniques de Brazzaville est de mettre en pleine lumière le travail de trois jeunes artistes congolais. Lionnel Boussi et KHP racontent avec émotion leurs souvenirs de la guerre civile de 1997 qu’ils ont vécue comme enfants-soldats. La troisième artiste, Jussie Nsana, démontre un étonnant sens de la narration avec une histoire très urbaine et rafraîchissante.

L’avis d’Afrolivresque : C’est avec une atroce vérité sur les réalités des guerres civiles que les auteurs restituent un pan de l’histoire congolaise.

En vente sur Amazon, format Album

Les droits du désir, d’André Brink

Les droits du désir
Quatrième de couverture: Une grande maison un peu délabrée dans un quartier résidentiel du Cap, dont l’aspect assoupi n’est que de façade. Un veuf vieillissant, blanc, ex-bibliothécaire, privé de son poste par les orientations du nouveau pouvoir en Afrique du Sud. Surgit, un soir d’orage, Tessa, jeune, belle, tendue, aussi insaisissable que la nouvelle république. Et l’improbable se produit : alors qu’il ne croyait plus avoir de raisons de vivre, Ruben Olivier tombe passionnément amoureux de cette fille qui, pur produit du temps présent, le fait douter de son passé.

L’avis d’Afrolivresque : « Au cœur noir de toute chose : l’énigme du désir. L’attrait du changement, l’envie de goûter à la saveur douce-amère du fruit défendu ; le déplacement de ce qui est vers ce qui n’est pas encore… ». Comme le décrit ce magnifique roman d’amour, André Brink nous plonge dans les tourmentes sentimentales d’un septuagénaire qui se voit revivre avec l’arrivée d’une jeune locataire à qui il a du mal à avouer ses sentiments.

En vente sur Amazon, aux formats broché et Poche

 

La Belle histoire de Leuk-le-Lièvre,

de Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji

leuk le lièvre

 

Aux côtés de Leuk-le-Lièvre, on découvre, avec leurs caractères particuliers, tous les habitants de cette immense brousse qui ont fait de cette « belle histoire » l’un des grands classiques de la littérature africaine.

L’avis d’Afrolivresque : Avec des histoires courtes, les auteurs allient rigolades et enseignements dans la découverte des contes et des fables africains qui invitent les jeunes et les adultes à se ressourcer sous « l’arbre des palabres ».

En vente sur Amazon, format Kindle, et téléchargement audio

 

Kouty, mémoire de sang, d’Aïda Mady Diallo

Kouty, mémoire de sang

Quatrième de couverture: Gao, Mali, 6 mars 1984. Le village est attaqué par une bande de pillards touaregs. La famille de Kouty, une fillette de dix ans, est massacrée sous ses yeux par quatre hommes : le corps chétif de son petit frère est fracassé contre un mur, son père est égorgé pendant qu’il assiste au viol de sa femme, la mère de Kouty se suicide peu après en s’immolant par le feu…

Kouty est le récit de la longue vengeance de cette fillette. C’est aussi une partie de l’histoire de l’Afrique qui vit longtemps le peuple noir capturé et vendu comme esclave par les seigneurs du désert. C’est surtout le premier roman noir écrit par une jeune femme africaine.

L’avis d’Afrolivresque : Ce livre retrace les périples d’une Afrique noire meurtrie par des attaques de toutes parts. L’auteur raconte la longue vengeance qui nait des blessures profondes et forge le personnage de Kouty.

En vente sur Amazon, format Poche

***

Alors, avez-vous fait votre choix? Quel(s) livre(s) seront vos compagnons fidèles pendant les vacances? Lequel conseillerez-vous à un(e) ami(e)?

 

11 août 2016 0 Commentaires
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Agent littéraire, trait d'union ou obstacle
ActualitéIndustrie

Agent littéraire, trait d’union ou obstacle?

par Muriel Esson 28 juin 2016
Rédigé par Muriel Esson

Bien qu’il soit peu ou pas du tout connu de certains, le métier d’agent littéraire est devenu au fil du temps un maillon essentiel de la chaîne du livre.  Des USA en Afrique, en passant par l’Europe, les pratiques divergent suivant la sphère d’exercice. Quelles sont les différentes facettes de ce métier et quelle est son évolution à travers le monde?

Un agent littéraire, qu’est-ce que c’est ?

Dans le Traité pratique d’édition (1994, Éd. Du Cercle de la librairie), Philippe Schuwer explique que l’agent littéraire est « un indépendant, un solitaire tenant à sa liberté ». Il est l’interface entre auteurs et éditeurs, ou l’intermédiaire entre éditeurs pour la vente et l’achat de droits de traduction ou la négociation de coéditions. Professionnel indépendant ou rattaché à une structure légère, l’agent littéraire négocie, au nom de celui qu’il représente (auteur, éditeur, voire autre agent), la cession des droits d’édition, des droits d’adaptation audiovisuelle et des droits dérivés, moyennant un pourcentage sur ces cessions. C’est donc l’intermédiaire entre l’auteur et l’éditeur ; c’est à lui que l’auteur remet son manuscrit qu’il lira, appréciera et transmettra à un éditeur qu’il aura choisi en fonction du style du texte.

L’agent littéraire ne dispose pas d’un salaire fixe, car sa paye dépend uniquement du travail de l’auteur. Aussi, il devrait attendre que le livre soit édité afin de pouvoir bénéficier de son pourcentage sur les droits d’auteur versés par l’éditeur.

Quelle formation pour devenir agent littéraire ?

A l’heure actuelle, il n’existe dans aucune université un programme qui porte le nom de ce métier. Ceci dit, il n’y a aucun cursus académique qui permette de devenir agent littéraire.

Selon Sandrine Paccher, agent littéraire à Paris, il faut d’abord étudier les langues, l’édition et participer régulièrement aux foires du livre. Il faut aussi être bon en anglais, avoir un bon réseau et surtout maîtriser le paysage éditorial.

Bertrand Legendre, responsable du master d’édition de l’université Paris XIII, précise que la question est abordée au fil des cours sur les droits étrangers, les coéditions et les marchés internationaux, autrement dit uniquement sur le plan international.

Comme dans tout corps de métier, être agent littéraire requiert certaines compétences telles qu’être un passionné de lecture, avoir l’aptitude de lire beaucoup et vite, et être doté de connaissances juridiques, d’un sens de la diplomatie et des relations publiques.

Les pratiques du métier dans la sphère francophone

Contrairement aux pays anglo-saxons, où le métier d’agent littéraire est bien ancré, le continent européen semble être un peu à la traîne.

La France

En France, le sujet est encore très sensible, l’agent étant absent de la culture éditoriale française. Pour les éditeurs français, les agents littéraires sont parfois considérés comme des fauteurs de trouble : la relation entre auteur et éditeur est donc sacrée. En outre, les éditeurs français sont souvent amenés à collaborer avec des co-agents à l’étranger pour la vente de leurs propres titres en vue de leur traduction, en particulier lorsqu’ils ne sont pas dotés d’un service de droits étrangers intégré. Depuis une dizaine d’années, la situation a évolué et le métier d’agent littéraire est en pleine expansion en France.

La Belgique

En Belgique, les agents sont organisés en réseau et sont en relation constante avec d’autres éditeurs francophones. Pour sélectionner les manuscrits, certains font parfois appel à des traducteurs littéraires, des docteurs ès lettres, etc. Comme autre activité, ils représentent des éditeurs et des agents étrangers sur les marchés francophones du livre de même qu’à l’international.

Le Canada / Québec

Le métier d’agent littéraire au Québec peut être comparé à celui d’un explorateur. Bien qu’ayant un avenir prometteur dans ce pays, l’agent littéraire doit aller à la conquête de nouveaux marchés afin de pouvoir jouir du fruit de son travail. Les agents se battent au quotidien pour que règne un climat harmonieux avec les éditeurs car ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront négocier de meilleurs contrats. Le gouvernement québéquois doit parfois intervenir en la faveur de l’agent sinon, c’est l’agent qui endosse tout le travail de la production.

Les USA, pionniers dans le domaine

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Les agents littéraires sont désignés aux USA par les termes « literary agents ».  Dans la culture littéraire américaine, l’agent littéraire est incontournable si l’auteur veut contacter un éditeur. L’auteur doit réussir à convaincre l’agent du potentiel de son livre à travers un document appelé « the pitch letter » (lettre de présentation) ; c’est donc un agent convaincu par l’auteur qui va à son tour chercher à convaincre un éditeur. Les agents littéraires sont regroupés aux USA dans une association dénommée « Association of author’s representatives », qui sert de vitrine capable de répondre aux questions des différents acteurs du secteur de l’édition.

L’Afrique encore timide

La rentabilité de l’édition en Afrique n’est pas encore évidente à cause des conditions politiques et économiques globalement très peu favorables à la création et au développement d’une industrie du livre.

Il n’existe pas d’intermédiaire entre l’auteur et l’éditeur. Aussi, les auteurs désireux de faire publier leurs manuscrits n’hésitent parfois pas à financer eux-mêmes leurs travaux dans le but de se faire publier. Certains acteurs du livre estiment que l’industrie du livre en Afrique est gangrénée par la forte présence des œuvres occidentales.

« La circulation des livres continue donc de se faire à sens unique, depuis la France vers la Suisse, la Belgique, le Canada ; depuis l’ancienne puissance coloniale, la France, vers ses anciennes colonies d’Afrique, de la Caraïbe et de l’océan Indien. Plus préoccupant : les « grands noms » de la littérature francophone ont été aspirés par ce centre. On importe les talents, on exporte les livres, mais on n’exporte ni les labels ni les droits. »

Pierre Astier, agent littéraire français

D’autres professionnels sont plutôt fatalistes et estiment que l’industrie du livre africain n’arrive pas à se déployer à cause d’une culture de lecture faible ou alors quasi inexistante. Heureusement, certains ne s’avouent pas vaincus et croient en un brillant avenir pour le livre africain. L’Afrique anglophone est en avance par rapport à l’Afrique francophone, dans l’intégration de l’agent littéraire comme maillon à part entière de la chaîne du livre.

Le métier d’agent littéraire mérite d’être mieux connu dans le monde francophone, en particulier en Afrique. Les auteurs ont là un intermédiaire expert, dont le rôle est capital, et qui les accompagne tout au long de leurs projets littéraires, leur permettant ainsi de se consacrer à ce qu’il savent faire le mieux, à savoir, écrire.

Quelles sont vos expériences, en tant qu’auteur ou éditeur, avec les agents littéraires? Trouvez-vous leur rôle nécessaire dans la relation éditeur/auteur?

 

28 juin 2016 1 Commenter
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ActualitéLifestyle

Ebooks : Comment choisir son application de lecture ?

par Patricia Nya Njaounga 24 juin 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

C’est parti ! Vous souhaitez passer du livre papier au numérique après bien des hésitations. Vous avez acheté et téléchargé des ebooks d’une librairie en ligne ou d’un eBook Store intégré à votre appareil. Comment faire pour les lire ?  La première fois, cela peut se transformer en un vrai casse-tête chinois. En fonction de votre appareil et du format des ebooks que vous avez téléchargés, quelle application de lecture, gratuite ou payante choisir. Comment s’en sortir dans la jungle de toutes ces applications ?

Qu’est-ce qu’un ebook ?

L’ebook est un livre électronique, encore appelé livre numérique. C’est un livre que l’on peut consulter, distribuer ou conserver sous forme de fichier numérique. L’ebook peut être lu sur différents supports électroniques notamment sur des Smartphones, ordinateurs ou des lecteurs électroniques (liseuses).

Le livre numérique a ceci d’avantageux qu’il coûte moins cher que le livre papier (son prix est de 20% en moyenne plus bas que le livre papier), et est facilement transportable en grande quantité sur différents supports. Ainsi, le lecteur peut transporter avec lui des milliers de livres sans difficulté.

feuilleter-ebookBien qu’ayant des avantages notables, l’ebook ne permet pas aux lecteurs de feuilleter la totalité du livre avant de l’acheter. Certaines librairies proposent néanmoins la lecture gratuite d’un extrait. Si le DRM (Digital Rights Management ou gestion des droits numériques), code installé sur certains ebooks, permet d’éviter le piratage, il faut noter que ce code empêche également le lecteur d’être propriétaire du livre numérique acheté, puisqu’il devient un simple détenteur de licences d’utilisation. Les difficultés à prêter un ebook, les procédures à suivre pour lire un ebook après l’achat, telles sont les obstacles supplémentaires que rencontreront les lecteurs d’ebooks avec DRM. Les éditeurs sont libres de décider s’ils mettent des DRM ou pas sur les ebooks. Le lecteur peut le vérifier dans la description technique du ebook avant de valider son achat.

8 applications gratuitespour lire vos ebooksChoisir une application pour lire ses ebooks quand on ne s’y connaît pas n’est pas toujours chose aisée. Nous avons sélectionné pour vous huit applications gratuites qui vous aideront à lire vos ebooks.

Pourquoi une application spécifique pour la lecture des ebooks ?

applicatiion de lectureLes ebooks disponibles sur le marché sont proposés sous différents formats dont les plus répandus sont les ePub, Mobi, Azw (Kindle) et les PDF (pour les puristes, le PDF n’est pas vraiment un ebook).

Pour un novice, la lecture d’un ebook peut sembler compliquée. Elle nécessite l’installation d’une application spécifique pour pouvoir lire ces différents formats. Certains n’étant lisibles qu’avec des applications conçues par le propriétaire du format (format propriétaire), il est important de savoir quelle application pourra lire quel format sur quel support. C’est par exemple le cas du site Amazon qui requiert obligatoirement l’application Kindle pour la lecture de ses livres proposés en format AZW, le format iBook d’Apple qui se lit que sur des appareils d’Apple.

Comment choisir son application pour la lecture de ses e-books ?

Pour choisir une application pour lire ses ebooks, il faut tenir compte de certains paramètres tels que le format du ebook (ePub, Mobi, iBook ou Azw pour les plus répandus), le type d’appareil (tablette, smartphone, PC, ou Mac) et le système d’exploitation (Android, iOS (Apple), OS X, Windows ou Linux) installé sur les appareils.

Format ePub est lisible sur

  • PC et Mac
  • iPhone / iPad
  • Smartphones et tablettes Android
  • Toutes les liseuses, sauf la liseuse Kindle

Format Kindle (AZW, restriction DRM)

  • Sur toutes les plateformes avec l’application Kindle uniquement

Format Mobi

  • Sur toutes les plateformes

Format iBook

  • Uniquement sur les appareils Apple

Format PDF

  • Sur toutes les plateformes sauf celle de Kindle

Pour plus de détails techniques, consultez ces tableaux de comparaisons des différents formats pour ebooks (anglais).

Choisir une application adéquate pour lire ses ebooks n’est pas toujours chose aisée, vu la multitude de supports et de formats ebooks qui existent sur le marché. Heureusement que l’ePub s’impose petit à petit comme standard, facilitant ainsi la tâche au lecteur, quel que soit son support de lecture.

Quelle a été votre première expérience avec la lecture d’un ebook ? Avez-vous d’autres paramètres dont il faudrait tenir compte avant de faire son choix ?

 

24 juin 2016 0 Commentaires
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InterviewsAfrique Centrale

Blick Bassy: « Nous sommes les créateurs de notre Paradis »

par Acèle Nadale 21 juin 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Sorti en mai dernier chez Gallimard, Le Moabi Cinéma est le premier roman du chanteur camerounais Blick Bassy. Dans un entretien accordé à Afrolivresque.com, il nous confie quelles ont été ses motivations pour écrire ce roman très réussi, et quel message il a voulu passer à travers ce livre.

Blick Bassy, beaucoup de lecteurs vous connaissent plus en tant qu’artiste auteur-compositeur, musicien et chanteur. Quel a été le déclic pour passer de la musique à l’écriture pour écrire ce roman ?

Bonjour. En tant qu’auteur-compositeur, il existe depuis toujours un lien avec l’écriture vu que j’écris mes textes. J’ai décidé d’écrire un roman il y a maintenant 8 ans, boosté par la réalité et mes voyages. J’ai la chance de parcourir le monde et donc d’assister chaque jour à des scènes de vie incroyables, avec des réalités correspondant à chaque environnement. J’ai donc toujours voulu le raconter, déjà à travers mes chansons, et pour aller plus loin grâce à la langue, l’écrire.

Vous êtes un artiste qui a du succès et vous faites beaucoup de concerts à travers le monde. Où trouvez-vous le temps d’écrire ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai commencé à écrire il y a longtemps, je suis aussi hyperactif. J’essaie alors de rentabiliser mon énergie en la canalisant vers des projets qui me tiennent à cœur. Autant en profiter pendant que j’y suis.

Boum Biboum, le héros principal du roman, est un jeune camerounais de l’ethnie Bassa’a passionné de musique qui raconte son vécu quotidien à Yaoundé comme vous. Bilck Bassy et Boum Biboum sont-ils la même personne ?

Je me suis inspiré de quelques scènes de ma vie au Cameroun, mais l’imagination a pris le dessus et Boum Biboum et moi n’avions plus que quelques petites ressemblances. Je trouve que laisser cours à notre imagination est juste géniale car chaque tableau peut raconter plusieurs histoires différentes selon l’imagination.

Le Moabi Cinéma, mai 2016 Gallimard

Le Moabi Cinéma, mai 2016 Gallimard

Bien qu’écrit sous forme de roman, « Le Moabi Cinéma » est un livre engagé qui met à nu tous les paradoxes et richesses de la société Camerounaise. Quel message souhaitez-vous faire passer avec ce roman et à qui s’adresse-t-il ?

Ce Roman s’adresse à la jeunesse Africaine, mais aussi à celle du monde entier qui connaît peu notre continent. Il s’adresse également aux responsables politiques du Nord et du Sud, afin de mettre à nu leurs contradictions et leur responsabilité dans les drames causés par l’immigration. J’aimerais à la fin dire que nous sommes les créateurs de notre Paradis, chacun de nous quel que soit le lieu où nous vivons.

Il existe entre les personnages issus de différentes ethnies, des liens d’amitié forts. Pourquoi ce choix, bien que le tribalisme existe au Cameroun ? Cette réalité est-elle difficile à coucher dans un roman ?

J’ai juste voulu décrire une autre réalité justement, celle que j’ai vécue pendant mon enfance. Nous ne nous soucions pas vraiment à quelle tribu appartenait tel ou tel autre, si ce n’était lorsqu’on se taquinait comme peuvent le faire des frères. Je sais que cela existe aussi au Cameroun et jusqu’à présent mes meilleurs amis Camerounais viennent des quatre coins du pays. Je ne nie pas la présence du tribalisme au Cameroun, mais j’essaie justement de montrer qu’à l’instar de la diversité communautaire en Europe, la diversité est une chance. Il faut le porter fièrement tout en apprenant de chaque tribu et de chaque communauté.

« Le Moabi Cinéma » dépeint aussi une jeunesse africaine complètement larguée qui tourne en rond en attendant d’immigrer vers le « paradis » occident. Que dites-vous à ces jeunes qui nous lisent et ne voient leur avenir que possible qu’en occident ?

Je leur dis ce que je dis ici en France aux jeunes de quartier et de province qui croient que rien n’est possible que si on est à Paris, lorsque je donne leur des ateliers. Je leur dis : « Soyez acteur dans votre quotidien, réfléchissez sans cesse sur ce que vous voulez devenir, regardez autour de vous et faites comme des enfants qui, lorsqu’ils n’ont pas d’argent pour acheter des jouets, deviennent créatifs et créent leurs propres jeux, leurs propres jouets. »

Photo: La Grande Librairie
21 juin 2016 0 Commentaires
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Extrait de La Ronde des ombres, Philippe Ngalla-Ngoïe
FictionAfrique Centrale

La ronde des ombres (Extrait)| Philippe Ngalla-Ngoïe

par La redaction 11 juin 2016
Rédigé par La redaction

« L’indépendance arriva plus vite que Sylvestre ne l’avait prévu. Il y avait eu comme une accélération de l’histoire. Le maire de Brazzaville, un abbé en bisbille avec sa hiérarchie pour des raisons obscures, devint le premier Président de la République. Sylvestre était bien entendu en liesse comme tout le monde et fredonnait lui aussi les chants composés à cette occasion. Plus que jamais les paroles de ses maîtres et professeurs français d’après lesquels ils deviendraient des personnes importantes pour ce pays, résonnèrent dans son esprit, avec plus de force. Auparavant les choses paraissaient ne pas dépendre entièrement de lui. Il allait de soi que de brillantes études lui ouvriraient une situation, mais qu’elles le mèneraient aux sommets envisagés, il en était moins sûr. Son pays étant membre d’une fédération de territoires, l’AEF (Afrique Equatoriale Française), il était en concurrence avec les meilleurs de ces territoires. Un Tchadien pouvait être nommé à Brazzaville, un Congolais à Bangui, un Gabonais à N’Djamena. La fédération s’était disloquée, contestée par les leaders nationalistes bien avant les indépendances, elle s’émietta, tels ces empires, artificiels assemblages de peuplades variées que des cataclysmes politiques ou la disparition du ciment de l’unité fracturent. Cloisonnés dans leurs petits territoires, les chances des cadres nationaux d’atteindre les sommets étaient plus grandes. Vu l’ampleur de la tâche, les besoins en compétence pour le moment comblés par les blancs, les cadres locaux étant rares, il paraissait acquis qu’il se ferait une place.

Peu après l’indépendance, en tout cas quelques années après, Sylvestre obtint son bac et alla poursuivre ses études en France. Le moment tant attendu arrivait enfin. Il allait pouvoir expérimenter la mélancolie fameuse « des changements, même les plus souhaités ». Il n’y croyait d’ailleurs guère. Pour rien au monde il ne laisserait la tristesse le submerger au moment de s’envoler pour une destination légendaire, chantée par ses fils où qu’ils se trouvassent, le pays dont la langue apprise à l’école était devenue celle de la pensée et de la conceptualisation. Certes sa langue maternelle lui restait, car celle des affects, mais le français lui offrait le monde, pont reliant les nombreux îlots d’humanité, langue de la fraternisation avec le lointain.

Pas une once de regret ne s’insinuait au moment du départ. Son pays, il ne le quittait que pour revenir mieux armé pour le servir. Au lieu du douloureux pincement qu’on éprouve au moment de quitter les siens et sa patrie, il était rempli de la détermination et des grandes espérances des pionniers. Après tout il n’allait pas en enfer, mais en France. La nouveauté et les merveilles de ce pays rêvé l’occuperaient tellement qu’il n’aurait pas le temps de se laisser envahir par des états d’âme. « De toute façon, pensait-il, la nostalgie enchaîne ceux qui regardent derrière, elle les fige et les empêche d’embrasser leur avenir avec enthousiasme. Moi, je me contenterai de regarder devant moi, au risque de perdre le nord. » C’étaient là des pensées inspirées par la hardiesse de l’ignorance et l’imprudence de l’inexpérience. Aimée des artistes et de ceux qui s’enrichissent dans les inépuisables ressources du passé, la nostalgie, fil qui relie aux origines, fait goûter la délicieuse saveur de l’avant, a sur l’espérance l’avantage de ranimer les émotions, heurs ou malheurs, toujours elle leur redonne une incroyable vigueur. En renforçant le sentiment d’avoir vécu, elle donne son poids et sa valeur à l’existence. Le futur, inconnu, imaginé, mystérieux et terrifiant ne s’envisage tranquille qu’avec la béquille de la confiance. Sylvestre ne mit pas long à la rencontrer.

Les après-midi pluvieux de l’automne parisien, la grisaille du ciel, le brouillard et les feuilles mortes jonchant les rues tels des cadavres, le pas rapide des passants aux visages sans sourire et aux peut-être cœurs asséchés, lui rappelèrent la chaleur de son pays. Celle des doux rayons de ce soleil qui rarement cachait sa vive figure, celle qui émanait de ces gens nonchalants, riants et débonnaires. Parfois lorsque penché sur un livre, ne lisant pas mais trompant sa solitude dans la réminiscence de ses joies brazzavilloises, et que défilaient, telles des images insaisissables, les visages aimés de sa famille et de ses amis, la caresse impromptue d’un frêle rayon à travers la seule fenêtre de sa chambre sous mansarde le sauvait de l’horrible frustration que provoquent les bonheurs vaporeux, incapables de sauver du cafard.

Heureusement ces retournements de l’âme sont passagers. Ils vont, ils reviennent. Sylvestre profitait de ces longs intervalles pour jouir des joies de la découverte. La France était assurément plus belle en réalité que celle de ses livres et celle des diapositives de ses professeurs. La grandeur et la foule de Paris l’impressionnèrent. A quoi ressemblaient donc les mégalopoles américaines, New-York, Chicago, Los Angeles, les grosses villes asiatiques ? ça devait être infernal, Paris étant à la limite du supportable. Le bruit recouvrait sans cesse la ville où la circulation et le va et vient des piétons déboulant des bouches du métro donnaient le tournis. L’autobus plus que le métro dont il se méfiait, redoutant que ses galeries ne s’effondrent, lui donnait un insupportable sentiment de confinement/d’insécurité.

Il leur préféra la marche pour découvrir la grande ville. Simplicité et superbe, couple à priori mal assorti y filaient le parfait amour. Rayonnant d’une gaieté champêtre, les quartiers populaires aux maisons riantes, sur la physionomie desquelles transparaissaient l’irrévérence et la hardiesse du peuple, donnaient l’accolade à des quartiers chics où les immeubles, cossus et d’une remarquable élégance, avaient parfois, malgré leur impressionnante figure, cet air de familiarité, faux négligé par lequel les dandys tempèrent la solennité de leur habit. Il est certain que peinte, l’allégorie de cette ville ne montrerait rien d’autre qu’une vieille décrépie, décatie, mais auréolée de légèreté et de bonheur, prenant par la main une sage demoiselle racée et de haute extraction. Levant les yeux sur tel monument il réalisait la somme de travail et d’idéal qu’y avaient mis les bâtisseurs d’autrefois. Ignorant l’histoire de l’art, incapable d’apprécier la valeur d’un ouvrage, tant de précision, de patience, et d’éclat dans la pierre lui parut futile. Cependant ces choses le marquèrent avec force. Il regretta que les Français n’eussent pas exporté cette beauté dans les villes de son pays. Rien n’y rappelait ces belles façades, ces frontons, ces frises, ces bas-reliefs ces colonnes, ces arcades. Même les places, large sourire qui ici des villes y avaient été oubliées. Rien en tout cas n’y rappelaient celles de la République, de la Bastille, ou encore celle des Vosges. Les Français ne s’étaient pas cassé la tête pour bâtir les villes coloniales qu’il trouvait désormais laides. Le sentiment d’une arnaque l’envahit. Il se mua bientôt en ressentiment.

Toute cette histoire n’était qu’une escroquerie. Les douleurs de la colonisation, les travaux forcés, les brimades, l’effort de guerre lui avaient toujours parus compensés par les soi-disant avantages de la civilisation. Cette civilisation qu’on leur avait apportée n’en était pas tout à fait une. Tout au plus tenait-elle d’une tentative, au rabais. Il ne se souvenait pas qu’on eut éveillé chez eux l’envie de grandeur et de beauté dont témoignaient les villes et principes sur lesquels reposaient l’Occident. C’était tout le contraire : l’offense et l’humiliation mâtinées de menus bienfaits. Le paradoxe de l’Occident le troublait. Qu’est ce qui pouvait bien s’être passé dans la tête de ces gens ? Le faible souffle d’une pensée et d’une spiritualité naguère puissantes, conquérantes d’humanité, de justice et de liberté, était encore perceptible malgré l’effroyable bruit des machines et du canon. Cette société vénérait le beau en même temps pataugeait dans des horreurs telles qu’on n’en vit jamais de fait d’homme. La traite atlantique, la colonisation, Auschwitz et Buchenwald était filles de l’Occident. »

Extrait de La Ronde des ombres, Philippe Ngalla-Ngoïe

11 juin 2016 0 Commentaires
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Cameroun: Le salon international du livre de Yaoundé ferme ses portes aux amoureux du livre
ActualitéAfrique CentraleÉvénements

Cameroun: Le salon international du livre de Yaoundé ferme ses portes aux amoureux du livre

par Patricia Nya Njaounga 10 juin 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

Le salon international du livre de Yaoundé s’est achevé ce 6 juin 2016 sur une journée dédiée à l’artiste et écrivain camerounais Francis Bebey. Table ronde, ateliers d’écritures, lecture des textes de Francis Bebey, et dédicace des livres du professeur Narcisse Mouelle Kombi, ministre des arts et de la culture.

Après quatre jours de promotion intense du livre, écrivains, participants et visiteurs se sont rués une dernière fois dans les 75 stands du Salon International du Livre de Yaoundé (SILYA), afin de participer aux activités de clôture et faire leurs dernières emplettes littéraires.

« Je n’ai pas pu venir au SILYA, les jours précédents. Je ne pouvais pas manquer ce dernier jour, d’autant plus que j’ai appris que certaines maisons d’éditions avaient baissé les prix de leurs livres. Après avoir visité les stands, je repars avec cinq livres pour ma bibliothèque personnelle », explique Geneviève Ngangwa.

L’occasion pour certains visiteurs d’échanger avec les auteurs et de prendre quelques photos.

Narcisse Mouelle Kombi, Ministre camerounais des arts et de la culture - Crédit Afrolivresque

Narcisse Mouelle Kombi, Ministre camerounais des arts et de la culture en pleine dédicace – Crédit Afrolivresque

« Je suis venu spécialement aujourd’hui pour assister à la dédicace des livres du ministre des arts et de la culture, Narcisse Mouelle Kombi. Ce n’est pas tous les jours que je peux le voir d’aussi près », confie une étudiante. À 17 heures passées de quelques minutes, la séance de dédicace débute autour du professeur qui échange quelques phrases avec ses lecteurs et présente ses trois œuvres en vitrine. Il s’agit ici de trois livres de poésie notamment «Une aube si tragique», «L’imparfait de l’exil» et «Traduit de l’événementiel», réédités par les éditions CLE:

«Ces œuvres poétiques sont pour certaines des œuvres de jeunesse. Ils sont des hymnes à la beauté des mots, des hymnes à ce que nous avons en héritage et en partage. C’est-à-dire un esprit qui fait souffler sur les mots un vent d’humanité. C’est cette humanité qui fait en sorte que l’homme puisse échapper à sa condition d’animal pour s’élever vers les cimes de la spiritualité», détaille le professeur Narcisse Mouelle Kombi.

Pour certains participants, écrivains, et visiteurs, le livre a été véritablement mis au centre des activités, même si pour d’autres, les ventes n’ont pas été à la hauteur des investissements engagés pour l’événement. Le rendez-vous est pris pour la prochaine édition.

10 juin 2016 0 Commentaires
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Jean-Claude Awono
InterviewsActualitéAfrique CentraleProfessionnels

Jean-Claude Awono: « Le livre demande un accompagnement, un encadrement technique, intellectuel et artistique »

par Patricia Nya Njaounga 10 juin 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

Le directeur de la maison d’édition camerounaise Ifrikiya, Jean-Claude Awono, donne ses impressions à Afrolivresque au sortir de la 2ᵉ édition du Salon international du Livre de Yaoundé.

Afrolivresque: L’on a assisté pendant cinq jours à une vaste vitrine du livre au Musée national du Cameroun. Pensez-vous que d’ici à quelques années, cela sera encore possible avec l’avancée de plus en plus grandissante du numérique ?

M. Jean-Claude Awono: Oui, cela sera encore possible. Sur le plan mondial ou local, le livre en version papier ne disparaîtra jamais. Le livre sera toujours là, et cela y va d’ailleurs de l’intérêt du monde. Parce que le papier est un vaste patrimoine du monde, et le livre en papier a entretenu et maintenu le monde pendant des siècles et des siècles. Donc aujourd’hui, pensez qu’il va disparaître ? Je ne le pense pas du tout. Je vois plutôt dans le numérique une autre possibilité que le livre a d’exister. Je vois de la complémentarité et non une relation de disparition, car ce cas n’est pas possible.
L’espace numérique, c’est une passerelle, une voie salutaire. Il y a beaucoup d’avantages à s’investir dans le numérique. Ce qui signifie que le livre en version papier a toute sa fortune maintenant qu’il y a la dimension numérique, puisqu’elle lui donne une mobilité, une présence beaucoup plus grande encore à l’échelle mondiale. Le livre numérique est plus accessible que celui en version papier qui a besoin d’un voyage physique, tandis qu’en version numérique le voyage est presque annulé.
Mais maintenant, la question est de savoir si aujourd’hui, dans le contexte camerounais, nous arrivons à bénéficier du numérique ? Je pense que le statut du livre au Cameroun dans sa forme numérique est encore mitigé. D’abord parce que le numérique reste le lieu de la distraction, on parle de la « génération Android » aujourd’hui, mais beaucoup vont sur l’espace virtuel ou numérique pour se distraire, pour dialoguer, tchatcher, mais pas pour véritablement faire de la lecture. L’espace numérique est un espace assez complexe de communication et de relations avec d’autres personnes. Quand on y est, si l’on n’a pas la concentration que cela demande, on aura du mal à en tirer profit. De plus, nous naissons dans un contexte où l’énergie électrique reste relative. Quand vous allez dans les villages et même dans les villes, on n’a pas toujours l’énergie suffisante pour pouvoir bénéficier ou jouir de l’objet numérique aujourd’hui.

Afrolivresque: Quelles sont les difficultés auxquelles font face une maison d’édition au Cameroun ?

M. Jean-Claude Awono: Au Cameroun, on est confronté à diverses difficultés qui sont d’abord celles des ressources humaines. Parce que produire un livre, ce n’est pas comme faire cuire une omelette. Le livre demande un accompagnement, un encadrement technique, intellectuel et artistique. Cela nécessite une certaine formation, une certaine sensibilité, un certain amour pour ce domaine d’activité. Dans notre contexte, cela peut s’expliquer peut-être par le fait que les écoles de formations dans le domaine du livre ne sont pas légion. Le problème majeur reste donc celui des ressources humaines disponibles, rompues à la tâche et qualifiées pour pouvoir vraiment faire du livre un produit de qualité.
Au niveau des placements de produits, nous imprimons des livres. Malheureusement, le marché du livre sur place est extrêmement réduit, et placer des ouvrages devient une réelle difficulté. Il faut donc créer un marché du livre et cela ne peut exister que s’il y a des initiatives comme ce SILYA, c’est-à-dire tout ce qui a trait à la promotion du livre. Or, la promotion coûte extrêmement cher. Il faut donc travailler à trouver des moyens pour l’assurer, que l’éditeur bénéficie de supports et d’appuis institutionnels tels que les hommes d’affaires et autres. Enfin, le dernier aspect que nous pouvons citer, c’est l’encadrement de l’Etat. Dans d’autres pays, l’Etat dégage quand même suffisamment de moyens pour soutenir l’industrie du livre avec des subventions et d’autres formes d’appuis. Dans le cas du Cameroun, malgré l’existence de ce qu’on appelle le fonds d’affectation spécial qui devrait de mon point de vue apporter beaucoup au livre, cela ne me semble pas encore être le cas.

Afroivresque: Quels sont vos souhaits en tant que maison d’édition ?

M. Jean-Claude Awono: Notre souhait est que le marché du livre au Cameroun grandisse et que les auteurs camerounais qui prennent le risque de publier au Cameroun puissent de plus en plus bénéficier d’un accompagnement éditorial digne de ce nom.

Quel est votre bilan du SILYA 2016?

Jusqu’ici en termes de vente, c’est très relatif. Les ventes n’ont pas été spectaculaires du tout, par rapport à l’investissement que nous avons fait, notamment l’acquisition des stands, la communication, la mobilisation du personnel et plein d’autres choses. Donc quand je fais le rapport entre ce que nous avons investi et ce que nous avons écoulé ici, la balance est déficitaire. Mais on a connu quand même une grosse fréquentation ; il y a beaucoup de personnes qui sont venues et se sont arrêtées devant le stand. Elles ont plus fréquenté le stand qu’acheté des livres, mais c’est déjà quelque chose de gagné. Elles ont quand même découvert la maison. Ce qui, nous l’espérons, va permettre à Ifrikiya de connaître une plus grande audience en centaines d’auteurs à l’avenir. De manière générale, ce SILYA est un bon projet, qu’il faut encourager.

10 juin 2016 0 Commentaires
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Dieudonné-Gnammankou-Alcali-SILYA-2016
InterviewsAfrique Centrale

Dieudonné Gnammankou Alcali: « On ne peut pas sans la littérature amorcer un mouvement de renaissance »

par Patricia Nya Njaounga 9 juin 2016
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

Dieudonné Gnammankou Alcali, historien, écrivain, traducteur littéraire, éditeur (Dagan Éditions) et conférencier béninois évoque ses œuvres sur « Pouchkine » qui ont fait son succès, et appelle à une renaissance africaine par la littérature, lors de la 2ᵉ édition du salon International du Livre de Yaoundé (SILYA).
Est-ce qu’à l’époque de la publication de vos livres, vous vous attendiez à un tel résultat favorable, à un tel bouleversement ?

Non je ne m’y attendais pas du tout. Déjà « Pouchkine et le monde noir », je l’ai écrit en 1999 avec un groupe d’auteurs et de chercheurs à qui j’avais fait appel parce que justement, il fallait montrer l’importance de l’Afrique dans la vie et dans l’œuvre de Pouchkine. Et trois ans avant, j’avais écrit la biographie d’Abraham Hanibal, « Abraham Hanibal, l’aïeul noir de Pouchkine ». Les deux livres sont parus aux éditions Présence africaine à Paris. Non, je ne pouvais l’imaginer. Vous savez, comme tout auteur qui écrit un livre, on espère que son livre va avoir du succès, mais on n’est jamais sûre, ni de la réaction du public, ni si la presse va être intéressée et en parler. J’ai été agréablement surpris par une bonne réaction dans les médias, de bonnes critiques littéraires et puis surtout en Russie. Des chercheurs russes qui travaillent sur cette question-là, ont fait un très bon accueil des résultats de mes travaux. Par contre, j’étais loin de m’imaginer des enjeux qu’il y avait autour de mes recherches, de ce travail sur Pouchkine que je faisais, et comment j’allais bouleverser des mentalités.

En tant qu’écrivain, qu’est-ce qui a été le plus difficile, la recherche ou la perception du livre par les lecteurs et les pairs ?

Les recherches ont été difficiles à faire parce que quand je suis parti en France après mon master en Russie, je n’étais plus boursier du gouvernement béninois. Il fallait trouver un boulot, mes parents m’aidaient un peu. Ces périodes-là étaient difficiles et il a fallu quatre années de recherche pour écrire le livre. Heureusement, j’ai eu trois amis généreux qui m’ont aidé à payer les billets d’avions pour partir en Russie, en Ukraine, en L’Estonie, et en Turquie. Les difficultés sont parfois de nature inattendue.
Par rapport au public, j’ai eu la chance que mon livre ait été bien accueilli, que ce soit en France où il est sorti, ou par la presse africaine. Mon livre a eu un bon accueil en Angleterre alors qu’il était en français, les média en Russie ont donné une large couverture à mon livre, à mes travaux.  Il y a même eu un projet d’adaptation de mon livre au cinéma, mais le problème qui reste posé est celui du financement puisque cela demande plusieurs millions d’euros.

Quel est votre avis sur la question de la littérature et la renaissance africaine ?

Le mouvement de renaissance africaine qui s’est amorcé aujourd’hui ne peut pas se faire sans une littérature dédiée et consacrée à cela. Une littérature qui est claire des africains, qui leur montre la voie à suivre, qui les aide à se découvrir eux-mêmes. La renaissance européenne s’est faite aussi de la même façon. On ne peut pas sans la littérature amorcer un mouvement de renaissance. C’est-à-dire que les écrivains occupent une part importante dans ce processus, parce que la littérature contribue à l’éveil des consciences, à la formation individuelle, à l’élargissement de la culture générale de l’individu. Et la renaissance ne peut pas se faire sans une connaissance de soi-même, sans une connaissance de son histoire, de son passé, des apports de nos ancêtres à l’universel. C’est donc la littérature qui peut apporter ce savoir-là. La production autonome de la connaissance et du savoir ne peut se faire que par le biais d’institution d’éditions africaines, d’organisme, de maisons d’édition africaines qui publient des auteurs africains. Tous les écrivains africains devraient comprendre que la tâche qui est la nôtre de par notre histoire est différente de celle que rencontrent les écrivains européens, asiatiques ou américains. Nous avons d’autres enjeux en face de nous et il nous revient de mettre cela en avant afin de participer au mouvement de renaissance africaine.

Quelles opportunités l’Afrique peut avoir en développant l’industrie du livre ?

Les enjeux pour l’Afrique sont très importants. L’industrie du livre, c’est l’un des défis majeurs que doit relever l’Afrique dès maintenant ou dans les prochaines années. Mais il ne s’agit pas de développer une industrie du livre pour submerger l’Afrique de livre écrit par les autres sur l’Afrique, pour submerger les africains d’une littérature qui n’abordent pas les besoins, les questions importantes pour les africains d’aujourd’hui, et qui ne provoque pas une décolonisation mentale des africains. L’industrie du livre doit nous permettre une autonomisation dans la production littéraire, dans celui des savoirs scientifiques, dans leurs publications, dans leurs promotions, leurs diffusions, leurs distributions. Elle doit permettre la création de structures dédiées à cela, de grandes sociétés de distribution régionale, sous régionale et continentale du livre. Elle doit également permettre la création de grandes librairies, de bibliothèques, de centres de documentations dignes de ce nom afin que les africains, où qu’ils soient, puissent avoir accès à l’information.

9 juin 2016 0 Commentaires
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L'Afrique fait sensation au 17ème Festival de Poésie de Berlin
ÉvénementsEuropePoésie

L’Afrique fait sensation au 17ème Festival de Poésie de Berlin

par La redaction 8 juin 2016
Rédigé par La redaction

Comme depuis bientôt 17 ans, une pléthore d’écrivains venus des quatre coins du monde se sont donnés rendez-vous au cœur de Berlin, capitale de l’Allemagne, pour célébrer Festival de Poésie de Berlin. Depuis vendredi dernier, se sont succédé sur scène et en tables rondes, des poètes de renom pour déclamer leurs textes et échanger autour du thème central de cette année : «Kein schöner Land» (Pas de territoire plus beau).

Le continent africain a brillé par la présence de plusieurs de ses poètes. On peut citer entre autres : Titilope Sonuga (Nigeria), Niyi Osundare (Nigeria), Souleymane Diamanka (Senegal/ France), Fiston Mwanza Mujila (RDC), Effe Paul Azino (Nigeria), Omo Faith (Nigeria).

Vendredi 3 Juin 2016 : Souleymane Diamanka fait vibrer le public

Souleymane Diamanka

Souleymane Diamanka

Le festival s’est ouvert par une cérémonie au cours de laquelle ont presté les poètes Hinemoana Baker (Nouvelle-Zélande), Ana Blandiana (Roumanie), Caroline Bergvall (France/Norvège), Gerhard Falkner (Allemagne), Charles Simic (Serbie/USA), Luis Felipe Fabre (Mexique), Rasha Omran (Syrie/Egypte), Uljana Wolf (Allemagne) et Souleymane Diamanka (Sénégal/ France).  Avec sa légendaire voix grave, le slameur Peul a tour à tour dit ses poèmes Le vœux exaucé de Dieneba, Moment d’humanité, Répond lui avec de l’eau, Muse amoureuse. Ce fut un moment d’immense émotion, comme à chaque prestation de Souleymane Diamanka.

Samedi 4 Juin 2016: Moment d’enchantement avec Titilope

17h00

La poétesse et journaliste zimbabwéenne Linda Gabriel a animé une discussion entre les poètes nigérians Titilope Sonuga et Niyi Osundaré sur le thème : « La poésie du pétrole » (Die Poésie des Erdöls).

« La poésie est partout […] La manière dont on agence les couleurs, le lever du soleil… c’est de la poésie » a répondu Niyi Osundare, lorsque Linda Gabriel lui demanda ce qui l’a amené à la poésie. Celui qui a déjà plus de 20 livres à son actif poursuit en disant :

« Le poème n’est pas juste quelque chose que vous mettez dans un livre. Le but d’un poème c’est d’être partagé. »

 

Steve Mekoudja et Niyi Osundare

Niyi Osundare (gauche) et Steve Leo Mekoudja (droite) – Crédit Afrolivresque

Ce qui était frappant chez les deux auteurs nigérians, c’était leur discours décomplexé et sans détours, la fierté affichée d’être tels qu’ils sont, africains et nigérians. Comme à son habitude, le poète et dramaturge Niyi Osundaré a tenu des propos très engagés, notamment sur la situation qui prévaut au Congo RDC :

« Le Katanga est l’un des endroits les plus riches au monde grâce aux ressources qu’il recèle, et pour cette raison, le Congo n’aura jamais la paix. […] Toutes ces entreprises qui se font de l’argent avec notre pétrole dégradent notre milieu de vie. Apportons un peu de justice à notre manière d’agir.»

18h30 

Souleymane Diamanka s’entretient avec Odile Kennel sur sa vie, ses inspirations et ses ambitions. Fidèle à lui-même, celui qui a collaboré en 2007 avec Grand Corps Malade raconte son enfance au Sénégal, son arrivée en France, ses débuts en tant que rappeur et plus tard poète.

« Je suis juste un pauvre artiste au service de la beauté. Je l’utilise pour écrire la réalité comme un trampoline. »

(Ich bin nur ein armer Künstler im Dienste der Schönheit. Ich benutze zum Schreiben die Wirklichkeit wie ein Trampolin.) dit-il. Le public a été frappé par la simplicité de l’artiste et son éloquence.

« Le talent n’existe pas, le don inné n’existe pas. C’est l’amour et le temps. Si je me donne dix ans pour apprendre à jouer du piano et que je travaille avec amour, je réussirai. […] On est tous des artistes, sauf que certains décident d’en faire un métier. […] Les plus grands poètes que je connaisse, ce sont mes parents car pour élever des enfants, il faut de la poésie. »

Il a également déclamé son magnifique texte  Réponds lui avec de l’eau.

20h00

Titilope

Titilope

Quatre auteurs nigérians font voyager le public berlinois au Nigéria : Niyi Osundaré, Titilope Sonuga, Effe Paul Azino et Omo Faith déclament sur scène leurs poèmes. C’était une réelle démonstration de talent et de professionnalisme, avec une mention spéciale pour la sublime Titilope qui a touché le public aux larmes avec son poème Icarus.

Dimanche 05 Juin: Fiston Mwanza Mujila ou quand les mots se font musique

 

Fiston Mwanza Mujila

Fiston Mwanza Mujila – Crédit afrolivresque

C’était la journée du colloque sur l’exil.  Comment écrire lorsqu’on est en exil ?  Quel est le rapport d’un écrivain avec les langues de son pays d’accueil ? Comment la langue du pays d’accueil d’un écrivain peut-elle nourrir son imaginaire ?… Plusieurs auteurs ont apporté des réponses à ces questions.

Quand Fiston Mwanza Mujila (auteur du roman Tram 83 (Métailié 2014) salué par la critique internationale et très récemment primé par le prestigieux Prix Etisalat 2015) parle, sa voix est douce, presque fluette. Et quand il déclame ses poèmes, les murs vibrent, le sol tremble. Il n’a pas besoin de micro, le public est tétanisé, littéralement! Une prestation puissante de ses textes Monologue d’un damné, Solitude 2 et Solitude 64, riche en émotion, en musicalité et même en humour.

Le 17ème Festival de Poésie de Berlin se poursuit. Il fermera ses portes le 11 juin prochain.

Par Steve Mekoudja

8 juin 2016 0 Commentaires
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«Confidences» de Max Lobe à la quête d’un passé trouble
AuteursAfrique CentraleEuropeLittératureNotes de lecture

«Confidences» de Max Lobe : à la quête d’un passé trouble

par Acèle Nadale 7 juin 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Après « 39 rue de Berne » publié en 2013 aux Éditions Zoé (Prix du Roman des Romands en Suisse et prix de la fondation Minkof), dans lequel il côtoie des personnages glauques de la nuit dans un quartier chaud de Genève, l’auteur camerounais Max Lobe publie en 2014 un 2ᵉ roman « La trinité bantou », toujours aux Éditions Zoé (Prix de l’académie romande), où le héros Mwána, un immigré du Bantouland, se bat avec les aléas de sa nouvelle vie en pays helvétique. Cette fois-ci, Max Lobe nous revient avec « Confidences », son dernier roman publié en février 2016 aux Éditions Zoé.

Retour au pays

Après une conférence en Suisse à propos du livre «Kamerun!Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)» (Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, Éditions La Découverte, 6 janvier 2011), Max Lobe est bouleversé et fait le terrible constat de son ignorance de l’histoire de son pays d’origine le Cameroun. Il s’interroge. Est-il un vrai africain? Qu’est-ce qu’être africain? Il décide alors de retourner dans son pays le Cameroun pour en savoir un peu plus sur cette histoire qui se raconte très peu, l’histoire des guerres d’indépendance du Cameroun sous la colonisation française. Il décide d’aller sur les traces de l’une des figures marquantes de cette période, Ruben Um Nyobè.

Au hasard de ses rencontres, il fait la connaissance de l’héroïne principale de son roman, Mâ Maliga, dont l’aura et le témoignage le fascinent. Il décide d’en faire un roman.

Plus je passe des années en Occident, plus je me sens Africain.

Je le dis à papa Makon. Il me regarde étrangement. De la surprise dans son regard.

«C’est quoi être Africain, mon fils?» il me demande.

Ai-je une réponse à sa question?

Je lui souris et il me prend par l’épaule.

Plus jeune, je ne m’en rendais pas compte.

Entre passé et présent

Mâ Maliga, femme dans la soixantaine au caractère littéralement bien trempé (au vin de palme), vit seule et raconte à Max, en quête de son histoire, ses souvenirs de l’époque de la lutte anticolonialiste. Le lecteur est ainsi transporté vers le milieu des années 50 en pleine forêt de Song-Mpeck, petit village en pays Bassa au Cameroun. Il devient lui aussi, grâce au récit douloureux, poignant mais bien pimenté et tellement subtil de Mâ Maliga, témoin de la vie quotidienne des gens de cette époque. «Motivée» au doux vin de palme, elle raconte sa part d’histoire autour du Mpodol, l’homme qui parle pour les autres, Ruben Um Nyobè.

Max Lobe écoute les chuchotements de Mâ Maliga avec une sorte de respect, comme étrangement contaminé par la peur et la difficulté encore présentes de nos jours, qu’ont les derniers témoins vivants de cette période de raconter les « événements » comme ils l’appellent. Il capture en parallèle le témoignage, des images de la société camerounaise telle qu’elle est aujourd’hui, comme pour s’interroger sur ce qu’est devenu l’héritage de ces batailles menées pour la liberté au prix du sang versé par des milliers de personnes.

Ah mon fils, si je pouvais ouvrir ma tête-ci et enlever tous ces événements de là-dedans, j’oublierais tout et tout comme ça, comme notre Papa président nous le demande. Mais comme ce n’est pas possible, ce sera difficile de respecter ce qu’il dit, lui.

« Confidences », c’est un va-et-vient entre deux époques du Cameroun au travers d’une rencontre entre Mâ Maliga, vielle dame témoin de l’histoire, et Max Lobe, jeune camerounais immigré en Suisse, contemporain et à la recherche de son identité. D’un côté, Mâ Maliga, dans son style particulier résultant d’un savoureux mélange de langue Bassa’a, de français, d’anglais et d’allemand, et de l’autre, l’auteur qui nous dépeint les contradictions éclectiques du Cameroun d’aujourd’hui dans un humour savamment dosé à la camerounaise.

Un bar, Le Quartier Latin à droite et une église, Mission des Soldats de Dieu à gauche, font un tapage de carnaval.

Comment font les autres pour trouver le sommeil?

La chaleur est de plomb. Je sors m’en griller une.

Les haut-parleurs de la Mission des Soldats de Dieu: «Jésus revient bientôt! Repentez-vous! Donnez votre vie au Seigneur!»

Le bar Le Quartier Latin: «Ce qui est fendu n’est pas défendu à ce qui est tendu de pénétrer.»

Devoir de mémoire

« Confidences » est un roman de 286 pages qui se lisent d’un trait et interpellent le lecteur sur le devoir de mémoire personnel et individuel, sur la responsabilité de tout un chacun de rentrer en possession de l’histoire, telle que les gens simples l’ont réellement vécue. Ce roman nous montre qu’à la différence de bien des livres officiels d’histoire, l’histoire se raconte et s’écrit non pas par les vainqueurs, mais d’abord par et grâce au quotidien  des contemporains de cette époque, témoins dans leur chair de la réalité historique.

7 juin 2016 0 Commentaires
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Cameroun La foule dévore les livres du SILYA 2016
ÉvénementsAfrique Centrale

Cameroun : La foule dévore les livres du SILYA 2016

par La redaction 3 juin 2016
Rédigé par La redaction

Ils sont plus d’un millier de personnes à se ruer ce 03 juin 2016 vers les stands du salon international du livre de Yaoundé (SILYA), afin d’assouvir leur soif de littérature.

Découvrir un vaste panel d’ouvrages, rencontrer les auteurs et maisons d’éditions d’Afrique et d’occident. C’est avec ces ambitions que les passionnés du livre ont sillonnées les 75 stands de l’esplanade du Musée National de Yaoundé en cette journée d’ouverture officielle nommée « Journée Roi Njoya ».

SILYA 2106

Philémon Yang, Premier Ministre du Cameroun

 

« Je suis venu au Silya, parce que j’espère y trouver des livres qui m’aideront dans la rédaction de mon mémoire, et j’espère que les prix seront abordables« , confie Fabrice Djika, étudiant en cycle master en informatique. A quelques pas de ce dernier, ce sont des cris de joie qui résonnent. « Je viens de rencontrer mon auteur préféré. Regardez, c’est Calixte Beyala, j’ai aimé tout ce qu’elle a écrit« , s’exclame une visiteuse à l’endroit de ses amies. Une joie qui rassure les organisateurs du salon international du livre de Yaoundé (SILYA) initié sous le thème: « Le livre, instrument d’intégration et de développement« .

 

SILYA 106

 

Le livre étant un outil qui permet le développement personnel, si on ne permet pas au plus grand nombre d’avoir accès à la lecture, cela veut dire qu’on ferme aussi au plus grand nombre l’accès à la connaissance. Et c’est dans cette perspective qu’un salon a un intérêt, celui de « permettre que les gens se rapprochent davantage du livre et qu’ils en tirent profit« , explique Edouard Elanga Mballa, Directeur du livre et de la lecture.
Pour le professeur Narcisse Mouelle Kombi, Ministre des arts et de la culture, l’objectif est de fédérer les professionnels du livre autour du salon, de favoriser une mutualisation des expériences et de valoriser les acquis en matière littéraire. Un avis partagé par le Premier Ministre Philémon Yang, qui souhaite que ce salon permette d’établir « une véritable stratégie commune afin de résoudre les problèmes du livre« .

Par Patricia Nya Njaounga 

3 juin 2016 0 Commentaires
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Égypte Le Sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione élu président de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine
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Égypte: Le Sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione élu président de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine

par La redaction 1 juin 2016
Rédigé par La redaction

Le poète-écrivain sénégalais, Abdoulaye Fodé Ndione, membre actif de l’Association des écrivains du Sénégal, a été élu président de l’Union des écrivains d’Afrique et d’Asie au terme de la 7ᵉ Conférence générale tenue les 4 et 5 mai derniers à El Gouna en Egypte.

Abdoulaye Fodé Ndione, auteur de plusieurs recueils de poèmes et de nouvelles, est aussi éditeur. Il est actuellement président d’Afrili­vres, une organisation qui r­egrou­pe des éditeurs africains francophones. Selon le communiqué de presse qui livre l’information, M. Ndione a affirmé à la suite de sa nomination : « Je me réjouis de cette nomination et compte contribuer, avec l’ensemble des membres de l’Union, au rapprochement des écrivains africains, asiatiques et d’ail­leurs. Nous jouerons notre rôle pour l’avènement d’un monde débarrassé d’injustices sociales et où il fera bon vivre.»

Outre Abdoulaye Fodé Ndione, l’Égyptien Mohamed Salmawy, le secrétaire général de l’Union, a été reconduit.

« Le bureau composé d’écrivains, d’auteurs et de poètes chevronnés a été officiellement installé à l’issue de la Conférence générale »

,informe le communiqué qui renseigne qu’« auparavant, de grandes rencontres se sont tenues à Hanoi/Vietnam, Mos­cou/­Russie et à Amman­/Jor­danie consolidant les orientations de l’Union sur les questions de liberté d’expression, de res­pect des droits de l’Homme, de justice, de coopération culturelle et pour aboutir aussi à la grande Confé­rence générale qui a porté le Sénégalais Abdoulaye Fodé Ndio­ne à la tête de l’Union sur proposition de l’Egypte et approuvée à l’unanimité par les pays membres».

«Au nombre de 38 pays membres, l’Union a accepté l’adhésion d’associations d’écrivains d’Amérique Latine, notamment la Colombie et Cuba, qui partagent les mêmes principes que l’Union. Ainsi, la 7ème Conférence générale a adopté l’appellation de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amé­rique Latine et le statut d’observateur aux écrivains européens partageant les mêmes objectifs», lit-on également dans le document.

Pour rappel, l’Union des écrivains d’Afrique et d’Asie fut porté sur les fonts baptismaux à Tachkent à Ouzbékistan en octobre 1958, trois ans après la Confé­rence de Bandung en 1955 sous la houlette de Gandhi et de Gamal Abdel Nasser.

Source lequotidien.sn
1 juin 2016 0 Commentaires
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Elyon’s, invitée d’honneur au festival de BD de Montréal du 27 au 29 mai 2016
Bandes dessinéesActualitéAfrique CentraleAmérique du NordÉvénements

Elyon’s, invitée d’honneur au festival de BD de Montréal du 27 au 29 mai 2016

par La redaction 26 mai 2016
Rédigé par La redaction

C’est à Pointe-Noire (République du Congo) qu’Elyon’s, créatrice de la BD « La Vie d’Ébéne Duta2 (LVDD), a démarré ce 05 mai 2016 sa grande tournée internationale « LVDDTour 2016 ». Après une escale de quelques jours à Brazzaville, c’est au tour des fans d’Ébène Duta de Montréal au Canada d’accueillir Elyon’s, dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival de BD de Montréal.

Dès le 27 mai 2016, Elyon’s rencontrera le public de Montréal autour de dédicaces et d’activités de dessin.

Le Festival de BD de Montréal, c’est plus de 130 auteurs québécois et internationaux, 40 exposants, des expositions de planches originales, des animations et des activités pour tous. L’entrée est gratuite pour tous.

 

Joelle Ebongue

Joelle Ebongue

À propos d’Elyon’s

Elyon’s est née en 1982 à Bafoussam, au Cameroun. Dotée d’une licence en lettres modernes et d’un graduat en arts graphiques, Elyon’s est une auteure de BD camerounaise. Elle a publié dans des collectifs camerounais (Trait noir, Ndolé, K-mer comix), libanais (Samandal series), algériens (La BD conte l’Afrique), brésilien (La bouche du monde) et belge (Spirou). « La vie d’Ebène Duta » est sa première BD, financée via un crowfunding sur plus de 40 pays. Elyon’s anime des ateliers de BD dans des écoles, fondations et travaille à la promotion de la BD dans son pays le Cameroun.

 

Notez déjà dans votre agenda les prochaines dates du « LVDDTour 2016 »

Juin 2016

· 4:  Maison des étudiants (Lyon)

· 6-9:  La semaine de l’environnement (Berlin)

· 22 : Cultura de Bègles (Bordeaux)

· 24 : Cultura de Mérignac (Bordeaux)

· 28 – 29:  Cultura de Chantepie (Rennes)

· 30 – 1er Juillet:  Cultura de Puteaux (La Défense)

Juillet 2016

· 5 – 6 : Cultura de Villeneuve d’ Ascq (Lille)

· 23 – 24 : Festival BD de Martel

Octobre 2016

· 14 – 16 : Festival BD de Bassillac

· 29 : Cultura de St Malo

· 30 : Cultura de Pince Vent

26 mai 2016 0 Commentaires
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« Madingwa » , première collection d’histoires d’amour en Afrique centrale
InterviewsAfrique Centrale

« Madingwa » , première collection d’histoires d’amour en Afrique centrale

par Acèle Nadale 24 mai 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Entretien avec Hervé Madaya, Directeur de la collection « Madingwa » chez Afredit

 

Une collection essentiellement dédiée à la romance, c’est une nouveauté en Afrique centrale. C’est le pari que s’est lancé la maison d’édition camerounaise Afredit, avec sa nouvelle collection « Madingwa », qui signifie « je t’aime » en langue Ewondo, qui a très bien démarré avec le premier roman  « Mon numéro 9 national », d’Olive Aboula.

Afrolivresque s’est entretenu avec d’Hervé Madaya, directeur de cette initiative innovante. 

 

La collection « Madingwa », collection de romans d’amour créée aux Éditions Afredit et dont vous êtes le responsable, a été lancée le 16 mars dernier à Yaoundé à l’Institut français du Cameroun. Comment le public a-t-il accueilli cette nouvelle collection ?

Hervé Madaya : Bien sûr, la collection Madingwa a été très attendue, tant nous en avions parlé ; elle est très observée par la critique. Le premier roman a été présenté, décortiqué, et Dieu merci, le retour qui nous est fait est très encourageant. Lorsque, au sujet de « Mon numéro 9 national », ce chef-d’œuvre, nous entendons dire : « Quand on commence à le lire, on ne veut plus le lâcher… », nous pensons que nous avons accroché notre cible. Les plus exigeants trouveront certainement des manquements à cette première parution, mais croyez bien que tout est mis en œuvre autour de Madingwa pour un résultat optimal.

Que promettez-vous au lecteur avec la collection « Madingwa » et à quel public s’adresse-t-elle ?

Hervé Madaya : Ces romans fins et colorés s’adressent prioritairement à la jeunesse africaine. Et ensuite à tous ceux qui aiment lire, puisqu’à travers eux des étrangers pourront se faire une idée des relations sentimentales entre nos jeunes, et découvrir nos mœurs et notre environnement ; par eux nous irons nous-mêmes à la découverte d’autres pratiques, dans notre continent que nous connaissons mal ou pas du tout, compte tenu de ses multiples facettes. À nos lecteurs, nous promettons de belles histoires d’amour, avec un accent sur les traditions qui influencent nos relations amoureuses, dont les protagonistes seront des personnages auxquels ils pourront s’identifier, puisque inspirés par leur environnement immédiat.

« Mon numéro 9 national » d’Olive Aboula, premier titre de cette collection, est une histoire d’amour entre un footballeur camerounais de renommée internationale et une jeune activiste qui tente de sauver son propre journal de la faillite. Pourquoi avez-vous porté votre choix sur ce livre en particulier pour lancer la collection ?

Hervé Madaya : Evidemment parce qu’il raconte une belle histoire qui promeut la dignité de la jeune fille africaine, son dynamisme, son audace et l’auto-emploi, à une époque où sortent des grandes écoles, les jeunes ne peuvent plus s’attendre à être tous employés par la fonction publique, qu’ils soient camerounais, gabonais, maliens, sénégalais et j’en passe ; ce livre raconte un amour pur et vrai, entre deux jeunes gens qui s’en sortent grâce à leur créativité et à la force de leurs bras. Mais en plus d’être captivant, je dois reconnaître que « Mon numéro 9 national » est un roman qui colle à une certaine actualité. Mais a-t-il été inspiré par celle-ci ?  Je vous laisse le soin d’en juger par vous-mêmes après l’avoir lu.

La distribution et la diffusion sont des freins majeurs dans l’industrie du livre au Cameroun et en Afrique en général. Comment comptez-vous atteindre vos lecteurs en dehors des grandes villes camerounaises et même au-delà du pays ? Comment se procurer les livres de « Madingwa » à l’international ?

Hervé Madaya : Pour atteindre l’objectif de distribution/diffusion de nos livres à l’international, nous avons une plateforme internet (www.afredit.com) qui annonce toutes nos nouvelles parutions et offre la possibilité aux lecteurs de passer commande en ligne. Nous comptons, dans les prochains jours, investir le champ du livre numérique. Ce qui pourra alors pallier certaines contraintes liées au transport, et réduire de fait nos coûts de production. Il est vrai que la plupart des grands distributeurs avec qui nous travaillons sont concentrés dans les grandes villes, mais  des sociétés de messagerie œuvrent pour la distribution de nos produits. Sans oublier que nos commerciaux présents dans des zones reculées se chargent d’enregistrer les commandes et de les acheminer vers les libraires ou vers les consommateurs directs. Madingwa, n’échappe pas à ce circuit de distribution.

 

La maison d’édition Afrédit est détenue par le propriétaire de Afriland First Bank et de la chaîne de télévision Vox Africa. Ce sont là deux atouts importants pour une meilleure distribution et diffusion de vos productions, notamment dans le secteur numérique avec l’e-commerce, et dans la multiplication de campagnes marketing et de communication sur votre catalogue. Quelles difficultés rencontrez-vous sur le terrain et quels sont vos futurs projets dans ce sens ?

Hervé Madaya : Les difficultés majeures auxquelles sont confrontés Afrédit et la plupart des éditeurs camerounais résident à la queue de la chaîne éditoriale, c’est-à-dire à la diffusion et à la commercialisation. En effet, dans le secteur de l’édition dans notre pays, il est très difficile de réaliser des grosses ventes parce que, d’une part, très peu de personnes de manière générale s’intéressent à la lecture et préfèrent se tourner vers les médias de masse comme la télévision ou la radio, et parce que d’autre part, le pouvoir d’achat des consommateurs est bas. Le livre lui coûte relativement cher, du fait des coûts élevés des intrants (papier, encre, rotatives, …) nécessaires à sa production. Toutes ces causes réunies font qu’il devient très difficile de mettre de gros moyens dans la publicité, la rentabilité étant incertaine. Afriland Firt Bank et Vox Africa nous aident-ils à solutionner ces problèmes ? Certainement. Nous continuerons à huiler ce partenariat afin d’améliorer nos performances sur le plan du marketing physique et bientôt numérique.

 

24 mai 2016 0 Commentaires
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Bienvenue à Auriole Sieyonji, nouvelle stagiaire assistante juridique!
ActualitéÉvénements

Bienvenue à Auriole Sieyonji, nouvelle stagiaire assistante juridique!

par La redaction 20 mai 2016
Rédigé par La redaction

C’est début mai 2016 qu’Auriole Sieyonji, jeune camerounaise , a rejoint l’équipe d’Afrolivresque en tant que stagiaire assistante juridique.

Étudiante en Master 2, filière Droit des Affaires (Business Law) à l’université de Buea au Cameroun et maîtrisant parfaitement le français et l’anglais, Auriole s’intéresse particulièrement au domaine de la propriété intellectuelle dans lequel elle compte se spécialiser et faire carrière.

Je suis passionnée par la lecture et mon stage chez Afrolivresque me permet d’étendre mes connaissances dans le domaine de la propriété intellectuelle tout en développant également  un esprit de critique et de synthèse dans le travail.

Auriole Sieyonji

Avec Auriole, l’équipe d’Afrolivresque s’enrichit d’une jeune en formation, dont la qualité du travail et l’engagement ne font aucun doute.

Toute l’équipe d’Afrolivresque lui souhaite la bienvenue et beaucoup de réussite dans ses projets !

 

20 mai 2016 0 Commentaires
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Concours de nouvelles L'Afrique fantastique
ActualitéFantasySociété

Concours de nouvelles: « L’Afrique fantastique »

par La redaction 9 mai 2016
Rédigé par La redaction

Afrolivresque lance la première édition de son concours de nouvelles sur le thème

« L’Afrique fantastique »,

en partenariat avec Kiro’o Games Studio

Concours de nouvelles (partenaires)

Appel à candidatures pour le concours de nouvelles

Le concours de nouvelles ‘L’Afrique fantastique » est organisé par Afrolivresque, en partenariat avec Kiro’o Games Studio, le premier studio de jeu vidéo d’Afrique centrale.

Le concours se déroule du 09 mai au 15 juillet 2016.

Thématique

Les participants devront rédiger, en français, un texte de type « nouvelle littéraire » dans le genre fantastique, évoquant clairement l’Afrique.

Description

La participation à ce concours de nouvelles est totalement gratuite.

Pour être admissibles, les nouvelles soumises devront remplir les conditions suivantes:

1. Tout auteur, amateur ou professionnel est admissible au concours, excepté le personnel d’Afrolivresque.

2. Les nouvelles doivent être inédites et rédigées en français. Le sujet doit respecter le thème du concours (Afrique fantastique). Les textes compteront entre 1500 et 2000 mots.

3. Un seul texte par auteur sera accepté, dactylographié à interligne double, en police Arial, taille 12.

4. La date limite pour l’envoi des manuscrits est fixée au 15 juillet 2016, à23h59 GMT.

5. Les nouvelles expédiées doivent être signées du pseudonyme de leur auteur, accompagnées du formulaire d’inscription. Le titre de la nouvelle et le pseudonyme sont inscrits sur la première page du document.

6. Les participants doivent obligatoirement remplir le formulaire de participation disponible sur le site internet d’Afrolivresque.

7. À l’occasion de ce concours, le gagnant recevra le premier jeu vidéo 100% africain, AURION : L’HERITAGE DES KORI-ODAN.

8. L’auteur du texte gagnant accepte que sa nouvelle soit publiée par Afrolivresque.com.

9. Avec l’accord des auteurs, les nouvelles non sélectionnées mais ayant fait l’objet d’une recommandation du jury pourront être publiées hors thème.

10. Le lauréat du concours sera avisé au mois d’août, et sa nouvelle sera publiée au dernier trimestre 2016.

11. Les textes ne respectant pas ces conditions seront éliminés.

12. Les personnes intéressées sont priées d’envoyer leur texte accompagné du [download id= »3318″] à l’adresse suivante : jeux@afrolivresque.com (Objet : Concours de nouvelles « L’Afrique Fantastique »).

 

Télécharger le formulaire d’inscription : [download id= »3318″]

Télécharger les conditions de participation : [download id= »3324″]

9 mai 2016 0 Commentaires
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L’Afrique au Salon du livre de Genève 2016
LittératureEuropeÉvénementsIndustrieProfessionnels

L’Afrique au Salon du livre de Genève 2016

par La redaction 8 mai 2016
Rédigé par La redaction

Le rideau vient de tomber sur la 30ᵉ édition du Salon du livre de Genève. Du 27 avril au 1ᵉʳ mai 2016, la cité helvétique a honoré le livre de la plus belle des manières, comme pour célébrer ce cap symbolique. Trois décennies que Genève se distingue par la qualité de sa programmation. Cette année, l’Afrique est arrivée en bonne place parmi les activités à succès ; Afrolivresque revient sur cet événement, riche en rencontres, dédicaces, lectures, conférences, surprises et découvertes.

©Salon du livre/Pierre Albouy

©Salon du livre/Pierre Albouy

Le Salon africain, tous les talents réunis sous le baobab

« Afrique, patrimoine de l’humanité » était le thème du Salon Africain pour cette édition.

À cette occasion,  des éminences de la littérature africaine, des historiens, des experts en art, des penseurs n’ont pas manqué de rehausser de leur présence,  l’éclat de cet événement. Ce fut donc un rendez-vous de la mémoire africaine, écrite ou racontée, depuis la Préhistoire : sculpture, mode, musique, tous les pans de ce qui fonde la particularité de l’Afrique ont fait l’objet de débats, ainsi que tous leurs supports. Notons l’extension de la programmation aux « Amériques noires », avec à l’honneur les Afro-descendants et sur fond d’hommage à Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas et Frantz Fanon pour leur action en faveur du mouvement de la Négritude, le Salon Africain a accueilli des figures emblématiques de la littérature africaine et afro-descendante telles que Christiane Taubira, Scholastique Mukasonga, Rokhaya Diallo, Boualem Sansal, Alain Mabanckou, Sami Tchack, Max Lobe, Felwine Sarr, Gangeous, etc.

 

Hommage à Mongo Beti

Une table ronde dédiée à l’héritage de Mongo Beti a eu lieu en hommage à l’écrivain renommé.  Mongo Beti s’est imposé comme intellectuel engagé à partir de son célèbre article contre Camara Laye : « Littérature noire, Afrique rose ». L’Afrique libre, c’était le combat de sa vie. Son héritage, les participants en ont débattu pour lui rendre hommag au cours d’une conférence animée par Théo Ananissoh avec le professeur Ambroise Kom et Odile Awala-Biyidi, sa veuve.

 

Le monde de l’édition a répondu présent

Des éditeurs venus d’Afrique, les bagages chargés d’écrivains africains talentueux et inédits à découvrir, ont marqué le Salon de leur présence comme à l’accoutumée, pour le grand plaisir des férus de littérature et de découverte, à l’instar de Présence Africaine, des Editions La Doxa et bien d’autres. Le secteur privé éditorial africain tient à gagner du terrain, même si les gouvernements n’ont pas vraiment les coudées franches en la matière.

 

Hemley Boum rafle la mise du livre engagé

Hemley Boum, distinguée par le jury de la CENE Littéraire pour son roman les Maquisards dans la catégorie du livre engagé, a reçu son prix, le 28 avril, en présence de Flore-Agnès Nda Zoa, présidente de la CENE littéraire et de plusieurs auteurs et personnalités. Nous avions déjà publié sur cette performance, applaudie par toute la communauté d’Afrolivresque.

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Hemley Boum et Flore-Agnès Nda Zoa Crédit photo : Viviane Dayo (Les Dépêches de Brazzaville)

 

Beyrouk remporte le Prix Kourouma

Beyrouk, romancier mauritanien né en 1957, est le lauréat du prix du nom du célèbre écrivain ivoirien Amadou Kourouma, pour  « Le Tambour des larmes ».

Beyrouk. Crédit: RFI / Yvan Amar

Beyrouk. Crédit: RFI / Yvan Amar

La jeune Rayana, héroïne du roman, vit avec son clan dans le désert. Séduite par un ingénieur d’un camp voisin, elle se retrouve enceinte. Sa mère l’isole et l’oblige à abandonner son bébé. De retour dans le clan, Rayana ne supporte pas la vie qui lui est imposée : mariage arrangé, vie loin de son enfant… Elle s’enfuira avec le tambour sacré des Oulad Mahmoud, à la recherche de son enfant.

Aparté avec Dany Laferrière et Alain Mabanckou

Pendant une heure, le 1ᵉʳ mai, Dany Laferrière, présent au Salon pour présenter son nouveau livre « Mythologies américaines », a raconté à des interlocuteurs attentifs sur le Salon Africain, son parcours de Port-au-Prince à l’Académie française en passant par une « dérive douce » à Montréal… Un aparté vivant et fructueux qui fut l’occasion de (re)découvrir aussi bien l’écrivain que l’homme.

Salon de Genève

À ses côtés, l’un des auteurs-phare de ce Salon, Alain Mabanckou, s’est entretenu sur son parcours, qui l’a mené de son premier roman au Collège de France, conquérant ainsi le lectorat francophone dans toute sa diversité. Il faut dire qu’à eux deux (tout en notant la présence de Bernard Pivot) ils ont fait de ce moment l’un des temps fort du Salon.

Outre ces quelques temps forts qui ne sauraient enlever à la qualité des autres activités programmées sur le Salon Africain, d’autres rendez-vous ont eu lieu, notamment sur des sujets tels que le Sénégal littéraire (Felwine Sarr), le patrimoine numérique (Laréus Gangoueus), Si l’Afrique m’était contée (Koffivi AssemAnani et André-Pierre Accoh), Le Devoir de Violence (Felwine Sarr, Bi Kacou Parfait Diandué et Anthony Mangeon), Une heure avec Christiane Taubira, et bien d’autres…

Nous sommes impatients de constater les retombées d’événements tels que celui-ci, sur l’industrie africaine du livre et de l’édition.

8 mai 2016 0 Commentaires
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Yaa Gyasi : L’autre visage de la littérature africaine à 1 million de dollars
AfriqueActualitéAmérique du NordLittérature

Yaa Gyasi : L’autre visage de la littérature africaine à 1 million de dollars

par La redaction 6 mai 2016
Rédigé par La redaction

Il se passe quelque chose dans le monde des écrivains africains et afro-descendants ces dernières années, surtout pour ceux d’expression anglophone. On assiste à un véritable boum de ce côté et le succès à l’international est au rendez-vous, certains battant même des records de droits d’auteur ou de ventes. Qui ne se souvient pas des unes récentes de l’actualité littéraire sur la romancière camerounaise Imbolo Mbue, qui a signé pour son premier roman « Behold the dreamers » (« Voici venir les rêveurs », Belfond), un contrat à 1 million de dollars dans la prestigieuse maison américaine Penguin Random House ?

Dans le même sillage qu’Imbolo Mbue, un jeune talent du Ghana fait beaucoup parler dans le milieu littéraire. Il s’agit de Yaa Gyasi, 26 ans, et déjà classée parmi les prochains grands succès littéraires mondiaux de l’été 2016 avec son roman « Homegoing », publié chez Alfred A. Knopf qui sortira le 07 juin de cette année à San Francisco. Alfred A. Knopf est une maison d’édition basée à New York aux États-Unis fondée en 1915 par Alfred A. Knopf, Sr. Elle fait partie depuis 1960 du groupe Random House.

Selon le journal Publishersweekly, l’agent littéraire Eric Simonoff de l’agence William Morris Endeavor aurait signé un deal à 7 chiffres lors d’une enchère pendant la foire du livre de Londres en avril 2015 pour les droits Nord-Américains de « Homegoing » en faveur de l’éditrice Jordan Pavlin de la maison Knopf.

 

Yaa Gyasi et son éditrice Jordan Pavlin

Yaa Gyasi et son éditrice Jordan Pavlin (photo Michael Lionstar)

[divider]Traduction inofficielle de la quatrième de couverture[/divider]

« Homegoing » est une fiction qui relate l’histoire de deux demi-soeurs, Effia et Esi, nées dans des villages différents au Ghana au XVIIIe siècle. Effia est mariée à un anglais et vit dans le confort des somptueuses pièces du château de Cape Coast.  À son insu, sa sœur, Esi, est emprisonnée en dessous d’elle dans les donjons du château, vendue avec des milliers d’autres dans le commerce des esclaves en plein essor sur la Gold Coast. Esi sera expédiée vers l’Amérique, où ses enfants et petits-enfants seront élevés dans l’esclavage. « Homegoing » suit, d’un côté, les descendants d’Effia à travers des siècles de guerre au Ghana, au moment où les Fante et Asante se débattent avec la traite des esclaves et la colonisation britannique, et de l’autre côté,  le destin d’Esi et de ses enfants en Amérique. Des plantations du Sud à la guerre civile et la Grande Migration, des mines de charbon de Pratt City en Alabama aux clubs de jazz, et des maisons de drogue du XXe à Harlem jusqu’à nos jours, « Homegoing » donne un caractère viscéral à l’histoire, et capture, avec une immédiateté singulière et étonnante, comment la mémoire de la captivité s’inscrit dans l’âme d’une nation.

L’histoire est originale et promet un bon moment de lecture. Les premières critiques de « Homegoing » sont excellentes. Le célèbre magazine en ligne Buzzfeed le classe parmi les 19 livres à découvrir ce printemps. Le journaliste, auteur et critique américain Ta-Nehisi Coates en parle avec des mots élogieux et dit de « Homegoing » que c’est « une inspiration« .

 

Pro-tip: Watch for Yaa Gyasi….

— Ta-Nehisi Coates (@tanehisicoates) 6 novembre 2015

YAA Gyasi est née au Ghana et a grandi à Huntsville, Alabama. Elle est titulaire d’un BA en anglais de l’Université de Stanford et une maîtrise de l’atelier des écrivains de l’Iowa. Elle vit à Berkeley, en Californie. En juin 2015, elle publie la nouvelle « Inscape » dans le magazine d’art et de politique Guernica.

6 mai 2016 0 Commentaires
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La voix des crânes Une nouvelle de Steve Mekoudja
ActualitéLittérature

La voix des crânes | Une nouvelle de Steve Mekoudja

par La redaction 4 mai 2016
Rédigé par La redaction

La voix des crânes est une nouvelle de Steve Mekoudja

À chaque fois que je regarde Nestor, mon frère, j’ai l’impression de voir mon père. Son teint chocolat très foncé et éclatant. Son nez épaté. Sa petite taille. Sa vivacité. Ils se ressemblent à telle enseigne que, certains amis de mon père appelaient mon frère « la copie de son père ». Ils lançaient à mon père : « ton fils là te ressemble vraiment. On dirait toi en une plus jeune version. » Mon père esquissait le sourire de qui venait de recevoir un prix, un sourire fugace mais suffisamment lumineux pour que l’on puisse s’imaginer qu’il en  était fier, comme si c’était un mérite. Puis il commençait à leur raconter que lorsqu’il était plus jeune, il était aussi plein de vie que Nestor, aussi insoucieux, aussi agité. Que les gens avaient même demandé à sa mère si elle avait mangé un singe pendant sa grossesse. Ils s’esclaffaient tandis que je souriais machinalement. Machinalement parce que papa racontait toujours cette histoire, toujours de la même façon, toujours avec cet aura de  nostalgie, parlant lentement, s’arrêtant parfois comme pour essayer de se souvenir, comme s’il lui était impossible de se souvenir en parlant ou parler en se souvenant. Je connaissais cette histoire par cœur, le début et la fin et ça ne me gênait guère que mon frère ait plus de traits physiques de papa que moi. Parce que si physiquement, je ressemble plus à mon grand-père, j’ai l’intelligence de mon père. Je suis aussi impatient et  bavard que lui. Surtout bavard… La maison résonnait au rythme de ma voix. Dans le salon, je racontais à mon frère ce que j’avais lu dans les livres que papa m’avait offerts. Dans la cuisine, je complimentais ma mère sur sa nouvelle coiffure et lui suggérais d’acheter de nouveaux modèles de robes que j’avais vus à la télé. Au début, elle souriait, riait, m’écoutait sans piper mot. Peut-être espérait-elle que son silence me dissuade de parler mais il n’en était rien. Je recommençais de plus belle. Elle finissait par gronder :

-Yves, il fait chaud, je suis fatiguée !

Je sortais de la cuisine, déçu, puis jetai mon dévolu sur mon père qui lisait son journal sur la terrasse. Papa était toujours très heureux de parler avec moi, de parler avec quiconque… À quand le prochain gouvernement de Biya ? Qui va gagner les prochaines élections présidentielles ivoiriennes ? Que faire contre la corruption grandissante dans notre pays? Les questions de société succédaient aux questions politiques. Papa et moi débattions, riions, nous contredisions.

Mais ce jour où nous allions dans notre village rendre visite à ma grand-mère, ce n’est pas de politique que nous avions parlé  mais de mon métier de rêve. C’était un samedi tiède. Nestor s’assit à l’arrière et moi à l’avant de la jeep, fier de prendre la place  réservée à ma mère, fier d’être assis près de papa, fier d’être son premier fils. Maman se tint près de la voiture et murmura à papa quelque chose qu’il m’était impossible de déceler. Elle avait l’habitude de lui parler de cette façon quand elle voulait lui demander une nouvelle chaussure, un nouveau sac ou un nouveau téléphone.

-Tes ignames et plantains vont salir ma voiture. Non, réagit mon père avec un léger énervement dans  la voix. Un énervement qui n’en était pas réellement un. Il disait toujours non lorsque maman lui demandait d’acheter des vivres frais sur la route du village, prétextant qu’il venait de laver sa voiture et ne voulait pas la salir ou qu’il n’avait pas de temps pour s’arrêter sur la route. Il disait toujours non mais faisait quand même la commission. Je le savais Maman aussi. C’est pourquoi elle répliquait avec un sourire flatteur :

-Tu sais très bien que les vivres sur la route de Santchou coûtent moins chers.

-On doit partir.

-Saluez votre grand-mère.

-Oui, maman. Nestor et moi répondions en chœur. Mon village Fossong-Wentcheng est  situé à quelques kilomètres de Dschang. Au début du voyage, papa ne mettait jamais la musique. Il nous posait des questions sur nos études, sur nos activités sportives. Parfois il nous parlait de ses prochains projets de construction de maisons ou d’achats de voiture. Ce samedi-là, ce n’est pas lui avait amorcé la discussion. Plutôt moi :

-Papa, que faire pour être ministre ? Concentré à conduire, il rit, me regarda, puis dit :

-Tu veux devenir ministre ? Il rit de nouveau, énergiquement à tel point que ses yeux se fermaient, ses joues enflaient. Je l’observai et je me demandais si je riais comme lui. J’essayai de me souvenir de mon propre sourire mais je n’y parvenais point. Je décidai que je me regarderai à travers le rétroviseur de la voiture lorsque je rirai pour vérifier que mon sourire était celui de mon père.

-C’est un bon projet. Mais tu sais que pour y arriver, il va falloir être brillant, être le meilleur.

Je hochai la tête. Il se retourna vers mon frère :

-Toi tu veux être ministre aussi ?

– Moi je veux être footballeur.

-Non. On ne va pas à l’école pour devenir footballeur. On va à l’école pour devenir ingénieur ou médecin. Le football c’est pour les paresseux.

Il prit un air sérieux et accéléra. Nestor garda le silence pendant quelques secondes, puis répliqua :

-Dans ce cas, je serai médecin. Cardiologue. Ainsi je soignerai le cœur de grand-mère.

Nous riions  ensemble et j’en profitai pour me regarder dans le rétroviseur de la voiture. J’avais le même sourire que mon père. J’en étais fier. Je m’endormis en écoutant  African typic collection de Samfan Thomas. Je ne me réveillai qu’à l’entrée de la chefferie de mon village.

Le chef de mon village était très grand et costaud, dix fois plus bavard que mon père. Lorsqu’il me demanda mon prénom, je baissai la tête et murmura quelque chose d’incompréhensible.

-Yves, dit mon père en riant grassement, il s’appelle Yves. Il est très timide.

C’est que le charisme du chef Fossong-wentcheng pouvait briser toute estime de soi. Sa voix était si forte que l’on pouvait l’entendre à un kilomètre. Son rire résonnait plus fort que ceux des autres. Ce jour-là, il ne portait pas de long boubou traditionnel mais une chemise blanche et un pantalon kaki. Il s’assit sur une chaise en bois et prit Nestor sur ses pieds pendant qu’il discutait avec mon père et d’autres invités. Je l’observai, immobile, fasciné, presque apeuré. Les choses traditionnelles, comme les choses religieuses m’effraient parce qu’elles sont mystérieuses. Je ne me souviens plus exactement de quoi ils avaient parlé mais je sais qu’ils avaient ri. Ils avaient beaucoup ri… Le téléphone du chef sonna et il se leva pour décrocher. Nestor qui était assis sur sa cuisse se leva puis voulut s’asseoir sur sa chaise, avant que les cris des gens alentours ne l’en empêchent :

-Non ! Non ! On ne s’assoit pas sur la chaise du chef ! Debout ! Debout !

Mon père ne dit rien et j’étais frustré de ne pas pouvoir lire sur son visage ce qu’il ressentait. Moi qui le connaissais si bien. Avait-il eu peur que Nestor s’asseye sur le siège du chef ? Avait-il honte de n’avoir pas appris à mon frère que nul ne s’assoit sur la chaise d’un chef ? Était-il en colère contre mon frère ? Nestor vint s’asseoir près de moi et je ressentis qu’il avait peur. Il ne dira rien. Il ne racontait jamais ses angoisses mais ses longs silences les trahissaient. Je me demandais ce que j’aurais fait à sa place. Je me demandais ce qu’il se serait passé s’il s’était assis sur le siège du chef. Serait-il mort ? Serait-il devenu stérile ? Malade ? Maudit ? Ces questionnements me filèrent des maux de tête et j’en voulus à mon père de ne nous avait rien dit, de nous avoir emmené chez le chef sans nous dire que son siège n’était pas un siège comme les autres. J’espérais qu’il nous en parle, qu’il nous en parle enfin. Mais il ne fit aucun commentaire, même pas le soir autour du feu chez grand-mère.

Ce soir-là, grand-mère avait tué un poulet pour sa sauce d’arachide. J’adorais les sauces d’arachides de grand-mère. Je les préférais à celle de ma mère. Grand-mère n’y mettait curieusement pas de la tomate, du  persil et du basilic comme maman. Juste de l’oignon, de la viande et de la pâte d’arachide grillée. Quel était donc le secret de sa sauce ? Était-ce vrai que ses vielles marmites augmentaient le goût des sauces ? J’aimais beaucoup ma grand-mère mais chez elle j’avais peur. Dans son salon, j’entendais des voix, les voix des crânes. J’entendais leurs voix depuis le jour où, par curiosité, j’avais ouvert une marmite qui contenait un  crâne humain. Il y avait trois marmites dans le salon, l’une contenant le crâne de mon feu grand-père et les deux autres, ceux de mes arrière-grands-parents. C’est Rita, ma cousine qui me l’avait dit, mais elle ne m’avait pas expliqué pourquoi grand-mère collectionnait ces crânes des morts. Peut-être ne le savait-elle pas. Grand-mère préparait sa sauce en chantant tandis que les voix des cranes continuaient de m’affoler. Peut-être ne parlaient-ils pas réellement. Peut-être que c’est la peur qui me faisait entendre des choses. Pourquoi étais-je le seul à entendre ces voix ? Ces voix qui me hantaient même pendant mon sommeil.

« N’aie pas peur, dit grand-mère en souriant, les crânes ne te feront pas mal. Les crânes t’aiment. Les crânes t’éclairent. Les crânes te gardent. Les crânes te protègent. »

 Avec l’aimable autorisation de Steve Mekoudja
Son site web
4 mai 2016 0 Commentaires
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Guinée Konakry 72h du livre - « Le livre, Mines, Energie et développement communautaire »
ÉvénementsAfrique de l'Ouest

Guinée Konakry : 72h du livre – « Le livre, Mines, Energie et développement communautaire »

par La redaction 12 avril 2016
Rédigé par La redaction
Ce sujet est largement abordé dans différents ouvrages publiés en Guinée, et l’organisation des 72 heures du livre 2016 sera une occasion pour connaitre ces présentations, et aussi aux compagnies minières de présenter leur propre politique en la matière.
Le gouvernement de la 3° République a fortement amélioré la gouvernance dans le secteur minier avec la publication d’un nouveau code minier et la validation de la Guinée comme pays conforme au processus ITIE. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les populations se sentent pleinement concernées grâce à la mise en œuvre d’une Politique de Responsabilité Sociétale des compagnies minières, en termes de contenu local, de protection de l’environnement et du développement participatif.

[divider]Objectifs du Salon[/divider]

Objectifs 72 heures du livre : 8ème édition 23-24-25 Avril 2016

Cette 8ème édition du salon du livre est le sous le haut patronage du chef de l’Etat et sous l’égide du Ministère de la culture, des Sports et du Patrimoine Historique avec le parrainage du Ministère des Mines et de la Géologie. Elle permettrait de valoriser les publications guinéennes et surtout d’assurer un meilleur accès à travers une exposition vente d’ouvrages de plusieurs maisons d’éditions (L’Harmattan Guinée, Karthala, Présence Africaine, verdure, Tabala, Gandhal, Saec ,Balazan et Gallimard…). Les 72 heures du livre visent à :
  • • Soutenir et promouvoir le livre en Guinée,
  • • Exposer et Vendre des livres scolaires et universitaires,
  • • Permettre une meilleure connaissance des questions minières et énergétiques,
  • • Renforcer les capacités de jeunes animateurs pour la création des points de lecture,
  • • Favoriser le partage d’expérience, de compétence entre les auteurs guinéens et professionnels du livre,
  • • Former les futurs auteurs aux méthodologies des différentes maisons d’édition,
  • • Présenter des nouveautés en présence des auteurs,
  • • Foire de manuscrits.
  • • Résultats attendus
  • • L’appropriation de la culture citoyenne comme élément éducatif dans les mines en Guinée
  • • Les expressions culturelles valorisées autour du livre et des questions minières et énergétiques
  • • Faire de Conakry la Capitale du livre mondiale du livre en 2017
  • • Les populations mobilisées autour des questions minières et énergétiques
  • • 25 jeunes formés en technique d’écriture et de lecture
  • • 50 journalistes formés sur les questions minières et énergétiques
  • • Publication des actes du colloque et des ateliers
  • • Diffusion des codes miniers
  • • 50 000 visiteurs attendus
Source Centre Culturel Franco-Guinéen
12 avril 2016 0 Commentaires
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Centrafrique Début de construction d’une bibliothèque numérique à l’ Université de Bangui
ActualitéAfrique CentraleSociété

Centrafrique: Début de construction d’une bibliothèque numérique à l’ Université de Bangui

par admin3050 8 avril 2016
Rédigé par admin3050

Les travaux de construction d’une bibliothèque numérique à l’Université de Bangui ont démarré ce jeudi à Bangui selon les responsables de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA) qui ont négocié le financement de l’infrastructure auprès de l’Ambassade de l’ONU en Centrafrique.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) participe également au financement de la bibliothèque dont les travaux de construction dureront trois mois, selon les membres de l’ANECA.

L’infrastructure, soulignent-il, va combler la carence en bibliothèque de haut niveau à l’Université de Bangui.

Depuis la création de l’ Université de Bangui en 1972, la bibliothèque qui y est ouverte n’est pas bien pourvue en volumes et autres documents.

C’est une petite bibliothèque peu entretenue, si bien que la majorité des étudiants se rendent, soit au Centre culturel Martin Luther King à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, soit à l’Alliance française de Bangui pour faire des recherches.

Source : APA
8 avril 2016 0 Commentaires
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Ndeye Fatou kane a lu « La fille du roi araignée » de Chibundu Onuzo
Notes de lectureAfrique de l'Ouest

Ndeye Fatou kane a lu « La fille du roi araignée » de Chibundu Onuzo

par La redaction 5 avril 2016
Rédigé par La redaction

Je suis passée et repassée tellement de fois devant ce livre que jusqu’aujourd’hui, je me demande pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt.

Ce livre, c’est La fille du roi araignée de Chibundu Onuzo, jeune auteure nigériane.

La première fois que j’ai vu la couverture, elle m’a intriguée. On y voit la moitié du visage d’une jeune femme, avec un maquillage aussi scintillant qu’obscur. Cette couverture sied parfaitement à l’histoire dont on peut lire un résumé sur la quatrième de couverture : sur fond de règlement de comptes et d’intrigues familiales, Abike rencontre un colporteur, parmi ceux qui pullulent dans la mégalopole de Lagos. Un jour qu’elle passe en voiture avec Hassan, son chauffeur, elle est intriguée par cette silhouette élancée qui se distingue parmi les autres colporteurs, mais surtout détail intrigant, il ne court pas après les voitures pour proposer sa marchandise. Elle tombe instantanément amoureuse de ce mystérieux colporteur.

Le colporteur, quant à lui, n’a pas toujours exercé cette profession. Suite à l’assassinat de son père, avocat qui a malheureusement été victime d’un mauvais choix de carrière, il s’est retrouvé chef de famille, vit avec sa petite sœur Joke et sa mère qui a sombré dans la dépression, et regrette continuellement son statut d’ancienne femme riche.

Abike et son père pratiquent le jeu de la frustration, jeu durant lequel le cruel Olumide Johnson « teste » sa fille pour savoir si elle laisse filtrer la moindre émotion. Elle est la seule à lui tenir tête, car Mr. Johnson, à la tête d’une fortune colossale, a désigné Abike comme sa principale héritière, ayant écarté sa femme et ses autres enfants, principalement des garçons.

La relation entre Abike et son colporteur se poursuit, entre escapades dans le bouge de Mile 12 où il réside, et baignades dans la piscine d’Abike. Son père, au courant de cette relation, tient à rencontrer ce nouvel amoureux. Ce qui sera fait, au cours d’une fête qu’organisera sa fille.

Entre-temps, le colporteur a fait des découvertes aux conséquences mortelles. Son défunt père, qu’il pensait lâche, a en fait été assassiné car il refusait d’être mêlé à une affaire l’opposant à un homme de main de Olumide Johnson, le père d’Abike. Coaché par Tatie Precious et Monsieur T, dont les vies ont aussi été détruites par Olumide Johnson, il murit son plan et compte l’exécuter le soir de la vie d’Abike.

La fin est tout aussi rocambolesque que le début de ce roman est quelque peu « mou ». Au début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, pensant avoir affaire à un remake de Romeo et Juliette des temps modernes. Que nenni !! Malgré une écriture quelque peu irréaliste (notamment certaines scènes) due sans doute à l’extrême jeunesse de Chibundu Onuzo (elle avait 17 ans quand elle a commencé à écrire La fille du roi araignée), ce roman est à lire.

L’histoire aurait pu se passer dans un autre pays que le Nigeria, car les situations auxquelles font face les deux protagonistes – Abike et son colporteur – nombre de jeunes amoureux ont eu à y faire face.

Un livre à lire et à faire lire.

Bonne lecture

Source

Par Ndèye Fatou Kane

À propos de l’auteur Chibundu Onuzo

Chibundo Onuzo

Chibundu Onuzo est née en 1991 à Lagos. Elle a commencé la rédaction de son premier roman, La Fille du roi araignée, à 17 ans pour devenir à 19 ans la plus jeune auteure publiée par la prestigieuse maison d’édition anglaise Faber & Faber. Chibundu Onuzo étudie l’histoire au King’s College à Londres.

En 2013, The Guardian l’a classée parmi les 25 femmes les plus infleuntes d’Afrique.

5 avril 2016 0 Commentaires
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CasArts , le plus grand théâtre d’Afrique
ActualitéAfrique du NordSociété

CasArts , le plus grand théâtre d’Afrique

par La redaction 1 avril 2016
Rédigé par La redaction

Espace dédié à tous les arts de la scène, le Grand Théâtre de Casablanca, baptisé CasArts, sera livré en 2017. Il a été conçu par Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi comme une « medina culturelle » afin de remettre la culture au centre de la Ville Blanche.

CasArts, le nouveau théâtre de Casablanca, véritable « médina culturelle », est constitué de plusieurs pavillons. Son architecture fragmentaire et élégante joue sur l’alternance des hauteurs. « Au lieu d’un objet architectural autonome, univoque, cet ensemble fluide se joue de la symétrie sans s’y opposer, et invite à pénétrer dans l’ombre d’un autre univers intérieur », notent Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi.

Les deux architectes ont écouté les différents acteurs culturels, pour dessiner un projet favorisant les rencontres et la mixité sociale. Le théâtre « se veut moderne avec des exigences techniques qui constituent un véritable défi pour les entreprises marocaines. Mais il y a aussi plusieurs corps d’état secondaires qui font appel à des savoir-faire traditionnels », explique Rachid Andaloussi.

CasArts, un dispositif urbain transformable

La façade est déjà une scène. Un voile de moucharabié en terre cuite et résine s’y déploie. La scène est ainsi flanquée de deux immenses ailes, évoquant des enceintes gigantesques. Le pavillon central agît comme une grande porte d’entrée. C’est une scène de spectacle en plein air : alors que les portes s’écartent, elle s’ouvre au public. « CasArts est un dispositif scénographique urbain transformable ».

Outre cet espace dédié aux concerts en plein air d’une capacité de 35.000 personnes, le projet comprend sur près de 25.000 m² des salles de spectacle (1.800 places), de théâtre (600 places) et de concerts (300 places), des espaces de répétition et de création, des ateliers pour enfants, un village d’artistes et de techniciens, et des espaces commerciaux.

Renouveau de la place Mohammed V

Ce lieu de culture hébergera des manifestations de dimension internationale tout en donnant sa chance à la création marocaine. Il participera au renouveau de la place Mohammed V, réaménagée et entièrement dédiée aux piétons. Elle abritera des parkings souterrains d’une capacité globale de 900 places et deux fontaines en surface. Sans oublier la réhabilitation du parc de la Ligue arabe.

Le concours international en 2009 a vu des projets de Zaha Hadid, Franck Gerhy, Rem Koolhaas et Aziz Lazrak. Il a été remporté par le Français Christian de Portzamparc, né à Casablanca en 1944, et le Marocain Rachid Andaloussi, dévoué depuis vingt ans à la protection et la réhabilitation de Casa.

Maître d’ouvrage: Commune urbaine de Casablanca – Casa Aménagement
Maîtres d’oeuvre : Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi
Acoustique : Xu Acoustique (Xu Ya Ying) / Acoustique Et Architectures
Scenographie : Theatre Projects Consultants, Ltd. / Gotlibovitch Consultant
Surface : 24 700 m² – Fin des travaux : septembre 2017

Par Laurent Perrin

Source Cyberarchi
1 avril 2016 0 Commentaires
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Festival méditerranéen du livre à Fès du 08 au 14 avril 2016
ÉvénementsAfrique du Nord

Festival méditerranéen du livre à Fès du 08 au 14 avril 2016

par La redaction 28 mars 2016
Rédigé par La redaction

Du 8 au 14 avril prochain, le Festival méditerranéen du livre célèbrera son 8ᵉ anniversaire à Fès. Organisé par la Fondation «Club du livre au Maroc» en partenariat avec le ministère de la Culture et la commune urbaine de Fès, cet évènement d’envergure sera tenu, cette année, sous le thème «Cultures méditerranéennes: voix multiples».
Comme à l’accoutumée, le comité organisationnel consacre cette édition à la culture méditerranéenne, une culture plurielle, mais cette fois-ci, scrutée sous de nouveaux angles. A ce sujet, une pléiade d’académiciens et de chercheurs sont invités pour débattre, et mettre plus de lumière sur l’héritage culturel commun des peuples du pourtour méditerranéen.

Depuis la nuit des temps, le bassin méditerranéen forme une assise solide aux civilisations du monde. De par ses îles et ses détroits, il offre un moyen de connecter les peuples abritant ses rives, comme il constitue une importante voie de communication entre l’Est et l’Ouest, mais également entre l’Europe et l’Afrique.

Outre son caractère méditerranéen, le Maroc jouit d’une situation géographique de choix qui lui permet d’établir un pont entre l’Afrique et l’Europe, il bénéficie également de l’épaisseur de son histoire, laquelle est enrichie au fil des siècles par les apports, phénicien, romain, arabo-musulman, euro-méditerranéen et africain. Ces deux ingrédients majeurs sont réunis pour doter le Maroc d’un patrimoine culturel aussi riche que varié, un héritage précieux qu’il partage avec les autres pays dudit bassin dans le cadre du dialogue culturel.

Dans cette optique de va-et-vient culturel, l’actuelle édition prévoit des débats et rencontres scientifiques qui traitent du patrimoine culturel marocain tout en mettant sous projecteur sa spécificité et les aspects qu’il partage avec les autres pays méditerranéens.

Dans ce sens, la ville de Fès figure au cœur de ces débats. Cette cité millénaire qui témoigne du brassage civilisationel que connaît le Nord d’Afrique et le Maroc en particulier. Son histoire sera examinée par des chercheurs, pour déceler les mystères qui font d’elle la capitale spirituelle du Maroc, ou encore un monument historique inscrit sur la liste du Patrimoine culturel de l’humanité.

Fidèle aux éditions précédentes, le Festival de cette édition connaît lui aussi des moments forts et inoubliables, des moments de reconnaissance et de gratitude envers des personnalités artistiques, qui ont pu marquer par le sceau de leurs œuvres le paysage culturel marocain.

Ainsi, Hassan Najmi, l’homme de lettres à la fois poète et écrivain mais également journaliste recevra, vendredi 8 avril, lors de cette édition, le Prix international du livre de Fès.
Par la même occasion, la réalisatrice marocaine Farida Belyazid qui est également journaliste/ chroniqueur et scénariste, figure au programme de cette édition, le lundi 11 avril, date choisie pour lui rendre hommage en reconnaissance de sa précieuse contribution à l’enrichissement du paysage cinématographique marocain.

Par Nour-Eddine Oulabbes

Source libe.ma
28 mars 2016 0 Commentaires
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Livre Paris 2016 Retour sur l’offre africaine
ÉvénementsAfriqueEurope

Livre Paris 2016 : Retour sur l’offre africaine

par La redaction 24 mars 2016
Rédigé par La redaction

Pour sa 36ème édition, le Salon du livre de Paris [1] a fait peau neuve avec de nouvelles programmations culturelles, une nouvelle scénographie et un nouveau nom. Il s’appelle désormais « Livre Paris », au grand dam des habitués de ce salon.

C’est donc ce mercredi 16 mars 2016 que le Président de la République française, François Hollande, a officiellement ouvert à 18h30 heure de Paris, « Livre Paris 2016 ». Le public, quant à lui, devra attendre le lendemain pour découvrir l’offre de l’édition de cette année.

Comme vous l’avez sûrement deviné, Afrolivresque a porté un intérêt particulier à l’offre africaine à Livre Paris 2016. Éditeurs, auteurs et entrepreneurs du livre d’Afrique y étaient certes nombreux, mais à nos yeux encore en nombre insuffisant par rapport au potentiel littéraire dont regorge le continent. Le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, le Gabon, l’Algérie avec Constantine comme ville invitée d’honneur et le Congo avec Pointe-Noire et Brazzaville comme villes invitées d’honneur sont, entre autres pays africains, ceux qui ont relevé le défi d’une présence remarquable au Salon.

Constantine, capitale de la culture arabe 2015

C’est dans le pavillon Algérie (sur près de 200 m²) que l’une des plus vieilles cités du monde est célébrée, à l’issue de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 », lancée depuis avril 2015. La France ayant été l’invitée d’honneur du Salon international du livre d’Alger en octobre-novembre 2015, il allait de soi que Constantine se trouve invitée d’honneur au Salon du livre de Paris. Le stand de l’Algérie à « Livre paris 2016 » c’est 43 éditeurs algériens pour plus de 700 titres.

Bienvenue à #constantine… En plein #paris !#livreparis pic.twitter.com/COQ30hLxoK

— Livre Paris (@Salondulivre) 17. März 2016

La Doxa Editions, la maison d’édition gabonaise qui monte

La Doxa Editions fait partie du groupe OrigraphCom, la marque de ceux qui s’engagent avec les mots. Depuis 2008, se cache derrière cette maison d’édition qui monte, Nadia Origo la Présidente du groupe OrigraphCom. Cette jeune femme dynamique a pour ambition de publier des auteurs francophones de toutes origines, soucieux d’inscrire leurs convictions et leur lutte contre les préjugés, les injustices et les maladies sociales dans une œuvre littéraire.

« Je n’aime pas parler de moi mais plutôt de mes auteurs, car c’est leur travail qu’il est important de mettre en avant » nous confiera-t-elle dans l’entretien qu’elle nous a accordé sur son stand à Livre Paris et qui sera bientôt disponible sur Afrolivresque.com.

Nous avons rencontré à l’occasion l’une des auteures de La Doxa Éditions, la gabonaise Anne Flore Assenguet Yogoulou Joly, qui présentait son dernier essai « Francophonie et démocratie » sorti en septembre 2015, dans lequel elle tente entre autres de répondre à la question de savoir si la démocratie se décrète, selon une articulation qui navigue autour des actions et engagements de l’Organisation Internationale de la Francophonie en matière de démocratie, et de son impact sur la scène internationale.

Livre Paris 2016 La Doxa Éditions

Annie Flore Assenguet Yogoulou Joly (droite) et Nadia Origo (droite). Crédit Photo : Afrolivresque

Francophonie et démocartie, Anne Flore Yogoulou Joly

Francophonie et démocratie, Anne Flore Yogoulou Joly (La Doxa, 2015). Crédit photo: Afrolivresque.

 

Éditions Eburnie, un catalogue ivoirien de qualité et une collaboration avec VMK de Verone Mankou

C’est encore une femme, cette fois-ci ivoirienne, qui est à l’initiative de cette grande maison d’édition africaine, les Éditions Eburnie. Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue, qui nous a chaleureusement accueillis sur son stand, fonde les Éditions Eburnie en 2001 en Côte d’Ivoire et a pour ambition de produire des ouvrages de qualité, en favorisant l’émergence de nouveaux auteurs et en développant de nouvelles collections.

C’est un catalogue riche de plus de 300 ouvrages que proposent les Éditions Eburnie depuis plus de 10 ans, ou en coédition avec d’autres maisons d’édition africaines. Ce catalogue vaut vraiment le détour, en particulier pour la littérature enfantine et jeunesse. À la question de savoir si certains ouvrages du catalogue seraient disponibles sous format numérique, Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue nous a confié être en collaboration pour des contenus numériques avec la société VMK TECH du Congolais Verone Mankou, premier producteur de smartphones et tablettes à bas prix en Afrique.

Livres Pars 2016. Stand Éditions Eburnie, Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue (droite)

Livre Paris 2016. Stand Éditions Eburnie, Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue (droite). Crédit photo : Afrolivresque.

 

Paari, Pan-Africaine Revue de l’Innovation

Nous avons fait escale lors de notre petit voyage livresque à Livre Paris 2016 sur le stand de la maison d’édition Congolaise Paari, dirigée par MAWAWA Mâwa-Kiese. Étaient présents, l’historien et archéologue congolais Ebiatsa Hopiel et l’écrivain Congolais René Mavoungou Pambou qui présentait son livre « Panorama de la littérature orale de Loango ».

Livre Paris 2016, Paari, MAWAWA Mâwa-kiese

MAWAWA Mâwa-kiese au stand de PAARI. Crédit photo : Afrolivresque.

 

Ebiatsa Hopiel et René Mavoungou Pambou

Ebiatsa Hopiel (droite) et René Mavoungou Pambou (gauche). Crédit photo : Afrolivresque.

 

« Livres et auteurs du bassin du Congo », le prestigieux stand des éditeurs et auteurs du Congo et de leurs pairs d’Afrique francophone

Le stand « Livres et auteurs du bassin du Congo » est indiscutablement le stand d’Afrique sub-saharienne le plus grand et le plus prestigieux en termes d’espaces, de visiteurs et d’invités de renoms.

Il se démarque par l’offre riche de plusieurs auteurs et maison d’éditions des deux Congo, mais aussi du Cameroun, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et bien d’autres. Les débats sur des thèmes d’actualité ou historiques traités dans les ouvrages présentés au stand, se sont succédé pendant les quatre jours du salon, avec à la clé, des temps forts comme la remise des prix Stéphane Hessel et Mokanda (Prix honorifique, Bernard Dadié (Côte d’Ivoire), 1er lauréat Maxime Ndebeka (Congo), 2e lauréat Jean Blaise Bilomo Samba (Cameroun)), ou la présence d’Alain Mabanckou, au lendemain de son discours inaugural au Collège de France qui a fait couler tant d’encre et de salive, aussi bien en France qu’au Congo.

La gastronomie, la photographie, la poésie et la sape congolaises étaient également au rendez-vous à cette fête du livre, avec la présence du Chef Mick Elysée aux fourneaux.

Il y a une nouvelle dynamique de la littérature africaine francophone ces dernières années, mais qui peine encore à s’imposer  sur la scène africaine et internationale, à se dépoussiérer des clichés que traîne le continent depuis toujours, et surtout à se positionner dans l’économie locale et internationale comme une industrie à part entière. Le talent des auteurs n’est plus à démontrer, mais il est temps que cette littérature s’affranchisse d’un système dirigé par les grandes maisons d’éditions occidentales qui font et défont les « stars » selon leur bon vouloir et surtout selon l’image de l’Afrique qui se vend le mieux, qui est malheureusement encore l’Afrique des clichés de maladie, pauvreté, mal gouvernance et oppression des femmes. Les jeunes générations l’ont compris et l’expriment sans complexe à travers leurs œuvres, qu’elles soient littéraires, du dessin, de la peinture, de la photographie ou du chant. Nous espérons que grâce à leur créativité surprenante et débordante, les prochains grands rendez-vous internationaux du livre sauront améliorer le positionnement de l’Afrique et, pourquoi pas, organiser un de ces grands salons en Afrique sub-saharienne.

Galerie photos: Le stand « Livres et auteurs du bassin du Congo » comme si vous y étiez.

 

[1] Le Salon du livre de Paris est un événement annuel lancé en 1981 par le Syndicat National de l’édition en France (SNE) dans le but de soutenir et mettre en lumière l’écriture et tous les métiers du livre. Il accueille en moyenne entre 150 000 et 200 000 visiteurs par édition sur une superficie de près de 55 000 m² occupés par des milliers d’éditeurs et auteurs venant de plus de 25 pays différents. C’est l’un des plus grands salons francophones du livre au monde avec ceux de Genève et de Beyrouth.

24 mars 2016 0 Commentaires
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Prix Stephane Hessel les lauréats 2016 sont connus!
ÉvénementsEurope

Prix Stephane Hessel : les lauréats 2016 sont connus!

par La redaction 18 mars 2016
Rédigé par La redaction

Léonce Jésus Emmanuel Dax  et Arthur Ulrich Biloa récompensés par le Prix Stephane Hessel de la Jeune Écriture Francophone

C’est  sur le stand «Pavillon Brazzaville et Pointe-Noire, villes invitées de Livre Paris 2016» du Salon International du Livre de Paris « LIVRE PARIS » qui se tient du 17 au 20 mars 2016 et auquel Afrolivresque prend part, que viennent de se voir décernés le Prix Stephane Hessel de la Jeune Écriture Francophone 2016 , l’ivoirien Léonce Jésus Emmanuel Dax pour « Les Autres » (1er) et le camerounais Arthur Ulrich Biloa pour « La Légende Des Étoiles » (2e), tous deux âgés de 23 ans.

Lancé par l’Alliance Française et RFI, ce prix Stephane Hessel* qu’il a d’ailleurs parrainé en personne quelques mois avant son décès, est un concours ouvert aux jeunes francophones du monde entier âgés de 15 à 25 ans. La valeur du Prix est de 1.500 euros.

Le thème retenu pour cette année est « Le Vivre Ensemble ». Il n’y a pas eu de concours de poésie pour cette édition, les deux lauréats ont donc été récompensés dans la catégorie « Nouvelle ».

Léonce Jésus Emmanuel Dax n’en est pas à son premier concours. Il a déjà été lauréat en 2009 du Prix ivoirien Les Manuscrits d’Or pour « Un balai! » dans la catégorie « Nouvelle ». Nous sommes impatients de découvrir leurs productions littéraires.

Rappelons que lors de l’édition 2015, deux lauréats ont été récompensés, à savoir le camerounais Steve Leolin Guimfac Mekoudja pour « Tala Ngai » dans la catégorie « Nouvelle », et le béninois Dzifa Gbeglo pour « La force de croire » dans la catégorie « Poésie ».

La culture est une machine à reconstruire l’âme. L’Afrique regorge de jeunes talents littéraires. C’est en faisant d’eux des exemples que nous pourrons inciter la jeunesse à les rejoindre et abreuver ainsi les générations futures de cette culture, véritable bouée de sauvetage quand le monde va mal.

—

*Stéphane Frédéric Hessel (né le 20 octobre 1917 à Berlin, mort le 27 février 2013 à Paris) est un homme politique et écrivain français. Homme de gauche, il est connu du grand public pour ses prises de position concernant les droits de l’homme, la question des « sans-papiers » et le conflit israélo-palestinien, ainsi que pour son manifeste Indignez-vous ! paru en 2010. Issu lui-même de l’immigration, Stéphane Hessel est attaché au respect des droits de l’immigré. Il voit dans l’immigration une richesse potentielle pour la France. Il souhaite limiter l’immigration clandestine, favoriser et valoriser l’immigration officielle. Il est favorable au droit de vote des étrangers aux élections municipales. (Source: Wikipedia)

 

18 mars 2016 0 Commentaires
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Serge H. Moïse rend hommage aux femmes dans « Femme »
PoésieCaraïbes

Serge H. Moïse rend hommage aux femmes dans « Femme »

par Acèle Nadale 14 mars 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Serge H. Moïse rend hommage aux femmes dans son poème « Femme ».

 

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« FEMME »

***

Matrice de l’humanité tout entière

Source de notre vie certes la première

Symbole de grandeur d’âme sur terre

De douce vertu et de beauté altière

Discrète mais tenace et téméraire

Jusqu’au sacrifice afin de faire

Son bonheur et celui des siens

Brave et nourrissant en son sein

L’espoir des jours meilleurs

Où s’épanouissent les fleurs

II

Digne et plus souvent héroïque

Créature divine authentique

Au salut du genre humain

Aujourd’hui ou demain

Nettement indispensable

Mais que de grains de sable

N’as-tu eu à bien endurer

Hé oui afin de pérenniser

Depuis les temps anciens

De cette humanité le destin

III

Trop souvent maltraitée

Durant toutes ces années

Tu as bien tenu le coup

Certes et jusqu’au bout

Car détentrice de la vérité

Tu le savais fort bien

Que n’étant pas très malins

Nous ne pouvions aller bien loin

Sans le support de tes bons soins

IV

De tes entrailles bénies

Tu leur as donné la vie

Á des princes et des rois

Ils ont institué leurs lois

Lesquelles hélas sans pitié

Ne t’ont point ménagée

Pourtant pour ton bébé

Qui n’est pas encore né

Hélas sans prendre avis

Tu sacrifierais ta vie

V

Tu as atrocement souffert

De notre arrogance d’enfer

De nos multiples ingratitudes

Et de toutes nos turpitudes

VI

Avec une patience d’ange

Loin des ténèbres et de la fange

Tu as bien sûr guidé nos pas

Toujours avec un bon repas

Si succulent et délicieux

Vers la cime des cieux

VII

En temps de paix ou de guerre

Sur le terrain ou dans la civière

Ton noble et doux sourire

Arrive à nous traduire

Sans trop de bavardage

Le sens du vrai courage

VIII

Tu détiens ce grand pouvoir

Et sans trop le faire savoir

Tu as façonné le monde

De manière plutôt féconde

IX

L’homme dans sa faiblesse

A voulu te tenir en laisse

Mais réalise petit à petit

Que sans toi il est tout petit

X

Durant toute notre enfance

Notre pleine et entière confiance

Résidait en toi havre de paix

Et de tendresse à tout jamais

L’ultime récompense de l’enfant

Sera toujours le baiser de maman

XI

Les poètes évoquent ta grandeur

Ils chantent toujours ta beauté

Et célèbrent ta splendeur

Avec des vifs élans du cœur

Modeste dans ta magnificence

Tu seras toujours la référence

Et la source de notre bonheur

XII

Nous le savons maintenant enfin

Puisque ce n’est pas encore la fin

Avec amour et caressant ton image

Nous te rendons ce bel hommage

Et alors en toute humilité

Á toi la reine de l’humanité

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À propos de l’auteur Serge H. Moïse

Serge H. Moïse

Serge H. Moïse

Haïtiano-québécois, Serge H. Moïse, vit entre le Québec et Haïti depuis 1987. Il est avocat de profession, son cabinet est situé à Pétion-Ville, Haïti.

Amant des belles lettres depuis sa tendre jeunesse, il a rédigé quelques trois cents poèmes et un millier de moïkus, des dizaines d’articles d’intérêt général et à caractère juridique en particulier. Il a publié Les libertés publiques à travers les constitutions haïtiennes (1992) et Les aphorismes de Me Moïse (2013).

14 mars 2016 0 Commentaires
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Lettres noires des ténèbres à la lumière Alain Mabanckou au Collège de France
ActualitéAfrique CentraleAuteursEuropeÉvénements

Lettres noires : des ténèbres à la lumière |Alain Mabanckou au Collège de France

par Acèle Nadale 10 mars 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Alain Mabanckou, premier écrivain invité sur la chaire de Création artistique, prononcera sa leçon inaugurale, Lettres noires : des ténèbres à la lumière, le 17 mars 2016, à 18h00.

La chaire de Création artistique du Collège de France accueille chaque année depuis 2005 des créateurs dans tous les domaines : architecture, arts plastiques, musique, théâtre (1)… Alain Mabanckou est le premier écrivain à occuper cette chaire.
Avec cette nomination, l’Assemblée des professeurs a souhaité mettre en avant la création et le talent littéraire, mais également marquer sa volonté « de donner la place qu’elles méritent aux études africaines et d’être au premier rang dans la réflexion sur un continent et sur des cultures qui marqueront le siècle qui commence ».

Comme en écho, Alain Mabanckou exprime une joie à double titre, « en tant qu’écrivain, le premier à occuper cette chaire, mais aussi pour cette ouverture à la littérature francophone africaine. Littérature vibrante et riche, en terme de langue, d’histoire et d’enseignements sur notre passé commun ; littérature en résonnance ».

Romancier, poète et essayiste franco-congolais, Alain Mabanckou ne cesse de bousculer la langue française, les idées sur l’Afrique et sur ce que l’on appelle la « pensée noire » ; une réflexion qu’il nourrit d’une profonde connaissance de l‘histoire de la littérature francophone et qui s’accompagne d’un engagement pour un plus large enseignement et une meilleure reconnaissance de ce pan de la littérature mondiale (2).

De la littérature coloniale à la littérature “négro-africaine”

Au Collège de France, Alain Mabanckou va traverser la longue et riche histoire de la littérature d’expression française d’Afrique noire, mais aussi caribéenne et afro-américaine : de la littérature coloniale à la littérature « négro-africaine », vers une littérature qui peut tout simplement dire « je ». « J’appartiens à une génération d’écrivains qui brisent les barrières, refusent la départementalisation de l’imaginaire parce qu’ils sont conscients que notre salut réside dans l’écriture, loin d’une factice fraternité définie par la couleur de peau ou la température de nos pays d’origine. Cette écriture qui devient alors à la fois un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l’horizon ».

Alain Mabanckou prononcera sa leçon inaugurale, Lettres noires : des ténèbres à la lumière, le 17 mars 2016. Cette leçon sera suivie, à partir du 29 mars, d’une série de cours et de séminaires ouverts à tous. Un colloque, Penser et écrire l’Afrique noire, se tiendra le 2 mai 2016. L’ensemble de cet enseignement sera disponible en français et en anglais sur le site du Collège de France.

A l’âge de six ans, j’ai découvert « les mots » en langue française. J’avais alors l’impression que cette langue, comparée à mes multiples langues congolaises, était très portée sur l’abstraction. Dans les langues de mon pays d’origine en effet les synonymes sont rares, et l’image occupe donc une place prépondérante pour pallier ce manque. Les mots de la langue française me paraissaient alors très beaux et d’une sonorité mélodieuse. Plus tard, en grandissant, quelle ne fut pas ma déception de constater que tel mot français, bien que recouvert d’une beauté indéniable, exprimait hélas le contraire de la réalité, ne m’offrant pas le vrai visage des choses. Et, le plus souvent, dans nos langues congolaises l’équivalent de ce mot n’existait pas, or il me fallait nommer, qualifier en français. Que faire ? Me croiser les bras ?

Sans doute est-ce à cet instant que j’ai commencé à « fabriquer » ma propre langue française, à entrer dans le processus de la création …

Non, je ne suis pas devenu écrivain parce que j’ai émigré – mais j’ai posé un autre regard sur ma contrée une fois que je m’en suis éloigné. Dans mes premiers écrits – tous ébauchés au Congo – je sentais qu’il manquait des pièces, que mes personnages étaient cloitrés, respiraient à peine et me réclamaient encore plus d’espace. Dans ce sens l’émigration aura contribué à ressortir en moi cette inquiétude qui fonde toute démarche de création, cette inquiétude sans laquelle une œuvre ne reflétera jamais la préoccupation du créateur. L’écriture devient alors à la fois un enracinement, un appel dans la nuit et une oreille tendue vers l’horizon…

Alain Mabanckou

 

« Lettres noires : des ténèbres à la lumière »
Leçon inaugurale le jeudi 17 mars 2016, à 18h00
Cours les mardis à 14h00 (à partir du 29 mars), suivis d’un séminaire à 15h00

Alain Mabanckou se propose, « en créateur libre », de s’interroger sur la littérature d’Afrique noire contemporaine en français, sur ses lieux d’expression, sur sa réception critique et sur ses orientations au présent. Il insistera également sur l’aventure de la pensée africaine – on parle aujourd’hui de « pensée noire », sur la place de l’Histoire (passée ou contemporaine), sur l’attitude de l’écrivain africain devant l’horreur – notamment face au génocide du Rwanda ou aux différentes guerres civiles qui ont donné naissance à un personnage minuscule, terrifiant et apocalyptique : l’enfant-soldat.
La présence des historiens, des écrivains ou des philosophes qui interviendront dans les séminaires aura pour ambition d’illustrer la richesse des études africaines qui constituent désormais une discipline autonome dans les universités anglophones, en particulier américaines.

Programme complet des cours et séminaires

Colloque le 2 mai 2016

Alain Mabanckou souhaite que ce colloque « résonne comme un appel à l’avènement des études africaines en France». Y sont conviés des écrivains, des professeurs, des historiens, des penseurs et « d’autres esprits du temps présent »: Achille Mbembe, Souleymane Bachir Diagne, Séverine Kodjo-Granvaux, Romuald Fonkoua, Catherine Coquio, François Durpaire, Rokhaya Diallo, Françoise Vergès, Pascal Blanchard, Pap NDiaye, David Van Reybrouck ou encore Dominic Thomas ; autour de 4 grands thèmes : « Penser l’Afrique » – « Écrire l’Afrique aujourd’hui » –
« Écrire la « France noire » : la diversité en question » – « L’Amérique au miroir de l’Afrique« .

Programme en ligne

L’ensemble de cet enseignement sera disponible en français et en anglais sur le site du Collège de France.

Source: Communiqué Chaire de Création Artistique (2015/2016) ,  photo Droits Réservés
————————-
1 Se sont succédés sur cette chaire : Christian de Portzamparc, Pascal Dusapin, Pierre-Laurent Aimard, Jacques Nichet, Anselm Kiefer, Gilles Clément, Karol Beffa, et Tony Cragg.
2 Alain Mabanckou est l’un des quarante-quatre signataires du Manifeste pour une littératur -monde en français publié en mars 2007 et qui commence ainsi : « Plus tard, on dira peut-être que ce fut un moment historique : le Goncourt, le Grand Prix du roman de l’Académie française, le Renaudot, le Femina, le Goncourt des lycéens, décernés le même automne à des écrivains d’outre-France. Simple hasard d’une rentrée éditoriale concentrant par exception les talents venus de la « périphérie », simple détour vagabond avant que le fleuve revienne dans son lit ? Nous pensons, au contraire : révolution copernicienne. »

 

10 mars 2016 0 Commentaires
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Prix ivoire 2016 Akwaba Culture lance la 9ème édition à Abidjan
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénements

Prix ivoire 2016 : Akwaba Culture lance la 9ème édition à Abidjan

par Acèle Nadale 8 mars 2016
Rédigé par Acèle Nadale

L’association Akwaba culture a organisé le jeudi 03 mars 2016 au Plateau, une cérémonie pour annoncer l’édition du prix Ivoire 2016 pour la littérature africaine d’expression francophone dont le but est d’encourager et de promouvoir la création littéraire africaine.
Ouverte du 03 mars au 15 juin 2016, les ouvrages relevant de tous les genres pourront concourir à la 9ᵉ édition du prix Ivoire, à l’exception de la littérature de jeunesse. À cet effet, la présidente de l’association Akwaba culture, Isabelle Kassi Fofana, après avoir remercié ses différents partenaires, a révélé que pour l’édition 2016 aucun genre littéraire, ni aucun thème n’est imposé aux participants, mais que les ouvrages doivent être publiés en français, entre le 01 janvier et le 15 juin 2016.

Prise en charge des frais de transport et séjour des lauréats du Prix Ivoire 2016

Concernant les participants, ils devront faire parvenir au comité d’organisation cinq (05) exemplaires de leurs ouvrages. Notons que pour cette édition, l’association Akwaba culture prendra en charge les frais de transport des lauréats, ainsi que leur séjour à Abidjan pour la réception de leur prix. Le lauréat recevra un trophée puis le prix Ivoire pour la littérature dont la valeur est de 2 millions de FCfa qui lui sera décerné le 12 novembre 2016 à Abidjan. Le prix Ivoire pour la littérature existe depuis 2008. Il a ouvert ses portes aux diasporas africaines depuis 2015.

Source abidjan.net, ©Photo Abidjan.net par Serges T.
8 mars 2016 1 Commenter
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Samba Saphir explore le Kigali trépidant avec sa saga Du feu pour les honneurs
FictionAfrique CentraleLittératureNotes de lecture

Samba Saphir explore le Kigali trépidant avec sa saga « Du feu pour les honneurs »

par La redaction 3 mars 2016
Rédigé par La redaction

Samba Saphir, jeune romancière camerounaise, nous emmène au cœur d’une grande ville trépidante du Rwanda, Kigali, où des destins de jeunes rwandais issus de milieux socioculturels différents vont se croiser dans son roman, Du feu pour les honneurs. Ce premier tome d’une trilogie autoédité en novembre 2015, sera finalement publié par les Editions Cana dès le 1ᵉʳ Mars 2016.

Lever de soleil et goutte de sang sur l’agréable couverture du livre laissent déjà présager beaucoup de tumultes, de rebondissements et périples, mais aussi des lueurs d’espoir et de renaissance dans cette saga, qui se déroule à une époque où la jeunesse africaine est partagée entre traditions et modernité contemporaine à l’occidentale.

Mahir, jeune étudiant, se retrouve dans un monde qu’il découvre en tombant amoureux d’Améthyste, jeune fille issue de la classe chrétienne privilégiée de Kigali. L’entourage d’Améthyste ne partage cependant pas son enthousiasme vis-à-vis de cette relation qu’il estime vouée à l’échec, car Mahir, musulman et issu d’une famille modeste, ne répond pas au profil du compagnon idéal pour une fille catholique issue de la bourgeoisie, telle qu’Améthyste. Rosie, sœur ainée de cette dernière, est particulièrement opposée à cette relation et va donc tout mettre en œuvre, en utilisant des procédés les uns les plus perfides que les autres, pour séparer ce couple jugé improbable.

Heureusement, Améthyste peut toujours compter sur le soutien de ses amies d’enfance, Lyvia et Nizia ; mais leur amitié est également mise à rude épreuve suite à des événements inattendus qui compliqueront leurs vies et durant lesquels elles seront confrontées à des obstacles majeurs.

Mahir vit ainsi une histoire complètement différente de celle qu’il a eu avec son ex petite amie, Maimouna, qui avait été forcée par ses parents de le quitter pour épouser un homme bien plus âgé qu’elle, alors qu’elle n’avait que quinze ans.

«  Certains me jugeraient durement, mais trêve d’hypocrisie ! Qui laisserait sa famille s’enfoncer sans réagir ? Il est dans notre nature de défendre les nôtres. Pour ceux qui le cherchent encore, je suis Rosalia, la sœur aînée d’Améthyste.

J’ai vingt-quatre ans et je suis de celles qui n’ont pas honte de dire qu’elles sont nées avec une cuillère en or dans la bouche. Je suis l’aînée d’une fratrie de quatre, mes parents sont pieux et d’obédience catholique. Nous avons tous eu tous nos sacrements. Les rapports avec ma sœur cadette sont difficiles depuis notre bas-âge ; nos caractères sont fortement opposés. Autant Améthyste peut être ouverte aux autres du premier coup, autant je préfère laisser les gens faire leurs preuves… à l’extrême.

Les différends étaient devenus réguliers à mesure que nous grandissions. Nous plaisions toutes les deux aux hommes, et parfois aux mêmes. Mais j’avais néanmoins commencé à percevoir un petit changement. Améthyste, en grandissant, avait développé un air de garçon manqué, tandis que moi j’avais très vite appris à faire valoir mes arguments. Le plus difficile était de savoir que malgré mes efforts et mes soins, Améthyste avait toujours su attirer les regards et la sympathie des autres avec une facilité inouïe. Mais le respect que ma sœur montrait à mon égard effaça toute forme de jalousie. Je la trouvais trop serviable pour ne pas être naïve.

Je devais utiliser tous les moyens possibles, sains ou pas, pour la protéger. Un milieu aussi privilégié que le nôtre attirait les loups de toutes les tailles et de toutes les coutures. Améthyste était trop jeune et ses idylles étaient aussi éphémères que viles. J’avais toujours été là pour panser son cœur. Alors d’apprendre qu’elle était en couple avec un homme quelconque me mettait hors de moi.

Fût-il fils Trésorier Payeur, il ne changeait pas de statut. Mahir n’avait aucune prestance, il ne savait pas se tenir et encore moins s’habiller ; alors imaginez le bougre, imaginez les rires et les quolibets des autres quand ils se montraient en public. Il avait tout pour ne pas plaire, et comble de malheur, il était musulman ! Oui ! Musulman ! Améthyste abandonnerait son magnifique prénom pour Habiba ou tout autre nom de soumise.

Je ne me sentais plus le courage et la patience de demander à ma sœur de quitter ce Mahir ; j’avais déjà eu des centaines de conversations avec elle. Elle ne démordait pas. Je me sentais encore moins le courage de dire à mes parents que leur fille fréquentait un musulman ; une telle annonce les tuerait. 

Je voyais, de mon coin, les conséquences, l’hécatombe. »

Avec ce troisième roman autoédité, Samba Saphir fait évoluer son registre littéraire, en s’attaquant à des thèmes tels les conflits interreligieux, les conflits de classes sociales, et le mariage forcé dans une société rwandaise en plein mouvement. L’auteure donne la parole aux différents personnages qui décrivent leurs vécus sous des angles différents, faisant ainsi plonger le lecteur au cœur des différents sentiments des protagonistes. Le lecteur s’identifie facilement aux personnages. Chaque chapitre est dédié à l’un des personnages principaux, qui relate une partie de l’histoire.

La saga « Du feu pour les honneurs » de Samba Saphir est un roman réussi, qui fera la joie des lecteurs friands d’histoires dramatiques qui racontent des destins amoureux tumultueux. Le lecteur passe un bon moment de lecture et est happé par les rebondissements inattendus qui annoncent un tome 2 pétillant.

 

À propos de l’auteur Samba Saphir

Samab Saphir

Native du département Nyong et Mfoumou et de la ville d’Ayos au Cameroun, Samba Saphir quitte son pays après le baccalauréat pour la France où elle vit aujourd’hui, pour y poursuivre des études en chimie et développement durable. Elle termine actuellement ses études de responsable de projets.

Férue de lecture depuis son enfance, elle se passionne également pour l’écriture et s’y met dès l’âge de douze ans, mais publie son premier roman, « Liens sacrés » le 12 août 2014 aux éditions Édilivre, qui ressemble à du polar et interpelle le lecteur par rapport à la place de l’homme dans les sociétés africaines. Quelques semaines après, suit son deuxième roman, « Le pardon ultime ». Publié le 12 août 2014, ce roman met en relief le traitement réservé à la veuve et à l’orphelin en Afrique et particulièrement ses aspects juridiques.

À la question de savoir, quelles sont ses motivations et d’où elle tire son inspiration, Samba Saphir répond :

« Mes écrits évoquent certains sujets de société tels les problèmes familiaux, l’amour, la haine fratricide, des conflits intergénérationnels. Je dénonce en général les maux qui minent la société et désacralise certains sujets tabous dans un style divertissant. J’aime aussi me plonger dans les méandres de la culture africaine et aime faire revivre certains mythes.

Mes écrits traduisent la révolte intérieure d’une femme, qui se matérialise par un style doux dans des histoires ou des situations où les lecteurs peuvent facilement s’identifier aux héros/héroïnes. »

Retrouvez Samba Saphir sur les réseaux sociaux, surtout sur ses pages Facebook où elle livre à ses fans de plus en plus nombreux, des récits qui reflètent le quotidien dans les différentes et diverses sociétés africaines et d’ailleurs. L’auteure sera également présente au salon du livre de Paris du 17 au 20 Mars 2016, au stand « Livres et auteurs du Bassin du Congo« . Ses livres sont disponibles sur le site de l’éditeur et dans les libraires de la France, la FNAC, Amazon et autres sites diffuseurs classiques.

 

Par Olga Tuété

3 mars 2016 0 Commentaires
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Paris Palabres autour des arts - Les femmes dans la lumière littéraire ! (2)
Genres LittérairesAfrique CentraleEuropeÉvénementsFictionLittérature

Franklin Boukaka vous accompagne toute une après-midi à Paris

par Marien Fauney Ngombé 27 février 2016
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

Vous ne savez pas qui est Franklin Boukaka ? Ne manquez pas cet évènement 27!

Il s’agit d’un recueil de 14 textes de 14 auteurs originaires de divers pays africains qui se sont inspirés des textes des chansons de l’artiste congolais Franklin Boukaka, décédé en 1972, poète et panafricaniste engagé.

Cette belle initiative est l’idée de Marien Fauney Ngombe qui a su, avec d’autres, rassembler de belles plumes africaines autour d’un projet original aux Éditions La Doxa.

La sortie officielle de Franklin, l’insoumis est prévue pour ce 05 mars 2016 à Paris au Restaurant Albarino Passy, 4, rue Lekain, 75016 Paris dès 15h.

Franklin l'insoumis, Franklin Boukaka

 

27 février 2016 0 Commentaires
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La Rentrée littéraire du Mali 2016 paix et engagement
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénements

La Rentrée littéraire du Mali 2016 : paix et engagement

par admin3050 23 février 2016
Rédigé par admin3050

 

« SOYONS LE CHANGEMENT QUE NOUS VOULONS VOIR DANS LE MONDE »

En choisissant une citation de Gandhi comme thème général de son édition 2016, la Rentrée littéraire du Mali se place sous le signe de la paix et de l’engagement. Durant quatre jours, du 23 au 26 février 2016, écrivains, poètes, intellectuels et artistes du monde entier confronteront à Bamako leurs réflexions sur ces sujets…

Construire un monde de paix, plus juste, permettre à chacun de vivre dignement de son travail sur sa terre, préserver nos ressources communes, offrir un avenir à la jeunesse… Nous sommes nombreux à appeler ce projet de nos vœux.  Mais par où commencer ? Les maux de l’humanité ont pris, au tournant du siècle, une ampleur inédite qui met chaque jour au défi notre raison, notre imagination, notre capacité d’invention. Le mal est si profond que tout remède paraît dérisoire. Les hommes ne s’entendent plus.

La rentrée littéraire du Mali

L’année dernière, la Rentrée littéraire du Mali proposait d’« oser réinventer l’avenir », selon la formule de Thomas Sankara. Le titre sonnait comme un réveil. L’heure était venue de se libérer des pensées molles, des schémas imposés, de décoloniser les esprits…

Cette année, elle suggère de poursuivre la réflexion avec cette citation de Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ».

Travaillons là où nous nous trouvons, avec ce que nous sommes et avec ceux qui nous entourent. Commençons par ce qui nous est accessible. Soyons le changement !

Quelle paix pourrait-on bâtir sans déconstruire d’abord nos préjugés, sans dépasser notre propre difficulté à entendre ceux qui diffèrent de nous ? Vers quel progrès l’humanité pourrait-elle s’avancer si elle ne marchait pas sur ses deux pieds, masculin et féminin ? Quelle Afrique pourrait-on rêver pour demain sans avoir, au préalable, terrassé en soi le sentiment de fatalité, l’égoïsme, la jalousie, ou encore la résignation face à la loi du plus fort ?

Soyons le changement ! Voilà une invitation joyeuse à escalader ces murs invisibles qui nous séparent les uns des autres, à briser les chaînes qui nous empêchent de nous élever. Car, que nous le voulions ou non, ce siècle nous a déjà démontré que notre destin d’humains sera commun ou ne sera pas.

Et les livres, dans tout cela ?

Modestement, ils permettent de poursuivre le dialogue, entre les générations, entre les cultures. Ils sont la table autour de laquelle chacun peut s’asseoir en apportant son grain de sel, la case dans laquelle chacun peut entrer pour regarder le monde depuis la fenêtre de l’Autre. Ils n’épuisent aucune certitude, n’imposent aucune vérité. Et ce faisant, ils ouvrent un espace à l’imagination : l’espace des possibles, de la créativité et de l’engagement…

Que cette Rentrée littéraire du Mali 2016 soit la fête de tous les passeurs de rêve qui contribuent au rayonnement du livre en Afrique et dans le monde !

Programme de La rentrée littéraire du Mali 2016

Sources rentreelitterairedumali.org

23 février 2016 0 Commentaires
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Big Ben de Christophe Degaule
PoésieAfrique Centrale

Big Ben| de Christophe Degaule

par Acèle Nadale 22 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

 

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Big Ben
Élément terre
Oui la vie élémentaire
C’est d’abord apprécier la nature
Ensuite savourer et déguster notre aventure.
Sur la Tour du Parlement Britannique à Londres,
il y a Big Ben, la grande cloche qui donne l’heure à la ville.
Dans mon village, il n’y a ni Parlement ni Tour,
Mais il y a nos Big Ben, les coqs qui donnent l’heure.
Ils rythment la vie nocturne d’heureux noctambules.
Aux aurores, le premier coq chante et les autres en échos
lui répondent de proche en proche.
Il est quatre heures du matin!
C’est le temps pour ceux qui découchent de regagner le bercail.
Aux autres de reprendre leurs devoirs nocturnes là où ils les ont laissés.
Au deuxième son des Big Ben, il est cinq heures, puis le village s’éveille.
Le jour paraît, à l’horizon, l’astre du jour pointe le bout de son nez.
Pieds nus, les vignerons empruntent les sentiers de la forêt,
La calebasse de vin à l’une des mains dans l’autre, la machette
Les femmes munies de récipients vont derrière les cuisines pour leur toilette
Torses nus, les jeunes gens après s’être étirés, urinent dans l’herbe…
C’est la vie simple et élémentaire…
C’est le retour à notre élément terre.

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                                        Christophe Degaule 2014, extrait de Bouillon de souvenirs, p 11

 

Christophe Degaule

À propos de Christophe Degaule

Christophe Degaule est né au 22. Diplômé de l’École Normale Supérieure (ENS) de Yaoundé, il est également détenteur d’une maître en communication publique de l’université Laval (Québec-Canada). Il vit au Canada au Canada depuis 2003. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Mémoires de mon enfance Tomes 1 et 2, Au musée de ma mère et 312 Rue Gutenberg.

22 février 2016 0 Commentaires
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Boubacar Boris Diop
ActualitéAfriqueAmérique du NordEuropeÉvénementsFiction

La collection Céytu traduit en wolof Césaire, Mariama Bâ et Le Clézio

par Acèle Nadale 21 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Céytu est un label en wolof dirigé par Boubacar Boris Diop, créé par les Éditions Zulma & Mémoire d’encrier. Il a pour objectif de publier des incontournables de la littérature francophone en wolof.

Les trois premiers livres de cette remarquable collection sortiront ce 17 mars 2016. Le choix de la maison d’édition Zulma s’est porté sur des classiques incontournables de la littérature africaine : Une si longue lettre de Mariama Bâ (Bataaxal bu gudde nii) traduit par Mame Younousse Dieng et Arame Fall, L’Africain de JMG Le Clézio (Baay sama, doomu Afrig) traduit par Daouda Ndiaye, Une saison au Congo d’Aimé Césaire (Nawetu deret) traduit par Boubacar Boris Diop.

 

Ceytu Zulma

 

Dans une interview donnée au journal Le Point.fr, Boubacar Boris Diop, directeur de cette collection, explique la Genèse de la création de Céytu.

L’idée est née au cours d’une conversation matinale dans un café de Paris entre Laure* et moi. On a décidé de forcer le destin, de relever un défi. Cela ne semblait pas possible, mais on a quand même choisi de le faire. Le premier réflexe des gens quand ils prennent connaissance de l’existence de cette collection littéraire est de se demander pourquoi proposer des ouvrages en wolof. Aussi, ils sont loin de penser que toutes les langues se valent. Mais, au final, le pourquoi devient très vite un pourquoi pas. Et cela est une très grande victoire. Cette collection crée une sorte de frisson. C’est un ovni dont on ignore la provenance. Paris est d’ailleurs l’endroit le plus improbable pour ce genre d’aventure.

 

*Laure Leroy, francaise directrice des Éditions Zulma, et l’écrivain haïtien
Source LePoint.fr, Céytu – Littérature en wolof – Céytu

 

21 février 2016 0 Commentaires
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Une biographie vieille de 300 ans de la Sainte Mère éthiopienne Walatta Petros écrite en 1672 et traduite en 2015 pour la première fois en anglais
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Une biographie vieille de 300 ans de la Sainte Mère éthiopienne Walatta Petros écrite en 1672 et traduite en 2015 pour la première fois en anglais

par Acèle Nadale 20 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

“The Life and Struggles of Our Mother Walatta Petros”, est un livre écrit par Galawdewos, traduit et édité par Wendy Laura Belcher, cotraductrice avec le Dr. Michael Kleiner, avec le soutien de l’université de Princeton aux USA.

Wendy Becher

Wendy Belcher. (Crédit photo wendybelcher.com)

Walatta Petros était une éthiopienne, chef religieux vénéré qui a dirigé un mouvement non-violent contre la proto-colonisation européenne, et était une abbesse fondatrice de son propre monastère qui existe encore aujourd’hui.

Le récit de la vie de Walatta Petros est riche, dense et singulier : elle perd trois enfants en bas âge, quitte son mari violent, fonde un mouvement, combat avec succès un roi méchant, fait face à des hippopotames et des lions enragés, fonde sept communautés religieuses, met en déroute les chefs religieux masculins, rassemble de nombreux hommes et femmes autour d’elle, guide son troupeau sans aucune soumission masculine, est à la tête de sa communauté et nomme même les abbés qui suivent ses ordres. Son nom signifie fille – de [Saint] Pierre. Elle a vécu de 1592 à 1642.

Trente ans après sa mort, ses disciples éthiopiens (dont beaucoup étaient des femmes) se sont réunis pour raconter l’histoire de sa vie à un scribe nommé Galawdewos (Claudius en anglais). Ils faisaient l’éloge de Walatta Petros en la décrivant comme une fille chérie, une affectueuse amie des femmes, une lectrice assidue, une ascète rigoureuse et une leader féroce.

À l’origine, le livre The Life and Struggles of Our Mother Walatta Petros a été écrit sur du parchemin. Les monastères orthodoxes éthiopiens l’avaient copié et douze de ces copies manuscrites, dont 3 issues du monastère de Walatta Petros, ont été utilisées pour créer la traduction en anglais. Le texte original a été écrit dans la langue éthiopienne classique Gəˁəz.

Les collaborateurs de Wendy Bekcher au monastère Qwarata (Crédit photo Princeton Edu)

Les collaborateurs de Wendy Bekcher au monastère Qwarata (Crédit photo Princeton Edu)

À travers cette hagiographie (biographie des saints), c’est ainsi un côté presque inconnu ou nié de l’histoire de l’Afrique qui se dévoile, met en lumière la richesse et l’ancienneté de la littérature en Afrique, revisite la légende populaire de place de la femme africaine soumise à l’homme, et repositionne l’arrivée du christianisme en Afrique bien avant son apparition en Europe.

En effet, les éthiopiens ont été chrétiens depuis le quatrième siècle, bien avant la majeure partie de l’Europe. Ils ont conservé dans leur église orthodoxe une forme distincte de christianisme. Lorsque les Jésuites sont venus dans les années 1500 pour tenter de convertir les Ethiopiens au catholicisme romain, de nombreux éthiopiens ont résisté, en particulier les femmes de lignée royale, telles que Walatta Petros. Pour son combat, elle a été élevée à la sainteté dans l’Église orthodoxe éthiopienne.

Les Ethiopiens ont inventé un système d’écriture dans le premier millénaire avant notre ère et l’ont utilisé pour écrire de nombreux livres depuis le quatrième siècle de notre ère. Il existe plus de 200 saints orthodoxes éthiopiens et plus de 100 d’entre eux ont des biographies. Au moins 17 d’entre eux sont des femmes et six d’entre eux ont des biographies.

Gadla Walatta Petros

Texte original Gadla Walatta Petros écrit en 1672 (The Life-Struggles of Walatta Petros)

Les histoires sur les saints éthiopiens sont des archives essentielles pour la littérature africaine et restent inexploitées hors d’Ethiopie. Il existe des récits fascinants sur les héros du folklore éthiopien, ainsi que de riches dépositaires de la pensée autochtone. Ce livre sera la première traduction accessible en anglais de l’une de ces histoires. Il existe trois autres hagiographies en anglais, mais elles existent uniquement dans des livres d’art qui coûtent des milliers de dollars chacun.

 

Source : Texte tiré de l’interview donnée par Wendy Laura Belcher au Princeton University Press

20 février 2016 0 Commentaires
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Ma petite soeur Un roman d’Aude Konan
Non classéAfrique de l'OuestFictionLittérature JeunesseNotes de lecture

Ma petite soeur | Un roman d’Aude Konan

par Acèle Nadale 18 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

“Je n’ai pas d’enfant, mais j’ai un chien.” Tel aurait pu s’intituler le roman d’Aude Konan, “Ma petite sœur”. Si vous vivez en occident, ces mots ne vous sont certainement pas étrangers. Les animaux de compagnie ont petit à petit pris une place importante dans la société occidentale et cela commence à se voir dans d’autres sociétés qui, elles aussi s’occidentalisent. Dans certains cas extrêmes, il est même devenu difficile de dire où réside la frontière entre l’animal et l’humain, tant les deux mondes cohabitent au quotidien.

À l’âge de douze ans, Aude Konan regarde un documentaire à la télé, dans lequel sont montrés des chiens rois bichonnés comme des humains dans des salons de spa. C’est de là que part son idée d’écrire son premier roman “Ma petite sœur”. Le manuscrit est prêt à l’âge de treize ans, mais sera publié bien plus tard, à l’âge de vingt-quatre-ans chez les Éditions Dagan en novembre 2015 dans la collection Jeunesse. Entre l’écriture et la publication de “Ma petite sœur”, Aude Konan n’a cessé d’écrire des nouvelles ou des pièces de théâtre, et son travail a été primé par le Canard à Vos Plumes en 2004, Noir et Blanc en 2009, et Écrire à bout de plumes en 2013.

Lillian, fille unique de Bettina et Ponre, rêve de voir ses parents créer un environnement familial chaleureux et simple où règnent harmonie et amour. Malheureusement, se crée au fil du temps une atmosphère vide d’humanité et d’émotion dans le bel appartement familial new yorkais. Le couple, emprisonné dans une recherche permanente et effrénée de perfection, est absorbé par le travail au détriment de leur fille, manquant ainsi de consacrer du temps et de donner de l’attention à Lillian. Le quotidien de ce petit monde est simplement mécanique ; ils ne vivent plus, ils fonctionnent.

Le jour de son cinquième anniversaire, Lillian reçoit en cadeau Mia, une petite chienne, sur qui elle porte dès ce jour toute son attention. Lillian essaye de combler sa faim d’amour avec Mia et se consacre entièrement à elle, au point où cela a des conséquences sur ses résultats scolaires. Bettina et Ponre qui ne tolèrent aucune imperfection, sont donc obligés de reprendre Mia et de s’en occuper eux-mêmes.

Cette décision va avoir un impact dramatique sur les relations déjà fragiles entre Lillian et ses parents. Lillian, privée de Mia, constate au fil du temps avec effroi que la chienne Mia reçoit toute l’attention qu’elle a tant souhaité recevoir de ses parents, au point d’avoir le sentiment que Mia est devenue comme sa petite sœur. Dès cet instant, Lillian considère Mia comme une ennemie qui essaye de prendre sa place d’enfant chez ses parents et va entreprendre de régler ce problème à sa manière.

Dans un monde où les animaux occupent une place de plus en plus importante au sein des foyers, l’auteure Aude Konan, à travers le récit d’une pré-adolescente, met en évidence dans un style simple et facile à lire, un véritable sujet : la place des animaux de compagnie dans notre société.

Au fil des pages, on a hâte de découvrir comment la petite Lilian, l’héroïne, parviendra à gérer les différents sentiments qui la tourmentent, vis à vis de ses parents d’une part, et de sa « petite sœur » d’autre part : amour, haine, culpabilité, insouciance. Le lecteur reste captivé tout au long de l’histoire.

Ce roman fera certainement la joie des amateurs de récits autour de drames familiaux modernes et aux amoureux d’animaux de compagnie, en particulier des chiens. Bien que l’histoire racontée dans Ma petite sœur soit captivante, il y a lieu de mettre un bémol sur certaines scènes assez violentes, vu le public cible de ce roman. En effet, selon l’auteure, ce livre s’adresse aux jeunes enfants dès l’âge de onze ans. Il est conseillé aux parents de lire le roman jusqu’à la fin et avant de décider si cela convient à son enfant ou pas.

Aude Konan

Aude Konan, auteure de « Ma petite soeur »

Aude Konan est une jeune auteure de 24 ans dont la passion pour l’écriture remonte à son plus jeune âge. Elle est détentrice d’un master en écriture de scénario en Écosse, l’une de ses passions étant l’écriture de scénarios de film ou de pièces de théâtre, notamment pour la compagnie Talawa Theatre et The Stratford East Theatre. Elle vit entre la France où elle a grandi et le Royaume-Uni où elle a fait ses études.

18 février 2016 0 Commentaires
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Mémoire entre deux rives le documentaire choc qui retrace la colonisation française en Pays Lobi
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« Mémoire entre deux rives » : le documentaire choc qui retrace la colonisation française en Pays Lobi

par admin3050 16 février 2016
Rédigé par admin3050

« Mémoire entre deux rives » est un documentaire de 90′ de Wolimité Sié Palenfo et Frédéric Savoye produit par Mosaïque Films. Le documentaire retrace la colonisation française en Pays Lobi.

« Lorsque les blancs sont arrivés, les Lobi se sont réfugiés dans les collines pour tenter de leur échapper. Un jeune a fait une crise d’épilepsie. Les blancs l’ont tué, lui ont coupé la tête et l’ont mise à bouillir dans une marmite. »

Des récits comme celui-ci, tous les Lobi en connaissent.

SYNOPSIS

Mémoire entre deux rives suit les traces de la colo­ni­sa­tion fran­çaise du Pays Lobi. Dans cette région, située au sud-ouest du Burkina Faso, il n’est pas un vil­lage, pas une famille qui ne se sou­vienne… Confrontée aux docu­ments d’archi­ves des admi­nis­tra­teurs, la tra­di­tion orale permet de remon­ter près d’un siècle d’his­toire, depuis l’arri­vée des pre­miers blancs jusqu’à nos jours. Cette parole témoi­gne éga­le­ment des consé­quen­ces indi­vi­duel­les, socia­les ou reli­gieu­ses de cette his­toire dou­lou­reuse. Du passé au pré­sent, de la parole vivante aux écrits des admi­nis­tra­teurs colo­niaux, Mémoire entre deux rives est autant une quête sur l’iden­tité Lobi qu’une réflexion sur la « France Civilisatrice ».

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Frédéric Savoye et Wolimité Sié Palenfo
Image : Sylvain Grolleau
Son : Constantin Da
Montage : Frédéric Savoye DVCam, 2002, 90mns
Produit par : Thomas Schmitt/Mosaïque Films
Coproduction : Cityzen TV & Mosaïque Films
Contact : mosai­que.film­s@­noos.fr

Frédéric Savoye, réalisateur fran­çais, l’un des 2 réalisateurs du documentaire « Mémoires entre deux rives », a fait plusieurs voyages en pays Lobi afin de s’immerger de cette culture. Pour la réalisation de ce film, il s’est appuyé sur les travaux de l’historienne Jeanne-Marie Kambou-Ferrand, l’une des rares historiennes à avoir fait des travaux sur les Lobi.

« A tra­vers ce film, mon sou­hait était de faire enten­dre cette parole avant qu’elle ne soit défi­ni­ti­ve­ment tue et enter­rée. Le temps efface les preu­ves maté­riel­les de l’époque colo­niale. Les  » vieux « , dépo­si­tai­res de cette mémoire, dis­pa­rais­sent sans lais­ser de trace. Les nou­vel­les géné­ra­tions se détour­nent d’une his­toire qui contra­rie l’idée qu’ils se font de l’Occident. La France ne se sou­vient que de ceux qui ont com­battu dans ses rangs en remet­tant un peu d’argent à l’asso­cia­tion des anciens com­bat­tants…

Néanmoins les emprein­tes du passé résis­tent. Elles émer­gent à la sur­face d’un monde écar­telé entre tra­di­tion et moder­nité, dans un  » entre-deux  » où la mémoire d’un peuple, et peut-être son avenir, menace de s’abîmer ».

Frédéric Savoye au Festival Clap noire (2002)

Wolimité Sié Palenfo est Burkinabé et le deuxième réalisateur de ce très beau film-documentaire. Il considère « Mémoire entre deux rives » comme une réponse à son père, qui était rétissant à lui transmettre leur culture, sous le prétexte qu’il était allé à « l’école du blanc ». Mais c’est aussi, selon lui, une contri­bu­tion à l’émer­gence d’une his­toire Lobi vue par les Lobi.

« La colo­ni­sa­tion a laissé de pro­fon­des emprein­tes. L’exis­tence encore effec­tive aujourd’hui du ser­ment des Deux Bouches en est une preuve. Il en est d’autres que nous avons voulu faire émer­ger, soit de l’oubli, soit du non dit. C’est en sillon­nant les vil­la­ges, à la ren­contre des anciens, mais aussi des enfants, que nous avons ouvert le champ de nos inves­ti­ga­tions.

Le témoi­gnage ne s’arrête pas à la parole : outre les chants et les contes, la sculp­ture apporte un pré­cieux éclai­rage sur cette période. En tant que sculp­teur, j’ai sou­haité pri­vi­lé­gier cette piste. La sculp­ture au pays lobi joue acti­ve­ment en faveur de notre culture : elle cons­ti­tue un lien direct avec les ancê­tres. A ce titre, elle nous relie avec la mémoire de ceux qui ont com­bat­tus les colons. Mémoire entre deux rives entend faire écou­ter ces  » bois par­lants « , par l’entre­mise des sculp­teurs ou des ado­ra­teurs ».

 au Festival Clap noire (2002)

Le « Pays Lobi », situé au sud-ouest de l’actuel Burkina Faso, est peuplé par les Lobi, peuple qui se caractérise par leur résistence à toute forme d’autorité centralisée et par leur esprit guerrier. Les  décisions y sont prises par un collège constitué de tous les chefs de familles.  La cohésion du peuple Lobi est entretenue par des croyances animistes, entre autres le culte déesse Terre et le culte des ancêtres. 

Peuple Lobi 1915-1920

Les Lobi (1915 – 1920)
Extrait Publications des scientifiques de l’IRD: Images d’Afrique et sciences sociales : les pays lobi, birifor et dagara (Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Ghana) : actes du colloque de Ouagadougou (10-15 décembre 1990)

Images d'Afrique et Sciences socialesLivre en téléchargement gratuit

L’image est-elle un outil de la recherche pour l’historien, l’anthropologue, l’archéologue, le géographe, l’économiste ? Depuis toujours, l’image est pour certains à la base de la méthode d’observation et d’analyse et donc d’une construction du réel; pour d’autres, elle est au mieux un élément d’illustration d’un travail achevé, quand elle n’est pas complètement superflue. Les auteurs ont voulu prendre ici le pari de lancer une interrogation sur le statut de l’image dans le travail d’un groupe de chercheurs et d’universitaires réunis par un même champ d’intérêt, la recherche dans le domaine des sciences sociales en « pays lobi » (Lobi-Birifor-Dagara) du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Plus de 50 chercheurs originaires d’Afrique de l’Ouest et d’un grand nombre de pays européens se sont réunis pendant une semaine dans le principal pays concerné, à Ouagadougou au Burkina Faso, pour aborder sous cet éclairage particulier des domaines très divers (histoire, religion, art, économie, développement). Cet ouvrage donne un aperçu de l’état des recherches et de la très riche documentation iconographique (photographies, films, vidéo, dessins) couvrant près d’un siècle, réunie à cette occasion et qui a servi de « matière » aux débats. (Résumé d’auteur).

 

 

16 février 2016 0 Commentaires
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La naissance du Panafricanisme ORUNO D. LARA
EssaisAfrique

La naissance du Panafricanisme | ORUNO D. LARA

par La redaction 13 février 2016
Rédigé par La redaction

Pendant plusieurs années, je me suis lancé dans des investigations aboutissant à la publication de l’ouvrage « La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXe siècle » (Paris, Maisonneuve et Larose, 2000, réédité chez L’Harmattan, Paris, en 2015). Je voulais surtout rendre hommage aux nègres caribans soucieux, parfois à leurs décès, de regagner un pays rêvé, un territoire esquissé dans les mémoires, aux frontières de la folie. Que ce soit en Haïti, en Guadeloupe, en Jamaïque, à la Barbade, à Trinidad-Tobago, à Cuba, dans les Guyanes, des personnalités, des groupements (Rastafari), se sont efforcés de revendiquer haut et fort leurs racines africaines.

Je pense à des hommes et des femmes comme Bénito SYLVAIN, Ras MAKONNEN, E. W. BLYDEN, les frères H.-A. LARA et ORUNO LARA dont ne parlaient pas les auteurs anglo-saxons, préférant citer H. S. WILLIAMS, Marcus Garvey et W.E.B. DUBOIS. Pourquoi cet ostracisme ? En raison des difficultés d’exploiter des sources et des documents écrits en français qui sommeillent dans les fonds d’archives, aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM) par exemple.

Rue en Guadeloupe à Baie-Mahault

Rue en Guadeloupe à Baie-Mahault qui porte le nom de M. LARA (crédit photo ORUNO D. LARA)

Origines du panafricanisme

J’ai situé dans mon ouvrage la naissance du panafricanisme aux Caraïbes. La raison est simple : les Nègres associés aux traites négrières et système esclavagiste ont longtemps rêvé pendant des siècles à leur retour en Afrique après leur mort. Observons au passage que ce retour leur avait été interdit au moment des cérémonies sacrificielles dans les comptoirs avant leur embarquement pour le « Middle Passage ».

Après leur mort, certains de ces Nègres esclaves pensaient pouvoir regagner la terre natale. Ils voulaient se rendre en Guinée ….

Dans l’abstraction, dans l’imaginaire, c’était une Afrique globale, imprécise, impalpable, qui s’esquissait dans l’inconscient et dans une histoire en filigrane. Beaucoup de ces nègres ont voulu réaliser plus tard ce retour mais n’ont pas eu la possibilité de l’effectuer à cause des difficultés financières. Ce sont finalement l’avocat WILLIAMS et le juriste haïtien Benito SYLVAIN qui ont organisé une Conférence panafricaine à Londres en 1900. Ce sont eux qui ont créé, inventé le mot « Panafricain ».

Rapport de la conférence panafricaine de Londres en 1900

Concernant le rapport en question, rédigé par WILLIAMS et ses amis, j’ai mis des années à le rechercher en interrogeant des personnages et des fonds d’archives et j’ai eu la chance de le trouver et de le publier pour la première fois. Je dois avouer à ce propos que la difficulté majeure provenait de W.E.B. DU BOIS qui n’ayant tenu qu’un rôle secondaire dans l’organisation de la Conférence, n’a pas voulu que cela se sache. Il avait pris les dix-huit feuillets du Rapport de la Conférence de Londres de 1900 et les avait placés dans un coffre dont il était le seul dépositaire. Le problème était que le coffre en question changeait souvent de place, traversant l’État fédéral aussi bien que l’Atlantique.

W.E.B Du Bois

W.E.B. Du Bois

Cette investigation m’a conduit à entreprendre une enquête longue et difficile que je raconte dans mon ouvrage. La piste suivie me conduisit finalement des États-Unis à l’Afrique, puis du Ghana à l’université d’Amherst, Massachusetts, aux USA.

Une telle enquête que je ne peux guère approfondir ici, est un volet indispensable de la recherche : c’est le combat de l’historien pour arracher la vérité et la transmettre aux populations. Au vrai, c’est son travail et il faut être un poète comme CHATEAUBRIAND pour attribuer une si lourde charge à l’historien :

« Lorsque, dans le silence de l’abjection, l’on n’entend plus retentir que la chaîne de l’esclavage et la voix du délateur; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples ».

CHATEAUBRIAND.

Critique du vocabulaire hérité de la colonisation

Problème critique : la signification précise des concepts hérités de la colonisation, en particulier la terminologie raciste dérivant de la Traite négrière et du Système esclavagiste.

Comment se fait-il que si peu d’historiens, si peu d’enseignants-chercheurs, d’auteurs, de journalistes, d’intellectuels au sens large n’aient point cherché à critiquer le vocabulaire provenant des propriétaires esclavagistes, par exemple, qu’ils ont imposé à l’historiographie. Que dire de cet ensemble de termes hérités des XVIIe et XVIIIe siècles rassemblés par MOREAU de SAINT-MÉRY : métis, mulâtre, sang-mêlé, quarteron, etc. … qui impliquent plusieurs races et un classement hiérarchique. Quelques exemples méritent d’être soulignés, en évitant de s’enfermer dans des définitions de fermeture.

Penser historiquement ces concepts nous entraîne dans les profondeurs de la traite négrière et du système esclavagiste. Le captif capturé, homme ou femme, soumis aux rigueurs de la caravane traversant le continent, passant dans les villages, se rendant vers le littoral, dans un des comptoirs où attendent des vaisseaux négriers de plusieurs nationalités. Des cérémonies mystico-religieuses dans les enceintes particulières des comptoirs visent à briser sa volonté de résistance et sa détermination, à l’obliger à se plier aux dures conditions du voyage transatlantique, et à ne pas se risquer à résister. Au Bénin, où le trafic négrier sert de base économique au pays, il est prévu des lieux symboliques qui marquent fortement l’esprit du captif en voie de départ: le rituel qui consiste à tourner autour de l’arbre du Non-Retour, opération visant à contraindre le captif à ne pas envisager un retour éventuel parmi les siens, sous aucun prétexte. 

Nègre & Africain

Tous les captifs africains capturés et embarqués sur les vaisseaux négriers pour se rendre aux Caraïbes, pour y être vendus aux colons des colonies anglaises et françaises : Jamaïque, Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue, Barbade, et tous leurs descendants sont des Nègres.

MARX précisait : « Un nègre est un nègre… (un) esclave » …

Soit deux frères d’un même village africain. L’un est capturé et embarqué, l’autre demeure chez ses parents dans le village. Celui qui part, qui subit les rigueurs et les humiliations du voyage transatlantique, se métamorphose en Nègre. Ses descendants sont des Nègres.

En revanche, son frère qui reste au village, qui jouit de la culture, de la civilisation africaine, qui conserve son nom, qui bénéficie des richesses des cérémonies initiatiques et de la tradition orale, ce membre de la société africaine est donc un Africain. Les Occidentaux qui le perçoivent comme un Nègre, ne veulent voir en lui que sa valeur marchande s’il est jeté, éventuellement, sur le marché des esclaves.

Notons au passage que nous n’utilisons pas au CERCAM (Centre de Recherches Caraïbes-Amériques ) le concept d’Afrique Noire qui suppose qu’il y aurait une portion d’espace nommée Afrique blanche. Nous ne connaissons qu’une seule Afrique avec toutes ses diversités et sa totalité.

Amérique latine

Ce concept apparaît vers 1860 à Paris au moment où se forge, comme sous Napoléon, le rêve d’une puissance étatique d’inspiration chrétienne comprenant la Louisiane, la Floride, Saint-Domingue et le Mexique, s’opposant aux États-Unis, pays protestant. Ce concept va faire fortune dans le milieu des élites sud-américaines, pressées de se distinguer des hommes dits « de couleur » (pardos) et cherchant à se faire passer pour latinos = latins.

Diaspora africaine

Ce concept se comprend mal à cause d’une confusion initiale : diaspora a une signification juive bien déterminée. Ce sont les Juifs qui ont été chassés de Jérusalem et qui ont longtemps rêvé et finalement ont réussi à y revenir. Ce n’est pas le cas des captifs africains qui ont été embarqués de force sur les vaisseaux négriers et transportés jusqu’aux Caraïbes où ils ont été vendus aux colons et aux planteurs des colonies. Par ailleurs, ces captifs africains devenus Nègres dans le processus de traite et d’esclavage n’ont aucune possibilité financière de retourner en Afrique en payant leur voyage. Le projet de Marcus Garvey qui sous-entendait un tel retour, « Back to Africa », a été un échec et une escroquerie.

Les seuls Africains qui répondent éventuellement à ce concept, ce sont ceux qui se sont volontairement déplacés, ont voyagé, sont sortis de leur village et sont allés travailler en Europe, en Amérique, aux Caraïbes, voire en Asie (Chine par exemple). Aux États-Unis, il existe un groupe d’enseignants africains de haut niveau qui travaillent dans des universités de l’Etat fédéral. Ce sont des chercheurs, des érudits, des savants africains qui font honneur au vieux continent et dispensent un savoir, d’une richesse incommensurable. Une recommandation que je fais en pensant surtout aux historiens : c’est de veiller à ce que les chercheurs africains des États-Unis et d’Europe puissent conserver des racines africaines qui leur permettent d’établir des liens et des échanges réguliers avec leurs familles, leurs amis, les universités, etc.

En définitive, c’est cet ensemble de travailleurs africains qui répond à l’expression « diaspora africaine ».

Quant aux Nègres associés, rivés à la traite négrière et au système esclavagiste, dépendant de l’espace des Caraïbes depuis 1492-1493, ils sont membres d’un espace comportant sept dimensions (Cf. O.D.L., SPACE AND HISTORY IN THE CARIBBEAN, Markus Wiener Publishers, Princeton, 2006). Ce ne sont donc pas des membres de la diaspora africaine et il faut soigneusement distinguer les concepts et leur signification.

Plusieurs autres concepts relevant des divisions ethniques ou simplement du racisme nécessitent un examen critique qui entraîne des initiatives au niveau historiographique. L’historiographie signifie la manière qu’ont les auteurs d’écrire, de rédiger l’histoire. Les dominants qui ne veulent pas que les populations africaines connaissent leur Histoire (idem pour les populations caribanes) tentent de multiplier les obstacles, de brouiller la vision en employant par exemple un vocabulaire qui divise comme celui inventé par les propriétaires d’esclaves et par l’administration coloniale des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Ils veulent imposer une vulgate qui brouille les pistes et sème la confusion dans les esprits des Africains et des Caribans.

Nous devons aujourd’hui veiller soigneusement à examiner chaque terme que nous utilisons pour nous qualifier, pour nous identifier. Car, en bout de piste, il s’agit de réfléchir sur la transmission et la propagation d’une HISTOIRE qui parle de nous-mêmes.

ORUNO D. LARA

 

13 février 2016 0 Commentaires
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ÉvénementsAfrique de l'OuestFable, Conte et MytheLittératurePortraits

Bernard Dadié, une légende africaine

par Acèle Nadale 12 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Bernard Dadié est l’auteur d’inoubliables classiques africains comme Climbié, Les Belles histoires de Kacou Ananze l’Araignée ou Le Pagne Noir. Qui au cours de son cursus dans une école d’Afrique francophone n’en a pas lu au moins un ? 

Bernard Dadié, cet écrivain ivoirien dont les extraits des œuvres faisaient trembler les petits écoliers africains devant leurs cahiers au moment de la dictée.

Bernard Dadié, ce poète engagé dont les textes révèlent un attachement intemporel à l’Afrique, malgré l’influence de la colonisation qu’il décrit tout au long de son œuvre littéraire :

« Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé Noir
Le blanc est une couleur de circonstance
Le noir, la couleur de tous les jours
Et je porte le Monde depuis l’aube des temps
Et mon rire sur le Monde, dans la nuit, crée le Jour.»*

En tant qu’homme politique, Bernard Dadié a servi son pays, la Côte d’Ivoire, notamment en contribuant à son indépendance, puis en le servant comme ministre des Affaires culturelles de 1977 à 1986. Il a largement promu les arts africains, notamment en créant le Cercle Culturel et Folklorique de la Côte d’Ivoire en 1953.

Plusieurs fois lauréat de différents prix et honoré par plusieurs distinctions, le baobab africain, aujourd’hui centenaire, est le premier lauréat du premier prix UNESCO-UNAM/Jaime Torres Bodet* en sciences sociales, humanités et arts, qui lui a été décerné par madame Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. La cérémonie de remise du prix s’est déroulée ce jeudi 11 février 2016 au palais de la culture d’Abidjan-Treichville, en présence du ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman. À cette occasion, la main de l’écrivain a été moulée dans du bronze par une artiste.

Bernard-Dadié-Prix

À propos de cet homme exceptionnel né en 1916 dans l’ancienne colonie de Côte d’Ivoire, Nicole Vincileoni (auteure de Comprendre l’œuvre de Bernard B. Dadié, Les Classiques Africains, 1986) dira : « Le Vieux a eu l’âge du siècle où il est né, comme il a, aujourd’hui, celui du XXIe siècle qui vient de naître ».

Pour la mémoire littéraire africaine, et considérant qu’il n’existe pas de dépositaire plus vénérable que cet écrivain passionné qui a traversé trois siècles, Afrolivresque a voulu rendre hommage à ce monument vivant, appelé à juste titre « le père de la littérature ivoirienne », que l’UNESCO récompense aujourd’hui pour avoir été une « figure emblématique dans l’histoire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, référence incontournable dans le domaine littéraire et artistique, qui a toujours œuvré de telle façon à défendre la culture africaine, ainsi que l’héritage panafricain. »Dans son œuvre toute entière, Bernard Dadié n’a de cesse, tout en évoquant la culture africaine dans sa réalité quotidienne, de suggérer le rôle moteur du Peuple Noir pour toute l’Humanité.

La littérature africaine lui doit un nouveau genre littéraire. En effet, avec les publications suivantes:Un Nègre à Paris (1959), Patron de New York (1964), et La Ville ou nul ne meurt (1968), Bernard Dadié créa les chroniques.

 

*Extrait de Je vous remercie mon Dieu (vers 32 à 36)

**Le prix UNESCO-UNAM/Jaime Torres Bodet comprend, en plus du parchemin, une enveloppe de 50.000 dollars US (environ 25 millions de FCFA).

 

Bibliographie:

 Autobiographie

Climbié (1953) Paris: Seghers.

Carnet de prison (1984); Abidjan: 1949-1950

Chroniques

Les Villes (1933)

Un Nègre à Paris (1959) Paris: Présence africaine.

Patron de New York (1956) Paris: Présence africaine.

La Ville où nul ne meurt (1968) Paris: Présence africaine.

Scénarios

Monsieur Thôgô-Gnini (1970) Paris: Présence africaine.

Mhoi cheul (1979) Paris: Présence africaine.

Béatrice du Congo (1995) pièce en 3 actes. Paris: Présence Africaine.

Poésie

Afrique debout (1950) Paris: Présence africaine.

La Ronde des jours (1956) Paris: Seghers.

Hommes de tous les continents (1967) Paris: Présence africaine.

Nouvelles

 Légendes africaines (1954) Paris: Seghers.

Le Pagne noir (1955) Paris : Présence Africaine.

Commandant Taureault et ses nègres (1980)

Les Jambes du fils de Dieu (1980) Abidjan, Paris: Ceda / Hatier

Articles

Le Sens de la lutte (1949)

 Les Belles histoires de Kacou Ananze l’Araignée

 

 

12 février 2016 0 Commentaires
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Paris Maghreb des livres 2016
ÉvénementsAfrique du NordEurope

Paris | Maghreb des livres 2016

par admin3050 11 février 2016
Rédigé par admin3050

L’association Coup de soleil organise sous le nom de Maghreb des livres une manifestation annuelle qui réunit les écrivains concernés par le Maghreb. La première édition a eu lieu en 1994, en concertation avec le Centre national du livre et dans les locaux de celui-ci. Elle se déroulait sur une demi-journée. La manifestation n’a cessé de croître et de se diversifier, chaque année, à l’automne, jusqu’en 2003, puis quatorze mois plus tard tout aussi régulièrement en début d’année à partir de février 2005.

Maghreb des livres 2016: Spécial Maroc

Mahgreb des livres Paris-2016-e1455217985542Samedi 13 février 2016, de 11h à 19h

Dimanche 14 février 2016, de 10h30 à 18h

Hôtel de ville de Paris, 3 rue de Lobau, Paris 4ème

Le Maghreb des livres, c’est:

  • une grande librairie (+ une librairie jeunesse) avec tous les livres publiés en 2015, relatifs au Maghreb et à l’intégration. Des livres d’Algérie, de France, du Maroc et de Tunisie. Des livres en langues arabe, française et tamazight.
  • 150 auteurs que vous retrouverez pour des séances de dédicaces, des entretiens et des lectures, des cafés littéraires, des rencontres et des tables-rondes
  • un espace-revues, un calligraphe, des dessinateurs de presse
  • des expositions d’artistes du Maghreb
  • un café maure convivial, ouvert sans interruption durant ces deux journées
Sources association Coup de Soleil
11 février 2016 0 Commentaires
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Histoire générale de l’Afrique – Volume I – Méthodologie et préhistoire africaine
Art et CultureAfriqueHistoireNotes de lecture

Histoire générale de l’Afrique – Volume I – Méthodologie et préhistoire africaine

par La redaction 8 février 2016
Rédigé par La redaction

« Méthodologie et préhistoire africaine » est le premier volume de l’inestimable collection de l’Histoire générale de l’Afrique ( 8 volumes rédigés par plus de 350 historiens). Le Directeur de ce premier volume est le Professeur J. Ki-Zerbo  du Burkina Faso. Il existe en version complète et en version abrégée.

Malheureusement, les versions papier sont actuellement en rupture de stock mais une version pdf complète est téléchargeable légalement sur le site de l’UNESCO en francais; il est également disponible en arabe, portugais, haoussa, swahili et peul.

Histoire générale de l'Afrique volume 1

Histoire générale de l’Afrique volume 1

Le volume I de l’Histoire générale de l’Afrique de l’UNESCO traite de la préhistoire africaine et la méthodologie de l’ouvrage. La première partie du volume examine l’importance accordée par les sociétés africaines à leur passé, la croissance et l’évolution de l’historiographie africaine, et donne un aperçu général des sources et des techniques.

Elle est suivie d’une description des sources littéraires primaires et des traditions orales et vivantes, ainsi que de l’archéologie de l’Afrique et de ses méthodes. Les chapitres 10 à 12 portent sur les aspects linguistiques et les mouvements migratoires. Viennent ensuite deux chapitres consacrés à la géographie historique et à la présentation du cadre chronologique adopté.

Écritures africaines | Histoire générale de l’Afrique

Échantillon de plusieurs écritures africaines (P. 275)

La seconde moitié du volume traite spécifiquement de l’apparition de l’homme et de la préhistoire de l’Afrique dans les différentes zones géographiques : Nord, Sud, Est, Ouest et Centre avec une attention particulière pour la vallée du Nil. Des chapitres distincts sont consacrés à l’art préhistorique, aux techniques agricoles et au développement de la métallurgie.

Chaque chapitre est abondamment illustré de cartes, figures, chiffres et diagrammes et d’une sélection de photographies en noir et blanc. Le texte est entièrement annoté et complété par une importante bibliographie et un index.

 » Méthodologie et préhistoire africaine  » : Table des matières

Introduction générale
J. KI – ZERBO

Chapitre 1 : Evolution de l’historiographie de l’Afrique
J.D. FAGE

Chapitre 2 :  Place de l’histoire dans la société africaine
BOUBOU HAMA &  J. KI- ZERBO

Chapitre 3 :
Tendances récentes des recherches historiques africaines
et contribution à l’histoire en général

P.D. CURTIN

Chapitre 4 : Sources et techniques spécifiques de l’histoire africaine : Aperçu général
Th. OBENGA

Chapitre 5 : Les sources écrites antérieures au XVe siècle
H. DJAIT

Chapitre 6 : Les sources écrites à partir du XVe siècle
I. HRBEK

Chapitre 7
: La tradition orale et sa méthodologie
J. VANSINA

Chapitre 8 : La tradition vivante
A. HAMPATE BA

Chapitre 9 :
L’archéologie africaine et ses techniques Procédés de datation
Z. ISKANDER

Chapitre 10 : 
I. Histoire et linguistique P. DIAGNE
II. Théories relatives aux  » races  » et histoire de l’Afrique J. KI-ZERBO

Chapitre 11 : Migrations et différenciations ethniques et linguistiques
D. OLDEROGGE

Chapitre 12 :
I. Classification des langues d’Afrique J.H. GREENBERG
II. Carte linguistique de l’Afrique D. DALBY

Chapitre 13 :
Géographie historique: aspects physiques
S. DIARRA

Chapitre 14 :
Géographie historique: aspects économiques
A. MABOGUNJE

Chapitre 15 : Les méthodes interdisciplinaires utilisées dans cet ouvrage
J. KI- ZERBO

Chapitre 16 :
Le cadre chronologique des phases pluviales
et glaciaires de l’Afrique

I. O. SAIDI / II. H. FAURE

Chapitre 17
: L’hominisation : problèmes généraux
I. Y. COPPENS / II. L. BALOUT

Chapitre 18 :
Les hommes fossiles africains
R. LEAKEY

Chapitre 19 :
Préhistoire de l’Afrique orientale
J.E.G. SUTTON

Chapitre 20 :
Préhistoire de l’Afrique australe
J. D. CLARK

Chapitre 21 :
Préhistoire de l’Afrique australe
I. R. DE BAYLE DES HERMENS / II. F. VAN NOTEN
Avec le concours de  P. DE MARET, J. MOEYERSONS, K. MYUYA &   E. ROCHE

Chapitre 22 :
Préhistoire de l’Afrique du Nord
L. BALOUT

Chapitre 23 :
Préhistoire du Sahara
H. J. HUGOT

Chapitre 24 :
Préhistoire de l’Afrique occidentale
T. SHAW

Chapitre 25 : Préhistoire de la vallée du Nil
F. DEBONO

Chapitre 26 : L’art préhistorique africain
J. KI-ZERBO

Chapitre 27 : Débuts, développement et expansion des techniques agricoles
R. PORTERES &  J. BARREAU

Chapitre 28 :
Invention et diffusion des métaux et développement des systèmes sociaux
jusqu’au Ve siècle avant notre ère

J. VERCOUTTER

Conclusion : De la nature brute à une humanité libérée
J. KI-ZERBO

Sources UNESCO

Histoire générale de l’Afrique – Volume II

Histoire générale de l’Afrique – Volume III

8 février 2016 0 Commentaires
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Maroc Salon International de l’Edition et du Livre 2016 (SIEL)
IndustrieAfrique du NordÉvénements

Maroc | Salon International de l’Edition et du Livre 2016 (SIEL)

par La redaction 8 février 2016
Rédigé par La redaction

Sous le haut Patronage de SM le Roi Mohamed VI, le Ministère de la Culture du Maroc organise, du 12 au 21 février 2016, la 22ᵉ édition du Salon International de l’Edition et du Livre 2016 de Casablanca (SIEL).

L’édition reçoit l’État des Émirats arabes unis en tant qu’invité d’honneur, consolidant ainsi et affermissant les liens historiques et culturels spécifiques et ancrées entre les deux pays.

Participent à l’édition plus de 680 exposants, représentant 44 pays et comprenant des maisons d’édition, des institutions gouvernementales, des instituts, des universités et des associations de la société civile.

En parallèle, l’édition accueillera, conformément à son programme culturel général, des activités auxquelles participeront des écrivains marocains, arabes et étrangers.

Plus de 130 activités sont prévues, comprenant des tables rondes thématiques, des rétrospectives axées sur la pensée et la création de certains symboles culturels disparus et des rencontres directes entre les créateurs et leur public.

En outre, un espace spécial sera réservé aux enfants et élèves, et l’édition abritera un hub des droits d’édition, une initiative concrétisant le statut de pionnier occupé par le Salon International de l’Edition et du Livre au sein des salons similaires.

Le programme de la 22ᵉ édition du SIEL est disponible ici.

 

Sources salonlivrecasa
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Et le train siffla Une nouvelle de Kika Daly
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Et le train siffla | Une nouvelle de Kika Daly

par La redaction 6 février 2016
Rédigé par La redaction

Et le train siffla, une nouvelle de Kika Daly

C’est dans une langue très ancienne, une langue morte, avaient déclaré les experts.

La dernière locutrice de cette langue vieille de 65.000 ans, était morte. Les chercheurs en linguistique issus des universités les plus prestigieuses, avaient été contactés, mais aucun d’eux n’avait pu déchiffrer l’inscription gravée sur la pierre.

Il n’y avait plus aucun espoir que cette inscription capitale pour la survie de l’Humanité soit déchiffrée, à moins que…

*

A des milliers de kilomètres de là, un hélicoptère survolait l’île depuis déjà quelques minutes, fait absolument inhabituel au large de Nicobar. Mika Anta sortit de sa maison pour observer cet événement d’une extrême rareté.

Cette professeure de linguistique à la retraite, avait quitté son Inde natale pour sa passion : l’enregistrement de locuteurs des langues menacées de disparition, qui l’avait conduite en terre amérindienne. Elle en avait profité pour en apprendre quelques unes, et la doyenne de l’humanité, dernière locutrice native de ce peuple, Boa Su, lui avait appris le Bo avant de mourir 6 ans plus tôt. Elle parlait, lisait et écrivait donc le Bo.

L’hélicoptère se posa dans le champ voisin et les trois hommes qui en descendirent vinrent à sa rencontre.

Vous êtes priée de nous suivre Madame, sur haute instruction du gouvernement de la République d’Ayïti.

Et ils l’embarquèrent avec eux.

Plusieurs heures plus tard, Mika Anta fut introduite dans une pièce aseptisée, où l’attendaient visiblement les plus hautes autorités d’Ayïti. Avançant de sa démarche altière, elle croisa des regards inquisiteurs et inquiets. Se dirigeant vers la stèle sur laquelle trônait le rocher, elle posa les yeux sur les caractères inscrits, inspira et commença :

Au moment de cette éclipse lunaire, trois planètes seront alignées sur le même axe. Quand cela arrivera, tout fils ou fille d’Afrique, aura trente jours pour retourner sur la Terre Mère. Sinon,  une malédiction irréversible s’abattra et aucune femme noire sur la planète ne pourra plus jamais enfanter.

Mika Anta tressaillit, penchée au-dessus de la pierre gravée. Son visage était livide. Elle releva la tête, parcourut l’assistance d’un regard vide, puis s’effondra sous leurs yeux hagards, dans une longue litanie inaudible, avant de s’éteindre.

*

La nouvelle avait fait le tour de la planète. Elle était à la Une du Freedom’s Journal, dont la fiabilité était incontestée.

C’était le principal sujet de discussion dans les chaumières, la véracité de l’inscription et ses conséquences.

Les sceptiques refusaient de céder à la panique arguant que l’inscription sur la pierre n’avait pas fait l’objet d’une contre-expertise après la mort mystérieuse de Mika Anta. Quant aux crédules, ils invoquaient la gravité d’une telle conséquence sur l’avenir de l’humanité si elle s’avérait exacte.

Du Sahara aux Balkans, de la Sicile au Cap de Bonne-Espérance, il fallait s’organiser.

A Boston, le sous-sol de la maison cossue de Wèkè était le théâtre de toutes les joutes idéologiques africaines depuis plus d’une décennie.  Ses amis et lui aimaient s’y retrouver tous les vendredis soir autour d’un Gin Tonic et d’arachides grillées, et les discussions allaient bon train, agrémentées par les volutes des cigarillos qu’ils affectionnaient. Démocratie, guerre, coups d’Etats, printemps arabe, Ebola, tous les sujets sur l’actualité africaine y étaient décryptés, de leur regard d’immigrés africains qui avaient réussi en Occident.

Aujourd’hui, c’était différent. Le centre spatial de Port-de-Paix avait publié la veille un bulletin annonçant une éclipse lunaire inédite avec l’alignement de trois planètes du système solaire sur le même axe que la Terre. La révélation de la pierre BO était à prendre au sérieux. Crédules ou pas, le compte à rebours avait commencé.

Dans le sous-sol de la maison de Wèkè, l’ambiance n’avait jamais été aussi grave. Un air tendu, chargé d’inquiétude, avait remplacé la légèreté de la fumée insouciante des cigarillos.

Le sujet principal était la pierre BO. Et tous étaient présents, tous sans exception.

Mama Wandji m’a prévenu qu’elle n’hésiterait pas à me renier si je ne rentre pas au pays, annonça laconiquement Wèkè.

Personne n’était surpris. Chacun d’eux avait reçu le même type de menace de la part d’une mère, d’une sœur, d’une épouse ou d’une fille. Elles étaient comme mues par une même force, elles ne parlaient toutes que d’une voix.

Elles avaient même, sous l’impulsion de la veuve Bakayoko, organisé le voyage de tout enfant d’Afrique qui voulait retourner sur le continent. Beaucoup étaient déjà partis. D’Amérique, d’Europe, d’Asie, des Antilles et des îles de toutes parts, ils étaient plus enthousiastes que jamais, palabrant déjà sur le trajet de ce qu’ils y apporteraient comme vent de nouveauté. Ceux qui étaient partis après les Indépendances étaient plus divisés, réticents à l’idée de ce qui les attendait là-bas, trop conscients de ce que les systèmes politiques et économiques en place n’étaient pas favorables à l’idéal d’épanouissement dont ils avaient rêvé pour leurs familles. Mais à l’issue de la grande réunion des femmes, Mama Bakayoko avait été claire : le dernier train partirait dans vingt huit jours exactement, de toutes les grandes capitales occidentales. Il fallait agir.

On fait quoi ? On rentre ?

Mon gars, si je ne suis pas rentré depuis, il y a une bonne raison.

Oui, tu as raison, mais pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour tout changer ? Avoir un système de santé qui tient la route, des écoles d’excellence… On prendrait les rennes et les choses seraient faites chez nous, et à notre manière ! Je préfère mille fois échouer à avoir essayé que de ne rien tenter !

Belu était déterminé. Son point de vue, ils le connaissaient, pour l’avoir entendu des dizaines de fois. Ils avaient discuté maintes fois de leur retour en Afrique, et Wèkè savait que Belu avait raison, mais il n’était pas prêt. Chacun envisageait un avenir différent pour son pays. La réalité était la même, décevante partout. Mais un délai de vingt huit jours, était-ce assez long pour tergiverser ? Une fois n’était pas coutume, Wèkè pensait que la plus grande des sagesses dans cette situation était la crédulité.

Mensah était ferme, il ne bougerait pas. Fils d’exilé politique, son père avait obtenu de rentrer au pays uniquement si sa sécurité était assurée, car sa vie était en danger. Les autorités locales n’avaient pas tenu parole et il avait été assassiné. Angoissé par ce traumatisme, Mensah ne voulait pas que son fils vive une expérience similaire.

 

Partout sur le globe, l’ultime dilemme de l’immigration était à pied d’œuvre. Les anciens disaient que les ancêtres avaient sonné la fin de la récréation pour un peuple dont l’Histoire accablante l’avait trop souvent mené à négliger sa propre destinée. Ayïti, la première république noire indépendante, avait tenu à organiser le rapatriement massif, dans l’esprit d’un nouveau marronnage.

Il fallait assurer la descendance et Wèkè et ses amis l’avaient compris. Il n’y avait plus de temps à perdre. Depuis que la Chine avait entrepris les grands travaux sur toute la Terre, tous les continents étaient désormais reliés par des lignes ferroviaires sous-marines. Mama Bakayoko était en passe d’avoir réussi sa mission. Elle avait travaillé sur le projet de liaison ferroviaire qui avait permis de construire des gares sur les grandes rives d’où les fils d’Afrique étaient jadis partis, libres ou captifs ; et elle avait réussi le pari osé de les relier aux grandes capitales occidentales. Tout se passait bien depuis le début des retours. Le dernier jour approchait à grands pas, et tout le monde était ravi à l’idée de partir, tout le monde, sauf Mensah. Il restait déterminé, malgré son inquiétude de voir sa famille, ses amis, cousins, collègues, rentrer. Quand il se posait des questions, son opiniâtreté l’emportait toujours.

Il recevait des nouvelles des « gars » qui étaient rentrés. Le train s’arrêtait dans toutes les gares mythiques. Le retour au pays natal donnait des frissons, comme un retour des troupes après la guerre: Gorée, Ouidah, Bimbia, etc. Ceux qui y étaient racontaient. Le train s’arrêtait en gare sur la côte, déversait les enfants pour lesquels c’était le terminus, puis s’ébranlait à nouveau vers sa prochaine escale.

Le Berceau de l’Humanité accueillait ses enfants partis, avec liesse et acclamations. Les mamans qui n’espéraient plus, les enfants qui avaient perdu le goût de vivre à cause d’une absence trop longue, d’un départ prématuré, d’un contact rompu, étaient là, guettant chaque jour si l’un des leurs en descendrait. Quand ce n’était pas le cas, ils revenaient le lendemain.

Wèkè, Asukile, Belu et Bayiha étaient parmi les derniers à partir. Ils avaient voulu rester le plus longtemps possible pour convaincre Mensah de partir avec eux, jusqu’à la dernière seconde, en vain.

Leurs familles étaient parties, l’épouse de Mensah aussi, avec son fils. Elle lui avait dit juste avant de monter à bord du train : « J’ai encore des enfants à faire. »

Le train était en gare. Mama Bakayoko était sur le quai, comme tous les jours. Son époux était le conducteur de train de la ligne Dakar-Niger en 1947. Il avait été retrouvé mort à la suite d’une grève de cheminots qu’il avait menée pour de meilleures conditions de travail à la veille des indépendances. Elle continuait son œuvre, pour ses enfants restés au Mali.

Ce serait le lendemain, le trentième jour depuis la fameuse éclipse du compte à rebours. A cette même heure, tous les fils et filles d’Afrique devraient tous se trouver sur la Terre Mère. Le trajet mettrait plus de 18 heures, il était grand temps de partir. Mama  Bakayoko regarda sa montre, et fit signe au chef de gare sorti sur le quai spécialement pour le Dernier Départ.

Il siffla, et dans un claquement sec, les portes du train se fermèrent. Le train se mit doucement en marche et Wèkè, debout derrière la porte, aperçut soudain la silhouette d’un homme qui courait d’une course effrénée pour rattraper le train. Il ne s’arrêta pas pour autant quand il vit que le train prenait de la vitesse, et de sa dernière énergie, au plus proche de l’écart qu’il avait réduit en bon descendant de guerrier Massaï, il plongea, manqua la marche de peu, et fut broyé par la rame de train. Wèkè s’affaissa de tout son poids. C’était Mensah !

Une fois sur les cotes africaines, Asukile était descendu du train à Port Harcourt, Wèkè à Bimbia et Belu à Pointe-Noire. De Timbo à Bujumbura, de Berbérati à Maputo, les fils et filles d’Afrique avaient inondé les lieux. Cela faisait plus de cinq années qu’ils étaient tous rentrés, et plus rien n’était comme avant.

Les stigmates de leurs blessures passées les avaient poussés à trouver des solutions encore inexplorées ; sur tous les pays et d’un commun accord, ils avaient effacé les frontières, les campagnes présidentielles n’existaient plus, et toute l’Afrique était gouvernée de manière collégiale, sans aucun président nulle part. Wèkè, Belu et Asukile faisaient partie du Collège, chacun sur son territoire géographique d’origine. Les experts en la matière appelaient cela de l’autogestion. Mama Bakayoko y avait grandement contribué, et la première macro-nation autogérée de l’Humanité venait de voir le jour.

*

Chaque épisode a finalement son sens, lorsque la chose à laquelle on aspire est dense.

On ne peut éviter la piqure de tous les dards, mais il faut savoir que la solidité ne doit rien au hasard.

J’aurai donc eu la chance et l’honneur d’assister de mon vivant au miracle du soleil levant.

De mon carnet de voyage, en toute discrétion, j’ai vu l’intégrité, je l’ai touchée du doigt, palpée, sentie.

J’ai à plusieurs reprises au cours de cette folle épopée, ce chemin d’histoire et ce parcours de victoire, entrevu l’apparition du spectre d’un jeune capitaine de Haute-Volta, souriant en contrebas du rayon de soleil qui m’éblouissait la vue à l’approche des côtes africaines, un peu plus réel mais toujours fugace, d’un sourire de satisfaction, franc comme à l’accoutumée.

 

Au revoir moutons, au revoir jougs, au revoir donjons, au revoir boulets, au revoir chaînes, au revoir cordes et baillons. Au revoir donc, soumission. Par bribes, secousses, spasmes certes, à pas feutrés, sournoise et silencieuse, mais au revoir quand même…

Voici venu le jour. J’ai vu le soleil se lever à l’Ouest.

 

Par Kika Daly

6 février 2016 0 Commentaires
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Joseph Ki-Zerbo - IdentitésIdentité pour l'Afrique avec Ahmed Newton Barry
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Joseph Ki-Zerbo – Identités/Identité pour l’Afrique

par La redaction 3 février 2016
Rédigé par La redaction

Synopsis du film Identités/Identité pour l’Afrique

Historien et homme politique de réputation internationale, Joseph Ki-Zerbo, «le Professeur» comme on l’appelle au Burkina Faso, répond aux questions d’Ahmed Newton Barry sur le thème majeur de la nécessité pour les Africains d’assumer leurs identités tout en affirmant leur communauté de destin, à l’heure de la mondialisation.

Plus qu’un cours d’histoire, ces cinquante deux minutes d’entretien avec Ahmed Newton Barry constituent un plaidoyer vivant pour une indépendance authentique de l’Afrique, dans le cadre d’un développement endogène inconcevable en dehors du cadre panafricain.

Les propos très pédagogiques du pionnier de l’histoire africaine, sont confrontés aux témoignages de personnalités scientifiques et politiques, d’amis, ainsi que de son épouse, Jacqueline Ki-Zerbo dans le film Identités/Identité pour l’Afrique.
Il s’agit de: Elikia M’Bokolo, Amadou Mahtar Mbow, Alpha Oumar Konaré, Iba Der Thiam, Anise et André Postel-Vinay.

L’Afrique, éclatée en pièces détachées, n’apporte pas des solutions à la jeunesse mais des problèmes: manque de places dans les établissements de formation, déficit structurel d’emplois, tentatives désespérées de migrations vers le nord, choix démagogique d’une identité exclusive, conflits, transvasements massifs et violents des peuples.

La carte d’identité des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ne suffit pas. Il y a t-il indépendance dans la mendicité? La paupérisation guette le solitaire.

Dans la jungle de la mondialisation, tout pays isolé est un gibier potentiel. Le choix judicieux des éclairages du professeur et des autres grands témoins fait de cette première production audiovisuelle du Centre d’Études pour le Développement Africain (C.E.D.A – www.ceda.bf) réalisée par le cinéaste Dani Kouyaté, une précieuse contribution à la lutte du peuple africain pour une identité alternative.

Sources Dani Kouyate

3 février 2016 1 Commenter
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Black History Month – « L’Histoire Générale de l’Afrique »: patrimoine pour l’Humanité

par Acèle Nadale 3 février 2016
Rédigé par Acèle Nadale

Aux origines de « L’Histoire générale de l’Afrique »

En 1964, L’UNESCO rassemble au sein d’un projet dirigé par un comité scientifique, plus de 230 historiens et spécialistes, dont les 2/3 sont africains, pour relever le défi colossal de réécrire l’Histoire de l’Afrique qui souffrait de préjugés issus  de la colonisation et raciaux. C’est ainsi que naquît le projet d’écriture de « L’Histoire générale de l’Afrique » qui aboutit à la publication de  8 volumes constitués de milliers de pages, traduits en  13 langues notamment en anglais, en français, en espagnol et en arabe, mais aussi dans trois langues africaines dont le kiswahili et le hawsa.

Ce projet d’écriture représente plus de 35 années de travail et constitue une contribution majeure à la connaissance de trois millions d’années d’histoire et d’historiographie africaines. Ces livres relatent l’histoire de l’Afrique depuis les origines de l’Humanité jusqu’aux lendemains des indépendances.

 

Présentation du projet par Bethwell Allan Ogot

 

Pr. Bethwell Allan Ogot. Photo/FILE

Pr. Bethwell Allan Ogot. Photo/FILE

La Conférence générale de l’UNESCO, à sa seizième session, a demandé à son Directeur général d’entreprendre la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique. Ce travail considérable a été confié à un Comité scientifique international créé par le Conseil exécutif en 1970.

Aux termes des statuts adoptés par le Conseil exécutif de l’UNESCO en 1971, ce Comité se compose de trente-neuf membres siégeant à titre personnel et nommés par le Directeur général de l’UNESCO pour la durée du mandat du Comité.

La première tâche du Comité était de définir les principales caractéristiques de l’ouvrage. Il les a définies comme suit à sa première session :
Tout en visant à la plus haute qualité scientifique possible, l’Histoire générale de l’Afrique ne cherche pas à être exhaustive et est un ouvrage de synthèse qui évitera le dogmatisme. A maints égards, elle constitue un exposé des problèmes indiquant l’état actuel des connaissances et les grands courants de la recherche, et n’hésite pas à signaler, le cas échéant, les divergences d’opinion. Elle préparera en cela la voie à des ouvrages ultérieurs.
L’Afrique est considérée comme un tout. Le but est de montrer les relations historiques entre les différentes parties du continent trop souvent subdivisé dans les ouvrages publiés jusqu’ici. Les liens historiques de l’Afrique avec les autres continents reçoivent l’attention qu’ils méritent et sont analysés sous l’angle des échanges mutuels et des influences multilatérales, de manière à faire apparaître sous un jour approprié la contribution de l’Afrique au développement de l’humanité.

L’Histoire générale de l’Afrique est, avant tout, une histoire des idées et des civilisations, des sociétés et des institutions. Elle se fonde sur une grande diversité de sources, y compris la tradition orale et l’expression artistique. L’Histoire générale de l’Afrique est envisagée essentiellement de l’intérieur. Ouvrage savant, elle est aussi, dans une large mesure, le reflet fidèle de la façon dont les auteurs africains voient leur propre civilisation. Bien qu’élaborée dans un cadre international et faisant appel à toutes les données actuelles de la science, l’Histoire sera aussi un élément capital pour la reconnaissance du patrimoine culturel africain et mettra en évidence les facteurs qui contribuent à l’unité du continent. Cette volonté de voir les choses de l’intérieur constitue la nouveauté de l’ouvrage et pourra, en plus de ses qualités scientifiques, lui conférer une grande valeur d’actualité. En montrant le vrai visage de l’Afrique, l’Histoire pourrait, à une époque dominée par les rivalités économiques et techniques, proposer une conception particulière des valeurs humaines.

Le Comité a décidé de présenter l’ouvrage, portant sur plus de trois millions d’années d’histoire de l’Afrique, en huit volumes comprenant chacun environ huit cents pages de textes avec des illustrations, des photographies, des cartes et des dessins au trait.

Pour chaque volume, il est désigné un directeur principal qui est assisté, le cas échéant, par un ou deux codirecteurs.

Extrait de la présentation du projet
par Bethwell Allan Ogot 8 août 1979
Président du Comité scientifique international
pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique

« L’Histoire générale de l’Afrique » aujourd’hui

La seconde phase de ce gigantesque projet est en cours depuis 2009 et consiste à concevoir des outils pour l’utilisation pédagogique de « l’Histoire générale de l’Afrique » qui a, jusqu’à ce jour, mobilisé plus de 350 historiens issus de différentes disciplines (histoire, linguistique, anthropologie, musicologie, archéologie, etc.) A cet effet, un Comité scientifique pour l’utilisation pédagogique du corpus de livres, dirigé par l’historien Elikia M’Bokolo, a été mis sur pieds.

Soulignons que les 8 volumes (un neuvième volume est actuellement en cours d’écriture) demeurent paradoxalement encore largement méconnus des enseignants, des étudiants et du grand public, même en Afrique, et des diasporas africaines.

 

Mobilisation internationale pour la promotion de « L’Histoire générale de l’Afrique »

 

Elikia M'Bokolo, historien et journaliste RFI

Elikia M’Bokolo, historien et journaliste RFI

La radio RFI programme 52 émissions sur le projet

France Médias Monde (qui regroupe les médias français internationaux Radio France Internationale, France 24 et Monte Carlo Doualiya) ont signé un accord  de coopération éditoriale avec l’UNESCO le 25 janvier 2016  pour la diffusion de programmes exclusivement consacrés à ce projet dans le cadre de l’émission « Mémoire d’un continent ». Dès le 7 février prochain, 52 numéros de l’émission reconfigurée pour l’occasion, seront diffusés chaque dimanche sur RFI, entre 16h10 et 16h30 sur RFI (heure de Paris) et présentés par l’historien Elikia M’Bokolo.

 

Zeinab Badawi

Zeinab Badawi, journaliste et productrice de la BBC

Zeinab Badawi de la BBC traduit « L’histoire générale de l’Afrique » en images vidéo

Une série de 6 films documentaires d’environ une heure chacun sera réalisée par la célèbre journaliste de la BBC. Pour cela, un partenariat entre l’UNESCO, Kush Productions et l’OCP (Groupe phosphatier marocain) a été établi en janvier 2015.

 

Une Coalition des Artistes

Le 7 octobre 2015, pour soutenir la promotion de l’ouvrage de référence qui reste peu connu du grand public, une Coalition internationale d’artistes est lancée par l’UNESCO, afin de promouvoir et rendre accessible à la jeunesse africaine et au public en général cette oeuvre monumentale. Le porte-parole de cette coalition est le musicien congolais Ray Lema.

 

En définitive, l’Histoire générale de l’Afrique est une oeuvre monumentale, qui a une portée historique sans précédent pour toute l’Humanité, et dont le contenu mérite toute l’attention notamment des Africains et des Afro-descendants, en particulier à des fins de transmission intergénérationnelle.

La rédaction

3 février 2016 0 Commentaires
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Black History Month–Personnalité du mois Joseph Ki-Zerbo (1922-2006), monument de la mémoire africaine
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« Black History Month »–Personnalité du mois: Joseph Ki-Zerbo (1922-2006), monument de la mémoire africaine

par admin3050 1 février 2016
Rédigé par admin3050

La célébration du « Black History Month » sur Afrolivresque ne saurait être lancée ce jour sans rendre un hommage à Joseph Ki-Zerbo, désigné par notre rédaction à l’unanimité comme personnalité du mois.

Le parcours d’un pionnier et éveilleur de conscience

Né le 21 juin 1922 à Toma (Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso), Joseph Ki-Zerbo est certainement l’un des plus grands savants que l’Afrique ait connus. Panafricaniste convaincu, historien, grand homme de culture et politicien engagé, il a contribué de façon considérable à la réécriture de l’histoire de l’Afrique d’un point de vue endogène et a milité sans relâche pour une indépendance réelle de l’Afrique.

Après des études primaires et secondaires passées au Sénégal et au Mali, il obtient son Baccalauréat en 1949. Il poursuit ensuite des études en sciences politiques et en histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEPP) et à la Sorbonne, où il devient en 1956 le premier africain noir à obtenir une agrégation en Histoire.

Il entre en politique en 1958 et crée le MLN (Mouvement de libération nationale) et participe au mouvement panafricaniste aux côtés des figures emblématiques telles que Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser, Frantz Fanon, Aimé Césaire et Amilcar Cabral.

Il a occupé de hautes fonctions dans l’administration burkinabé et dans des institutions internationales notamment comme membre du conseil exécutif de l’UNESCO, professeur d’histoire à l’Université de Dakar, directeur du Centre d’études pour le développement africain (CEDA) de Ouagadougou et député à l’Assemblée nationale du Burkina Faso.

Il a également été enseignant en France, au Sénégal, en Guinée, et au Burkina Faso de 1956 à 1963. Il a participé aux travaux d’africanisation des programmes d’études des pays francophones d’Afrique au lendemain de leurs indépendances. De 1968 à 1979, il a été Secrétaire Général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) dont il est l’un des fondateurs, et dont le siège se trouve à Ouagadougou.

Le parcours de ce grand homme pourrait remplir de multiples pages encore.  Sa biographie détaillée et toutes les informations relatives à ses travaux peuvent être consultées sur le site de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le Développement de l’Afrique, créée par les membres de sa famille, amis et personnes-ressources, afin de pérenniser son action.

Monument érigé en l’honneur de Joseph Ki-Zerbo à Toma

Monument érigé en l’honneur de Joseph Ki-Zerbo à Toma, sa ville natale, au Burkina Faso (crédit photo : Afrolivresque)

Adepte de formules brèves, mais lourdes de sens, Joseph Ki-Zerbo est le symbole du plaidoyer en faveur du développement de l’Afrique par des savoirs endogènes. « On ne développe pas, on se développe » : cette formule cinglante est à la fois une réflexion, une exhortation, et un plan d’action. À ce titre, son ouvrage phare, « A quand l’Afrique ? » (Editions de l’Aube (9 mars 2004)), présente ce continent non seulement comme le Berceau de l’Humanité tel qu’il est communément qualifié, mais va plus loin, en considérant l’Afrique comme le « Berceau de l’Espoir de l’Humanité ».

 

 

 

« L’HISTOIRE GENERALE DE L’AFRIQUE », un hériatge laissé à l’humanité

En 1964, sous le chapeau de l’UNESCO, Joseph Ki-Zerbo et 230 historiens et autres spécialistes, dont deux tiers sont africains, élaborent le projet « L’Histoire générale de l’Afrique », qui a pour mission de « remédier à l’ignorance généralisée sur le passé de l’Afrique ». Joseph Ki-Zerbo a été le Vice-Président du Bureau du Conseil International pour la rédaction de cette œuvre inédite dans le monde. Il a dirigé la rédaction du Volume 1 intitulé « Méthodologie et préhistoire africaine » (Paris, UNESCO, 1980).

Vu l’importance de cette œuvre monumentale laissée par Joseph Ki-Zerbo et ses pairs, toute la collection « L’Histoire générale de l’Afrique » sera présentée pendant la célébration du « Black History Month » sur Afrolivresque tout au long du mois de février 2016.

Documentaire « Joseph Ki-Zerbo – Identités/Identité pour l’Afrique », Prix Spécial UEMOA 2005 (catégorie TV / Vidéo professionnelle)

Réalisé par Dani Kouyaté avec Avec : Pr. Joseph Ki-Zerbo, Mme Jacqueline Ki-Zerbo Coulibaly, Pr. Alpha Oumar Konaré, Pr. Elikia Mbokolo, Pr. Amadou Mahtar Mbow, Pr. Iba Der Thiam, Anise et André Postel-Vinay

 

 

À quand l’Afrique ? Voilà bien une question que nous préférons éviter, tant l’Afrique semble sans avenir. Mais joseph Ki-Zerbo, historien et homme d’action burkinabe, ne peut, et ne veut l’occulter. Alors, au cours de ce long entretien, qui par certains côtés retrace le parcours d’une vie, il dresse un portrait vivant, saisissant, de l’Afrique au temps de la mondialisation. Une Afrique qui, selon lui, est depuis le XVIe siècle une sorte de wagon du train du développement. Joseph Ki-Zerbo a largement contribué à doter enfin l’Afrique d’une histoire propre, une histoire qui soit autre que celle écrite par le colonisateur. Pour lui, l’Afrique doit conquérir son identité, fière de sa contribution à l’aventure humaine, afin de redevenir acteur du monde, elle qui a pour ainsi dire inventé l’homme, puis la première grande civilisation de l’humanité – la civilisation égyptienne.  » Sans identité, dit-il, nous sommes un objet de l’histoire, un instrument utilisé par les autres. Un ustensile. « 

1 février 2016 0 Commentaires
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Le «Black History Month» : Un passé qui (p)répare l’avenir?

par Acèle Nadale 30 janvier 2016
Rédigé par Acèle Nadale

« Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Que voulons-nous devenir ? » Ces questions de l’historien burkinabè, Joseph Ki-Zerbo, claquent dans mon esprit comme le bruit d’une porte de prison que l’on ferme devant moi. Et après… le silence. Un silence complet, digne d’un cimetière. On se retrouve seul, face à soi, obligé par la force du destin de faire face à ce que l’on fuit le plus souvent, mais qui reste la seule présence derrière les barreaux : soi-même.

Ces trois questions essentielles ont été au cœur de ma réflexion et de celle de mes collaborateurs lorsque nous avons pris la décision d’honorer, à notre manière, l’Histoire des Noirs, Africains et Afro-descendants partout dans le monde. Le mois de février a été un bon prétexte pour ce challenge, mois pendant lequel l’histoire des noirs très souvent occultée est mise en lumière dans des évènements, débats, films et reportages. Initié depuis 1970 aux États-Unis d’Amérique, cet évènement a été officiellement reconnu par le gouvernement américain depuis 1976. Le « Black History Month » est aussi célébré au Canada au mois de février et au Royaume-Uni en octobre.

Dr. Carter G. Woodson

Dr. Carter G. Woodson, fondateur de la « Negro History Week », évènement précurseur du « Black History Month »

Malgré la controverse qui sévit à travers le monde à propos de l’utilité de cette célébration, et vus les efforts déployés pour occulter et faire taire toute aspiration à des questionnements essentiels sur l’Histoire des Noirs racontée par ceux qui les ont opprimés des siècles durant, toute l’équipe d’Afrolivresque a estimé qu’il n’y aurait jamais assez d’occasions pour donner la parole aux témoins de l’Histoire et aux historiens.

Qui sommes-nous ?

Un mois n’est pas assez. L’on ne saurait résumer des millénaires d’Histoire en un mois. Il fallait donc faire un choix sur les sujets que nous allons aborder tout au long du mois de février. Parce que nous savons qu’aujourd’hui est le résultat d’hier et forge le lendemain, nous nous sommes laissés guider par cette voix intérieure qui résonne lorsque la porte de la prison claque. Et pour écouter cette voix, il faut d’abord se taire. Littéralement. Et quand elle nous parle, elle le fait par des voix et intonations étranges, inattendues. Tous les sens sont en éveil, on ne perçoit plus le réel de la même manière, on ne sait que c’est le message que quand il est livré, on le reçoit comme si on l’attendait. Les choses se mettent en place toutes seules. La page vierge se remplit toute seule comme par magie. Le choix des personnages et les sujets à traiter s’imposent d’eux-mêmes. Plus qu’un travail classique de préparation éditoriale, ce fût un voyage spirituel dans les contrées de notre identité la plus profonde : bouleversante, enrichissante et effrayante. Il n’y avait pas de bien ou de mal, pas de bons ou de méchants, juste ce qui est.

D’où venons-nous ?

Joseph Ki-Zerbo, l’un des plus grands historiens que l’Afrique ait connu, s’est imposé à nous de manière sournoise, je dois l’avouer. Nous avions beau l’éviter, mais il ne nous a pas lâchés. On le retrouvait partout ; dans des conversations mondaines, dans des séminaires, partout. Il tenait à ce que nous parlions du travail monumental qu’il a réalisé avec Cheikh Anta Diop et d’autres historiens africains et non africains, à travers les huit volumes de « L’histoire générale de l’Afrique ».

«Histoire générale de l’Afrique»

Les 8 volumes de la collection «Histoire générale de l’Afrique»

Un héritage inestimable laissé à l’Humanité, initié en 1964 et dont l’amélioration se poursuit encore aujourd’hui. Il a cessé ce harcèlement quand la décision a été prise d’en faire la personnalité du mois. Mais avant de nous laisser souffler, il n’a pas oublié de nous indiquer des indices pour d’autres sujets, les uns plus fascinants que les autres. Les voix intérieures nous ont envoyé à des endroits précis sur le continent, de l’Ethiopie en Afrique du Sud, en passant par le Burkina Faso et le Cameroun. Elles nous ont fait prendre les voies maritimes jusqu’aux Caraïbes avec un stop aux États-Unis.Tout au long de ces voyages livresques, nous nous sommes laissés guider, avec une seule question en tête : pourquoi ? Comme au tout début de cette aventure, la réponse s’est imposée d’elle-même par le biais des observations d’une petite fille de 11 ans dont nous tairons le nom ici : nous avons l’obligation de transmettre.

Que voulons-nous devenir ?

Ce n’est pas un hasard si le peuple noir, quelle que soit sa situation géographique, semble égaré, en manque de repères, en conflit avec lui-même et sans cesse en queue du train de l’Histoire contemporaine, pour la partie qui a pu sauter dans le train de justesse. L’autre partie est écrabouillée par ce même train de l’Humanité qu’elle a pourtant participé à construire depuis des millénaires. Dans ce train qui roule à grande vitesse, il y a une nouvelle génération, décomplexée, forte, décidée à dire et faire respecter sa position au concert des nations pour ce qu’elle est, à savoir complexe, riche, non sublimée, mais surtout authentique.

Le bruit de la porte de prison résonne encore dans ma tête. Et si c’était plutôt une porte qui se fermait derrière moi plutôt que devant ? Un son qui marque la sortie de prison ? À cette nouvelle génération, à nos enfants, à nos descendants, nous leur devons de faire notre part, de nous regarder dans un miroir sans aucune concession, de pleurer nos douleurs pour de vrai sans demander l’autorisation à qui que ce soit, de soigner nos blessures avec patience et sagesse, mais surtout, de relever la tête et de sourire de fierté, de puiser la force en nous, cette force que nous avons héritée de nos ancêtres qui n’ont jamais baissé les bras, qui ont laissé un héritage inestimable à l’humanité, qui ont combattu l’oppression au prix de leur sang, partout où cela était nécessaire. Nous serons demain ce que nous aurons décidé de faire de cet héritage. En chacun de nous, est semé cet héritage. Le respecter, c’est nous respecter les uns et les autres. Ainsi, notre héritage brillera à la puissance du soleil et réchauffera l’univers tout entier.

Pendant tout le mois de février sur Afrolivresque, nous allons partager avec vous une partie de l’Histoire de l’Afrique et des Caraïbes par des livres, des documentaires, des analyses et des interventions d’historiens. Certains sujets vous seront peut-être déjà familiers, d’autres pourraient vous donner envie d’en savoir un peu plus. Rejoignez-nous dans ce magnifique voyage du « Black History Month » et partageons ensemble cette mémoire de l’histoire.

« SI NOUS NOUS COUCHONS, NOUS SOMMES MORTS. »

Joseph Ki-Zerbo (21 juin 1922 – 4 décembre 2006)

30 janvier 2016 0 Commentaires
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L’assassinat de la planète Un poème d’Ileus Papillon
ActualitéPoésie

L’assassinat de la planète | Un poème d’Ileus Papillon

par Acèle Nadale 18 janvier 2016
Rédigé par Acèle Nadale

 

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L’ASSASSINAT DE LA PLANÈTE

***

Quelque part dans nos mains
La démence de la terre
Un point virgule à diluer
Si je dis que la tourmente des étoiles
Et que la sueur des villes sont la synthèse de la folie des hommes
Si je dis que les plaisirs d’hier ont fusillé l’espérance
Et la passivité du soleil
Prétexte pour étouffer l’aube
Nous avons fusillé demain depuis la fragilité des pages
Chaque instant dans nos folies
La fièvre climatique cherche une métaphore
La science
Quelque part dans nos vies
Il y a le jour égorgé à petit feu
À petit jeu
Les forêts pleurent notre silence oblique
On ne connaît jamais quel cerveau humain à trahir le climat
Peut-être on le saura
Quand il aura fallu nous chercher
Nous dessiner en des milliers de débris de rêves
Nous redistribuer dans la géométrie de la lune
Appolo 11
Découvertes
Explorations spatiales
Tout est songe dans l’urgent besoin de l’homme
J’ai grandi dans la fragilité de toute ombre
Un mot à la terre
Des pincemens aux humains
Je ne vous dirai jamais si le soleil a honte
Avons-nous de mémoire pour recueillir les écumes
Les algues
Les explosions
Les essais nucléaires
Les fumées des usines
La naïveté des patrons
La foutaise des géants
Les comptes des capitalistes
Les articles des journaux
Quelque part dans les villes
Nous mangeons nos peurs comme des retailles de jours mal cousus
Qui dira à l’ONU que l’humanité est un rat
Et que l’univers cassé depuis hier demande la parole
La conviction des scientifiques
La misère en taux du jour
Une folie liquide et chauffée
L’humanité crie les exploits des humains
Mais
Il n’y a plus dans la pluie la générosité des autochtones
Les enfants
Hériteront-ils d’une planète à sens unique

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Iléus PAPILLON

À propos d’Iléus PAPILLON

Iléus PAPILLON est né à Port-Margot, Nord, Haïti le 8 juin 1984. L’un des jeunes les plus remarquables d’Haïti du cincours organisé par la Jeune Chambre Internationale (JIC) en 2014. Il est détenteur d’une licence en Sociologie et Anthropologie de l’Université d’État d’Haïti (2008-2012). Il a travaillé son mémoire sur la Sociologie des migrations: Apports de la diaspora dans le développement d’Haïti. Il fait des études (niveau maîtrise) en Histoire, Mémoire et Patrimoine à (IERAH/ISERSS) Institut d’Études et des Recherches africaines D’Haïti, Université d’État d’Haïti (2014/2016). Il travaille son mémoire de maîtrise en Patrimoine bâti : Études sur la restauration du bâti en Haïti : Cas des maisons de style Gingerbread à Bois-Verna. Iléus PAPILLON a publié des articles dans Le Nouvelliste, le plus ancien quotidien d’Haïti.

18 janvier 2016 0 Commentaires
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Côte d’Ivoire: Les Ivoiriens accueillent avec grand enthousiasme la Bibliothèque de la Renaissance Africaine [VIDEO]

par La redaction 9 janvier 2016
Rédigé par La redaction

C’est un défi majeur et ambitieux que l’état ivoirien s’est lancé : offrir à la Côte d’Ivoire et à toute l’Afrique, La Bibliothèque de la Renaissance Africaine, une bibliothèque moderne rivalisant avec d’autres grandes bibliothèques dans le monde.

La Bibliothèque de la Renaissance Africaine est un projet qui redonne ses lettres de noblesse à la connaissance et au savoir, dans un environnement où l’accès à ceux-ci et aux outils qui y sont liés, reste un problème sérieux.

Le budget annoncé par le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, à hauteur de 49 milliards de cfa (environ 75 millions d’euros), fait entrevoir la grandeur du projet. En effet, c’est un bijou architectural et un centre du savoir moderne que les ivoiriens recevront et qui s’étendra sur 10 000 m² : un bâtiment de 14 niveaux avec 5 sous-sols, 900 places de parking, des boutiques, des salles de congrès, des restaurants et bureaux de banques.

Cette initiative, entièrement financée par l’état, a reçu un accueil positif au sein de la population. Le planning des travaux de construction prévoit une durée de 40 mois. La Bibliothèque de la renaissance Africaine, une fois construite, figurera parmi les sept plus grandes bibliothèques d’Afrique et sera la première d’Afrique francophone.

Avec ce grand projet, la Côte d’Ivoire met la culture au centre de ses priorités. Ce grand pas vers la modernité contribuera certainement à rattraper le retard qu’a pris l’Afrique, en particulier l’Afrique francophone, dans l’industrie du livre.

 

9 janvier 2016 0 Commentaires
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Fatou Diome « Le mythe de la France eldorado »

par La redaction 22 décembre 2015
Rédigé par La redaction

Thierry ARDISSON reçoit dans son émission « Tout le monde en parle », Fatou DIOME pour la sortie de son livre Le ventre de l’Atlantique inspiré de sa vie.

Le roman raconte l’histoire d’un frère qui veut retrouver sa sœur installée en France parce qu’il rêve de richesse. Elle évoque un autre personnage de son livre, « L’homme de Barbès » qui ment aux siens sur sa condition d’immigré en France. À travers son livre, Fatou DIOME tente de démystifier la France qui représente l’Eldorado aux yeux des immigrés. Fatou DIOME évoque ensuite sa venue en France, sa relation difficile avec son mari alsacien et sa belle famille, ses études de lettres et le racisme dont elle a été victime.

Quatrième de couverture

fatou Diome- Le ventre de l'AtlantiqueSalie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l’y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l’immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissentles footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient un destin tragique ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l’inconfortable situation des « venus de France », écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d’être l’autre partout. Distillant leurre et espoir, Le Ventre de l’Atlantique charrie entre l’Europe et l’Afrique des destins contrastés. Car, même si la souffrance de ceux qui restent est indicible, il s’agit de partir, voguer, libre comme une alguede l’Atlantique.
Ce premier roman, sans concession, est servi par une écriture pleine de souffleet d’humour.

22 décembre 2015 0 Commentaires
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Désiré Nyela explore le polar africain dans son étude « La filière noire – Dynamiques du polar made in Africa »
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Désiré Nyela explore le polar africain dans son étude « La filière noire – Dynamiques du polar made in Africa »

par La redaction 20 décembre 2015
Rédigé par La redaction

Désiré NyelaQuatrième de couverture du livre de Désiré Nyela

Alors qu’il fait le bonheur de lecteurs amateurs de littérature populaire en Europe et en Amérique depuis sa naissance au dix-neuvième siècle, le roman policier débarque en Afrique un siècle plus tard où il connaît aujourd’hui un développement spectaculaire. Apanage de quelques auteurs spécialisés au départ, il est désormais pratiqué par tous, y compris par des auteurs issus de la littérature majusculée, connus pour d’autres inspirations. L’engouement pour ce genre – pourtant marginal mais qui a désormais droit de cité – ne s’explique pas seulement par le fait qu’il offre de singulières perspectives sur l’homo africanus vu à travers le prisme d’une réalité criminelle; il marque tout aussi bien la volonté des polaristes africains de s’investir dans le genre et de le renouveler tant par la mise en exergue de problématiques culturelles inhérentes à la sociologie de leur environnement que par l’exploitation du potentiel illimité des ressources d’une narrativité orale. Telle est ici dressée la cartographie d’un territoire jusque-là inconnu, mais qu’arpentent sans complexe les auteurs de cette filière noire, membres à part entière de la grande famille du polar.

 

Désiré Nyela est docteur en stylistique de l’Université de Paris- Sorbonne (Paris IV). Il est professeur de littérature à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse (Canada).

 

20 décembre 2015 0 Commentaires
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« Le fleuve Congo et nous » Le 3e salon du livre de Brazzaville ouvre ses portes le 4 décembre 2015
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« Le fleuve Congo et nous » Le 3e salon du livre de Brazzaville ouvre ses portes le 4 décembre 2015

par La redaction 19 décembre 2015
Rédigé par La redaction

Du 4 au 8 décembre 2015, se tiendra la troisième édition du Salon du Livre de Brazzaville, pour le bonheur des passionnés de lecture.

Dans le but de raviver l’intérêt du grand public pour la littérature congolaise et de valoriser par la même occasion le patrimoine culturel de ce beau pays d’Afrique centrale, le thème retenu pour cette édition est « Le Fleuve Congo et Nous ».

Le Fleuve Congo est chargé d’Histoire. Reliant des hommes des deux bords, arrosant la forêt, se jetant dans la mer, il interpelle l’Humanité toute entière et souhaite unir les hommes dont il contribue à la survie. Quelle plus belle manière de réconcilier les congolais avec eux-mêmes, leur culture et leur patrimoine, que de les rassembler autour du Fleuve !

 

A cette occasion, le Salon accueillera pour cette édition 2015, plusieurs invités venus de l’étranger, dont Emilie-Flore Faignond, poète et écrivaine congolaise dont les deux parents sont issus chacun d’une rive du Fleuve Congo ; tout un symbole !

La littérature congolaise, qui fêtait d’ailleurs ses 60 ans en 2013, est d’une richesse inouïe. Elle a mis en lumière pléthore d’auteurs, et nous avons à cœur ici de rappeler quelques écrivains congolais, toutes générations confondues, dont quelques uns sont considérés comme les plus brillants du continent Africain, à l’instar du poète Tchicaya U’Tamsi, Jean Malonga, Sony Labou Tansi, Dominique Ngoïe Ngalla, Evelyne Mankou, Alain Mabanckou, Ghislaine Sathoud, Hugues Eta, Aimé Eyengué, Bienvenu Boudimbou ou Isaac Djoumali Sengha pour ne citer que ceux-là…

Isaac Djoumali Sengha

Isaac Djoumali Sengha

Parmi les activités organisées par ce Salon du Livre de Brazzaville, une dictée s’intitulant « CONTRE LA BARBARIE, LA POÉSIE », sur un extrait de Guerre et Paix de Tolstoï, inspirateur pacifique de plusieurs figures emblématiques dont le Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Jr ou Nelson Mandela, est au programme ; des poèmes, slams et nouvelles sont également à découvrir.

L’ouverture de l’événement est prévue le vendredi 4 décembre à 9 heures, à la mairie centrale de Brazzaville, et les activités se dérouleront tous les jours de 9 heures à 18 heures.

Contact : +242 06 681 17 63.

L’ENTRÉE EST GRATUITE.2

19 décembre 2015 0 Commentaires
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La short list 2015 du prestigieux prix africain de littérature « Etisalat Prize for Literature » dévoilée entrée remarquable de « Tram 83 » de Fiston Mwanza Mujila
ActualitéAfriqueAuteursÉvénementsFiction

La short list 2015 du prestigieux prix africain de littérature « Etisalat Prize for Literature » dévoilée : entrée remarquable de « Tram 83 » de Fiston Mwanza Mujila

par Chrystelle Ngoulou 17 décembre 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Elle était très attendue cette short list du prix africain de littérature  « Etisalat Prize for Literature ». L’année livresque africaine a été très riche et le choix du jury n’a pas dû être facile. Mais il fallait bien trancher et leur choix s’est porté sur 3 œuvres :

  • « Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila » (République démocratique du Congo)
  • « The Story of Anna P, as Told by Herself » de Penny Busetto (Afrique du Sud)
  • « What will People Say » de Rehana Rossouw (Afrique du Sud)

Le roman de Fiston Mwanza Mujila, « Tam 83 » fait une belle entrée dans cette short list et est le premier roman francophone traduit à avoir cette place de choix dans la short list du prix.

Mille exemplaires des romans de chaque auteur listé seront achetés par le prix africain de littérature Etisalat et seront distribués dans diverses écoles , clubs littéraires et bibliothèques sur tout le continent africain. Le lauréat sera connu en mars 2016 et gagnera la belle cagnotte de £15 000 en plus d’une bourse de l’ Université d’East Anglia.

Bravo à tous ces brillants auteurs!

Le prix africain de littérature « Etisalat Prize for Literature » est le premier prix littéraire panafricain qui récompense les premiers romans d’auteurs africains. Il a été créé en 2013 et est sponsorisé par la Nigeria LNG en partenariat avec l’Académie Nigériane des Lettres. Son montant de £15000 en fait le prix littéraire le mieux doté d’Afrique et l’un des plus prestigieux dans le monde.

17 décembre 2015 0 Commentaires
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Marlon James écrit « Black Leopard, Red Wolf », un « Game of Thrones » africain
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Marlon James écrit « Black Leopard, Red Wolf », un « Game of Thrones » africain

par La redaction 16 décembre 2015
Rédigé par La redaction

C’est dans son article du 11 décembre 2015 que le site Vulture a publié des extraits de l’entretien que le premier gagnant jamaïcain du prestigieux « Man Booker Prize For Fiction», Marlon James, a donné au magazine « Man of the World ».

L’auteur à succès travaille actuellement sur le projet ambitieux d’écrire une saga fantasy africaine à la « Games of Thrones » et qui s’appellera « Black Leopard, Red Wolf ».

J’ai réalisé à quel point se demander s’il fallait ou pas un Hobbit noir dans le « Le Seigneur des Anneaux » me fatiguait et me rendait malade. Le folklore africain est tout aussi riche, et tout aussi pervers que ces choses. Nous avons des sorcières, nous avons des démons, nous avons des lutins et des rois fous. Nous avons des histoires de succession royale qui donneraient une leçon à « Wolf Hall ». Avec ça, nous faisons deux fois mieux que les « Tudors ».

Il ne pouvait être plus clair. Doté de sa nouvelle notoriété grâce au « Man Booker Prize For Fiction» qu’il gagne en 2015 avec son troisième roman « A Brief History of Seven Killings[1] », Marlon James veut ainsi abandonner les discours de plainte, prendre les choses en main et puiser dans la richesse des cultures africaines pour créer des histoires fascinantes à la hauteur de gros succès tels ceux qu’il a cités.

[1] Le roman est publié aux éditions Riverhead Books et explore, à base de faits fondés, la tentative d’assassinat de Bob Marley en Jamaïque à la fin des années 1970, ses conséquences à travers les guerres du crack dans la ville de New York dans les années 1980 et les transformations de la Jamaïque dans les années 1990. La chaîne américaine HBO a acquis les droits pour une adaptation du roman pour une série.
16 décembre 2015 0 Commentaires
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Les gouvernances foncières et leur impact sur le processus de développement entretien avec Bernard Puepi
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Les gouvernances foncières et leur impact sur le processus de développement : entretien avec Bernard Puepi

par Acèle Nadale 9 décembre 2015
Rédigé par Acèle Nadale
 Le foncier en Afrique est aujourd’hui plus que jamais au coeur des tensions, aussi bien entre différents groupes ethniques locaux, qu’entre multinationales étrangères et États. Voici un entretien avec Bernard Puepi.

Récemment encore, l’ouest de la Côte d’Ivoire, où le problème foncier entre groupes ethniques perdure depuis quelques années, a fait l’objet de violentes attaques meurtrières faisant six morts. Du côté de l’Algérie, la gouvernance foncière et  la mauvaise gestion publique du foncier économique occupent le débat public. En Afrique, avec son passé colonial dans sa grande majorité, l’on retrouve à quelques exceptions près, les mêmes problématiques foncières dans tous les pays.

Conscients de ces enjeux et soucieux d’y apporter des pistes de réflexions, des chercheurs africains venant du Kenya, du Ghana, du Nigéria, d’Afrique du Sud se sont réunis à Dakar, pour débattre du problème de l’accaparement et de l’acquisition à  grande échelle des terres sur le continent, interpellant ainsi les pouvoirs politiques à prendre des dispositions pour réguler le secteur foncier en impliquant les populations locales dans le processus de décision, dans la gestion foncière.

Du côté du Cameroun, c’est Bernard Puepi qui interpelle le public et les décideurs africains sur le sujet dans son dernier ouvrage  Les gouvernances foncières et leur impact sur le processus de développement : Cas de quelques pays africains , publié au mois de Novembre 2015 chez l’Harmattan. Afrolivresque a eu l’honneur de s’entretenir avec cet expert Géomètre, ancien haut fonctionnaire du Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat au Cameroun de 1969 à 1996, où il a notamment occupé la fonction de directeur du cadastre de 1985 à 1988.

LES GOUVERNANCES FONCIÈRES ET LEUR IMPACT SUR LE PROCESSUS DE DÉVELOPPEMENT Cas de quelques pays africains Bernard Puepi 

Bernard Puepi, quelles ont été vos motivations pour écrire un ouvrage sur le foncier en Afrique ? À qui s’adresse votre livre ?

Dans la vie de tous les jours, le problème d’obtention d’une parcelle de terre semble être celui qui préoccupe tout le monde sans distinction de classe sociale ; l’observation des difficultés pour assouvir ce besoin m’a conduit à mener cette réflexion sur le foncier. Il s’adresse à tout le monde, jeunes, moins jeunes, étudiants, enseignants, chercheurs etc.

Comment se définit la propriété foncière dans l’Afrique traditionnelle ? À qui appartient la terre en Afrique traditionnelle ?

Dans l’Afrique traditionnelle, la terre appartient en principe à la communauté et est gérée par le chef de ladite communauté sans possibilité pour lui d’en faire une propriété personnelle. Il dispose uniquement du pouvoir de gestion dans l’intérêt de la communauté.

Comment cette notion a-t-elle évolué dans le temps jusqu’à nos jours face aux différentes influences étrangères ?

Les pénétrations européennes on introduit la notion d’appropriation privée individuelle des terres par l’imposition des règles de droit moderne, privant ainsi les autorités traditionnelles de leur pouvoir de gestion. La plupart des réformes postindépendances, tout en maintenant la gestion suivant les règles de droit moderne, ont introduit dans les procédures d’appropriation la participation des autorités traditionnelles, jouant ainsi à une espèce d’équilibrisme entre la coutume et le droit moderne.

Quels sont les différents acteurs dans le processus d’achat massif de terre en Afrique ?

L’opacité qui entoure ces acquisitions ne permet pas de donner un listing ordonné de ces acteurs. On peut cependant dire qu’il ya des sociétés multinationales, des fonds d’investissements, des pays accapareurs qui ont pour intermédiaires souvent des nationaux qui font du lobbying auprès des gouvernements. Le rôle des institutions financières internationales n’est pas aussi à négliger.

Quelles sont les implications géostratégiques de l’achat massif des terres par les multinationales étrangères en Afrique ? Quel en est l’impact sur le développement de l’Afrique, notamment sur sa sécurité alimentaire ?

Le manque de contrôle sur un pan de son territoire par un gouvernement constitue toujours un danger pour la paix dans le pays concerné. Les grandes plantations industrielles privent l’agriculture paysanne des terres fertiles et réduit les paysans en ouvriers agricoles, mettant ainsi en danger la sécurité alimentaire. Leurs produits sont souvent destinés à l’exportation et à la fabrication du biocarburant.

Quel rôle jouent les collectivités locales dans ce processus d’achat massif des terres ?

Dans le pays où la gouvernance est très centralisé, les collectivités locales ne jouent aucun rôle dans le processus. Dans certains pays où le pouvoir est décentralisé, les collectivités locales mettent le gouvernement central devant le fait accompli mais ce sont des cas assez rares.

Est-ce que les législations actuelles des pays africains sont adaptées à cette situation ? Quelles sont les difficultés ?

Les législations foncières sont entrain de subir des réformes sous l’influence des organismes  comme le G8, L’U.E. la B.M. MCC. etc.  pour faciliter la tâche aux accapareurs.

Il existe des cas de litiges entre les multinationales et les petits propriétaires terriens, où ceux-ci sont dépossédés de fait et illégalement de leurs terres. Quels sont les moyens de recours légaux que peuvent employer ces propriétaires pour défendre leurs intérêts ? Existe-t-il des organisations qui pourraient les accompagner dans leur démarche ?

Ces cas sont légion. Beaucoup d’organisations de défense de l’agriculture familiale (l’ONG Oxfam par ex) interviennent auprès des gouvernements nationaux et des investisseurs pour défendre les droits des paysans spoliés. Des succès notoires sont signalés dans certains pays.

Quel est le potentiel actuel des terres disponibles en Afrique en général ? Existe-t-il des statistiques officielles et fiables sur la disponibilité de ces terres ? Si oui, qui les produit et comment y avoir accès ?

Les statistiques fiables sont rares, mais des organismes comme le GRAIN-A contrecourant, le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), SOS-Faim (Belgique) peuvent donner des indications sur certains pays.

Nous vous remercions pour cet échange.

Où trouver le livre de Bernard Puepi :

  • vente en ligne l’Harmattan
  • librairies en Afrique et ailleurs
  • Librairie l’Harmattan –Cameroun, Yaoundé
  • Super Marché DOVV Bastos Yaoundé-Cameroun

 

9 décembre 2015 0 Commentaires
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Et la vendeuse de poissons dans tout ça La copie privée en Afrique, une exception au droit d’auteur trop souvent froissée
SociétéAfrique

Et la vendeuse de poissons dans tout ça? La copie privée en Afrique, une exception au droit d’auteur trop souvent froissée

par Erika Djadjo 3 décembre 2015
Rédigé par Erika Djadjo

Continent de tradition orale, c’est la communication verbale qui a le plus d’impact en Afrique, y compris dans la transmission du savoir. En arpentant les villes africaines, il n’est donc pas rare de tomber sur un point de vente d’aliments à grignoter, qui lorsque vous voudrez en acheter, vous seront tout simplement emballés à l’aide d’une page arrachée d’un exemplaire de livre… Cela fait partie des méthodes de recyclage certes incongrues, mais qui font tout le charme de notre Afrique avec ses usages et son paysage, que cela vous choque ou pas du tout.

L’exception de copie privée est une exception au monopole d’un auteur sur son œuvre, et permet à toute personne de reproduire une œuvre protégée par le droit d’auteur pour un usage privé ou familial, sans avoir à obtenir, au préalable, d’autorisation. La copie est privée lorsqu’elle bénéficie au cercle de la famille, c’est-à-dire à un groupe restreint de personnes qui ont entre elles des liens d’amitié ou de famille.

Il s’agit à la fois de protéger la vie privée des utilisateurs des œuvres, mais également de consacrer l’impossibilité de contrôler la réalisation de ces copies qui se font à l’insu de tous.

Née en Allemagne au milieu des années 1960, la copie privée est une notion initialement promue par la culture occidentale, selon sa conception de l’ « usage privé » ou du « cercle familial. » Or, notons certes, avec une pointe d’ironie, mais non sans pertinence, qu’en Afrique, la notion de « cercle familial » n’a pas de frontière nette. N’ayant pas la même acception si nous changeons de continent, il est tout à fait légitime d’envisager que la conception du « cercle familial et son acception en Afrique soient aux antipodes de ce que l’on en attendrait dans un contexte d’application conforme à l’idée initiale : mon oncle africain ne s’arrête pas au frère de mon père ou de ma mère. Dans certaines circonstances, il peut aller jusqu’au collègue de bureau, en passant par le voisin ; et c’est mon oncle, vous n’y pouvez rien.

Une autre difficulté réside dans le fait que l’exception de copie privée suppose une source licite, qui ne porte pas atteinte au titulaire de quelque droit que ce soit sur l’œuvre copiée. Cela nous rappelle que l’exception de copie privée n’autorise pas la circulation de l’œuvre acquise de manière illicite. Pourtant, si un consommateur est accusé d’avoir contrefait une œuvre, il peut recourir à l’exception de copie privée (et non un droit sur la copie de l’œuvre) pour se défendre.

Le tableau n’est malheureusement pas aussi brillant qu’il n’y parait, les choses ne sont pas aussi bien ficelées qu’au premier regard. Aujourd’hui en effet, les technologies du numérique ont largement remis en cause l’exception de copie privée, en permettant, avec une facilité déconcertante, de réaliser des copies « originales », dont l’identification en tant que copies s’avère impossible. La copie privée, jadis conçue dans le but de « ménager la chèvre et le chou » est désormais le principal danger à l’exploitation d’une œuvre originale.

Pour en venir à bout, des mesures techniques ont été envisagées, dont les Digital Rights Management (ou mesures techniques de protection, en abrégé DRM), qui permettent de diffuser des contenus sonores, textuels, etc. par voie numérique, tout en protégeant les droits d’auteur par un cryptage des fichiers afin qu’ils ne puissent être lus que sur un support sécurisé. Cette mesure prémunit notamment contre le téléchargement illicite de toutes les œuvres originales, excepté les logiciels, et doit être préalablement portée à la connaissance de l’utilisateur.

Les DRM sont ainsi assortis d’une protection juridique, et toute tentative de contournement de cette mesure technique (hormis en cas de recherche en cryptographie ou sécurité informatique) constitue une infraction pénale sanctionnée par une amende et une peine d’emprisonnement dont le montant et la durée varient selon le pays où elles sont mises en œuvre.

Quant à nos usages traditionnels de l’oralité et à notre paysage gastronomique, il n’y a que des efforts continus aussi bien dans la mise à profit des nouvelles technologies que dans la sensibilisation de masse pour la littérature, qui pourraient épargner les œuvres littéraires africaines à la fois du dédain du grand public au profit de la communication verbale, et d’un destin fatal en emballage et conditionnement !

3 décembre 2015 0 Commentaires
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Les lecteurs se mobilisent pour collecter des fonds nécessaires aux soins médicaux de l’auteur kenyan Binyavanga Wainaina
ActualitéAfrique de l'OuestAuteursSociété

Solidarité : Les lecteurs se mobilisent pour collecter des fonds nécessaires aux soins médicaux de l’auteur kenyan Binyavanga Wainaina

par La redaction 3 décembre 2015
Rédigé par La redaction

C’est par un message officiel publié le 20 novembre 2015 par la famille et les collègues de l’écrivain kényan, Binyavanga Wainaina, que le public a été informé de l’état de santé inquiétant de l’auteur, suite à un AVC survenu le 31 octobre 2015.

Un appel à l’aide était également lancé par le biais du même message, afin de collecter des fonds nécessaires à la prise en charge des soins dont l’auteur a besoin. Au total, une somme d’environ 50000 dollars sera nécessaire pour assurer ces soins.

Comme un seul homme, la communauté littéraire africaine s’est massivement mobilisée et a organisée des événements en l’honneur de l’écrivain, afin de récolter le plus de dons possibles. En tête de cette mobilisation extraordinaire, le Nigéria avec l’organisation d’un événement autour de l’auteur le 28 novembre dernier, le #naija4binyavanga.

Yesterday’s fundraising for Binya. #Naija4Binyavanga. Thanks to @victorsozaboy, @farafinabooks, @eimasuen pic.twitter.com/mYhDATCEMj

— Kenechi Uzor (@kenechiuzor) November 29, 2015

 

Au programme, une vente aux enchères de livres et œuvres d’art, des lectures publiques, de la gastronomie et des exposés. Le public nigérian a répondu massivement à l’appel et la campagne de mobilisation continue.

Nous souhaitons de tout cœur que ce brillant écrivain se remette le plus vite sur pieds et qu’il continue de nous émerveiller avec ses beaux textes.

Binyavanga Wainaina est un écrivain et journaliste kenyan né à Nakuru au Kenya le 18 janvier 1971. Il a fait des études de commerce à l’Université Transkei en Afrique du Sud. Il est le fondateur de la célèbre revue Kwani?, la première revue littéraire en Afrique de l’Est qui a découvert un grand nombre d’auteurs africains, primés par la suite par le Caine Prize. Il dirige également le « Chinua Achebe Center for African Literature and Languages at Bard College » aux États-Unis. Wainaina a reçu en 2002 le Caine Prize For African Writing pour la nouvelle « Discovering Home ». Il a également écrit des articles pour de grands journaux internationaux tels The Guardian, The New York Times, The EastAfrican, National Geographic, The Sunday Times ou encore Granta.

Pour faire don :
Nom du compte : Binyavanga Wainaina Medical Fund
• KES (Kenya Shillings) Compte: 6564760155
• USD (US Dollar) Compte: 6464760168
Bank Transfer Information (Applicable to both accounts) SWIFT CODE: CBAFKENX
BANK CODE: 07
BRANCH CODE: 000
WESTLANDS BRANCH

Autres options (Paypal – Visa, Mastercard, Discover or Amex) , suivez le lien bit.ly/binyamedicalfund
Du kenya : Envoyez le message BINYA au 22231 et suivez les instructions.

Pour plus d’infos, contactez :
Famille : James Wainaina
Kwani Trust : Billy Kahora, Managing Editor ; Angela Wachuka, Executive Director
CONTACT: medicalfund@kwani.org

3 décembre 2015 0 Commentaires
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Sénégal Festival international de poésie de Saint-Louis
ÉvénementsAfrique de l'OuestPoésie

Sénégal : Festival international de poésie de Saint-Louis

par La redaction 2 décembre 2015
Rédigé par La redaction

Saint-Louis  le 3 décembre à 09h00

  • Rencontres élèves/ poètes,
  • Animations dans les quartiers
  • Concours

PARRAIN / CHARLES CARRERE

Charles Carrère est né le 9 décembre 1928 à Saint-Louis du Sénégal, il vit désormais en France, sa seconde patrie. Charles Carrère est l’une des plus éminentes personnalités de la littérature francophone d’Afrique. Il collabore aussi avec plusieurs revues littéraires et figure dans de nombreuses anthologies. Il témoigne dans ses œuvres, tantôt intimistes, tantôt engagées, de sa profonde fidélité au mouvement de la Négritude, la grande révolution culturelle lancée après la guerre par Léopold Sédar Senghor.

Cérémonie d’ouverture – 3 décembre 17h – Institut français

Cérémonie de clôture – 5 décembre 17 h – Institut français (remise des prix aux lauréats des concours de poésie et de conte )

2 décembre 2015 0 Commentaires
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Côte d’Ivoire lancement d’un Salon du Livre pour enfants et adolescents
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsLittérature Jeunesse

Côte d’Ivoire: lancement d’un Salon du Livre pour enfants et adolescents

par Chrystelle Ngoulou 1 décembre 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

C’est lors d’une conférence de presse le mardi 24 novembre 2015, que Henri N’koumo, directeur du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, a annoncé la nouvelle du lancement de la première édition d’un salon du livre pour enfants et adolescents qui se tiendra du 16 au 19 décembre 2015 à la Bibliothèque nationale au Plateau.

Le thème choisi pour cette première édition du Salon du Livre pour enfants et adolescents est « Papa, maman, offrez-moi également un livre pour la Noël ». Il interpelle les parents et les met face à leurs responsabilités par rapport au choix des cadeaux de Noël pour leurs enfants. Le salon se tiendra les années impaires en alternance avec le Sila (Salon international du livre d’Abidjan). Des écoles maternelles, primaires et secondaires, des libraires, des éditeurs et des écrivains seront présents dans différents ateliers, débats et expositions.

L’objectif des organisateurs du salon est de faire de la Côte d’Ivoire un haut lieu de visibilité et un important marché du livre pour enfants et de jeunesse. Un budget à hauteur de 20 millions de CFA a été mis à leur disposition.

1 décembre 2015 0 Commentaires
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Le visage à plus d’un million de dollars de la romancière camerounaise Imbolo Mbue enfin dévoilé !
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Le visage à plus d’un million de dollars de la romancière camerounaise Imbolo Mbue enfin dévoilé !

par Chrystelle Ngoulou 30 novembre 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

C’était en octobre 2014 lors de la foire de Francfort que nous vous l’annoncions : des enchères sur les droits d’auteurs pour la région d’Amérique du nord d’une romancière camerounaise, jusque-là inconnue du monde littéraire, avaient été levées jusqu’au montant d’un minimum d’1 million de dollars par l’agent de la célèbre maison d’édition américaine Random House, Susan Golomb, pour le premier roman d’ Imbolo Mbue, « The Longings of Jende Jonga ». Une somme record pour un auteur n’ayant jamais été publié, auteure de surcroit africaine. Notons que les cachets les plus élevés pour les premiers romans sont habituellement de l’ordre de 100 mille dollars.

Les passionnés de lecture, blogueurs et journalistes, y compris Afrolivresque, se sont alors lancés dans une chasse au trésor afin de découvrir qui était cette perle rare que tous les grands du monde de l’édition souhaitent avoir dans leurs catalogues. Mais la tâche s’est avérée difficile, vue que Imbolo Mbue n’était présente nulle part sur internet, sur aucun réseau social ou sur un blog. Personne ne pouvait mettre un visage sur ce nom et le mystère autour de sa personne rendait la recherche encore plus intéressante, bien qu’en 2014, le magazine « The Threepenny Review » publia sa nouvelle intitulée « Emke ». Les lecteurs ont pu ainsi découvrir quelques mots de la mystérieuse dame.

Cette incroyable « succes story » a connu un tournant majeur lorsque le « Hollywood Reporter » a annoncé en mai dernier que le département Tri Star de Sony, aurait acquis les droits audiovisuels du roman.

 

Behold the dreamers by Imbolo-MbueCette semaine, le « Wall Street Journal » a enfin dévoilé le visage de nouvelle star mondiale de la littérature. L’attente en valait la peine. C’est le visage d’une femme éblouissante que l’œil aguerri du photographe Kiriko Sano a pu capter et nous offrir. Le port de tête altier, le regard curieux comme tourné vers l’avenir, la crinière de lionne aux cheveux naturels, Imbolo Mbue ne laisse certainement pas indifférent et est fin prête pour nous présenter son roman tant attendu « Behold the Dreamers ».

Le titre « The Longings of Jende Jonga » a été modifié par l’éditeur qui a estimé que le titre « Behold the Dreamers » serait mieux adapté au roman. Sa sortie prévue pour le 15 mars 2016 a été reportée au 23 août de la même année, mais il est déjà en précommande sur Amazon et chez Barnes & Noble.

Au-delà du titre, la couverture du roman tant attendu invite avec subtilité le futur lecteur à rentrer dans l’univers du livre, sans toutefois dévoiler son intrigue dès le premier regard. Quand on s’y penche avec un peu plus d’attention, on remarque que les polices d’écriture utilisées, tant pour le titre que pour le nom de l’auteure, rappellent des grafittis écrits à la main sans recherche particulière d’esthétique, comme ceux que l’on voit sur les murs des grandes villes occidentales, où l’accent est mis sur le contenu et non sur l’esthétique, et qui, dans la plupart des cas, expriment une opinion politique. L’on devine aussi sans ambiguïté que la scène se passe à New York, avec les représentations de monuments connus tels que la statue de la Liberté ou l’Empire State Building, le tout sur un fond de mosaïques multicolores qui pourraient peut-être symboliser la rencontre de personnages issus de mondes différents (?). Nous le découvrirons certainement dans le roman.

De quoi est -il donc question dans ce roman ? Les prémices de l’histoire ont déjà été révélées par Random House sur son site internet . Seule la version en anglais est disponible pour l’instant.

« Behold the Dreamers » raconte la vie de Jende Jonga, un camerounais vivant à Harlem avec son épouse Neni, et leur fils de 6 ans. Jende Jonga est le chauffeur de Clark Edwards, un manager de la banque Lehman Brothers. Leurs vies prendront des chemins inattendus suite à la crise financière de 2007.

Jende Jonga, a Cameroonian immigrant living in Harlem, has come to the United States to provide a better life for himself, his wife, Neni, and their six-year-old son. In the fall of 2007, Jende can hardly believe his luck when he lands a job as a chauffeur for Clark Edwards, a senior executive at Lehman Brothers. Clark demands punctuality, discretion, and loyalty—and Jende is eager to please. Clark’s wife, Cindy, even offers Neni temporary work at their summer home in the Hamptons. With these opportunities, Jende and Neni can at last gain a foothold in America and imagine a brighter future.

However, the world of great power and privilege conceals troubling secrets, and soon Jende and Neni notice cracks in their employers’ facades.

Then the financial world is rocked by the collapse of Lehman Brothers. Desperate to keep Jende’s job, which grows more tenuous by the day, the Jongas try to protect the Edwardses from certain truths, even as their own marriage threatens to fall apart. As all four lives are dramatically upended, Jende and Neni are forced to make an impossible choice.

La sortie de « Behold the Dreamers » est très attendue dans le milieu littéraire international et tout le monde voudrait découvrir ce livre pour savoir si le deal en valait la peine. Afrolivresque a tout aussi hâte de le lire et vous tiendra bien sûr au courant de son actualité.

À propos D’Imbolo Mbue :

Imbolo Mbue est originaire de Limbe, au Cameroun. Elle est titulaire d’un Bachelor of Science de l’Université Rutgers et d’une maîtrise de l’Université de Columbia. Elle réside depuis une dizaine d’années à New York avec son mari et ses enfants.

Crédit photo Kiriko Sano
30 novembre 2015 0 Commentaires
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Bandes dessinéesAfrique CentraleInterviews

Cameroun : Mboa BD Festival – Zoom sur la dessinatrice Joëlle Ebongue, créatrice de la série bd « La vie d’Ebène Duta »

par Erika Djadjo 26 novembre 2015
Rédigé par Erika Djadjo

« Quand j’étais petit, je lisais Akim, Zembla, Tex Willer ou Kouakou, c’est comme ça que j’ai commencé à aimer la lecture ! » Profond témoignage d’un adulte, aujourd’hui créatrice de la BD La vie d’Ebène Duta qui provoque en nous des spasmes de nostalgie, et nous pousse à une interrogation empreinte de culpabilité : où sont passés ces bons moments ? Pourquoi n’en faisons-nous pas profiter nos enfants ?

Ils sont rares et précieux, ces merveilleux moments de la vie où l’on ne voudrait être ailleurs pour rien au monde. Des moments fugaces, qu’on savoure en prenant son temps.

Le temps de lire une bande dessinée et de célébrer ce plaisir enfantin nous est permis. Alors, pourquoi s’en priver ?

La semaine qui commence sera un véritable événement BD au Cameroun. Du « venez-voir » comme on le dit au pays, au « Mboa » ! Venir à un festival, rencontrer des auteurs, dessinateurs, éditeurs ; participer aux dédicaces, projections, expositions, animations, tables rondes, shows, magazines, acheter un ou deux albums auxquels l’on n’a pas pu résister, et se promettre de venir le lendemain avec un ami…

Et si je vous disais que c’est possible ? Le MBOA BD Festival vous est servi pour sa 6e édition à Yaoundé et à Douala, avec plus d’énergie que jamais. Oui, Noël commence le 25 novembre en 2015, et c’est l’occasion rêvée pour faire vivre votre passion, ou la partager avec vos proches ! Si vous n’y connaissez pas grand-chose, vous avez pour une fois, de la veine : tous ces chefs-d’œuvre à découvrir !

Allons, je vous mets un peu l’eau à la bouche ?

  • Des portraits, show painting et caricatures en live pour les visiteurs !
  • Des projections de dessins animés de réalisateurs camerounais, ivoiriens ou algériens pour le jeune public !
  • Une foire aux projets permettant aux porteurs de projets de venir échanger avec des ressources professionnelles de tous horizons rassemblées par la bande dessin !
  • Des expositions thématiques et didactiques (en milieu scolaire) mettront en avant les différentes approches artistiques des meilleurs bédéistes du pays et des pays voisins ; 5000 visiteurs sont attendus !
  • Des ateliers professionnels, où les opportunités d’emploi sont nombreuses, dans tous les métiers de la bande dessinée, du graphisme à l’animation !

Rien que ça ! Je continue ? Alors courez-y!

Parmi les pépites qui seront présentes et disponibles en dédicace cette année, une cinquantaine de titres dont Bitchakala, Bikangas, Ekiéé, et La vie d’Ebène Duta. Nous avons voulu en savoir plus sur l’une d’elles…

 

Ses albums sont signés Elyon’s. Elle y raconte un peu à la « sauce tout-le-monde », les tribulations d’une jeune noire dans un environnement européen. Joëlle Ebonguè, vous connaissez ? Cette jeune trentenaire camerounaise a bâti sa  réputation à la force de son travail. Bédéiste, dessinatrice, graphiste, rédactrice en chef, scénariste, le premier volume de sa bande dessinée  “La vie d’Ebène Duta“ (LVDD), est paru en 2014. Il rencontre un franc succès a été vendu à plus de 1000 exemplaires. Le second tome est sorti en 2015.

Afrolivresque s’est entretenu avec Joëlle Ebonguè, qui s’est livrée à un exercice d’une extrême richesse, nous transmettant sans fards, sa passion pour cet art.

la dessinatrice Joëlle Ebongue, créatrice de la série bd « La vie d’Ebène Duta »

  • Joëlle Ebonguè, quel type de lectrice êtes-vous ?

En général, consommatrice compulsive quand je trouve des trucs qui me plaisent.

  • Pourquoi Elyon’s ?

Elyon’s pour deux raisons… Je ne voulais pas être clairement identifiable. Noire, femme, vivant en Afrique Subsaharienne, cette identité que j’assume ne m’a malheureusement pas rendue service au début. J’étais vite recalée, ou alors au lieu de regarder le contenu de mon travail, on me listait directement les mille et deux raisons pour lesquelles il ne pouvait pas aboutir. Avec Elyon’s, vu qu’on ne savait pas à un moment qui était derrière, on s’intéressait au contenu et une fois conquis, on découvrait plus tard mon identité. La deuxième raison est spirituelle. Mon Nom « Joëlle Ebongue », signifie « Yahvé est Dieu, le Bâtisseur ». Je voulais un pseudo qui renvoie à une signification sur le même thème.  « Elyon » est un mot hébreux qui signifie « le très Haut ». Elyon’s signifie pour moi « propriété du Très Haut » ; c’est ma profession de foi en quelque sorte. Je crois en un Dieu qui a un destin pour moi, et je suis le dieu de mes personnages avec un destin pour chacun, qu’ils croient ou pas en mon existence. 

  • Qui est Ebene Duta ? A quel public ses aventures se destinent-elles ?

Ebène Duta est une jeune fille qui vit loin de son pays d’origine. Elle est légalement à l’extérieur de son territoire, donc ce n’est pas un discours sur l’immigration ; je me suis inspirée pour Ebène, de toute cette diaspora qui vit à l’étranger légalement, mais qui vit des aventures anecdotiques très savoureuses.

  • Quelle est la différence, l’évolution entre le personnage du tome 1 et celui du tome 2, tout en laissant la surprise au lecteur ?

Hum… pour faire court ? C’est une BD Humoristique pleine de quiproquos.  Le tome 1 était une présentation de mon personnage et de son univers. Le tome 2 lance véritablement l’intrigue des (més)aventures d’ Ebène Duta.

  • Ébène Duta a une vie sentimentale assez bouleversée comme toute jeune fille de son âge ; derrière une certaine légèreté de ton et de style, c’est une vraie question d’identité sociale qui est soulevée à travers ce personnage complexe… Avez-vous un message à faire passer à travers vos BD ?

Je voulais le style léger, et la BD humoristique et non réaliste, parce que la vie est un foyer de stress permanent… maintenant plus qu’avant… du moins à en croire les médias. Mais ce stress ne doit pas nous empêcher de vivre ! Mon personnage cumule galères sur galères. Parfois on croit qu’elle est arrivée au bout de ses déboires, mais un effet boule de neige amplifie tout et on semble ne pas en voir la fin… Mais à chaque page qu’on tourne, elle est toujours debout ; elle va râler, parfois déprimer, mais à chaque nouvelle page elle est debout. La vie est spécialiste en obstacles divers. Mais quelle que soit la hauteur de l’obstacle, ce ne sera jamais une impasse. Le message que je souhaite véhiculer au-delà de tout, c’est : « persévérer, parce que la vie ne fait pas de cadeaux » .

  • Comment élaborez-vous vos planches ? Quelle est votre source d’inspiration ?

Je m’inspire de ma vie quotidienne et de mon environnement. De faits divers sur le net ou de discussions de comptoirs. Je suis une éponge, j’absorbe énormément de choses. Le monde est ma source d’inspiration. Je commence toujours par l’idée que je voudrais faire passer puis je l’élabore en gag. Le processus d’écriture est la partie la plus longue dans mon travail. Parce que même si le rire semble universel, ce qui me fait rire ne fait pas automatiquement rire l’autre. 

  • Vous pouvez être considérée comme l’une des pionnières de la bande dessinée camerounaise. Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lorsqu’il a fallu imposer votre art ? Pensez-vous que l’univers de la bande dessinée soit bien accueilli en Afrique par les lecteurs et les acteurs de l’art et de la culture ?

Je suis flattée par votre compliment, mais il y a eu énormément de personnes avant moi… je peux être celle qui a commencé à financer son ouvrage de façon totalement inédite sur le continent (le crowdfunding)… mais ne peux accepter la casquette de pionnière… c’est parce que des personnes comme Joëlle Esso existaient (auteure de Petit joss et de la bande dessinée d’ Eto’o fils), que je me suis dit que si une femme m’a précédée alors je dois tenir bon. Le principal obstacle a été et sera toujours la mentalité des gens. Nous partons parfois malheureusement du principe que l’innovation dans un domaine ou un autre est vouée à l’échec. « Si tu essayes un truc nouveau ça va échouer », « qui va te suivre dans ton délire », « tu te crois chez les blancs ici ? », « qui lit même tes histoires là ? », « il fallait faire ça en Europe, tu sais que le noir n’aime pas lire »… autant de préjugés que nous développons nous même sur notre couleur. Il a fallu combattre ça et briser ce mur, pour commencer à dépasser les autres obstacles (besoin de financement, production, distribution, promotion et participations aux festivals etc.)

  • En plein démarrage du Mboa BD Festival 2015, la 6ème édition de la grande fête de la bande dessinée camerounaise, quelles sont les activités prévues ?

Oulaaaaaaaa, des tas !!! Dédicaces, rencontres avec des auteurs de BD locaux et étrangers, COSPLAY !!! Concours divers, ateliers sur la manipulation de logiciels graphiques, interventions dans les milieux scolaires, show painting et projections de films d’animation ou de documentaires sur la Bande Dessinée en Afrique, TOUT un programme.

 

  • Quelle place pouvons-nous dire qu’occupe la BD camerounaise sur l’échiquier continental ?

Je ne saurais dire quelle place elle occupe, mais je sais qu’elle se bat pour occuper une place de choix dans le développement personnel, culturel et intellectuel des populations des divers pays d’Afrique. C’est un outil tellement complet, pour instruire, détendre, former, bâtir. Le continent a besoin de plus d’auteurs de BD.

  • Quelles perspectives envisagez-vous pour l’avenir de la BD en Afrique ?

Nous avons encore de la marge, mais je nous souhaite de saturer les bibliothèques urbaines et rurales. Je souhaite que les enfants rêvent de devenir auteurs de BD plus tard, comme ils rêvent de devenir médecin ou pilote. Je rêve que l’auteur de BD soit valorisé à la hauteur du travail colossal qu’il effectue à chaque fois qu’il produit un ouvrage. Je rêve de tellement de choses, et je sais que toutes ces choses sont réalisables… ça va juste demander beaucoup d’années et un travail Titanesque !

  • Avez-vous des projets en cours ou à venir, BD ou autres ?

Tome 2 ebène DutaAlors dans l’immédiat, la sortie du tome 2 de la Vie d’ Ebène Duta ! C’est mon gros projet du moment. On ne dirait pas, mais vu que je le publie moi-même, sa promo me prendra facile 1 an. Rendez vous en 2017 pour le bilan ? 

Merci encore pour cet entretien.

Un rendez-vous à ne pas manquer, la sortie de La Vie d’Ébène Duta (Tome 2) :

  • Douala le 3 décembre 2015 à 17 heures à l’Institut Français du Cameroun
  • Yaoundé le 8 décembre 2015, à 18 heures au Centre Culturel Camerounais
26 novembre 2015 0 Commentaires
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Sénégal la Librairie Numérique Africaine déploie une offre numérique de livres en afrique, à compter de 2016
ActualitéAfrique de l'OuestIndustrie

Sénégal : la Librairie Numérique Africaine déploie une offre numérique de livres en afrique, à compter de 2016

par La redaction 24 novembre 2015
Rédigé par La redaction

L’annonce a été faite par la Librairie Numérique Africaine, à l’occasion de la Foire du livre de Dakar (11-16 novembre 2015, CICES).

Dès 2016, les institutions d’enseignement supérieur en Afrique pourront s’abonner à des bibliothèques numériques, à des collections de livres de contenu et d’auteurs africains. Un modèle d’abonnement sera proposé spécifiquement aux étudiants africains.

Trois bibliothèques numériques seront ainsi offertes :

– en sciences sociales, avec des auteurs réputés comme Moustapha Kassé, Makhtar Diouf, Samir Amin, Ibrahima Sow, Ndongo Sylla, Moussa Dembele, etc. ;

– en Droit communautaire (droit des affaires OHADA, banque, assurance, propriété industrielle) ; – en Droit sénégalais (civil, pénal, fiscalité, travail, foncier, NTIC, marchés publics,…)

Nouvelles Editions Numériques Africaines (NENA) est l’initiateur, le concepteur et le maître d’œuvre de la Librairie numérique africaine (LNA), projet réalisé entièrement sur fonds propres, sans subvention d’aucun organisme public ou privé.

NENA est un éditeur numérique africain basé au Sénégal. Pionnier dans son domaine, NENA a depuis 2008 publié des recueils et des livres numériques essentiellement de contenus africains. Ces publications sont dans plusieurs domaines (droit, sciences sociales, littérature, religion, etc.), en différents formats (PDF, ePub), et sur divers supports (recueils numériques sur cédérom, livres numériques téléchargeables sur la plupart des librairies numériques francophones sur Internet, livres imprimés à la demande). Voir le site web de NENA pour plus d’informations sur la société.

En réalisant la LNA, NENA s’est donné un nouveau métier, celui de libraire numérique, dont le rôle est celui de promoteur, conseiller et vendeur au détail du livre africain.

24 novembre 2015 0 Commentaires
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« Lire à Douala » Le mariage livresque entre Bordeaux et Douala
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« Lire à Douala » : Le mariage livresque entre Bordeaux et Douala

par La redaction 23 novembre 2015
Rédigé par La redaction

La passion du livre, de la lecture et de l’écriture réunit encore une fois des personnes qui, comme le dit Laurence Haxaire, sécrétaire cofondatrice de « Lire à Douala », certes utilisent les mêmes mots, mais parfois disent les choses différemment selon les lieux.

« Lire à Douala » est un évènement collectif, populaire et international autour de la lecture et de l’expression en général. Pour cette première édition, les organisateurs se sont fixés comme objectifs de « générer un engouement collectif autour de la littérature, fédérer petits et grands autour des mots et de leur expression, questionner chacun sur son rapport aux livres, encourager la réflexion et la création ».

C’est un programme riche qui est proposé aux visiteurs pendant 6 jours du 24 au 29 novembre 2015. Le coup d’envoi de « Lire à Douala » sera donné ce mardi 24 novembre 2015 à 18h par la dédicace du dernier roman de l’auteure camerounaise à succès Hemley Boum, Les maquisards (Éditions La cheminante). Quatre concours destinés à l’émulation des jeunes pour les inciter à produire la matière première de la lecture et du texte écrit ont été lancés pour cette première édition et les lauréats seront connus le mercredi 25 novembre dès 20h30.

Des conférences interactives, librairies éphémères, vernissages, projections cinématographiques et échanges avec les élèves de certains collèges de Douala seront animés et soutenus par Elisabeth Tchoungui, (Bamako Climax, Plon 2010), Marie-Laure Hubert Nasser (Spleen machine, Passiflore 2015), Hemley Boum, auteures et marraines de l’évènement, Pierre de Gaétan Njikam, adjoint au maire de Bordeaux en charge des partenariats avec l’Afrique subsaharienne, Yann Arthus Bertrand, réalisateur de HUMAN, et aussi avec la participation d’autres écrivains tels Djaïli Amadou Amal (Walaande, L’art de partager un mari) et de l’association des Editeurs camerounais.

Deux remarquables invités d’honneur seront au rendez-vous : Roukiatou BA, directrice de la Fondation Amadou Hampate BA et Kadry Yaya, chef d’entreprise et membre fondateur de Tabital Pulaaku International (association qui fédère les différentes associations peules autour de la sauvegarde de la culture et la langue peules).

Le président tunisien de l’association « Lire à Douala », Néjib SOUSSIA, vit au Cameroun depuis 1981 et déclare que « Lire à Douala n’a pas d’autre prétention que de réunir autour de projets intéressants publics et privés tendant à faciliter l’accès au livre à ceux qui ont des difficultés pour en acquérir afin qu’opère la magie lecteur/auteur et que l’imaginaire, la connaissance, le savoir, puissent circuler entre les hommes. »

Que la fête soit belle et s’inscrive pour le futur dans le calendrier des événements littéraires à ne manquer sous aucun prétexte.

23 novembre 2015 0 Commentaires
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5ème édition du Salon du Livre Jeunesse Afro-Caribéen
ÉvénementsEuropeLittérature Jeunesse

5ème édition du Salon du Livre Jeunesse Afro-Caribéen Novembre 2015

par La redaction 18 novembre 2015
Rédigé par La redaction

L’association D’un Livre à l’Autre organise sa 5ᵉ édition du Salon du livre jeunesse afro-caribéen à Clichy-la-Garenne (92) les 27, 28 et 29 novembre 2015.

Cette édition sera placée sous le thème : « Héros d’hier et d’aujourd’hui dans la littérature jeunesse afro-caribéenne. »

Durant ces 3 jours, venez découvrir la richesse de la création littéraire jeunesse afro-caribéenne au travers de table ronde, conférence, vente de livres, espace lecture, arts plastiques, contes, et gastronomie africaine seront au rendez-vous.

18 novembre 2015 0 Commentaires
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Nigéria Le festival des arts et du livre « Aké Arts and Book Festival » 2015 ouvre ses portes au public
ÉvénementsAfrique de l'Ouest

Nigéria : Le festival des arts et du livre « Aké Arts and Book Festival » 2015 ouvre ses portes au public

par La redaction 17 novembre 2015
Rédigé par La redaction

L’édition 2015 du festival « Aké Arts and Book Festival » se tient à Abeokuta, la capitale de l’Etat d’Ogun dans le sud-ouest du Nigeria. La ville tire son nom du rocher Olumo; un éperon massif de rochers de granit autour duquel l’histoire d’Abeokuta s’articule.

Le festival est organisé par la fondation nigériane « Book Buzz ». Cette fondation est une organisation non gouvernementale fondée par le professeur et écrivain, Lola Shoneyin et a pour principaux objectifs de promouvoir l’alphabétisation, en particulier chez les enfants en âge de scolarité, l’aménagement d’espaces de lecture et d’organiser le festival.

Le festival « Aké Arts and Book » est un festival annuel des arts et des livres qui se déroule sur une période de six jours pendant laquelle les livres et autres facettes interconnectées des arts sont célébrés. Le festival propose des ateliers dans diverses disciplines artistiques : les arts visuels, le théâtre, la mode, la musique, le cinéma, la danse et l’écriture.

Le thème de l’édition 2015 est « Engaging the Fringe ». Les débats et échanges porteront sur les genres et les initiatives créatifs qui ne sont pas considérés comme « mainstream » en dépit de leur popularité croissante. Les discussions exploreront également les questions concernant la vie et la créativité en Afrique, et cela, de manière honnête et constructive.

Le festival « Aké Arts and Book Festival» est devenu au fil du temps l’un des plus grands rendez-vous culturels sur le continent africain. De grands noms de la littérature africaine et internationale y sont attendus.

Vous pouvez suivre toute l’actualité de ce grand festival sur twitter @akefestival comme si vous y étiez !

17 novembre 2015 0 Commentaires
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Entretien avec l'écrivain gabonais Janis Otsiemi
PolarAfrique CentraleInterviewsPolicier

Entretien avec l’écrivain gabonais Janis Otsiemi: « Je suis venu au polar par effraction »

par Acèle Nadale 17 novembre 2015
Rédigé par Acèle Nadale

Vous êtes un passionné de polars ? Vous souhaitez vous plonger dans l’univers passionnant du roman policier et vous laisser entraîner par la quête haletante du tueur ? Vous ne cherchez pas votre prochaine lecture du côté des auteurs africains ? Eh bien, vous avez tort.

Parmi les précurseurs du genre, l’auteur malien avec son roman L’archer bassari (Grand prix littéraire d’Afrique Noire en 1985, Éditions Karthala 1984), ou le Malien Moussa Konaté qui nous entraine dans les enquêtes du commissaire Habib avec « Gorgui, L’assassin du Bankoni » (réédition chez Gallimard en 2002, Collection Série Noire (n° 2650), ou encore le sénégalais Abasse Ndione avec son roman à scandale « La vie en noir » (2004, Gallimard, Collection Série Noire).

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, le polar africain gagne de plus en plus de lecteurs, tant en Afrique que hors du continent. Et oui ! Le crime n’a pas de frontière.

La relève dans le polar africain est assurée par des auteurs qui se font remarquer par la richesse et la qualité de leurs écrits tels que Janis Otsiemi, écrivain et essayiste gabonais.

Janis Otsiemi est né 1976 à Franceville au Gabon et a grandi dans le quartier populaire Matitis, appelé communément les USA d’Akébé. Son premier roman La vie est un sale boulot, est publié en 2009 par la maison d’édition marseillaise Jigal. Il rencontre un énorme succès tant national qu’international et gagne le Prix du roman gabonais 2010. Quatre romans policiers ont suivi depuis lors : La bouche qui mange ne parle pas (2010), Le Chasseur de lucioles (2012), Africain Tabloïd (2013) et son tout dernier sorti cette année, Les voleurs de sexe  tous édités chez Jigal.

Janis Otsiemi fait partie des africains qui, malgré les difficultés rencontrées sur place, ont décidé de ne pas immigrer et de rester sur le continent. Il vit actuellement à Libreville au Gabon, où il est Secrétaire Général Adjoint de l’Union des Écrivains Gabonais (UDEG).
Afrolivresque est allé à la rencontre de Janis Otsiemi. Il nous a parlé de son parcours, de sa vision du monde et de ses projets futurs.

Janis Otsiemi, pourquoi avoir choisi le roman policier comme genre littéraire de prédilection ?

Je suis venu au polar par effraction, car le premier roman que j’ai publié (Tous les chemins mènent à l’Autre) n’en était pas un. Lorsque je l’ai fait lire à mes copains avec lesquels j’ai grandi dans les « États-Unis d’Akébé », le plus gros bidonville de Libreville, ils ne s’y sont pas reconnus. Alors, ils m’ont demandé d’écrire des romans qui puissent parler de leur quotidien. Et c’est ainsi que le polar s’est imposé à moi comme genre pour explorer le monde interlope librevillois.

Comment construisez-vous les intrigues et l’enquête ? Faites-vous des recherches au préalable autour de vous ?

Pour mes intrigues, je m’inspire beaucoup de l’actualité, des faits-divers dans la presse librevilloise. Depuis la publication de mon premier polar « Peau de balle » aux Editions du Polar en 2007, j’utilise des personnages qui sont devenus récurrents dans mes cinq derniers romans publiés aux Editions Jigal. Il s’agit des policiers Koumba et Owoula, les gendarmes Boukinda et Envame. Pour l’écriture de « La vie est un sale boulot » et de « La bouche qui mange ne parle pas », j’ai établi un plan d’écriture. Avec les derniers « Les Chasseurs de luciole », « African Tabloid » ou « Les voleurs de sexe », je me suis laissé aller au rythme de mon imagination.

Vos romans dénoncent très souvent de manière subtile le pouvoir destructeur qu’exerce une certaine oligarchie gabonaise sur les populations. Quel a été pour vous le roman qui vous a le plus mis en danger et pourquoi ?

Je n’ai jamais eu des problèmes avec les autorités gabonaises à cause de mes polars. J’utilise mes polars comme des prétextes pour faire avouer à la société dans laquelle je vis, ses propres tares. Le Gabon est sans nul le pays où la Françafrique s’est enracinée à travers la figure totémique d’Omar Bongo qui a été au pouvoir de 1968 à 2009. Le Gabon est un pays malade de ses élites. Car depuis plus une trentaine d’années, la classe politique ne s’est pas renouvelée. Ceux qui s’opposent aujourd’hui au président Ali Bongo, élu président de la République en 2009 sont pour la plupart issu du Parti Démocratique Gabonais (PDG) créé en 1968 par le défunt président Omar Bongo. Et j’ai bien peur que la prochaine élection présidentielle prévue en 2016 ne soit qu’un remake de celle qui s’est déroulée en aout 2009, car elle n’a pas permis de solder l’héritage d’Omar Bongo.

Au vu des difficultés du quotidien que vous décrivez très souvent dans vos prises de parole publiques, pourquoi avoir fait le choix de rester vivre au Gabon ?

J’ai fait le choix de vivre au Gabon parce que j’y suis né. J’y ai ma famille et j’y travaille. Ma place n’est nullement ailleurs. Je ne me vois pas vivre ailleurs. Si je veux que les choses changent dans mon pays, je dois participer au débat en tant que citoyen et écrivain. Au-delà du tableau sombre que je dresse dans mon pays, il y a un espoir que le Gabon devienne un jour un pays démocratique où les élections sont organisées dans une totale transparence, où les richesses soient équitables, partagées.

Et si on parlait de la littérature gabonaise en général, comment se porte-t-elle et quelle est sa place dans l’industrie africaine du livre aujourd’hui ?

La littérature gabonaise est une jeune littérature qui essaie d’occuper la place qui est la sienne. Elle n’est pas assez connue, mais elle regorge de beaucoup de vitalité avec des auteurs tels que Jean Divassa Nyama, Eric Joël Bekalé, Bessora et bien d’autres dans de divers genres tels que la poésie, le roman et le théâtre. La plupart d’entre eux publient en France parce qu’il n’existe pas beaucoup de maisons d’éditions à compte d’éditeur et on compte une ou deux librairies. Mais il existe un bel et bien un lectorat. D’ailleurs, mes polars trouvent ici un accueil chaleureux.

Selon vous, quelles actions devraient mener les différents acteurs du livre en Afrique afin de susciter plus d’intérêt au sein du lectorat africain ?

Ce qui manque en Afrique, c’est une véritable industrie du livre, car la littérature est encore considérée comme un produit culturel et non comme un bien économique. Il n’existe pas assez d’éditeurs, quand il en existe, ce sont souvent des éditeurs à compte d’auteurs. Car produire un livre en Afrique coute cher. Pourtant, il existe un lectorat, mais un lectorat qui n’a pas un pouvoir d’achat.

Avez-vous de nouvelles enquêtes qui attendent déjà d’être publiées ? Quels sont vos projets d’avenir ?

J’ai pas mal de projets d’écriture en ce moment. Je travaille sur un polar sur fond d’attentats perpétrés par Boko Haram sur le sol gabonais… Je n’en dirais pas plus. Je publierai au début de l’année prochaine un essai politique sur la prochaine présidentielle au Gabon, car outre les polars, je publie aussi des essais politiques.

17 novembre 2015 0 Commentaires
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Deux titres africains dans le White-Ravens
Littérature Jeunesse6-8 ans9-12 ansAfriqueAfrique Centrale

Deux titres africains dans le « White Ravens » 2015, le catalogue qui sélectionne les 200 meilleurs titres Jeunesse dans le monde

par Acèle Nadale 13 novembre 2015
Rédigé par Acèle Nadale

Chaque année, la bibliothèque internationale pour la jeunesse de Munich sélectionne des livres jeunesse nouvellement publiés partout dans le monde qu’elle considère comme particulièrement remarquables.

Cette liste de livres est compilée dans le célèbre catalogue annuel « The White Ravens », qui est présenté à la plus grande foire du livre au monde, la Foire internationale du livre de Francfort, qui se tient chaque année à la mi-octobre en Allemagne. Les livres du catalogue sont exposés l’année suivante à la Foire du livre pour enfants de Bologne en Italie au mois de mars.

Le label « The White Ravens » est décerné aux livres qui méritent l’attention dans le monde entier en raison de leurs thèmes universels et / ou de leur style, et de conceptions artistiques et littéraires exceptionnelles et souvent novatrices. Les 200 publications sont sélectionnées parmi les ouvrages de 50 pays dans plus de 30 langues.

Dans la sélection de 2015, deux titres d’illustrateurs africains ont été retenus: « Les rois de la sape », (Océan Jeunesse, mai 2014) de Christian Epanya et « Le roi Njoya, un génial inventeur » (8-11 ans, Cauris Livres, mars 2015) d’Alain Serge Dzotap et de Pat Masioni.

 

Les rois de la sape

« Dans les rues de Kinshasa, le jeune Elumbu est malmené par les princes de la mode. Grâce aux bons conseils de Tonton Likambo, il va les affronter au grand concours des Sapeurs... »

Christian Kingue Epanya est né en 1956 à Douala au Cameroun. Après avoir occupé un poste de responsable de chargement de pétrole en mer (Loading Master) chez Elf Serepca de 1983 à 1990, il arrive à Lyon pour faire une école spécialisée en illustration, dessin animé, bande dessinée : l’école Émile Cohl, dont il sort diplômé en 1992. En 1993, il remporte le Prix UNICEF des Illustrateurs à la Foire internationale du livre jeunesse de Bologne en Italie. Il travaille comme illustrateur indépendant depuis cette même année et anime à ce titre aussi des ateliers d’écriture et d’illustration en France et à l’étranger.

Le roi Njoya, un génial inventeur 

Au tout début du XXe siècle, au Cameroun, Njoya a été un grand souverain du peuple Bamoun. Roi très sage, il a su éviter la guerre. Curieux de tout, il s’est passionné pour les sciences, les découvertes et les techniques. Il a même inventé une écriture !

Alain Serge Dzotap est un auteur jeunesse camerounais. Il anime des ateliers d’écriture poétique pour enfants et a collaboré pendant quelques années avec Parole, la revue francophone de l’Institut suisse Jeunesse et Médias.

Une bibliothèque dans un cadre idyllique…

La bibliothèque internationale pour la jeunesse de Munich est la plus grande bibliothèque jeunesse au monde. Elle est installée dans un décor de rêve, un château du Moyen-âge, le château Blutenburg, situé à l’ouest de Munich.  Y est stockée la littérature jeunesse du monde entier.

BRAVO à ces 2 auteurs qui portent haut les couleurs du livre jeunesse africain !

 

13 novembre 2015 0 Commentaires
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1er Salon de l’écrit et du livre en langues africaines – SAELLA
Événements

Mali – Premier Salon de l’écrit et du livre en langues africaines du 03 au 06 décembre 2015

par Acèle Nadale 13 novembre 2015
Rédigé par Acèle Nadale

Pour une première, c’en est une. L’association Afrilivres, qui regroupe 34 maisons d’édition africaines en son sein, organise à Bamako au Mali, du 03 au 06 décembre 2015, le 1er Salon de l’écrit et du livre en langues africaines – SAELLA–  au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba.

L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 4 novembre 2015 à la Maison de la presse de Bamako par le président d’Afrilivres, Abdoulaye Fodé Ndione, et le président de la Commission d’organisation du Salon, Hamidou Konaté.

Une pléiade de professionnels, d’universitaires, d’institutions, d’ONG venus du Burkina, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de l’Ethiopie, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, du Libéria, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Rwanda, de la Sierra Leone, du Sénégal et de la Tanzanie est attendue pour cet évènement extraordinaire, dans le but d’échanger, de débattre autour des enjeux d’une telle initiative, et surtout de présenter des ouvrages écrits en langues africaines. Pour cette première édition historique, le thème « Ecrire et éditer en langues africaines : état des lieux et perspectives » a été retenu.

Dans un document publié par l’Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants rédigé à la suite des Assises internationales de l’édition indépendante tenues sous le patronage de l’UNESCO entre 2012 et 2014, 80 recommandations et outils en faveur de la biblio diversité ont été proposés aux pouvoirs publics, aux organismes internationaux et aux professionnels du livre des quatre coins du monde. Parmi ces propositions, des mesures nécessaires pour l’édition en langues locales et nationales ont été suggérées, dont le soutien par les pouvoirs publics de la mise en place d’un Salon de l’Écrit et du livre en langues nationales (SAELLA).

L’enjeu du SAELLA relève d’une importance capitale en Afrique francophone où la majeure partie des enfants (environ 83%) est scolarisée en français ou en arabe et n’écrit, ni le lit leur langue maternelle. Ce multilinguisme oral et naturel tend à se perdre au fil du temps lorsqu’ils avancent dans leurs études.

À cela s’ajoute le fait que les bibliothèques ne disposent que de livres en français ou en anglais, la plupart issus de dons venants de l’étrangers. Comme le constate Viviana Quiñones dans son article intitulé « Langues et lecture dans les bibliothèques africaines », cette situation rendrait les livres moins attractifs pour les jeunes.

Afrilivres est une association d’éditeurs d’Afrique francophone subsaharienne, de Madagascar et de l’Ile Maurice basée à Cotonou au Bénin. L’initiative Afrilivres a été lancée par un comité de pilotage d’éditeurs africains réunis en novembre 2001 par Africultures avec l’aide de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme. Elle a bénéficié du soutien du ministère français des Affaires étrangères français, de l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie et de l’Alliance Internationale des Editeurs Indépendants.

Vivement que cette première édition du SAELLA soit le début d’une longue tradition qui remettrait le livre en langues locales au centre des préoccupations des différents acteurs du livre, et que cela incite les éditeurs africains vers plus de production et d’initiatives dans ce sens.

13 novembre 2015 0 Commentaires
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LittératureAfrique

AFRICA NEWS ROOM – Le défi de la vulgarisation de la littérature africaine à l’école

par La redaction 6 novembre 2015
Rédigé par La redaction

Ce reportage parle de la place des œuvres de littérature africaine dans les programmes scolaires.

La diffusion de la littérature africaine dans les écoles rencontre plusieurs obstacles. Il n’existe pas de politique éducationnelle pour promouvoir cette littérature dans les programmes scolaires, ce qui limite sa présence en classe. De plus, les enseignants ne sont pas formés adéquatement pour intégrer et enseigner cette littérature, ce qui réduit leur capacité à la transmettre efficacement.

Les programmes scolaires sont souvent inadaptés avec des œuvres d’auteurs étrangers favorisés au détriment de celles des auteurs africains. Cela a pour effet d’éloigner les élèves de leur propre culture. En outre, il manque de ressources pédagogiques telles que manuels et anthologies dédiées à cette littérature.

Pour surmonter ces défis, il est nécessaire de revoir les programmes, de former les enseignants, de produire des ressources adaptées et de combattre les préjugés.

Nombreuses questions sont soulevées dans ce reportage, dont la suivante : La période de la décolonisation, âge d’or de la littérature africaine ?

6 novembre 2015 0 Commentaires
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L’écrivain kenyan Binyavanga Wainaina signe deux livres chez Hamish Hamilton
ÉvénementsAfrique de l'Est

L’écrivain kenyan Binyavanga Wainaina signe deux livres chez Hamish Hamilton

par La redaction 6 novembre 2015
Rédigé par La redaction

C’est ce 02 octobre 2015 que le business magazine de l’industrie du livre, The bookseller, a annoncé la nouvelle.

La grande maison d’édition Hamish hamilton du groupe d’édition anglais Penguin Books a acquis les droits anglais et du Commonwealth pour deux nouveaux livres de l’écrivain à succès Kenyan Binyavanga Wainaina. Les droits américains ont été cédés à la célèbre maison Random House/Spiegel & Grau.

La sortie du premier titre, « How to Write About Africa » est prévue en 2017. Cet ouvrage est inspiré d’un article satirique du même titre écrit par l’auteur en 2005 et publié dans la revue trimestrielle anglaise Granta, l’une des revues littéraires les plus lues au monde. Cet article rencontra un énorme succès auprès des lecteurs.

« It Is Only a Matter of Acceleration Now » est le deuxième titre signé par Binyavanga Wainaina. Sa sortie est prévue en 2019. Il sera basé sur les voyages et des interviews à travers l’Afrique, avec pour ambition de changer le regard du lecteur sur l’Afrique.

Binyavanga Wainaina est un écrivain et journaliste kenyan né à Nakuru au Kenya le 18 janvier 1971. Il a fait des études de commerce à l’Université Transkei en Afrique du Sud. Il est le fondateur de la célèbre revue Kwani?, la première revue littéraire en Afrique de l’Est qui a découvert un grand nombre d’auteurs africains, primés par la suite par le Caine Prize. Il dirige également le « Chinua Achebe Center for African Literature and Languages at Bard College » aux États-Unis. Binyavanga Wainaina représente la littérature kényane à l’international, aussi. Il a reçu en 2002 le Caine Prize For African Writing pour la nouvelle « Discovering Home ». Il a également écrit des articles pour de grands journaux internationaux tels The Guardian, The New York Times, The EastAfrican, National Geographic, The Sunday Times ou encore Granta.

6 novembre 2015 0 Commentaires
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Epic! Le Netflix des ebooks pour enfants 100 mille ebooks lus chaque jour
TechnologieAmérique du Nord

Epic! Le Netflix des ebooks pour enfants :100 mille ebooks lus chaque jour

par La redaction 4 novembre 2015
Rédigé par La redaction

Aujourd’hui, il devient presque inimaginable de penser la lecture pour enfants sans tenir compte des habitudes qu’imposent les nouveaux gadgets électroniques. Nos enfants sont familiers (parfois mieux que les adultes) des smartphones, tablettes, liseuses, consoles de jeux et autres appareils électroniques.

Les acteurs internationaux de la chaîne du livre essayent tant bien que mal de proposer à ce jeune public des solutions adaptées afin de susciter ou de maintenir leur envie de lecture.
L’un de ceux-là qui ont réussi leur pari, s’appelle Epic!, basé aux États-Unis, continent pionnier dans les dernières grandes avancées en matière de numérique.
Il y a moins de deux ans, ses fondateurs Suren Markosian et Kevin Donahue lancent cette plateforme en ligne qui offre un accès illimité à une bibliothèque d’ebooks et de livres audio pour enfants âgés de 12 ans au maximum, pour un abonnement mensuel en dessous de 5 dollars.
Le principe est simple ; le lecteur s’inscrit à la plateforme avec son adresse mail, sélectionne ses sujets d’intérêts, et choisit sa formule de paiement. Une recommandation personnalisée d’ebooks selon les intérêts choisis lui sera proposée une fois le paiement effectué. La lecture est illimitée tant que le lecteur reste abonné.
Epic ! projette d’agrandir son marché à d’autres langues et d’autres pays, tout en privilégiant l’amélioration de la demande en lecture des plus jeunes. Pour cela, ses fondateurs se sont entourés d’experts en littérature jeunesse dans des maisons d’édition réputées, d’agents littéraires et d’auteurs de renom.

Au regard de l’évolution de ce marché dans le monde, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir quelle place y occupe l’Afrique. Les acteurs et professionnels du livre en Afrique sont interpellés ici, afin d’innover et d’inventer des solutions qui permettront à la fois de répondre aux besoins spécifiques du jeune lectorat africain, et de valoriser la créativité et le savoir-faire de plusieurs corps de métier qui vont bien au-delà de l’industrie du livre, à savoir les NTIC, le design, le marketing, l’éducation etc, etc…

4 novembre 2015 0 Commentaires
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CHRONIQUES AFRICAINES, RÉSEAUX SOCIAUX ET DROIT D'AUTEUR LES DÉFIS D'UN MÉNAGE A TROIS
SociétéAfrique

CHRONIQUES AFRICAINES, RÉSEAUX SOCIAUX ET DROIT D’AUTEUR : LES DÉFIS D’UN MÉNAGE A TROIS

par Erika Djadjo 3 novembre 2015
Rédigé par Erika Djadjo

Il est désormais habituel de tomber sur l’une de ces « chroniques », nom usuel donné aux brèves et nouvelles publiées sous la forme de chapitres à diffusion régulière sur Facebook.

Les chroniqueurs et chroniqueuses y entretiennent assidûment une communauté fidèle pendue à leurs publications sous forme de feuilletons de fiction, dont les personnages et leurs histoires rivalisent de réalisme avec les situations que nous vivons tous les jours.

Dans ce contenu en feuilletons, gratuit, numérique et disponible à la critique quasi instantanée, les chroniques africaines sont en bonne place en nombre d’abonnés. Nous dénombrons à ce jour plus de 150 chroniques africaines répertoriées, représentant plus de 40.000 abonnés. Entendons-nous tout d’abord sur le fait qu’une chronique africaine, est une chronique dont l’histoire se déroule en Afrique, ou alors celle qui met en scène des personnages africains, le tout sous la forme de publications épisodiques sur une page Facebook.

L’auteur (souvent auteure d’ailleurs) n’a généralement pas le profil d’un écrivain professionnel. Amateur de lecture, à l’imagination débordante, qui décida un jour de tropicaliser la température de son clavier au rythme de sa saisie effrénée, c’est un « écriveur » compulsif qui n’a pas le temps de construire son écriture au rythme du grincement régulateur d’un crayon glissant sur une feuille de papier. S’il est tout de même victime de l’angoisse de la page blanche, c’est bien souvent du premier jet que jaillira l’œuvre définitive, à l’inverse de l’écrivain classique, dont la création sera mûrie et consolidée. Il n’est donc pas rare de lire des commentaires de lecteurs dont les exigences sont souvent difficiles à remplir par les auteurs.

Le succès grandissant de cette forme d’écriture nous impose une réflexion approfondie sur ce phénomène social. Oui, il s’agit d’un phénomène social, malgré le côté virtuel qui n’est que sa forme. Cependant, pour être objectifs, il sera primordial de se pencher plus loin, sur le support de ce modèle d’écriture et de son impact.

Un soir, j’ai décidé d’explorer cet univers afin d’en percer le mystère et grande fut ma surprise de constater que les chroniques n’ont pas de public type. Jeunes et moins jeunes, célibataires, en couple, de toutes zones géographiques, femmes et hommes, lisent les chroniques qu’ils choisissent de suivre. Le phénomène touche toutes les couches de la population, tous pays confondus, avec néanmoins la réserve que je me suis imposée, la limite des chroniques d’Afrique francophone.

Il s’agit donc d’une véritable communauté d’utilisateurs, qui n’hésitent pas à se comporter en « clients » malgré le principe de gratuité des publications sur Facebook et donc des chroniques. Et les auteures, novices, se convertissent en vendeuses, éditrices, comptables à temps partiel en ce qui concerne la commercialisation de leurs œuvres. Les chroniques seraient-elles donc victimes de leur succès ? À ce propos, il vaudrait mieux partir du début, et pour cela, rappeler la pertinence du billet de blog de Acèle Nadale sur la place de ces chroniques dans la littérature africaine.

En ce qui me concerne, je ne puis m’empêcher de m’envoler vers un passé littéraire et de faire un parallèle entre le phénomène actuel et celui qui caractérisa l’émergence du mouvement littéraire du romantisme au XIXe siècle. Une révolution, en définitive, assortie de questionnements sur l’implication des acteurs de la littérature africaine, des médias africains, du législateur, et même, des décideurs politiques. Il est vrai que nous n’en sommes qu’aux prémisses du phénomène si l’on s’en tient au fait que le romantisme se soit étalé sur un siècle, mais tout de même, des éléments de similarité sont présents et permettent d’identifier plus rapidement et avec plus de facilité, une évolution.

À cet effet, la grande question que je me pose est la suivante : que fait le législateur africain ? Il est vrai que les conditions d’utilisation de Facebook sont censées encadrer les publications, mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une œuvre de l’esprit, et que des droits y soient associés. Une œuvre littéraire plus fragile d’ailleurs que celle qui est en général publiée sous sa forme papier, car sitôt écrite, sitôt lue, avec tout ce que cela comporte comme degré d’exposition, risque de critique, de duplication et de plagiat. Quel est l’accompagnement juridique à entrevoir pour l’auteur, novice en la matière ? Comment lui faire connaître ses droits et le sensibiliser sur ses obligations ? En cas de négligence, une œuvre littéraire est si vite spoliée ! Dès lors, un certain nombre d’interrogations sont soulevées :

1. Quels sont les droits des auteurs des chroniques africaines sur Facebook ?

La loi sur les droits d’auteur de Facebook : comme partout sur le web, le contenu que nous partageons n’est pas notre propriété, il est donc illégal de nous l’approprier. Facebook est d’ailleurs capable d’assurer la traçabilité d’une publication, par la voie de logiciels ou lorsque des utilisateurs signalent la publication. La réglementation de Facebook prévoit donc la suppression de tout contenu signalé comme contrevenant au respect du droit d’auteur, et la fermeture du compte en cas de récidive.
Pour savoir si l’on enfreint un droit d’auteur, il est donc évident qu’il faudrait s’attacher à la manière dont le contenu est publié. Pour cela, un principe simple : en général, en ce qui concerne les articles, celui qui publie le contenu est réputé en être l’auteur, et partager un contenu officier en mentionnant clairement la source est tout à fait légal, car il n’y a pas d’appropriation du contenu par l’utilisateur qui effectue le partage. Mais si tout était aussi simple, il n’y aurait jamais de litige porté devant le juge, me direz-vous, et à juste titre. La notion d’appropriation est au centre de la question. Par exemple, il y a une différence entre partager une publication en indiquant clairement notre source d’une part, et en copier le contenu pour le publier sans aucune mention de l’auteur d’autre part, comme s’il nous appartenait. Il ne faut pas non plus se contenter de mentionner la source, il faut que le lien y soit, ou la mention : « Razka Z. a partagé la publication de Yelli O. Là se situe la nuance (à ce propos, lire la déclaration des droits et responsabilités Facebook, point numéro 5 sur la protection des droits d’autrui).

2. Quelle est la place du droit d’auteur dans la « littérature instantanée » ?

Le droit d’auteur protège généralement toute création originale telle que des mots ou des images. Il ne protège pas les faits ni les idées, mais peut protéger les mots ou images originaux utilisés pour décrire une idée.

3. Comment lutter contre le plagiat ?

Ce qui est intéressant c’est que la protection du droit d’auteur s’étend au-delà des utilisateurs de Facebook ; ainsi, il n’est pas nécessaire d’être sur Facebook pour signaler une violation de son droit d’auteur. Facebook a mis en place un dispositif de signalement de toute infraction au droit d’auteur. Si un utilisateur estime qu’une violation de son droit d’auteur a été commise, il peut le signaler à Facebook en utilisant un formulaire prévu à cet effet, ou en contactant un agent DMCA désigné pour réclamation.

Lorsque j’ai pris connaissance de l’existence de l’agent DMCA (Digital Millennium Copyright Act) qui s’occupe d’enregistrer les réclamations concernant le droit d’auteur numérique sur Facebook, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que bien que les choses aient été bien pensées pour que sur cette plateforme le contenu et le contenant bénéficient d’une protection de base et d’une vigie permanente, il n’en demeure pas moins que pour les auteurs africains, qui sortiront de l’univers des chroniques sur Facebook, et qui voudront par exemple commercialiser des livres numériques, la question reste entière.

Dans la majorité des pays touchés par ce phénomène, il n’a pas été légiféré sur le droit d’auteur d’une œuvre numérique, et plus généralement sur le droit du numérique. À titre d’exemple parmi quelques pays représentés par les auteurs des chroniques sur Facebook, au Cameroun, la loi sur le droit d’auteur en vigueur est celle du 19 décembre 2000, relative au droit d’auteur et aux droits voisins, au Gabon, il s’agit de la loi 1/87 du 29 juillet 1987 instituant la protection du droit d’auteur et des droits voisins en République Gabonaise, en Côte d’Ivoire, c’est la loi numéro 96—564 du 25 juillet 1996 relative à la protection des œuvres de l’esprit et aux droits des auteurs, des artistes-interprète et des producteurs de phonogrammes et vidéogrammes qui s’appliquent, et enfin au Sénégal, la loi numéro 2008-09 du 25 janvier 2008 sur le droit d’auteur est en vigueur. À l’examen de ces textes, seule la loi sénégalaise sur le droit d’auteur prévoit expressément les supports et exploitations numériques. Toutes les autres se trouveraient complètement obsolètes aujourd’hui si un juge devait être saisi d’un litige en matière de numérique.

En définitive, même si l’usage et la pratique commandent que le juge appréciera, en matière d’exploitation numérique, au vu du droit d’auteur classique, c’est-à-dire celui dont le contrat a été signé pour une œuvre sous format papier, si la tendance persiste et le phénomène perdure, il serait judicieux de combler rapidement ce vide juridique, pour encadrer les situations subséquentes à la naissance du romantisme 2.0 et de sa littérature instantanée.

3 novembre 2015 0 Commentaires
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20ᵉ édition du Salon international du livre d'Alger (Sila)
ÉvénementsAfrique du Nord

Algérie: Le plus grand salon du livre en Afrique ouvrira bientôt ses portes pour sa 20ème édition

par La redaction 28 octobre 2015
Rédigé par La redaction

Le slogan choisi pour cette 20ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (Sila) est « Vingt ans à la page ». Le plus grand salon du livre en Afrique se déroulera du 29 octobre au 7 novembre 2015 au palais des Expositions des Pins-Maritimes à Alger, capitale de l’Algérie.

Lors d’une conférence de presse tenue ce 25 octobre 2015, le commissaire du Salon, Hammidou Messaoudi, a déclaré que « Le Sila est devenu le plus grand Salon du livre d’Algérie, du monde arabe ainsi que d’Afrique. Il est aussi le troisième plus grand Salon du livre au monde ».

LE SILA EN QUELQUES CHIFFRES

1.450.000 visiteurs en 2014

25 000 titres ont été vendus en 2014

910 maisons d’édition avec 290 algériennes

 25 000 livres seront exposés à l’édition 2015

53 pays étrangers seront présents en 2015

Un budget de 91 millions DA (en baisse de 50%) pour l’édition 2015

La France est l’invitée d’honneur de cette 20ᵉ édition. Plusieurs journées thématiques seront programmées, notamment une, autour du polar à l’occasion des 7ᵉ rencontres euro-maghrébine des écrivains initiées par la délégation de l’Union européenne à Alger. Le livre numérique aura également une place de choix dans les réflexions des participants.

L’espace réservé exclusivement à l’édition africaine, l’esprit Panaf, accueillera six rencontres thématiques autour de « L’onomastique et de l’identité culturelle », « Le 8 mai 1945 et les crimes coloniaux », « L’école et le livre », « Graines de lecteurs », « La critique littéraire » et « Littérature et société ».

Seront présents dans cet espace, différents auteurs et éditeurs africains, critiques littéraires, universitaires et pouvoirs publics tels le directeur du livre du ministère de la Culture du Cameroun et le vice-président du département livre du ministère de la Culture du Burkina Faso. Ce programme spécial du SILA 2015 réservé à la création littéraire africaine a été baptisé « l’Afrique par le livre ».

D’autres pays africains invités ne manqueront certainement pas à l’appel. La Côte d’Ivoire, la Guinée (Conakry), le Sénégal, la Tunisie, le Bénin, le Niger et le Congo seront également présents sur l’espace « L’esprit panaf » du Salon International du Livre d’Alger.

28 octobre 2015 0 Commentaires
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Prix Goncourt 2015: Deux africains en lice
FictionAfrique CentraleAfrique du NordÉvénementsLittérature

Prix Goncourt 2015: Deux africains en lice

par La redaction 24 octobre 2015
Rédigé par La redaction

Créé par le testament d’Edmond de Goncourt en 1896, le Prix Goncourt est l’un des plus prestigieux prix littéraires français récompensant des auteurs d’expression française. Il est décerné chaque année au début du mois de novembre. Le lauréat reçoit le montant symbolique de 10 euros et un tirage très important du livre couronné par le Goncourt.

La liste des finalistes du prix Goncourt 2015 sera annoncée ce 27 octobre prochain à Tunis par le président du Goncourt, Bernard Pivot, au musée du Bardo, où a eu lieu le violent attentat le 18 mars 2015, faisant 22 morts. Le gagnant du Goncourt sera ensuite annoncé le 3 novembre à Paris.

Deux auteurs africains sont encore sur la shortlist du prix Goncourt : l’écrivain congolais Alain Mabanckou avec son dernier roman Petit piment publié aux éditions Seuil (le 20 août 2015), et l’écrivain algérien Boualem Sansal avec son livre 2084. La fin du monde, publié dans la collection Blanche chez Gallimard (le 20 août 2015).

Ces deux livres de littérature africaine ont reçu un accueil favorable dans le monde littéraire francophone et font partie des stars de la rentrée littéraire 2015 en France.

 

Ce roman vous hante longtemps. Un texte noir, grinçant, si précis qu’il en donne le vertige.

Christophe Ono-dit-Biot, Le Point. « 2084. La fin du monde »


« Au meilleur de sa forme,le romancier mêle ici légèreté et gravité, comique et tragique.Avec une jabilation communicative,il manie une langue suave et charnue »

Marie Caudey, La vie. « Petit piment »

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La Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar (FIDAK)
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Sénégal – 15ème Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar

par La redaction 23 octobre 2015
Rédigé par La redaction

La Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar (FIDAK) sous le thème : « Pour l’émergence, l’ancrage dans les valeurs citoyennes par le livre et la lecture ».

Pour cette 15ᵉ édition qui se déroulera du 11 au 16 novembre 2015 dans les locaux Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES), la place d’honneur reviendra à la Tunisie. Au cours d’une réunion préparatoire qui s’est tenue ce 21 octobre 2015 avec des écrivains sénégalais tels Aminata Sow Fall, Mame Younousse Dieng, Mariama Ndoye, Ken Bugul, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Pr. Mary Teuw Niane a déclaré « il faut que les générations actuelles s’approprient vos œuvres et en fassent un vade-mecum, pour résister aux assauts extérieurs et s’ancrer dans les valeurs qui font le ciment de notre Nation ». Il a également félicité le travail accomplit par les écrivains pour la promotion de cet événement.

L’Etat du Sénégal a initié depuis longtemps une politique nationale du développement du secteur du livre et de la lecture. Pour la mise en œuvre, le Ministère en charge de la culture organise depuis 1985 la biennale du livre, intitulée Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique (FILDAK), en année impaire.

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Ngure Matu Ndiritu - Out of the box
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Kenya: À 8 huit ans, Ngure Matu Ndiritu publie son premier ebook sur Amazon

par La redaction 1 septembre 2015
Rédigé par La redaction

Out of the Box est le titre du livre écrit par le plus jeune écrivain kenyan, Ngure Matu Ndiritu âgé de 8ans. Publié pour la première fois en 2014, le livre est disponible en format ebook sur Amazon depuis juillet 2015.

C’est dès l’âge de 5 ans que ce jeune kenyan se met à l’écriture avec un objectif très clair :

« Je ne perds pas de temps, j’aurai écrit 100 livres à l’âge de 30 ans. Je veux être un pilote et, si cela échoue, le président du Kenya ».

Out of the box est une série d’histoires qui dépeignent les aventures de la vie de Ngure Matu Ndiritu , interprétées sous le prisme de son imagination de jeune. Ces histoires sont des contes qui parlent de l’amitié, d’entraide, des soins aux animaux et de son école. Ce sont des contes magiques où les lapins peuvent parler, les éléphants et les dinosaures deviennent des amis chers. Dans ces histoires, l’amour triomphe sur l’adversité et les peurs sont surmontées. Parfois, elles se résument à de simples observations d’un jeune enfant de 8 ans.

Ngure Matu Ndiritu n’est pas qu’écrivain ; il est également un pianiste accompli, un acteur, chanteur et gouverneur de classe (un poste pour lequel il a fait campagne et a recueilli la majorité des voix dans une élection scolaire). Il vise à être le président de l’école en quatre ans.

Le premier livre de Ngure est maintenant disponible dans les écoles et les bibliothèques à travers l’Afrique subsaharienne à travers les programmes d’e-lecteur de Worldreader .

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Rentrée littéraire du Mali : Édition 2015
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Rentrée littéraire du Mali : Édition 2015

par Chrystelle Ngoulou 31 août 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

La Rentrée littéraire du Mali, est un festival du livre créé en 2008 par le « Fonds des Prix littéraires du Mali » et qui se déroule à Bamako, la capitale du Mali.

Autour de conférences-débat, rencontres scolaires, spectacles, expositions, ateliers d’écriture ou de cafés littéraires, se retrouvent des écrivains, éditeurs, lecteurs et autres acteurs de la chaîne du livre venant de toute l’Afrique pour un échange riche et engagé sur la production littéraire africaine. Biennale depuis sa création, elle devient annuelle dès 2015.

Pour l’édition de 2015 de la Rentrée littéraire du Mali, le slogan “Osons réinventer l’avenir” a été choisi, voulant ainsi marquer la détermination des organisateurs à encourager l’Afrique à se raconter à elle-même et au reste du monde.
De grands noms de la littérature africaine y sont attendus, à l’instar de la camerounaise Léonora Miano (La Saison de l’ombre, roman, Grasset, 2013, Prix Femina 2013 et Grand Prix du Roman Métis, 2013) et du togolais Samy Tchak (Le Paradis des chiots, prix Kourouma 2007, éditions Mercure de France). Entre autres, notons également la présence du linguiste sénégalais Ibrahima Sarr, pionnier dans la traduction de logiciels en une langue africaine, le fulah (fulfulde, pulaar, peul).

Plusieurs prix littéraires seront remis à l’issue de cette rentrée littéraire dont le Prix Ahmed Baba 2015 doté de 3 millions de cfa qui récompense un livre écrit ou traduit en français (roman, recueil de nouvelles, récit) et publié au cours des deux dernières années par une maison d’édition africaine.

Grâce à la qualité des participants et avec un public de plus en plus enthousiaste, la rentrée littéraire de Bamako s’inscrit dans les rendez-vous littéraires du continent à ne pas manquer.

Pour plus de détails sur les intervenants et le programme, visitez le site la rentrée littéraire du Mali http://www.rentreelitterairedumali.org

31 août 2015 0 Commentaires
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9 ème édition du Storymoja Festival sous le patronage du Dr. Auma Obama
ÉvénementsAfrique de l'Est

Kenya: 9 ème édition du Storymoja Festival sous le patronage du Dr. Auma Obama

par La redaction 31 août 2015
Rédigé par La redaction

Le Festival Storymoja est un festival littéraire lancé pour la première fois en 2007 au Kenya. C’est une plateforme pour mettre en valeur, découvrir et encourager les talents locaux tout en offrant une possibilité d’interaction avec les talents internationaux.

À ses débuts, le Festival Storymoja ne se résumait qu’à un rassemblement de 300 personnes environ. Aujourd’hui, fort de son succès, il est devenu l’un des espaces les plus dynamiques et les populaires dans le milieu littéraire africain. En 2014, on compte plus de 6005 participants dont 3248 artistes, 234 étudiants, 171 évènements et 13 pays représentés. Parmi les participants, l’on peut citer ces illustres noms de la littérature africaine, de la musique et des médias : Prof. Wole Soyinka (Nigeria), Teju Cole (Nigeria/USA), Duduzile Mabako (South Africa), Kwame Dawes (USA), Matthew Shenoda (Egypt/USA), Ladan Osman (Somalia/USA), Vuyelwa Maluleke (SA), Kenny Mann (USA),  Dizraeli (UK), Bob Collymore (CEO Safaricom) et le journaliste Jeff Koinange.

Les offres du festival sont dynamiques et diversifiées afin de répondre à tous les groupes d’âge. Les livres sont mis en lumière à travers la poésie, les contes, les discussions animées par des artistes locaux et internationaux, la musique, les ateliers, les films et bien plus encore. En outre, des questions d’actualité telles que la santé, les carrières, la politique, la technologie, les droits humains, l’entrepreneuriat environnemental et l’autonomie des jeunes sont présentés dans des ateliers aux travers d’échanges dynamiques entre tous les acteurs.

Cette année, le Festival Storymoja se tiendra du 16 au 20 septembre à Nairobi et sera sous le patronage du Dr. Auma Obama, directrice et fondatrice de la fondation Sauti Kuu (« voix puissantes » en Kiswahili). En dehors de la littérature, sont prévues des activités pour le blogging, la danse, la musique, la photographie et l’art visuel. Une cinquentaine d’intervenants est attendue, dont la lauréate 2015 du « Caine for African Writing », la zambienne Namwali Serpell.

31 août 2015 0 Commentaires
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Nouveau visage aux Éditions Dagan Joss Doszen en charge de la nouvelle collection Palabres autour des mots
Professionnels

Nouveau visage aux Éditions Dagan: Joss Doszen en charge de la nouvelle collection « Palabres autour des mots »

par Chrystelle Ngoulou 30 août 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

La maison d’édition Dagan Éditions fondée en 2008 et dirigée par Dieudonné Gnammankou est une maison d’édition qui s’est donnée pour objectif de « publier des livres pour faire découvrir l’histoire et les cultures méconnues ou occultées de l’Afrique, des Antilles et des autres diasporas africaines ».

Dagan Éditions vient de lancer sa nouvelle collection nommée « Palabres autour des mots » et en confie la direction à l’écrivain Joss Doszen, l’initiateur des célèbres rencontres « Palabres autour des arts » qui vise à la promotion des littératures des Afriques ainsi que des « Universités populaires des littératures des Afriques »

Selon les Éditions Dagan, la collection sera spécialisée dans les projets littéraires collaboratifs, avec le but avoué de promouvoir un panafricanisme d’action dans la communauté littéraire africaine. Le directeur de collection souhaite associer des auteurs dans des projets communs afin de générer des réseaux d’influence : aider à publier des projets regroupant, au minimum deux auteurs, sur différentes thématiques. Quel que soit le thème, ces projets collectifs devront avoir une très forte ambition littéraire. Il ne s’agira pas de publier dans cette collection des essais ni des études littéraires, mais des textes de récits, de fiction au travers desquels les auteurs exprimeront leurs engagements.

« C’est là un nouveau challenge pour moi, mais il s’inscrit dans la continuité de ce que, avec mes amis de « Palabres autour des arts« , nous réalisons depuis plus de 4 ans maintenant : promouvoir la littérature d’origine africaine, aider à faire émerger et/ou découvrir des talents et surtout favoriser les échanges qui permettent de créer de vraies synergies. J’ai la réputation de ne jamais faire les choses à moitié, et pour cette collection, je compte mettre toute mon énergie et ma motivation pour produire des œuvres de qualité. » 

 

Les premiers projets de cette collection devraient voir le jour dès 2016. Cette nouvelle collaboration entre deux acteurs majeurs de la promotion de la littérature africaine est à saluer. Nous souhaitons un grand succès à Joss Doszen et aux Éditions Dagan. Nous avons hâte de découvrir les fruits de cette aventure.

cc Photo RFI
30 août 2015 0 Commentaires
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1ère édition de la foire Camer-Expo à Berlin
ActualitéAfrique CentraleEuropeÉvénements

1ère édition de la foire Camer-Expo à Berlin

par Chrystelle Ngoulou 27 août 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

L’association camerounaise Mboa-Group e.V.  organise ce 28 août 2015 une foire-exposition dans la capitale allemande sous le patronnage de l’ambassadeur du Cameroun en Allemagne, son Excellence Mr. Jean-Marc Mpay. Cet évènement sera également marqué par la présence de l’activiste Bernard Njonga, connu pour ses combats pour le développement du secteur agropastoral au Cameroun. Camer-Expo 2015 se déroulera pour sa première édition dans les locaux de l’Université technique de Berlin.

Au programme, plusieurs activités culturelles telles le cinéma, la danse, l’initiation à des langues camerounaises et des conférences-débats autour des thèmes qui préocupent le continent africain, à savoir l’agriculture, les énergies renouvelables et l’immigration. Un espace sera exclusivement dédié à une bibliothèque africaine où des auteurs et éditeurs exposeront des ouvrages parlant de l’Afrique.

Pour plus d’infos, visitez le site de Camer-Expo 2015

 

27 août 2015 0 Commentaires
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Liseuse 10 bonnes raisons d'en acheter une
Lifestyle

Liseuse : 10 bonnes raisons d’en acheter une

par Chrystelle Ngoulou 13 août 2015
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Une liseuse (e-reader) est un appareil électronique mobile presque exclusivement dédié à la lecture des livres au format électronique (ebook). Vous hésitez encore à acheter une liseuse ? Voici 10 bonnes raisons qui vous convaincront définitivement.

1. Légères à transporter

Les liseuses pèsent environ 200 grammes et vous pouvez transporter sans encombre toute votre bibliothèque partout.

 

2. Une grande capacité de stockage

Fini les valises lourdes et le casse-tête de savoir quels livres choisir pour votre voyage! Avec une capacité de stockage de plus de 1000 livres, vous libérez vos étagères. Emportez tout avec vous et lisez ce qui vous plaît quand vous le souhaitez.

 

liseuse capacité stockage

3. Les ebooks sont moins chers que les livres papiers

Les livres électroniques  ne coûtent rien en impression, en transport, presque rien en stockage, ne s’épuisent pas et ne nécessitent donc pas de rééditions. Ainsi les ebooks coûtent de 20 % à 50 % moins cher qu’un livre papier selon les pays. Il existe également des livres du domaine public disponibles gratuitement pour les liseuses.

prix des liseuses

 

4. Un accès facile aux livres

Plus besoin de vous déplacer pour acheter un livre. Où que vous soyez dans le monde, quelle que soit l’heure, avec une connexion internet et un moyen de payement adéquat, vous achetez vos livres en moins d’une minute.

 

liseuse librairies en ligne ebooks

 

5. Une technologie avantageuse pour la vue

Fini la fatigue des yeux ! Avec la technologie E-ink appelée encore « encre électronique » ou « papier numérique », la liseuse affiche le texte sans recourir à un quelconque rétro-éclairage (au contraire d’une tablette ou d’un écran d’ordinateur). Son écran reflète la lumière tout comme une feuille de papier classique le ferait et donc mime ainsi les pages d’un véritable livre. La liseuse permet le changement de ce qu’elle affiche. Vous pouvez donc modifier la police de caractère et augmenter la taille du texte à votre guise.

6. Un dictionnaire et un traducteur intégrés

Plus besoin de transporter un gros dictionnaire pour les recherches laborieuses des mots inconnus ou leur traduction. Vous pouvez sélectionner le mot sur la liseuse pour voir apparaître automatiquement sa définition et sa traduction.

 

7. Lisez en public sans en avoir honte 🙂

Tous les amoureux de lecture ont des péchés mignons dans le choix de leur lecture. Si vous ne souhaitez pas que tout le monde sache ce que vous êtes en train de lire à l’arrêt de bus, dans la salle d’attente du médecin, à la pause midi, alors vous êtes servis avec une liseuse.

 

8. Jamais plus de livres usés

Adieu les pages cornues et remplies de gribouillis !  Fini les prises de note pénible sur un papier volant. Vous pouvez avec la liseuse marquer votre dernière page de lecture et faire des annotations sans endommager le livre.

 

9. Faible consommation d’énergie

Les liseuses sont de très faibles consommatrices d’énergie ! Leur autonomie peut durer en moyenne jusqu’à un mois (voire plus) à raison d’une heure de lecture par jour hors connexion wifi.

 

10. Un avantage caché avec la liseuse…

La liseuse ne sert qu’à … lire ! Vous ne serez pas détournés de votre lecture par d’autres multiples fonctionnalités. Avec une liseuse dans les mains, on ne peut que lire.

13 août 2015 0 Commentaires
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Fatou Diome de passage à Berlin: «L’Europe n’a pas un problème avec les immigrés. L’Europe a un problème avec les immigrés pauvres. »
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Fatou Diome de passage à Berlin: «L’Europe n’a pas un problème avec les immigrés. L’Europe a un problème avec les immigrés pauvres. »

par La redaction 26 juillet 2015
Rédigé par La redaction

Le temps était tiède cette après-midi du 15 juillet 2015 lorsque la romancière franco-sénégalaise Fatou Diome fit son entrée dans le parc Oranienplatz de Berlin dans le cadre de sa conférence autour du thème : « La migration vers l’Europe est aussi une émancipation et une liberté ». C’est affublée de son sourire et l’humour qu’on lui connaît, que Fatou Diome arriva, parlant aux gens en français, wolof, en anglais, les embrassant, faisant des photos avec eux. L’on pouvait compter près de 200 personnes assises ou debout, concentrées à écouter le discours décomplexé de l’écrivaine. C’est que Fatou Diome a un charisme impressionnant. Par la vigueur de sa voix et la rapidité avec laquelle elle s’exprime, elle occupe l’espace, contraint son auditoire à l’écouter attentivement tant elle est éloquente.

Il est assez difficile de faire un compte-rendu fidèle de son propos, car elle livre beaucoup d’informations. Ce qu’il faut retenir c’est que son combat n’est pas simplement panafricaniste mais humaniste. Pour elle, le plus important est l’amour de l’autre, le respect de l’autre, la rencontre entre les peuples et les cultures. Elle dit avec fierté :

«construisons des routes, pas des murs. Même à Berlin, le mur est tombé. À bas les murs.» ou encore «faites des métisses, pas des kalachnikovs.»

Lorsqu’on lui demanda son avis sur l’esclavage, elle s’insurgea contre la perpétuelle victimisation des africains, arguant que si la connaissance de l’histoire était importante pour mieux avancer, il conviendrait d’abord de trouver une issue aux problèmes actuels du continent au lieu de s’alarmer, de chercher des coupables en permanence.

Ci-dessous, des morceaux choisis du propos de Fatou Diome :

– « L’immigration est un symptôme. […] Lorsque nous sommes malades, il nous faut des médicaments pour soigner la maladie, pas les symptômes. »

 

– « L’Europe a tendance à décider toute seule. Pourtant, le tango ne se danse pas seul, il faut un partenaire. L’Europe met la musique et danse toute seul. L’Afrique doit suivre. C’est un mauvais couple. »

– « Quand un partenariat n’est pas juste, ce n’est plus un partenariat, mais de l’assujettissement. »

 

– « Les lois européennes sont comme des pièges qui changent tout le temps de position.»

 

– « J’ai rencontré en Afrique des gens qui s’appellent Smith, Dietrich. J’aimerais qu’il y ait aussi des Diouf, des Sarr, des Ndiaye en Europe et que les blancs trouvent cela aussi normal que je trouve qu’un africain s’appelle Smith. »

 

– « Si vous vous appelez Angelina Jolie ou Brad Pitt et que vous voulez une maison sur les Champs-Élysées, c’est vite réglé, pourtant il est impossible pour ma sœur de venir me rendre visite pour les vacances. L’Europe n’a pas un problème avec les immigrés. L’Europe a un problème avec les immigrés pauvres. »

 

– « L’Europe est une princesse. Elle fait ce qu’elle veut. »

 

– « L’Europe aime l’aide humanitaire. Laissez-moi vous dire, au nom de la jeune génération, que nous avons marre de l’aide humanitaire. Payez-nous notre talent. Payez-nous nos matières premières. »

Ce fut un moment d’échange intense ponctué par quelques notes d’humour et… musicales. Eh oui ! Fatou Diome chante extraordinairement bien et parle couramment le francais, le malinké, le wolof, le peul, l’anglais. Elle apprend l’espagnol et l’allemand. Elle s’est refusée à donner des indices sur son prochain livre, mais a promis de revenir très prochainement à Berlin.

26 juillet 2015 0 Commentaires
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Jennifer Teege - «AMON. Mon grand-père m’aurait tuée»
AuteursAfrique de l'OuestBiographie, mémoires et AutobiographieEuropeNon fiction

«AMON. Mon grand-père m’aurait tuée»

par Acèle Nadale 3 juillet 2015
Rédigé par Acèle Nadale

Se lever le matin à une heure précise, choisir un vêtement parmi tant d’autres, choisir de prendre un chemin et pas un autre ; tant de nombreux choix que nous faisons à longueur de journée, sans y penser longuement. Ces choix sont-ils guidés par le hasard ou alors sommes-nous des marionnettes de notre destinée ?

Cette question, cette jeune Dame de 38 ans se l’est sûrement posée après l’étonnante découverte qu’elle venait de faire dans la bibliothèque municipale de Hambourg (Allemagne) en 2008. Sans le savoir, Jennifer Teege venait de découvrir le secret le mieux gardé de sa famille d’origine, un secret qui bouleversera sa vie.

Jennifer Teege est née en 1970 d’une brève aventure entre une jeune fille allemande et un jeune étudiant noir Nigérian. Elle fut placée à l’âge de 4 mois dans une famille d’accueil, puis adoptée à l’âge de 7ans. Toute petite, les seuls contacts qu’elle avait pu avoir avec sa famille d’origine se limitaient à quelques visites de sa mère et de sa grand-mère avant son adoption.
Jennifer Teege grandit dans une famille allemande et a eu une enfance plutôt normale malgré le racisme auquel elle est confrontée régulièrement. Dès l’âge de 20 ans, elle souffre de dépression répétitive et décide d’aller poursuivre ses études en Israel où elle apprendra l’hébreu et bien évidemment l’histoire des juifs liée au nazisme.
Jennifer Teege se marie et fonde une famille ; malgré sa réussite professionnelle et ce bonheur familial apparent, les multiples phases de dépression ne s’estompent.

Ce fameux jour où elle se retrouve à tout hasard devant le rayon de Psychologie de cette bibliothèque à Hambourg, elle choisit un livre dont elle ne connait ni le sujet et ni l’auteur, mais qui étrangement l’attire ; Ce jour-là, la vie de Jennifer Teege bascule.

Quelle ne fut pas sa surprise de reconnaitre un visage familier, celui de sa mère Monika Goeth, dans ce livre relatant l’histoire du tristement célèbre nazi sadique Amon Göth, commandant du camp de concentration de Plaszów à Krakau, « Le boucher de Plaszow » dans le film-documentaire « La liste de Schindler ». En effet, Monika Goeth, la mère de Jennifer Teege, est la fille d’Amon Göth !!!

La vérité était donc là, criarde, incroyable, difficile à digérer : elle, Jennifer Teege, femme noire, est la petite fille d’un célèbre nazi, qui l’aurait sûrement tuée à cause de sa couleur de peau s’il l’avait rencontrée ! Que faire lorsqu’on a du sang noir qui coule dans ses veines et qu’une fois adulte, l’on apprend que son grand-père était chef de camp de concentration en Pologne ? Qu’il tuait ceux qui nous ressemblaient ?
Cette histoire douloureuse et incroyable, Jennifer Teege la raconte dans son livre publié en allemand sous le titre choc : «Amon. Mon grand-père m’aurait tuée » (traduction du titre original par Afrolivresque).
C’est une histoire passionnante qui, au-delà de la tragédie historique, pose le problème de la culpabilité ou responsabilité génétique ; elle concerne également toute famille où règne le secret sur l’affiliation des enfants. «Amon. Mon grand-père m’aurait tuée » est un livre à lire absolument.

 

3 juillet 2015 0 Commentaires
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Entretien avec Haman Mana, Directeur des Éditions du Schabel
InterviewsAfriqueAfrique Centrale

Cameroun: Entretien avec Haman Mana, Directeur des Éditions du Schabel

par Acèle Nadale 25 juin 2015
Rédigé par Acèle Nadale

Les Editions du Schabel sont une jeune maison d’édition camerounaise spécialisée dans le beau livre et présente dans le domaine de l’édition depuis Juin 2008. Elle a un savoir-faire professionnel  avéré comme le témoigne « Rois et Royaumes Bamiléké », leur premier ouvrage, véritable succès national et international, avec plus de 3000 exemplaires vendus à ce jour.

Haman Mana, directeur géneral de cette maison d’édition, est un pur produit de l’Esstic (l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication du Cameroun). Il a gravi les marches de la profession de journaliste de la presse écrite avec succès. Il a été directeur de publication du quotidien camerounais “Mutations”, et s’est mis à son propre compte en 2007 en créant le quotidien “Le Jour”, une publication devenue une référence de la presse écrite camerounaise. Amoureux du livre, surtout du beau livre comme il aime à le dire, il prend le pari de se lancer dans l’édition. Ainsi naissent les Éditions du Schabel qui à ce jour comptent dans son catalogue pas moins d’une quinzaine d’ouvrages de référence.

Haman Mana a ouvert ses portes à Afrolivresque. C’est un homme jovial, affable, enthousiaste et passionné que nous avons rencontré.

Afrolivresque: Haman Mana, comment est-ce qu’on franchit le pas de patron de presse à éditeur?

Haman Mana: Franchir le pas d’éditeur de presse à éditeur de livres, c’est tout simple, pour moi. Même s’il ne s’agit pas du même métier, il s’agit tout de même du même procédé: transformer des idées en textes et leur donner forme en les imprimant sur du papier. J’ai surtout créé des journaux, dans mon parcours. Lorsque j’ai commencé l’aventure Le Jour en 2007, je sortais d’une autre histoire, Mutations, qui s’est terminée de manière un peu agitée. J’avais envie de prendre du large par rapport à la presse, tout en y restant quand même, parce que l’adrénaline des salles de rédaction chez moi, est irremplaçable. J’avais donc cette idée de beau-livre, sur les rois et royaumes Bamiléké, que je ne voulais pas non plus « donner » à un éditeur. J’ai donc créé pour l’occasion, une maison d’édition, pour porter le projet, et de fil en aiguille, des livres sont arrivés. J’ai pris goût, et me voilà de plein pied dans l’édition.

Afrolivresque: Quel est le positionnement aujourd’hui des Éditions du Schabel sur le marché camerounais et africain du livre?

Haman Mana: Le positionnement des Editions du Schabel, c’est d’abord l’idée du livre que l’on aime. Pour faire un livre, nous devons l’avoir aimé. C’est pour cela que c’est au compte gouttes qu’ils sortent de notre maison ( 13 livres en 4 ans) . Vous voyez, ce n’est pas une usine à livres. Nous sommes très artisanaux dans notre démarche, il y a rarement plusieurs livres dans le processus : nous prenons le temps de lire, de discuter avec les auteurs, de recentrer les projets s’il le faut, avant de produire. Nous accompagnons énormément nos auteurs dans la promotion du livre…C’est pour cela qu’il n’y a pas de livres « anonymes » chez nous, même s’il nous arrive de publier des anonymes. D’emblée, nous nous sommes positionnés sur le beau-livre, et quelques institutions  nous ont fait confiance, en nous confiant leurs ouvrages d’anniversaire : ce sont des livres de référence à ce jour. Nous mettons un accent sur les biographies, en ceci que nous croyons qu’en chaque individu, il y a quelque chose d’exceptionnel. Notre diffusion est également simultanée au Cameroun, en France et au Québec. Nous sommes en train de développer notre présence  sur l’Afrique d’expression francophone.

« Un voyage vers des hommes et des usages sur lesquels planent tant et tant de préjugés. Un contact souvent brutal, quelque fois délicat, avec une coutume magnifiquement conservée. Mais, au finish, un périple qui s’est rapidement transformé en une promenade à travers un autre habitat »

 

Mireille Bisseck, co-auteure

 

 

 

Afrolivresque: Quel regard portez-vous sur la qualité de la production littéraire africaine?

Haman Mana: La vie littéraire africaine est dense, forte. Je vois par exemple le Nigéria, où elle a déjà traversé les océans, pour faire influence en occident . Les jeunes générations africaines ont de la marge, grâce aux nouvelles possibilités technologiques et à la variété et l’originalité des Afriques, car il y a une multitude de facettes à notre continent.

Afrolivresque: L’édition numérique est en pleine croissante dans l’industrie du livre en occident. Quel regard jetez vous sur ce saut technologique et quel serait son apport dans l’’édition africaine?

Haman Mana: L’édition numérique est un monde nouveau, à explorer. Ceux qui posent la problématique en termes de la fin du livre papier se trompent. Les deux sont complémentaires et peuvent -doivent -coexister dans un monde où chacun trouve sa part. L’édition électronique, de par la « légèreté  » de son support, me semble t-il, devra rendre plus abordables, plus aisés les projets à petits budgets. C’est un boom qui va avoir lieu. Je suis très curieux de voir les passerelles qui se font entre les deux mondes: le numérique et le papier. Je vois bien comment des gens, après avoir lu un livre en numérique, s’attachent à trouver sa version papier, et comment, des ouvrages originels en numérique, se convertissent pour donner une version papier…C’est fascinant , et le meilleur est à venir, dans cette aventure.

Afrolivresque: Quels sont les prochains grands rendez-vous des Éditions du Schabel?

Haman Mana: Les Editions du Schabel seront, cette année plus prolixes que les années antérieures. Dès les tous prochains jours, Jean Bruno Tagne nous revient avec un livre sur les Lions indomptables. Ce journaliste très introduit a fait une plongée en profondeur dans le mal des Lions indomptables et c’est vraiment  le livre à lire pour comprendre pourquoi et comment cette vaillante équipe d’autrefois s’est transformée en une bande de loosers professionnels. Nous publions aussi bientôt une série de biographies de gens très ordinaires, mais qui ont connu dans leurs  parcours, des choses extraordinaires. Dans le catalogue 2015 des Editions du Schabel, il y aura aussi de belles surprises, surtout dans notre volet politique…


25 juin 2015 0 Commentaires
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Alan Paton et l'affiche du film adapté de son roman Cry the beloved country
CinémaFictionGenres LittérairesLifestyleLittérature

Le bestseller « Cry, the Beloved Country » de l’écrivain sud africain Alan Paton au cinéma

par Acèle Nadale 24 octobre 2014
Rédigé par Acèle Nadale

Le roman de l’écrivain sud-africain Alan Paton « Cry, The beloved country » (Pleure, ô pays bien-aimé), publié en 1948, a été adapté à plusieurs reprises sous le même titre, au cinéma en 1951 par Zoltan Korda et en 1995 par Darrell Roodt. Il a également fait l’objet d’une adaptation théâtrale en tragédie musicale par Kurt Weill et Maxwell Anderson, sous le titre Lost in the Stars, en 1974 par Daniel Mann.

Le livre raconte l’histoire de deux hommes vivant dans l’Afrique du Sud de l’apartheid que tout sépare mais que le destin va rapprocher dans des conditions dramatiques.

La version cinématographique de Darrell Roodt.

Dès les premières images, le spectateur est tout de suite frappé par les paysages magnifiques de l’Afrique du Sud malgré le caractère dramatique de l’histoire qui s’annonce. Les 2 acteurs principaux, Richard Harris et James Earl Jones sont d’une authenticité remarquable et sont de la trempe d’acteurs comme on n’en voit plus souvent. Un film qui ne laisse pas indifférent.

« Le Révérend Stephen Koumalo, pasteur noir d’un petit village d’Afrique du Sud, a plusieurs parents à Johannesburg: son frère John, le menuisier, sa soeur cadette, Gertrude, partie avec son petit garçon à la recherche de son mari, et son fils unique Absalon. Sur la foi d’une lettre qui l’appelle auprès de Gertrude, Koumalo se rend à Johannesburg et découvre la brutale réalité de l’apartheid, de la misère et de la déchéance qui règnent parmi les Noirs transplantés dans la grande ville. Son frère John est devenu un homme politique en vue, luttant pour la libération de ses compagnons de race. Gertrude mène une vie dissolue, à la limite de la prostitution.

De longues et pénibles recherches conduisent enfin Koumalo jusqu’à son fils Absalon. Pour avoir tué lors d’un cambriolage, celui-ci attend son jugement dans un pénitencier. Au terme d’un pèlerinage aux sources de la détresse et de l’injustice, le pasteur rentrera au village, n’emmenant ni John, ni Gertrude mais seulement la femme de son fils, dont l’exécution est imminente. Témoignage émouvant sur les rapports entre la minorité blanche et la majorité opprimée des gens de couleur, l’oeuvre d’Alan Paton a parfois été considérée comme La Case de l’Oncle Tom de l’Afrique du Sud. »

 

24 octobre 2014 0 Commentaires
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