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Les soleils des indépendances d'Ahmadou Kourouma
Genres LittérairesAfriqueAfrique de l'OuestFictionLittératureNotes de lectureRégions

« Les soleils des indépendances » d’Ahmadou Kourouma

par Marien Fauney Ngombé 18 janvier 2024
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

Ahmadou Kourouma a rejoint les mânes des ancêtres en 2003 et nous a laissé une œuvre dense. En hommage à l’écrivain ivoirien, le Salon International du Livre et de la Presse de Genève a donné son nom à un prix littéraire. Dans la liste des auteurs classiques à lire, Kourouma n’était pas en tête de liste, non pas par choix, mais par pur hasard. Mais Ndèye Fatou Kane (écrivaine et blogueuse) m’a vivement conseillé ce roman. C’est une inconditionnelle de l’auteur, qu’elle cite comme étant l’un des meilleurs écrivains du continent.

Les soleils des indépendances est son premier roman, paru en 1968. Publié aux Presses de l’université de Montréal puis aux Éditions du Seuil en 1970, il obtient sur manuscrit le prix 1968 de la revue québécoise Études françaises. Il sera l’un de ses romans les plus plébiscités avec Allah n’est pas obligé (Éditions du Seuil, 2000, prix Renaudot, Goncourt des lycéens) et En attendant le vote des bêtes sauvages (Éditions du Seuil, 1998, Grand prix Poncetton de la Société des Gens de lettres, prix du Livre Inter 1999). Le dernier roman de Kourouma, est paru en 2004, roman qu’il n’aura pas eu le temps de terminer. Avec Les soleils des indépendances, celui qui avait trente-trois ans en 1960 nous plonge dans « les bâtardises des indépendances ».

Décolonisation et perte des privilèges

Ahmadou Kourouma pose comme sujet central la décolonisation, un rendez-vous manqué. Il oppose tradition et modernité. L’avant et l’après indépendances. Le roman s’ouvre sur une immersion dans l’Afrique des traditions : excision, sacrifice et sollicitations des mânes.

C’est l’histoire de Fama Doumbouya descendant du grand Souleymane Doumbouya. Fama est marié à Salimata. Le couple vit une période de vaches maigres. Il a tout perdu avec les indépendances. Fama qui était un commerçant prospère grâce au négoce sous la colonisation est aussi un homme respecté de par sa lignée. Il se voit confisqué par les indépendances, tout ce qui le rendait heureux et fier. Fama n’est plus que l’ombre d’un Doumbouya. Avec la décolonisation et l’arrivée du parti unique, tout est désormais sous le contrôle de l’état socialiste. Alors qu’il espérait devenir le chef des Doumbouya après le départ des « toubabs », être utile après la décolonisation de par sa classe, Fama n’a rien et est même victime d’affront par d’anciens fils d’esclave.

Salimata la première épouse de Fama a grandi selon la plus pure tradition. Elle a vécu ces moments initiatiques dans une douleur tue. Elle la pieuse implore les mânes et vis dans le plus grand dénuement en espérant une chose : donner un enfant à Fama. Elle assure gite et le couvert à un homme qui a tout perdu. Elle ne cesse de maudire ce ventre aride.

Fama anticolonialiste accablé par le sort, est convaincu que le retour à la tradition est la seule issue pour retrouver son rang et donner un sens à ces indépendances. Il voit dans la mort de son cousin Lacina ­­—qui avait été préféré à lui par les autorités pour succéder à son père — comme une aubaine. Il lui reviendrait la lourde tâche d’assurer la succession des Doumbouya et de préserver la dynastie.

Tentative de retour à l’ordre initial

Le deuil du cousin Lacina pourra servir à Fama de transition pour assumer son rôle et envisager un avenir serein pour le Horodogo, espace sur lequel règnent des Doumbouya. Sur le trajet en bus vers le village, trois passagers témoignent de cette ignominie des indépendances, qui oblige les opposants à intégrer le parti unique et à payer des taxes fictives quand ces derniers ont de bonnes situations financières. Par les histoires racontées par les compagnons de bus, l’auteur confirme les bouleversements qui mèneraient la Côte d’Ebène à sa perte. L’un des compagnons raconte comment les membres du parti ont failli attenter à sa vie. Tous avaient fui le village de Togobala à cause des indépendances, du socialisme et du parti unique et retournent aux sources.

Couverture du roman "Les soleils des indépendances" d'Ahmadou Kourouma

Lire le livre

L’arrivée de Fama au village se fit sous de bons auspices. Malgré le fait que les terres sur lesquelles il devait désormais régner étaient pauvres, il trouva en Diamourou, le griot de la dynastie, et en Balla, le féticheur, de fidèles alliés qui n’étaient pas à convaincre quant au dessein de redorer le blason du village. Le prince désargenté pouvait d’ailleurs compter sur l’appui financier de Diamourou et de Balla. Balla y avait tous les honneurs. On se pressait à la case du patriarche pour saluer et écouter Fama. Mais au bout de quelques jours, comme ce qui arriva à ses compagnons dans le bus, le parti unique lui chercha des poux dans la tonsure pour motifs de contre-révolution. Grâce à l’intervention des anciens, Fama et la direction du comité du parti unique trouvèrent un compromis. Le parti unique était incontournable.

Une fois sa position recouvrée chez les Doumbouya, le Prince Fama décide de retourner à la capitale retrouver sa femme Salimata. À la capitale comme au village, les contre-révolutionnaires sont emprisonnés et disparaissent. La société à laquelle voulait revenir Fama était celle où chacun connaissait sa place : les griots, les féticheurs et les chefs restaient à leur place. Une société dans laquelle on consultait les oracles pour le bien de la communauté, où on veillait à la pérennité des traditions. Contre quoi, les indépendances avaient laissé naître une société dans laquelle griots et fils d’esclaves se permettaient de manquer de respect au dernier des Doumbouya. Une société dans laquelle on consultait l’oracle pour jeter des sorts à ses ennemis, pour des besoins personnels et égoïstes.

Le style d’ Ahmadou Kourouma qui se réapproprie la langue française…

Ahmadou Kourouma décrit une « Côte d’Ebène » qui retient dans des caves pour des motifs souvent fallacieux des anticolonialistes d’hier. L’auteur évoque aussi l’enrichissement de certaines personnes que Fama continue à considérer comme des hommes de conviction comme lui. Les indépendances avaient aussi changé la nature des hommes.

Le style de l’auteur est délectable au possible. Quelques pépites :

« Fama devait prouver sur place qu’il existait encore des hommes qui ne tolèrent pas la bâtardise. A renifler avec discrétion le pet de l’effronté, il vous juge sans nez » ;

« …des lacs d’eau continueront de croupir comme toujours et les nègres colonisés ou indépendants y pataugeront tant qu’Allah ne décollera pas la damnation qui pousse aux fesses du nègre » ;

« …les grands hommes sont nés de mères qui ont couvé les peines, les pleurs, les soucis et les sueurs du mariage » ;

« la politique n’a ni yeux, ni oreilles, ni cœur ; en politique le vrai et le mensonge portent le même pagne, le juste et l’injuste marchent de pair, le bien et le mal s’achètent ou se vendent au même prix ».

Les soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma soulève la question de savoir si, après son indépendance, l’Afrique aurait dû revenir à son organisation sociale précédente à la colonisation, ou bâtir une nouvelle société « hybride ». Le champ de la réflexion reste ouvert, mais on note bien que la fin de l’histoire tend à faire penser que les acteurs des indépendances ont fait des mauvais choix dont certains ont eu des conséquences irréversibles…

Les indépendances restent l’instant révélateur du présent et peut-être de l’avenir de l’Afrique. Beaucoup de pays sont encore dans la chambre noire de leur histoire…

18 janvier 2024 0 Commentaires
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Couverture du roman « Les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane et portrait de l'auteur
Notes de lectureAfriqueAfrique de l'OuestFictionGenres LittérairesLittératureRégions

« Les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane

par Marien Fauney Ngombé 18 janvier 2024
Rédigé par Marien Fauney Ngombé

Il n’est plus nécessaire de présenter Ousmane Sembène. Ce nom ne laisse personne indifférent. L’écrivain et réalisateur sénégalais est l’un des pionniers et l’un des phares de la littérature africaine. Le natif de Ziguinchor (qui nous a quittés en 2007) à la filmographie et à la bibliographie très engagées, livre avec Les bouts de bois de Dieu, un roman sur une Afrique coloniale au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Le roman Les bouts de bois de Dieu est inspiré de faits réels. Publié en 1960, il raconte la longue grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger qui eut lieu en 1947. Les cheminots réclamaient une réévaluation des salaires, une retraite et des allocations familiales. Des droits jusqu’à lors réservés aux travailleurs français et pas aux colonisés.

L’histoire se déroule entre Bamako, Dakar et Thiès. Cette dernière ville reste celle dans laquelle la grève prend son essor et symboliquement renvoie à des évènements similaires malheureux. En effet, une grève a déjà eut lieu en 1938 à Thiès. Cette première grève fit de nombreux morts et marque encore les esprits. On suit donc tout au long de la lecture, dans chaque ville, les différents membres du syndicat autonome, leaders de la deuxième grève de 1947. Nous sommes après la deuxième guerre mondiale et les africains ont comme moins d’appréhension à braver l’autorité « du blanc ».

Les colons

Du côté des colons, il y a Dejean le directeur de la régie, Isnard qui a vu naître la ligne chemin de fer et aussi cette classe d’ouvriers, et Edouard, l’inspecteur de travail qui sert d’intermédiaire aux dirigeants de la régie pour négocier avec le syndicat. Les deux hommes essaient par tous les moyens de faire fléchir les grévistes. Ils essaient de soudoyer certains dirigeants du syndicat, ils usent de fausses promesses, et vont jusqu’à avoir la complicité des personnalités religieuses pour faire culpabiliser les grévistes.

Les grévistes

Couverture du roman "Les bouts de bois de Dieu" de Sembène Ousmane

Lire le livre

Du côté des grévistes, officiellement, ce sont d’abord les hommes qui mènent la fronde contre la société de chemin de fer (La Régie) et indirectement contre l’administration coloniale. Un personnage plane sur le roman. Il est cité par de nombreux grévistes comme un homme cultivé, courageux qui a fait don de sa personne pour cette grève : Ibrahim Bakayoko, surnommé l’esclave Bambara. Il n’apparait qu’à partir de la page 265.

Un autre personnage se démarque du récit, le père d’Adjibidji, reconnu aussi pour sa verve et responsable des roulants. Ses prises de paroles restent épiques. De la première rencontre avec Edouard jusqu’au dernier meeting au cours duquel, il réussit à faire de la grève de chemins de fer une grève générale. Il y a aussi Lahbib, le cerveau de la grève et homme de consensus. Bakayoko et Lahbib vont être à la manœuvre pour le dénouement de la grève longue de six mois.

Les femmes au cœur du combat dans le roman Les bouts de bois de Dieu

Les personnages féminins jouent un rôle central dans cette grève. Elles sont d’abord un soutien indéfectible à leurs hommes, à l’instar de Mame Sofi, la grande gueule qui brave la police par deux fois en déclenchant un affrontement entre les femmes armées de bouteilles remplies de sable la première fois, et ensuite avec des flammèches la seconde fois. Mame Sofi dit à son mari que s’il arrête la grève « elle l’a lui coupe… ». À ses côtés dans la lutte, Ramatoulaye, une femme reconnue pour son affabilité et son courage dans ce contexte de tension et de privation. Elle va aller jusqu’à égorger de ses mains un bélier pour nourrir ses « bouts de bois de Dieu », ses enfants.

On remarque aussi le personnage de Maïmouna l’aveugle, qui perd un de ses enfants pendant un affrontement, se révèlera leader dans « le comité des femmes ». Et contre toute attente, l’auteur choisit une femme aux mœurs légères pour en faire l’initiatrice de « la marche des femmes », qui sera le point d’orgue de cette grève. Penda, la femme libre, sera la pierre angulaire du dénouement de la grève des cheminots.

L’espoir d’une justice

L’auteur de Les bouts de bois de Dieu décrit la fracture de la société coloniale : les quartiers huppés des colons baptisés « Vatican » d’un côté, et de l’autre, « la Médina » quartiers des noirs colonisés avec des concessions en torchis. Ce clivage est exacerbé par une grève qui affame les laissés-pour-compte. Le roman nous montre aussi comment des gens ordinaires deviennent des héros le temps d’une grève qui met à l’épreuve leur force physique et surtout mentale. Les grévistes devant faire face à des pénuries de denrées alimentaires ourdies par l’administration coloniale, à des exactions et à toutes formes d’humiliations.

« Il ne voyait plus que les yeux des enfants que la faim enfonçait au creux des orbites, que ces hommes et ces femmes qui poursuivaient la lutte, et il se demandait s’il devait continuer à les encourager, à tenir bon sans vivres, sans argent, sans crédit. Certes, des secours arrivaient, mais si faibles, si dérisoires, devant tous ces ventres vides. »

Les discours que Sembene Ousmane met dans la bouche de Bakayoko sont poignants. Les scènes sont décrites avec détail. Ce réalisme emporte le lecteur. L’auteur, malgré ce récit tragique par ses situations et tous ces sacrifices humains, y met aussi de l’humour.
On voit bien que le récit de cette grève montre un changement dans une Afrique de plus en plus décomplexée par rapport aux colons et encore une fois une Afrique qui laisse la femme jouer pleinement son rôle. Ce roman ne se veut pas manichéiste et cela est illustré par le personnage de Monsieur LeBlanc, le colon ethnographe qui aide les grévistes, ou celui de Diarra l’un des déserteurs de la grève.

Tous les événements tragiques maintiennent le lecteur dans une tension avec de nombreux rebondissements entre la recherche d’expédients pour survivre (trouver de l’eau, envoyer les apprentis voler les poules au « Vatican »…), les rencontres tendues avec les cadres, les femmes qui bravent la police et aussi les histoires d’amours secondaires qui ne laissent aucun répit au rythme de la narration. Le roman est dense. Le dénouement est raconté comme la fin d’une épopée.

18 janvier 2024 6 Commentaires
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« Grand Prix de Poésie Thomas Sankara 2024 décernée par Afrique Wilila »
ÉvénementsActualitéAfriqueAfrique de l'Ouest

L’appel à candidature de la 5e édition du « Grand prix de poésie Thomas Sankara » est lancé

par Chrystelle Ngoulou 18 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Le « Grand prix de poésie Thomas Sankara » est un concours annuel de poésie lancé par Afrique Wilila en l’honneur du défunt président burkinabé Thomas Sankara. L’objectif de ce concours est de promouvoir l’excellence de la poésie africaine. Le « Grand prix de poésie Thomas Sankara » fournit une plateforme aux poètes pour exprimer leur créativité et partager leurs réflexions sur divers sujets tels que la culture, l’identité, la politique et l’histoire.

Célébrer l’héritage de Thomas Sankara à travers la poésie africaine

Thomas Sankara, leader révolutionnaire et ancien Président du Burkina Faso décédé, est connu pour son engagement envers la justice sociale et l’émancipation africaine. Dans ce contexte, la poésie africaine, dont le Révolutionnaire était féru, s’est souvent avérée être un puissant vecteur d’expression politique et sociale. La figure historique de Thomas Sankara inspire encore aujourd’hui de nombreux mouvements culturels et littéraires sur le continent dont la structure Afrique Wilila.

Afrique Wilila est une entreprise sociale et culturelle burkinabé qui se consacre à l’organisation d’événements et au soutien des professionnels de la culture. Inspirée par l’héritage de Thomas Sankara, elle a initié le “Grand Prix de Poésie Thomas Sankara”. Ce prix littéraire vise à stimuler le secteur littéraire au Burkina Faso et en Afrique. Il représente une collaboration fructueuse avec divers acteurs du monde littéraire et se démarque particulièrement lors de la Journée internationale de la poésie. Cette initiative s’inscrit dans la vision de Sankara, promouvant la culture et l’éducation comme piliers du développement et de l’émancipation.

Conditions de participation à l’édition 2024

Le thème de cette 5ème édition du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara est « Nous Rassembler ». Il vise à unifier les voix à travers la poésie, reflétant la diversité et la richesse culturelle africaine, tout en s’inspirant de l’héritage d’un leader qui a cherché à unifier et à émanciper son peuple.

L’appel à candidature pour le « Grand Prix de Poésie Thomas Sankara » 2024 a commencé le 21 décembre 2023 et se terminera le 1er février 2024. Ce concours est ouvert à tous les passionnés de poésie, sans restriction de nationalité ou de résidence. Il est destiné aussi bien aux poètes déjà édités qu’à ceux qui n’ont pas encore été publiés.

Les candidats doivent soumettre un poème inédit, respectant les critères de format et de présentation spécifiés dans le règlement. Cette opportunité offre aux poètes une scène pour exprimer leur talent et leurs idées dans un cadre respecté et reconnu.

Plus de détails sur le règlement du concours, ici.

Organisation du « Grand Prix de Poésie Thomas Sankara »

Le jury du Grand Prix de Poésie Thomas Sankara se compose de personnalités littéraires éminentes, dont Bakhita Joseph Sanou, Désirée Aimée Ki-Zerbo, et Koba Boubacar Dao. Le gagnant du concours recevra un trophée, divers lots surprises et une reconnaissance significative, notamment la mention « Grand Prix de Poésie Thomas Sankara 2024 décernée par Afrique Wilila » sur toute publication relative à son œuvre poétique. La cérémonie officielle de remise du trophée aura lieu le 21 mars 2024, lors de la Journée internationale de la poésie.

Les douze meilleurs poèmes sélectionnés lors de la 4ème édition ont été compilés dans une anthologie nommée Penser la paix, panser la plaie. Le livre est publié par les éditions ICRA-Livre, proposé au prix de 2 500 francs CFA. Ce recueil est en vente à la librairie MERCURY à Ouagadougou.

 

 

 

18 janvier 2024 5 Commentaires
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Souleymane Bachir Diagne Rejoint le Conseil Scientifique du “Fonds Franco-Allemand pour la Recherche sur la Provenance des Objets Culturels d'Afrique Subsaharienne”
ActualitéPolitique

Souleymane Bachir Diagne Rejoint le Conseil Scientifique du “Fonds Franco-Allemand pour la Recherche sur la Provenance des Objets Culturels d’Afrique Subsaharienne”

par Acèle Nadale 18 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

En 2023, la France et l’Allemagne ont décidé de créer un fonds commun dédié à la recherche sur la provenance des objets culturels des pays subsahariens présents dans leurs institutions publiques.  

Le lancement officiel avec une conférence inaugurale de Souleymane Bachir Diagne

Le lancement officiel du nouveau Fonds de recherche franco-allemand sur la provenance des objets culturels d’Afrique subsaharienne sera lancé le 19 janvier 2024, à Berlin, au Centre Marc Bloch. À cet effet, une conférence inaugurale sera donnée par Souleymane Bachir Diagne, professeur de français et de philosophie, directeur de l’Institut d’études africaines à l’Université Columbia et membre du Conseil scientifique du Fonds.

Souleymane Bachir Diagne est auteur et philosophe sénégalais né le 8 novembre 1955 à Saint-Louis, au Sénégal. Il est un spécialiste de l’histoire des sciences et de la philosophie islamique, ainsi que de la traduction et du dialogue entre l’Afrique et l’Occident, l’islam et la modernité. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont De langue à langue : L’hospitalité de la traduction (Albin Michel,16 mars 2022) publié en 2022 et qui a obtenu le “prix écritures & spiritualités” 2023.

Des objectifs ambitieux

Au cours des dernières années, le renforcement de la recherche sur la provenance des objets culturels subsahariens est devenu un objectif majeur pour l’Allemagne et la France, ainsi que pour de nombreux autres pays européens. Ces pays ont cherché à rendre le patrimoine culturel de l’Afrique subsaharienne plus accessible au public de cette région. Ils ont appelé à une plus grande circulation des œuvres d’art et ont également mis en œuvre de nouvelles politiques concernant les restitutions de biens culturels. 

Les musées, institutions culturelles, scientifiques et académiques en Allemagne et en France détiennent d’importantes collections d’objets culturels et artistiques des pays subsahariens. Ces objets ont une grande signification symbolique, artistique, historique ou sociétale pour ces pays. La création de ce fonds franco-allemand sur la provenance des objets culturels d’Afrique subsaharienne fait partie intégrante d’une politique culturelle plus large visant à renforcer et à renouveler les partenariats avec l’Afrique subsaharienne.

Portée du fonds franco-allemand sur la provenance des objets culturels

Ce fonds est une initiative de trois ans avec un budget annuel de 720 000 €. Sur la base d’un appel à projets annuel, il soutiendra des projets de recherche sur la provenance menés par des consortiums réunissant des partenaires français, allemands et subsahariens. 

Le ministère français de la Culture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi que le Commissaire fédéral allemand pour la Culture et les Médias et le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche, ont mandaté le Centre Marc Bloch (CMB) de Berlin pour gérer ce fonds.

Le Conseil scientifique est responsable de la définition du programme du fonds, de l’évaluation des projets et de la sélection. Il est composé de neuf experts hautement reconnus, à parts égales de France, d’Allemagne et d’Afrique subsaharienne.

L’événement de lancement du Fonds de recherche franco-allemand sur la provenance des objets culturels d’Afrique subsaharienne aura lieu le 19 janvier à partir de 15h30 au Centre Marc Bloch. Cet événement sera accessible en présentiel et en ligne. Le Centre Marc Bloch est situé à l’adresse suivante : Friedrichstraße 191 – 10117 Berlin. Pour ceux qui souhaitent participer en ligne, vous pouvez le faire par ce lien :  https://us02web.zoom.us/j/85928251536

Si vous souhaitez assister à cet événement en personne, veuillez vous inscrire auprès de Dorothee Mertz (dorothee.mertz@cmb.hu-berlin.de), coordinatrice du Fonds de recherche franco-allemand au Centre Marc Bloch sur la provenance des objets culturels d’Afrique subsaharienne.

18 janvier 2024 0 Commentaires
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Couverture du livre "Weiße Wolken" de Yandé Seck
ProfessionnelsActualitéÉvénementsIndustrie

« Books at Berlinale » 2024 : Le premier roman de Yandé Seck dans la sélection de 2024

par La redaction 17 janvier 2024
Rédigé par La redaction

Le 18 février prochain, le “Berlinale Co-Production Market” mettra en lumière « Books at Berlinale », un événement exceptionnel dédié à la présentation de dix livres sélectionnés pour leur potentiel d’adaptation à l’écran. Parmi les œuvres choisies cette année, figure Weiße Wolken, le premier roman de Yandé Seck. La date de publication prévue est le 8 février 2024.

Le roman Weiße Wolken de Yandé Seck raconte l’histoire de deux sœurs dont le père, un immigrant sénégalais en Allemagne, décède de manière inattendue, perturbant l’équilibre familial. Les sœurs se rendent alors dans le pays de leur père pour ses funérailles. Cet événement marque un nouveau départ pour elles à bien des égards. Le livre est décrit comme une « grande chasse au trésor à travers les époques et la vie de deux familles ». Ce premier roman de l’auteure, publié par Kiepenheuer & Witsch, a été salué pour son intensité émotionnelle. Son intrigue est entraînante et maintient l’intérêt jusqu’à la dernière page. Les critiques ont particulièrement apprécié sa finesse d’esprit et son humour nuancé.

Yandé Seck, née en 1986 à Heidelberg, se distingue dans le monde littéraire avec son premier roman Weiße Wolken. En tant que psychothérapeute pour enfants et adolescents, Seck apporte une contribution précieuse à la santé mentale et au bien-être des jeunes. Sa sensibilité et son expertise dans ce domaine transparaissent dans son écriture. Cela lui permet d’aborder des sujets complexes avec profondeur et empathie.

“Books at Berlinale » depuis 18 ans

Lancé en 2006 en collaboration avec la Foire du Livre de Francfort, « Books at Berlinale » est le premier marché des droits intégré dans un festival de cinéma de catégorie A. L’événement attire des producteurs de renommée internationale. Des éditeurs et des agents littéraires présentent dix romans triés sur le volet. Les participants profitent d’une session de mise en relation, favorisant l’interaction entre producteurs et détenteurs de droits cinématographiques.

Les romans sélectionnés doivent présenter un fort potentiel cinématographique et être disponibles en anglais ou avec un extrait traduit. L’inscription des œuvres se fait généralement dès fin août, et la sélection est annoncée en janvier.

« Books at Berlinale » 2024

Pour l’édition 2024, « Books at Berlinale » présentera dix livres internationaux, sélectionnés parmi près de 100 propositions issues de plus de 30 pays. Animé par l’écrivaine Syd Atlas, l’événement se tiendra à la Maison des Représentants de Berlin. 

Les livres retenus traitent de diverses thématiques telles que les enjeux sociaux et politiques, le féminisme, la migration, le racisme et bien plus. Il est notable que 90 % des auteurs sélectionnés sont des femmes, apportant leur touche dans des genres variés comme l’autobiographie, le thriller, le roman historique et la fantasy.

Couverture du roman "Weisse Wolken" de Yandé Seck

Lire le livre

Les 10 livres sélectionnés pour « Books at Berlinale 2024 » sont :

  • The Secret of Nox: Light, Shadow – Bat Rats! (vol. 1) de Claudia Scharf (Allemagne)
  • Me: In-Between de Julya Rabinowich (Allemagne)
  • White Clouds de Yandé Seck (Allemagne)
  • Cesare’s Story. Choosing Happiness with Your Eyes Closed de Valentina Mastroianni (Italie)
  • Dissident Club de Taha Siddiqui, illustré par Hubert Maury (Pakistan/France)
  • History’s Angel d’Anjum Hasan (Inde)
  • Everything for Jo de Simone Meier (Suisse)
  • A Poisoner’s Tale de Cathryn Kemp (Royaume-Uni)
  • The Áróra Investigation Series: Cold as Hell de Lilja Sigurðardóttir (Islande)
  • Xerox / Hard Copy de Fien Veldman (Pays-Bas)

 

Cet événement offre une opportunité unique pour les producteurs de films et les agents littéraires. Il permet d’explorer le potentiel d’adaptation des œuvres littéraires. Par ailleurs, il crée un pont entre le monde de la littérature et celui du cinéma.

17 janvier 2024 0 Commentaires
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The Fraud de Zadie Smith
ÉvénementsActualitéEuropeRégions

Zadie Smith en lice pour le prix Writers’ Prize avec « The fraud »

par Acèle Nadale 16 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

La présélection pour le Writers’ Prize, auparavant connu sous le nom de prix Rathbones Folio, a été récemment annoncée. Parmi les auteurs sélectionnés figure Zadie Smith, nominée pour son premier roman historique, The Fraud.

Née le 25 octobre 1975 à Willesden, Londres, Zadie Smith s’est imposée comme une voix incontournable de la littérature contemporaine mondiale. Elle excelle à la fois comme romancière, essayiste et nouvelliste. Elle enrichit aussi le monde académique en tant que professeure à la faculté de création littéraire de l’Université de New York. 

Reconnue pour son style d’écriture unique et sa profondeur dans l’exploration de thèmes sociaux et culturels, Smith a déjà reçu de multiples distinctions pour son œuvre. Dans la catégorie fiction, The Fraud de Zadie Smith est en compétition avec The Bee Sting de Paul Murray, un roman en lice pour le Booker Prize, et The Wren, the Wren d’Anne Enright.

Fort de cette riche expérience littéraire et académique, Zadie Smith nous offre avec The Fraud, un roman qui plonge le lecteur dans une époque révolue tout en restant profondément ancré dans des thématiques contemporaines.

The fraud de Zadie Smith

Couverture du roman "The Fraud" de Zadie Smith

Lire le livre

Le roman The Fraud de Zadie Smith se déroule dans l’Angleterre du XIXe siècle, plus précisément dans les années 1860. Il est basé sur des événements historiques réels, en l’occurrence le célèbre procès Tichborne. Il explore les thèmes de la vérité et de la fiction, ainsi que les notions de fraude et d’authenticité, tout en établissant des parallèles avec la politique contemporaine. Le livre a reçu des éloges pour sa capacité à éclairer la vie et l’amour au XXIe siècle. The Fraud a été salué comme un travail de fiction historique minutieusement recherché.

L’originalité et la profondeur de The Fraud ne sont pas passées inaperçues, comme en témoigne sa nomination pour le prestigieux Writers’ Prize.

The Writers’ Prize, un prix incontournable dans le paysage littéraire mondial

Anciennement connu sous le nom de prix Rathbones Folio, le Writers’ Prize est un prix littéraire prestigieux récompensant l’excellence dans les domaines de la fiction, de la non-fiction et de la poésie. Ce prix est unique en ce sens qu’il ne repose pas sur des soumissions d’éditeurs. Au lieu de cela, l’Académie Folio nomme et juge les titres.

Le prix a été parrainé par la maison d’édition londonienne The Folio Society pour ses premières éditions de 2014 à 2015. À partir de 2017, l’entreprise de gestion d’investissement Rathbone Investment Management est devenue le sponsor du prix. Cependant, en raison de l’absence de nouveau parrainage après la fin du partenariat avec Rathbones, le prix a été rebaptisé « The Writers’ Prize » en novembre 2023.

Cette année, le prix maintient sa dotation de 36 000 £ grâce à la générosité de donateurs individuels, d’entreprises liées à l’industrie du livre, de membres de l’Académie Folio et de fondations. La nouveauté de cette édition est l’absence de jury traditionnel ; les présélections ont été choisies par les membres de l’Académie Folio, qui compte plus de 350 écrivains renommés. Après avoir voté pour la présélection, les membres auront accès aux titres grâce à un partenariat avec NetGalley, et voteront ensuite pour les gagnants.

L’annonce des lauréats, prévue pour le 13 mars à la foire du livre de Londres. Un événement attendu qui mettra en avant le travail des auteurs sélectionnés et leur contribution au monde littéraire.

16 janvier 2024 0 Commentaires
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June homme noir assis en train de lire sur une liseuse - 8 applications gratuites pour lire des ebooks

8 applications gratuites pour lire des ebooks

par Patricia Nya Njaounga 16 janvier 2024
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

La lecture d’ebooks est devenue une activité de plus en plus populaire, offrant aux amateurs de littérature une manière pratique et accessible de découvrir une multitude d’histoires. Il existe une variété d’applications gratuites pour lire des ebooks, où que vous soyez et à tout moment.

Choisir une application pour lire ses ebooks quand on ne s’y connaît pas n’est pas toujours chose aisée. Les différentes applications gratuites pour lire des ebooks offrent plusieurs fonctionnalités comme la personnalisation de l’affichage du texte, la synchronisation entre appareils, et parfois même la lecture audio.

Que vous soyez un amateur de romans, de poésie, de science-fiction, ou que vous recherchiez des ouvrages académiques, il existe une application adaptée à vos préférences de lecture. Il est recommandé de tester quelques-unes de ces options pour trouver celles qui convient le mieux à vos besoins de lecture. Dans cet article, vous trouverez huit applications gratuites pour lire des ebooks sans avoir à dépenser le moindre sou.

En plus de vous présenter huit applications gratuites incontournables pour la lecture d’ebooks, nous vous réservons une surprise : découvrez en bonus une neuvième application qui enrichira encore davantage votre expérience de lecture numérique.

1- Amazon Kindle

 

Amazon.fr : l'appli Kindle gratuite : Boutique Kindle - applications gratuites pour lire des ebooks

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Amazon Kindle est une application propriétaire d’Amazon qui vous donne accès à plus de 1,2 million d’ebooks en vente sur la boutique Kindle, dont des best-sellers et des nouveautés. Elle permet la lecture sur PC, Mac, iPad, iPhone, iPod touch et les appareils Android. Avec Kindle, vous pouvez lire gratuitement le premier chapitre d’un ebook avant d’effectuer votre achat, vous abonnez à vos journaux préférés, avoir accès à des milliers d’ebooks gratuits et adapter vos préférences d’afficahge à vos besoins..

 

2- Google Play Livres

Google Play Livres – Applications sur Google Play - applications gratuites pour lire des ebooks

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Google Play Livres est une application gratuite de lecture de livres électroniques proposée par Google. Avec cette application, vous avez un vaste choix sur les millions de livres en vente sur Google Play. De nouvelles parutions aux meilleures ventes du New York Times, en passant par les manuels scolaires et les grands classiques gratuits. Google Play Livres permet la lecture des fichiers PDF et ePub sur téléphones, tablettes et ordinateurs. Les paramètres d’affichage sont personnalisables et vous pouvez lire vos ebooks en ligne ou hors connexion. Elle est disponible en téléchargement gratuit sur Google Play. Elle permet de télécharger des ebooks sur plusieurs appareils, de lire des livres achetés, des livres audio, des bandes dessinées et des mangas.

 

3- Aldiko Next

 

Aldiko Next logo - applications gratuites pour lire des ebooks

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Aldiko Next (précédement Alido Book Reader) est une application de lecture d’ebooks pour les appareils Android. C’est l’un des lecteurs de livres électroniques les plus connus. L’application prend en charge les formats de fichiers EPUB et PDF, ce qui en fait un outil polyvalent pour la lecture de livres électroniques. L’application offre une interface intuitive permettant d’ajuster facilement les paramètres de lecture tels que la taille et la couleur de la police, la couleur de l’arrière-plan et l’espacement des lignes. De plus, elle permet de cataloguer, de trier et de rechercher des ebooks, et inclut un dictionnaire intégré pour faciliter la recherche de nouveaux mots pendant la lecture. Aldiko Next est reconnu pour sa convivialité, son confort et sa gratuité, ce qui en fait l’un des meilleurs outils de lecture d’ebooks pour les appareils Android

 

4- Wattpad

 

Wattpad – Apps Google Play - applications gratuites pour lire des ebooks

Télecharger Wattpad

Wattpad est une application populaire qui permet de lire, d’écrire et de partager des histoires du monde entier. Elle offre un accès à des millions d’histoires et de livres gratuits, et permet aux utilisateurs de découvrir de nouveaux auteurs et de genres littéraires. En plus de la lecture, Wattpad est également une communauté où les utilisateurs peuvent interagir avec les écrivains et les autres lecteurs, partager leurs propres histoires et recevoir des commentaires. Bien que l’application comporte des publicités, elle offre une vaste bibliothèque de contenus gratuits, ce qui en fait une plateforme attrayante pour les amateurs de lecture.

 

What is Audible

 

5- Goodreads

 

Goodreads logo - applications gratuites pour lire des ebooks

Télecharger Goodreads

Goodreads est une application et un site web qui permet aux lecteurs de découvrir, évaluer et critiquer des livres. C’est le plus grand site au monde pour les lecteurs et les recommandations de livres. Les utilisateurs peuvent rechercher de nouveaux livres, évaluer ou critiquer leurs lectures, et partager leurs recommandations avec d’autres membres. L’application offre également la possibilité de suivre des amis, des auteurs et des célébrités pour découvrir ce qu’ils lisent et obtenir des suggestions de lecture personnalisées. En résumé, Goodreads est une communauté en ligne pour les amoureux de la lecture, où l’on peut découvrir de nouveaux livres, partager ses opinions et interagir avec d’autres passionnés de lecture.

 

6- Kobo Books

 

Rakuten Kobo - applications gratuites pour lire des ebooks

Télécharger Rakuten Kobo

KoboBooks est une application de lecture d’ebooks qui permet aux utilisateurs de naviguer à travers un vaste catalogue d’ebooks, de bandes dessinées et de livres pour enfants, et de les lire confortablement sur leurs appareils Android. L’application offre la possibilité de télécharger des ebooks gratuits, et prend en charge les formats de fichiers EPUB et PDF. Elle permet également d’ajuster la taille et la couleur de la police, la couleur de l’arrière-plan et l’espacement des lignes pour une expérience de lecture personnalisée. En outre, les utilisateurs peuvent acheter des ebooks via l’application et les lire sur plusieurs appareils. KoboBooks est une application populaire pour la lecture d’ebooks sur les appareils Android, offrant une grande variété de contenus littéraires, y compris des ebooks gratuits.

 

7- Moon+ Reader

 

Moon+Reader

Télecharger Moon+ Reader

Moon+ Reader est une application de lecture d’ebooks pour les appareils Android. Elle accepte plusieurs formats tels que EPUB, PDF, DJVU, AZW3, MOBI, FB2, PRC, et offre une interface confortable et intuitive qui permet de personnaliser l’expérience de lecture. L’application permet d’ajuster la taille et la couleur de la police, la couleur de l’arrière-plan et l’espacement des lignes. De plus, elle offre la possibilité de télécharger des livres dans presque n’importe quel format ebook, y compris epub, mobi, chm, cbr, cbz, umd, fb2, txt, html, rar, zip ou OPDS. Moon+ Reader est reconnu pour sa simplicité et sa puissance, ce qui en fait un outil apprécié par les utilisateurs de tablettes ou de téléphones mobiles avec des écrans relativement larges. En plus des fonctionnalités classiques que l’on retrouve chez toutes les applications, Moon+Reader a la particularité de synchroniser la position de lecture via Dropbox, mais également d’offrir une multiple de possibilités de paramétrer ses préférences d’affichage à sa guise : mode jour/nuit, plusieurs façons de changer de page, scroll automatique réglable et bien d’autres. Elle n’est disponible que pour les plateformes Android et téléchargeable que sur Google Play en version gratuite ou payante.

 

8- FBReader (Favorite Book Reader)

FBReader

Télecharger FBReader

FBReader est une application gratuite multilingue (34 langues) et multiplateforme (Android, Mac OS X (en cours), Linux, Windows, Blacberry 10 et bien d’autres).  Ici aussi, vous pouvez paramétrer vos préférences d’affichage, lire vos ebooks et documents aux formats les plus connus (ePub, Mobi, PDF, html, rtf, et bien d’autres). L’un de ses avantages réside également dans sa légèreté et sa rapidité à s’ouvrir. Avec plus de 10 millions de téléchargements, elle fait partie des applications les plus utilisées sur le marché. Pas encore disponible pour iOS (sortie prévue en milieu de cette année), FBReader est téléchargeable uniquement sur Google Play.

Bonus

9- Feedbooks

 

Logo application Feedbooks

Télecharger Feedbooks

Cette application est l’une des plus populaires chez les passionnés de lecture (plus de 20 millions de téléchargements). Elle donne accès à un catalogue de la librairie numérique Feedbooks intégrée contenant plusieurs milliers de livres gratuits, en plusieurs langues et qui sont dans le domaine public. Utilisable sur liseuses, Android ou iOS (tablettes et Smartphones), l’application Aldiko book reader vous permet d’acheter, de lire et d’organiser vos ebooks. Vous pouvez personnaliser vos paramètres de lecture en choisissant la police ou la taille d’écriture qui vous convient, ou prendre des notes pendant la lecture. Il est aussi possible d’importer ses sites internet favoris, ses propres catalogues ou documents aux formats ePub, PDF ou Adobe eBook DRM dans sa bibliothèque. En collaboration avec certaines bibliothèques de la France, de Suisse, des USA et du Canada, Aldiko Book Reader offre également la possibilité aux abonnés de ces bibliothèques d’emprunter des ebooks directement via l’Application.

Cette sélection d’applications gratuites pour lire des ebooks ne saurait être exhaustive. Vous pouvez l’enrichir en partageant avec nous votre expérience avec d’autres applications.

16 janvier 2024 1 Commenter
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7 livres d’auteurs africains jeunesse incontournables pour enfants entre 6 et 12 ans à lire pendant les vacances
Listes de livresAfriqueLittérature Jeunesse

7 livres d’auteurs africains jeunesse incontournables pour enfants entre 6 et 12 ans à lire pendant les vacances

par Ramcesse Chetmi 16 janvier 2024
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Comment inculquer l’envie de lire à mon enfant ? Comment faire en sorte qu’il lise tout seul ? Que faire pour qu’il puisse commencer et achever la lecture d’une bande dessinée, d’un conte ou d’un récit ? Où trouver les livres d’auteurs africains pour la jeunesse? Nombreuses sont les questions que se posent les parents, comme vous, qui aimeraient bien pouvoir inculquer l’amour de la lecture à leurs enfants.

Selon plusieurs études, la tranche d’âge de 06 à 12 ans est une période importante de découverte pour le développement du cerveau de l’enfant. C’est aussi durant cette période que l’enfant apprend à lire et essaie de comprendre l’histoire qu’il lit. Pour les spécialistes de la lecture, il est conseillé aux parents de choisir des livres avec des images, et de privilégier des histoires courtes et captivantes comme les contes ou des récits avec quelques illustrations afin de capter l’attention de l’enfant jusqu’au bout.

Nous avons sélectionné pour vous 7 livres d’auteurs africains jeunesse que vos enfants entre six et douze ans adoreront, et qui certainement les encourageront à lire d’avantage.

 

1.  Akissi – Mission pas possible de Marguerite Abouet

 livres d’auteurs africains jeunesse-Akissi - Mission pas possible de Margaret Aboue

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Editeur : Gallimard Jeunesse

ISBN : 2075084696

Résumé : Non seulement ses parents veulent envoyer Akissi en France, mais en plus tout le monde en profite pour lui confier des missions compliquées. Son pépé lui demande même d’aller retrouver là-bas son ancienne amoureuse ! C’est bien la seule à ne pas se réjouir du grand voyage… Toute sa malice lui suffira-t-elle à échapper à son avenir parisien ?

 

 

2.  Mayi Sirena – La pierre sacrée de Cristèle Karmen Dandjoa

livres d’auteurs africains jeunesse-Mayi Sirena - La pierre sacrée

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Editeur : Gallimard Jeunesse

ISBN : 2075084696

Résumé : Conte Africain original Tome 2 – Mayi Siréna, la pierre sacrée : Mayi et sa famille se rendent au village de Glidji, à Aného, pour la cérémonie de la prise de la pierre sacrée. C’est une grande cérémonie pour les « Aného-tô », mais la pierre sacrée sera dérobée par un aigle géant. Mayi se donnera pour mission de la récupérer pour les gens d’Aného. C’est un incroyable voyage qui l’attend, rempli de surprises. « La grande eau chantait un air doux et sourd. Elle dansait, ondulant son dos comme les hommes et les femmes d’Aného. Mayi s’approcha des agues sans crainte. Elle s’assit sous un cocotier et les observa danser. Profitant de ce moment intime avec la nature, la petite Bassar ne remarqua pas tout de suite les hommes qui accostaient leur barque sur le rivage ». à partir de 5 ans

 

3.  La belle histoire de Leuk-le-lièvre de Léopold Sédar Senghor, Abdoulaye Sadji

livres d’auteurs africains jeunesse- La belle histoire de Leuk-le-lièvre

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Editeur : Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal

ISBN : 2841298329

Résumé : Dans les contes et fables d’Afrique Noire, Leuk-le-Lièvre jouit, avec Diargone-l’Araignée, du même renom que le Renard dans les contes et fables d’Europe.

Aux côtés de Leuk-le-Lièvre, on découvre, avec leurs caractères particuliers, tous les habitants de cette immense brousse qui ont fait de cette « belle histoire » l’un des grands classiques de la littérature africaine.

A partir de 10 ans.

 

 

4.  La Rue Cases-Nègres (BD) de Joseph Zobel

livres d’auteurs africains jeunesse- La Rue Cases-Nègres (BD)

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Editeur : Présence Africaine

ISBN : 2708709143

Résumé : À la rue Cases-Nègres, à Petit-Morne, bourg de Rivière Salée, José et ses amis vivent dans l’insouciance tandis que leurs parents, de pauvres gens, triment dans les plantations de canne à sucre pour gagner leur vie.

C’est dans ce contexte que commence La Rue Cases-Nègres, ce grand classique de la littérature antillaise. À travers le récit de sa propre enfance, Joseph Zobel y décrit la Martinique des années 1930, en peignant avec la mémoire du cœur et des blessures, la vaillance, la dureté et la tendresse des descendants d’esclaves, acharnés à bâtir pour leurs enfants un pays plus libre et plus généreux.

 

 

5. Petit Jo, enfant des rues de Evelyne Mpoudi Ngollé

livres d’auteurs africains jeunesse- Petit Jo, enfant des rues

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Editeur : EDICEF

ISBN : 2753102384

Résumé : Le nourrisson abandonné devant l’hôpital dormait si profondément qu’on le crut mort. C’était compter sans son immense soif de vivre. Tout au long de sa jeune existence, Petit Jo va lutter contre la fatalité pour se forger un avenir digne de ce nom. Un roman poignant qui porte en lui l’espoir pour des millions d’enfants maltraités par la vie. Pour chaque chapitre : un questionnement complet pour une lecture méthodique ; des activités pour aller plus loin à l’écrit comme à l’oral (débats, saynètes). En fin d’ouvrages, un groupement de textes sur les thématiques abordées dans l’œuvre. Ce livre de la camerounaise Evelyne Mpoudi Ngollé publié chez EDICEF en 2009, raconte non seulement une histoire, mais propose aussi des exercices de compréhension de texte. Idéal pour les enfants dès l’âge de 09 ans.

 

6. Manu et les fourmis : Histoires de Centrafrique de Georgette Florence KOYT-DEBALLE

Manu et les fourmis -Histoires de Centrafrique de Georgette Florence KOYT-DEBALLE

Lire le livre

Editeur : Editions L’Harmattan

ISBN : 234313359X

Résumé : Manu n’aime pas manger, elle refuse tout ce que lui propose sa mère, mais une rencontre inattendue la fera changer d’avis. Pourquoi les hommes dorment-ils la nuit ? Comment la Mort est-elle apparue sur Terre ? Deux enfants qui sont en butte aux moqueries à cause de leur couleur de peau deviendront amis. Des histoires pour divertir, éduquer, émouvoir… Et découvrir la République centrafricaine. Cet ouvrage de 102 pages de la centrafricaine Georgette Florence Koyt-Deballé publié chez L’Harmattan en 2018 est bilingue, en français et en sängö, langue centrafricaine.

 

 

7. Kesho, 13 histoires et comptines d’Afrique de Maud-salome Ekila

livres d’auteurs africains jeunesse- Kesho, 13 histoires et comptines d'Afrique de Maud-salome Ekila

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Editeur : EKILA

ISBN : 234313359X

Résumé : À chaque histoire, sa comptine. Rencontrez Shanti, Modibo, Maïko ou encore l’oncle Diffa dans ce livre-usb sur le partage, la solidarité, la créativité, la passion, l’histoire et les identités africaines. Découvrez ou redécouvrez des comptines populaires venues de tout le continent africain. Treize histoires à écouter ou à lire en journée ou avant le dodo.

 

 

De 06 à 12 ans, les enfants se découvrent et s’éveillent réellement au monde qui les entoure. C’est le moment idéal pour forger et construire leur personnalité, pour mettre en route leurs capacités d’analyse et exercer leurs aptitudes à formuler des opinions. Cette liste est une sélection non exhaustive de 9 livres d’auteurs africains jeunesse que les enfants entre 6 et 12 ans adoreront ! L’enfant, à travers ses lectures, peut se construire un monde et s’ouvrir au monde. Et comme le disait dans une interview de l’illustrateur de livre jeunesse Christian Epanya:

« La culture est une arme pour être libre »

Quelles sont les prochaines lectures de vos enfants ces vacances? Partagez avec nous en commentaire vos découvertes livresques d’auteurs africains jeunesse pour les petits et adolescents.

16 janvier 2024 0 Commentaires
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[Vidéo] Congo-Brazzaville : lancement du projet TO TANGA BUKU pour promouvoir la lecture

par Acèle Nadale 15 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Le projet « To tanga buku » en lingala, qui signifie « Lisons les livres ! » en français, est une initiative conjointe des associations Les Ateliers Sahm et Arteres. Leur objectif est de stimuler l’intérêt pour la lecture. Une conférence de presse a été organisée récemment pour annoncer le lancement de ce projet. Les intervenants, qui comprenaient Bill Kouelany, fondatrice et directrice des Ateliers Sahm, Chris Moumbounou, coordinateur des Ateliers Sahm, et Sophie Bazin, directrice de l’association Arteres, ont présenté le projet sous le thème « LireLibr’Ensemble, des ponts entre nous ». Le but est de construire des ponts entre les enfants du Congo et de la France grâce à la lecture.

15 janvier 2024 0 Commentaires
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21 classiques africains que vous devez avoir lus avant vos 21 ans
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21 classiques africains que vous devez avoir lus avant vos 21 ans

par Patricia Nya Njaounga 15 janvier 2024
Rédigé par Patricia Nya Njaounga

Les débuts de la littérature africaine sont essentiellement ponctués par la tradition orale. Ce n’est qu’à partir des années 50 que ce que nous connaissons aujourd’hui comme classiques de la littérature africaine commencent à émerger. Les années 70 quant à elles correspondent ensuite à l’émergence d’une littérature lourde de désillusions face aux dictatures des régimes post-coloniaux.

Cette liste de classiques africains veut faire un panorama des écrits de nombreux auteurs ayant incarné les différentes périodes de la littérature africaine. En effet, ils ont été les précurseurs ou les fondateurs de courants et mouvements de pensées les plus importants.

Romans, poésie, pièces de théâtre ou recueils historiques, la littérature africaine est riche de nombreux ouvrages de référence. Ces livres brillent aussi bien par les thèmes abordés que par leurs styles. Afrolivresque a sélectionné pour vous 21 de ces classiques de la littérature africaine que tout jeune devrait absolument avoir lus avant de quitter le cocon familial, avant d’atteindre la majorité légale, avant l’âge de 21 ans!

 

21 – Allah n’est pas obligé – Ahmadou Kourouma

 Allah n’est pas obligé - Ahmadou Kourouma

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Éditeur : Points

ISBN : 2298050260

Résumé : Kalachnikov en bandoulière, Birahima tue des gens pour gagner sa vie. Pas plus haut que le stick d’un officier, cet enfant-soldat du Liberia raconte. L’errance, la guerre, les pillages, les massacres, les copains qui tombent sous les balles… Témoin lucide et fataliste, il nous offre l’image terrifiante d’une Afrique qui sacrifie ses enfants.

Né en 1927 en Côte d’Ivoire et mort à Lyon en 2003, Ahmadou Kourouma est l’un des écrivains les plus importants du continent africain. Ses quatre livres sont disponibles chez Points.

Le prix Jean-Giono 2000 lui a été attribué pour l’ensemble de son œuvre. Prix Goncourt des lycéens 2000. Prix Amerigo Vespucci 2000

 

20-  Peau noire, masques blancs – Franz Fanon

21 classiques africains - Peau noire, masques blancs - Franz Fanon

Lire le livre

Éditeur : Points

ISBN : 2757841688

Résumé : Peau noire, masques blancs

La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d’avenir. Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels du tiers monde.

Frantz Fanon (1925-1961) – Né à Fort-de-France, il s’engage dans les Forces française libre en 1943, puis étudie la médecine, la philosophie et la psychologie à Lyon. Il devient médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, mais il est expulsé d’Algérie en 1957 et s’installe à Tunis où il reste lié avec les dirigeants du GPRA. Il meurt d’une leucémie après avoir publié deux autres ouvrages consacrés à la révolution algérienne et à la décolonisation.

 

19- Amkoullel l’enfant peul – Amadou Hampâté Ba

21 classiques africains- Amkoullel l’enfant peul - Amadou Hampâté Ba

Lire le livre

Éditeur : J’AI LU

ISBN : 229030641X

Résumé : Amkoullel, tel est le surnom que porte le jeune Hampâté Bâ quand, au début du XXe siècle, il s’initie aux traditions familiales séculaires. Fréquentant l’école française en même temps que la coranique, courant la savane alors que des proches partent pour une guerre que l’on dit mondiale mais qui les concerne si peu, à l’écoute des maîtres de la parole, il s’apprête à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.À la fois roman d’aventures, tableau de moeurs et fresque historique, ces Mémoires restituent dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain. « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »

 

 

18- Batouala – René Maran

21 classiques africains- Batouala - René Maran

Lire le livre

Éditeur : Magnard

ISBN : 221075450X

Résumé : Le grand chef Batouala ne peut plus dormir comme avant dans la quiétude de la haute brousse. Qu’est-ce qui l’empêche de rejoindre « le doux feu intérieur du sommeil » ? Sa paresse est troublée par un souci majeur : pourquoi la rumeur répète-t-elle que l’homme blanc accable l’homme noir et le traite moins bien que son chien ? Pourra-t-il encore vivre heureux au bord du grand fleuve Nioubangui ?

« Batouala » est le premier roman « nègre » écrit par un « nègre ». Son auteur, un fonctionnaire antillais du ministère des Colonies, soulève, en cette année 1921, un vent de scandale, mais reçoit pourtant, cette même année, le prix Goncourt. La lecture de ce roman et de son impérative préface permettra aux élèves de comprendre le contexte dans lequel ont pu naître une telle oeuvre et un tel paradoxe. Elle leur permettra aussi de découvrir un des premiers textes de la « négritude », mouvement littéraire et artistique du XXe siècle, qui entraîna l’émergence d’une culture noire et de sa conscience.

 

17- Et Dieu seul sait comment je dors –Alain Mabanckou

21 classiques africains - Et Dieu seul sait comment je dors -Alain Mabanckou

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708707191

Résumé : Un Antillais, Auguste-Victor, natif de Saint-Sauveur, est hanté par un passé ténébreux, par l’image permanente d’un enfant qui pleure dans un berceau et par une femme aux « traits indous », aux « longs cheveux ondoyants », au regard de nymphe, cette femme qui est la seule éclaircie de son existence, cette femme qui lui fit même oublier l’ingratitude de son physique. Et puis, il y a Makabana, le vieil Africain, bossu, personnage solitaire, énigmatique et curieux, échoué en Guadeloupe, à Vieux-Habitants, depuis un demi-siècle. Il croise pour la première fois Auguste-Victor, l’étrange homme toujours habillé en blanc les dimanches. A partir de ce jour-là, il ne dormira plus… Le nouveau format de poche de ce roman d’Alain Mabanckou est publié aux Éditions Présence Africaine en 2001.

 

16-  La saison de l’ombre – Léonora Miano

21 classiques africains - La saison de l'ombre - Léonora Miano

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Éditeur : Points

ISBN : 2266248774

Résumé : « Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »

Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.

Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L’histoire de l’Afrique sub-saharienne s’y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l’obligation d’inventer pour survivre. »

 

15-  La Petite Fille du réverbère – Calixthe Beyala

21 classiques africains - La Petite Fille du réverbère - Calixthe Beyala

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Éditeur : J’ai lu

ISBN : 2290053295

Résumé : À travers le récit de la petite Tapoussière élevée par sa grand-mère en l’absence de sa mère, disparue, et de son père, inconnu, Calixthe Beyala revient au plus près de ses racines. Force d’imprécation, tendresse, lyrisme, mais aussi colère et humour, La petite fille du réverbère dévoile les secrets d’un héritage – celui d’une enfance misérable dont l’auteur n’a jamais pu guérir.

Paru aux Éditions Albin Michel, ce roman a été élu Grand Prix du roman de l’Académie française et reçoit en 1998 le Grand prix littéraire d’Afrique noire – qui est le Grand prix de l’Unicef-.

 

 

14- Fureurs et cris de femmes –Angèle Rawiri

21 classiques africains - Fureurs et cris de femmes d'Angèle Rawiri

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Éditeur : L’Harmattan

ISBN : 2-7384-0250-X

Résumé : Emilienne et Joseph s’aiment à  l’étranger où ils poursuivent leurs études. Une fois rentrés au pays, ces deux jeunes gens décident de rencontrer les parents de l’un et de l’autre. Mais, la mère de Joseph s’oppose à cette union parce qu’Emilienne est une étrangère, une femme d’une autre langue, d’un autre groupe socioculturel; il n’en demeure pas moins que la mère d’Emilienne  rejette le choix de sa fille d’épouser un homme du Nord. A ces oppositions il faut adjoindre le caractère volage de Joseph et la consolation d’Emilienne dans les bras de sa secrétaire Dominique.

Ce roman classique gabonais se déroule autour des situations à l’origine des frustrations, des infidélités  et de la stérilité.

 

13- Œuvre poétique – Léopold Sédar Senghor

21 classiques africains -Œuvre poétique - Léopold Sédar Senghor

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Éditeur : POINTS

ISBN : 2757884077

Résumé :  « Masque noir masque rouge, vous masques
blanc-et-noir
Masques aux quatre points d’où souffle
l’Esprit
Je vous salue dans le silence ! »

Souvent symboliste, toujours musicale, la poésie de Léopold Sédar Senghor s’inspire des chants incantatoires dont les mots et les rythmes se lient à la pensée et au corps. Dans ce volume, est réunie l’intégralité de son œuvre : Chants d’ombre, Hosties noires, Éthiopiques, Nocturnes, Lettres d’hivernage, Élégies majeures, Poèmes perdus, ainsi que Dialogue sur la poésie francophone et un ensemble de poèmes divers. Homme politique de premier plan (il fut le premier président de la République du Sénégal), poète majeur et fervent défenseur de la culture africaine, Léopold Sédar Senghor (1906-2001) contribua avec Aimé Césaire au mouvement de la « négritude ». À la croisée des civilisations de l’Afrique et de l’Occident, il a défendu dans sa vie comme dans ses écrits, les valeurs du métissage et de l’universel. Son Œuvre poétique est aujourd’hui un classique de la littérature francophone.

 

12- Une vie de boy – Ferdinand Oyono

21 classiques africains -Une vie de boy - Ferdinand Oyono

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Éditeur : Pocket

ISBN : 2266169289

Résumé : Décrivant son Cameroun natal à travers les yeux d’un jeune garçon, Toundi, Ferdinand Oyono signe une œuvre satirique en se jouant de la perception infantilisante des Blancs vis-à-vis des Noirs, dans le quotidien de la vie coloniale. D’inspiration largement autobiographique, l’histoire du jeune Toundi débute par le départ du logement familial pour rejoindre la Mission catholique Saint-Pierre de Dangan. Comme pour mieux placer le lecteur dans le schéma habituel, cet incipit se construit autour de la fuite d’un monde brutal et sauvage, incarné par un père violent, vers un monde rassurant et civilisé (l’Eglise). Mais au fil des pages, Oyono s’amuse à déconstruire cette vision sainte pour nous présenter un univers colonial oppressant (même si la vie y est décrite comme douce). Le père Gilbert qui l’accueille est visiblement un Homme bienveillant, généreux, que l’enfant admire et révère. Mais il perpétue les rapports inégalitaires et en fait son boy. La mort du missionnaire et le départ vers la « Résidence », la ville des Blancs plongera définitivement le garçon, que l’on appelle Joseph depuis son passage chez les Catholiques, dans un rapport de soumission vis-à-vis de l’administration coloniale.

Ce roman a connu plusieurs rééditions dont la toute dernière est celle de la maison d’édition Edicef effectuée en 2013 et parue dans la collection « Litterafrique : lecture suivie et dirigée ». Une vie de Boy est aussi adapté au théâtre par différents acteurs et comédiens camerounais.

 

11- Le pagne noir – Bernard Dadié

21 classiques africains - Le pagne noir - Bernard Dadié

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708700251

Résumé : Les textes de cet ouvrage manifestent la rencontre heureuse d’un écrivain avec son monde, cette Afrique du pays baoulé recréée à travers le merveilleux de la fable, l’ironique bestiaire de la tradition, la gaîté d’un savoir ancien et la tendresse d’une longue mémoire. Les 16 contes provenant de la Côte d’Ivoire ancestrale ont été publiés de nouveau par les Éditions Présence Africaine en 2001.

 

 

 

 

 

10- Le Fils d’Agatha Moudio – Francis Bebey

21 classiques africains - Le Fils d’Agatha Moudio - Francis Bebey

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708700251

Résumé : Le Fils d’Agatha Moudio se présente comme le roman d’un monde en décomposition, d’un monde pris entre deux civilisations. L’ambiguïté qui s’y dégage et devient envahissante montre la difficile assimilation qui découle du contact de deux cultures diamétralement opposées. Que ce soit au niveau de la structure du roman ou au niveau des thèmes qui y sont développés, que ce soit même au niveau des actions des personnages, on se rend compte que Francis Bebey, en choisissant l’ambiguïté comme mode d’écriture, a voulu inscrire son roman dans une dimension réaliste. Le faisant, il est resté fidèle à la fonction assignée à l’écrivain, à savoir sa fonction sociale.

Ce roman de Francis Bebey a été traduit en anglais, allemand et polonais.

 

09- Les Bimanes – Séverin Cécile Abega

Les Bimanes - Séverin Cécile Abega

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Éditeur : EDICEF

ISBN : 2753102651

Résumé : Faire rentrer la littérature africaine dans les classes.

C’est un monde pittoresque et plein d’humour qui se dévoile, pour mieux dénoncer les inégalités et l’absurdité de la société des Bimanes. Ceux qui ont deux mains.

A travers sept nouvelles, Séverin Cécile Abéga évoque aussi bien le milieu des pauvres gens que celui des nantis qui les oppriment.

 

 

 

08- Trois prétendants… Un mari – Guillaume Oyônô-Mbia

Trois prétendants... Un mari - Guillaume Oyônô-Mbia

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Éditeur : L’Harmattan

ISBN : 2723500357

Résumé : Trois prétendants… un mari (1960) est la première pièce de théâtre du Camerounais Guillaume Oyônô Mbia. Dans un pays où le système de la dot semble pousser les jeunes au travail et encourager les vieux à la paresse, il est intéressant de voir sur scène les implications de cette pratique. Cette pièce a remporté un énorme succès partout où elle a été jouée et a reçu le prix El Hadj Ahmadou Ahidjo en 1970.

 

 

 

 

07- Les Contes d’Amadou Koumba – Birago Diop

21 classiques africains - Les Contes d'Amadou Koumba - Birago Diop

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708700537

Résumé : Les Contes d’Amadou Koumba est une collection de contes venant de la tradition orale sénégalaise. Ce livre est une des premières tentatives de mettre en écriture les contes oraux des griots Wolofs.

 

 

 

 

 

 

06- Une si longue lettre – Mariama Bâ

21 classiques africains - Une si longue lettre - Mariama Bâ

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Éditeur : Litos

ISBN : 2385060396

Résumé : Ce roman épistolaire de Mariama Bâ est assurément l’un des plus grands classiques de la littérature africaine. Il rassemble les lettres échangées entre Ramatoulaye Fall, la narratrice et sa meilleure amie Aïssatou Bâ. Ramatoulaye vient de perdre son mari Modou. Il est mort, loin de sa femme qu’il a épousée malgré le désaccord de sa famille qui voit ce mariage, entre personnes de clans différents, comme une insulte à la tradition. Aïssatou a également épousé un homme moderne.

Mais à l’instar son amie, le désespoir s’invite dans son existence. Son mari finit par céder à sa mère qui lui demande de prendre une seconde épouse imposée par la famille. Le long de leurs lettres, plus que le récit de leurs vies qui sombrent dans la morosité, c’est une lutte acharnée entre modernité et tradition que nous présentent les deux femmes. Le livre de Mariama Bâ se distingue comme l’un des tout premiers romans engagés écrits par une femme africaine, le tout dans un style dont la fraicheur défie les époques.

Il a aussi été traduit en Anglais sous le titre « So long a letter » et a été réédité en 2001, à Paris par les Éditions Serpent à plumes.

 

05- Ville cruelle – EZA Boto

21 classiques africains - Ville cruelle - EZA Boto

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708702629

Résumé : Ville Cruelle d’Eza Boto est un roman très critique sur la période coloniale. Le livre raconte l’histoire de Banda, un garçon uniquement élevé par sa mère à Tanga Nord, après la mort de son père. Il désire se marier pour réaliser la dernière volonté de sa mère presque mourante. Mais il n’a pas assez d’argent pour la dot de sa fiancée. Il décide alors de se rendre à Tanga Sud, la zone commerciale de la ville, entièrement contrôlée par les colons, pour vendre du cacao en ville. Entre bastonnades, vols, brimades et exploitation, le jeune home sera très rapidement confronté aux réalités violentes de l’administration coloniale. Véritable satyre du passé colonial africain, ce livre est passé à la postérité, en majeure partie, pour sa description imagée des atrocités de la période coloniale. L’œuvre comprend 223 pages dont 13 chapitres divisés en trois grandes parties.

Le livre reçoit le Prix Sainte-Benice en 1958 et est édité en 1954 par les Éditions Présence Africaine. De son vrai nom, Alexandre Biyidi Awala, l’auteur de « ville cruelle » écrit sous les pseudonymes d’ Eza Boto ou Mongo Beti.

 

04- Cahier d’un retour au pays natal – Aimé Césaire

21 classiques africains - Cahier d’un retour au pays natal - Aimé Césaire

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708704206

Résumé : Cahier d’un retour au pays natal, sorti en 1939, est la première œuvre poétique publiée par Aimé Césaire. Elle est l’acte de naissance d’un des plus grands poètes francophones du vingtième siècle, elle comporte pour la première fois l’emploi poétique du terme négritude autour duquel se cristallise un nouveau mouvement littéraire et politique composés d’artistes et intellectuels noirs et fait preuve d’anticolonialisme radical. C’est donc une œuvre majeure dans lequel art, histoire et politique ne peuvent être dissociés.

Ce roman a été traduit en plusieurs langues dont l’allemand, l’espagnol, l’anglais et le catalan. Il existe une édition bilingue par Brentano’s publiée en 1947. Cahier d’un retour au pays natal a été réédité plusieurs fois.

 

03- L’aventure ambiguë – Cheikh Hamidou Kane

21 classiques africains - L’aventure ambiguë - Cheikh Hamidou Kane

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708704206

Résumé : Passant de l’enseignement coranique des Diallobé à l’université française, le jeune Samba Diallo doit affronter l’exil et les brèches identitaires. Son apprentissage, philosophique, éthique et spirituel, retrace l’itinéraire d’une Afrique métissée en quête d’elle-même. Où s’élève, flamboyante, la clameur d’un peuple en mal d’existence.

 » Cheikh Hamidou Kane, échappant à la donnée temporelle et politique de son sujet, l’angoisse d’être noir, débouche sur une réflexion qui nous concerne tous : l’angoisse d’être homme. «  Jacques Chevrier, Le Monde

 

 

02- Tout s’effondre – Chinua Achebe

21 classiques africains - Tout s'effondre - Chinua Achebe

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Éditeur : Babel

ISBN : 2330070403

Résumé : Dans le village ibo d’Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d’un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu’il est aujourd’hui : un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens.

Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l’accepte et le maîtrise, il en est même l’un des garants. Ce qu’il ignore, c’est que l’extérieur s’apprête à violer une réalité qu’il croyait immuable : les missionnaires d’abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l’existence de tout son peuple.

Tragique roman à la langue limpide, fable cruelle retraçant la destinée d’un homme fier qui ne plie pas, «Tout s’effondre» rend hommage à l’Afrique précoloniale à l’aube de sa décomposition. “Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur”, dit un proverbe africain que Chinua Achebe aimait à citer. Avec ce roman magistral, il devenait l’un des premiers lions du continent à prendre la plume.

 

01- L’enfant Noir – Camara Laye

21 classiques africains - L’enfant Noir - Camara Laye

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Éditeur : Présence Africaine

ISBN : 2708704206

Résumé : Véritable classique, le roman de Camara Laye traverse les époques et ne prend pas une ride. Publié en 1953, cet ouvrage est considéré comme « l’un des textes fondateurs de la littérature africaine contemporaine ». Il s’agit d’une autobiographie racontant la vie de l’auteur, de ses 5 ans à son départ pour étudier en Europe. La particularité de ce livre réside dans le fait qu’il présente une Afrique qui, bien que colonisée, ne semble pas en souffrir outre mesure. Cela donnera lieu à de nombreux débats entre les auteurs de l’époque. En dehors de cette polémique, le style de Camara Laye fait l’unanimité. Le livre reçoit le prix Charles Veillon en 1954 et inspire un film éponyme en 1995. C’est un roman pré-indépendance qui occulte le colon.

Ce roman d’inspiration autobiographique est étudié dans les lycées, collèges et universités d’Afrique. Il existe un format Jeunesse destiné aux enfants de 08 à 12 ans publié aux Éditions Pocket Jeunes pour réveiller en eux la passion de la littérature africaine.

 

Cette sélection de 21 classiques africains est un florilège d’ouvrages d’exception. Nombreux n’y figurent pas, c’est dire la richesse des littératures africaines.

Avoir lu tous ces classiques africains avant 21 ans? Une innommable richesse!

 

 

15 janvier 2024 9 Commentaires
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Samuel Eto’o Fils au cœur de la polémique dans l’Arnaque

par Chrystelle Ngoulou 15 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

L’Arnaque, Il voulait redonner au football camerounais toute sa grandeur  le livre polémique sur Samuel Eto’o Fils a été écrit par Jean Bruno Tagne, journaliste, écrivain et analyste politique camerounais.

L’Arnaque, le livre critique le football camerounais

Editeur : Editions du Schabel

ISBN : 2492170187

Résumé : Au mois de décembre 2021, Samuel Eto’o, légende balle au pied du football camerounais, assiège et prend possession de la citadelle réputée imprenable de la Fédération Camerounaise de football, au prix d’une élection épique et sulfureuse. Il naît alors, dans l’opinion camerounaise et même au-delà, un élan d’espoir où tout le monde entrevoit la reproduction des exploits sur le terrain, dans la refondation du football camerounais et sa réorganisation, pour la reconquête d’un leadership perdu, aussi bien au niveau des sélections nationales que des clubs.

Samuel Eto'o - Livre de Jean-Bruno Tagne sur le bilan de la star de football à la FECAFOOT

Livre sur le bilan FECAFOOT de Samuel Eto’o

Certains analystes vont même plus loin, dans un pays aux issues politiques bloquées, en prédisant à l’étoile du football camerounais, un destin à la Georges Weah, l’actuel président du Libéria… Après une Coupe d’Afrique des nations en demi-teinte au Cameroun et une Coupe du Monde médiocre, la sélection fanion du Cameroun vogue dans des eaux troubles, comme les autres sélections et même les clubs à l’international, où la Ligue africaine des champions a débuté, sans que le moindre club camerounais ne se voie invité dans ce regroupement de l’élite du continent. Mais il y a pire : la vie de la Fécafoot s’est transformée en un vaudeville continuel, où il ne se passe pas de jour, de semaine, où un scandale impliquant la morale, la justice, ou tout simplement la probité, n’éclate. Sur les terrains, les championnats se déroulent dans un climat sulfureux et il règne une incertitude permanente sur le quotidien et les lendemains de ce football plein d’atouts. Tout cela est lié à une seule et même chose : une conception très personnelle du pouvoir par Samuel Eto’o, qui a transformé une fédération en une autocratie, où le culte de la personnalité la dispute à l’irrationnel. Voici le récit de l’intérieur – l’auteur a été directeur de campagne de Samuel Eto’o lors de sa campagne pour la présidence – de ces longs mois de déliquescence où l’espoir a été transformé en cauchemar pour les amateurs de football. Où il s’avère de manière claire que les amateurs de football ont été victimes d’une bien triste arnaque.

Livre à charge sur Samuel Eto’o Fils ou demande de bilan justifiée ?

Le livre présente une vision critique des 18 premiers mois de la présidence de Samuel Eto’o à la FECAFOOT, mettant en lumière des allégations de mensonges, de corruption et une dérive autoritaire. L’auteur dénonce ce qu’il considère comme des promesses non tenues par l’ex-capitaine des Lions indomptables, notamment en ce qui concerne la gestion transparente et la construction d’infrastructures pour le football camerounais.

Le livre suscite de nombreuses réactions au Cameroun. Certains le considèrent comme une critique amère, tandis que d’autres approuvent la remise en question de la gestion de l’ex-capitaine des Lions indomptables et y voient l’occasion de parler des réformes dans le football camerounais.

15 janvier 2024 0 Commentaires
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Résolutions du Nouvel An - 20 Livres d'Auteurs Africains pour Réussir
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20 Livres d’Auteurs Africains pour Réussir vos Résolutions du Nouvel An

par Chrystelle Ngoulou 14 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Alors que vous accueillez une nouvelle année, il est probable que vous ayez établi des résolutions de Nouvel An ambitieuses, visant à améliorer divers aspects de votre vie. Mais comment transformer ces aspirations en réalité ?

La solution pourrait se trouver dans votre bibliothèque. Les livres peuvent vous accompagner tout au long de l’année parce qu’ils regorgent de conseils, stratégies et méthodes pour vous aider à atteindre vos objectifs. Que vous souhaitiez prendre soin de votre santé, améliorer vos compétences en communication, ou voyager à travers le monde depuis le confort de votre canapé, il y a un livre pour chaque résolution du Nouvel An.
Dans cet article, nous vous proposons une sélection de livres pour rendre cette aventure à la fois ludique et enrichissante.

 

1- Perdre du Poids / Être en Forme

Entamer l’année avec l’objectif de perdre du poids et de prendre soin de sa santé est un classique indémodable. Les livres de fitness et de bien-être vous offrent des stratégies éprouvées et des conseils motivants.

 

Perte de poids express: Tonifier son corps sans matériel de Mathews Sportco

Résolutions de Nouvel An -Perte de poids express-Tonifier son corps sans matériel de Mathews Sportco

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Editeur: Publishroom Factory
ISBN : 2384543695

Résumé : Perdre du poids rapidement et tonifier son corps sans matériel, peu importe la condition physique et l’endroit où l’on se trouve, tel est l’objectif clé de cet ouvrage qui propose un programme sportif et alimentaire adapté à vos besoins : des exercices simples, des alternatives, des techniques de perte de poids saine et accélérée, des exemples de menus et des recettes de boissons naturelles brûle-graisse.
Notre objectif est de mettre en lumière les modes opératoires à dérouler au cours d’une perte de poids pour s’assurer de sa pleine réussite avec la même motivation de départ, sans être frustré, et surtout en mangeant ce qu’on aime.

 

Enjoy your body: 4 semaines de workout et de recettes de Tara’s Body

Résolutions de Nouvel An -Enjoy your body 4 semaines de workout et de recettes de Tara's Body

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Editeur: Hachette Pratique
ISBN : 2017210145

Résumé : Dans ce livre, Tara vous accompagne pendant 4 semaines avec un programme de fitness à faire chez soi, ainsi que des recettes pour prolonger le travail dans l’assiette. Mais c’est aussi un concentré de joie, de bonne humeur et de motivation que vous trouverez au fil des pages pour ne jamais s’ennuyer, se décourager ou perdre sa confiance en soi.

Un programme complet sur 4 semaines, pour sculpter, galber, perdre du gras. Des mouvements illustrés en photo pour bien les reproduire. 50 recettes à cuisiner et déguster avant, pendant et après l’effort. Des conseils pour commencer le sport, garder sa motivation et développer sa confiance en soi.

 

2- Arrêter de Fumer

Arrêter de fumer est une lutte à la fois physique et psychologique. Pour vos résolution du Nouvel An, les récits inspirants et les guides pratiques peuvent être des compagnons essentiels dans votre voyage vers une vie sans tabac.

 

La méthode facile pour arrêter de fumer du jour au lendemain – Le nouvel antidote du tabac de Pierre Mestoudjian

Résolutions de Nouvel An -La méthode facile pour arrêter de fumer du jour au lendemain - Le nouvel antidote du tabac de Pierre Mestoudjian

Lire le livre

Editeur: L’Harmattan
ISBN : 978-2-14-029184-5

Résumé : Voici le rêve de tout fumeur qui souhaite arrêter de fumer : trouver une méthode simple, efficace, compréhensible, peu coûteuse et qui procure même du plaisir lors de l’arrêt de la cigarette. Ce livre a pour objectif de vous démontrer page après page que cette « méthode de rêve » existe et qu’un arrêt du tabac sans douleur est possible. Ça ressemble à une « pilule miracle », et pourtant, peu de gens l’utilisent. Pourquoi ? Pourquoi certains fumeurs arrêtent de fumer du jour au lendemain si facilement ? C’est ce que l’auteur vous propose de découvrir dans ce livre. Une méthode qui va bouleverser votre vision du tabac et votre manière d’aborder l’arrêt de la cigarette. Vous comprendrez que vous avez été piégé par le tabac. Vous réaliserez qu’il est même plus facile d’arrêter de fumer que de commencer. Vous tenez entre vos mains l’antidote du tabagisme. À découvrir simplement en lisant ce livre, maintenant.

 

Soigner l’alcoolisme et d’autres addictions en Afrique – Guide pratique de la thérapie cognitivo-comportementale de Katho Tibenderana

Résolutions de Nouvel An -La méthode facile pour arrêter de fumer du jour au lendemain - Soigner l’alcoolisme et d’autres addictions en Afrique - Guide pratique de la thérapie cognitivo-comportementale de Katho Tibenderana

Lire le livre

Editeur: L’Harmattan
ISBN : 978-2-14-049117-7

Résumé :La prise en charge de l’alcoolisme et des addictions aux substances en Afrique pose encore problème. Cet ouvrage apporte une connaissance sur les moyens de la thérapie cognitivo-comportementale qui ont démontré leur efficacité dans le contexte africain. Il montre étape par étape, l’intervention par cette thérapie. Les critères nous permettant de diagnostiquer le trouble et plusieurs tests de repérage du trouble sont décrits avec leurs interprétations.
Les techniques de l’entretien motivationnel et de TCC les plus pertinents en addictologie sont présentées en se focalisant sur celles qui fonctionnent en Afrique.

 

 

3- Économiser de l’Argent

Économiser de l’argent est un objectif souvent difficile à atteindre, surtout en ces temps de crises. Plongez dans les livres de finance personnelle pour découvrir des astuces et des stratégies efficaces.

 

Mon budget sur pilote automatique de Paula Cay

Résolutions de Nouvel An -Mon budget sur pilote automatique de Paula Cay

Lire le livre

Editeur: Mon Budget Bento
ISBN : 2957383608

Résumé : Une méthode pas à pas pour maîtriser votre budget et votre épargne. Dans ce livre, je vous présente une méthode qui vous permettra de mettre en ordre votre budget. Avec un minimum d’effort, vous pourrez enfin dégager de l’épargne. Mon slogan : Budget & Chill – avec cette méthode, pas de prise de tête et de comptes d’apothicaire toutes les semaines. Je l’appelle la Méthode Bento! Une fois en place, votre budget, ainsi que votre épargne seront sur pilote automatique. Si vous avez toujours eu la flemme de tenir un budget et du mal à épargner, ce livre est fait pour vous. Même avec un budget carré, vous pourrez y trouver des astuces pour vous libérer l’esprit au quotidien. En effet, cette méthode s’adapte à toute les configurations et à tous les budgets. Avec ce livre, mon objectif est d’accompagner toute personne, quel que soit son profil, sur le chemin de la sérénité financière! J’y aborde les finances de manière très accessible et décontractée afin que chacun puisse s’y retrouver. Vous y retrouverez également des anecdotes personnelles. Ce sont ces expériences qui m’ont permis de construire cette méthode au fil des années! Certaines d’entre elles vous feront certainement sourire.

 

Devenir riche, ça s’apprend !: De la bonne gestion de ses finances personnelles à la liberté financière de Méaïvis Céprika-Giberné

Résolutions de Nouvel An -Devenir riche, ça s’apprend-De la bonne gestion de ses finances personnelles à la liberté financière de Méaïvis Céprika-Giberné

Lire le livre

Editeur: Autoédition
ISBN : 979-8632510004

Résumé : DEVENIR RICHE ! Vous n’y croyez presque plus, n’est-ce pas ? 😞 Vous êtes convaincu que cela n’est réservé qu’aux autrui ? 😢 Pourtant, vous gérez correctement vos finances, mais vous n’arrivez pas à les faire décoller ?
De temps en temps, vous êtes frustré et admiratif de ne pas avoir la même réussite financière que certains de vos collègues, familles ou ces Youtubeurs ? 🤤 Vous souhaitez investir, mais vous ne savez pas comment s’y prendre ? En étant salarié avec des crédits à rembourser, comment réaliser votre rêve ? Pire, vous finissez tout le temps le mois à découvert ? 😭
STOP ! Si vous ne faites rien maintenant, dans 3 ou 6 mois, vous serez toujours au même point. À la case départ ! 💰💸

 

4- Apprendre à se connaître

Apprendre à se connaître est une aventure qui ne se limite pas aux résolutions du Nouvel An. Elle commence par une page et se poursuit tout au long de la vie. Des autobiographies inspirantes aux ouvrages de réflexion intérieure, chaque lecture peut être une étape clé dans votre quête de compréhension de soi.

 

L’année du oui de Shonda Rhimes

Résolutions de Nouvel An -L'année du oui de Shonda Rhimes

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Editeur: Marabout
ISBN : 2501117972

Résumé : Dans ce récit personnel, émouvant et totalement hilarant à la fois, la créatrice de Grey’s Anatomy et Scandal révèle comment apprendre à dire Oui a changé sa vie, et comment cela peut aussi changer la nôtre. Mère de trois enfants et de trois séries majeures, mais dotée d’un tempérament introverti, Shonda Rhimes est bombardée d’invitations et de sollicitations, et les refuser a longtemps été sa plus grande spécialité. Quand on dit non, on n’a rien de nouveau à craindre. Jusqu’à ce que sa sœur lui dise les mots fatals : « Tu ne dis jamais oui. » Une prise de conscience, et un challenge :  Shonda Rhimes décida alors, pendant une année, à dire Oui. Affrontant ses peurs et sortant bravement de sa zone de confort, que ce soit pour parler en public, assumer son statut de mère qui travaille, ou oser aller vers les autres, elle passe par un véritable chemin de transformation qui lui permet de faire la paix avec elle même et de se reconnecter avec les parties les plus créatives et épanouies de se personnalité.

 

Plus rien ne pourra me blesser: Maîtrisez votre esprit et défiez le destin de David Goggins

Résolutions de Nouvel An -Plus rien ne pourra me blesser-Maîtrisez votre esprit et défiez le destin de David Goggins

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Editeur: NIMROD
ISBN : 2377530672

Résumé : Pour David Goggins, l’enfance a été un cauchemar – pauvreté, préjugés raciaux et violences familiales ont ponctué ses jours et hanté ses nuits. Jeune homme dépressif, en surpoids et sans aucun avenir à l’horizon, incapable de courir sur plus de 500 mètres, il va pourtant choisir de prendre son destin en main. Grâce à une force de caractère hors du commun, une discipline extrême et un travail acharné, il va se métamorphoser en une icône des forces armées américaines.
Seul homme de l’histoire à avoir été breveté Navy SEAL, Ranger de l’armée de terre et contrôleur aérien tactique., il a par la suite établi de nombreux records d’endurance dans le domaine des ultra-marathons, au point d’être proclamé « l’homme le plus en forme des Etats-Unis » par Outside Magazine.
En partageant son histoire, David Goggins partage également les échecs et les difficultés qui ont émaillé sa vie mais, surtout, il confie aux lecteurs les clés de sa résilience et les recettes qui lui ont permis d’affronter l’adversité pour s’épanouir malgré la souffrance et atteindre ce plein potentiel qui se trouve à la portée de chacun d’entre nous.
Un livre bouleversant et stupéfiant qui a changé la vie de dizaines de milliers de lecteurs.

 

5- Voyager Plus

Plus qu’une résolution du Nouvel An, voyager plus est une invitation à explorer le monde. Les guides de voyage et les récits d’aventures peuvent vous inspirer et vous aider à planifier vos futures escapades.

 

Être noir et voyager: À quoi ressemble le voyage indépendant en tant que personne noire de Roobens Fils

Résolutions de Nouvel An -Être noir et voyager-À quoi ressemble le voyage indépendant en tant que personne noire de Roobens Fils

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Editeur: Autoédition
ISBN : 2957582406

Résumé : Plein de gens ne s’en rendent pas compte, mais quand on voyage en tant que personne noire, notre couleur de peau fait partie intégrante de notre expérience de voyageur. On veut partir en vacances pour se détendre, et on peut sentir assez vite que nous sommes traités différemment des autres, à peine arrivés à l’aéroport. Cela prend plus de temps pour passer l’immigration et ce n’est que le début. Dans certaines parties du monde, quand on voyage en tant que noir, il peut arriver que des locaux demandent à être pris en photo avec vous, juste parce que vous êtes noirs. Ils peuvent supposer que vous êtes un athlète, un dealer ou une prostituée… juste à cause de votre couleur de peau!
Cet essai traite du voyage autonome en tant que personne noire. Même en tant que voyageur non-noir chevronné, vous pourriez être surpris de découvrir que nous traversons bien plus que vous ne le pensez. Faites défiler la page vers le haut et achetez le livre pour vivre par procuration le voyage en tant que personne noire!

 

 

Afropéens – Carnets de voyages au cœur de l’Europe noire de Johny Pitts

Résolutions de Nouvel An -Afropéens - Carnets de voyages au coeur de l'Europe noire de Johnny Pitts

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Editeur: Massot éditions
ISBN : 2380352321

Résumé : Le premier livre sur l’identité afro européenne ! Comment les Européens d’origine africaine jonglent-ils avec leurs multiples identités ? C’est avec cette question que Johny Pitts, né d’une mère européenne et d’un père afro-américain, parcourt Paris, Bruxelles, Amsterdam, Berlin, Stockholm, Moscou, Marseille, Lisbonne…

Dans cette Europe des invisibles, il interroge des Afropéens pour savoir comment ils vivent au quotidien leur double identité – noire et européenne. Son essai fait entendre leurs voix auxquelles s’ajoute celles des écrivains Noirs dont il suit les traces (comme James Baldwin, Frantz Fanon…). Johny Pitts démontre la nécessité de sortir des clichés du  » nigga  » (l’homme Noir du ghetto) et du  » king  » (hipster, rappeur, footballeur Noir qui a réussi). Il montre avec brio qui sont les afro-européens d’aujourd’hui et comment ils se forgent de nouvelles identités. Un document inédit, illustré de nombreuses photographies prises par l’auteur, et qui s’inscrit dans un projet plus vaste (www.afropean.com). Ce livre a reçu le Prix Jhalak 2020, un prix prestigieux britannique.

 

6- Adopter des comportements plus écologiques

Aujourd’hui, une prise de conscience environnementale grandissante se manifeste à travers le monde, avec un nombre croissant de personnes aspirant à adopter des comportements plus écologiques. Cette résolution peut profiter de l’expérience d’auteurs impliqués dans ces combats.

 

Celle qui plante les arbres de Wangari Maathai

Celle qui plante les arbres de Wangari Maathai

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Éditeur: J’ai lu
ISBN : 2290014583

Résumé : Wangari Maathai retrace trente ans de combat avec les femmes kenyanes contre la déforestation, au sein du mouvement Green Belt créé en 1977.

Lutte écologique, mais aussi lutte démocratique, qui l’amènera de nombreuses fois à s’opposer au régime. Derrière le destin hors du commun de la petite paysanne devenue Prix Nobel, c’est un message d’espoir ainsi que, selon Bill Clinton, « un témoignage poignant des défis et des réussites de l’Afrique moderne ».

Wangari Maathai était aussi la première femme d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale à avoir obtenu un doctorat, était professeure d’université et militante écologiste et des droits humains.

 

Une écologie sans frontières: L’appel d’une militante africaine pour une justice climatique de Vanessa Nakate

Une écologie sans frontières: L'appel d'une militante africaine pour une justice climatique de Vanessa Nakate

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Éditeur: HarperCollins
ISBN : 979-1023619812

Résumé : L’appel d’une militante africaine pour une justice climatique
En 2018, des inondations meurtrières dévastent des régions entières de l’Afrique de l’Est. C’est le déclic pour la jeune étudiante ougandaise Vanessa Nakate : elle s’engage pour le climat. Rapidement, elle constate une injustice climatique criante. Si tous les pays subissent le réchauffement de la planète, ils n’ont en revanche pas les mêmes capacités pour y faire face. L’Afrique, qui ne représente pourtant que 3 % des émissions mondiales de CO2, est l’un des continents les plus touchés par cette crise – et l’un des moins armés pour y résister.
Vanessa Nakate a appris à mettre sa colère au service de l’action et attire aujourd’hui l’attention internationale sur les conséquences du changement climatique. Elle se bat pour sauvegarder les forêts, pour rendre les écoles plus vertes et favoriser la scolarisation des filles.
Il faut agir ensemble, et maintenant, nous dit-elle, car nos destins sont solidaires et que l’avenir de la Terre en dépend.

 

7- Soigner ses traumas familiaux

Voici une résolution du Nouvel An qui mérite une attention particulière. Renforcer les liens familiaux et amicaux est essentiel pour un équilibre de vie. Selon Wikipedia, un trauma est une blessure physique ou psychique infligée à l’organisme, ou à la lésion locale qui en résulte. Le traumatisme renvoie quant à lui aux conséquences locales ou générales du trauma.

 

Se libérer de nos traumatismes de Oprah Winfrey , Bruce Perry, Fabrice Midal

Résolutions de Nouvel An -Se libérer de nos traumatismes de Oprah Winfrey , Bruce Perry, Fabrice Midal (Éditeur de série)

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Editeur: Pocket
ISBN : 2266326104

Résumé : Comprendre les traumatismes du passé pour reconstruire nos vies…
Près de 50 % des individus ont vécu au moins une expérience traumatisante significative. Mais nous ne savons toujours pas prendre en compte au quotidien l’impact de ces fractures émotionnelles et de ces liens brisés dans nos vies. Le Dr Bruce D. Perry, l’un des plus grands spécialistes au monde du trauma, explique dans ce livre pourquoi les victimes de traumatismes sont plus enclines à toutes les formes de dépendance, de peur et d’anxiété.
En dialoguant avec Oprah Winfrey, qui témoigne de ses propres blessures, le Dr Bruce D. Perry explique comment le trauma façonne notre cerveau, et quelles sont les approches qui peuvent vraiment faire la différence.
Un livre événement qui vous permettra enfin de vous comprendre, de prendre soin de vous et de vous apaiser profondément.

 

Familles africaines en thérapie: Clinique de la famille camerounaise de Jacques-Philippe Tsala Tsala

Résolutions de Nouvel An -Familles africaines en thérapie Clinique de la famille camerounaise de Jacques-Philippe Tsala Tsala

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Editeur: L’Harmattan
ISBN : 2296092667

Résumé : Les praticiens de la famille en Afrique observent avec constance, le désir au sein de la famille africaine, des uns et des autres, de réduire leurs attachements fusionnels et de risquer une existence un peu moins dépendante du groupe. A partir d’une somme d’expériences cliniques sur les familles camerounaises, ce livre rend compte de la réalité et de la complexité de la famille africaine contemporaine.

 

8- Réduire le Stress

Trouvez dans les livres des techniques de relaxation et des conseils pour une vie plus sereine, vous permettant de gérer efficacement le stress au quotidien.

 

Méditations africaines de Felwine Sarr , Souleymane Bachir Diagne

Résolutions de Nouvel An -Méditations africaines de Felwine Sarr (Auteur), Souleymane Bachir Diagne (Préface)

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Editeur: Mémoire d’Encrier
ISBN : 2897126663

Résumé : Tes vérités intérieures, assume-les, vis-les…
Méditations africaines est un livre d’aphorismes et de sagesses. Une suite de formes brèves et concises qui invite à lire et à penser le monde à partir de l’Afrique. Auprès du fleuve de Saint-Louis du Sénégal, un être pense lentement au fil de l’eau. C’est à cet exercice de méditation que nous convie Felwine Sarr.

Felwine Sarr nous offre ici des pensées qui sont « pour lui-même » et donc pour tout homme « à qui rien de ce qui est humain n’est étranger ». Elles n’ont pas de forme fixe, se présentant comme narration parfois, parfois comme le dessin rapide d’un caractère (un “archétype”, dit Felwine, d’un portrait savoureux qu’il croque avec l’humour caustique d’un La Bruyère), le plus souvent comme un aphorisme, un concentré de signification, qui demande au lecteur de s’arrêter, de se réciter ces phrases (elles sont, de temps en temps, de véritables promesses de poèmes), de les ouvrir lentement pour leur faire déployer comme pétales les sens dont elles sont riches. De les faire revenir encore et encore à l’esprit. D’un mot : de les ruminer. C’est encore Nietzsche qui nous enseigne que méditer exige de s’instruire d’abord auprès des vaches de cet art suprême qui est celui de la rumination.
– Souleymane Bachir Diagne, extrait de la préface

 

La vie en noir: Comment vivre dans une société blanche de Guilaine Kinouani

Résolutions de Nouvel An -La vie en noir- Comment vivre dans une société blanche de Guilaine Kinouani

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Éditeur: Dunod
ISBN : 2100836390

Résumé : Au cours des quinze dernières années, Guilaine Kinouani a nourri la réflexion sur la façon dont le racisme affecte la santé physique et mentale des personnes noires et racisées. Dans le cadre de ses recherches et travaux cliniques, elle a conçu des outils pour les aider dans leur prise de conscience et leur changement de posture. Pour appuyer ses propos, elle met en lumière des expériences des Noirs du monde entier et offre des conseils d’expert sur la manière de se libérer des mécanismes du racisme dans une société blanche, fixer des limites et faire barrage aux micro-agressions, protéger les enfants du racisme, retrouver le plaisir et la joie d’être soi.
Une analyse sans complaisance des traumatismes qui rongent les corps, les cœurs et les esprits noirs. Et un témoignage de réalités que le système de santé mentale a longtemps ignorées et niées.
En huit chapitres, construit chacun autour d’une dynamique sociétale, l’autrice offre aux lecteurs des outils pour les aider et accompagner leur réflexion sur leurs propres expériences et besoins psychologiques.

 

9- Manger Sainement

Adopter une alimentation saine est un pas vers une meilleure santé. Les livres de cuisine, santé et de nutrition sont des guides indispensables dans cette quête.

 

Equilibre alimentaire à l’Africaine: 6 règles-clefs pour y arriver ! de Josie K

Résolutions de Nouvel An -Equilibre alimentaire à l'Africaine- 6 règles-clefs pour y arriver ! de Josie K

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Éditeur: Publishroom Factory
ISBN : 979-1023619812

Résumé : Comment manger équilibré à partir de nos plats africains ? Comment associer nos repas traditionnels et modernes en vue d’un parfait équilibre nutritionnel ? Comment y arriver au quotidien malgré les contraintes, de temps, d’argent, de déplacement… ?

S’il y a bien des questions auxquelles cet ouvrage répond de manière claire, précise et détaillée c’est bien à celles-ci. Il revient donc en profondeur sur les fondamentaux de l’équilibre alimentaire à travers les 6 règles-clés qui la sous-tendent, avec à chaque fois, des cas pratiques analysés et des solutions, alternatives idéales prodiguées à chaque fois. Bien plus pratique que théorique, vous découvrirez dans cet ouvrage des exemples de plats, de menus équilibrés sur le jour, la semaine, et des solutions efficaces pour contourner les difficultés que vous rencontriez jusqu’ici. La dernière section s’attarde sur les dangers et conséquences méconnues pourtant courantes, engendrées par une alimentation inadaptée et non équilibrée. Vous aimez les plats de « chez-nous » et êtes tout de même soucieux de préserver votre ligne et votre santé ? Cet ouvrage se doit d’entrer urgemment dans votre collection …

 

Cuisines d’Afrique de Marie Kacouchia

Résolutions de Nouvel An -Cuisines d'Afrique de Marie Kacouchia

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Éditeur: La Plage
ISBN : 2842219627

Résumé : DÉCOUVREZ UNE CUISINE VIBRANTE ET NATURELLEMENT VEGAN. Il n’existe pas une, mais bien des cuisines africaines, avec des ingrédients phares, des recettes emblématiques et des trésors de goût qui leur sont propres ! Dans cet ouvrage, découvrez ce riche patrimoine culinaire au travers de plus de 80 recettes africaines authentiques ou revisitées, saines et faciles à réaliser avec des ingrédients disponibles partout. En bonus : les astuces dont l’autrice a hérité des femmes de sa famille, des anecdotes sur les plats, un guide sur le placard de base, un zoom sur les meilleurs alliés santé et des idées de menus pour toutes les occasions

 

10- Contribuer à la Communauté

Apprenez à travers des récits inspirants comment vous pouvez faire une différence positive dans votre communauté et au-delà.

 

Déterminé: Comment on s’en sort de Moussa Camara

Résolutions de Nouvel An -Déterminé- Comment on s'en sort de Moussa Camara , avec la contribution de Sébastien Le Fol

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Éditeur: Presses de la Cité
ISBN : 2258206723

Résumé : Moussa Camara se raconte et raconte l’aventure de son association Les Déterminés.
Né en 1986 à Cergy-Pontoise, cinquième d’une fratrie de huit, Moussa Camara identifie très tôt les valeurs qu’il veut faire siennes : travail, partage, solidarité, entraide, ouverture d’esprit.
En 2005, après la première crise qui touche les banlieues, il s’engage à destination des jeunes pour les accompagner dans leur émancipation sociale, économique et culturelle.

En 2015, il lance une association qui va faire beaucoup faire parler d’elle : Les Déterminés. Celle-ci permet à tous ceux qui veulent entreprendre de donner vie à leur projet. En huit ans, plus d’un millier de personnes venant de tous horizons en ont bénéficié et plus de six cents entreprises sont nées. Dans Déterminé, Moussa Camara raconte cette aventure hors normes, qui est un véritable projet de société, fédérateur et positif.
Mais, dans son vibrant témoignage, vous découvrirez aussi un homme engagé, exigeant et généreux. Son combat : mettre à terre les déterminismes sociaux. Notre pays a besoin de leaders comme lui pour empêcher l’irréparable. De bâtisseurs de sa trempe pour jeter de nouveaux ponts entre les îlots de notre société morcelée.

 

Notre force est infinie de Leymah Gbowee

Notre force est infinie de Leymah Gbowee

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Éditeur: Pocket
ISBN : 2266338900

Résumé : Dix ans après une première publication en 2012, la réédition de Notre force est infinie est l’occasion de redécouvrir le parcours de Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix en 2011 pour s’être opposée courageusement à la guerre civile au Liberia.
Leymah Gbowee est une toute jeune fille quand, en 1989, le dictateur Charles Taylor prend le pouvoir au Liberia, marquant le début d’une lutte tribale qui met le pays à feu et à sang. Rien ne disposait Leymah Gbowee, issue d’une famille modeste, mère célibataire de quatre enfants à vingt-cinq ans, sans diplôme, à devenir l’une des plus importantes militantes pour les droits des femmes et pour la paix. Et pourtant, à force de courage, elle fonde le Women of Liberia Mass Action for Peace, une coalition de chrétiennes et de musulmanes inédite dans le pays, et organise un spectaculaire mouvement de résistance à l’oppression qui changera à jamais la face du Liberia.

 

Alors que vous vous lancez dans cette nouvelle année avec des résolutions pleines d’espoir et d’ambition, rappelez-vous que le chemin vers la réalisation de vos objectifs peut être aussi enrichissant que l’accomplissement lui-même. Chaque livre que vous ouvrirez cette année peut devenir un compagnon fidèle dans votre voyage, vous offrant sagesse, inspiration et des stratégies pratiques. N’oubliez pas que chaque page tournée est un pas de plus vers la réalisation de vos rêves.

Une bonne année 2024, tous nos meilleurs vœux.

 

14 janvier 2024 0 Commentaires
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Jan Hendrik van der Westhuizen, le Gardien de la Plus Grande Collection de Livres de Cuisine Sud-Africains
SociétéAfriqueAfrique AustraleCuisineLifestyle

Jan Hendrik van der Westhuizen, le gardien de la plus grande collection de livres de cuisine Sud-africains

par Acèle Nadale 12 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Dans le monde de la haute gastronomie, où l’innovation et la tradition se rencontrent souvent sur un fil ténu, Jan Hendrik van der Westhuizen, chef étoilé d’origine sud-africaine, se distingue par une quête singulière : la préservation du riche patrimoine culinaire de l’Afrique du Sud avec sa collection de livres de cuisine sud-africains. 

Un chef de renom et sa passion pour la gastronomie

Jan Hendrik van der Westhuizen, chef de renom originaire d’Afrique du Sud, dirige le restaurant JAN, récompensé d’une étoile Michelin. En plus de ses talents culinaires, il excelle en tant qu’auteur et photographe dans l’univers de la gastronomie.

Au cœur de cette mission se trouve une collection de livres de cuisine sud-africains extraordinaire – des centaines de livres de recettes, certains datant de plus d’un siècle, qui racontent des histoires de saveurs, de traditions et de communautés. Cette bibliothèque culinaire, méticuleusement rassemblée dans son Jan Innovation Studio au Cap, est un trésor de connaissances gastronomiques et une fenêtre ouverte sur l’âme de la cuisine sud-africaine.

Un appel à la préservation du patrimoine culinaire sud-africain grâce à une collection de livres de cuisine sud-africains 

En juillet 2019, van der Westhuizen a lancé un appel passionné sur Instagram, implorant ses abonnés de lui envoyer leurs vieux livres de recettes au lieu de les jeter. Son objectif ? Sauvegarder l’héritage culinaire sud-africain pour les générations futures, en constituant la plus grande collection de livres de cuisine sud-africains possible. 

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L’appel a suscité une réponse enthousiaste et émotionnelle. Des centaines de personnes, touchées par la passion de van der Westhuizen pour la préservation culturelle, ont commencé à envoyer leurs précieux ouvrages. Chaque livre reçu était un fragment de l’histoire culinaire sud-africaine, portant en lui des récits de familles, de festins et de traditions transmises au fil des générations.

Depuis, environ 1500 livres ont rejoint ses étagères, enrichissant non seulement sa bibliothèque, mais aussi l’imaginaire culinaire mondial. Ces livres, parsemés de notes marginales et d’échos d’époques révolues, sont plus que de simples recueils de recettes : ils sont les gardiens d’une histoire et d’une culture foisonnantes, témoignant du chemin parcouru par la gastronomie sud-africaine. Aujourd’hui, le chef possède la plus grande collection de livres de cuisine sud-africains.

En préservant ces ouvrages, van der Westhuizen offre aux chefs contemporains et aux passionnés de cuisine une chance inestimable de redécouvrir et de réinventer les recettes classiques, créant ainsi un pont entre le passé et l’avenir gastronomique.

12 janvier 2024 0 Commentaires
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Le visuel du Festival du Livre Africain créé par l'artiste malien Abdoulaye Konaté
ÉvénementsActualitéAfriqueAfrique du NordProfessionnels

Le Festival du Livre Africain de Marrakech 2024 : Un Carrefour Culturel Incontournable

par Acèle Nadale 12 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Du 8 au 11 février, Marrakech, cette ville marocaine empreinte d’histoire et de culture, s’apprête à accueillir la 2ème édition du Festival du Livre Africain (FLAM). Un événement qui s’inscrit désormais comme un rendez-vous majeur dans l’agenda culturel, non seulement de Marrakech, mais de toute la littérature africaine.

Le Festival du Livre Africain à Marrakech, carrefour de littérature et d’histoire

En février, la ville de Marrakech, joyau culturel et historique du Maroc, se transforme en un vibrant carrefour littéraire avec la tenue du Festival du Livre Africain (FLAM). Ce festival, qui s’étend sur quatre jours, est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de littérature africaine, leur offrant une plateforme unique pour l’échange et la découverte.

Initié par des personnalités influentes de la sphère culturelle et littéraire, notamment Mahi Binebine, Fatimata Sagna, Hanane Essaydi, et Younès Ajarraï, le FLAM se démarque par son ancrage au cœur de Marrakech. Le festival se déroule principalement aux Étoiles de Jamaâ el-Fna dans le Riad El Kébir, un centre socioculturel emblématique de la Fondation Ali Zaoua. Ce lieu n’est pas seulement un espace d’accueil pour le festival, mais aussi un symbole fort de l’engagement culturel et social de la ville.

Le Riad El Kébir, où se situe le festival, est une pièce maîtresse de l’architecture mauresque du 19ème siècle. Ancienne résidence du trésorier du Sultan Hassan 1er, cette bâtisse historique, s’étendant sur plus de 1000 m², offre un cadre somptueux pour les événements du FLAM. À quelques pas de la célèbre Place Jamaâ el-Fna, elle intègre harmonieusement le festival dans le tissu urbain et culturel de Marrakech. Le grand patio de plus de 600 m², ainsi que les différents espaces d’accueil, permettent d’organiser diverses activités et rencontres littéraires, contribuant à créer une atmosphère intime et immersive pour les participants.

Festival du livre africain de Marrakech - Première édition

Festival du livre africain de Marrakech – Première édition © France 24

Un Festival du Livre Africain rayonnant et innovant en 2024

L’édition 2024 du Festival du Livre Africain (FLAM) à Marrakech se profile comme un événement littéraire africain exceptionnel. Fort du succès de l’édition précédente qui a rassemblé plus de 8.000 participants, FLAM 2024 promet de transcender les attentes avec une programmation encore plus ambitieuse et diversifiée. 

Cette année, plus de 50 écrivains issus de 25 pays africains seront au rendez-vous, mettant particulièrement en avant la nouvelle génération d’écrivains marocains. L’événement ne se limite pas à un seul lieu mais s’infuse dans toute la ville de Marrakech, créant ainsi un véritable réseau d’échanges culturels et littéraires entre auteurs et amateurs de livres.

Auteurs à la première édition du festival africain du livre à Marrakech

Auteurs à la première édition du festival africain du livre à Marrakech

L’un des aspects les plus remarquables de FLAM 2024 est la présence de Jean-Marie Gustave Le Clézio, lauréat du prix Nobel de littérature 2008, comme président d’honneur. Cette distinction illustre l’engagement du festival envers l’excellence littéraire et le dialogue interculturel. Par ailleurs, l’artiste malien Abdoulaye Konaté apporte sa touche unique avec le visuel de l’événement. Le festival s’ouvrira sur une note intellectuelle forte avec la leçon inaugurale donnée par le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne.

FLAM 2024 se distingue aussi par l’organisation d’une dictée géante trilingue, un événement sans précédent, destiné à attirer et à impliquer la jeunesse. Cette initiative souligne l’engagement du festival envers l’éducation et le multilinguisme, tout en offrant une expérience ludique et éducative.

Marrakech : un écrin de culture littéraire

La ville de Marrakech, un véritable joyau culturel du Maroc, s’illustre non seulement par son Festival du Livre Africain, mais aussi par une myriade d’autres événements et lieux littéraires de renom. En plus de l’Automnale de Marrakech, un événement qui réunit chaque année artistes et écrivains pour célébrer la création littéraire et artistique, Marrakech offre des espaces emblématiques dédiés à la littérature.

La Maison de la poésie de Marrakech

La Maison de la poésie de Marrakech

La Maison de la Poésie, par exemple, est un lieu de convergence pour les poètes et les amoureux de la poésie. Elle sert de plateforme pour des lectures de poésie, des ateliers d’écriture et des débats, contribuant ainsi à faire vivre la poésie dans la ville. 

La Bibliothèque Ben Youssef

La Bibliothèque Ben Youssef

La Bibliothèque Ben Youssef, quant à elle, est un trésor pour les chercheurs et les lecteurs. Elle offre un vaste choix d’ouvrages dans divers domaines, y compris des textes rares et précieux qui témoignent de l’histoire riche et diversifiée du Maroc et de l’Afrique.

Le café littéraire Dar Cherifa

Le café littéraire Dar Cherifa

Le café littéraire Dar Cherifa, niché dans un Riad historique, offre un cadre unique pour des discussions littéraires, des présentations de livres et des soirées culturelles. Ce lieu est devenu un point de rencontre privilégié pour les écrivains locaux et internationaux, ainsi que pour les amateurs de littérature qui cherchent à s’immerger dans l’atmosphère artistique de Marrakech.

Le FLAM, dans son cadre historique et culturel riche, est aussi une célébration de l’héritage et de la modernité de Marrakech. Il se positionne comme un festival innovant, qui non seulement célèbre la littérature africaine dans toute sa diversité, mais s’efforce également d’impliquer les communautés locales et internationales dans une célébration de la connaissance et du partage culturel.

12 janvier 2024 0 Commentaires
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Statue de Mickey revistée par des artistes Sud Africain
LifestyleActualitéAmérique du NordCinéma

Mickey Mouse, la star de Disney entre dans le domaine public

par Chrystelle Ngoulou 12 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

L’entrée en janvier 2024 de Mickey Mouse dans le domaine public signifie que le personnage, créé par Walt Disney et Ub Iwerks en 1928, n’est plus soumis aux droits d’auteur exclusifs de Disney. Cette transition révolutionnaire ouvre désormais la voie à une utilisation libre et créative de Mickey Mouse, permettant à tous, de passionnés d’animation à artistes indépendants, d’explorer et de réinterpréter ce personnage emblématique sans contrainte de droits d’auteur.

L’évolution de Mickey : Du Rebelle des Années 20 au Héros Moderne

Mickey Mouse, depuis ses débuts dans les années 1920 avec des courts métrages comme Plane Crazy et Steamboat Willie, s’est établi comme un personnage espiègle et aventureux. Sa représentation initiale sans les gants blancs et les chaussures surdimensionnées a évolué vers la fin des années 1920 et au cours des années 1930. Plus précisément, Mickey a adopté ces éléments iconiques et a vu ses grands yeux circulaires transformés en petits ovales noirs pour plus d’expressivité.

Mickey Mouse dans Willie le bateau à vapeur (1928) - IMDB

Source : IMDb

Dans les années 1930, Mickey a adopté le style Inkblot Cartoon avec des yeux en forme de part de tarte, tout en incarnant l’animation « rubber hose » caractérisée par des mouvements fluides et dynamiques. L’ère du Mickey en couleur a débuté avec Parade of the Award Nominees (1932) et The Band Concert (1935), où Mickey a évolué vers un personnage de héros romantique et humble, avec le rouge devenant la couleur signature de son short.

Dans la fin des années 1930 et 1940, Mickey a gagné en maturité et en curiosité, comme démontré dans Brave Little Tailor (1938) et Fantasia (1940), où son design a été modernisé avec l’ajout de pupilles. Aujourd’hui, Mickey, avec ses shorts rouges, chaussures jaunes et gants blancs, est un personnage optimiste, courageux et aimable, et sert d’ambassadeur mondial pour l’entreprise The Walt Disney Company.

Implications légales sur les droits d’auteur et l’utilisation de l’image de Mickey.

Disney fait face à un défi majeur avec l’entrée de Mickey Mouse dans le domaine public, car cela signifie une perte de contrôle exclusif sur l’utilisation de son personnage emblématique.
Il est important de noter qu’uniquement la première version de Mickey Mouse, telle qu’elle est apparue dans le court métrage d’animation en noir et blanc Steamboat Willie en 1928, est celle qui est tombée dans le domaine public le 1er janvier 2024. De plus, en vertu du droit américain, une marque peut être protégée indéfiniment. Ce qui signifie que l’utilisation du personnage d’une manière qui implique une association avec Disney serait toujours une violation de leur marque.
Cependant, cette transition pourrait affecter non seulement les revenus générés par l’exploitation exclusive de Mickey, mais aussi l’image de marque de Disney, qui doit désormais naviguer dans un environnement où d’autres peuvent librement interpréter et utiliser le personnage. D’un autre côté, pour les artistes et créateurs indépendants, cette évolution ouvre un monde de possibilités créatives. Ils peuvent maintenant intégrer Mickey Mouse dans divers projets sans restrictions légales, favorisant ainsi l’innovation et la diversité dans les représentations de ce personnage iconique. Pour Disney, c’est l’occasion de repenser sa stratégie créative autour de Mickey, en se concentrant sur des adaptations modernes ou de nouvelles narrations pour maintenir la pertinence du personnage.

Quelles possibilités pour les artistes et les créateurs africains ?

Sur le continent africain, l’expression “regarder les Mickey” pour certains signifie “regarder les dessins animés”. Une façon de nous laisser entrevoir le véhicule culturel puissant que représente la souris de Disney.
Les artistes et créateurs africains peuvent saisir l’occasion offerte par l’entrée de Mickey Mouse dans le domaine public pour réinterpréter ce personnage emblématique à travers le prisme de leurs cultures uniques. Mickey peut, par exemple, devenir un outil éducatif pertinent. Il peut être adapté dans des récits et supports qui reflètent la réalité africaine, rendant ce personnage accessible au jeune public.

Dans le monde de l’art et du design, l’utilisation de Mickey par des artistes africains ouvre des horizons créatifs. Ils peuvent mêler l’art à ce symbole américain populaire qui a bercé l’enfance de nombreux africains. Cette intégration favoriserait des collaborations internationales, démontrant encore une fois la créativité africaine sur le plan mondial.

En 2018, Mickey célébrait son 90ème anniversaire. Disney Africa et la galerie Art Eye ont collaboré, à cette occasion, avec dix artistes sud-africains pour redéfinir des statues de Mickey Mouse, intégrant des designs africains contemporains et traditionnels. Ces œuvres ont été exposées dans l’exposition itinérante Mickey : The True Original, soulignant l’adaptabilité de ce personnage iconique à diverses esthétiques culturelles.

 

Cette période de changement ouvre d’autres opportunités pour la créativité des artistes internationaux. Cependant, cela pose un défi de taille à Disney pour la gestion de son image de marque. Nous encourageons nos lecteurs à exprimer et partager leurs visions personnelles de Mickey Mouse. Participer à cette démarche créative enrichira la diversité artistique et rendra hommage à l’impact durable de ce personnage emblématique.

 

12 janvier 2024 0 Commentaires
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Marie Michèle Razafintsalama et le prix Aliou Sow
ÉvénementsActualitéAfriqueAfrique AustraleProfessionnels

Marie Michèle Razafintsalama décroche le prestigieux Prix Aliou Sow 2023

par Acèle Nadale 12 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Marie Michèle Razafintsalama, une personnalité influente dans l’édition de livres pour enfants en Afrique, a été récompensée par le prix « Aliou Sow » 2023. Le prix lui a été remis lors du Salon International du Livre Jeunesse et de la BD de Yaoundé, qui a eu lieu du 13 au 16 décembre 2023.

Qui est Marie Michèle Razafintsalama ?

Marie Michèle Razafintsalama a débuté dans la vente de livres vers 1995 avant de fonder les Éditions Jeunes Malgaches en 2004, spécialisées dans les albums pour la jeunesse, majoritairement bilingues en français et malgache. 

Outre son rôle de libraire, elle est auteure de livres pour enfants. Razafintsalama a acquis une expertise auprès d’organisations internationales et a été présidente de l’Association des Libraires de Madagascar (2003-2007) et d’Afrilivres (2010-2014). 

Marie Michèle Razafintsalama est actuellement présidente de l’Association des éditeurs de Madagascar, illustrant son engagement dans le paysage littéraire pour la jeunesse à Madagascar.

Qu’est-ce que le prix Aliou Sow ?

Le Prix Aliou Sow récompense les professionnels exceptionnels de l’édition jeunesse en Afrique. Nommé d’après Aliou Sow, fondateur des Éditions Ganndal, célèbre éditeur guinéen de littérature jeunesse, ce prix souligne l’excellence dans ce domaine. Les Éditions Ganndal, fondés en 1992, se focalisent sur la littérature africaine francophone et les langues nationales, avec un accent sur la jeunesse. 

Aliou Sow, fondateur et directeur des Éditions Ganndal, joue un rôle essentiel dans la promotion de la lecture en Guinée. Il a créé et dirigé le Salon International du Livre de Jeunesse de Conakry. Impliqué dans des activités internationales, Sow offre son expertise à des organisations comme la Banque mondiale, l’ADEA, l’UNESCO et l’Institut français. Reconnu pour son travail sur les manuels scolaires, il est une figure de proue de l’édition en Afrique francophone.

12 janvier 2024 0 Commentaires
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Censure des livres aux États-Unis la littérature afro-américaine attaquée
PolitiqueActualitéAmériqueAmérique du Nord

Censure des livres aux États-Unis : la littérature afro-américaine attaquée

par Acèle Nadale 11 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

L’Association des Bibliothèques Américaines a signalé un nombre record de tentatives censure des livres aux États-Unis. Elle est en hausse de 38 % par rapport à l’année précédente. La majorité des livres retirés des étagères sont écrits par, ou sur des membres de la communauté LGBTQ+ et des noirs.

Les 10 principales raisons de la controverse et de l’interdiction des livres 

La majorité des livres interdits appartiennent au genre Young adult, ce qui représente plus de 75 % de tous les livres bannis. Les interdictions de livres aux États-Unis sont décidées aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau local.

Selon l’American Library Association, l’association américaine des bibliothèques, les livres sont souvent contestés ou interdits pour diverses raisons dont voici les 10 plus importantes :

  • Contenu sexuel : 92,5 % des livres contestés contiennent du contenu sexuel
  • Langage offensant : 61,5 % des livres contestés sont critiqués pour leur langage
  • Inadapté à l’âge du public visé : 49 % des livres contestés sont jugés inappropriés pour leur groupe d’âge cible
  • Point de vue religieux : 26 % des livres contestés sont critiqués pour leur point de vue religieux
  • Contenu LGBTQIA+ : 23,5 % des livres contestés sont critiqués pour leur contenu LGBTQIA+
  • Violence : 19 % des livres contestés sont critiqués pour leur contenu violent
  • Racisme : 16,5 % des livres contestés sont critiqués pour leur contenu raciste
  • Usage de substances illégales : 12,5 % des livres contestés sont critiqués pour la promotion de l’usage de substances illégales
  • Contenu « anti-famille » : 7 % des livres contestés sont critiqués pour leur contenu « anti-famille »
  • Point de vue politique : 6,5 % des livres contestés sont critiqués pour leur point de vue politique

Ces raisons reflètent les préoccupations et les sensibilités de divers groupes face au contenu des livres. Cependant, la plupart des contestations n’aboutissent pas à une interdiction réelle. En effet, la majorité des livres restent disponibles dans les programmes scolaires et les bibliothèques.

L’interdiction d’auteurs noirs et ses répercussions culturelles

Dans le cadre plus large de la censure des livres aux États-Unis, les auteurs noirs font face à des défis spécifiques et historiques en matière d’interdiction. L’American Civil Liberties Union (ACLU) du Massachusetts, l’Union américaine pour les libertés civiles, a recensé quelques livres clés écrits par des auteurs noirs qui ont été ciblés, récemment ou historiquement, par la censure. Parmi ces livres, on trouve :

Racisme – Une autre histoire de l’Amérique de Ibram X. Kendi

 

Couverture du livre Racisme : Une autre histoire de l'Amérique de Ibram X. Kendi (Auteur), Rokhaya Diallo (Avec la contribution de), Thomas Chaumont (Traduction)

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Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou,

 

Couverture du livre Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage de Maya Angelou

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The Hate U Give – La haine qu’on donne d’Angie Thomas, qui a été contesté et interdit pour avoir soi-disant promu un message anti-police,

Couverture du livre The Hate U Give : La haine qu'on donne de Angie Thomas (Auteur), Nathalie Bru (Traduction)

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L’œil le plus bleu de Toni Morrison

Couverture du livre L'œil le plus bleu Poche de Toni Morrison

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Ces exemples sont des symboles de la longue histoire de la littérature noire comme cible de campagnes coordonnées de censure et de répression, souvent facilitées par des actions ou des inactions des gouvernements locaux, étatiques et fédéraux.

Les conséquences de la censure des livres sur la diversité culturelle aux États-Unis sont significatives. La censure peut entraîner une ségrégation culturelle, ce qui nuit à la diversité des perspectives et des expériences représentées dans la littérature. De plus, les tentatives de censure visant principalement les ouvrages abordant des problématiques raciales ou appartenant à des auteurs noirs contribuent à une marginalisation de ces voix dans le paysage littéraire.

La censure dans la littérature : une perspective historique

Depuis au moins, la Renaissance de Harlem, la littérature noire aux États-Unis a été largement traitée comme obscène, séditieuse et même dangereuse. Sa censure aux USA s’inscrit dans un contexte plus large de tentatives de supprimer tout ce qui est en conflit avec les normes blanches établies ou avec quiconque remet en question ces normes.

BRÛLAGE DE LIVRES SAINTS PAR LES NAZIS DU IIIème REICH.

Livres brûlés par les nazis

 

De manière plus générale, la censure des livres a une longue histoire, remontant à des siècles. Elle fut une tactique du régime nazi pour contrôler et limiter l’accès à des idées et des informations qui étaient en désaccord avec leurs idéologies.

De nombreux classiques de la littérature ont été censurés dans certains pays pour des raisons variées, parfois obscures. Au 20ᵉ siècle, des œuvres majeures ont été interdites dans le monde entier pour des raisons politiques, religieuses ou idéologiques. Certains des livres les plus connus qui ont été censurés dans le monde sont :

  1. 1984 de George Orwell : Censuré dans plusieurs pays pour ses critiques des régimes totalitaires et de la surveillance de masse.
  2. Le Journal d’Anne Frank : Censuré ou contesté dans certains pays et régions pour ses descriptions franches et son contenu jugé sensible.
  3. L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger : Censuré pour son langage grossier, ses thèmes sexuels et son traitement de la rébellion adolescente.
  4. Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : Ironiquement, ce livre traitant de la censure a lui-même été censuré pour son langage et ses thèmes jugés controversés.
  5. Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain : Souvent contesté pour son utilisation de langage raciste et sa représentation des relations raciales.

La résilience de la littérature d’auteurs noirs face à la censure des livres aux États-Unis

La censure des œuvres d’auteurs noirs a toujours été un phénomène répandu aux États-Unis, mais certains ouvrages ont fini par gagner en reconnaissance malgré les tentatives pour les interdire. Beaucoup d’auteurs noirs ont vu leurs œuvres interdites ou contestées, mais sont aujourd’hui largement salués pour leur contribution à la littérature mondiale. Ces auteurs ont joué un rôle essentiel dans la compréhension des expériences noires et dans la promotion de la diversité des voix dans la littérature. 

 

Couverture du livre Un enfant du pays de Richard Wright (Auteur), Marcel Duhamel (Traduction), Hélène Bokanowski (Traduction)

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Native Son de Richard Wright a été initialement publié en 1940. Le roman raconte l’histoire de Bigger Thomas, un jeune homme noir de 20 ans vivant dans une pauvreté extrême dans le South Side de Chicago dans les années 1930. Le livre a été confronté à la censure et à la controverse en raison de sa représentation franche des conditions de vie des Noirs américains et de son exploration des thèmes du racisme et de la violence. En 1951, une adaptation cinématographique du roman, réalisée par Pierre Chenal, a été fortement censurée pour sa sortie aux États-Unis. Des scènes ont été coupées ou modifiées, ce qui a altéré la vision originale de l’œuvre. Cependant, une version non censurée du film a été préservée, et le roman de Wright a continué à être étudié et reconnu comme un classique de la littérature américaine malgré les tentatives de censure.

 

Couverture du livre Black Boy Poche de Richard Wright (Auteur)

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Black Boy de Richard Wright a été confronté à la censure. Publiée en 1945, cette autobiographie a été interdite dans certaines écoles et bibliothèques pour son examen honnête et direct de la vie d’un jeune homme noir dans le Sud ségrégationniste. Le livre aborde des thèmes tels que la violence raciale, la pauvreté et l’aspiration à une meilleure vie. Entre 2000 et 2009, Black Boy a été classé 81ᵉ parmi les livres les plus interdits et contestés aux États-Unis. Malgré ces défis, le livre a continué à être reconnu comme un récit important sur l’expérience noire en Amérique.

Ces exemples illustrent la résilience et la persévérance de la littérature noire face à la censure et sa capacité à s’élever au-dessus des obstacles pour être pleinement appréciée.

Combattre la censure des livres aux États-Unis par l’éducation et l’action citoyenne

La lutte contre la censure peut être menée à travers l’éducation et l’action citoyenne. L’éducation à la citoyenneté mondiale, telle que promue par l’UNESCO, a pour objectif de développer chez les individus les compétences nécessaires pour comprendre et agir sur les enjeux mondiaux, y compris la liberté d’expression et la censure.

La lutte citoyenne contre la censure et pour la sauvegarde de la liberté d’expression s’exprime de multiples façons. Parmi elles, on retrouve l’organisation de manifestations, le lancement de pétitions, la mise en place de campagnes de sensibilisation et la réalisation d’actions de plaidoyer auprès des instances décisionnelles.

Demonstrations Staged Nationwide Denounce Restrictions on Teaching, Book Bans

Manifestion contre la censure des livres aux États-Unis

En réponse à la vague actuelle de censure aux USA, des voix de contestation s’élèvent. Les interdictions de livres ont suscité des actions fortes de la part des étudiants sous différentes formes. Des manifestations, des prises de parole lors des réunions du conseil scolaire et la création d’organisations dédiées à la défense de l’accès aux livres ont vu le jour.

Des initiatives comme « The Banned Book Club » ont aussi été crées. Il s’agit d’une librairie virtuelle qui veut remettre à disposition les livres interdits.

L’American Library Association (ALA) quant à elle s’oppose fermement à la censure et travaille pour garantir l’accès libre à l’information.

L’augmentation des cas de censure des livres aux États-Unis, notamment des auteurs afro-américains, soulève des questions importantes sur la liberté d’expression et la diversité culturelle. Face à ces difficultés, l’endurance des auteurs noirs et l’action des communautés noires pour garantir l’accès à une littérature diversifiée doivent continuer pour garantir une représentation authentique et large des communautés marginalisées dans le domaine littéraire.

11 janvier 2024 0 Commentaires
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Oprah Winfrey à la Première du film "La couleur pourpre" et l'affiche du film.
CinémaActualitéAmérique du NordLifestyle

Oprah Winfrey, Quincy Jones et Steven Spielberg collaborent avec le réalisateur Ghanéen Blitz Bazawule pour la Renaissance de « La Couleur Pourpre ».

par Chrystelle Ngoulou 11 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

La nouvelle adaptation du célèbre roman d’Alice Walker, La Couleur Pourpre, est sortie en salle aux Etats-Unis en décembre dernier. Réalisé par le ghanéen Blitz Bazawule, ce film promet une expérience inoubliable, mêlant émotion, histoire et talents inégalés. L’occasion de redécouvrir une œuvre qui a marqué des générations.

Parcours à travers le temps d’une œuvre littéraire transgénérationnelle

En 1985, le roman La Couleur Pourpre est adapté pour la première fois au cinéma par le réalisateur Steven Spielberg. Le film met en vedette Whoopi Goldberg dans le rôle de Celie. Le casting comprend également Danny Glover, Oprah Winfrey, Margaret Avery, et Rae Dawn Chong. C’est le légendaire Quincy Jones qui a contribué à l’ambiance émotionnelle du film. La Couleur Pourpre a été un succès critique et commercial. En effet, il a été nominé pour onze Oscars, mais n’en a remporté aucun, ce qui a été source de controverse à l’époque.

En 2005, ce sont les planches de Broadway qui accueillent le roman à succès. La comédie musicale, écrite par Marsha Norman et composée par Brenda Russell, Allee Willis et Stephen Bray, a rapidement captivé le public avec sa narration vibrante et ses performances époustouflantes. Cette production a été remarquable pour les débuts à Broadway de plusieurs artistes, y compris Fantasia Barrino, qui a joué le rôle de Celie en 2007. La pièce a remporté des acclamations critiques et a été saluée pour sa fidélité émotive et thématique à l’œuvre originale d’Alice Walker. D’ailleurs, elle a remporté trois Tony Awards, dont celui de la meilleure comédie musicale.

Perpétuer l’héritage : La Couleur Pourpre de Walker à Winfrey

Alice Walker, née le 9 février 1944 à Eatonton, en Géorgie, est une romancière, nouvelliste, poétesse et militante politique américaine. Son roman La couleur pourpre aborde des sujets comme l’oppression raciale et sexuelle, et la relation complexe entre Celie et sa sœur Nettie. Cette histoire émouvante, écrite sous forme de lettres, explore la place des femmes dans la société américaine et leur incroyable force face aux épreuves.

Couverture du livre La Couleur pourpre d'Alice Walker

Lire le livre

Figure littéraire et militante politique américaine, en 1983, Alice Walker devient la première femme afro-américaine à remporter le Prix Pulitzer de la fiction pour ce roman émouvant. Les premiers mots “Dear God” du roman en ont inspiré plus d’un dont la célèbre animatrice et productrice Oprah Winfrey.

Oprah Winfrey attribue sa carrière extraordinaire à La couleur pourpre. En effet, dans la version cinématographique de Steven Spielberg en 1985, elle a interprété le rôle de Sofia. Oprah incarne une femme aussi imposante physiquement que par sa personnalité qui se lie d’amitié avec Celie. Sa performance remarquable dans le film lui a valu une nomination aux Oscars. Elle a été parmi les producteurs des comédies musicales de Broadway. De plus, Oprah a révélé que le livre La Couleur Pourpre d’Alice Walker l’a aidée à faire face au traumatisme du viol dont elle a été victime à l’âge de 14 ans.

« Je ne pouvais pas croire qu’Alice Walker avait réellement écrit l’histoire d’une fille qui vivait la même chose que moi. Quelqu’un d’autre savait ce que je ressentais. L’histoire de Celie m’a tellement parlé que j’ai trouvé l’espoir. Le fait que j’ai pu en faire partie, et maintenant contribuer à l’introduire dans le monde pour une nouvelle génération, je ne pourrais pas être plus fier. La boucle est bouclée. » Source : Vanity Fair

Oprah est la productrice principale de la nouvelle version cinématographique du film sortie en 2023.

Un film de stars : du casting à la réalisation

La nouvelle adaptation de Blitz Bazawule, distribuée par Warner Bros, rend hommage à l’œuvre originale d’Alice Walker, à sa première version cinématographique et son adaptation au théâtre. Dans le casting, on retrouve des stars telles que Fantasia Barrino (célèbre pour sa carrière de chanteuse avec quatre albums à son actif), Danielle Brooks (Taystee dans la série Orange Is the New Black) et Taraji P. Henson (Golden Globes 2016 de la meilleure actrice pour son rôle de Cookie Lyons dans la série Empire).

Les membres du casting du film La couleur pourpre à Londres.

Les acteurs Corey Hawkins, Taraji P. Henson, le réalisateur Blitz Bazawule et l’actrice Danielle Brooks, Fantasia Barrino et Colman Domingo. Londres 2023. REUTERS/Hollie Adams

Blitz Bazawule, de son vrai nom Samuel Bazawule, est un cinéaste, musicien et artiste ghanéen. Né et élevé à Accra, il mélange avec talent des sonorités africaines dans son travail musical, telles que le highlife et l’afrobeat. Avec quatre albums solo à son actif sous le nom de Blitz the Ambassador, il a été nominé aux Grammy Awards pour son travail sur le projet « Black Is King » de Beyoncé.

Cette nouvelle adaptation de La Couleur Pourpre est un projet ambitieux. C’est un hommage à la littérature, un reflet de l’histoire et une célébration de la culture afro-américaine. Elle s’annonce comme un incontournable pour tout amateur de cinéma et de culture.
Le film promet déjà un grand succès avec la nomination aux Golden Globes 2024 de Fantasia Barrino, dans la catégorie “Meilleure interprétation féminine dans un film, une comédie musicale ou une comédie ”.
Des ambitions pour les Oscars 2024 ?

 

La bande-annonce du film

 

 

11 janvier 2024 0 Commentaires
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Bibliotheque Djaïli Amadou Amal à Maroua, Cameroun
SociétéActualitéAfriqueAfrique CentraleMétiers

Cameroun : Djaïli Amadou Amal ouvre une bibliothèque dans la ville de Maroua en 2024

par Acèle Nadale 11 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Djaïli Amadou Amal, écrivaine et voix puissante pour les droits des femmes, transcende les frontières de l’écriture. Elle est considérée comme une icône de la littérature africaine. Elle se distingue également par son engagement en faveur de l’éducation des jeunes filles. Djaïli Amadou Amal ouvre une bibliothèque à Maroua et marque un tournant dans la promotion de la culture dans la région.

Une renaissance culturelle à Maroua

Djaïli Amadou Amal continue d’inspirer et de transformer. Si Djaïli Amadou Amal ouvre une bibliothèque, c’est surtout pour donner l’opportunité aux jeunes de la région d’avoir accès au savoir.  En 2023, elle lance un projet ambitieux : la construction d’une bibliothèque moderne à Maroua, sa ville natale. Cette bibliothèque qui sera ouverte au public le mardi 23 janvier 2024, est située à Dengui-Miskine dans la Commune de Maroua 1er. L’édifice ne se limite pas à être un simple lieu de lecture. La bibliothèque Djaïli Amadou Amal comprendra un espace culturel et des salles de conférence et de formation. Un secteur multimédia sera inclus, offrant un véritable centre de savoir et d’échange à Maroua. Cette ville est un carrefour culturel peuplé par les Foulbé, les Bororo, et les Choa-Arabes.

Historiquement, Maroua n’a pas été un centre littéraire majeur au Cameroun. L’ouverture de cette bibliothèque pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre. Elle a le potentiel de devenir une plateforme pour les écrivains, les penseurs et les artistes locaux. Ceci pourrait encourager la création et la diffusion de la littérature dans la région.

Djaïli Amadou Amal : une plume militante pour le changement et l’émancipation

L’engagement de Djaïli Amadou Amal va au-delà des livres. En 2012, elle a créé l’association « Femmes du Sahel », dédiée à l’éducation et au développement des femmes dans le Nord-Cameroun. L’association lutte contre le mariage précoce et forcé, la violence envers les femmes et promeut l’éducation des filles. Dans le podcast « Le Salon du Livre », Djaïli Amadou Amal partage son expérience personnelle avec le mariage forcé. Elle offrant ainsi un témoignage poignant qui résonne avec de nombreuses femmes et filles. Ses actions, enrichies par son propre vécu, la positionnent comme une figure inspirante dans la lutte pour les droits des femmes.

Couverture du livre de Djaïli Amadou Amal - Les Impatientes

Lire le livre

Son roman Les Impatientes qui thématise ces problématiques avait remporté le Prix Goncourt des lycéens en 2020. Djaïli Amadou Amal a reçu le titre de ‘Autorin des Jahres’ (Auteure de l’année) lors des Trophées des éditions 2022 et a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF. Dans Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal aborde de manière poignante la question du mariage forcé, un sujet qui touche profondément la vie des femmes dans certaines régions du Cameroun. Ce thème central du roman met en lumière la perte d’autonomie et les défis auxquels sont confrontées les femmes dans un système social et culturel souvent rigide et patriarcal. Le livre ne se contente pas de dépeindre les difficultés. Il évoque la résilience et la quête d’indépendance des femmes.

En offrant un accès à l’éducation et à l’information, la bibliothèque de Maroua devient un lieu d’émancipation et d’autonomisation pour les femmes et les jeunes filles. Elle leur permet de se cultiver, d’accéder à des connaissances. La création de la bibliothèque par Djaïli Amadou Amal à Maroua est un excellent exemple de la manière dont les acteurs du monde littéraire peuvent influencer positivement la société.

11 janvier 2024 0 Commentaires
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Caroline Fousséna Sagui élue "Miss Littérature Afrique".
SociétéActualitéAfriqueAfrique de l'Ouest

La « Miss Littérature Afrique » 2023 est Caroline Fousséna Sagui

par Chrystelle Ngoulou 11 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Pour sa 3ème édition, le concours panafricain « Miss Littérature Afrique » a vu 8 pays en compétition : le Benin, le Burkina, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Tchad et le Togo. La cérémonie a eu lieu le 23 décembre dernier au Centre National de Matériels Scientifiques (CNMS) de Cocody à Abidjan.

Fousséna Sagui : De l’Étudiante à l’Ambassadrice de la Lecture en Afrique Francophone
C’est la jeune béninoise de 21 ans, Caroline Fousséna Sagui qui a remporté le concours de « Miss Littérature Afrique » 2023. Etudiante à l’Ecole Normale Supérieure de Porto-Novo, la jeune femme se forme au noble métier d’enseignant. Passionnée de lecture depuis son enfance, elle est sacrée Championne de Littérature en Afrique francophone.

En récompense, Caroline Fousséna Sagui a reçu un chèque de 500.000 fcfa de la part du Comité du concours « Miss Littérature Afrique » ainsi que des livres. Le consul du Bénin en Côte d’Ivoire, Ernest Darboux était présent lors de la cérémonie. L’objectif de la nouvelle Miss est de promouvoir la construction de bibliothèques dans les écoles béninoises, en particulier les lycées et collèges, pour encourager la littérature et l’amour de la lecture parmi les jeunes.

Nagnini Fousséna Sagui et Ernest Darboux

Source : Miss littérature Afrique

Valorisation de l’Intellect et de la Beauté : Le Cœur du Concours Miss Littérature Afrique
Le concours vise à promouvoir la beauté intelligente des jeunes filles en mettant l’accent sur leurs capacités intellectuelles. “Miss Littérature Afrique” encourage les jeunes femmes à l’excellence et nourrit leur intérêt pour la lecture, véritable instrument de culture et de formation. Organisé pour la première fois au Togo en 2018, lors de la deuxième Foire Internationale du Livre de Lomé, ce concours est aussi porté par le Club Le Littéraire, qui s’inscrit dans le cadre des activités d’un réseau de partenaires œuvrant à l’intégration culturelle et littéraire en Afrique.

Critères et Déroulement du Concours Miss Littérature : À la Recherche de l’Intelligence et du Charisme Littéraire Africain
Le concept de “Miss Littérature Afrique” a été initié au Bénin en 2016 par la journaliste, auteure et éditrice Carmen Todonou. Le concours est ouvert aux jeunes femmes africaines qui ont entre 18 et 24 ans. Il se déroule sur deux ans et en deux phases. La première année, la phase nationale se déroule à travers les pays d’Afrique francophone pour élire la représentante de chaque pays. Ensuite, la phase finale met en compétition les gagnantes de chaque pays.
Les critères de sélection de la gagnante incluent l’intelligence, la culture littéraire, le charisme, la capacité à communiquer et l’engagement envers la promotion de la lecture et de la littérature. Les candidates sont soumises à diverses épreuves telles que l’art oratoire.

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Hemley Boum avec des exemplaires de son cinquième roman "Le rêve du pêcheur".
LittératureActualitéAfriqueAfrique CentraleAuteursFiction

Hemley Boum ajoute un cinquième roman à son édifice littéraire

par Chrystelle Ngoulou 11 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

La sortie du roman Le rêve du pêcheur de l’écrivaine camerounaise renommée Hemley Boum est prévue pour le 11 janvier 2024. Il est publié dans la prestigieuse collection Blanche de Gallimard.

Hemley Boum est lauréate de plusieurs prix littéraires dont le Prix Ahmadou-Kourouma 2020 pour son roman Les jours viennent et passent et le Prix Les Afriques 2016 pour son roman Les Maquisards. L’autrice est reconnue pour sa capacité à tisser des récits profonds et émouvants. Ses œuvres précédentes ont exploré des thèmes variés, allant des dynamiques familiales complexes aux questions sociales et historiques du Cameroun, son pays natal.

« Le rêve du pêcheur«  continue sur cette lancée en offrant aux lecteurs une fresque familiale centrée autour de deux hommes, Zack le personnage principal et Zacharias son grand-père. Cet ouvrage permettra au lecteur de (re)plonger dans l’univers d’Hemley Boum, où chaque page révèle la richesse de sa plume et la profondeur de ses histoires.

Couverture du roman Le rêve du pêcheur - Hemley Boum

Nombre de pages : 352
Maison d’édition : Gallimard
ISBN : 978-2073032423

Quatrième de couverture

« Dans l’avion qui me menait au loin, j’ai eu le sentiment de respirer à pleins poumons pour la première fois de ma vie et j’en ai pleuré de soulagement. On peut mourir mille morts, un peu à la fois, à essayer de sauver malgré lui l’être aimé. J’avais offert à Dorothée mon corps en bouclier, mon silence complice, le souffle attentif de mes nuits d’enfant et en grandissant l’argent que me rapportaient mes larcins, sans parvenir à l’arrimer à la vie. Je pensais ne jamais la quitter, mais lorsque les événements m’y contraignirent, j’hésitai à peine. C’était elle ou moi. »

 

 

 

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Sandra Tamele
IndustrieActualitéAfriqueAfrique AustraleProfessionnelsRégions

Sandra Tamele Rejoint le Conseil d’Administration de PublisHer

par Acèle Nadale 10 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

PublisHer, un réseau influent pour les femmes dans l’édition, a annoncé l’arrivée de Sandra Tamele à son conseil d’administration, aux côtés de Lisa Lyons Johnston et Beatrice Yong-in Lin.

Sandra Tamele : pionnière de l’édition et de la traduction mozambicaine

Eminente figure de l’édition et de la traduction au Mozambique, Sandra Tamele a récemment été nommée membre du conseil d’administration du réseau PublisHer, une organisation internationale dédiée à la promotion des femmes dans l’industrie de l’édition. 

Sandra Tamele est reconnue pour son rôle pionnier dans l’édition mozambicaine. Elle est la fondatrice de SM Traduções, une entreprise de services linguistiques, et d’Editora Trinta Zero Nove, la première maison d’édition mozambicaine dédiée à la traduction littéraire. En 2021, la maison d’édition a été classée parmi les 100 meilleures startups d’Afrique dans le cadre de la troisième édition du Pitch-athon d’Access Bank.

Le travail de Sandra Tamele a été récompensé par le prestigieux London Book Fair Excellence Award en 2021, soulignant son combat pour la diversité et l’inclusion dans l’édition. En 2023, elle remporte le prix Éditeur jeunesse de l’année à Bologne pour l’Afrique.

PublisHer : un engagement pour les femmes dans l’édition

PublisHer est un réseau informel visant à promouvoir l’autonomisation des femmes dans l’industrie de l’édition. L’organisation a été fondée par Bodour Al Qasimi, PDG du groupe Kalimat. Bodour Al Qasimi, également connue sous le nom de Sheikha Bodour bint Sultan Al Qasimi, est une personnalité éminente des Émirats arabes unis. Elle occupe plusieurs postes de direction, notamment en tant que présidente de l’Université américaine de Sharjah et présidente du Sharjah Research, Technology and Innovation Park.

Frankfurt Conference Rights - Bodour Al Qasimi | Buchmesse - Sandra Tamele

Bodour Al Qasimi – Photo : IvanaMaglione

Le monde a besoin des cerveaux et des talents de chacun pour avancer, donc créer des pratiques d’embauche et de gestion inclusives garantit que la voix des femmes soit entendue dans les industries de l’édition et de la création à tous les niveaux, comme elle le sera dans toutes les autres industries.

Bodour Al Qasimi, Fondatrice de PublisHer

Renforcer la diversité et le leadership féminin dans l’édition

L’arrivée de Sandra Tamele au sein du conseil d’administration de PublisHer est un signe fort de la volonté de l’organisation à promouvoir la diversité et à soutenir les talents féminins dans l’édition à travers le monde. Avec une expérience aussi riche et variée, Tamele apporte une perspective unique alignée sur les objectifs de PublisHer visant à renforcer la présence des femmes dans le secteur de l’édition.

Cette nomination est non seulement un succès pour Sandra Tamele, mais aussi une source d’inspiration pour de nombreuses femmes africaines et afrodescendantes aspirant à des rôles de leadership dans l’industrie du livre. 

Les contributions de Lisa Lyons Johnston, ancienne responsable chez Kids Can Press à Toronto, et de Beatrice Yong-in Lin, directrice de la société de conseil sud-coréenne Co.Mint, complètent l’expertise variée du nouveau conseil. Ensemble, ces trois femmes remarquables marquent une avancée significative dans l’objectif de PublisHer de promouvoir la diversité et de soutenir les talents féminins dans le monde de l’édition.

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Palais du gouverneur, Huambo, Angola - Littérature Angolaise
ÉvénementsActualitéAfriqueAfrique AustraleRégions

Littérature Angolaise : Nituecheni Africano Initie la Première Biennale du Livre Africain à Huambo

par Acèle Nadale 10 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

En avril 2024, la province de Huambo en Angola se transforme en un carrefour culturel majeur pour la littérature angolaise avec la première édition de la Biennale du Livre Africain.

L’essor de la littérature angolaise : un miroir de l’histoire et de la culture

La littérature angolaise, riche et diversifiée, a toujours été un reflet fidèle de l’histoire complexe et du patrimoine culturel de l’Angola. Avec l’arrivée de la colonisation portugaise, la littérature angolaise a connu une transformation, marquée par l’introduction de l’écriture en portugais. Au cours du 20ᵉ siècle, en particulier pendant la lutte pour l’indépendance, la littérature angolaise est devenue un outil de résistance et de militantisme. 

Après l’indépendance en 1975, la littérature angolaise a continué à évoluer, reflétant les défis et les réalités d’une nation en reconstruction. Les thèmes de la guerre civile, de l’identité, de la mémoire et de l’espoir en un avenir meilleur sont devenus prédominants dans les œuvres littéraires.

Agostinho Neto - Poésie complète - Littérature angolaise

Lire le livre

Des écrivains comme Agostinho Neto, qui fut également le premier président de l’Angola indépendant, ont joué un rôle clé dans l’utilisation de la littérature comme moyen d’expression politique et sociale. D’autres comme Pepetela, José Eduardo Agualusa et Ondjaki ont également contribué à un renouveau littéraire, explorant les réalités sociales, politiques et personnelles d’une Angola indépendante. 

Un Nouveau chapitre pour la littérature angolaise

Aujourd’hui, une nouvelle génération d’écrivains angolais, tels que Nituecheni Africano, contribue à une scène littéraire dynamique et diversifiée. Ces auteurs modernes abordent des sujets variés et explorent de nouvelles formes narratives, tout en restant ancrés dans l’héritage historique de l’Angola. La littérature angolaise contemporaine est reconnue pour sa capacité à capturer les nuances de la société angolaise, en équilibrant les récits historiques avec des perspectives contemporaines.

Taís Araújo - Littérature angolaise

Taís Araújo © Photo DR

La Biennale du Livre Africain à Huambo en avril prochain est un témoignage de cette richesse littéraire, mettant en lumière le passé, le présent et l’avenir prometteur de la littérature angolaise. Cet événement mettra en avant non seulement la littérature angolaise, mais aussi la diversité culturelle de l’Afrique. L’annonce a été faite par Nituecheni Africano, écrivain angolais de renom, lors d’une rencontre avec Lotti Nolika, gouverneure de Huambo. Nituecheni Africano a souligné le rôle de cet événement dans la promotion de la littérature angolaise, événement en partenariat avec l’Université fédérale du Brésil. Il a aussi annoncé la participation de l’actrice brésilienne Taís Araújo.

Nituecheni Africano : un pilier de la littérature angolaise

Nituecheni Africano - Littérature angolaise

Nituecheni Africano

Nituecheni Africano, pseudonyme d’Eugénio Afonso Gaspar, est un écrivain angolais né à Luanda en 1977. En 2022, il a remporté la catégorie du meilleur roman de la IVe édition du Grand Concours Littéraire d’Amérique Latine avec son œuvre « O Emigrante da Web e suas Tolices ». Il a également été nommé ambassadeur de la littérature dans cinq pays africains, à savoir le Lesotho, Madagascar, le Malawi, la Sierra Leone et l’Ouganda. Africano est co-fondateur de l’Association d’Insertion Sociale pour les anciens détenus (ADISPER) et directeur général de l’Association des Jeunes Écrivains du Sud.

Promotion de la littérature africaine au-delà des frontières

La Biennale du livre africain de Huambo se déroulera sous le thème « Une Afrique en paix et sans guerre ». Au programme, des conférences, des colloques sur la littérature africaine, ainsi que des échanges d’expériences entre écrivains africains et brésiliens, nommés ambassadeurs de l’activité, seront organisés. Cet événement culturel d’envergure vise à rassembler des écrivains de 54 pays du continent africain.

La Biennale du livre africain s’inscrit dans la lignée de précédentes initiatives visant à promouvoir la littérature africaine. En effet, des événements similaires, tels que la Biennale de Luanda, ont déjà servi de plateformes essentielles pour la mise en valeur des écrivains africains et la promotion de la paix à travers la culture.

Cette Biennale représente une opportunité importante pour l’évolution de la littérature angolaise, offrant un espace pour de nouvelles découvertes et échanges enrichissants, tant pour les auteurs que pour les amateurs de littérature africaine.

Source : Angop

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Représentation graphique du mot Sérendipité
Le mot de la semaine

Sérendipité est le mot de la semaine – Du 15 au 21 janvier 2024

par Chrystelle Ngoulou 7 janvier 2024
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Le mot de la semaine du 15 au 21 janvier 2024 est Sérendipité.

Ce mot désigne la capacité ou l’aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité (scientifique, pratique).

Source : Le Robert

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Top 5 Idées Cadeaux Originales pour les Passionnés de Lecture
LifestyleArt & Déco

Top 5 Idées Cadeaux Originales pour les Passionnés de Lecture

par Acèle Nadale 6 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Lorsqu’il s’agit de gâter les amoureux de la lecture, le choix du cadeau parfait peut s’avérer un véritable casse-tête. Offrir un livre peut être délicat, car vous risquez de choisir un titre qu’ils possèdent déjà. Mais que leur offrir qui ne soit pas un livre ? Pour éviter la déception et le sourire gêné, voici cinq idées cadeaux originales pour les passionnés de lecture qui sauront les surprendre et les ravir.

Chaque idée de cadeau que sélectionnée pour les amoureux des livres allie fonctionnalité et esthétique. Que ce soit des accessoires de lecture élégants et pratiques, ou des objets décoratifs qui transforment n’importe quel espace, chaque proposition a été choisie avec soin. Ces cadeaux ne se limitent pas à leur utilité ; ils représentent une fusion harmonieuse entre la passion pour la lecture et d’autres plaisirs de la vie, offrant ainsi une expérience personnalisée pour chaque bibliophile.

Peu importe l’événement — que ce soit pour célébrer un anniversaire, apporter une touche spéciale aux festivités de Noël, ou simplement pour montrer votre affection, nos suggestions de cadeaux sont conçues pour faire plaisir aux passionnés de lecture. Ils sont pensés pour insuffler une étincelle de magie littéraire dans le quotidien des lecteurs. Que votre intention soit de ravir un ami proche, de témoigner de votre gratitude envers un collègue, ou de rendre hommage à un être cher de votre famille, ces idées cadeaux, imprégnées de l’esprit des livres, aspirent à toucher leurs cœurs et à enrichir leur expérience de lecteur.

 

1- Le marque-page : un compagnon de lecture indispensable

 

Idées Cadeaux Originales pour les Passionnés de Lecture

Marque-page

Le marque-page, cet humble outil dont l’histoire remonte au 13ᵉ siècle, est devenu un compagnon de lecture incontournable. Autrefois utilisé pour sceller et signer des lettres, il est aujourd’hui un allié précieux pour tout lecteur. Pourquoi ne pas offrir un marque-page personnalisé, reflétant les goûts de votre proche ? Cela ajoutera une touche personnelle et originale à leur expérience de lecture. Qu’il soit en papier cartonné, en métal précieux ou en tissu, laissez libre cours à votre créativité pour un cadeau qui marque à la fois les pages et les esprits !

 

2- Le serre-livre, le cadeau déco par excellence 

 

Serre-livre - Idées Cadeaux Originales pour les Passionnés de Lecture

Serre-livre

 

Au fil des années, le serre-livre est devenu un élément incontournable de la décoration d’intérieur. Il met en valeur les livres comme aucun autre objet. Qu’il soit placé sur une étagère en hauteur ou dans une bibliothèque, il a toute sa place. Il valorise les collections de livres et s’intègre parfaitement dans tout décor intérieur. Choisissez-le en fonction du style de votre proche, pour un cadeau à la fois beau et utile. Avec une variété de matériaux, de formes et d’aspects, c’est le cadeau qui fera très certainement plaisir.

 

3- L’étagère inversée : pour un intérieur décalé

 

Étagère murale inversée - Idées Cadeaux Originales pour les Passionnés de Lecture

Étagère murale inversée

 

Si vous avez lu et aimé Le monde à l’envers de Mario Ramos et que vous vous imaginez bien dans la peau de Rémi qui voit tout à l’envers, cette étagère est faite pour vous. Originale, décalée et surtout ingénieuse, elle saura surprendre. Inspirez-vous de l’ingéniosité de l’étagère inversée, un meuble qui surprend et attire l’attention. Offrez un cadeau qui reflète l’amour des livres et le goût pour l’originalité, parfait pour ceux qui aiment ajouter une touche unique à leur intérieur.

 

4- Le tote bag ou le T shirt imprimé d’un passage de son livre favori

 

FROKIK Tote bag Personnalisable, Sac Tote bag en Toile Avec Photo et Texte Personnalisés, Sac Tissu, Sac En Toile, Sac Coton Cabas Réutilisable.

 

Nous avons pour la plupart des livres fétiches. Ceux qui nous accompagnent quasiment partout et qu’on ne cesse de relire encore et encore. Partant de ce principe, le tote bag et le t shirt imprimés d’un passage de livre cher à notre passionné de lecture est sans aucun doute le cadeau idéal. Rien ne vaut un tote bag ou un t-shirt imprimé d’un extrait d’un livre favori. C’est un cadeau personnel qui permet à votre proche de porter leur amour pour la littérature au quotidien.

 

5- Le thé conçu spécialement pour les amoureux du livre

 

Thé

Collection de thés fleuris

 

En termes d’originalité, on ne peut difficilement faire mieux. Un thé pensé pour les bibliophiles, c’est juste le cadeau parfait pour qui aime lire avec à la main une tasse de thé. Offrez une expérience sensorielle unique avec une sélection de thés inspirés de grands titres littéraires. Ces thés spéciaux sont une invitation à se plonger dans la lecture tout en savourant des mélanges délicieux, souvent présentés dans des boîtes évoquant des livres célèbres.

Choisir un cadeau pour un passionné de lecture est l’occasion de montrer à quel point vous connaissez et appréciez ses goûts. Avec ces idées cadeaux originales pour les passionnés de lecture, vous offrez bien plus qu’un objet ; vous offrez une expérience, un moment de joie lié à la passion de la lecture. Vos présents refléteront non seulement la personnalité et les goûts de vos proches, mais aussi votre attention et votre affection pour eux.

6 janvier 2024 0 Commentaires
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La noire de… – Film de Sembène Ousmane tiré du recueil de nouvelles « Voltaïques »
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La noire de… Un Film de Sembène Ousmane tiré du recueil de nouvelles « Voltaïques »

par Acèle Nadale 2 janvier 2024
Rédigé par Acèle Nadale

Le titre en dit long… » La noire de… ». L’auteur laisse le choix au lecteur de compléter la suite, comme si une jeune noire, dans ce contexte des jeunes années post-indépendances, était toujours « la noire de quelqu’un », comme si le contexte de cette époque offrait au spectateur une multitude de choix…

Ce film de Sembène Ousmane est le premier long métrage réalisé par un africain et est pionnier dans son genre. Le spectateur qui veut mieux comprendre la société post indépendante sénégalaise est servi et l’histoire peut être transposée à tous les pays au sud du Sahara qui ont vécu les indépendances au début des années soixante. Le film est disponible en dvd chez tous les grands distributeurs habituels.

Synopsis : Diouana, une jeune bonne sénégalaise, suit ses patrons Français de Dakar vers la France et sa Côte d’Azur ensoleillée. Malheureusement, le plaisir de la découverte de ce nouveau monde se transforme vite en cauchemar : isolement, mépris des patrons, racisme ambiant, tâches ménagères incessantes… Diouna sombre peu à peu dans la dépression.


1966, Prix Jean Vigo (Paris)
1966, Grand Prix du Festival des Arts Nègres (Dakar).
Genre : Drame
Pays : Sénégal
Langues : français
Durée : 00:56:06
À partir de : 16 ans
Année : 1966
Réalisateur : Ousmane Sembène
Acteurs : Thérèse M’Bissine Diop, Anne-Marie Jelinek, Robert Fontaine


Portrait du réalisateur Sembène OusmaneOusmane Sembène est né le 1ᵉʳ janvier 1923 à Ziguinchor, une ville de la Casamance. Ses parents sont des Lébous ayant quitté la presqu’île du Cap-Vertpour la Casamance. À partir de sept ans, il fréquente l’école coranique et l’école française, apprenant à la fois le français et l’arabe, alors que sa langue maternelle est le wolof.

En 1942, il est mobilisé par l’armée française et intègre les tirailleurs sénégalais.

En 1946, il embarque clandestinement pour la France et débarque à Marseille, où il vit de différents petits travaux. Il est notamment docker au port de Marseille pendant dix ans.

Il adhère à la CGT et au Parti communiste français. Il milite contre la guerre en Indochine et pour l’indépendance de l’Algérie.

En 1956, il publie son premier roman, Le Docker noir qui relate son expérience de docker. Puis en 1957, il publie Ô pays, mon beau peuple.

Sources Wikipédia

2 janvier 2024 0 Commentaires
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Biyi Bandele avec l'affiche du film L'autre moitié du soleil tiré du roman de Chimamanda Ngozi adichie.
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« L’autre moitié du soleil » de Chimamanda Ngozi adapté par Biyi Bandele

par Acèle Nadale 25 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Pour son premier long métrage, le réalisateur nigérian BIYI BANDELE, qui avait déjà adapté au théâtre Things fall apart  de Chinua Achebe en 1999, n’a pas lésiné sur les moyens et a opté pour un casting à la dimension du roman du même titre de la romancière nigérianne Chimamanda Ngozi Adichie: dans les rôles principaux, on retrouve l’excellent acteur nigérian Chiwetel Ejiofor , la sublime actrice anglo-zimbabwéenne Thandie Newton et l’adorable actrice américaine Anika Noni Rose.

HALF OF A YELLOW SUN c’est l’histoire dramatique de 4 personnes liées par le destin pendant la guerre du Biafra qui, à titre de rappel, a déchiré le Nigéria de juillet 1967 à janvier 1970. Cette guerre d’une extrême violence où le Napalm a été utilisé opposait les Igbos de la province du Biafra armés par la Suisse, la France et la Chine, aux Haoussas et Fulanis du Nord armés par l’Angleterre, les USA, l’Union Soviétique, l’Espagne, la Pologne, die la Tchécoslovaquie, la Belgique et la Hollande. L’enjeu de cette guerre fut l’indépendance de la province du Biafra où d’énormes gisements de pétrole avaient été découverts.

Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo.
Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes.
Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir.

Le film a été présenté au festival du film de Toronto et a obtenu de très bonnes critiques. Il sortira en salle à la fin de cette année 2013.

C’est un film à ne manquer sous aucun prétexte et qui est la plus grosse production nigériane à ce jour avec un budget de $8 million financé à 80% par des investisseurs nigérians et 60% de d’acteurs et intervenants locaux. Le Nigéria est précurseur en Afrique dans l’industrie du cinéma et son financement. Afrolivresque vous souhaite beaucoup de plaisir à lire ce livre et à regarder ce film.



 

Née dans la ville d’Enugu, Chimamanda Ngozi Adichie grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-ouest du Nigeria, où est implantée l’université du Nigeria à Nsukka (UNN,University of Nigeria, Nsukka) depuis 1960. Durant son enfance, son père enseignait à l’UNN comme professeur de statistiques, et sa mère était la responsable du bureau de la scolarité.

À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis. Après avoir étudié à la Drexel University de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry(actuellement à Mansfield, CT). Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle y décroche son diplôme universitaire avec la mention honorifique summa cum laude. Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’université Johns Hopkins de Baltimore en 2003. Elle obtient un M.A. (maîtrise ès arts) d’Études africaines à l’université Yale en 2008. La même année, elle intervient comme « écrivain visiteur » à l’Université wesleyenne (Wesleyan University) de Middletown dans le Connecticut où elle participe à la collection Wesleyan’s Distinguished Writers Series.

Son premier roman, L’Hibiscus pourpre (Purple Hibiscus), publié en 2003 et loué par la critique, est proclamé Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth Writers’ Prize en 2005. Son second roman, L’Autre Moitié du soleil (Half of a Yellow sun), paru en 2006, tire son nom du drapeau de l’éphémère nation du Biafra et se situe avant et durant la Guerre du Biafra. Publié par Knopf/Anchor en 2006, il est couronné par le prix Orange Prize for Fiction en 20071. Chimamanda Ngozi Adichie se voit décerner le Prix MacArthur en 20082. Son troisième ouvrage, le recueil de nouvelles Autour de ton cou , paraît en avril 2009. Elle intervient dans le dernier album de Beyoncé en 2013 sur le titre « Flawless » dans lequel, une partie de son discours We should all be feminists (TEDx) est samplé.

Source Wikipedia 


25 décembre 2023 0 Commentaires
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Burna Boy Rend Hommage à Ama Ata Aidoo dans « Monsters You Made » - Photos © Burna Boy Burak ÇıngıRedferns - Ama Ata Aidoo AFP Pius Utomi Ekpei -
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Burna Boy Rend Hommage à Ama Ata Aidoo dans « Monsters You Made »

par Acèle Nadale 22 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

La musique et la littérature, deux formes d’art distinctes. Elles se fondent harmonieusement dans Monsters You Made, une chanson dans laquelle Burna Boy, l’icône de la musique nigériane, rend hommage à Ama Ata Aidoo, la voix légendaire de la littérature ghanéenne et africaine. Ce mélange artistique inattendu offre une fenêtre sur la manière dont différents thèmes de société peuvent résonner à travers différentes formes d’expression culturelle.

L’Héritage d’Ama Ata Aidoo dans la Musique de Burna Boy

Dans son morceau Monsters You Made, Burna Boy a habilement incorporé un passage d’une interview de 1987 de l’illustre écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo. Ce segment sélectionné critique l’exploitation coloniale et postcoloniale de l’Afrique par les pays occidentaux.

La chanson Monsters You Made de Burna Boy (ft. Chris Martin) aborde des questions de marginalisation, d’injustice et d’oppression. Elle met en lumière les actions des gouvernements qui refusent de développer et d’élever certaines régions, entraînant de la colère, de la frustration et un sentiment d’être traité comme des monstres. La chanson sert de cri pour la justice et l’égalité, et appelle à agir pour briser le cycle d’iniquité. Elle évoque également le thème du colonialisme et met en avant l’héritage de violence et d’inégalité laissé par celui-ci, tout en encourageant à surmonter ces défis.

Qui est Ama Ata Aidoo ?

Ama Ata Aidoo était une éminente écrivaine ghanéenne, politicienne et militante féministe. Elle a été reconnue mondialement pour son travail littéraire, qui a été traduit dans de nombreuses langues. Ama Ata Aidoo est aussi reconnue pour son rôle influent dans les mouvements antidiscrimination.

Christina Ama Ata Aidoo voit le jour en 1942 (le 23 mars) à Abeadzi Kyiakor, un village près de Saltpond au Ghana. La jeune Christina passe ses années d’enfance sous l’influence d’une culture mixte entre éducation occidentale et conscience profonde pour les traditions africaines. Après des études secondaires à la Wesley Girls High School à Cope Coast, elle s’inscrit à l’université du Ghana en 1964. 

[bctt tweet= »La musique et la littérature, deux formes d’art distinctes, se fondent harmonieusement dans Monsters You Made, une chanson où Burna Boy, l’icône de la musique nigériane, rend hommage à Ama Ata Aidoo, la voix légendaire de la littérature ghanéenne et africaine. » username= »Afrolivresque »]

Dans la foulée, elle édite sa première pièce de théâtre, « The Dilemma of a Ghost » qui lui vaut une reconnaissance précoce. C’est l’aube d’une immense carrière principalement marquée par la lutte contre les stéréotypes féminins dans un monde en mutation. En effet, Aidoo utilise ses travaux comme tribune pour dénoncer et appeler à la revalorisation du rôle de la femme dans la société. Son roman intitulé « Changes : A Love Story » de 1991 illustre parfaitement cet état des choses. Au cours de sa carrière, ses travaux lui valent plusieurs distinctions, à l’instar du Prix Commonwealth du meilleur livre (Afrique) en 1992, entre autres.

Aidoo a également été une pionnière dans la promotion du féminisme et des droits des femmes. Elle a fondé la Mbaasem Foundation à Accra, une organisation qui soutient les femmes écrivains. Elle a exploré dans ses œuvres la condition des femmes, remettant en question les stéréotypes de genre et mettant en lumière les défis auxquels les femmes sont confrontées dans la société africaine.

Tout comme Aidoo a utilisé sa plume pour défier les normes et inspirer le changement, Burna Boy utilise sa musique pour des fins similaires, comme le démontre son titre Monsters You Made.

Ama Ata Aidoo : Son Influence sur « Monsters You Made » de Burna Boy

Ama Ata Aidoo est décédée à l’âge de 81 ans, laissant un héritage durable en tant qu’auteure engagée et militante pour l’égalité des sexes.

Ses œuvres, en explorant des thèmes tels que le féminisme, le post-colonialisme et l’identité africaine, ont ouvert la voie à de nouvelles perspectives dans la littérature africaine, influençant des générations d’écrivains et d’artistes, y compris des musiciens contemporains comme Burna Boy.

En août 2020, le chanteur nigérian à succès Burna Boy dévoile son chef-d’œuvre musical « Twice As Tall ». C’est un album de 15 titres aux sonorités différentes qui voyagent à travers plusieurs thématiques. Dans son 12ᵉ titre Monsters You Made, le chanteur partage sa douleur et dénonce l’impact de la colonisation au Nigéria et en Afrique. Pour soutenir son action, le chanteur reprend un extrait du célèbre entretien de la romancière Ama Ata Aidoo : 

Depuis que nous avons rencontré votre peuple, nous avons tout donné, en échange de ça nous n’avons rien.

– Ama Ata Aidoo –

L’Activisme musical de Burna Boy

Au-delà de l’aspect musical, le titre Monsters You Made de Burna Boy est une œuvre d’activisme social. Le chanteur profite de sa célébrité, tout comme Ama Ata Aidoo, pour dénoncer les abus perpétrés contre les Africains par l’impérialisme occidental. Conçue pour un public jeune et parfois inaccessible ou incompris, la musique urbaine et populaire est probablement le canal le plus efficace pour susciter l’intérêt et éveiller les consciences.   

Il n’est pas rare de voir des auteurs collaborer avec des chanteurs célèbres pour défendre une cause sociale. Dans son titre Flawless paru en 2014, Beyoncé fait appel à la romancière nigériane Chimamanda Adichie et son fameux extrait du texte We should all be feminists.

À travers Monsters You Made, Burna Boy ne se contente pas de créer une œuvre musicale ; il prolonge l’héritage d’Aidoo, en portant sa voix et ses idées à une nouvelle génération.

22 décembre 2023 0 Commentaires
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Djamila Ribeiro - Photo : FLAVIO TEPERMAN
PortraitsAmériqueAmérique LatineAuteursEssaisNon fiction

Djamila Ribeiro : Figure emblématique du féminisme noir et de la lutte antiraciste au Brésil

par Acèle Nadale 19 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Djamila Ribeiro, une figure marquante du féminisme noir et de la lutte contre le racisme et les inégalités sociales au Brésil, se distingue par son rôle de journaliste, essayiste, féministe et activiste. Elle est aussi chercheuse en philosophie politique. Son influence s’étend bien au-delà des frontières de son pays natal.

Le parcours d’une philosophe engagée

Née en 1980 à Santos, au Brésil, Djamila Ribeiro est fille d’une ménagère et d’un docker. Elle a connu dès son enfance les affres de la discrimination et du racisme. Unique enfant noire dans son école, elle a très tôt pris conscience de ces injustices. C’est à la bibliothèque de la Maison de la culture de la femme noire qu’elle découvre le féminisme. Poursuivant ses études en philosophie, elle devient en 2012 titulaire d’un master de l’université fédérale de São Paulo. En 2015, elle obtient un master en philosophie politique, affirmant son engagement dans la lutte féministe.

Distinctions et reconnaissance

Djamila Ribeiro a été honorée pour son travail et son engagement. Elle a contribué aux Freedom Papers en 2018 et a été élue meilleure chroniqueuse du Woman Press Trophy la même année. Elle a été aussi reconnue par l’ONU parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. En 2019, elle a reçu le Prix du prince Claus aux Pays-bas.

Djamila Ribeiro est l’auteure de plusieurs ouvrages importants, dont certains ont eu un impact significatif sur la théorie féministe et antiraciste. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut citer :

  • Quem tem medo do feminismo negro? (2018) : un recueil d’articles sur des sujets tels que la mobilisation sociale, les politiques de quotas raciaux et les origines du féminisme noir au Brésil et en Amérique.
  • Pequeno manual antirracista (2019) : un petit manuel antiraciste qui a également contribué de manière significative à la théorie féministe et antiraciste

Ces ouvrages ont été traduits dans plusieurs langues et ont reçu une reconnaissance internationale, notamment avec l’attribution du Prix Jabuti, l’un des prix littéraires les plus importants au Brésil. Les traductions en français sont publiées aux éditions Anacaona.

 

Les 3 livres féministes de Djamila Ribeiro à découvrir

Djamila Ribeiro a publié des livres de références sur le féminisme. Les traductions en français sont publiées aux éditions Anacaona.

 

1- Petit manuel antiraciste et féministe – Préface de Françoise Vergès

Petit manuel antiraciste et féministe

Note de l’éditeur : Dans ce Petit manuel, Djamila Ribeiro, philosophe et féministe brésilienne, aborde le racisme dans le milieu professionnel et culturel, parle de négritude, de blanchité, de désirs et affects. En dix chapitres courts et impactants, elle présente des pistes de réflexion pour reconnaître les discriminations, prendre conscience de certains privilèges, adopter des pratiques antiracistes et féministes et, ainsi, assumer la responsabilité de faire bouger les choses. C’est une pratique qui commence dans les attitudes quotidiennes, et nous concerne toutes et tous. Djamila Ribeiro, chercheuse en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse et la TV, elle donne des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c’est une activiste de poids. Préface de Françoise Vergès, militante féministe décoloniale et politologue. Pratique, direct et fort.

 

2- La place de la parole noire

 

La place de la parole noire

Note de l’éditeur : LA PLACE DE LA PAROLE NOIRE questionne qui a droit à la parole dans une société où la masculinité, la blanchité et l’hétérosexualité sont la norme. S’appuyant sur les réflexions de féministes historiques comme Simone de Beauvoir et de féministes noires modernes, Djamila Ribeiro révèle la position critique de la femme noire : elle est l’autre de l’autre, à la marge du débat sur le racisme centré sur l’homme noir, et à la marge du débat sur le genre centré sur la femme blanche. Le féminisme noir réfléchit à la façon dont les oppressions de race, de genre, et de classe s’entrecroisent. DJAMILA RIBEIRO, maître en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse et la TV, elle donne aussi des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c’est une activiste de poids. « Un excellent objet de débat entre les différentes interprétations du féminisme » (Folha de São Paulo).

 

3- Chroniques sur le féminisme noir

 

Chroniques sur le féminisme noir

Note de l’éditeur : Racisme et machisme à la télévision, métisses et carnaval, Serena Williams, féminisme noir, quotas raciaux, mobilisation sur les réseaux sociaux, blackface… Rien n’échappe au regard aiguisé de la philosophe, féministe et activiste Djamila Ribeiro. Dans ces chroniques originellement publiées dans la presse, Djamila Ribeiro réagit à chaud sur des situations du quotidien, à partir desquelles elle aborde des concepts comme le patriarcat, les droits LGBT+, l’autonomisation des femmes, et évoque des auteures de référence pour le féminisme comme Angela Davis ou Simone de Beauvoir. Parce que l’exemple brésilien nous aide aussi à penser la situation française, son regard critique est plus que jamais nécessaire. DJAMILA RIBEIRO maître en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse et la TV, elle donne aussi des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c’est une activiste de poids. « Djamila Ribeiro démystifie le féminisme noir » (Globo) « Faut-il lire Djamila Ribeiro ? Évidemment ! » (Folha de São Paulo).

19 décembre 2023 0 Commentaires
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La Magie Verte d'Afrique 4 Livres sur les Pouvoirs des Plantes Médicinales Africaines
Listes de livresLifestyleSanté et bien être

La Magie Verte d’Afrique : 4 Livres sur les Pouvoirs des Plantes Médicinales Africaines

par Acèle Nadale 19 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

L’utilisation des plantes médicinales, aussi appelée phytothérapie, est une pratique ancienne qui consiste à utiliser les plantes pour leurs propriétés thérapeutiques. Cette pratique est très répandue dans la médecine traditionnelle africaine, où une grande variété de plantes médicinales africaines sont utilisées pour traiter une multitude de maladies.

Il existe plusieurs façons d’utiliser les plantes médicinales. Elles peuvent être consommées sous forme de tisanes, d’infusions, de décoctions, ou encore sous forme de poudres ou de capsules. Certaines plantes peuvent également être utilisées en application externe, sous forme de pommades, de crèmes ou d’huiles essentielles.

Il est important de noter que, bien que l’utilisation des plantes médicinales puisse être bénéfique, elle doit être pratiquée avec prudence. Certaines plantes peuvent avoir des effets secondaires ou interagir avec d’autres médicaments. Il est donc recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer un traitement à base de plantes médicinales.
Enfin, si vous souhaitez en savoir plus sur l’utilisation des plantes médicinales, notamment dans le contexte de la pharmacopée traditionnelle africaine, il existe de nombreux livres sur le sujet. Ces ouvrages peuvent vous fournir des informations détaillées sur les différentes plantes, leurs propriétés thérapeutiques, et comment les utiliser de manière sûre et efficace.

Voici notre sélection de 4 livres instructifs sur les pouvoirs des plantes médicinales africaines.

 

1. Plantes médicinales et médecine traditionnelle d’Afrique de Abayomi Sofowara (Karthala, 10 mars 2010)

 

Plantes médicinales et médecine traditionnelle d'Afrique. Nouvelle édition

 

Note de l’éditeur : Depuis la préhistoire, l’être humain recherche dans son environnement (plantes, animaux, pierres, esprits) de quoi soulager ses maux et traiter ses blessures. La médecine moderne occidentale a rejeté la plupart de ces recours pour développer des médicaments chimiques et une technique de soins sophistiquée. Elle continue cependant d’utiliser certains remèdes à base de plantes médicinales. Une tendance récente conduit même à rechercher dans les plantes de nouveaux produits de substitution pour certaines maladies : cancer, paludisme… Plus de 200 000 espèces végétales sur les 300 000 recensées de nos jours sur l’ensemble de notre planète vivent dans les pays tropicaux d’Afrique et d’ailleurs. L’histoire de la médecine montre l’importance de ces espèces dans les thérapies, toutes les sociétés traditionnelles ayant puisé, pour leurs soins de santé, dans cette pharmacopée végétale d’une très grande richesse. L’auteur, Abayomi Sofowora, met en valeur les avantages et les inconvénients de cette médecine traditionnelle : il examine par exemplae les techniques utilisées et les problèmes de normalisation et de dosage.

Prof. Abayomi Sofowaora

Prof. Abayomi Sofowaora

À propos de l’auteur

Le Prof. Abayomi Sofowaora était pharmacien nigérian, universitaire, chercheur, ancien Président du Comité régional d’experts de l’OMS sur la médecine traditionnelle. Il décède le 22 janvier 2015 après une courte maladie. Il a enseigné la pharmacognosie pendant plus de 40 ans au Département de Pharmacognosie, Faculté de Pharmacie de l’Université Obafemi Awolowo, Ile-Ife au Nigeria. Il y était chef de l’unité de recherche sur les médicaments, Chef du Département de Pharmacognosie et doyen de la Faculté de Pharmacie. Il a également été consultant auprès de l’OMS, de l’OUA (aujourd’hui UA), du PNUD, de l’ONUDI, de la BAD, de la CEA et de la CTPD et professeur auxiliaire au département de pharmacognosie de la Delta State University, Abraka.

 

2. Médecine européenne, médecine chinoise, médecine traditionnelle africaine: Leur face-à-face aujourd’hui en Afrique de Olivier Nkulu Kabamba (L’Harmattan, mai 2017)

 

Médecine européenne, médecine chinoise, médecine traditionnelle africaine: Leur face-à-face aujourd'hui en Afrique

 

Note de l’éditeur : En Afrique où l’on observe de plus en plus une pluralité d’expertises en soins de santé, se vit désormais un intéressant face-à-face entre la médecine européenne, la médecine chinoise et la médecine traditionnelle africaine. Ce face-à-face entre ces trois médecines est porteur d’espoirs, mais il comporte plusieurs interrogations et de nombreux défis par rapport aux soins médicaux offerts aux populations africaines en milieu urbain. Quels atouts obtiendrait-on en faisant collaborer ces trois médecines ? Dans cet ouvrage, l’auteur fait une significative prospection dans ce face-à-face.

3. Pharmacopée traditionnelle Baka et aliments curatifs Bantu : Santé et Bien-être grâce aux plantes médicinales africaines de Kabien Sassa (Kindle, décembre 2017)

 

PHARMACOPÉE TRADITIONNELLE BAKA ET ALIMENTS CURATIFS BANTU: SANTÉ ET BIEN-ETRE GRACE AUX PLANTES MÉDICINALES AFRICAINES

 

Note de l’éditeur : Raillée et dénigrée pendant des siècles à cause de son aspect rituel et sacré, la pharmacopée africaine sort aujourd’hui de l’ombre. L’utilisation ancestrale des plantes médicinales du continent noir est désormais confirmée par les scientifiques, essais cliniques à l’appui. Leurs travaux les plus récents permettent à nos esprits occidentaux de lever un coin du voile sur ce trésor thérapeutique millénaire transmis, jusqu’ici, oralement de génération en génération.

4. Petit guide de la naturopathie africaine de Bertrand Canavy (Nombre 7, août 2019)

Petit guide de la naturopathie africaine

 

Note de l’éditeur : Depuis la préhistoire, l’être humain recherche dans son environnement (plantes, animaux, pierres, esprits) de quoi soulager ses maux et traiter ses blessures.
La médecine moderne occidentale a rejeté la plupart de ces recours pour développer des médicaments chimiques et une technique de soins sophistiquée. Elle continue cependant d’utiliser certains remèdes à base de plantes médicinales. Une tendance récente conduit même à rechercher dans les plantes de nouveaux produits de substitution pour certaines maladies : cancer, paludisme…
Plus de 200 000 espèces végétales sur les 300 000 recensées de nos jours sur l’ensemble de notre planète vivent dans les pays tropicaux d’Afrique et d’ailleurs. L’histoire de la médecine montre l’importance de ces espèces dans les thérapies, toutes les sociétés traditionnelles ayant puisé, pour leurs soins de santé, dans cette pharmacopée végétale d’une très grande richesse. L’auteur, Bertrand Canavy, met en valeur les avantages et les inconvénients de cette médecine traditionnelle : il examine par exemple les techniques utilisées et les problèmes de normalisation et de dosage.

La pharmacopée traditionnelle africaine, riche en plantes médicinales, est un domaine qui mérite une attention accrue de la part de la communauté scientifique. Malgré les moqueries passées, elle a démontré son efficacité et sa pertinence, notamment lors de la pandémie de Covid-19. Il est clair que ces plantes, utilisées depuis des millénaires pour leurs propriétés thérapeutiques, ont encore beaucoup à nous apprendre. Il est donc essentiel de continuer à explorer et à valoriser ce patrimoine ancestral, tout en veillant à l’utiliser de manière sûre et responsable.

19 décembre 2023 0 Commentaires
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Gagner de l'argent en lisant
Lifestyle

Comment gagner de l’argent en lisant des livres ?

par Acèle Nadale 19 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Si vous êtes un passionné de lecture, vous vous êtes probablement déjà demandé comment transformer cette passion en source de revenus. Heureusement, il existe plusieurs façons de gagner de l’argent en lisant des livres. Voici quelques-unes des méthodes les plus courantes.

1- Devenez correcteur-relecteur freelance pour des maisons d’édition

Dans le vaste univers des livres, vous avez peut-être déjà entendu parler des éditeurs freelances. Mais connaissez-vous les relecteurs freelances ? Leur rôle consiste à examiner minutieusement des manuscrits, les analyser et évaluer leur intérêt pour les lecteurs potentiels. Si la lecture est votre passion, ceci pourrait être une opportunité en or pour vous. Si vous avez un penchant pour la littérature et une bonne maîtrise de la langue, devenir correcteur ou relecteur freelance pour des maisons d’édition peut être une option lucrative.

[bctt tweet= »Vous pouvez être payé pour lire des livres. Voici quelques astuces pour monétiser sa passion pour la lecture » username= »Afrolivresque »]

2. Rédiger des critiques littéraires

Une autre manière de gagner de l’argent en lisant est de lire et de rédiger des critiques littéraires. L’idée est simple : lisez et rédigez des critiques littéraires, puis proposez-les à des sites web ou des magazines. Vous pouvez les publier sur des sites internet, des blogs personnels, ou les proposer à des magazines. En développant une audience sur un blog dédié, vous pouvez même attirer l’attention de clients potentiels.

3. Écrivez des résumés de livres

En tant que passionné de livres, vous n’avez absolument aucun mal à lire même le plus ennuyeux et le plus volumineux des livres. Ce n’est hélas pas le cas de beaucoup de personnes. Dans notre monde rapide, beaucoup n’ont ni le temps ni l’inclination de s’atteler à des lectures prolongées. C’est là que vous intervenez en créant des résumés captivants de livres variés. Si vous êtes capable de créer des résumés concis et informatifs, vous pouvez être payé pour résumer des livres. Souvent, ces livres sont académiques, mais vous pouvez également trouver de la fiction ou d’autres genres à résumer pour de l’argent. Publiez ces résumés sur des plateformes dédiées et aidez les autres à briller dans les discussions en étant au fait des dernières sorties littéraires. N’oubliez pas que le livre est par ailleurs un marqueur social. « Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es » tel pensait très justement François Mauriac.

4. Devenir narrateur de livres audio

Si vous avez une voix qui accroche, un bon rythme de lecture et une excellente diction, cette option est faite pour vous. De plus, créer des versions audio de livres, c’est donner vie et consistance à des personnages. C’est une manière enrichissante, au propre comme au figuré, d’aborder une œuvre. Vous pouvez vous lancer en proposant vos services de narration aux plateformes de production de livres audio. Avec la popularité croissante des livres audio, la narration de livres est devenue une source de revenus viable pour les lecteurs passionnés. En tant que narrateur, vous lisez des livres à haute voix pour être enregistré et vendu sous forme de livre audio. Plusieurs sites web offrent des opportunités pour les narrateurs de livres audio. Attention ! Si vous ne possédez pas les droits audio d’un livre, vous ne pouvez en faire un livre audio.

Il est désormais plus facile que jamais de monétiser ses passions, en particulier celle de la lecture. Gagner de l’argent en lisant est devenu possible. Plusieurs opportunités s’offrent à vous pour générer un revenu supplémentaire. Il ne vous reste plus qu’à choisir celle qui vous convient le mieux. De nombreux créneaux sont dorénavant ouverts à des non-professionnels qui peuvent ainsi se créer un revenu d’appoint. À vous d’adopter le vôtre.

19 décembre 2023 12 Commentaires
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Frère d'âme de David Diop
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Le prix Ahmadou Kourouma revient à David Diop pour « Frère d’âme »

par La redaction 19 décembre 2023
Rédigé par La redaction

Frère d’âme de David Diop rencontre un véritable succès depuis sa publication aux éditions Seuil le 16 août 2018. Après avoir remporté le Prix Goncourt des lycéens 2018, le voici à nouveau primé par le prestigieux prix littéraire Ahmadou Kourouma. Le prix sera remis au prochain Salon du livre de Genève qui se déroulera  du 1er au 5 mai prochain.

David Diop est né en 1966 à Paris, puis il grandit au Sénégal avant de revenir en France pour ses études. Il est maître de conférences spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle à l’Université de Pau.
L’auteur puise son inspiration dans sa double culture franco-sénégalaise, notamment la langue wolof apprise enfant.

Avec Frère d’âme, David Diop rend un vibrant hommage aux tirailleurs sénégalais de la Grande Guerre, tout en interrogeant les traumatismes de la violence et du colonialisme à travers un récit poignant et poétique.

4ᵉ de couverture

frere d'ame de David DiopUn matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

 

19 décembre 2023 0 Commentaires
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Livre jeunesse Afrique : 15 livre que vos enfants vont adorer !
Listes de livresAfriqueLittérature Jeunesse

15 Livres Jeunesse écrits par des Africains que vos enfants vont adorer

par Ramcesse Chetmi 19 décembre 2023
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Chers parents, en introduisant vos enfants et adolescents aux livres jeunesse centrés sur l’Afrique, vous leur offrez une opportunité unique de découvrir et de s’émerveiller devant la richesse culturelle, historique et sociale de ce continent fascinant.

C’est pourquoi dans cette sélection de livres jeunesse, vous trouverez des ouvrages qui retracent l’histoire des héros africains. Des livres écrits par des africains qui racontent des  rites et coutumes ancestrales africaines, qui parlent d’expériences vécues et d’aventures, qu’elles soient réelles ou fictionnelles.

 

1- L’épopée de Soundiata Keita de Konaté Dialiba : partir de 3 ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre L'Epopée de Soundiata Keita de Konaté Dialiba

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Éditeur : Seuil Jeunesse

ISBN : 2020556065

Résumé : Tout le savoir et l’art de Dialiba Konaté sont ici réunis pour rendre hommage à celui qui fut autrefois, au clair pays de la savane, le fondateur de l’empire du Mali (ou Manding) : Soundiata Keïta. Retraçant les étapes de ce destin hors du commun, ces dessins, exécutés selon différentes techniques originales, forment une œuvre considérable patiemment construite depuis plus de quarante ans. Dialiba Konaté rejoint ainsi la préoccupation des griots et des sages généalogistes : que la mémoire du passé reste vive pour construire le présent.

 

2- Chaka d’après l’œuvre de Thomas Mofolo: à partir de 12 ans

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Chaka: D'après l'oeuvre de Thomas Mofolo

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Éditeur : Harmattan BD

ISBN : 2343124329

Résumé : Ne réussissant pas à avoir d’une de ses quatre femmes un enfant mâle pour lui succéder, Senza’ngakona, chef dune petite tribu d’Afrique du Sud au XVIIIe siècle, s’éprend d’une jeune femme et lui fait un enfant hors mariage, un garçon, Chaka. Enfant du péché, Chaka est rejeté par les siens. Obligé de s’enfuir, il commence une longue errance qui l’amènera à un destin hors du commun. A mi-chemin entre récit historique et légende, Chaka, d’après l’œuvre de Thomas Mofolo, revient sur la naissance d’une des plus grandes épopées du continent, celle des zoulous. Une histoire pleine de magie, de folie et de sang.

 

3- Yacouba, chasseur africain de Ahmadou Kourouma : de 9 à 12 ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre jeunesse Yacouba, chasseur africain

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Éditeur : Harmattan BD

ISBN : 2343124329

Résumé : Mathieu vient de débarquer à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans la famille de son père. Il apprend que ses cousins doivent être initiés au bois sacré, dans le nord du pays, par le chasseur et prêtre traditionnel Yacouba. Mais on dit que ces rites d’initiation sont très dangereux. Mamie Aïssata arrivera-t-elle à empêcher Yacouba de ravir sa fille pour l’exposer à ces épreuves initiatiques ? Un voyage au coeur des traditions ancestrales de l’Afrique noire.

 

4- Alamako l’Enfant aux Grands Reves de Abdoulaye Keïta: à partir de 6 ans

Livre jeunesse africain- Couverture du livre Alamako l'Enfant aux Grands Reves de Abdoulaye Keïta

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Éditeur : Harmattan BD

ISBN : 2343124329

Résumé : Alamako se livre à d’étranges gesticulations derrière le cimetière du village. Est-il devenu fou ? Tout le monde s’inquiète, à commencer par son père. Alamako a un rêve secret, mais pour le réaliser il lui faudra vaincre bien des obstacles.

 

5- Grand-père Mandela de Zindzi Mandela : à partir de 6 ans 

 

Livre jeunesse Afrique- Grand-père Mandela de Zindzi Mandela (Auteur), Zazi Mandela (Auteur), Ziwelene Mandela (Auteur), Sean Qualls (Illustrations),

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Éditeur : Harmattan BD

ISBN : 2343124329

Résumé : L’arrière-grand-père de Zazi et Ziwelene s’appelle Nelson Mandela.
Leur grand-mère, Zindzi Mandela, répond à toutes les questions des deux enfants.Ils apprennent ainsi que Nelson Mandela a été un infatigable combattant pour la liberté, un grand président pour l’Afrique du Sud et qu’il a reçu le prix Nobel de la paix. Au fil de cet échange, Zazi et Ziwelene comprennent aussi qu’ils peuvent poursuivre son oeuvre dès aujourd’hui…

 

6- Contes africains de Collectif  : dès 3 ans

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre pour enfants Contes africains

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Éditeur : GRUND JEUNESSE

ISBN : 2324031957

Résumé : Des contes africains à lire et à écouter ! Né du travail de collecte de l’association  » Des livres pour tous « , crée par l’auteure Marguerite Abouët, ce recueil regroupe vingt contes issus de la tradition orale des populations de Côte d’Ivoire. Des illustrateurs africains s’approprient ces contes pour réaliser un ouvrage aux styles et couleurs riches et variées. Grâce à des QR codes, on peut écouter 20 créations sonores qui mettent en valeur ces textes transmis de génération en génération.

 

7-Lam l’enfant battu de Saliou Bah:  à partir de 3 ans

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Lam lenfant battu

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Éditeur : Ganndal
ISBN : 2350450198

Résumé : Mariatou a la main leste. Lam en sait quelque chose chaque fois qu’il fait une bêtise. Un jour où il a cumulé les étourderies, il décide de partir pour échapper à la correction. Le début d’une grande aventure où il aura tout le loisir de réfléchir, et sa maman aussi.

 

8- Commissaire Kouamé, un si joli jardin de Marguerite Abouet et Donatien Mary : de 3 à 13 ans 

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Commissaire Kouamé, 1: Un si joli jardin

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Éditeur : Gallimard Jeunesse
ISBN : 2075076928

Résumé : Un polar loufoque et déjanté, relevé par la verve ivoirienne de l’auteure de Aya de Yopougon.

Abidjan. Un homme a été mystérieusement assassiné dans un minable hôtel de passe. Personne n’a rien vu… et l’enquête doit rester discrète sous peine de défrayer la chronique, car la victime n’est autre que Traoré Compliqué, le célèbre magistrat ! Le grand commissaire Marius Kouamé est immédiatement mis sur l’affaire. Accompagné d’Arsène, son fidèle adjoint, il traque les suspects en tout genre, qui n’ont qu’à bien se tenir, car les tortures infligées par les deux flics sont aussi incongrues qu’efficaces ! PRIX BD DU POLAR SNCF 2019

 

 

9- Contes du Sénégal de El Hadji Leeboon : Dès 6 ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Contes du Sénégal

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Éditeur : Saaraba Editions
ISBN : 2494527007

Résumé : Des contes pour philosopher avec les enfants sur des notions telles que la liberté, l’environnement et l’amitié. Un prince fier et paresseux, une figure de sagesse étroitement liée à la nature, un chien et un chacal qui philosophent. Que peut bien avoir en commun tout ce beau monde ? Voyagez dans ce recueil de 6 contes entre tradition et modernité, venus tout droit du Sénégal, et plongez dans l’imaginaire d’El Hadji Leeboon !

Avec des QR codes intégrés pour écouter les histoires racontées par le conteur El Hadj Leeboon.

 

 

10- Nilaja: Princesse belle, douce et courageuse de N.D. Dembele , illustrations d’El Carna : dès 9ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Nilaja- Princesse belle, douce et courageuse

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Éditeur : Saaraba Editions
ISBN : 2494527007

Résumé : Nilaja, princesse belle, douce et courageuse, nous entraîne dans un voyage extraordinaire. Son parcours, ponctué de rencontres fantastiques et d’énigmes stupéfiantes, ne sera que l’occasion pour l’héritière méritante d’en savoir plus sur elle-même et de s’éveiller en pleine conscience, pleinement ancrée dans la terre et ouverte sur l’univers. La princesse Nilaja, fière et gracieuse, ne ménagera aucun effort devant ses invités. Elle se montrera sous ses plus beaux attraits et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger son royaume et relever le défi qui lui a été lancé. Veuillez garder à l’esprit que les illustrations à l’intérieur sont à colorier. Dès enfants dès l’âge de neuf ans.

 

11- Les enfants des sables mouvants de Efua Traoré : dès 14 ans

Livre jeunesse Afrique- Les enfants des sables mouvants de Efua Traoré

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Éditeur : Michel Lafon
ISBN : 2749947723

Résumé :  » Tu dois me promettre de ne pas t’approcher du lac, ni de la forêt. Beaucoup s’y sont aventurés sans jamais revenir.  »
Alors qu’elle a grandi à Lagos, au Nigeria, Simi est envoyée chez sa grand-mère dans un petit village où règnent les superstitions. Mais le plus étrange, c’est peut-être sa grand-mère elle-même, avec ses airs de sorcière et les remèdes qu’elle distribue au village. Est-ce à cause de cela que la mère de Simi refuse de la voir ? Ou ce silence cache-t-il un secret encore plus sombre ?

 

12- Dans l’empire du Mali. A l’époque de la reine Kassa de Sylvia Serbin : dès 3 ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Dans l'empire du Mali. A l'époque de la reine Kassa de Sylvia Serbin

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Éditeur : Medouneter Tamery
ISBN : 2374580202

Résumé : La reine Kassa était l’épouse de l’empereur Souleiman qui régna sur l’empire du Mali au milieu du 14e siècle. Elle était si populaire aux yeux de ses sujets, qu’elle décida de détrôner son mari pour diriger le pays à sa place. Mais le complot fut découvert…

Sylvia Serbin s’est emparée de cette figure singulière comme porte d’entrée sur la vie dans ce prestigieux empire ouest-africain du Moyen-Âge. Elle revient aussi sur de grands noms qui ont contribué à sa notoriété : Soundiata Keita, le fondateur, Aboubakari II, l’explorateur, ou Kankan Moussa le bâtisseur. Ce vaste territoire était le plus gros producteur d’or au monde, avant que les navigateurs espagnols et portugais ne fassent main basse sur les mines d’or des royaumes amérindiens d’Amérique du Sud dès la fin du 15e siècle. L’or du Mali a ainsi circulé dans de grands royaumes d’Europe sous forme de pièces de monnaie, de bijoux, de luxueuse vaisselle et de fils d’or tissés dans les tenues d’apparat. Un livre jeunesse et grand public pour découvrir une page méconnue de l’Histoire de l’Afrique.

 

13- Il fut un jour à Gorée: L’esclavage raconté à nos enfants de Joseph N’Diaye, illustré par Serge Diantantu 

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture du livre Il fut un jour à Gorée: L'esclavage raconté à nos enfants de Joseph N'Diaye, illustré par Serge Diantantu 

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Éditeur : Michel Lafon
ISBN : 2749904056

Résumé : Des millions d’Africains capturés, vendus sur les marchés comme des animaux… Des hommes, des femmes et des enfants séparés, puis entassés dans les soutes pestilentielles des bateaux qui les emmenaient en Amérique, notamment aux Antilles… Une main-d’œuvre gratuite, qui travaillait jusqu’à l’épuisement dans les exploitations de coton, de sucre, de tabac ou de café… La menace du fouet, la jambe coupée pour les récalcitrants, la mort pour ceux qui essayaient de s’enfuir… Cet esclavage-là ne ressemblait en rien à celui des sociétés antiques, car il déniait aux  » Nègres  » la qualité d’êtres humains. Et cela dura plus de trois siècles. Joseph N’Diaye, conservateur de la maison des Esclaves de Gorée, petite île au large de Dakar devenue le symbole mondial de la traite négrière, a voulu ici, sans haine ni rancœur, en termes simples et d’autant plus bouleversants, conter cette histoire aux jeunes générations. Parce qu’elle concerne l’humanité entière.

 » Sur tous les continents, dit-il, la mémoire est nécessaire pour construire l’avenir. On n’a jamais rien bâti sur l’oubli et le silence.  »

 

14- Onyeka et l’Académie du soleil – Tome 1 de Tolá Okogwu : à partir de 12 ans

 

Livre jeunesse Afrique- Couverture livre Onyeka et l'Académie du soleil - Tome 1 de Tolá Okogwu

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Éditeur : Hachette Romans
ISBN : 2017160202

Résumé : Onyeka a toujours été complexée par son extraordinaire chevelure. Jusqu’au jour où elle découvre qu’elle détient là un super-pouvoir, qui fait d’elle une Solari. C’est à l’Académie du Soleil, au Nigéria, qu’Onyeka va apprendre à canaliser et maîtriser son don. Mais rien n’est jamais simple, et dès que l’adolescente entame sa formation, elle se retrouve embarquée dans une folle course-poursuite. De tels cheveux, loin d’être une gêne, vont s’avérer un atout incomparable !

 

15- Bintou la casse-cou de Atinuke

 

Bintou la casse-cou de Atinuke

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Éditeur : Hachette Romans
ISBN : 2017160202

Résumé : Bintou court partout, Bintou est une casse-cou. Au village, sur son passage, tout le monde lui crie : « Ralentis ! »

 

L’enfance est une période importante dans la construction de l’identité. L’enfant assimile toutes les informations qui lui sont transmises. A travers ses lectures, le jeune adolescent peut s’identifier aux héros des différentes aventures,  peut analyser les différents comportements et porter un regard critique sur le monde qui les entoure. Cette liste non exhaustive de romans africains jeunesse portés ne représente qu’un échantillon des livres proposés aux jeunes africains et afro descendants. 

19 décembre 2023 0 Commentaires
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Camarade Papa d'Armand Gauz
Afrique de l'OuestLittératureNotes de lecture

« Camarade Papa » d’Armand Gauz: comme une redécouverte de l’histoire

par La redaction 19 décembre 2023
Rédigé par La redaction

Camarade Papa est un récit captivant qui nous plonge au cœur de l’histoire de la colonisation en Côte d’Ivoire. Le narrateur retrace l’histoire de deux personnages que tout oppose : la peau, l’époque et l’idéologie. Gauz offre un autre regard du monde : le regard d’un africain sur l’Europe.

Poussé par son père nommé Camarade Papa qui le forme à la révolution, le petit Métis se retrouve en Afrique pour renouer avec ses racines. Ceci se passe un siècle après l’histoire de Dabilly.

Après avoir expérimenté cette profonde douleur que laisse la perte des êtres chers, Dabilly, un blanc de France, suite au décès de ses parents, décide de partir en Côte d’Ivoire pour une expérience coloniale. Au travers de ce parcours, Armand Gauz met de nouveau à nu les méthodes utilisées par les français et les anglais dans leur processus de colonisation. Par exemple, les français prétendaient être en Côte d’Ivoire pour faire du troc. Un principe qui consiste à échanger ce que l’on a contre ce que l’on n’a pas ; pourtant, ce n’était qu’un prétexte pour envahir la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, le narrateur déclare ironiquement :

« Les chefs noirs ne sont pas un problème. Ils croient que nous sommes là pour le commerce avant tout et ils veulent en profiter. Ils n’ont pas encore conscience que nous allons occuper le pays ».

Et même dans ce commerce, la ruse du colon se joue de la naïveté du colonisé : « Fortunes aux plus malins ». Ce double simulacre, à travers l’art écrit de Gauz, nous livre une belle réécriture de l’histoire.

Outre l’histoire de la colonisation, le lecteur a le plaisir de découvrir, à nouveau, sur le regard de Dabilly, la représentation d’une Côte d’Ivoire avant la colonisation. Cet espace sauvage, mystérieux, vierge et bourré de richesses protéiformes. Cette terre rebelle à explorer et à soumettre :

« Avant le nègre et les animaux, le moustique est notre pire ennemi. Des pelotons d’exécution volants. Au bout de chaque piqûre, risque de fièvre bilieuse hémoglobinurique, stade final de la cachexie palustre. Vomis, urines, fèces, tout est maté de sang. On finit squelette-sur-bottes ». 

Camarade papa

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Le lecteur redécouvre également, cette Afrique avec ses mœurs et ses habitudes. Un lieu où les femmes n’avaient que pour seul accoutrement un pagne noué autour de la taille, les femmes les plus nanties et les moins nanties un simple cache-sexe. D’un autre côté, est livrée l’histoire du petit métis d’Amsterdam. À travers ce personnage, on découvre un texte riche en néologisme. Ce qui fait, d’ailleurs, sa beauté. Bien évidemment, cette manière de recréer la langue donne aussi au texte d’Armand Gauz une dimension comique qui fait bon effet sur le lecteur. Pour parler des prostituées, il utilise l’expression : « Les vendeuses de bisous ». Les énormes seins de Yollanda sont caractérisés par l’expression : « Grands bonbons pour messieurs » — notons, cependant, que c’est une expression pas très gracieuse qui donne l’impression de réduire le corps de la femme à sa seule dimension sexuelle.

Ainsi, la langue française, loin d’être une langue empruntée, devient une langue personnalisée qui épouse, l’imaginaire de Gauz et titille celui du lecteur. Dès lors, chez Armand Gauz, la langue française devient une langue qui épouse la culture et la réalité du colonisé. Par conséquent, cette façon de s’exprimer traduit aussi une distance entre le langage du colonisé et le langage du colonisateur. Ce qui suggère alors de se demander si la langue française tel que parlée par le colonisé aujourd’hui est-elle encore la langue du colon ?

En somme, à travers son art et son esprit créatif, Armand Gauz a su représenter les deux entités qui ont toujours été opposées au cours de l’histoire de l’humanité. D’un côté, la colonisatrice victime d’un complexe de supériorité, et d’un autre côté la colonisée victime d’un complexe d’infériorité. Ici, il n’est, au fond, plus question de traiter ses deux entités de manière opposée, mais de les inviter à dialoguer ouvertement et sans complexe. En fin de compte, c’est l’humain qui compte !

19 décembre 2023 0 Commentaires
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5 romans historiques africains et afrodesendants adaptés au cinéma et à la télévision
Listes de livresCinémaHistorique

5 romans historiques africains et afrodescendants adaptés à l’écran

par Ramcesse Chetmi 19 décembre 2023
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Depuis toujours, le cinéma tire très souvent son inspiration de romans. Vous avez certainement regardé des films ou des séries télévisées, sans savoir que leurs scénarios sont tirés de romans. Les romans historiques africains ou afro-descendants ne sont pas en reste. Comme les codes de ce genre littéraire l’exigent, les cinq romans historiques adaptés au cinéma ou la télévision ont pour toile de fond un épisode (parfois majeur) de l’Histoire avec  des événements et des personnages réels et fictifs qui s’entremêlent.

 

1. SANGO MALO- Le maître du Canton de Bassek Ba Kobhio

Un roman de l’écrivain et réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, publié en 1991 aux Éditions l’Harmattan dans la collection Encres noirs.

SANGO MALO- Le maître du Canton de Bassek Ba Kobhio

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Sango Malo c’est l’histoire d’un jeune enseignant fraîchement sorti de l’école normale des instituteurs de Yaoundé au Cameroun. Pour ses premiers pas en tant que maître, il est affecté au village de Lebamzip en pleine forêt tropicale. Entre le jeune Bernard Malo Malo et son directeur de l’école, l’entente sera très difficile. L’origine de ce désamour entre les deux hommes se situe sur les méthodes d’enseignement. Pour le directeur d’école, héritier des anciennes pratiques pédagogiques, la méthode du jeune enseignant est loin de porter les fruits comme celle qu’il a connue. Les nombreuses réformes qu’il va lancer sur le plan éducatif et sur le plan du développement du village vont lui mettre à dos un groupuscule de personnes influentes qui voient d’un mauvais œil toutes les initiatives qu’il entreprend. Acculé, il sera dans un premier temps remplacé par une jeune stagiaire qui deviendra plus tard sa femme. Puis il sera arrêté pour atteinte à la sûreté de l’État et détournement de la jeunesse. Non seulement Malo Malo, jeune instituteur libertaire, révolutionne sa classe, mais aussi regroupe les paysans au sein d’une coopérative. Tout cela n’est pas du goût du chef du village et des notables.

 

Avec le soutien du Fonds du Développement de l’Industrie cinématographique (FODIC) lancé en 1973 par l’État du Cameroun pour soutenir le cinéma camerounais et d’autres institutions, Bassek Ba Kobhio lance le tournage du film. Il fait un casting d’acteurs déjà bien connus sur le plan local tels que Jérôme Bolo, Marcel Mvondo II, Jean Miguele, Edwige Ntongon à Zock, Jimmy Biyong, Henriette Fenda et Jean Endene dans les rôles principaux. Le film de 1h 33 minutes sortira en salle le 8 août 1992. Un an avant sa sortie en salle, le film est en compétition au Festival de Cannes (1991) dans la catégorie “Un certain regard”. La même année il reçoit la mention spéciale du jury au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Au Festival du Cinéma Africain de Milan, il remportera le Prix du public.

 

2. Aminata  (The book of Negroes) de Lawrence Hill

En 2012, les éditions Présence Africaine, réussissent le coup de maître d’accueillir dans leur catalogue le roman à succès du canadien Lawrence Hill. Le roman a reçu le Commonwealth Writers’ Prize en 2008.

Livre historique africain : Couverture du livre Aminata par Lawrence Hill

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Enlevée de son village en Afrique de l’Ouest à l’âge de onze ans et forcée de marcher jusqu’à la mer pendant des mois dans un convoi d’esclaves, Aminata est ensuite amenée à travailler dans une plantation d’indigo sur une île au large de la Caroline du Sud.
Elle survit grâce à ses compétences de sage-femme acquises auprès de sa mère et grâce à sa force de caractère héritée de ses parents. Mais Aminata reste piégée, échappant de justesse à la violence qui coûte la vie à de nombreuses personnes de son entourage. 

Elle aura la chance d’inscrire son nom dans le “Registre des Noirs”, authentique registre de l’armée britannique qui permit à trois mille loyalistes noirs d’embarquer à Manhattan sur des bateaux à destination de la Nouvelle-Écosse et du Québec après la guerre d’Indépendance américaine. C’est cette épopée pour retrouver la liberté et le courage immense d’Aminata qu’ont voulu retranscrire les réalisateurs de The book of Negroes. Cette mini-série qui n’a connu qu’une seule saison en six épisodes sortis en versions française et anglaise en 2015, a été une excellente peinture historique de ce qui a été la vie des centaines de milliers d’africains arrachés à leurs terres et vendus aux riches propriétaires en Amérique, particulièrement aux Etats-Unis et au Canada. 

Le roman a fait l’objet d’une adaptation à la télévision, sous la forme d’une mini-série réalisée par le Canadien Clement Virgo. D’une durée de six heures, elle a été diffusée sur BET et CBC en février 2015, avec Aunjanue Ellis, Lyriq Bent, Cuba Gooding Jr. et Louis Gossett Jr.

 

 

3. Sarraounia  de Abdoulaye Mamani

Ce roman relate une expédition coloniale française entre Niger et Tchad, arrêtée par la reine magicienne – Sarraounia – d’un petit royaume situé à l’ouest de l’actuelle République du Niger. Ecriture simple et directe. L’oeuvre repose sur des faits authentiques. La Reine Sarraounia a existé et son histoire a été fidèlement rapportée par les griots et historiens nigériens dans la plus pure tradition africaine. 

Roman historique Afrique - Sarraounia de Abdoulaye Mamani

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Une colonne française sous le commandement des capitaines Voulet et Chanoine, partie du Soudan français le 2 janvier 1899, a pour mission d’arrêter la marche foudroyante de Rabah, le “Sultan Noir » qui est en train de conquérir un royaume au cœur de l’Afrique. Les capitaines et leur légion de mercenaires africains brisent impitoyablement par le fer et par le feu tout ce qui se dresse sur leur passage. Des villages sont rasés femmes, enfants et vieillards mutilés, les greniers brûlés et les puits comblés. Les personnes valides sont capturés pour grossir et servir cette colonne en marche. Pour arrêter les folles exactions de cette colonne et de ces chefs, le colonel Klobb s’est lancé à sa poursuite. Il a pour mission historique de capturer les capitaines Voulet et Chanoine et de continuer jusqu’au Tchad. 

Sarraounia est prête à faire face. Voulet, apprenant l’existence de cette reine sorcière, décide de ne pas faire de quartier, malgré les recommandations de ses supérieurs… 

L’adaptation du roman en film a été réalisée par  l’acteur, réalisateur, scénariste et producteur franco-mauritanien Abib Mohamed Medoun Hondo, dit Med Hondo (décédé le 2 mars 2019 à Paris). Le film tourné au Burkina Faso est sorti en salles en 1986. Il remporte en 1987 L’Étalon de Yennenga (Grand prix), le prix du meilleur scénario au festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), et la même année le prix de l’Organisation de l’unité africaine.

 

 

4. Douze ans d’esclavage de Solomon Northup

Solomon Northup est né libre. Dans l’Etat de New York où l’esclavage n’a pas cours, cet artisan et violoniste noir mène une vie paisible. Jusqu’à ce jour de 1841 où deux artistes le persuadent de les accompagner à Washington pour se produire dans leur spectacle… Le lendemain, il se réveille dépouillé de ses papiers, enchaîné et enfermé au fond d’une négrerie. Il comprend avec stupéfaction qu’on l’a kidnappé pour le revendre comme esclave. Pendant douze ans, Solomon Northup va découvrir dans toute sa cruauté la machine esclavagiste du Sud des États-Unis.

romans historiques africains et afrodesendants- Douze ans d’esclavage de Solomon Northup

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Douze ans d’esclavage est l’autobiographie de Solomon Northup. Publié peu après le roman de Harriet Beecher Stowe, La Case de l’oncle Tom (Uncle Tom’s Cabin) (1852), le livre de Northup, qui lui dédicacera l’ouvrage, fut considéré comme un best-seller. Les 8 000 premiers exemplaires furent écoulés en quelques mois. Réimprimés plusieurs fois, plus de 30 000 exemplaires avaient été vendus dès 18562. Il fut édité à plusieurs reprises pendant le xixe siècle. Après plusieurs éditions pendant le XIXe siècle, le livre fut oublié pendant presque 100 ans avant d’être redécouvert par deux historiens de Louisiane, Dr Sue Eakin (Louisiana State University à Alexandria) et Dr Joseph Logsdon (Université de La Nouvelle-Orléans). Au début des années 1960, ils ont reconstitué le parcours de Northup et coédité une version dotée d’un appareil critique chez LSU Press en 19685.(Sources Wikipédia). La version en français est publiée chez Michel Lafon en 2014et traduite par Anna Souillac.

Douze ans d’esclavage est porté à l’écran dans le film 12 Years a Slave par l’artiste contemporain et réalisateur britannique Steve McQueen, avec comme acteurs principaux Chiwetel Ejiofor jouant le rôle de Solomon, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Lupita Nyongo’o et Paul Dano, ce récit authentique est un véritable réquisitoire contre l’esclavage. Il reçoit l’oscar du meilleur film en 2014.

 

 

 

5. Xala de Sembène Ousmane 

romans historiques africains et afrodesendants - Xala de Sembene Ousmana

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El Hadji Abdou Kader Beye, homme d’affaires sénégalais quinquagénaire, prend une troisième épouse, signe de réussite sociale et économique surtout. Selon la tradition musulmane, il a les moyens financiers pour assurer un train de vie luxueux à ses trois femmes, chacune a sa villa. Le soir, impossible de consommer son union, il est frappé d’impuissance. Il se croit victime d’une malédiction, le xala, lancée par un paysan qu’il avait autrefois ruiné. El Hadji, humilié, consulte les marabouts. 

Xala est le cinquième roman du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane. Il est publié en 1973 aux éditions Présence Africaine. La blogueuse Tchonté Silué en fait une belle chronique sur Youtube. En 1975, Sembène Ousmane adapte le roman Xala au cinéma et le film  reçoit le Prix spécial du jury au Festival international du film de Karlovy Vary en 1976.

 

 

 

Connaissez-vous d’autres romans historiques africains ou afrodescendants qui ont été adaptés au cinéma ou à la télévisions? Aidez-nous à enrichir cette liste en mettant les titres des livres et des adaptations en commentaire. Les romans africains non historiques sont aussi les bienvenus dans la liste.

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Dany Laferrière : Nouvelle édition de « Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer »

par La redaction 19 décembre 2023
Rédigé par La redaction

Le livre blanc de YouScribe

Le Livre Blanc de YouScribe : "États des lieux et avenir de l'édition en Afrique”

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Note de l’éditeur

Dans la moiteur de l’été, deux jeunes hommes paressent dans une chambre poisseuse de Montréal. Ils boivent, mangent, rient, lisent et baisent quand ça se présente. Et ça se présente, car la drague est joyeusement efficace.

Torse nu sur son divan, l’un écoute Charlie Parker et Archie Shepp en philosophant, quand il ne dort pas trois jours d’affilée. L’autre rêve de devenir écrivain, il lit Baldwin, Hemingway, Henry Miller ou Bukowski, et s’extasie devant l’appétit sexuel des jeunes filles sérieuses. Ils dissertent sur la beauté et l’origine du désir, sur la Blanche et le Nègre. Et ça fait des étincelles dans un grand éclat de rire jazz.

Machine à écrire, ruban neuf, papier immaculé : la vieille Remington 22 qui a appartenu à Chester Himes est riche de promesses… L’écrivain est en route !

Trente-cinq ans après sa parution, le premier roman de Dany Laferrière n’a pas pris une ride : hautement incisif, terriblement insolent, irrésistiblement drôle. Un hymne à la littérature en mouvement.

Le livre blanc de YouScribe

Le Livre Blanc de YouScribe : "États des lieux et avenir de l'édition en Afrique”

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Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, Dany Laferrière

Édition collector 35e anniversaire
ISBN 978-2-84304-972-9
192 pages ● 17,50 €
À paraître le 3 septembre aux Éditions Zulma

19 décembre 2023 0 Commentaires
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Prix Afrilivres d’Edition 2016 Les Éditions Edilis de Côte d’Ivoire l’emportent
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsIndustrieLittérature

Prix Afrilivres d’Edition 2016 : Les Éditions Edilis de Côte d’Ivoire l’emportent

par La redaction 19 décembre 2023
Rédigé par La redaction

La Maison d’édition Edilis de Côte d’Ivoire a été désignée, samedi dernier, lauréate du Prix Afrilivres d’Edition 2016. Edilis a été distinguée avec le roman « Saramania ou la femme qui voulait coute que coute enfanter » de Célestin Lella-Kouassi. Edilis recevra un chèque de 10.000 euros (6.500.000 FCfa). Le jury était présidé par Baytir Kâ (Sénégal), formateur, président de l’Association des professeurs de français d’Afrique et de l’Océan indien (Apfa-Oi).

Lire la suite sur : Le Soleil Sn

19 décembre 2023 0 Commentaires
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Palabres Autour Des Arts
LittératureEuropeÉvénements

« Du Bénin à Haïti: Natural mystic ! » Palabres autour des arts

par La redaction 19 décembre 2023
Rédigé par La redaction
Dans la bienveillante chaleur de la Bibliothèque Couronnes Les « Palabres Autour Des Arts » vous rencontrent sur le thème « Du Bénin à Haïti: Natural mystic ! », et exploreront les voies de la mystique des Afriques autour des romans:
  • Ceux qui sortent la nuit – (Mut Long)
  • La légende de l’assassin – (Kangni Alem)
  • Pour l’amour de Claire – (Edwidge Danticat)
  • Les enfants des cyclones – (Ronald C. Paul)
  • Du feu pour les honneurs – (Samba Saphir)

Hemley BOUM (lauréate du GRAND PRIX LITTÉRAIRE D’AFRIQUE NOIRE 2015) est l’invitée de cette édition avec son dernier roman  « Les Maquisards », paru aux éditions La Cheminante.

Samedi 30 avril 2016 — à 16h

Bibliothèque Couronnes
au 66, Rue des Couronnes, 75020 Paris
Tel: 01 40 33 26 01
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Nouveau succès pour « Les maquisards » de Hemley Boum: Lauréat du Prix du livre engagé

par Acèle Nadale 19 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Cette année 2016, la romancière camerounaise Hemley Boum vole de succès en succès. Après avoir remporté le « Grand Prix d’Afrique Noire » de L’ADELF 2015 avec son dernier roman « Les maquisards » (Éditions La Cheminante), elle est la lauréate du PRIX DU LIVRE ENGAGE de La CENE littéraire.

En lice avec d’autres remarquables ouvrages tels que Moi contre les Etats-Unis d’Amérique (Paul BEATTY, Cambourakis), Noire, La vie méconnue de Claudette Colvin (Collection« nos héroïnes», Tania DE MONTAIGNE, éditions Grasset), Confidences (Max LOBE, éditions Zoé) et Kannjawou (Lyonel TROUILLOT, Actes sud), le roman « Les maquisards » a été sélectionné pour cette première édition du prix, par un jury de haute qualité:

– Monsieur Theo ANANISSOH
Romancier, essayiste, il est l’auteur de plusieurs ouvrages et enseigne la littérature africaine francophone
à l’université de Dusseldorf en Allemagne
– Monsieur Boubacar Boris DIOP
Romancier, essayiste, dramaturge, il enseigne à l’American University of Nigeria – School of Arts and
Sciences
– Monsieur Eugene EBODE
Romancier, essayiste, lauréat de nombreux prix littéraires, chroniqueur littéraire, professeur documentaliste
au lycée Camille Claudel de Vitry sur Seine.
– Monsieur Ambroise KOM [Président du Jury)
Essayiste et professeur de littératures africaines, africaines-américaines et caraïbes
dans plusieurs universités
– Hortense SIME
Le Docteur Hortense Sime est passionnée de littérature.

 

La CENE Littéraire

 

LE PRIX DU LIVRE ENGAGE de La CENE littéraire distingue un[e) écrivain[e) noir[e), auteur[e) d’une fiction ou d’un essai mettant en exergue une cause humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique ou historique en lien avec le Monde Noir.

Le prix qui est doté d’un montant en CHF 3’000.- et d’un tableau de l’artiste peintre sénégalais Momar Seck, sera remis à Madame BOUM le 28 avril 2016 au Salon du livre et de la presse de Genève.

 

 

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Lawrence Hill et la version française de son roman Book of Negroes traduit en français
CinémaAmériqueAmérique du NordLifestyle

“Aminata” (The book of negroes): l’une des pépites des éditions Présence Africaine adaptée à la télévision

par Acèle Nadale 19 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

C’est en 2012 que les éditions Présence Africaine, dirigées par Yandé Christiane DIOP, réussissent le coup de maître d’accueillir dans leur catalogue le roman à succès “The book of negroes” (2007) du canadien Lawrence Hill.

 L’actualité et  le succès que connaît la mini-série “The book of negroes” aux USA, mini-série adaptée du roman “Aminata”, nous invitent à revenir sur l’histoire de cette jeune femme, Aminata Diallo, arrachée de force de sa famille et de sa terre natale à 11 ans dans un village de l’actuel Mali, pour être par la suite vendue comme esclave en Caroline du Sud en Amérique et qui se retrouvera libre en Siera Leone. Sa force de caractère, sa détermination et son amour pour la lecture seront les armes qui lui permettront de ne jamais abandonner le combat pour obtenir sa liberté, malgré la perte de tous ceux qui lui sont chers, parents, mari, enfants.

Couverture du livre Aminata par Lawrence HillBien que ce livre soit une fiction, il est basé sur des faits historiques et est le fruit de plus de 5 longues années années de recherche au Cameroun, au Mali, au Niger entre autres.

Assez rare dans la littérature qui raconte l’esclavage et la traite négrière, Lawrence Hill, grâce à la voix d’Aminata, pose un regard féminin sur les luttes, déchirements, questionnements et batailles qu’ont traversé les esclaves noirs. “Aminata” est aussi un roman qui raconte un côté de l’histoire de l’esclavage rarement mis en lumière, notamment l’engagement des noirs aux côtés des anglais loyalistes en échange de la liberté lors de la guerre d’indépendance vers la fin du XVIIIe. La série nous offre une belle occasion de relire c’est excellent roman édité en français par Présence Africaine.

 

Pour la minie-série “The book of negroes” tournée en Afrique du Sud et en Nouvelle-Ecosse et diffusée actuellement sur la chaîne américaine BET, les producteurs n’ont pas lésiné sur les moyens et ont obtenu un casting de choix avec Aunjanue Ellis, Cuba Gooding Jr., Louis Gossett Jr., Lyriq Bent, Jane Alexander, Ben Chaplin, Allan Hawco, Greg Bryk.

 

Lawrence Hill, né en 1957 à Newmarket dans l’Ontario, est un écrivain canadien. Il fait des études supérieures à l’Université Laval de Québec et obtient un baccalauréat en sciences économiques, puis une maîtrise en écriture de l’Université Johns Hopkins de Baltimore. Il est ensuite journaliste pour le journaltorontois The Globe and Mail et correspondant parlementaire à Ottawa pour le Winnipeg Free Press. En 2007, il collabore avec l’ancien soldat de l’armée américaine, maintenant considéré comme un déserteur, Joshua Key pour écrire, à partir de leurs entretiens, The Deserter’s Tale: The Story of an Ordinary Soldier Who Walked Away from the War in Iraq, l’histoire d’un soldat ordinaire pendant la guerre en Irak. Il reçoit le Commonwealth Writers’ Prize (en) en 2008 pour Aminata (The Book of Negroes).

Source Wikipédia


19 décembre 2023 0 Commentaires
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Comment conserver ses livres ? 3 astuces pour éviter qu’ils ne se détériorent
Lifestyle

Comment conserver ses livres ? 3 astuces pour éviter qu’ils ne se détériorent

par Acèle Nadale 17 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Les livres sont des objets précieux qui nécessitent une conservation soignée afin de maximiser leur durée de vie. Vous avez certainement déjà eu le choc de votre vie en découvrant l’état désastreux de vos livres que vous n’avez plus ouverts depuis un bon nombre d’années. Vous auriez pu pourtant éviter cela si vous saviez comment vous y prendre. Voici quelques astuces pour bien conserver ses livres.

1- Dépoussiérer les livres et les meubles 

Chiffons à Microfibres

Acheter les chiffons à Microfibres

Les livres rangés sur les étagères sont souvent exposés à la poussière. Cette poussière fine flottante que l’on voit souvent dans les rayons de soleil qui traversent une pièce se posent sur les livres et favorisent le développement des moisissures ou la prolifération des insectes. Il est donc nécessaire de faire un dépoussiérage régulier de ses livres. 

Dépoussiérez les livres séparément de votre étagère avec un chiffon à microfibres ou un pinceau. Dépoussiérez ensuite l’étagère en commençant par le haut avec de préférence un plumeau. Faites ce grand nettoyage au moins une fois par an.

Pour le dépoussiérage hebdomadaire, vous pouvez juste passer le plumeau sur les livres et les espaces accessibles de votre bibliothèque sans pour autant enlever les livres. Pour limiter les espaces de poussière, classez vos livres en réunissant ceux qui ont les mêmes dimensions et serrés. 

 

2- Débarrasser les livres des insectes qui les habitent

Plumeau

Acheter le plumeau

Lorsque les livres sont mal conservés, les insectes comme les lépismes et les poux de livres vont se développer à l’intérieur des pages à cause de l’humidité. Les poux des livres sont de petits insectes mesurant entre 1 et 3 mm de long, de couleur pâle à beige, presque incolore selon l’espèce, et peuvent être vus se déplaçant rapidement sur des fonds sombres. Ce sont de petites puces qui se nourrissent de la colle des livres ou aiment se nicher derrière les papiers peints. Elles ne sont pas dangereuses pour notre santé, mais peuvent causer de gros dégâts dans nos bibliothèques. Si vous trouvez des pages rongées dans vos livres ou des taches noires sur les feuilles, il est fort probable que les poux du livre soient passés par là. 

  • Pour détecter la présence de poux des livres, également appelés psoques, il existe plusieurs signes à surveiller :
    Des livres et des papiers rongés : Les poux des livres peuvent causer des dommages physiques aux livres et aux papiers en les rongeant. Des taches noires sur les papiers : Ces taches peuvent être les excréments des poux des livres et sont un indicateur de leur présence.
  • Des carapaces desséchées dans les livres : La présence de carapaces desséchées de psoques peut indiquer une infestation.

Pour s’en débarrasser, prenez le document infesté, emballez-le dans du plastique et mettez-le au congélateur pendant au moins 24 heures.

Pour prévenir vos livres d’une future invasion, évitez l’humidité et la chaleur en aérant régulièrement votre pièce. Utilisez un déshumidificateur.  Vous pouvez aussi utiliser des huiles essentielles comme l’eucalyptus, la lavande ou la menthe poivrée, qui sont connues pour être des répulsifs naturels contre les psoques.

3. Conserver ses livres en enlevant la moisissure

Déshumidificateur

Acheter le déshumidificateur

Si vous conservez vos livres dans une cave ou un endroit humide, vérifiez régulièrement l’état général de vos bouquins. Il peut arriver que les pages jaunissent et même moisissent.

Commencez par dépoussiérer les livres et les meubles sur lesquels ils sont stockés. Pour les traces de moisissures, il est recommandé de faire un dépoussiérage page par page. Vous pouvez également essuyer les couvertures extérieures ainsi que la tranche avec un linge doux et absorbant.

Pour se débarrasser de la moisissure et leur donner un nouvel éclat, c’est très simple. Saupoudrez les pages affectées avec la fécule de maïs et laissez reposer pendant six heures au moins. Brossez ensuite délicatement les pages.

Il est important de noter que ces méthodes pour bien conserver ses livres peuvent nécessiter plusieurs applications pour être totalement efficaces. Si l’infestation persiste malgré ces efforts, il peut être nécessaire de faire appel à un professionnel.

17 décembre 2023 0 Commentaires
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Collection Adoras
RomanceAfriqueAfrique de l'OuestFiction

La Collection Adoras: Une Success Story Africaine

par Acèle Nadale 16 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Depuis maintenant 25 ans, la collection Adoras est dédiée aux romans à l’eau de rose. Elle se distingue des autres collections du même type en faisant paraître des romans 100% africains. Il s’agit des romans avec des intrigues ayant lieu sur le continent africain avec des personnages africains. Retour sur les éléments du succès de la collection Adoras.

Des fondateurs qui veulent allier divertissement, culture et éducation avec la collection Adoras

La collection Adoras voit le jour officiellement le 8 mai 1998. Elle naît de la nécessité de proposer aux africains des histoires d’amour africaines avec intrigues et rebondissements. En effet, Guy Lambin, alors directeur des Nouvelles Éditions Ivoiriennes (aujourd’hui NEI-CEDA, société dont le groupe français Hachette détient 70% des capitaux ), Essoh Méliane, directrice de la collection, et l’ancien responsable littéraire, l’écrivain de renom Isaïe Biton Koulibaly, observent l’excitation et la frénésie du public ivoirien pour les romans sentimentaux occidentaux. Ensemble, ils décident donc de créer la collection Adoras, dont le nom renvoie au mot “adorer”. 

Quant à sa directrice, Méliane Kouakou, elle intègre la collection Adoras dès le début de l’aventure avec le soutien d’Isaïe Biton. Après un entretien avec le directeur des Nouvelles Éditions Ivoiriennes, celui-ci la choisit immédiatement pour le poste. Pour Isaïe Biton, son cursus est parfaitement adapté aux exigences du métier. 

Un modèle de narration qui fonctionne pour le public africain

Dans l’ensemble, les romans de la collection Adoras abordent de nombreux faits de société. Ils s’inspirent des télénovelas, les séries brésiliennes très suivies en Afrique de l’Ouest, et abordent des sujets de société sensibles comme l’excision ou le sida. Ils suivent fidèlement la structure narrative des romans à l’eau de rose, mais dans un contexte culturel africain qui permet au public de s’identifier à l’univers des personnages. La collection Adoras est souvent comparée à la collection Harlequin.

Les livres de la collection Adoras sont écrits dans un langage compréhensible par tous. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme universitaire pour cerner entièrement le sens et la portée des récits. Par ailleurs, les auteurs privilégient le caractère chaste et imaginaire de la sexualité afin de ne pas heurter les sensibilités. 

[bctt tweet= »La collection Adoras, un modèle de collection romance qui fonctionne pour le public africain » username= »Afrolivresque »]

Une stratégie marketing efficace et adaptée à son audience

Le lancement de la collection Adoras a été accompagné par une importante campagne de promotion dans la presse et la télévision ivoiriennes, et la collection a rapidement rencontré un large succès. En effet, 36 000 livres ont été vendus dès les deux premiers mois.

Les romans de la collection Adoras sont disponibles à des prix défiants toute concurrence. Nul besoin de débourser plus de 2000 FCFA (un peu moins de 4 euros) pour obtenir son livre préféré.  Le lecteur a également la possibilité de commander en ligne sur les plateformes numériques spécialisées. Ici, le prix varie en fonction des conditions de livraison. 

Forte de son succès, la collection Adoras a mis sur pied un calendrier de publication exigeant afin de satisfaire ses lecteurs de plus en plus nombreux. L’équipe de publication table désormais sur 12 romans par an, soit trois bouquins par trimestre.

Sous l’impulsion des lecteurs, un nouveau segment voit le jour, « Adoras Vie Conjugale ». Cette nouvelle branche vient traiter de tous les sujets relatifs à la vie d’un couple marié. Ainsi, elle vient édifier les plus jeunes à la vie en couple et apporte quelques conseils et solutions aux adultes.

Les auteurs à succès

Les auteurs les plus populaires de la collection Adoras sont Bomou Karidja, Kaba Fanta, Hélène Soungalo Diomandé et Nathalie Amani N’Guessan. Ces écrivaines sont considérées comme les nouvelles reines de cette collection à succès. La collection Adoras comporte plus d’une cinquantaine de titres, chacun étant tiré à hauteur de huit à dix mille exemplaires.

Des adaptations des romans de la collection Adoras au petit écran

Deux livres de la collection ont été adaptés pour la télévision. La série télévisée Cache-cache d’amour (2001) est la toute première adaptation inspirée d’un roman de la collection Adoras, notamment le roman du même écrit par Koné Fibla. Elle a été diffusée en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso. La série télévisée Le pari de l’amour (2003) est quant à elle inspirée du roman du même nom écrit par Gladys Pemberton-Nash. Les audiences de ces séries avaient alors explosées tous les compteurs, enregistrant jusqu’à 100 millions de téléspectateurs selon certaines sources.

La collection Adoras est exemple de succès dans l’édition ivoirienne. Ceci peut servir d’exemple à d’autres maisons d’édition africaines qui peinent à créer des collections attractives pour leur public. Malheureusement, il est difficile de commander les romans de cette collection en ligne. Nous espérons que cela sera bientôt possible.

Connaissez-vous d’autres exemples de collections qui ont eu du succès dans d’autres pays africains ? Partagez avec nous ces collections en commentaire.

16 décembre 2023 3 Commentaires
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Eugen Bacon - Photo IFWG Publishing
PortraitsAfriqueAfrique de l'EstAustralieAuteursRégions

Eugen Bacon : Entre Science-Fiction et Afrofuturisme

par Acèle Nadale 15 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Auteure afro-descendante de nationalité australienne, Eugen Bacon est l’une des voix les plus prometteuses de la littérature en Australie. Elle est spécialiste de fiction spéculative, une catégorie littéraire englobant divers genres qui s’éloignent délibérément du réalisme ou de l’imitation stricte de la réalité.

La fiction spéculative inclut la science-fiction, la fantasy, l’horreur, l’histoire alternative, l’utopie, la dystopie et la fiction surnaturelle, ainsi que leurs combinaisons, comme la science-fantasy. Eugen Bacon bouscule les codes du domaine avec ses œuvres engagées et innovantes. Focus sur la vie et la carrière de ce nouveau porte-flambeau de la littérature afro-diasporique.

Jeunesse et formation d’Eugen Bacon

Née en Tanzanie, Eugen M. Bacon a vécu au Royaume-Uni avant de s’installer en Australie, où elle a poursuivi ses études. Eugen Bacon est titulaire d’une maîtrise en sciences avec distinction en systèmes informatiques distribués du Royaume-Uni. Elle détient également une maîtrise en écriture créative et un doctorat en écriture, tous deux de la Swinburne University of Technology en Australie.

Pendant les premières années de sa vie d’adulte, Eugen Bacon étudie les systèmes d’exploitation dans les sciences informatiques. Son master obtenu avec brio au courant de l’année 2001 à l’université de Greenwich en Grande-Bretagne sanctionne plusieurs années de dur labeur. Près d’une décennie s’est écoulée lorsqu’elle réoriente sa carrière de manière drastique vers l’écriture créative.

Eugen M. Bacon se donne à cœur joie dans cette nouvelle aventure dès septembre 2010. Consciente des enjeux de ce nouveau défi, elle suit un cursus à l’université de technologie de Swinburne à Hawthorn (Australie). Elle y obtient un master en art de l’écriture en 2013. Miss Eugen poursuit son apprentissage dans la même université et voit ses efforts récompensés quand elle obtient en 2016 son PhD en écriture. Ces années de formations lui servent de base au moment d’entamer sa nouvelle carrière.

Bibliographie

Eugen Bacon construit sa carrière autour du genre fiction spéculative. Son parcours plutôt atypique ne l’empêche pas de compter à son actif une liste fournie d’articles et de romans. Elle a publié plusieurs romans et recueils de fiction, tels que « Serengotti », « Languages of Water », « Danged Black Thing », « Broken Paradise », « Bittersweet Symphony », « Impact », « Mage of Fools », et « The Road to Woop Woop and Other Stories ».

Tous ces travaux valent à Eugen Bacon d’être reconnue tant sur la scène nationale qu’internationale.

Distinctions et récompenses

Eugen Bacon accumule les distinctions au fil des années comme le prix Bridport et le Nommo Award for Speculative Fiction by Africans, entre autres. Elle a été nominée pour de nombreux prix nationaux et internationaux. On peut citer entre autres le World Fantasy Award, le British Science Fiction Association (BSFA) Award, le Bridport Prize, les Australian Shadows Awards, les Ditmar Awards, le British Fantasy Award et le Nommo Award pour la fiction spéculative par des Africains.

Eugen Bacon : Une Plume Polyvalente

Le style d’écriture d’Eugen Bacon est principalement axé sur la fiction spéculative, la dystopie, la dark fantasy et l’afrofuturisme. Son écriture est influencée par une variété d’auteurs, allant de Chinua Achebe à Octavia Butler, ce qui témoigne de sa diversité et de sa curiosité intellectuelle.

En plus de son travail d’écriture, Eugen Bacon est une éditrice professionnelle inscrite à l‘Institute of Professional Editors (IPEd). Elle a également été juge dans divers concours littéraires, démontrant ainsi son engagement envers la promotion de la littérature spéculative.

À force de travail et d’abnégation, Eugen M Bacon connaît une carrière de romancière pleine de succès. Avec ses travaux, elle impose son style et apporte une vision pratique de l’écriture de fiction spéculative. L’auteure marque le domaine de son empreinte en tant que nouvelle voix passionnante de la scène de fiction de genre.

15 décembre 2023 0 Commentaires
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[Vidéo] L’histoire vraie d’une rencontre entre Steve Biko et Donald Woods : « Cry freedom »

par Acèle Nadale 15 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

« Cry freedom » est l’histoire vraie de la rencontre entre son auteur, Donald Woods, blanc sud-africain et éditeur du journal «Daily Dispatch », et de l’activiste anti-apartheid noir sud-africain Steve Biko (de son vrai nom Stephen Bantu Biko), fondateur du « Black Consciousness Movement » (BCM).

Donald Woods (Kevin Kline) est un journaliste qui relaie dans son journal les informations sur l’actualité des revendications des noirs d’Afrique du Sud sans grand intérêt ou enquête au départ. C’est au cours d’une enquête sur les démolitions des bidonvilles de la ville de East London, peu avant les massacres de Soweto de 1976, qu’il fait la connaissance de l’activiste noir Steve Biko (Denzel Washington). À la vue de la réalité que vivent au quotidien les noirs d’Afrique du Sud, Donald Woods commence à comprendre le sens du combat de Steve Biko. De cette rencontre, naît au fil du temps, une amitié entre les deux hommes.

La rencontre avec Steve Biko

Lors d’un voyage pour Cape Town afin d’assister à un rassemblement d’étudiants, bravant l’assignation à résidence qui lui avait été assénée après le massacre de Soweto, Steve Biko est arrêté, battu puis torturé sur le chemin de la prison. Il est ensuite enfermé dans une prison avec de blessures graves à la tête et au cerveau. Malgré les conseils du médecin de la prison de le transférer dans un hôpital, il est gardé en prison et ensuite transporté à un hôpital à 700 km plus loin. Dû à la gravité de ses blessures et les mauvaises conditions de détention et de transport, Steve Biko succombe à ses blessures le 12 septembre 1977, presque un mois après son arrestation.

Donald Wood entame alors un combat rude pour démontrer la responsabilité de la police dans la mort de Steve Biko. Ce combat lui vaudra les menaces et intimidations du système d’apartheid et il sera ainsi contraint de fuir son pays pour le Lesotho.

Ce film est à conseiller à toute la jeune génération qui veut découvrir une partie importante de l’histoire de l’Afrique par le récit de la vie de l’activiste sud-africain Steve Biko dont le rôle est brillamment interprété par l’acteur américain Denzel Washington.

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Montage photo de la réalisatrice Euzhan Palcy ainsi que l'afficha de son film Une saison blanche et sèche
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« Une saison blanche et sèche » adaptation du roman du Sud-Africain André Brink

par Chrystelle Ngoulou 14 décembre 2023
Rédigé par Chrystelle Ngoulou

Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, Ben DuToit, professeur d’histoire et d’origine anglaise mène une vie paisible avec sa femme et son jeune fils loin des ghettos de Soweto. Comme tout blanc de la classe moyenne, ses employés sont noirs. Il s’est lié d’amitié avec l’un d’entre eux, le jardinier Gordon.

L’univers idyllique de Ben DuToit bascule lorsque Jonathan, le fils de Gordon, est assassiné dans une prison après une arrestation lors de la révolte des enfants de Soweto.

La révolte intérieure de Ben DuToit contre l’injustice de l’apartheid s’opère définitivement lorsque Gordon, parti à la recherche de son fils disparu, est également torturé et assassiné par une brigade spéciale. Ben DuToit se lance donc dans un combat pour la justice, au prix de son couple et de ses amis.

Couverture du roman Une saison blanche et sèche d'André Brink

Un film de Euzhan Palcy sorti en Etats-Unis – 1989
Genre : Drame
Public : Tout public

Le film « Une saison blanche et sèche » adapté du roman de l’auteur sud-africain André Brink a été tourné en Afrique du Sud traite de la question de l’Apartheid et met en scène de grandes stars du cinéma telles que Marlon Brando, Donald Sutherland, Susan Sarandon et Michael Gambon. Marlon Brando sera nominé pour l’Academy Award du meilleur acteur dans un second rôle et il reçoit le Prix du Meilleur acteur au Festival du Film de Tokyo.

Née en 1958, la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy fut la première réalisatrice noire produite par un studio de Hollywood. Compte tenu de la situation politique de l’Afrique du Sud à l’époque, l’ensemble du tournage fut réalisé en incognito. Elle insista pour que les habitants de Soweto du roman soient interprétés par des autochtones, et non par des acteurs afro-américains comme il était coutume de faire. Palcy recevra, pour l’importance et la qualité cinématographique de son travail, le prix Orson Welles.

14 décembre 2023 0 Commentaires
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Le réalisateur Bassek ba Kobhio d'un côté et l'affiche du film Le silence de la fôret de l'autre.
AfriqueCinémaLifestyle

« Le silence de la forêt » adapté du roman d’Etienne Goyemide

par Acèle Nadale 12 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Ce film est une adaptation du roman du même titre de l’écrivain togolais Etienne Goyemide. « Le silence de la forêt » est une adaptation des réalisateurs Didier-Florent Ouenangaré (République Centrafricaine) et Bassek ba Kobhio(Cameroun).

Couverture du roman Le silence de la fôret d'Etienne GoyemideC’est l’histoire de Gonaba, qui est rentré au pays après des études supérieures en France et devient inspecteur des Écoles à Bangui (Centrafrique). Il décide brusquement de tout abandonner pour aller vivre au cœur de la forêt équatoriale, domaine des pygmées Babingas et souhaite les aider à s’émanciper des « hommes grands », dont la domination, quarante ans après l’indépendance du pays, s’exerce toujours. Là-bas l’attend le grand amour… Ce voyage sera aussi pour lui un parcours initiatique.

 

 

 

 

Casting du film :

– Eriq Ebouaney (Cameroun) que l’on retrouve dans des grosses productions comme « Lumumba » de Raoul Peck, « Femme fatale » de Brian De Palma, « Kingdom of Heaven » de Ridley Scott et « Transporter 3 » d’Olivier Megaton. Il prête sa voix à Hyacinte, un personnage de l’adaptation ciné de la bande dessinée «Aya de Yopougon».

– Sonia Zembourou (République centrafricaine)
– Nadège Beausson-Diagne (franco-ivoiro sénégalaise, « Plus belle la vie », «Commissaire Moulin », « Bienvenue chez les Ch’tis »)
– Philippe Maury (France, « Le grand blanc de lambaréné »)
– les Pygmées du village Akungu

Musique : Manu Dibango (Cameroun)

12 décembre 2023 0 Commentaires
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VidéosAfriqueAfrique de l'Ouest

[Vidéo] « Le monde s’effondre » de Chinua Achebe au théâtre

par Acèle Nadale 11 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Le monde s’effondre est une œuvre traduite dans plus de 300 langues à travers le monde, raconte l’histoire et le vécu d’Onkonkwo, un jeune homme nigérian de la tribu Igbo, à la recherche de gloire et de respect, mais déchiré par et entre la tradition et l’influence occidentale qui se traduit par la mise en place du début du colonialisme en Afrique.

Couverture du roman classique "Tout s'éffondreé de Chinua AchebeCe chef d’œuvre littéraire décrit très bien, sans aucune partialité, le Nigéria dans le contexte de la période précoloniale et dont les peuples subissent des bouleversements culturels et religieux sans précédents.

Plus de 50 ans après, Le monde s’effondre reste l’œuvre africaine la plus vendue jusqu’à présent dans le monde et a été adaptée plusieurs fois au théâtre, à la radio, à la télé comme au cinéma. La toute première adaptation qui est une adaptation radio, date de 1961 à la « Nigerian Broadcasting Corporation », la radio qui appartenait au colonisateur anglais et qui devint la radio nationale nigériane quelques années plus tard. L’une des plus célèbres adaptations de l’œuvre fut la série tv sortie en 1987 du réalisateur nigérian David Orere sur la chaine de télévision nationale du Nigéria.

 

Le livre et la série feront plonger les lecteurs les plus âgés dans leur enfance avec beaucoup de nostalgie car ce livre a bercé cette enfance-là. Pour les plus jeunes, c’est une lecture de l’histoire du continent qu’ils (re)découvriront au travers d’un roman qui fait beaucoup rire malgré la gravité des thèmes tels que la colonisation, la religion et la tradition africaine. Dommage que nous n’ayons pas trouvé d’adaptation au cinéma, car ce livre ferait un vrai grand film. 

11 décembre 2023 0 Commentaires
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InterviewsVidéos

[Vidéo] Reines d’Afrique et héroines de la diaspora noire

par Acèle Nadale 1 décembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Ce bel ouvrage nous présente des figures féminines qui ont marqué l’histoire de l’Afrique et de sa diaspora, de l’Antiquité jusqu’au début du XXe siècle. Contrairement à l’idée moderne que la femme africaine serait soumise et n’aurait pas de pouvoir dans les sociétés africaines, nous découvrons avec ce livre des parcours de femmes africaines emblématiques qui ont marqué et transformé les sociétés à leur époque avec un impact qui va au-delà de l’Afrique.

« Aucune héroïne noire reconnue par l’histoire universelle. Sur ce constat, Sylvia Serbin s’est intéressée aux figures féminines ayant marqué l’histoire de l’Afrique et de sa diaspora, de l’Antiquité au début du XXe siècle. La reine Pokou (Côte d’Ivoire), la mulâtresse Solitude (Guadeloupe), Ranavalona III (Madagascar), Madame Tinubu (Nigeria), les Amazones du Dahomey, Harriet Tubman (États-Unis), la Vénus hottentote (Afrique du Sud) : au total vingt-deux portraits de femmes d’influence, résistantes, prophétesses, guerrières, victimes ou mères de héros, pour la plupart inconnues du grand public. Jamais un tel ouvrage n’avait encore été écrit et c’est avec un réel talent de conteuse que l’#auteur a construit, à partir de sources écrites et orales ayant nécessité plusieurs années de recherches, une fresque historique dont la lecture suscite admiration, tristesse, horreur et respect pour ces tempéraments d’exception. Un livre utile et passionnant qui nous dévoile aussi des facettes inexplorées de certaines sociétés de l’Afrique précoloniale, souvent présentées comme inertes et figées alors qu’elles ont connu une incontestable vitalité. »

couverture du livre REINES D'AFRIQUE ET HÉROÏNES DE LA DIASPORA NOIRE

REINES D’AFRIQUE ET HÉROÏNES DE LA DIASPORA NOIRE
Edition : Sepia
Genre : essai
Prix : 18.00 EUR
Nombre de pages : 300


1 décembre 2023 0 Commentaires
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Montage photo de Malick Sidibé avec la couverture de son livre La vie en rose.
Non classéAfriqueAfrique de l'OuestArt et CultureNon fictionNotes de lecture

Beau livre: « La vie en rose » du photographe malien Malick Sidibé

par Acèle Nadale 25 novembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Les photos réalisées dans les années 60 et 70 de l’un des plus grands photographes africains, Malick sidibé,  appelé aussi  » L‘Oeil du Sahel » exposées dans ce beau livre inédit.

La vie en rose présente ses travaux, pour la plupart inédits, des années soixante et soixante-dix : des portraits en studio dans la plus pure tradition africaine, aux reportages sur la vie nocturne à Bamako réalisés pendant les premières années d’indépendance de son pays; une documentation unique de la societé malienne et un important témoignage de l’envie d’émancipation et de l’enthousiasme des jeunes générations. 

Le catalogue est publié à l’occasion de l’exposition homonyme présentée à la Collection Maramotti, la plus importante realisée en Italie jusqu’à présent (Reggio Emilia, Mai – Juillet 2010).

Malick Sidibé(Soloba, 1936, Mali) est considéré comme le plus important photographe africain vivant. Il vit et travaille à Bamako. La Biennale d’art de Venise 2007 l’a consacré avec le Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière. En 2003 il a remporté le prix Hasselblad, en 2008 le ICP Infinity Award, en 2009 le prix PhotoEspaña – Baume & Mercier et, en 2010, le World Press Photo – Arts and Entertainment.

 

 

la vie en rose_Malick Sidibe

Malick Sidibé

25 novembre 2023 0 Commentaires
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Montage photo Yasmina Khadra avec la couverture de son livre Quattendent les singes
PolarAfriqueAfrique du NordFictionNotes de lecture

Yasmina Khadra: Qu’attendent les singes?

par Acèle Nadale 23 novembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l’enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.

Extrait:

« Merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné avec des motifs berbères jusqu’aux poignets, on dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce. Dans ce décor de rêve, tandis que le monde s’éveille à ses propres paradoxes, la Belle au bois dormant a rompu avec les contes. Elle est là, et c’est tout. Fascinante et effroyable à la fois. Telle une offrande sacrificielle… »

Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra est un voyage à travers l’Algérie d’aujourd’hui ou le Mal et le Bien se sentent à l’étroit dans la diablerie naturelle des hommes. Yasmina Khadra revient à ses premières amours, l’Algérie d’aujourd’hui, et dresse, avec Qu’attendent les singes, un portrait sombre et déliquescent de son pays.

23 novembre 2023 0 Commentaires
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Montage photo montrant la couverture du livre le soleil sans se bruler de théo ananissoh
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Théo Ananissoh : « Le soleil sans se brûler » ou histoire d’un serment de fidélité !

par Baltazar Noah 21 novembre 2023
Rédigé par Baltazar Noah

« Le soleil sans se brûler » de Théo Ananissoh a été publié, en 2015, aux éditions elyzad. Il inaugure la collection « Vies et demie », dédiée aux écrivains et artistes du continent africain, chez le même éditeur.

« Un pacte nous lie, Sony et moi ». Lâche Améla, ancien universitaire et ex-ministre, à Théo, son ancien étudiant, de retour d’Europe, à qui il relate les épisodes de son amitié avec Sony. Plus clairement, c’est lors d’un «  séjour studieux» au pays de l’oncle Sam, aux Etats-Unis d’Amérique, à New-York, que les deux hommes, Améla et Sony, se lieront d’amitié en se promettant «…la solidarité, l’amitié vraie, (et) l’amour… ». De fait, c’est la naissance du roman de Sony, L’Etat honteux, qui conforta leur amitié.

En  effet, c’est en lisant entre les lignes de son parcours mitigé, de politicien et d’universitaire, qu’Améla décide d’honorer le pacte de fidélité qui le lie à son ami de frère, Sony, qui se meurt au pays de Napoléon, en France, et dont le souhait est d’être inhumé partout excepté dans son pays natal : le Congo ; qui, selon lui, ne l’a pas vraiment considéré comme son digne fils. Dès lors, Améla, ami fidèle et frère téméraire, tente, contre tout espoir, de réaliser le souhait de Sony en usant de tous les stratagèmes pour le faire rapatrier au Togo.

Photographie en noir et blanc de l'écrivain congolais Sony Labou Tansi

Ce livre, qui s’apparente à une biographie, se veut plutôt un hommage qui met en branle la mythologie personnelle de l’écrivain et dramaturge congolais Sony Labou Tansi, dont le destin fut tragique. D’ailleurs, lors d’une interview, comme pour le corroborer,  Ananissoh  soulignera que «…Ce livre fait suite au souhait de (l’) éditrice (Elyzad) de lancer une collection consacrée aux auteurs et artistes africains (…) des œuvres où l’artiste serait un personnage de création littéraire ».

En outre, en lisant ce roman, dont le point d’achoppement est de rendre hommage à une figure littéraire africaine, Sony Labou Tansi notamment, il se dessine l’ombre de «  Ravel » dans lequel sont racontées, par Jean Echenoz, les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel. Autrement dit, « Le soleil sans se brûler » serait le prétexte de l’incitation d’une réflexion de fond sur la manière de pérennisation de l’âme des artistes et des écrivains, dans un contexte où on nivelle par le bas, et où la corde de l’entretien de la mémoire est un fort argument culturel.

Au reste, ce roman-hommage, qui célèbre vingt ans après, Sony Labou Tansi, une légende littéraire africaine froissée, est une sorte de saga qui fait voguer le lecteur à la fois dans la réalité et la fiction : là est le nœud serré de son originalité. Pour la route, cet extrait qui nous plonge au cœur de cet opuscule:

« Rien de ce que tu apportes ne vaut la chair humaine, c’est-à-dire la fraternité, l’amitié (…) entre deux êtres qui sont fidèles l’un à l’autre, qui sont ensemble, qui se nourrissent l’un de l’autre ! (…) Aucun gain, aucun aliment aussi exquis soit-il, n’est supérieur à cela. » !

21 novembre 2023 0 Commentaires
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Montage photo montrant la couverture du livre Crépuscule du tourment de Léonora Miano
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« Crépuscule du tourment », un roman de Léonora Miano : « Être femme, c’est mettre à mort son cœur »

par Mireille Kameni 15 novembre 2023
Rédigé par Mireille Kameni

Léonora Miano, dans Crépuscule du tourment (Grasset, 2016), mène le lecteur vers une introspection sur l’émancipation spirituelle et conceptuelle qu’adopte la femme africaine vis à vis des questions identitaires.

Léonora Miano, auteure de plusieurs romans et pièces théâtrales, couvre toujours ses œuvres d’un tropisme africain. Constante sur la scène littéraire, l’auteure de Crépuscule du tourment, a déjà reçu de nombreux prix littéraires. Sa première œuvre, L’intérieur de la nuit, a reçu à elle seule six prix dont le Prix Bernard-Palissy (2006) et le Prix de l’excellence camerounaise (2007). Son dernier roman en date, La Saison de l’ombre, a également reçu le Prix Femina.

L’histoire se déroule entre un pays d’Afrique, le Cameroun, et un pays du Nord. Les récits de quatre personnages féminins noirs, tiraillés entre deux identités, fragilisés par une touche d’occident, des expériences de vie difficiles jonchées de désillusions et traumatisés par différents tableaux sordides de l’amour. Madame, Amandla, Ixora et Tiki ont toutes les quatre, bien du mal à s’adapter au monde qui les entoure ou « ne sont pas faites pour un système à ce point dépourvu de spiritualité« . Pourtant chacune d’entre elles, va à sa manière s’atteler farouchement à sauver les apparences, à faire bonne figure envers et contre tout. Le choix de « mettre à mort leurs cœurs » et de brider leur sexualité, apparaît à toutes comme la seule issue face à la conformité sociale établie.

Quatre femmes, quatre destins…

Madame, « une mère aux prises avec tant de troubles« , entre violences conjugales, infidélités et abandon par sa famille, se consacre à la protection de ses deux enfants et à leur faire tout ignorer du manque d’amour dont elle souffre cruellement. Elle s’oublie dans la gestion de son domaine, lorsqu’elle ne se permet pas une évasion furtive et éphémère dans les bras d’une autre femme. Que penseraient les gens ? Son fils Dio ? Sa fille Tiki ? Si seulement ils savaient. Le spectre du scandale, du suicide social, survolera et taira les élans de ce cœur qui n’aura connu l’amour qu’une seule fois.

Amandla, dont le seul vrai amour lui a tourné le dos par crainte d’affronter sa vraie nature, « l’expression du sang qui coule dans ses veines », se veut libérée de l’emprise de ce « système de domination », « dépourvu de spiritualité » qui puise son essence dans des « rites et croyance du vitalisme Kémite ». Amandla renonce à l’amour pour un retour vers la « terre première ». Une terre exempte de cette aliénation spirituelle du Nord, ce pays où l’œil de l’oppresseur est devenu notre miroir. Un retour aux sources apparaît comme le seul chemin vers le recouvrement de soi. Coup du sort ou signe du destin ? Ce chemin sera aussi celui qui la ramènera vers Dio, le seul être qui avait fait battre son cœur et qui avait fui par crainte de ses sentiments.

Ixora, femme seule avec un enfant qui porte sa maternité comme une sainte mission, renonce à l’amour pour les besoins de son fils orphelin. La sécurité d’un foyer, la respectabilité matrimoniale, une figure paternelle et surtout une « généalogie » prônent sur ses désirs personnels et ses besoins de femme. Jusqu’où supportera-t-elle ce déni ? Renoncer n’est pas tâche facile, surtout quand l’amour frappe à la porte. Peu importe si cet amour est masqué sous les traits d’une autre femme, il finit par se saisir de tout. Comment réagirait Dio, le père de substitution pour son fils, s’il savait à quelles sortes de jeux érotiques elle se livrait ?

Tiki, fille de Madame et soeur de Dio, s’adresse à lui avec grande maturité et indépendance. Elle n’aura eu pour modèle amoureux, que des schémas désastreux. « Se méfier de ses désirs » est la solution idoine qu’elle aura trouvée pour ne pas rentrer dans ses schémas classiques de l’amour où les femmes doivent donner du plaisir et pas en prendre. Une sexualité sécrète et débridée s’offre alors à elle et se met en place comme alternative compensatoire.

Une écriture délicate et subtile

Dans un style très délicat, l’histoire de ces femmes est décrite au moyen de savants monologues et révèle une femme africaine qui tente de s’adapter tant bien que mal, à « ce siècle de grandes angoisses et de petites espérances« . Sous des dehors puritains, les quatre femmes du roman vont exprimer une sexualité aventureuse, débridée, frôlant de peu le libertinage. Dio, le seul homme à qui elles s’adressent toutes, se pose en référentiel, en élément déclencheur dans le processus d’éclosion de ces femmes aux « révolutions solitaires« . En effet, il n’y a « pas de place pour une femme noire faible« . « Nos chagrins véritables ne s’exposent pas, ne s’énoncent pas.  »

L’auteure propose dans ce roman une vision à la fois chaotique et puissante de l’érotisme de la femme africaine contemporaine qui « cherche l’épanouissement hors des sentiers balisés« . Léonora Miano évoque subtilement les questions de l’origine de l’homosexualité en Afrique et dénonce une perte des archétypes africains au profit du Nord « où les nôtres sont sans cesse ostracisés « .

15 novembre 2023 0 Commentaires
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Montage photo représentant l'écrivain Alain Georges Banassoubek avec la couverture de son Roman jusqu'à la lie
Notes de lectureAfrique CentraleFictionLittérature

Jusqu’à la lie, un roman d’Alain Georges Banassoubek

par Rosine Dayo 13 novembre 2023
Rédigé par Rosine Dayo

Nouvelle chronique aujourd’hui pour vous parler de mon dernier coup de cœur. Il s’agit de Jusqu’à la lie, d’Alain Georges Banassoubek. Ce premier roman de l’auteur est publié à Yaoundé en 2016 dans la collection SANAGA des éditions Ifrikya. L’auteur est un enseignant de langue française et de littérature.

Nous sommes dans la République de la Grande Forêt, dans le cadre d’une société meurtrie par l’oppression du système politique en place qui opprime le bas peuple et n’inquiète d’aucunes manières les tortionnaires. Le cœur de ce roman douloureux est la mésaventure d’une jeune fille, Laure Emagna, qui est violée par son oncle maternel Mobe Dimitri. Ce dernier se soumet à une injonction des forces occultes pour satisfaire sa quête insatiable du pouvoir.

C’est un roman cadencé, avec de nombreux chapitres . Il se développe sur trois parties non titrées constituées de quatre chapitres chacune. À chaque chapitre, on suit un des protagonistes, l’alternance des intrigues crée ainsi un effet de suspense. L’auteur entre autre, aborde, au travers du périple de ses personnages, le thème de la religion en montrant l’impact des églises dites réveillées sur la condition des ménages africains. Il analyse également les mystères de la liberté d’expression dans cette République de la Forêt. La politique, problématique central de l’œuvre, revient dans la bouche des différents personnages qui, chacun à leur manière, boivent le calice de la souffrance jusqu’à la lie.

Laura, élève en classe de terminal, studieuse, dynamique et qui, malgré la convoitise et les tentations des prédateurs nombreux dans la rue, a choisi de rester chaste afin d’honorer son identité “d’enfant de Dieu”. Admirée de tous, et fort de son potentiel intellectuel, elle est promise à un brillant avenir. Elle est toute jeune et est la fille aînée de sa famille. De temps en temps l’oncle Mobe Dimitri, encore célibataire et sans enfant, a pris l’habitude de faire appel à ses services pour l’aider dans l’entretien de sa demeure. Ils n’appartiennent pas à la même classe sociale. Bien qu’appartenant à la même famille, la mère de Laura, contrairement à son frère, vit dans la précarité et la misère. Malgré le mépris et l’indifférence de l’oncle face à leur situation, les deux familles s’évertueront à entretenir tant bien que mal ce lien de parenté. Tout s’enchaîne jusqu’à ce que l’oncle soit confronté à des enjeux de haute importance concernant ses ambitions politiques.

« Certes il commettrait là l’irréparable, un acte crapuleux, l’inceste ! Mais le statut de député qui l’alléchait tant n’allait-il pas gommer ses frasques ? ». P.129.

Du jour au lendemain le cours de la vie de Laura et de celle de ses camarades va basculer dans un couloir sombre. Jusqu’à la lie, un titre qui présage des personnages pour qui la douleur, la colère, la souffrance n’ont plus de secret. C’est un narrateur externe qui nous raconte l’histoire. On sent la tristesse et le tourment de l’héroine devant tant de drames, tant de cruauté.

L’écriture est soutenue, le texte bien écrit. Seulement l’auteur, nous laisse sur notre faim. Il donne la latitude au lecteur de décider du dénouement de l’intrigue. Dans un vocabulaire sombre et poignant, l’auteur suscite l’émotion de son lecteur, qui éprouvera de la compassion et un désir de révolte. L’auteur fait une réflexion assez juste sur les aléas du pouvoir, sur les sacrilèges vers lesquels sa quête peut conduire l’homme et sur la médiocrité, la superficialité des gens.

Jusqu’à la lie est un roman qui invite à l’introspection. J’ai passé un très bon moment de lecture et j’ai hâte de voir ce que nous réserve Alain Georges Banassoubek pour la suite de cette aventure dans l’écriture, et peut-être même pour un tome 2 de cette mésaventure de Laura Emagna.

13 novembre 2023 0 Commentaires
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Eugène Ébodé : Lumière sur l'Écrivain à Travers un Documentaire ARTE
PortraitsAfriqueAfrique CentraleRégions

Eugène Ébodé : Lumière sur l’Écrivain à Travers un Documentaire ARTE

par Acèle Nadale 1 novembre 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Le récent documentaire ARTE sur Eugène Ébodé offre un regard inédit sur l’écrivain. Il met en lumière son rapport complexe avec le football, la famille et son identité camerounaise.

Foot et littérature, le Cameroun d’Eugène Ébodé

Le documentaire d’ARTE intitulé « Foot et littérature, le Cameroun d’Eugène Ébodé offre un regard unique sur l’écrivain camerounais Eugène Ébodé. Cet épisode de la série documentaire « Invitation au voyage » explore la vie et l’œuvre d’Ébodé, mettant en lumière son parcours singulier où se mêlent football, famille et littérature. Le film montre comment le football et la littérature, bien que semblant distincts, se reflètent et se complètent.

Le documentaire explore les racines de l’écrivain, qui sont au cœur de son écriture. Le documentaire ARTE sur Eugène Ébodé commence par aborder l’influence des racines et de la famille dans l’œuvre d’Ébodé. Qu’il s’agisse de sa relation avec son père dans « La Transmission » ou de rendre hommage à sa mère disparue dans « Habiller le ciel », le thème de la famille est une constante dans son œuvre. Ces éléments autobiographiques ne sont pas simplement des anecdotes, mais des points de départ pour une réflexion plus large sur des sujets comme l’identité et le sentiment d’appartenance.

Biographie d’Eugène Ébodé

Eugène Ébodé est un écrivain, universitaire et journaliste camerounais né le 11 janvier 1962 à Douala, au Cameroun.
Il a obtenu son diplôme de l’Institut d’Études Politiques et a décroché un DESS en communication et relations publiques, ainsi qu’un master 2 à Montpellier III. L’Université Mahatma Gandhi de Conakry a honoré Eugène Ébodé en lui décernant le titre de Docteur Honoris Causa. Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, Eugène Ébodé a eu une carrière de footballeur. Il a été gardien de but titulaire pour le « Dragon de Douala » et a été convoqué en équipe nationale junior, les « Lionceaux du Cameroun ». Cependant, il a finalement choisi de poursuivre sa passion pour les lettres plutôt que sa carrière sportive.

Ébodé a par ailleurs exercé en tant que formateur, directeur des affaires culturelles, et a été conseiller municipal à Villepreux en France. Il est docteur en littératures françaises et comparée de l’Université de Montpellier 3,
Professeur de diplomatie culturelle à l’université Lansana Conté de Conakry et Administrateur de la Chaire des littératures et des arts africains de l’Académie du Royaume du Maroc.
Ses thèmes de prédilection incluent la mémoire, l’identité africaine, et il est associé au courant littéraire du réalisme magique. Les œuvres d’Eugène Ébodé appartiennent principalement au genre de la fiction littéraire. Elles mêlent souvent suspense, ironie et amour pour raconter les contradictions et les désirs de l’Afrique contemporaine. Ses écrits alternent entre témoignage et fiction.

L’Influence du Football dans l’Œuvre de l’Auteur

L’ancienne carrière d’Ébodé en tant que footballeur ajoute une autre dimension à son œuvre. Le football est plus qu’un simple jeu pour lui. Il lui sert de métaphore pour explorer des questions plus complexes, notamment celles liées à la société camerounaise. Tout comme la littérature, il devient un moyen d’exploration des dynamiques sociales, de l’identité et de la culture.

Le documentaire ARTE sur Eugène Ébodé est une invitation à découvrir ou redécouvrir l’auteur.

Il nous rappelle également que la littérature, tout comme le football, n’est pas seulement une affaire de talent, mais aussi de contexte, d’histoire et d’expérience personnelle.

Pour ceux qui sont curieux de découvrir une voix littéraire qui déjoue les stéréotypes et qui cherche à comprendre la complexité de l’expérience humaine, ce documentaire est un excellent point de départ.

 

 

1 novembre 2023 0 Commentaires
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Fabien Eboussi Boulaga
PortraitsAfriqueAfrique CentralePhilosophie et Religion

Eboussi Boulaga: Mort d’un Muntu sans fétiche de la philosophie

par Baltazar Noah 28 octobre 2023
Rédigé par Baltazar Noah

Nous avons appris le décès du philosophe Eboussi Boulaga, auteur de La crise du Muntu. Authenticité africaine et philosophie, survenu le 13 octobre 2018. Il avait 84 ans.

Eboussi Boulaga qui a récemment entamé son voyage sur le « ZEEN », qui le mènera derrière le rideau de l’ombre à l’âge de 84 ans, avait plus d’une corde à son arc dans le monde de la pensée philosophique et théologique contemporaine, même si son départ de ce monde bruyant, agité, moyennement intelligible, et donc peu réflexif, semble calme. Il avait en réalité une chaire : celle d’un philosophe et d’un maître depuis la publication de La crise du Muntu. Authenticité africaine et philosophie (1977 et 1997). Sa cohérence analytique, sa pertinence critique, son style, sa rigueur et ses travaux sur la philosophie et l’ecclésial en Afrique, comme une toison d’or, une écharpe en soie, se posent comme un fil d’Ariane pour les générations d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Sa production livresque comme une empreinte pariétale, une Tour de Babel rigide qui traduit les lignes de résistance, et qui s’inscrit au-delà des querelles de l’affaire de la philosophie africaine, avec toute la force illocutionnaire, et la préciosité quasi raffinée de ce veilleur insatiable, don de ce grand siècle de l’évolution des paradigmes de la pensée philosophique et théologique contemporaine suivant la logique postmoderniste, a influencé, et continue d’être la source qui irrigue et fertilise sous le nom de Muntu plusieurs générations de lycéens, de collégiens et d’étudiants, et partant d’enseignants et de chercheurs. Et ce faisant, bien au-delà des sentiers de la matière philosophique.

Il indiquait des démarches et des approches, à ceux que la poreuse démocratie de transit et de non-décloisonnement ne pouvait satisfaire de bout en bout. Il les conviait, en effet, à ne pas être passifs face à l’immobilisme de la pensée dans les Afriques, au népotisme des politicards, à leurs politicailleries, et à quelque forme d’autoritarisme « tacite » qui s’engraissent allègrement. D’un autre souffle, il les invitait à entrer dedans comme à l’établi, dans la peau d’un « dur à cuire », manœuvre, disposé à apprendre et à maîtriser la néodialectique de la foi et de la raison. Il leur proposait dans une métaphore stylistique de haute couture des outils de la critique constructive. Tout juste après la clarté cristalline des soleils des indépendances, Eboussi Boulaga leur prescrivait globalement, avec quelques autres dont Marcien Towa, Joseph Ngoué, Yves – Valentin Mundimbe, une pensée philosophico-théologique rhizomorphe : celle qui fait champ avec d’autres domaines de la connaissance, et qui débouche aussi sur le champ de l’art, sinon de la fiction, et donc de la création.

De la singulière dissidence…

Lire le livre

Comme presque toujours, sa froideur et sa rigueur dans ses analyses se font remarquer à la suite de son article « La démission » publié dans le numéro 56 de la Revue Spiritus en 1974. Dans ledit article, terreau de la visibilité et de la lisibilité,28 de son objectivité et son dégoût de la légèreté et de la fantaisie, il réclamait le départ des missionnaires de l’Afrique. Dans un écrit stylisé et lapidaire, fondement du raffinement de l’originalité de la « poétique de la signifiance » de sa pensée, Eboussi Boulaga expliquait péremptoire que « la mission des temps modernes est un phénomène violent. Le christianisme n’est plus folie ni scandale (…) il est religion supérieure (…) religion du dominateur (…) il coupe le monde en parties, les chrétiens et les non-chrétiens. Les uns sont tout, les autres ne sont rien ». D’où l’urgence «  qu’on planifie le départ en bon ordre des missionnaires ». Plus amplement, son article se posait d’une certaine manière parmi les contributions intellectuelles les plus significatives, après sa démission de la compagnie de Jésus, à s’inscrire comme le continuum analytique critique constructif le plus pertinent de l’ouvrage Personnalité africaine et catholicisme publié à Paris, en 1963, par des prêtres et des laïcs africains, tout juste après l’ouverture du Concile Vatican II. Autrement dit, certes, au moment de la publication de son article, plusieurs missionnaires n’arrachaient plus les amulettes au cou des individus pour les remplacer par des médaillons miraculeux ; cependant, pour Eboussi Boulaga, il était impératif et salutaire que « les prêtres indigènes (…) se libèrent de l’imposition coloniale », et ce, parce qu’elle était viscéralement « infantilisante » pour eux et, toujours selon le Muntu sans fétiche, se voulait le marqueur traduisant qu’il était temps que « l’Europe et l’Amérique s’évangélisent elles-mêmes en priorité ». Dans son approche, transparaissaient, par ricochet, les avenues des études ultérieures que ses pairs Jean-Marc Ela, Engelbert Mveng, François-Xavier Amara et Prosper Abega ont étayées dans la perspective de la construction d’une « foi africaine ». Ce, dans une démarche suggérée à travers la problématique formulée par Georges Ngaugo : « Quelle est et quelle sera l’attitude du christianisme à l’égard des cultures non européennes ? »

Quand on rencontrait Eboussi Boulaga, comme dans notre cas à plusieurs reprises, à la librairie des peuples noirs, dans un corridor ou dans un amphithéâtre, sans méchanceté ni ironie, puisque c’était ce qui nous frappait instantanément, on avait la sensation d’être devant un juge, presque une menace, espiègle, taciturne, rude ; sous ce regard perçant, le pas alerte, un brin désinvolte, et la censure d’un esprit étincelant d’une intelligence peu ou prou excellemment affinée, nous disons peu ou prou, car le doute est consubstantiel au sujet humain.

 

 

Eboussi Boulaga, un penseur concret…

Un esprit rude qui, devant un concept mal placé, une idée déplacée ou un discours poussif, vous reprenait, recadrait. Non pas au profit d’un argumentaire impertinent pour vous ridiculiser ou pour dissimuler un manque, mais au nom de la précision dans le débat de l’évolution des idées. Sur un fond convivial ventilé par un vent d’humour qui vous rassurait et d’une once de rire sage qui vous détendait.

Toute sa vie durant, ses travaux et ses analyses ont exploré l’intériorité de la pensée philosophique, au fil des siècles, du dialogisme aristotélicien aux concepts les plus récents qui introduisent « le réseau rhizome »(décloisonnement) dans les démarches des approches analytiques de la pensée contemporaine comme la postcolonialité, la postmodernité et la mondialité. On s’en voudra de terminer sans préciser que jamais, il ne s’est appuyé sur ces différents concepts non moins complexes pour s’étendre dans du vague ou du pompeux dans ses analyses.

La pensée en adamantium de ce Grand du siècle, désormais pape dans l’histoire de la pensée africaine, et donc camerounaise, encore naissante, continuera d’être notre phare dans la « nuit noire » de notre quête à nous sortir du confinement de la misère objective et de la misère subjective. Il faut malheureusement et tristement que Eboussi Boulaga passe de ce monde à celui de ses pairs… Ainsi soit-il !

28 octobre 2023 0 Commentaires
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Montage photo d'angelique Kidjo et la couverture de sa biographie La voix est le miroir de l'âme: Mémoires d'une diva engagée
Biographie, mémoires et AutobiographieAfriqueAfrique de l'OuestNon fictionNotes de lecture

Angélique Kidjo: Spirit rising

par Acèle Nadale 25 juin 2023
Rédigé par Acèle Nadale

La Diva béninoise Angélique Kidjo raconte son parcours dans son dernier livre autobiographique « La voix est le miroir de l’âme: Mémoires d’une diva engagée ».

Originaire du Bénin, l’artiste s’est imposée sur la scène internationale avec un style qui fusionne les rythmes africains traditionnels avec des influences du monde entier. Son engagement pour la diversité culturelle et son talent exceptionnel lui ont valu une reconnaissance mondiale.

Elle nous offre un beau livre accompagné de très belles photos qui illustrent le chemin parcouru jusqu’ici et nous fait découvrir sa vie en toute intimité. La préface est rédigée par l’évêque sud-africain Desmond Tutu et l’introduction est signée par la chanteuse Alicia Keys.

Couverture du livre La voix est le miroir de l'âme: Mémoires d'une diva engagée

La voix est le miroir de l’âme: Mémoires d’une diva engagée

Éditeur ‏ : ‎ Fayard; Illustrated édition (30 août 2017)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 288 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2213704783
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213704784

25 juin 2023 0 Commentaires
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Affiche du film La pirogue associée à la photo de son réalisateur Moussa Touré
CinémaLifestyle

La pirogue – Un film de Moussa Touré

par Acèle Nadale 13 juin 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol.
Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Il devra conduire 30 hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui l’attend.

Acteurs: Souleymane Seye Ndiaye, Malamine Drame, Laïty Fall 

Le film de Moussa Touré a rencontré un grand succès auprès du public et a remporté plusieurs prix sur la scène internationale: 
– Prix Lumières 2013 : Meilleur film francophone
– Étalon de bronze et Prix de l’UMEOA au Fespaco 2013
– Sélection officielle au festival de Cannes 2012
Sortie en DVD

Le film est une adaptation libre du roman Mbëkë mi de l’écrivain sénégalais Abasse Ndione.


abasse Dione

Abasse Ndione

Fils d’un petit commerçant d’un village du Sénégal, il suit d’abord l’école coranique locale avant que son père ne les pousse lui et son frère à aller à l’école française. Il suit des études d’infirmier et obtient son premier poste en 1966. Il exercera ce métier jusqu’à sa retraite. Il se marie en 1968 avec Meriem, une institutrice. dont il aura 7 enfants. Son premier roman, La Vie en spirale mettra 8 ans avant d’être publié au Sénégal. L’ouvrage qui parle de la consommation et du trafic de « yamba » – nom local du cannabis –, aussi bien par les jeunes sans emploi, par les officiers de Police ou par les blancs présents au Sénégal fait du bruit. Il attirera l’attention de la maison d’édition parisienne Gallimard qui le publiera et il est désormais étudié dans les écoles du Sénégal. Son dernier roman, une longue nouvelle Mbëke mi parle de l’émigration des jeunes sénégalais en pirogue pour essayer de rejoindre les Canaries puis l’Europe. Pour ses romans, Ndione indique penser d’abord en wolof puis les retranscrire en français. Ramata a également été traduit en espagnol.

Abasse Ndione habite à Rufisque, une ville de pêcheurs à une vingtaine de kilomètres de Dakar.

Sa plus grande tirade, et surement le début d’une légende est :

« A une époque qui se perd dans la nuit des temps, où l’homme et la bête se parlaient, un chasseur trouva un jour un lion blessé à la patte sous un tamarinier. Il ne le tua pas, mais le soigna, chassa et lui apporta à manger. Les jours passèrent, le lion guérit : «Tu m’as sauvé la vie, fit-il. En signe de reconnaissance, je vais t’indiquer l’herbe qui sert de tabac aux génies. Si tu es intelligent, elle te rendra plus intelligent encore; si tu es courageux, elle te rendra plus courageux encore; si tu es fort, elle te rendra plus fort encore…  » » Ndione, 1984

Sources wikipédia


13 juin 2023 0 Commentaires
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Notes de lectureLittérature

Le roman de Nadine | Une œuvre enrichissante de Léa Ngo Dibong

par La redaction 19 mars 2023
Rédigé par La redaction

Chaque jour qui passe, des écrivaines, sans complexe, frappent aux portes d’entrée dans la littérature camerounaise en général, dans celle de langue française en particulier. Avant-hier, c’étaient les Jeanne Ngo Maï, Stella Engama, Marie-Rose Abomo-Maurin, Angeline Solange Bonono, Yvette Balana, Nadine Nkengue, Marie-Claire Dati Sabze, Were Were Liking, Calixthe Beyala, Rabiatou Njoya, Evelyne Mpoudi Ngolle, Lydie Dooh Bounya. Tout juste hier, c’étaient les Princesse Sika Beha, Kayabochan, Taly Bedje, Marie-Thérèse Ambassa Betoko, suivies par les Djaïli Amadou Amal, Charline Berthe Ebe Evina, Gertrude Anaba Mengue. Aujourd’hui, les Sophie Françoise Bapambe Yap Libock, Hemley Boum entrent dans cet univers par la grande porte. Et maintenant, la jeune auteure, Léa Ngo Dibong est sur les traces de ces pionnières et d’autres.

L’œuvre avec laquelle Léa Ngo Dibong vient de s’annoncer est intitulée Le roman de Nadine, publiée aux Editions Saint-Honoré, à Paris, au premier semestre de l’année 2016.

Au centre de ce texte, produit d’un imaginaire créatif en éveil, l’on retrouve Nadine, la quarantaine, une femme de type caucasien poussée par le hasard des situations d’un déboire à un autre. Par une autre sorte de mélange, elle est à la fois le sujet créateur et l’objet de l’œuvre : celle-ci est la sienne (le roman de Nadine), c’est-à-dire l’œuvre dans laquelle elle raconte certes sa vie, mais surtout les efforts qu’elle déploie pour écrire le texte (auto)biographique dont le titre est celui publié sous la signature de … Léa Ngo Dibong. Or, à l’intérieur comme hors du livre, cette dernière dénie toute parenté avec … l’héroïne – auteure fictive qui est caucasienne alors qu’elle est camerounaise. Le lecteur se surprend forcément en train d’observer que ce mélange pourrait tout aussi bien s’accommoder de l’épithète …caucasse.

Le roman de NAdine d Lea Ngo Dibong

Lire le livre

L’ensemble du texte se remarque aussi par la séduction de l’encyclopédisme nettement affichée. Il s’agit d’une tentation irrésistible dont le couple Nadine/Léa Ngo Dibong, l’héroïne et sa créatrice semblent tirer avantage pour faire un clin d’œil au lecteur : l’étendue des savoirs pluridisciplinaires, pluriculturels, pluritechnologiques, voire plurigénériques ainsi géré du début à la fin du livre est plutôt impressionnante.

D’emblée, donc, l’attention du lecteur est captivée, sa curiosité entretenue par une jonglerie de sujets, de formes et d’écritures : le mot roman imposé dès le titre s’avère être une valise dont la transparence permet cependant de percevoir, au fur et à mesure du déroulement du processus de créativité, un module singulier, celui de la multinarrativité.

Dans ce sens, Le roman de Nadine n’est pas une narration romanesque au sens habituellement réducteur de la formule. C’est, plus exactement, un texte pluriel, multiforme. A la question de savoir donc ce qui est entendu par roman, cette œuvre fournit des réponses qui demeurent ouvertes, élastiques, c’est-à-dire qui se reconvertissent en d’autres questions sur la véritable nature générique du texte.

Le livre, ainsi saisi dans son processus scriptural, est un défi à tiroirs :

  • défi que l’héroïne se lance à elle-même, et aux personnages ;
  • défi que le couple auteure/héroïne se lance, les yeux tournés vers les lecteurs potentiels alors sommés de déconstruire non seulement les énigmes de la vie de Nadine, mais aussi les complexités de la gestion de l’écriture biographique ;
  • défi lancé au public en général, comme si l’on voulait sonder les aptitudes de celui-ci à décrypter les ingrédients d’une nouvelle littérature africaine.

En dessous de ces défis, le narcissisme de l’héroïne est déterminant. En effet, Nadine, malgré ses multiples déboires dans la vie, cherche à prouver à elle-même et au monde proche et lointain, qu’elle n’est pas n’importe qui ; qu’elle a des capacités qui la placent absolument au-dessus de tout le monde. Et c’est en regardant tout l’univers d’en haut qu’elle fait dire d’elle à la fin du livre, aux termes de mille et une explications des diverses motivations de ses multiples projets d’écriture :

Nadine se voit déjà en haut de l’affiche, adulée et riche ; on ne lui a jamais accordé sa chance ; d’autres ont réussi avec peu de talent (…). Et si Nadine n’est pas en haut de l’affiche parce qu’elle reste dans l’ombre, ce n’est pas de sa faute mais celle du public qui n’a rien compris (p.196).

Léa Ngo Dibong

©Léa Ngo Dibong

Manifestement, ce n’est pas à Nadine que l’on conseillerait l’humilité : Nadine pourrait bien porter le surnom de Narcisse.

Il s’agirait là aussi d’un choix existentiel à travers lequel l’héroïne voudrait prendre sa revanche sur un monde qui l’a trop éprouvée, maltraitée.

Mais dans une lecture positiviste, l’on pourrait y voir une leçon que l’auteure, par-dessus l’épaule de l’héroïne, aimerait souligner : même lorsqu’un être humain est allé d’échec en échec, il ne devrait pas s’avouer vaincu une fois pour toute. Car il lui reste au moins un territoire au sein duquel il peut se créer des formes de jouissance ou de bonheur dont la vie réelle l’a privé. Ce territoire (à nul autre pareil), c’est celui de la créativité artistique ; un territoire dont on n’a pas encore pu en fixer les limites. Alors, le complexe de supériorité dont Nadine est si fière est quelque chose d’utile, de positif : il permet à l’être humain de résister à la tentation du suicide. Le narcissisme de Nadine est un outil de gestion de l’anti-destin.

En menant la réflexion un peu plus loin, l’on y verrait encore ce qui semble bien être une manifestation de la force psychologique du personnage ; une attestation de sa liaison assez étroite à l’optimisme.

Effectivement, compte tenu des aspérités de la vie, l’on s’attendrait à ce qu’elle ressente un essoufflement, voire soit tentée de céder au renoncement. Tout au contraire, l’héroïne de Léa Ngo Dibong se réinvestit dans des multiples projets de créativité scripturale, parce qu’elle voit dans cette démarche des signes susceptibles de rendre la re-naissance possible pour elle. Aussi se soumet-elle à un conditionnement psychologique qui secrète, à son avantage, des substances, et produit des outils de facilitation de la recherche de nouveaux adjuvants du renouvellement de son aspiration à une nouvelle vie.

Les possibilités entrevues sont présentées en termes de programmes d’écriture qui se déclinent quasi simultanément en une variété de sujets à développer. Des sujets qui ne manquent pas de piquant :

  • les énigmes du métro parisien ;
  • l’histoire de son kinésithérapeute tombé platoniquement amoureux d’elle ;
  • les recettes de la cuisine africaine qu’elle découvre et apprécie grâce à une copine africaine férue aussi de musique africaine ;
  • le Mbog Liaa des Bassas du Cameroun, ayant été introduite au mythe de la grotte par la même copine africaine, une descendante de Ngog Lituba ;
  • l’expérience d’un lecteur, à l’instar de celui assis sur le trône dans ses toilettes ;
  • le récit de sa propre vie, avec des arrêts notamment sur ses cinq enfants qu’elle a eus de cinq pères différents ;
  • une histoire criminelle, souvenir des films du même genre qu’elle a vus ;
  • la vie de l’une de ses (nombreuses) copines, une allemande qui, entre autres choix indécents, sort avec deux garçons qui sont au courant ;
  • la présentation d’un cas avéré de transgenre ou de transsexualisme…

Méticuleuse, Nadine élabore en même temps une réflexion méthodologique sur les avantages et les inconvénients de chaque hypothèse ou projet de créativité. Ici, sans détour, le roman se transforme en un tout autre modèle générique, le genre analytique. Ainsi, la créativité scripturale devient une réflexion sur elle-même, l’écrivaine-en-devenir empruntant beaucoup aux sciences ou techniques d’étude de la productivité discursive et de la recherche sur des sujets plus ou moins semblables. La liberté de l’imaginaire est aux commandes dans Le roman de Nadine, une sorte de laboratoire d’analyse.

Ce qui se passe dans un tel atelier ne laisse pas le lecteur indifférent. A tout le moins, celui-ci a constamment hâte d’en savoir toujours un peu plus sur ce qu’il adviendra des complexités in vivo et in vitro qui constituent l’énigme de l’existence cernée à travers Nadine et les autres personnages.

Léa Ngo Dibong

©Léa Ngo Dibong

Comme pour porter le texte à un plus haut degré de surprise, l’auteure ne rate aucune occasion de triturer d’autres éléments toniques ; question donc de tenir le lecteur en éveil afin qu’il jouisse lui aussi de tous les plaisirs du texte dont Roland Barthes avait identifié et expliqué les principaux contours. A preuves, ces autres ancrages notamment dans :

  • les réalités et identités topologiques, toponymiques : tous les lieux évoqués avec plus ou moins de détails sont repérables sur les cartes géographiques ; l’Afrique, l’Asie, l’Europe, l’Amérique, tous les espaces sont évoqués ;
  • les réalités et identités onomastiques : les personnages portent des noms qui les mettent en rapport direct avec leurs origines génétiques, raciales, culturelles ;
  • les réalités et identités comportementales : par exemple, la transsexualité évoquée fait partie des préoccupations quotidiennes dans les espaces où Nadine évolue, espaces caractérisés par l’éclatement des normes, des pratiques sexuelles ;
  • les réalités et identités technologiques du 21e-siècle : certaines parties de l’œuvre ont un abondant lexique propre à la modernité incarnée par la révolution numérique: laptop, HP, X36011-no 24, PC, USB, LED, LCD ; etc ;
  • les réalités et identités sociologiques, anthropologiques, économiques…

En somme, le texte de la jeune écrivaine Léa Ngo Dibong s’avère être d’une lecture captivante. Singulièrement en ce qui concerne la passion binaire des interrogations sur la vie et celle du travail sur les stratégies de narrativité. Toute cette passion que l’héroïne de l’œuvre gère à sa façon vient, évidemment, de sa créatrice, l’auteure du livre. Une auteure qu’on voit traquant ses personnages jusque dans les recoins de leur propre imaginaire.

Avec un tel livre, le lecteur s’enrichit des pérégrinations des actants poussés d’un bout à l’autre par l’auteure. Il s’agit de voyages dans la transpatialité et la transculturalité ; dans la transracialité aussi. Comme dans les œuvres des tunisiens Hédi Bouraoui et Abdelwahab Meddeb, du marocain Mohammed Khaïr Edine, de l’algérien Tahar Djaout, du camerounais Yodi Karone, entre autres figures dignes d’être évoquées à la présente occasion.

Cela signifie encore que cette première œuvre de la camerounaise Léa Ngo Dibong est de nature à stimuler une lecture agréable à maints égards. Elle fait ainsi naître des attentes que la jeune écrivaine ne devrait pas décevoir.*

*Note de lecture présentée lors de la cérémonie de dédicace organisée au Centre Culturel Camerounais à Yaoundé, le 10 mai 2016

19 mars 2023 0 Commentaires
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ActualitéAfriqueArt et CultureHistoireIndustrie

Histoire générale de l’Afrique – Volume II – Afrique ancienne

par Acèle Nadale 14 février 2023
Rédigé par Acèle Nadale

Le volume II de l’Histoire générale de l’Afrique, dirigé par  G. Mokhtar*, porte sur la période commençant à la fin de l’ère néolithique, vers le huitième millénaire avant notre ère. L’étude de cette période qui couvre environ neuf mille ans d’histoire distingue quatre grandes zones géographiques, sur le modèle de la recherche historique africaine.

Histoire générale de l’Afrique – Volume II – Afrique ancienne

1. Fabrication de la bière. Ancien Empire. (Photo Otonoz.)
2. Modèle d’atelier de tissage (XIIe dyn., vers – 2000). (Source: W. Wolf, 1955, pl. 45. Photo The Metropolitan Museum of Art, New York.)

Les chapitres 1 à 12 traitent de la vallée du Nil, de l’Égypte et de la Nubie.

Les chapitres 13 à 16 traitent des hauts plateaux éthiopiens.

Les chapitres 17 à 20 traitent de la partie de l’Afrique qui sera appelée plus tard le Maghreb et son arrière-pays saharien, et les chapitres 21 à 29, du reste du continent africain ainsi que de certaines îles de l’océan Indien.

La majeure partie du volume II est consacrée à la civilisation de l’Égypte ancienne en raison de sa place éminente aux premiers temps de l’histoire de l’Afrique.

Chaque chapitre du volume est abondamment illustré de photographies en noir et blanc, de cartes, de figures et de chiffres.

Le texte est accompagné de notes, dont beaucoup renvoient à la bibliographie figurant à la fin de l’ouvrage, à laquelle s’ajoute un index.

Le volume II est disponible légalement et gratuitement en version pdf en français, arabe , portugais, haoussa, swahili et peul.

Table des matières de  » l’ 14 – Volume II – Afrique ancienne « 

Introduction générale
G. MOKHTAR avec le concours de J. VERCOUTTER

Chapitre 1 : Origine des anciens Egyptiens
CHEIKH ANTA DIOP

Chapitre 2 : L’Egypte pharaonique
A. ABU BAKR

Chapitre 3 : L’Egypte pharaonique : société, économie et culture
J. YOYOTTE

Chapitre 4 :
Relations de l’Egypte avec le reste de l’Afrique
A.H. ZAYED avec le concours de J. DEVISSE

Chapitre 5 :
Le legs de l’Egypte pharaonique
R. EL NADURY avec le concours de J. VERCOUTTER

Chapitre 6 :
L’Egypte à l’époque hellénistique
A. RIAD Avec le concours de J. DEVISSE

Chapitre 7 : L’Egypte sous la domination romaine
S. DONADONI

Chapitre 8 :
La Nubie : trait d’union entre l’Afrique centrale et la Méditerranée, facteur géographique de civilisation
S. ADAM avec le concours de J. VERCOUTTER

Chapitre 9 :
La Nubie avant Napata (3100 à 750 avant notre ère)
N.M. SHERIF

Chapitre 10 :
L’empire de Koush : Napata et Meroé
J. LECLANT

Chapitre 11 :
La civilisation de Napata et de Meroé
A. HAKEM avec le concours de I. HRBEK et J. VERCOUTTER

Chapitre 12 : La christianisation de la Nubie
K. MICHALOWSKI

Chapitre 13 :
La culture pré-axoumite
H. DE CONTENSON

Chapitre 14 :
La civilisation d’Axoum du Ier au VIIe siècle
F. ANFRAY

Chapitre 15 :
Axoum : du Ier au IVe siècle Economie – système politique – culture
Y. KOBISHANOV

Chapitre 16 :
Axoum chrétienne
T. MEKOURIA

Chapitre 17 :
Les Protoberbères
J. DESANGES

Chapitre 18 :
La période carthaginoise
B. H. WARMINGTON

Chapitre 19 :
La période romaine et post-romaine en Afrique du Nord
I. A. MAHJOUBI
II. De Rome à l’Islam
P. SALAMA

Chapitre 20 : Le Sahara pendant l’Antiquité classique
P. SALAMA

Chapitre 21 :
Introduction à la fin de la préhistoire en Afrique subsaharienne
M. POSNANSKY

Chapitre 22 :
La côte d’Afrique orientale et son rôle dans le commerce maritime
A.M.H. SHERIF

Chapitre 23 :
L’Afrique orientale avant le VIIe siècle
J.E.G. SUTTON

Chapitre 24 :
L’Afrique de l’Ouest avant le VII’ siècle
B. WAI-ANDAH

Chapitre 25 :
L’Afrique centrale
F. VAN NOTEN avec le concours de D. COHEN et P. DE MARET

Chapitre 26 : L’Afrique méridionale : chasseurs et cueilleurs
J.E. PARKINGTON & Y. TALIB

Chapitre 27 :
Les débuts de l’Age du fer en Afrique méridionale
D.W. PHILLIPSON

Chapitre 28 :
Madagascar
P. VÉRIN

Chapitre 29 :
Les sociétés de l’Afrique sub-saharienne au premier Age du fer
M. POSNANSKY

Rapport de synthèse du colloque  » Le peuplement de l’Egypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique « 

Conclusion
G. MOKHTAR

*Dr G. MOKHTAR, Egypte.
Directeur du volume II, depuis 1971. Archéologue ; ancien directeur du Service des Antiquités. Décédé en 1998. 
Sources UNESCO

Histoire générale de l’Afrique – Volume I

Histoire générale de l’Afrique – Volume III

14 février 2023 0 Commentaires
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Prix littéraire Les AFRIQUES - Imbolo Mbue
Événements

Prix littéraire Les AFRIQUES : « Puissions-nous vivre longtemps » d’Imbolo Mbue primé

par Acèle Nadale 22 décembre 2022
Rédigé par Acèle Nadale

 Le Prix littéraire LES AFRIQUES 2022 a été décerné à Imbolo Mbue, auteure camerounaise, pour son roman Puissions-nous vivre longtemps, (titre original : How Beautiful We Were) traduit de l’anglais par Catherine Gibert et publié en février 2021 aux éditions BELFOND.

Le jury a salué cet ouvrage pour son récit captivant, qui met en lumière deux thèmes majeurs : la déconstruction d’un village à cause de la pollution pétrolière causée par une entreprise américaine, et la lutte des habitants pour sa survie.

Puissions-nous vivre longtemps est un roman percutant qui traite des questions d’une actualité brûlante, notamment celles de la responsabilité des entreprises multinationales et de la protection de l’environnement, et dont l’intrigue se déroule dans une région imaginaire d’Afrique de l’Ouest.

Puissions-nous vivre longtemps est le deuxième roman d’Imbolo Mbue, après le succès mondial qu’avait connu le premier, Voici venir les rêveurs (Behold the Dreamers, Penguin Random House 2016). Il raconte l’histoire d’un couple camerounais aux États-Unis pendant la crise financière de 2007 et dont les rêves de réussite sont mis à l’épreuve alors qu’ils affrontent les défis de la vie dans un nouveau pays.

Un événement annuel pour les écrivains africains et afrodescendants

Prix littéraire les Afriques, puissions nous vivre longtemps, Imbolo Mbue

Le Prix littéraire Les AFRIQUES a été créé en 2015, par l’association de lecteurs La CÈNE Littéraire. Il est décerné une fois par an à un(e) écrivain(e) africain(e), ou afrodescendant(e) auteur(e) d’une fiction. Le lauréat reçoit un montant de CHF 6’000.- et une œuvre d’art du peintre Momar Seck. Par ailleurs, La Maison d’édition Flore Zoa achète les droits de l’œuvre primée pour la zone « Afrique francophone » en cas d’accord avec l’éditeur.

 

 

 

 

Le Prix littéraire Les AFRIQUES et ses lauréats prestigieux

Avec le prix Les Afriques, Imbolo Mbue rejoint la liste suivante des auteurs :

  • 2016 : Hemley Boum, Les Maquisards, La Cheminante, 2015
  • 2017 : Abdelaziz Baraka Sakin, Le Messie du Darfour, Zulma, 
  • 2018 : Kei Miller, By the rivers of Babylon, Zulma, 2017
  • 2019 : Elnathan John, Né un mardi, Métailié 2018
  • 2020 : Ayobami Adebayo, Reste avec moi, Charleston 2019
  • 2021 : Fiston Mwanza Mujila, La Danse du vilain, Métailié 2020

La présentation du Prix Les Afriques 2022 par Charles Gueboguo sur Afrique sur TV5 MONDE

22 décembre 2022 0 Commentaires
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Tribune Une rentrée littéraire africaine pour promouvoir un continent et ses auteurs
ActualitéIndustrie

Tribune : Une rentrée littéraire africaine pour promouvoir un continent et ses auteurs

par Acèle Nadale 19 décembre 2022
Rédigé par Acèle Nadale

YouScribe a lancé un appel à ses éditeurs partenaires en septembre 2022 pour participer à la première édition d’une rentrée littéraire africaine. L’objectif de cette initiative était de mettre en avant et de valoriser les meilleurs titres de ses partenaires auprès des médias et du grand public. Cette rentrée littéraire a eu lieu du 17 novembre au 13 décembre 2022.

YouScribe est une bibliothèque numérique qui permet de lire sur tous les supports, y compris les smartphones, les tablettes et les ordinateurs. Elle offre un catalogue en ligne de plus d’un million d’ebooks, de bandes dessinées, de titres de presse, de livres audio, de livres pour enfants, de rapports universitaires, d’ouvrages professionnels et de partitions de musique. YouScribe est destiné à tous les publics et son catalogue est enrichi chaque jour. YouScribe est actuellement disponible en France et dans 11 pays d’Afrique, avec de nouveaux pays à venir.

Nous vous invitons à lire la tribune pour un appel à une rentrée littéraire africaine, tribune co-signée par Juan Pirlot de Corbion, Président et fondateur de YouScribe, et une trentaine de dirigeants de maisons d’édition africaines présentes dans dix pays du continent.

La tribune pour une rentrée littéraire africaine

En 2021, la littérature africaine a été à l’honneur sur la scène mondiale. Sans faire une liste exhaustive, nous pouvons rappeler que le prix Nobel a été attribué à l’écrivain tanzanien Abdulrazak Gurnah, que le Booker Prize a été décerné à Damon Galgut, auteur sud-Africain, que le romancier tunisien, Yamen Manai a été le lauréat du prix des 5 continents et du dernier prix Orange du Livre en Afrique, que Djaili Amadou Amal, militante féministe et femme de lettres camerounaise, a reçu le Prix Goncourt des lycéens et que le jeune écrivain sénégalais Mbougar Sarr a été le lauréat du Prix Goncourt.

Si cette reconnaissance internationale est précieuse et rend hommage à la littérature africaine, elle ne doit pas nous détourner du manque de visibilité et de moyens dont souffrent de trop nombreux écrivains et éditeurs africains. En effet, il convient de ne pas interpréter cette visibilité conjoncturelle comme la « renaissance » soudaine d’une littérature africaine. La littérature africaine existe depuis longtemps, elle est inventive, en constant renouvellement avec l’émergence de scènes littéraires composées de nombreux talents.

Sans revenir sur l’absence, avec de rares exceptions notables, de politiques culturelles fortes en Afrique, nous sommes convaincus que l’accessibilité à la lecture, la mise en avant de la littérature africaine et la promotion de ses auteurs sont également de la responsabilité de tous les acteurs du livre. L’insuffisance de volonté politique ne doit plus être une excuse, il faut agir !

C’est pourquoi, nous, éditeurs africains, de dix pays différents, aux côtés de YouScribe, nous nous engageons pour l’organisation d’une rentrée littéraire africaine. Conçue comme une véritable action de démocratisation culturelle au niveau panafricain, cette rentrée littéraire, à laquelle 30 éditeurs africains s’associent, a pour ambition de rendre visible, auprès du grand public et spécialement auprès des jeunes générations, la diversité et la richesse de la création littéraire africaine. Il s’agit aussi de mettre en lumière l’émergence de nouveaux talents africains insuffisamment valorisés et accompagnés. Enfin, nous portons l’ambition importante de faciliter la coopération entre les éditeurs. Car le manque de partage de l’information sur les nouveautés et les dernières sorties littéraires du continent est une difficulté majeure que rencontrent beaucoup d’éditeurs. Un manque de circulation qui participe à une diffusion limitée des livres entre les pays africains et donc entrave le rayonnement des auteurs du continent.

Si cette première édition sera 100 % en ligne, il nous apparaît d’ores et déjà indispensable que cet évènement se matérialise dans le monde physique, afin de pouvoir permettre la rencontre tangible entre le livre et son public, entre l’auteur et son lecteur. Cette rencontre fortuite, inattendue, « accidentelle » qui, aux détours d’une couverture, éveille la curiosité, crée l’envie de découvrir et entraîne vers le plaisir de lire.

Pendant deux mois, une soixantaine d’ouvrages de tous les genres littéraires (roman, BD, poésie, théâtre, littérature jeunesse et essais) seront mis en avant directement sur YouScribe. Une série d’interviews des auteurs et éditeurs participants seront partagées sur les réseaux sociaux.

Ensemble, célébrons la littérature africaine et soyons fiers de ses auteurs. 

Liste des signataires :

Paterson Duplex Sikoue _ Waanda Studio; Jean Derbé _ JD éditions; Euphrasie Seka _ éditions de l’Empyrée; Sarah Mody   ­_ Nimba; Ulrich Talla Wamba _ éditions Akoma Mba Toukam Kammognie Thierry _ La Jeune Plume ; Max Axel Bounda ­_ Mab éditions ; Aliou Sow _ Ganndal éditions; Jean-Baptiste Zébélamou _ Innov Guinée ; Ousmane Soumar _ Plumes Inspirées; Pape Mamadou Mbengue _ Langages du sud; N’fana Kaba Diakité _Takaba; Serges Cyrille Kooko _ Innov édition; Lalao-Elina Razanadriaka       Mpariaka _ Boky éditions ; Waly Ndour  _ Séguima ; Barka Tao _ Toumai ; Muriel Troadec _ Les Lettres mouchetées ; Cheikh Diaw Dimé  _ Texe édition ; Esckil Agbo ­_ Beninlivres ; Mamadou N’Diaye _ FratMat éditions ; Collectif Ultimes Griots _ Ultimes Griots ; Anzata Ouattara _ Mouna ; Leonel Akosso _ Yo’o’onena ; Sékou Fofana _ Editions Sawa ; Dramane Boaré _ Les Classiques ivoiriens ; Ismaila Badji _ Finesse éditions ; Kassi Assémian _ éditions Anibwe – Rodrigue Sourou Atchahoué      _ Éditions Savane ; Dan Bomboko _ Elondja ; Juan Pirlot de Corbion  _ YouScribe.

Cette tribune marque un engagement fort des professionnels de l’édition africaine pour soutenir et valoriser la littérature africaine, et nous espérons qu’elle suscitera un débat constructif sur ces enjeux importants.

19 décembre 2022 0 Commentaires
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Mohamed Mbougar Sarr
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« La Plus sécrète mémoire des Hommes » de Mohamed Mbougar Sarr

par Jean-Philippe Saby 14 décembre 2022
Rédigé par Jean-Philippe Saby

Il y a un an, quand, au Salon du livre de Paris, Mohamed Mbougar Sarr me dédicaçait son livre primé, je me disais qu’un Goncourt, on ne le lit pas comme ça, on ne l’apprivoise pas au hasard, je décidais de le lire quand j’aurais le temps, quand j’aurais les bras ouverts, les fenêtres de mon cœur disposées et les yeux fermés. Et, ce n’est que maintenant où ma situation déjà factice est devenue plus altère que j’ai pu ouvrir le livre qui révèle La Plus secrète mémoire des Hommes.

C’était, il y a un mois, le soir d’une journée remplie d’énigmes et de défis que je me proposai de le lire. Je l’ouvris et fus tout de suite frappé par le verbe, l’anatomie de mots que regorge le livre. Je fus emballé par le Labyrinthe de l’inhumain qui traverse l’œuvre et qui, de facto, la rend labyrinthe d’une histoire complexe de laquelle il semble difficile de sortir : T. C. Elimane est le « Rimbaud nègre » qui malgré le succès de son œuvre se maintient dans la nuit noire de l’incognito (fait étonnant).

Choisissant de quitter les projecteurs (peut-être pour le plagiat dont il était accusé, ou plutôt pour le mythe que suscitait son œuvre, ou même pour la période aussi rude dans laquelle se déroulent les faits[1]), décide d’admirer de loin l’impact de sa propre œuvre. Diégane Latyr Faye qui lors d’une recherche dans une bibliothèque à Paris, tombe par hasard sur un commentaire de l’œuvre décide d’aller à la recherche de son auteur. On est ainsi invité aux quatre coins du monde, d’Afrique à l’Amérique latine, traversant Paris, la capitale du livre et l’Asie. Mohamed Mbougar Sarr met sur table les grands débats qui ont toujours jalonné les théories littéraires et les réflexions philosophiques : définition de la littérature, son universalité, la place de la littérature africaine dans le monde littéraire français, l’amour, le sexe, les exactions des politiques sur leurs peuples dont il fait la comparaison Afrique-Amérique du Sud, l’identité, la mémoire, le corps, l’oubli, l’engagement et l’élitisme).

Il donne souffle aux grands esprits de l’écriture comme Borges, Gombrowicz, Senghor, Bioy, Bolaño, Mallarmé, Sábato et V. Hugo. Et, ce qui captive le plus, c’est l’approche que fait l’auteur des écrivains africains primés: « Méfiez-vous, écrivains et intellectuels africains, de certaines reconnaissances. Il arrivera bien sûr que la France bourgeoise, pour avoir bonne conscience, consacre l’un de vous […] Mais au fond, crois-moi, vous êtes et resterez des étrangers, quelle que soit la valeur de vos œuvres » (p.72).

La question de la conception et de la légitimité des écrivains africains dans la littérature française est un ancien débat que l’on retrouve dans La plus secrète Mémoire des Hommes. La critique se questionnait déjà sur le succès de Senghor et sur sa place dans la littérature française: pour certains, avait-il trahi le combat africain pour être accepté, acclamé par les Blancs, pour d’autres, seul son génie, sa maîtrise de la langue de Molière, lui avait valu son mérite et son entrée à l’Académie française.

Mohamed Mbougar Sarr refait surface avec ce débat en y convoquant dans son œuvre, la question de la colonisation ou plutôt du postcolonialisme dont Ahmadou Kourouma s’était fait écrivain fidèle. Plus de 70 ans après les indépendances, alors que l’on parle d’un réveil africain, la place de leurs écrivains est encore incertaine. Alors que ceux-ci sont reconnus à l’international et par les pairs, le poids de l’histoire nous envoie nous questionner sur la raison de leur mérite.

À propos de Mohamed Mbougar Sarr plusieurs questions se posent: il suffit juste de se balader dans les rues du village internet pour s’en rendre compte. En 2018, Le jeune auteur avait connu un scandale dans son pays pour son ouvrage De Purs Hommes, publié en France qui ouvrait la lucarne sur la situation des homosexuels au Sénégal son pays natal. Il en était traité de pro-LGBT, de vendu, de soumis aux Blancs, de perdu, d’esclave, de colonisé moderne, d’être lui-même goorjigéens, « homme-femme » en wolof.

Dans un pays où l’homosexualité est considérée comme un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et où la religion est assez présente, les imams lui reprochaient, lui, qui avait été éduqué selon les vertus de la culture africaine, de soutenir un acte contre-nature et donc d’être destiné à l’enfer. La plus secrète Mémoire des Hommes n’a échappé non plus à la polémique : c’est confirmé, il l’est, ce livre accueilli par les Blancs en est la preuve. Plusieurs avançaient qu’il était primé pour faire accepter l’homosexualité en Afrique, d’autres avançaient qu’il syndiquait pour leurs droits. Tous ces faits, ces tremblements semblent avoir sens pour l’auteur car pour lui, une œuvre dite engagée est celle qui suscite l’émeute. C’est celle dont « la voix résonne et vous frappe comme la foudre » (p.54).

Dédié à Yambo Ouologuem, écrivain malien qui, en 1968, après avoir reçu le prix Renaudot avait été accusé de plagiat, d’avoir « pillé la littérature » et sacrifié son intérêt « au nom de l’idéal de la création (p.232), cette enquête essaie de revenir sur ce malentendu pour en apporter des éclaircis. Contrairement à ce que pensent certains lecteurs d’un hasard entre l’œuvre et l’histoire de cet auteur, nous pensons, tel Mohamed Mbougar Sarr lui-même l’a écrit à la page 307 de son ouvrage, qu’« un hasard n’est qu’un destin dont on ne voit pas l’écriture »[2].

La plus secrète Mémoire des Hommes est sans doute un chef-d’œuvre pour le suspense qu’il avait créé à sa sortie et Mohamed Mbougar Sarr son auteur, est un grand écrivain non seulement pour l’originalité de ses textes, pour son imagination fertile qui fait voyager entre passé et présent mais surtout pour l’audace dont il fait pertinemment cas. S’il y a une morale que nous nous proposons de retenir de l’œuvre, c’est celle qui dit que: « même le mal conduit toujours au bien » (p. 402).

Par Jean-Philippe Saby

[1] L’histoire a lieu au XXe siècle (à l’entrée de 1914). On sait que cette période a été ponctuée d’importants évènements : guerres mondiales, affrontements idéologiques Est-Ouest, nazisme, l’avènement des tirailleurs, le racisme, la dictature (en Amérique du Sud par exemple), la montée du nationalisme dans les pays africains, etc.
[2] Pour mieux comprendre l’histoire du plagiat dans le Devoir de violence de Yambo Ouologuem, nous conseillons de lire : Julie Levasseur, « « Récrire »  la domination coloniale : l’usage du plagiat dans Le devoir de violence de Yambo Ouologuem », Postures, n° 27, Dossier « Trafiquer l’écriture : fictions frauduleuses et supercheries auctoriales », Hiver 2018, 14 p, https://revuepostures.com/fr/articles/levasseur-27  ainsi que l’article de Jean-Pierre Orban, « Livre culte, livre maudit : Histoire du Devoir de violence de Yambo Ouologuem », Continents manuscrits. Génétique des textes littéraires – Afrique, Caraïbe, diaspora, no HS, 2018, https://doi.org/10.4000/coma.1189.

14 décembre 2022 0 Commentaires
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Poésie - Rodrigue Fotso Sop « Couleurs du temps »
Non classéNotes de lecture

Rodrigue Fotso Sop « Couleurs du temps » : De la poésie sans forcer !

par Baltazar Noah 11 mai 2022
Rédigé par Baltazar Noah

Si certains jettent leur dévolu sur la violence pour crier haro sur les insanités de ce monde, Rodrigue Fotso Sop a quant à lui choisi l’écriture pour exprimer sa révolte et sa pensée avec une certaine liberté. Pas l’écriture pour l’écriture. Car, ce serait « un crime de lèse-majesté » envers le souci de mise en dialogue de tendances éthique et esthétique. Mais, une écriture poétique qui « promet des choses » : trêve de ce « Temps de chien » comme quand Patrice Nganang (Temps de chien, Serpent à Plumes, 2003), à la quête d’autres réalités que celles qui fondent son quotidien, Yaoundé servant de passerelle, dépeint la face honteuse-laide d’une société en crise de fond et prisonnière de mouvements désordonnés.

Dès lors, puisqu’il sait, comme Mongo Beti (Mongo Beti parle, Ambroise Kom, Homnisphères 2006), que « l’écriture ce n’est pas seulement l’inspiration, ce n’est pas seulement les émotions[…] c’est le choix des mots », le poète Rodrigue Fotso Sop, choisit avec minutie des mots virils parmi les «  fleuves de mots/ [qui] Déferlent dans [sa] pensée » pour tirer à lettres réelles sur les maux et les tournures d’esprit méphistophéliques qui dépiautent sans scrupule son sociotope. Ainsi, pour mener son entreprise jusqu’au bout de son souffle, la balise de l’originalité de son acte d’écriture est assurée par l’usage du vers court. Une charge électrique pour donner force aux mots de mitrailler, « sans tambour », les maux : « Des fleuves de mots/ [qui] Déferlent/gémissent/soupirent/se lamentent/ [et] S’allument de mille feux » !

Couleur du temps de Rodrigue Fotso Sop

Lire le livre

Par ailleurs, le caractère méditatif et le pôle réflexif des textes, au fil des pages, poserait ce recueil, à la cinquantaine de poèmes, non seulement comme un «  territoire du jeu [de mots] et des hypothèses »(Kundera), mais également comme cette voix qui mettrait le lectorat devant ses responsabilités dans ce «  pays de la survie » où « tout est sec » ». Force serait donc d’avouer que le poète a su saisir la poésie phénoménologique de l’existence (Eva Le Grand). C’est-à-dire que lors de ses ébats avec « la feuille blanche », sous les beaux auspices de l’art de la variation et de l’inversion des mots, il a pu construire une « tribune libre » ; mieux, « Paroles » (Prévert) qui dépeignent, sans hyperbole, à la mesure et au rythme des mots, «  les tunnels des misères » de ce monde, à la quête de lui-même, et dont les couleurs sont changeantes à souhait. Mieux, ondoyantes et diverses. Plus précisément, Rodrigue Fotso Sop éclaircit la complexité et les paradoxes de notre monde « Au long des saisons ».

En substance, Couleurs du temps (Ifrikiya, 2014, ISBN : 978-9956-473-84-7) est ce recueil de poèmes lucides-profonds et agréables à lire, qui porte un regard loufoque et aigre-doux à la fois sur les heurts et les malheurs qui travaillent la société.  Et partant, le monde. Tout simplement, de la poésie sans forcer qui déboucherait sur une réflexion qui nous concerne tous : l’angoisse d’être homme dans ce monde, pour danser à l’ombre des mots de Guy Scarpetta (L’impureté), où rien ne semble joué d’avance… à méditer !

11 mai 2022 0 Commentaires
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L'INSOUMISE Roman Christelle Ndongo
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« L’insoumise » de Christelle Ndongo ou la quête de liberté d’une femme

par Boris NOAH 6 janvier 2022
Rédigé par Boris NOAH

Dans ce roman de Christelle Ndongo, l’héroïne, Maguy, est issue d’une famille polygame. Alcoolique et violent, son père Antoine a trois femmes et vingt-deux enfants. Angèle, la mère de Maguy, la première épouse, est l’auteure de sept accouchements. Délaissée, Angèle doit se battre toute seule pour élever sa progéniture.

La vie n’est toujours pas rose au village. Son quotidien est marqué par un savant dosage de travaux champêtres, travaux domestiques, invectives et bastonnades, que lui offre son doux et tendre époux.

Ses enfants sont régulièrement des spectateurs impuissants de ce « martyr » auquel ils ne sont pas épargnés lorsqu’ils essaient de s’interposer. Maguy, la benjamine, qui jusqu’à l’âge de sept ans n’a pas encore goûté au plaisir d’emprunter le chemin de l’école, vend des victuailles pour participer aux dépenses de la maison.

Un jour, après une énième bastonnade, Maguy, déjà âgée de quatorze ans, décide de s’enfuir pour la ville, à l’insu de son père. Elle est très révoltée contre son géniteur qui leur fait vivre « l’enfer ». Aussitôt en ville, Maguy ne sait comment faire. Ses ressources sont épuisées. La cousine de sa mère chez qui elle comptait aller vivre, est décédée il y a trois mois. Elle ne sait où dormir. Néanmoins, elle fait la connaissance de Jacky, une prostituée qui lui propose de l’héberger.

Maguy ne trouve aucun mal à faire le même travail que sa co-chambrière. La jeune fille est donc initiée et commence à gagner modestement sa vie. Malheureusement, Margot (son nom de travail) tombe enceinte d’un jeune homme de 25 ans qui l’abandonne et pourtant elle pensait avoir trouvé le premier amour de sa vie. Elle décide de rentrer au village pour en informer sa mère qui la convainc de la raccompagner en ville pour effectuer une interruption volontaire de grossesse. 

De retour en ville, elles sont foudroyées par un accident de circulation ; sa mère trépasse et elle-même perd l’enfant qu’elle avait en son sein. Antoine qui ne cesse de l’accuser d’avoir tué sa mère, l’envoie en mariage, à 16 ans, chez un septuagénaire. Margot réussit de s’enfuir à nouveau pour la ville, où elle reprend son travail de rue. Mais ses revenus sont désormais minces. L’adolescente, Jacky et deux autres amies s’en vont chercher fortune dans un pays voisin. Tout est mieux là-bas.

Couverture du roman "L'insoumise" de Christelle Ndongo

Lire le livre

Jacky tombe dans une addiction de drogue, et décède. Margot est désormais seule. Deux semaines après le décès de son amie, elle rencontre un Européen de 54 ans (Alain), qui l’amène cette fois-ci en Europe où tout va définitivement basculer. Car, Alain est un vendeur d’illusions, un proxénète véreux qui attire des Africaines en Europe, les tient pour prisonnières et confisque leurs pièces d’identité.

Du moins, Margot réussit à sortir des griffes de ce prédateur et rencontre une vieille dame blanche (Angélina) qui va la mener vers un Homme, qui pour la première fois lui dira « je t’aime » de manière sincère, ce qui l’amènera à arrêter définitivement son métier de prostituée.

Margot est très heureuse de sa nouvelle vie. Les deux tourtereaux filent le parfait amour. Mais il est trop tard ; juste à peine quelques mois de bonheur, la jeune fille, désormais âgée d’une vingtaine d’années, apprend qu’elle est séropositive, et décide de rentrer au village pour mourir auprès des siens, qu’elle a rendu respectables avec l’argent qu’elle leur envoyait depuis son départ du village.

Esquisse d’analyse du roman de Christelle Ndongo

La romancière Christelle Ndongo explore, jusqu’à leurs confins, les univers occidental et africain, cloîtrés dans des coutumes et pratiques qui sont aujourd’hui questionnables. Des univers enclins respectivement au racisme et surtout au phallocentrisme, une pensée qui prône le primat de l’homme sur la femme, et qui se positionne de plus en plus comme une rétrogradation de l’humanité, qui pourtant évolue au rythme de la mondialisation, la modernité ; où l’être humain est jugé non pas à travers son genre, mais davantage à travers la mesure de ses compétences.

Les conséquences de cette idéologie à portée patriarcale sont visibles notamment sur « la martyrisation » de la femme, se résumant à travers toutes les formes de violence dont elle est victime (violence conjugale, viol…). À travers son personnage central, Margot, l’insoumise, Christelle Ndongo s’insurge et tire une sonnette d’alarme contre toutes ces pratiques à caractère réducteur de la gent féminine. À cet effet, l’insoumission permettra à la femme de se débarrasser des chaînes du joug patriarcal. Ce qui, lui donnera la liberté et la capacité de s’assumer non seulement en tant que femme, mais aussi d’assumer sa sexualité qui, faut-il le rappeler, n’est orientée que par sa personne, car, son corps n’est la chasse gardée de qui que ce soit. Elle en fait l’usage qui lui semble bon.

C’est pourquoi Margot décide d’être prostituée et n’hésite pas de le faire savoir à sa famille, à ses prétendants parce que, pour elle, c’est un métier qui lui « rapportait plus d’argent que tout autre travail » (p87), et qui lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de toute sa famille. De ce fait, doit-on penser que l’écrivaine serait discrètement en passe de vouloir légitimer et même légaliser la prostitution, lorsqu’on sait qu’elle est encore proscrite et même vue d’un mauvais œil dans plusieurs milieux ? Soit !

Par ailleurs, le manque d’affection et la violence de son père, de ses clients, en l’occurrence celui qu’elle tient pour responsable de sa maladie, sont à l’origine des malheurs de la jeune fille. Ce qui signifie que son destin aurait été différent si elle avait bénéficié de certains prolégomènes de bonheur comme la tendresse, l’affection, l’amour. Car, « il suffit d’un amour pour changer sa vision, pour avoir de l’espoir, pour défendre ce que l’on a de plus cher. Sa liberté ! » (Djaïli Amadou Amal, Walaande. L’art de partager un mari, p. 115).

[bctt tweet= »« Il suffit d’un amour pour changer sa vision, pour avoir de l’espoir, pour défendre ce que l’on a de plus cher. Sa liberté ! » » username= »Afrolivresque »]

La preuve, Margot arrête définitivement son travail de prostituée lorsque, pour la première fois, elle reçoit une déclaration d’amour sincère de Henri :

« Margot, que la surprise avait paralysée, resta debout au milieu de la pièce. Elle n’en revenait toujours pas. Elle qui, toute sa vie entière n’avait connu que déboires et déception avec les hommes dont elle était amoureuse. Aujourd’hui, à son tour, était aimée par un homme. Quelle ironie du sort ! Elle n’avait jamais eu de rapports sexuels avec cet homme qui était fou d’elle. Il ne lui était pas indifférent »[…] sa décision était prise.

Elle quittait définitivement son métier. Regretterait-elle sa décision ? Elle n’en savait rien, mais comptait aller jusqu’au bout. Ce jeune homme lui avait plu dès premier jour. Elle ne pouvait ignorer son sentiment. La joie qu’elle éprouvait était si intense. Un tel bonheur, quelques heures auparavant, était inimaginable pour elle. » (p 89)

Mais, doit-on conclure que, selon Christelle Ndongo, l’homme est la cause des malheurs de la femme ? Progressons !

Au-delà de sa riche thématique, l’œuvre concède plusieurs procédés qui la rendent attractive et intéressante. Ce roman de Christelle Ndongo est un terreau où tragédie et comédie font bon ménage. Il s’agit d’une tragi-comédie soutenue par une description des événements malheureux, marqués par le sceau de l’humour ou encore, par une succession d’événements tristes suivis par des faits marrants dont le but est de décrisper le lecteur, de temps en temps.

Aussi, le choix d’un narrateur ubiquiste est judicieux pour le lecteur ; en ce sens que cette ubiquité l’aide à cerner méticuleusement l’histoire dans sa profondeur. C’est ainsi qu’au cours de l’acte de lecture, on a connaissance, entre autres, de l’intimité du personnage centrale, à l’instar de ses moments de sexualité avec ses clients, avec son amoureux.

L’autre détail plaisant est celui du procédé « in medias res », une technique narrative créée par Horace (L’Art poétique) et prisée par Homère au Moyen Âge (L’Iliade, L’Odyssée), qui consiste à commencer le récit au cœur de l’intrigue, met directement le lecteur dans le coup de l’action. Pour le cas échéant, par le biais du prologue, le roman commence par la fin de l’histoire, qui s’achève finalement à l’épilogue.

Plus clairement, le récit s’ouvre au prologue par une partie de la fin de l’histoire, qui nous renseigne que Margot a déjà retrouvé les siens, elle présente même déjà les symptômes de la maladie, mais ces derniers ne savent pas encore de quoi souffre leur sœur. Et c’est finalement à l’épilogue, qui est la suite du prologue, que toute la famille est au courant de la séropositivité de Margot, qui trépasse par la suite.

Ensemble, partageons la tristesse contenue dans cette lettre, marquant les vicissitudes de la vie de Marguerite-Maguy-Margot, qu’elle laissa à son amoureux, pendant son retour au pays natal :

« Henry mon amour,
La vie ne m’a pas épargnée. Elle m’a repris tout ce qu’elle m’a
donné. D’abord ce fut ma mère, ensuite Jacky, cette amie si chère
à mon cœur, et maintenant toi. Comme l’immensité du ciel, est
mon amour pour toi. J’ai eu beaucoup de chance de t’aimer et
d’être aimée de toi. La meilleure chose qui me soit arrivée dans la
vie : ton amour. Je retourne auprès de mes ancêtres et ne reviendrai
plus jamais.

Mon souhait est que tu trouves une femme qui te
rendra très heureux. Celle-là qui sera ta meilleure amie, ta sœur,
la mère de tes enfants et ton épouse. Je ne te quitte pas de plein
gré. J’ai découvert il y a quelque temps que je suis atteinte du
SIDA. Je n’en ai plus pour très longtemps.

J’emporte avec moi ton amour. Je voudrais revoir une dernière fois ma famille, peut-être faire la paix avec mon père et reposer pour l’éternité auprès de ma mère Angèle. Je t’en supplie ne cherche pas ç me revoir. Garde de moi l’image d’une femme pleine de vie et heureuse. Mon plus grand bonheur c’est toi. Je t’aimerai encore plus dans la mort.
Adieu mon amour,
À toi pour toujours
Margot ».

 

6 janvier 2022 0 Commentaires
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[Vidéo] Yaa Gyasi présente son premier roman “No Home”.

par Acèle Nadale 2 janvier 2022
Rédigé par Acèle Nadale

Yaa Gyasi présente son premier roman “No Home”. Le roman phénomène de la rentrée de janvier 2017. Deux sœurs à la destinée bouleversante. Trois siècles d’histoire entre Afrique et Amérique. Une lecture inoubliable.

2 janvier 2022 0 Commentaires
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Osvalde Lewat
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Osvalde Lewat : Les Aquatiques – Un très grand roman francophone contemporain

par Charles Gueboguo 15 novembre 2021
Rédigé par Charles Gueboguo

Exposition du roman d’Osvalde Lewat

Vingt-ans après. Une histoire de Nègre ré-enterrement. C’est la seconde inhumation de Madeleine Lapteu, la mère de Katmé, l’héroïne du récit de la primo-romancière Osvalde Lewat.

Nous sommes au Zambuena, une « démocratie de cocotiers », quelque part en Afrique, où les mises en terre peuvent se transformer en affaire d’État, quand on a la capacité d’y déceler « un signe », déclare Tashun Abbia, son préfet de mari. Opportuniste avisé, il fera de ce nouvel ensevelissement de sa belle-mère une célébration. « Un enterrement statement », sous l’approbation de Tonton Ambroise, mentor du préfet qui veut devenir gouverneur de la capitale. D’ailleurs Djama, la puissante Secrétaire du Caz (Club très fermé des Amies du Zambuena) et exubérante épouse de Tonton Ambroise, ne comprend pas pourquoi Katmé ne veut pas voir, en cette seconde cérémonie funèbre, une aubaine tendue à l’ambition politique de son mari.

Ne pas saisir un tel privilège, c’est faire le choix d’un « hara-kiri social et conjugal ». Or Katmé Abbia aime la vie. « Madame Préfète » a du mépris pour ceux qui n’ont pas la bonne idée de vivre longtemps, comme Madeleine, sa défunte mère « partie comme une voleuse à trente-neuf ans. » N’eût été Mama Récia, la sœur aînée de Madeleine Lapteu, l’héroïne et sa petite sœur, Sennke, n’auraient pas échappé au destin de mendiantes auxquelles cette mort prématurée de leur génitrice les vouait. Et ce, bien qu’étant filles d’Innocent Patong, leur « queue baladeuse » de père, qui faisait partie de la première bourgeoisie compradores post- indépendances.

C’est à partir de ce point d’ancrage que l’auteure va, avec précision, faire balader le lecteur dans les profondeurs de l’intimité de la protagoniste en quête d’elle-même. Tout cela, en parallèle avec une lecture subtile des profondeurs des réalités socio-politiques du Zambuena. Ainsi, le récit passera par le biais d’une description pointue de la relation chevillée que Katmé entretient avec l’artiste, « cerveau coloré et vivace », Samuel Pankeu : son frère d’une autre mère, son aéroport. Lui aussi est aux prises avec ses luttes internes (son identité sexuelle) et externes (sa soif de dénoncer les exactions de la gent dirigeante, meute assoiffée de pouvoir, mais dont il ne dédaigne pour autant pas les financements pour son exposition dans la galerie que tient Keuma). 

L’exhibition que prépare Samy va enfin révéler son talent au grand jour. Elle est financée par Katmé, avec l’argent de son mari Tashun qui goûte peu, par ailleurs, cette amitié entre ces deux : «Ton ami ? C’est un caillou perpétuel dans ma chaussure !» Et pour cause, l’ami presque frère est un frein, non pas entre lui et sa partenaire maritale, mais entre lui et ses ambitions politiques.  Le nom de l’exposition, Les Aquatiques, est une série de tableaux photographiques représentant le chaos permanent d’un quartier populaire éponyme, à la périphérie de la Cité des Enseignants.

Les Aquatiques, un ethos de style foisonnant de littéralité

Les Aquatiques - couv - roman Osvalde Lewat

Ce qui fait l’originalité du roman Les Aquatiques, ce n’est pas le fait qu’il permet de poser des questions existentielles sur des thématiques sociales actuelles, mais c’est le fait qu’il propose de les poser à partir d’un ethos de style foisonnant de littéralité. J’appelle ethos de style, en rapport avec le mouvement d’écriture, un système de valeurs implicites incorporées depuis l’enfance. À partir de celui-ci, l’agent-écrivant projette, dans une unité stylistique et cohérente, des pistes de réponses à des problématiques différentes. 

Pour ce faire, Osvalde Lewat ouvre la narration à partir d’une perspective autodiégétique, qui fait entrer le lecteur dans le champ du récit par le point de vue interne de Katmé, l’héroïne. Subjective donc, cette approche donne à explorer le début de ses luttes intimes. À travers son rythme, tantôt lent (descriptif) ou accéléré (phrases courtes), il en ressort que le combat ou la quête du personnage principal n’est pas politique. À travers un registre lyrique dominant dans la première partie du roman, il peut être établi que la lutte  de Katmé c’est contre la mort et tous les départs sans classe. Cette lutte, c’est pour la vie, pour les vivants, d’où sa propension à une forme de philanthropisme effréné que lui reproche Samy avec boutade. 

[bctt tweet= »La posture complexifiée qu’offre Osvalde Lewat dans ce brillant récit se propage systématiquement autour de l’intrigue principale » username= »Afrolivresque »]

Par la suite, le propos de l’auteure converge vers une perspective hétérodiégétique, dans le but de permettre au lecteur de s’élargir de la perspective subjective de l’héroïne, pour la poser en miroir avec celle des autres personnages. La narration externe ici donne à explorer, sans jamais juger, la part de vérité de toutes les parties. Le lecteur est dès lors subtilement exposé à ces lectures des réalités dépeintes à travers une posture multiplex, c’est-à-dire, diversifiée en fonction des personnages qui interviennent, et complexifiée au regard des croisements des interactions décuplées de ces derniers.

L’auteur par cette approche donne à produire une mosaïque des pensées, sans céder à la tentation pédante de se déployer en une démonstration de théories littéraires, dans un genre romanesque qui ne s’y prête guère. La posture multiplex qu’offre Osvalde Lewat dans ce brillant récit se propage systématiquement autour de l’intrigue principale, qui elle, ne cesse de progresser par péripéties interposées, avec des résolutions à rebondissements : c’est la formule connue, et très réussie chez Osvalde Lewat, quand on veut écrire des pages romanesques addictives de bout en bout. 

Enfin, la troisième partie est la même approche homodiégétique de départ, pour clore le cycle de ce roman d’apprentissage, ou Bildungsroman. Il se referme sur une note d’espoir, comme en témoigne l’excipit : « Je courus déverrouiller la porte. ». Il y a une porte à déverrouiller. Un espoir pour un nouveau lendemain. Une porte qui s’ouvrira à l’horizon d’un devenir ensoleillé, même dans ce quartier des Aquatiques qui est un « conglomérat de taudis insalubres » d’après la bourgeoisie locale. C’est une note d’espoir. Une porte au dialogue, vers un nouveau commencement à venir, une nouvelle voie de sortie pour faire éclore les champs des possibles dans les possibles.

Le fétichisme du paraître : une lecture frontale d’Osvalde Lewat

La force du roman Les Aquatiques réside en ceci que tout l’ethos de style lewatien est frontal, c’est-à-dire que les problématiques auxquelles les personnages du récit sont confrontés sont disséquées sans leurres narratifs, et sans apriorismes fallacieux. En effet, la question de l’homosexualité de Samy est, par exemple, abordée en « Je », c’est-à-dire de front, sans esquive, dans un contexte intérieur culturel, politique et religieux homophobe. Son outing par une presse à sensation est démontré sans bifurcation, permettant d’explorer la réalité glauque du meurtre social et physique. Il devient loisible pour le lecteur de réfléchir aussi sur la question de la responsabilité par rapport à un meurtre à caractère homophobe commis par des enfants, avec la complicité des adultes-éducateurs dans un contexte social nocif.

En posant cette problématique dans une perspective frontale et multiplex, Osvalde Lewat donne à voir que dans un espace social entendu comme une sphère d’accumulation de richesses et de pouvoir, l’agent culturalisé peut devenir une victime de la « génitalité » d’un système régulateur. Il est la propriété d’une communauté performative ou d’imposition, dans ce sens qu’il renvoie au caractère dramatique et contingent de la construction de la signification, en rapport à un normal et dans un style d’acte socialement significatif. Voilà pourquoi il est sommé à Katmé ou à Samy d’opérer une série de choix moraux : quitter un mari abusif pour maintenir l’illusion d’un foyer conjugal heureux ou poursuivre son appel de devenir, même si cela demande le sacrifice de ses enfants ; ou faire son coming out dans une société asphyxiante parce que le protagoniste est exténué de vivre au rabais.

Le choix moral n’a pas un caractère éthique, et n’a pas besoin d’être un choix cornélien, Osvalde Lewat le comprend. Par choix moral, dans une approche analytico-littéraire, il s’agit pour les personnages de faire face à des possibilités de choisir entre des (im)possibles où chaque choix va entraîner une série de conséquences nécessairement désastreuses, ce qui aura pour but ultime de faire progresser l’intrigue. 

Ce qu’on retient encore du roman, c’est que socialement, au Zambuena, toutes les différences sont réprimées, tandis que l’homogénéité est louée. Or ce style d’acte performatif, qui impose de parodier le normal, c’est-à-dire l’hétérojouissance obligatoire et hégémonique, est une imitation, sans original. Une imitation ratée que personne en réalité ne pourrait incarner : elle repose sur les illusions optiques de miroir. Il faut se mirer pour se conformer à un original lui-même inexistant. L’on tombe dans le fétichisme du paraître. 

Il y a perte du sens de ce qui serait normal, quand il se révèle être à son tour qu’une copie, une imitation. Pour qu’une telle uniformité illusoire soit réalisée, puisqu’il n’y a pas d’original à mimer, les tactiques de violences sont déployées, incluant l’imposition des hiérarchies. Tonton Ambroise a un ascendant certain sur Tashun qui mime ses faits et gestes. Tashun promet de « fracasser » Katmé si elle le plante à la cérémonie d’ouverture de sa campagne politique, juste au lendemain du ré-enterrement de sa belle-mère. Le corps et la sexualité de Samy sont sous le contrôle de l’État à travers une législation liberticide. Djama exerce une violence psychologique sur sa suivante, et essaie d’étendre cette mainmise sur le personnage principal, etc.

En plus de l’utilisation des hiérarchies, il y aura aussi les répressions de tous les sens, un mouvement forcé vers le centre, et la ségrégation et la fragmentation des gens et des corps. C’est dire qu’il y a une violence inhérente à l’abstraction de cette uniformité illusoire. La violence devient nécessaire pour le maintien du contrôle dont les hommes (Tashun, Tonton Ambroise), les pairs (Djama essayant de ployer Katmé sous le joug de servitude vis-à-vis de Tashun), et les enfants mâles deviennent des caisses de résonance.

[bctt tweet= »Le deuil n’étant plus ce qu’il était, Oswalde Lewat nous donne, à travers une lecture informée d’une société qui aime ses morts plus que les vivants, à réfléchir sur comment il semble être devenu convenable ou non, socialement voire psychologiquement, de pleurer un parent, un ami ou une relation conjugale avortée. » username= »Afrolivresque »]

En plus de l’homosexualité, il y a toute la problématique du deuil qui est déroulée par l’auteure comme prétexte narratif. Le deuil n’étant plus ce qu’il était, Oswalde Lewat nous donne, à travers une lecture informée d’une société qui aime ses morts plus que les vivants, à réfléchir sur comment il semble être devenu convenable ou non, socialement voire psychologiquement, de pleurer un parent, un ami ou une relation conjugale avortée.

Osvalde  Lewat permet de postuler que l’emprise assignataire du Phallus, en même temps système de domination et instrument de domination, au travers de la performativité (entendue comme assignation normative, d’un type d’actes homologués, dans le sens grec du terme homologein : dire le même. D’où son caractère violent. Ici, la violence est la traduction d’un vouloir aveugle à tout ramener à un même) n’exclut pas la possibilité de déviations des trajectoires normatives. C’est pourquoi Katmé pendant plusieurs décennies choisira de ne pas verser une larme après la mort des personnes qui lui sont très proches comme sa mère. Le deuil qu’elle fera sur Samy va lui donner la possibilité d’une rupture critique avec l’hétérodoxie : ce sera le divorce d’avec le mari ascendant, égocentrique et opportuniste. Ce qui sera sa prise de conscience de son devenir-femme, c’est-à-dire de son entrée dans la liberté d’être une humaine non assujettie, à travers une posture discursive contre l’orthodoxie qui a toujours été une pensée droite, et de droite avec pour visée la restauration de l’équivalence de l’assentiment silencieux de la doxa, ou des groupes sociaux auxquels on adhère. 

De la mort et la politique

Pour ce qui est du questionnement de l’ambition politique, il s’agit pour l’auteure de donner à évaluer comment la mort peut servir de capitalisation politique. Le pragmatisme de Tashun, l’imperium psychologique de son mentor, Tonton Ambroise et de sa femme Djama (qui a compris que l’enjeu c’est de tirer son parti dans ce jeu, ce qu’elle tente d’inculquer à Katmé), ce pragmatisme-là et dans ce contexte-là est une lecture enrichissante des pratiques politiques qui ont toujours cours dans plusieurs sociétés africaines postcoloniales. 

Ces différentes formes de trafics d’influence, qui, sans être nouvelles, sont présentées par l’auteure avec une délicatesse et un équilibre à fleur de plume. Sur cette problématique, comme d’ailleurs sur les autres, Osvalde Lewat ne prescrit jamais, mais ouvre la voie aux spéculations. Or la spéculation reste le degré le plus élevé de l’abstraction. La force de l’écriture lewatienne réside donc dans le fait de pouvoir subtilement mener le lectorat vers cette capacité discursive. 

Un très grand roman francophone contemporain qu’il sera difficile d’égaler

Les Aquatiques possède toutes les caractéristiques d’un très grand roman. Il est de l’acabit des œuvres littéraires qui font école, et ce, par la justesse de son verbe, qui est au service des scènes diversifiées à partir d’une intrigue centrale graduellement tenue, et par la connexion des jeux et des enjeux accumulés auxquels les personnages sont confrontés. L’art narratif lewatien reste aussi captivant à travers la constance de son ethos de style qui met en exergue l’humanité de tous les personnages, quand bien même ils sont caricaturaux. Qui plus est, Lewat a l’élégance de ne pas assigner à la performativité. Il est laissé aux lecteurs le choix de prendre parti ou non. Soulagé, le lecteur est, de constater que les voix de la narration ne se confondent plus avec quelque essai ou posture philosophante de l’écrivain. Nul doute que Dame Osvalde Lewat sait ce qu’écrire veut dire. Elle a su déployer dans ce roman un talent, sans fioritures, qu’il sera difficile d’égaler. 

En effet, tout dans ce roman est de haut vol, haute signature linguistique, accès à une possibilité réflexive qui redonne à cette littérature francophone contemporaine ses lettres de noblesse. La technique d’écriture est osée (auto et hétérodiégétique pour se refermer dans la première approche homodiégétique). Comme dans un orchestre, chaque personnage chante dans une voix. Et toutes les notes, même au sein d’un même sous chœur, restent singulières. Chaque fois que Djemba entre en scène, les accents linguistiques des effluves de son parfum sont annoncés avec gracilité comme une mise en bouche. Idem quand Tashun va être annoncé, l’auteur distille des notes au goût boisé de son opportunisme chevillé. Que dire de Samy dont le penchant latiniste, hérité d’une mère enseignante, sert de héraut dans les ondes de la narration. 

[bctt tweet= »Le lecteur reste happé, jamais sans suffoquer, par cette diversité stylistique foisonnante dans la narration. » username= »Afrolivresque »]

A chaque fois, le lecteur reste happé, jamais sans suffoquer, par cette diversité stylistique foisonnante dans la narration. Et la signature tenue de cette écriture lewatienne, bien que variée, reste son ethos de style frontal. Ce qui rend la chose Les Aquatiques d’une riche complexité, et d’une profondeur que seul un génie créateur de l’envergure d’Osvalde Lewat aura été en mesure de produire. Tout cela, dans une simplicité sans égal. Or, c’est connu, il est bien plus facile d’écrire avec affèterie que d’écrire de manière simple, et ce, sans tomber dans une écriture simpliste. C’est ce qui fait des Aquatiques un ouvrage d’école, et une source certaine d’inspiration pour tous ceux qui veulent se lancer dans l’écriture de la fiction. 

Les Aquatiques sont in fine un véritable hommage à la littérature sans fioritures, parce qu’il foisonne de littéralité sans y circonscrire tout son enjeu littéraire. Sa technique d’écriture, maîtrisée à la perfection de l’incipit à l’excipit, est riche et variée. Tout y est au service de l’intrigue. Comme cela se doit, rien n’y est présenté de manière anecdotique, parce que même si on peut rattacher certains faits relatés à des expériences vécues ou entendues, l’auteur sait en faire des praxis de fiction.

En d’autres termes, chaque note descriptive dans le cours de la narration a sa raison d’être, en ceci qu’elle converge vers le point culminant qui est le devenir-femme de l’héroïne. Ce devenir-femme à la Deleuze, qui va aussi se transformer dans un usage élargi, au devenir-monde de toutes les catégories opprimées. Ce qui devient dès lors exaltant dans Les Aquatiques d’Osvalde Lewat se trouve à la fois dans le textuel et le non-textuel qui se donnent à l’apparaître. Dans ceux-ci sont tapis l’herméneutique de la notion de celles qu’on dit femme. On les diffame. Et pourtant jamais civilisation n’aura poursuivi autant son devenir-femme, comme catégorie des opprimées, nous propose cette brillante penseuse à la plume allègre.

15 novembre 2021 0 Commentaires
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Premier roman de Blick Bassy: Une plongée au coeur de la jeunesse camerounaise avec « Le Moabi Cinéma »
Notes de lectureAfrique Centrale

Premier roman de Blick Bassy: Une plongée au coeur de la jeunesse camerounaise avec « Le Moabi Cinéma »

par La redaction 16 juin 2021
Rédigé par La redaction

Avez-vous bien dit Le Moabi Cinéma premier roman de Blick Bassy?? Quand on évoque le nom de Blick Bassy, l’on s’attend à parler musique, mélodies, guitare, son, etc etc…, surtout après son dernier album « Akö » qui a rencontré un grand succès international, et dont la seconde chanson « Kiki » a été sélectionnée par le géant Apple pour la publicité du dernier iPhone 6. On le connaît aussi pour les textes de ses chansons qui sont exclusivement en langue Bassa, chose assez rare dans le métier, la tendance étant de chanter dans les langues les plus utilisées internationalement comme l’anglais par exemple. C’est une marque de fabrique chez lui à laquelle il tient, et il prouve bien par-là qu’il est possible d’avoir du succès dans la musique en chantant dans n’importe quelle langue.

À la surprise de tous, le chanteur camerounais nous revient cette fois-ci, non pas avec un album ou un single, mais avec un roman, Le Moabi Cinéma, premier roman de Blick Bassy, sorti en France en avril de cette année et édité chez Gallimard dans la célèbre collection « Continents noirs » qui a fêté ses quinze ans en 2015.

La vie au quartier Nkolmesseng

Blick Bassy nous invite tout au long des 226 pages, à un voyage au Cameroun, à la rencontre de « Mingri », alias Boum Biboum, jeune camerounais vivant à Nkolmesseng, quartier tranquille et situé en périphérie de la capitale, Yaoundé. Boum Biboum est le fils d’un commissaire colérique, qui fait régner la terreur dans une maison familiale remplie de deux femmes, de beaucoup d’enfants et de papy Ebanda, le grand-père qui observe tout. Entre corvées ménagères et école, Boum Biboum passe beaucoup de temps dans le quartier avec sa bande d’amis à jouer au foot, à refaire le monde en « tapant les divers » comme on dit au Cameroun. Après l’obtention de leur Bac, Boum Biboum et ses amis abandonnent après quelques mois seulement leurs études à l’université de Yaoundé, découragés et dégoûtés par les conditions misérables qui y règnent. Ils décident tous de quitter le Cameroun pour aller en « Mbeng », la France, pays de tous les rêves et de toutes les garanties de réussite sociale selon eux.

La réalité du rêve

En attendant d’obtenir des visas, ils trainent chez Molo, tenancier du bar « Chez Molo l’infalsifiable », un bistrot branché de la place avec une clientèle locale et internationale. Les journées se succèdent, les casiers de bières aussi. L’attente se fait de plus en plus longue. Boum Biboum, Simonobisick, Kamga, Obama et Rigo, accompagnés de Yap et Google+, deux autres mecs du quartier qui se joignent de temps en temps à eux, n’abandonnent pas leur rêve de partir là-bas. Au contraire, les images de la « télévision séquentielle » et le show des Mbenguistes dès leur descente d’avion en provenance d’Europe, font croître leurs frustrations qu’ils noyent de plus en plus dans l’alcool.

[…] Le mbenguiste racontait souvent les mêmes choses, avec des versions différentes. On avait passé l’après-midi à boire et à l’écouter, lui qui avait une villa en plein Sarrebourg. Le nom sonnait bien, il nous dit que c’était en Lorraine, près de Strasbourg, près de l’Allemagne, bref, près du vrai pouvoir en Europe. Ah bon ?! On s’exclama et il nous fusilla du regard et en oublia sa grammaire léchée pour reprendre spontanément notre français à nous : « Vous croyez que quoi ? Que qu’est-ce qu’il y a même là ? On vous ment ici. Les Allemands ont peut-être perdu la dernière guerre, mais ils ont remporté haut la main la guerre économique en Europe. Vous êtes assis ici et vous rêvez à un monde qui n’est plus ! » Nous avalions les mouches et le cousin, s’apercevant qu’il avait quitté le neuf-trois pour se rapprocher de la puissante Allemagne, se tut, but, ne rota pas comme nous, et reprit cette fois avec l’accent des mbenguistes :

  « Naturellement, cela va sans dire, et tout le monde peut se figurer, même sous ces cocotiers et manguiers qui nous observent, la trépidante existence qui règne de Paris à Sarrebourg, de Béthune à Cantin, de Lyon à Menton… Ah, j’ai dit que je venais de Sarrebourg, n’est-ce pas ? Fort bien, mais ne confondez pas ma ville avec celle de Saarburg, qui se trouve en Rhénanie-Palatinat, je veux dire en Allemagne… »

  On applaudit. On était devant un Monsieur qui savait.[…]

Un jour, pendant un match de foot organisé pour impressionner les filles, en particulier la belle Elikya, Boum Biboum, en allant chercher le ballon dans la forêt qui était à la lisière du stade, fait une découverte extraordinaire. Cette découverte va le bouleverser et remettre certaines de ses certitudes en question. Comment raconter ce qu’il a vu ? Qui le croira ? Faut-il le raconter à ses amis ?

Le premier roman de Blick Bassy

Le Moabi Cinéma est un roman authentique et original, qui dessine la vie de personnages hétéroclites, sans pour autant négliger la recherche de la qualité dans l’écriture. Le lecteur se noue d’amitié avec ces derniers et partage leurs angoisses et leurs joies. Le Moabi Cinéma, c’est aussi un roman engagé, une subtile, grosse et belle taloche bien appliquée sur le crâne de toute la société camerounaise avec toutes ses contradictions, ses influences étrangères et ses espoirs. Aucune classe sociale n’est épargnée.

Le premier roman de Blick Bassy réussit le pari d’offrir d’abord un très bon moment de lecture. C’est un roman agréable, facile à lire et qui fait beaucoup rire. L’intrigue s’installe lentement, suscitant l’attente du lecteur, mais ça vaut le coup d’aller jusqu’au bout de sa lecture. À la fin tout s’éclaircit. La jeunesse camerounaise, et africaine en général, s’y reconnaîtra. Pour les autres, ce sera une belle occasion de mieux comprendre la sociologie de ceux qui veulent partir à tous les prix, mettant même parfois leurs vies en danger, pour ensuite revenir au pays comme des « fantômes ». Partir en Mbeng, c’est aussi un peu mourir. Et qui revient du pays des morts est un fantôme.

Par Francine Mondjo

16 juin 2021 0 Commentaires
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Christian Elongue
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Christian Elongué nominé parmi les visionnaires et innovateurs dans l’alphabétisation dans le monde

par Acèle Nadale 18 mars 2021
Rédigé par Acèle Nadale

Communiqué de presse

Christian Elongué, Président de Muna Kalati, une association à but non lucratif promouvant la lecture et la littérature enfantine en Afrique, est l’un des 30 leaders de l’alphabétisation de l’Association internationale d’alphabétisation (ILA). Cette liste mondiale célèbre des innovateurs et des visionnaires dans le domaine de l’alphabétisation.

L’Association internationale de l’alphabétisation (ILA) est une organisation mondiale qui se consacre à la promotion de l’alphabétisation pour tous grâce à son réseau de plus de 300 000 éducateurs, chercheurs et experts en alphabétisation dans 128 pays.

Christian Elongué est un auteur et un chercheur sur la littérature pour enfants et jeunes adultes. Consterné par le manque de personnages noirs dans les livres destinés aux enfants africains, Christian a fondé munakalati.org en 2017 dans le but d’établir une reconnaissance internationale pour les auteurs africains de livres pour enfants et d’accroître l’accès aux livres aux enfants africains.

Il a également été reconnu pour la publication du magazine Muna Kalati, qui devient une référence pour les écrivains, les éditeurs et les illustrateurs de livres pour enfants et jeunes adultes, ainsi que pour les bibliothécaires, les enseignants, les éditeurs et les parents. Christian a soutenu plusieurs chercheurs, encadré des étudiants en master et doctorat pour entreprendre des recherches sur la littérature africaine pour enfants au Cameroun, au Bénin, au Togo et au Burkina Faso.

Introduction à la littérature jeunesse au Cameroun

Lire le livre

En 2019, il est devenu l’auteur du livre : An Introduction à la Littérature Jeunesse au Cameroun, le premier ouvrage scientifique avec une approche holistique sur l’industrie du livre pour enfants au Cameroun. Avant cela, il a collaboré à la littérature enfantine avec le Centre national français de littérature enfantine. En tant que membre fondateur de l’International Board of Book for Young People (IBBY-Cameroun), il a passé plusieurs années à développer des initiatives d’alphabétisation et d’éducation comme moyen d’autonomisation des enfants en Afrique.

Chrstian Elongué a indiqué que le but ultime du travail de Muna Kalati est d’accroître l’accès à des livres divers et abordables pour les enfants et les jeunes adultes en Afrique. Avec son équipe, ils façonnent l’avenir de l’alphabétisation en renforçant la culture de la lecture et en donnant aux enfants et aux jeunes adultes les moyens d’être des apprenants et des leaders tout au long de leur vie.

Selon lui, « on ne peut pas être un grand leader sans être un grand apprenant, on cesse de mûrir quand on cesse d’apprendre. Comme la lecture est l’un des moyens les plus courants et les plus efficaces d’apprendre, tous les grands leaders sont également de grands lecteurs. Ainsi, en donnant aux enfants la possibilité de cultiver une passion et un intérêt réel pour la lecture, et non dans un but utilitaire ou académique, on les aidera certainement à devenir les leaders et les acteurs de changement dont nos sociétés ont un besoin critique ».

Pour Christian Elongué, la lecture façonne notre pensée. Les livres pour enfants façonnent la façon dont nous voyons le monde en grandissant. Les histoires que nous découvrons à travers les livres influencent notre mentalité. Et comme l’enfance est une période de la vie où notre identité est largement définie, il est très important pour les enfants de se voir dans les personnages et les héros qu’ils lisent. Par conséquent, lorsqu’ils ne peuvent pas voir des personnages et des décors qui sont similaires aux leurs, les enfants peuvent avoir tendance à croire que ce qu’ils voient dans ces livres est la « norme ».

Cela pourrait avoir un effet négatif sur la construction de leur identité, car ils essaieraient parfois de conformer leur attitude et leur comportement à ce qu’ils voient dans les personnages et les héros de leur livre. Le manque de diversité dans les livres pour enfants pourrait être une menace pour le dialogue international et un obstacle à un dialogue fructueux des civilisations. Cependant, je ne veux pas que les enfants imaginent un monde sans différences, mais je veux qu’ils valorisent la différence. Les préparer à un monde plus juste ne signifie pas leur apprendre à rejeter les autres. Cela signifie les aider à apprendre à célébrer leur identité et à en être fiers.

En outre, le manque de diversité chez les enfants influence également leur amour de la lecture et de l’alphabétisation, surtout au niveau de la motivation. Les enfants ne sont généralement pas très enthousiastes à l’idée de continuer à lire une histoire dans laquelle ils ne se reconnaissent pas eux-mêmes ni leur environnement local. Et grâce à mon expérience de travail avec les enfants et les jeunes adultes, j’ai remarqué qu’ils étaient plus enthousiastes à l’idée de continuer à lire des livres où les personnages, les décors et les dialogues sont le reflet de leurs réalités quotidiennes.

[bctt tweet= »Le manque de diversité chez les enfants influence également leur amour de la lecture et de l’alphabétisation, surtout au niveau de la motivation. » username= »Afrolivresque »]

Représentant 12 pays, la liste des lauréats de cette année comprend des éducateurs, des dirigeants d’organisations à but non lucratif, des auteurs, des bénévoles, des chercheurs et des entrepreneurs sociaux. « Le début de l’année 2021 est très prometteur grâce au travail des lauréats de cette année », a déclaré la directrice exécutive de l’ILA, Marcie Craig Post. « Leur travail – qu’il s’agisse de recherche sur l’alphabétisation multiculturelle, d’aider les jeunes étudiants à trouver le pouvoir de leur voix ou de démanteler les systèmes d’oppression dans l’éducation – a un impact sur la vie d’innombrables individus et communautés ».

Christian Elongué rejoint ainsi une cohorte croissante de leaders. Parmi les anciens lauréats figurent Gerald Dessus, professeur de justice sociale et concepteur de programmes scolaires en Pennsylvanie ; Shiza Shahid, cofondateur du Fonds Malala ; Allister Chang, fondateur de Civic Suds ; et Freshta Karim, fondateur de la bibliothèque mobile Charmaghz en Afghanistan.

Avec plus de 60 ans d’expérience, l’ILA a établi la norme en matière de définition, d’enseignement et d’évaluation de l’alphabétisation. L’ILA collabore avec des partenaires du monde entier pour développer, rassembler et diffuser des ressources de haute qualité, des meilleures pratiques et des recherches de pointe afin de responsabiliser les éducateurs, d’inspirer les étudiants et d’informer les décideurs politiques.

Concluons avec les mots de Christian Elongué sur l’élément le plus gratifiant de son travail avec Muna Kalati :

« La partie la plus gratifiante de mon travail est de voir comment des vies sont façonnées et transformées grâce à la lecture. Notre vie est limitée. Les livres sont la porte d’entrée d’une richesse et d’une sagesse illimitées. Ainsi, la lecture d’un livre permet à un enfant d’accéder aux leçons apprises après de nombreuses années d’expériences. C’est comme vivre de nombreuses années à l’avance et acquérir la sagesse des autres. On dit souvent qu « un enfant debout ne peut pas voir aussi loin qu’une personne âgée assise ». Je crois que ce n’est pas toujours vrai pour un jeune qui a la passion de lire de bons livres, ou s’informe régulièrement en ligne et prend le temps d’appliquer les connaissances acquises ».

Si vous souhaitez rejoindre notre équipe, ou si vous êtes intéressé par l’écriture, les blogs, les vlogs sur la lecture, les droits de l’enfant et l’alphabétisation, la littérature pour enfants et jeunes adultes, la diversité des livres pour enfants, veuillez nous envoyer un courriel à info@munakalati.org. Il est urgent d’accroître la visibilité et l’accès à des livres pour enfants diversifiés et originaux et vous pouvez contribuer de manière significative à cette mission. Suivez-nous sur les médias sociaux.

Muna Kalati

18 mars 2021 0 Commentaires
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La statue de Joseph Ki-Zerbo
AfriqueAfrique de l'OuestRégionsSociété

Burkina : Une statue du Professeur Joseph Ki-Zerbo érigée à l’université qui porte son nom

par Acèle Nadale 14 janvier 2021
Rédigé par Acèle Nadale

Le 4 décembre 2020, les dirigeants de l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) au Burkina Faso décidaient d’immortaliser la mémoire de l’homme qui a inspiré le nom de l’établissement. Une statue à son effigie a été installée au cœur même de l’enceinte du bâtiment. Cet hommage s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation de l’œuvre de l’historien et de son impact dans l’histoire du Burkina. 

Qui était le professeur Joseph Ki-Zerbo ?

Joseph Ki-Zerbo

Joseph Ki-Zerbo

Joseph Ki-Zerbo pousse ses premiers cris le 21 juin 1922, au Burkina Faso à Toma. Il obtient son baccalauréat à Bamako (Mali) et une bourse pour étudier l’Histoire à la Sorbonne. Ki-Zerbo soutient ensuite sa thèse de doctorat et devient dans les années 50 professeur agrégé d’Histoire. Le jeune enseignant s’installe à Dakar en 1957 où il y poursuit sa carrière d’enseignant et intègre la vie politique. Il crée ensuite le Mouvement de Libération Nationale (MLN) et utilise alors sa plume pour exprimer ses idées sociales et politiques.

Son œuvre publiée en 1972 intitulée Histoire de l’Afrique en est la parfaite illustration. C’est un livre de référence sur l’Histoire africaine qui s’oppose à la thèse courante d’une Afrique sans Histoire et sans culture. Joseph Ki-Zerbo rentre au Burkina en 1992 après son exil et fonde en 1993 le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP). Ses actions et ses travaux lui valent plusieurs récompenses, notamment le Prix Nobel Alternatif en 1997 et la Médaille d’argent d’Avicennes de l’UNESCO en 1999.

L’impact de la statue érigée en hommage à Joseph Ki-Zerbo

La statue représente le célèbre historien vêtu d’un boubou et d’un bonnet, le regard tourné vers le sud. Il est debout et tient contre lui son livre Éduquer ou périr. « Cette illustration traduit l’engagement de l’homme politique en faveur de l’éducation, de la science, du développement et de la culture », affirme le président de l’université. La fille de l’historien a remercié la communauté universitaire pour cette réalisation qu’elle qualifie de “souvenir tangible pour les générations présentes et futures”.

Cette statue est une représentation forte du combattant pour la place de l’Afrique dans l’Histoire universelle et pour le développement endogène. La famille de l’historien a remis des archives constituées de 4 939 ouvrages et documents du professeur pour soutenir la communauté scientifique de l’UJKZ. Elle apporte aussi un appui financier pour la réalisation de deux thèses de doctorat en lien avec les travaux du professeur.

Cette action des autorités de l’université Joseph Ki-Zerbo s’inscrit dans le cadre de la promotion des personnages marquants de l’Histoire du Burkina Faso.

14 janvier 2021 0 Commentaires
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« Ah covid 19 ! » de Chantal Bonono : « Coropoésie » ou le souffle de l’espoir…
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« Ah covid 19 ! » de Chantal Bonono : « Coropoésie » ou le souffle de l’espoir…

par Baltazar Noah 19 décembre 2020
Rédigé par Baltazar Noah

Publié dans la revue Art et poésie (Nº11-2ᵉ trimestre 2020), le poème Ah covid 19 ! de Chantal Bonono, dont le « libéralisme scriptural » dévoile un profond désir d’anéantissement de la pandémie covid-19, énonce toute la brutalité caractéristique de ce jeune siècle, l’insoutenable fragilité de la condition humaine et notre impuissance généralisée face à notre monde qui se gargarise tristement de sa propre fin.

Les pandémies ont toujours nourri la littérature. D’abord dans les grandes tragédies grecques, dans Œdipe roi, Sophocle fait de la peste, qui accable Thèbes, le point initial de la découverte par Œdipe de l’accomplissement de son destin. Les motifs de la peste, du choléra et du Sida sont aussi mis en texte par des écrivains tels que Jean de La fontaine (Les animaux malades de la peste), Antonin Artaud (Le théâtre et son double), Albert Camus (La peste) en passant par Gabriel Garcia Marquez (Cent ans de solitude et/ou L’amour aux temps du choléra), Tony Kushner (Angels in America), Jean Giono (Le hussard sur le toit) et Hervé Guibert (A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie).

La liste n’est en rien exhaustive. Ces écrivains dépeignent ces effroyables maladies. Ce, sous toutes leurs formes dont le ferment de décrépitude est à la fois physique, physiologique, psychologique, moral, social. Plus amplement, la fictionnalisation des pandémies, loin de n’être qu’une des multiples pistes du renouvellement esthétique des clairières littéraires contemporaines, se veut une manière de forme de méditation, sans fissuration, distanciation ni fracturation, sur l’Homme étreint par toutes les formes de crises.

De la Coropoésie !

La « Coropoésie », poétisation de la pandémie du coronavirus, dite covid-19, dans laquelle s’inscrit ce texte de Bonono est versification explicite de l’espoir. Désir d’apaisement. Épuration de toute misère existentielle. Travail d’esprit, au spectre poétique, qui révèle que malgré ce drame existentiel, l’espoir demeure et reste l’incontournable canal qui permet aux Hommes d’accomplir l’ultime saut dans l’altérité qui les attend au-devant d’eux-mêmes. Voltigeant vers un lendemain sans excoriations, en déployant des ressources insoupçonnées en eux. 

Ah covid 19 ! de Chantal Bonono nous dévoile, tout compte fait, que si l’infiniment petit, c’est-à-dire l’Homme, ne peut pas se soustraire de sa condition, il peut, en revanche, continuer ou réapprendre à faire de ses actions et de ses infinies quêtes existentielles une apothéose de l’humanité. Ainsi, il devient possible d’espérer que, sans être ignorées ni négligées, la cruauté et la propagation du covid-19, à travers le monde, peuvent être repoussées et dénudées littérairement en s’appuyant, extase du paradoxe, sur l’âme cynique de cette pandémie !

Chantal Bonono est une poétesse et romancière camerounaise. Titulaire d’un Doctorat/PhD ès Lettres ; elle est enseignante, maître de Conférences de Langue et Littérature françaises à l’Université de Yaoundé I / ENS, où elle est également chef du pôle Création à l’ACEL (Atelier de Critique et d’Esthétique Littéraires).

19 décembre 2020 0 Commentaires
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Wole Soyinka publiera son premier roman après 48 ans
FictionAfriqueAfrique de l'OuestLittératureRégions

Wole Soyinka publiera son premier roman après 48 ans

par Acèle Nadale 19 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

L’annonce de la nouvelle publication de Wole Soyinka, figure emblématique de la littérature nigériane et lauréat du prix Nobel en 1986, marque un moment phare de la scène littéraire de fin d’année.

Après une interruption de près de 48 ans depuis son dernier roman, « Une saison d’anomie » sorti en 1973, le retour de Soyinka suscite une vive émotion et une grande anticipation. Son œuvre tant attendue promet d’être, tout comme ses précédents travaux, un ouvrage remarquable et potentiellement un nouveau chef-d’œuvre.

Le confinement : un huis clos inspirant pour Wole Soyinka

La pandémie de Covid-19, ayant imposé un confinement mondial, a servi de cadre inspirant pour Wole Soyinka. Durant cette période, Wole Soyinka a finalisé son troisième roman. Chronicles from the Land of the Happiest People on Earth vient briser le silence relatif de cet auteur, dont l’œuvre est aussi riche et diverse que sa célèbre chevelure. Malgré une pause dans la publication de romans, Soyinka n’a jamais vraiment disparu de la scène littéraire, avec la sortie d’une autobiographie et de nombreux essais.

Wole Soyinka, une figure littéraire constamment présente à travers ses écrits et interventions, renoue avec un genre qu’il avait délaissé depuis presque un demi-siècle. Cette reprise éveille une grande curiosité et une anticipation palpable. Auteur de plus de trente ouvrages, Soyinka s’est distingué non seulement dans le domaine littéraire, mais aussi comme un défenseur intrépide des droits de l’homme à l’échelle mondiale et un acteur influent dans la sphère politique de son pays.

Un roman de 524 pages ancré dans son époque

Chronicles from the Land of the Happiest People on Earth

Lire le livre

Le roman raconte l’histoire d’un pacte et d’une alliance scellés entre quatre amis, pour faire un changement majeur dans leur nation. Désormais au dernier stade de l’âge adulte, face à un paysage politique en évolution et à un changement de gouvernement, ils se séparent, se réunissent, naviguent dans des relations familiales complexes et sont de plus en plus reconnus dans leur profession. Pendant ce temps, leurs chemins s’entremêlent avec ceux d’éminents religieux, dirigeants communautaires et gouvernementaux, et le vent commence à se retourner contre eux, avec des conséquences désastreuses.

Dans Chronicles from the Land of the Happiest People on Earth, Wole Soyinka, fidèle à son engagement de longue date contre les injustices, infuse à nouveau son œuvre des éléments qui ont façonné sa réputation littéraire. Le roman, décrit comme un « tour de force narratif » par son éditeur, déploie des personnages captivants et explore des thèmes récurrents dans l’œuvre de Soyinka : l’amitié, la trahison, la foi, l’espoir et la mort. Cette œuvre, aux nuances tragiques, se déroule dans le contexte du Nigeria contemporain. Soyinka y réaffirme son rôle de vigie, se posant en observateur averti des évolutions sociales, économiques et politiques de son pays natal, le Nigeria.

La parution du roman est prévue à l’international pour le début de l’année 2021. Toutefois, son éditeur, Bookcraft, le propose en précommande sur son site. 

19 novembre 2020 0 Commentaires
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Femmes de lettres congolaises
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Lancement de l’Association des Femmes de Lettres en RDC : Une Nouvelle Ère Littéraire

par Acèle Nadale 19 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

L’expression « femmes de lettres » prend ses racines aux XVIIe et XVIIIe siècles, désignant des femmes érudites, actives dans le milieu littéraire, engagées dans des manifestations culturelles et pionnières de la pensée féministe. Dans cette tradition, l’association « Femmes de lettres congolaises » (FELCO) a été inaugurée le 23 octobre à Kinshasa, marquant un nouveau chapitre pour l’expression artistique féminine en République Démocratique du Congo (RDC).

Diversité et engagement des femmes de lettres congolaises

FELCO réunit des femmes de lettres congolaises de toutes générations : écrivaines, poétesses, dramaturges, conteuses, rappeuses, slameuses, philosophes, juristes, journalistes, érudits, professeurs, et libres penseuses. Présidée par Yolande Elebe, cette association vise à promouvoir les œuvres des femmes de lettres congolaises, à faciliter l’édition et la diffusion de leurs œuvres et à les intégrer dans les réseaux littéraires africains et internationaux. Elle milite aussi pour l’inclusion de leurs œuvres dans les programmes scolaires.

Une association de femmes de lettres artistiquement inclusive

FELCO, engagée dans divers domaines dont la pensée, la musique, l’écriture et l’humour, organise des spectacles où les femmes exposent les injustices vécues par les femmes congolaises. Des thèmes comme la violence conjugale, les abus sexuels, la résilience et l’héritage sont abordés.

Le spectacle « Femme pose des mots sur tes silences », organisé pour le lancement de FELCO, a vu la présence de la première dame congolaise. Son action étant alignée sur la vision de l’association pour la promotion de l’éducation des jeunes filles, la lutte contre la violence basée sur le genre et l’autonomisation de la femme congolaise.

[bctt tweet= »De tout temps, les associations de femmes de lettres ont contribué à la pensée et à l’avancée des droits des femmes. » username= »Afrolivresque »]

Les membres du bureau exécutif du FELCO

Le bureau actuel de l’Association des femmes de lettres congolaises est composé de six femmes dont la présidente, Yolande Elebe Ma Ndembo (écrivaine), la vice-présidente Nadège Bope (animatrice et chargée de la communication au sein du cercle des leaders juvéniles pour la promotion et la protection sociale), la secrétaire générale Fédorah Bikay ( militante de l’ONG congolaise Congo Green Citizen), la secrétaire générale adjointe Soraya Odia (militante littéraire congolaise) et les conseillères Lakubu Laetitia (écrivaine),  Ange Kasongo (journaliste et écrivaine) et Diane Bajika (écrivaine). 

De tout temps, les associations de femmes de lettres ont contribué à la pensée et à l’avancée des droits des femmes. Encore très peu mises en lumière, les femmes de lettres ont intérêt à regrouper leurs forces et à mieux s’organiser pour faire porter leur voix encore plus loin. Cette nouvelle initiative congolaise est certainement une inspiration pour d’autres pays africains et un enrichissement au débat intellectuel et artistique congolais et africain.

19 novembre 2020 2 Commentaires
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4ᵉ édition de la Foire Internationale du Livre de Lomé
ÉvénementsAfriqueAfrique de l'OuestProfessionnelsRégions

Lomé en Avant-Garde : La Foire Internationale du Livre Passe au Numérique du 11 au 14 Novembre

par Acèle Nadale 10 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

La 4ᵉ édition de la Foire Internationale du Livre de Lomé, connue sous l’acronyme FI2L 2020, se tiendra du 11 au 14 novembre 2020. Organisé par le club ‘Le Littéraire’, cet événement est rapidement devenu un rendez-vous incontournable pour les passionnés de lecture et les professionnels du secteur en Afrique.

Rétrospective et portée internationale

La Foire Internationale du Livre de Lomé a toujours été un événement de grande envergure, comme en témoigne l’édition précédente. L’an dernier, la FI2L a rassemblé neuf pays, y compris six de l’Afrique noire francophone, avec le Cameroun comme invité d’honneur, et trois pays européens : Belgique, France et Allemagne. Cette rencontre a réuni près de 54 acteurs du livre pour environ 10 000 visiteurs.

La révolution numérique de la Foire Internationale du Livre de Lomé

L’édition 2020 de la Foire Internationale du Livre de Lomé (FI2L) se distingue par sa transition innovante vers le numérique. Ce changement majeur transforme l’événement, connu pour sa convivialité et l’affluence de délégations internationales, en une expérience principalement virtuelle, adaptée aux exigences de l’époque actuelle.

Les différentes conférences, expositions, ateliers et débats organisés dans le cadre de la foire seront accessibles en ligne. Ces événements seront diffusés sur StreamYard, sur la chaîne YouTube du Club « Le Littéraire », ainsi que sur la page Facebook de la FI2L, permettant ainsi une participation étendue et interactive à distance.

Adaptations et mesures de sécurité face à la pandémie

Dans le contexte actuel de la pandémie, les organisateurs ont pris des mesures pour limiter les interactions physiques et, par conséquent, réduire les risques de contamination. Les adaptations sont les suivantes :

  • Aucune délégation étrangère ne sera présente sur le site. Cependant, les conférences, panels de discussion, et autres ateliers se tiendront via une plateforme spécialement conçue pour l’événement.
  • Les expositions itinérantes, autrefois accessibles au grand public, seront exclusivement disponibles pour les professionnels du secteur.
  • Des espaces ont été aménagés pour accueillir un nombre restreint de visiteurs, avec une capacité maximale de 25 personnes, permettant ainsi à ceux désireux de participer en personne de le faire en toute sécurité.

Quatre jours d’immersion numérique en présence d’auteurs togolais

Durant les quatre jours de la Foire Internationale du Livre de Lomé, le numérique sera au cœur des échanges entre participants. Des chercheurs, enseignants, auteurs et experts du domaine se réuniront pour débattre de sujets variés tels que la veille informationnelle, la bibliothèque numérique, le livre numérique et les opportunités offertes par les nouvelles technologies dans le secteur du livre.

Parmi les participants notables, on retrouve des auteurs togolais de renom tels qu’Ayi Hillah, Koffi Boko, Ella Bonin, Steve Bodjona et Théo Ananissoh. Leur présence enrichira les discussions et apportera des perspectives locales et régionales sur les thématiques abordées.

La Foire internationale du livre de Lomé 2020 promet un programme riche avec des invités de haut rang

10 novembre 2020 0 Commentaires
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Université Emi Koussi
AfriqueAfrique CentraleRégionsSociété

Tchad : L’université Emi Koussi lance une bibliothèque numérique YouScribe

par Acèle Nadale 6 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Dès son lancement officiel le 17 août dernier, la bibliothèque numérique de l’Université Emi Koussi a affiché clairement ses ambitions : promouvoir la recherche et démocratiser la culture mondiale. En quête perpétuelle des meilleurs outils pour garantir une bonne formation à ses étudiants, l’Université Emi Koussi a initié le premier projet de bibliothèque numérique YouScribe au Tchad. Au-delà du caractère inédit et louable de cette mise en place, il est nécessaire d’en étudier les enjeux.

L’Université Emi Koussi, première université privée laïque du Tchad

Située à N’Djamena la capitale de la République du Tchad, l’Université Emi Koussi (UNEK) est un institut supérieur privé fondé en 2011. Première université privée laïque à obtenir son autorisation, elle propose des formations en cycle Licence, Master et Doctorat. Forte de ses coopérations avec des universités prestigieuses d’Afrique, l’UNEK présente deux facultés à ce jour: la faculté des Sciences Humaines, Juridiques et de Gestion, et la faculté des Sciences et Techniques. 

Une volonté de faciliter et de démocratiser l’accès au savoir

La bibliothèque donne accès à plus de 1 500 000 ouvrages. Avec elle, les étudiants et chercheurs peuvent désormais se documenter, effectuer des recherches de n’importe où et à partir de n’importe quel terminal. Des sciences sociales aux sciences politiques, et même économiques, les documents de la bibliothèque traitent d’une grande variété de sujets. Cet atout précieux fait évoluer l’enseignement vers une nouvelle ère et permet la protection des ouvrages les plus anciens avec la numérisation de leurs contenus. Par ces temps agités par la pandémie Covid-19, la bibliothèque contribue également à la lutte contre la propagation de la pandémie avec le respect strict de la distanciation sociale grâce à une bibliothèque numérique. C’est aussi un atout majeur dans la démocratisation de la connaissance et de la préservation du patrimoine culturel mondial.

Une initiative pour faciliter l’accès des livres aux étudiants

La création de cette bibliothèque est l’initiative des responsables de l’établissement, notamment du président et du vice-président du conseil d’administration et du directeur de l’université. En effet, Dr. Allah Ridy Koné, M. François Xavier Bigaoula et Dr. Casimir Beassoum furent les premiers à prendre la mesure d’une telle réalisation et de son impact sur la formation des étudiants. 

Les étudiants ont un accès gratuit et illimité pendant un an aux contenus de la bibliothèque numérique, sans se préoccuper d’avoir à transporter des dizaines de livres. Pour se connecter à la plateforme, il est impératif de créer un compte YouScribe et de se procurer et code d’accès au département informatique de l’université. 

Les bibliothèques numériques s’imposent aujourd’hui comme un atout majeur en ces temps de pandémie. Elles sont le parfait mix entre la conservation de documents, l’accès peu coûteux aux livres en toute sécurité et la diversification de l’offre livresque. Leur mise en place devient de plus en plus facile grâce aux nouvelles technologies et aux acteurs qui proposent des outils adaptés aux demandes spécifiques adaptées à la demande locale, à l’instar de YouScribe.

6 novembre 2020 1 Commenter
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Amanuel Asrat
AfriqueAfrique de l'EstIndustriePolitiqueRégions

Amanuel Asrat, Poète Emprisonné Depuis 19 Ans, Honoré Comme « Écrivain International de Courage’ au Prix PEN Pinter 2020

par Acèle Nadale 6 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Amanuel Asrat, Détenu depuis 2001 Sans Jugement, Désigné pour le Prix ‘Écrivain International de Courage’ par le Lauréat du PEN Pinter 2020.

Une distinction méritée et reconnue par ses pairs

En début d’année, le poète d’origine jamaïcaine Linton Kwesi Johnson a reçu le prix PEN Pinter, décerné par l’organisation English PEN. Ce prix, qui vise à défendre la liberté d’expression et à célébrer la littérature, honore un écrivain qui, selon Harold Pinter dans son discours du Nobel en 2005, offre une vision « inébranlable et précise » du monde et une « volonté intellectuelle acharnée à révéler la véritable essence de nos vies et sociétés ».

Selon la tradition, le lauréat du PEN Pinter nomme un « Écrivain international de courage », honorant un auteur engagé pour la liberté d’expression, souvent au péril de sa propre sécurité. Cette année, Linton Kwesi Johnson a choisi Amanuel Asrat, emprisonné sans procès depuis près de deux décennies, pour cette distinction.

Dans le journal The Guardian, Linton Kwesi Johnson a justifié son choix en ces termes :

“Maintenir un citoyen incarcéré, au secret, sans inculpation ni procès pendant près de 20 ans est le genre de brutalité flagrante que nous associons aux États totalitaires et aux dictatures”.

Qui est l’écrivain et journaliste Amanuel Asrat ?

Linton Kwesi Johnson tenant un portrait d'Amanuel Asrat - Photo : George Torode

Linton Kwesi Johnson tenant un portrait d’Amanuel Asrat – Photo : George Torode

Détenu depuis septembre 2001, Asrat est parmi les rares survivants des arrestations massives orchestrées par le régime d’Asmara. Connu pour son journal « Zemen » (Le Temps) et ses poèmes sur la souffrance et la pauvreté sous le régime, Asrat a été emprisonné dans la prison secrète d’Eiraeiro dans le nord désertique de l’Érythrée. Ses dernières photos le montrent comme un homme grand et moustachu, âgé d’une trentaine d’années.

Le jour de son arrestation coïncidait avec le début d’une répression massive par le gouvernement d’Isaias Afwerki contre les opposants et les médias critiques.

 

[bctt tweet= »Emprisonné depuis septembre 2001, Amanuel Asrat est l’un des derniers survivants des rafles organisées par le régime d’Asmara il y a 19 ans. » username= »Afrolivresque »]

La situation d’Asrat reste préoccupante. Jusqu’à présent, aucune accusation formelle ne semble avoir été portée contre lui. Sa détention continue dans le secret, laissant son état actuel incertain. English PEN a lancé une campagne de soutien pour les familles d’écrivains courageux, avec Asrat comme premier sujet. La campagne invite les personnes du monde entier à envoyer des messages de solidarité via leur site web.

Les volontaires du monde entier sont invités à envoyer des messages de solidarité via le formulaire sur le site de l’association.

L’organisation PEN, dont l’acronyme représente Poets, Essayists, Novelists, promeut la liberté d’expression des écrivains. La nomination d’Amanuel Asrat comme Écrivain de courage est un geste de solidarité envers l’écrivain détenu depuis 19 ans et un appel à la communauté internationale pour sa libération, ainsi que celle des autres prisonniers politiques en Érythrée.

 

6 novembre 2020 0 Commentaires
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Grand prix de la littérature togolaise 2020 : Mgr Barrigah-Benissan
AfriqueAfrique de l'OuestRégions

Grand Prix de la Littérature Togolaise 2020: Triomphe Littéraire à Lomé de L’Archevêque Mgr Nicodème Barrigah-Benissan

par Acèle Nadale 4 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Pour sa première édition, le Grand Prix de la littérature togolaise a été attribué à une figure exceptionnelle : Mgr Nicodème Anani Barrigah-Benissan, Archevêque de Lomé.

Cette récompense prestigieuse lui a été remise lors de la cérémonie du Fonds d’aide à la culture (FAC) en présence de personnalités éminentes telles que le ministre de la Culture et du tourisme, Dr Kossi Gbényo Lamadokou. Le Togo célèbre ainsi sa richesse culturelle en honorant l’homme d’Église pour sa pièce de théâtre Le trône royal.

Enfance, parcours scolaire et carrière ecclésiastique de Mgr Yves Nicodème Anani Barrigah-Benissan

Originaire de Nyékonakpoè, Mgr Barrigah-Benissan a entamé son parcours en Afrique de l’Ouest, poursuivant des études en philosophie et en théologie. Son ordination en 1987 à la cathédrale Notre-Dame-De-La-Trinité d’Atakpamé a marqué le début d’une carrière ecclésiastique distinguée, jalonnée de missions diplomatiques pour le Saint-Siège et de rôles clés au sein de l’Église catholique. Le 23 novembre 2019, il devient Archevêque de Lomé, succédant à Denis Komivi Amuzu-Dzakpah.

En plus de son engagement ecclésiastique, Mgr Barrigah-Benissan est un écrivain et compositeur prolifique. Il a enrichi la culture togolaise avec une centaine de chants religieux et plusieurs ouvrages, dont son œuvre marquante Le trône royal. Cette pièce, publiée initialement en 1993, a été rééditée en 2019 et se distingue par son exploration profonde de la gouvernance dans les communautés locales. Elle sert de plateforme pour aborder des thèmes cruciaux et sensibles de la sous-région de l’Afrique sub-saharienne.

Sa victoire au Grand Prix de la littérature togolaise est plus qu’un hommage à son talent littéraire ; elle symbolise une vie dédiée à la culture, la paix et le développement social. Comme il le souligne lui-même, « L’art est une manière d’être, de sentir, de vivre » — une philosophie qu’il incarne à travers ses multiples contributions à la société.

[bctt tweet= »L’art est une manière d’être, de sentir, de vivre. Il s’agit d’une prédisposition que l’on découvre et cultive patiemment.- Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan » username= »Afrolivresque »]

Le trône royal, Grand Prix de la littérature togolaise

Dans Le trône royal, Mgr Nicodème Barrigah-Benissan utilise la scène théâtrale pour offrir un aperçu approfondi des enjeux sociopolitiques de l’Afrique sub-saharienne. La pièce, étendue sur 58 pages, a été unanimement saluée par le jury pour sa narration, le dialogue dynamique entre les personnages, et l’importance des thèmes abordés. Initialement publiée par les Nouvelles Éditions Africaines au Togo en 1993 et rééditée en 2019, cette œuvre littéraire explore des aspects de la gouvernance au sein des communautés locales.

L’Archevêque partage sa vision de l’art dans une interview accordée à africa.la-croix, où il déclare :

“L’art est une manière d’être, de sentir, de vivre. Il s’agit d’une prédisposition que l’on découvre et cultive patiemment. Le but de l’art n’est pas d’abord de produire des œuvres commerciales mais de transmettre ce que l’on ressent ou saisit de la vie. L’art exprime une réalité intérieure.”

 Ces mots résonnent avec la profondeur et la portée de son travail artistique et spirituel.

En somme, l’attribution du Grand Prix de la Littérature Togolaise à Mgr Nicodème Barrigah-Benissan est plus qu’une simple récompense littéraire ; c’est une célébration de sa dévotion à la culture, à la paix, et à l’expression artistique. Sa victoire met en lumière non seulement son talent d’écrivain, mais aussi son rôle en tant que leader spirituel et intellectuel dans la société togolaise et au-delà.

4 novembre 2020 0 Commentaires
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5 Questions à Djaïli Amadou Amal, finaliste du Goncourt 2020 avec les "Les impatientes"
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5 Questions à Djaïli Amadou Amal, finaliste du Goncourt 2020 avec les « Les impatientes »

par Acèle Nadale 2 novembre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Djaïli Amadou Amal. Tout le monde littéraire francophone parle de « la surprise » du Goncourt de l’édition 2020 avec son troisième roman Les impatientes (lauréate du Prix de la Presse Panafricaine de Littérature 2019).  Pour nous, ce n’est pas une surprise de voir le travail de Djaïli Amadou Amal être reconnu à l’international.

Quand vous avez lu son premier roman, Walaande, l’art de partager un mari (Ifrikiya 2010, Prix du jury de la Fondation Prince de Claus à Amsterdam), il ne fait aucun doute que ce roman est le début d’une très belle carrière. Avec Les impatientes, finaliste du Goncourt  2020, elle confirme ce que nous avions pensé. La date de la proclamation du gagnant prévue pour le 10 novembre a été malheureusement renvoyée à une date ultérieure par solidarité aux fermetures des librairies en France pour cause de confinement. En attendant, nous avons eu le privilège d’échanger avec Djaïli Amadou Amal sur son parcours littéraire et sur son engagement dans le combat contre les injustices faites aux femmes, thématique centrale de ses livres.

Afrolivresque – Votre roman, Les impatientes, dont le titre original est Munyal, les larmes de la patience, a été publié en 2017 aux éditions Proximité au Cameroun. Quel est le lien entre le titre de l’édition camerounaise et celui de l’édition française ?

Djaïli Amadou Amal – Munyal est en langue Peulh et signifie littéralement patience. Pour une femme, ça veut dire : « accepte tout, résigne-toi et surtout ne te plains pas ». Munyal est l’une des valeurs de la culture Peulh. C’est une injonction que les femmes entendent tout au long de leur vie. Quand une jeune fille va en mariage, on lui donne tout un ensemble de conseils dont Munyal, Munyal, Munyal! Selon cette valeur, si le mariage réussissait, ce serait grâce à notre patience ou à notre capacité à tout supporter. En écrivant ce roman, je voulais certes parler des violences faites aux femmes, mais surtout, dénoncer tout cet ensemble de conseils qu’on martèle à la jeune fille qui se marie. Les trois héroïnes du roman sont des femmes qui ont envie de dire qu’elles ont marre de ce Munyal, mais elles sont prises au piège du mélange de la culture et de la religion.

Djaïli Amadou Amal - Les impatientes

Commander le livre

Ce roman ayant eu le 1er Prix Orange du Livre en Afrique en 2019, les éditions Emmanuelle Collas se sont intéressées au livre. Avec Emmanuelle, on a voulu donner un titre beaucoup plus optimiste. Ces femmes sont des femmes qui se battent. Elles ne se laissent pas faire. La première prend la fuite, c’est une forme de courage. La seconde qui se réfugie dans la folie, c’est peut-être aussi une forme de courage. La troisième décide de rester dans le mariage et de ne pas se laisser faire, c’est encore une autre forme de courage. Ce sont trois femmes qui n’ont pas de Munyal et qui sont impatientes.

En plus d’être une écrivaine à succès, vous êtes aussi engagée dans la promotion de la lecture avec l’association « Lire au Sahel« , dont vous êtes la présidente. D’où vient votre passion pour la lecture ?

J’ai eu une enfance plutôt heureuse. J’ai eu la chance d’être inscrite à l’école, car pour mon père, l’éducation des filles était une chose très importante. J’ai été plongée très tôt dans la littérature, à l’âge de huit ans. J’adorais les livres. Enfant, je n’avais qu’un seul objectif, trouver des livres. Pour cela, j’étais prête à tout, y compris à escalader le mur de l’Église catholique (rires). J’avais peur d’entrer par la porte. C’était le seul endroit où il y avait un semblant de bibliothèque. J’y emmenais mes petits frères quand mes parents faisaient la sieste. Quand mon père a finalement découvert le secret, il était très choqué. Il m’a posée la question de savoir pourquoi j’escaladais le mur de l’église. Quand il a su que c’était pour chercher des livres, il m’a demandé d’entrer par la porte. Je lui ai fait comprendre que j’avais peur parce que je suis musulmane. Il m’a tout de suite rassurée que cela ne posait aucun problème. Ce jour-là, mon père m’a enseignée ma plus grande leçon de tolérance et m’a encouragée à lire beaucoup plus.

Dans vos livres, vous thématisez les injustices faites aux femmes, entre autres le mariage forcé, une situation que vous avez vous-même vécue. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Je viens d’une région où l’enfant n’appartient pas qu’à sa famille. L’enfant est celui de toute la communauté. Mes oncles m’ont donnée en mariage à 17 ans à un homme politique puissant qui avait plus de la cinquantaine et qui était déjà marié. Évidement je me suis révoltée avec les armes que j’avais. J’ai pleuré, j’ai dit non. Comme je le dis toujours, le mariage forcé ne se passe pas comme dans les mauvais téléfilms. En réalité, il passe davantage par le chantage affectif et par la persuasion. On demande à la jeune fille de ne pas faire honte à sa famille. À un moment, on finit par céder au chantage. La lecture et l’écriture m’ont beaucoup aidée à surmonter cette épreuve. Psychologiquement, j’avais besoin d’un exutoire. En lisant, je pouvais être partout où j’avais envie d’être, sauf dans la réalité. En écrivant, j’essayais de faire ressortir tous mes ressentis.

[bctt tweet= »Si défendre les droits des femmes et essayer d’apporter des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent est le féminisme, alors oui je suis une féministe. » username= »Afrolivresque »]

Vous vous réclamez féministe. Qu’est-ce que le féminisme pour vous aujourd’hui ?

Au départ, je ne me disais pas que je veux être féministe ou me réclamer comme telle. J’ai publié mon premier livre. Il a eu le succès qu’il a eu. Et tout d’un coup, on a découvert l’univers de ces femmes qui sont enfermées dans des maisons. Pour la première fois, une femme du Grand Nord Cameroun osait dire ce qui n’allait pas et ce qui se passait réellement dans ces concessions. La presse m’a surnommée « la voix des sans voix ». Je me suis inscrite dans un combat qui était le mien dès le départ. Je n’avais pas encore mis les mots sur ma bataille. Aujourd’hui, quand on me demande ce que c’est que le féminisme, je ne sais vraiment jamais comment répondre à cette question. Si défendre les droits des femmes et essayer d’apporter des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent est le féminisme, alors oui, je suis une féministe. Ceci dit, est-ce que je m’inscris forcément dans d’autres combats féministes où les revendications vont peut-être au-delà de ce que moi, je peux imaginer ? Là, c’est une autre question.

Vous êtes aussi la présidente de l’association « Femmes du Sahel » avec laquelle vous essayez justement d’apporter sur le terrain des solutions aux femmes qui rencontrent des injustices…

Effectivement, j’ai créé cette association en 2012 après avoir suivi un programme de leadership aux États-Unis. Son périmètre d’action est le Grand Nord du Cameroun et toute la zone du Sahel. Nous avons deux volets, le volet éducation et le volet développement. Dans l’éducation, nous accompagnons les filles avec des parrainages. En 2019, nous avons eu 400 parrainages d’enfants dont 80 % de filles. Actuellement, nous sommes en train de réunir des fonds pour les prochains parrainages. Nous travaillons surtout dans les zones rurales. Nous essayons de faire beaucoup de causeries éducatives sur le mariage précoce et forcé. On apprend aux filles comment se prémunir des violences. Nous créons aussi de petites bibliothèques scolaires dans les zones très isolées. Dans certaines de ces régions, les enfants peuvent finir leurs cycles scolaires sans avoir jamais vu un livre de leur vie. Nous faisons beaucoup de sensibilisation dans les collèges et lycées aussi, avec les jeunes filles. Nous avons déjà sensibilisé près de 7 000 jeunes filles avec le soutien de nos partenaires. Côté développement, nous encourageons les femmes à avoir des activités génératrices de revenus comme l’agriculture et l’élevage, et en leur octroyant de petits crédits. Tous ceux qui souhaitent nous aider peuvent nous contacter directement par notre page Facebook Femmes du Sahel.

2 novembre 2020 0 Commentaires
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Kadiatou Konaré
PolitiquePortraits

Kadiatou Konaré : L’Éditrice Ministre De La Culture Du Mali

par Acèle Nadale 26 octobre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Suite à la démission de l’ancien président du Mali, Ibrahim Boubacar, le 19 août dernier, un gouvernement de transition a été mis en place fin septembre par les nouveaux dirigeants du pays. L’une des surprises de celui-ci est la nomination de Keïta Kadiatou Konaré comme ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Bien connue dans le monde de l’édition africaine, Kadiatou Konaré est une passionnée de culture et militante des droits des femmes. Fondatrice en 2001 de la maison d’édition Cauris Livres, elle a depuis conçu et implémenté de nombreux projets à caractère culturel dans son pays. Focus sur une femme qui inspire tant par son parcours que par ses réalisations.

Tous les chemins de Kadiatou Konaré mènent au livre !

Tel peut se résumer en une phrase le cheminement de Kadiatou Konaré. Elle est la fille de l’écrivaine et historienne Adame Bâ Konaré et d’Alpha Oumar Konaré, lui aussi historien et ancien Président du mali. Fille et petite-fille d’écrivains donc, elle est par sa filiation prédestinée à aimer et à évoluer dans le monde du livre. Et pourtant, c’est vers une filière scientifique que la brillante jeune fille s’oriente et obtient ainsi un baccalauréat scientifique.

Toujours animée par cette volonté de contourner les voies choisies pour elle par le destin, elle opte pour des études commerciales, mais choisit une filière qui la ramène à ses premiers amours. Elle en sort titulaire d’un master spécialisé en management de l’édition. Elle entame alors sa carrière en tant qu’éditrice chez Saint-Paul, puis enchaîne avec des stages dans des maisons réputées comme Hachette ou Bayard Presses. C’est le début d’une longue et riche aventure dont l’un des moments les plus importants est la création de la maison d’édition Cauris Livres. 

Cauris Livres, plus qu’une maison d’édition, le projet d’une vie

kadiatou KonaréPour la petite histoire, l’éditrice, via une interview sur Grioo.com, explique que Cauris Livres naît de la volonté de publier ce qui va devenir le premier livre de l’une des collections phares de la célèbre maison d’édition malienne, Le Mali des talents. Un guide touristique et culturel qui vante le patrimoine du pays en faisant parler ses habitants. Un projet qui a mobilisé tant de personnes qu’il lui était impossible, malgré la défection de l’éditeur d’alors, d’en abandonner la diffusion.

C’est un point important qui est déterminant pour comprendre la ligne éditoriale de Cauris Livres. Kadiatou Konaré est une femme qui a toujours eu la volonté de montrer l’Afrique et son patrimoine sous son meilleur jour. Une envie de la faire découvrir à d’autres autrement à travers tous les savoirs et savoir-faire qu’elle a à offrir au monde. 

À ce titre, Cauris Livres s’inscrit dans une démarche particulière. La maison d’édition a ainsi créé la collection “Lucy”, dont le nom est inspiré de Lucy l’australopithèque. Son objectif est de promouvoir des figures africaines qui ont marqué leur temps dans tous les domaines. Une collection dédiée aux ados et une autre plus conventionnelle viennent compléter un catalogue déjà fort riche. Le travail de qualité de cette maison d’édition est couronné par différents prix dont le prix Afrilivres 2019, prix attribué à la meilleure maison d’édition en Afrique francophone. 

[bctt tweet= »Kadiatou Konaré est une femme qui a toujours eu la volonté de montrer l’Afrique et son patrimoine sous son meilleur jour. » username= »Afrolivresque »]

Dans diverses interventions publiques comme lors de sa visite au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté, Kadiatou Konaré a souligné que l’un des piliers de son action serait “son engagement pour la formation des ressources humaines du secteur de la culture”. Au regard de son riche parcours et de sa connaissance si grande du monde de la culture, l’on ne peut que se réjouir d’une telle promotion et espérer que le secteur de la culture au Mali profitera de l’expertise et de l’engagement de Kadiatou Konaré. 

26 octobre 2020 0 Commentaires
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Africa FactBook
Politique

Le président zimbabwéen lance la première édition de la série « Africa Factbook »

par Acèle Nadale 2 octobre 2020
Rédigé par Acèle Nadale

Décrit par le président sud-africain Cyril Ramaphosa comme la juste réponse à plus de 600 ans de silence, l’Africa FactBook affiche clairement son ambition principale : celle de redonner, ou plutôt de donner enfin une voix au continent Africain longtemps muselé. Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, dont le pays a parrainé la production de la première édition du livre, a lancé le 9 septembre dernier l’Africa Fact Book dans la capitale Harare. Sans remettre en cause le but de cette initiative intellectuelle qui est louable, il est intéressant d’en étudier les enjeux. 

Qu’est-ce que l’Africa FactBook?

Initialement appelé “Book of African Records”(BAR), le projet African FactBook est « guidé par la vision panafricaine de l’UA sur l’agenda 2063, et par la volonté de renforcer l’identité culturelle, le patrimoine commun, les valeurs et l’éthique de l’Afrique« . Dixit le rapport du comité technique spécialisé de l’UA sur la communication et les technologies de l’information. C’était il y a presque 3 ans, lors d’une assemblée qui s’est tenue du 20 au 24 novembre 2017 à Addis-Abeba. Il s’agit donc d’un outil de communication dont la visée principale est la diffusion d’une information juste sur des faits d’actualité et historiques. Faits qui se déroulent en Afrique et sont relayés par des africains. 

Le livre Africa factBook doit paraître tous les ans à partir de cette année 2020. Il est destiné à devenir un outil éducatif régional qui valorise les connaissances et la fierté des Africains. Il contient 803 pages et a été compilé et publié par l’Institute of African Knowledge, avec le soutien du bureau du président zimbabwéen et de son cabinet, du conseil de la recherche du Zimbabwe, de six ministères, du secteur privé et celui des organisations régionales et internationales. 

Quels sont les enjeux de cette initiative ?

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. » L’on se souvient avec amertume pour certains et colère pour d’autres ces mots prononcés par Nicolas Sarkozy en 2007 à Dakar, alors président de la France. À la lecture de ce passage, l’on comprend mieux la réflexion du président sud africain.

Une histoire racontée par l’oppresseur, souvent maquillée, voire dénaturée, a-t-elle une quelconque valeur ? Telle est la question qui sous-tend avec justesse cette initiative de l’Union Africaine. Elle vient rappeler l’importance de la communication dans la construction d’un patrimoine historique et culturel commun. Les enjeux sont énormes dans la mesure où il est question de modifier la perception du continent et de ses habitants sur le long terme. L’Africa FactBook serait en fait le moyen non pas de rectifier l’Histoire, mais de la raconter à notre manière. 

L’Africa FactBook permettra-t-il à l’Afrique de parler enfin d’une seule voix ? C’est la question à plusieurs millions de CFA ou de Nairas. Le projet Africa FactBook réussira-t-il à unifier les pays africains qui peinent à s’exprimer d’une seule voix depuis les indépendances ? L’on est tout à fait en droit de se poser la question et également d’espérer que ce soit le cas.

2 octobre 2020 0 Commentaires
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“A Long Way From Douala” La Première Traduction en Anglais d’une Oeuvre de Max Lobe
ActualitéAfrique CentraleEuropeÉvénementsLittératureMétiers

“A Long Way From Douala”: La Première Traduction en Anglais d’une Oeuvre de Max Lobe

par La redaction 23 septembre 2020
Rédigé par La redaction

Max Lobe est un jeune et prolifique auteur camerounais, résidant suisse depuis plusieurs années. Après le succès de son roman Confidences ( Zoé, 2016) qui lui a valu le prix Kourouma en 2017, il publie aux éditions Zoé Loin de Douala en 2018. Un livre plein de couleurs et de saveurs à travers lequel il relate avec panache le parcours de ces jeunes qui font le choix de partir, d’entamer le très difficile périple qui les conduit de l’Afrique à l’Europe. En gros, qui « boza » pour user d’une expression bien camerounaise. A Long Way From Douala est le titre de la version traduite en anglais.

[bctt tweet= »A Long Way From Douala: La Première Traduction en Anglais d’une Oeuvre de Max Lobe » username= »Afrolivresque »]

A Long Way From Douala: une traduction du camfranglais vers l’anglais

“A Long Way From Douala” de Max LobeTraduire un texte est un exercice périlleux quelque soit le contenu, dans la mesure où il est difficile de retranscrire non le sens littéral mais la réalité de certains mots ou expressions. Loin de Douala fut ainsi un véritable challenge pour la traductrice Ros Schwartz qui s’est retrouvée plongée dans un parler très camerounais. Un langage qui mêle avec dextérité français, anglais, pidgin et même langues vernaculaires et qui a transformé cet exercice en plongée dans le Cameroun de l’auteur. « Better tu fais ça » est l’une des expressions qui traduit le mieux ce difficile passage d’une langue à l’autre.

La présence de Max Lobe à certaines étapes de ce périlleux voyage a d’ailleurs été de l’aveu de Ros Schwartz un vrai soulagement. Il a ainsi pu l’éclairer sur ces mots et expressions pas toujours facile à décrypter. Elle a pu en saisir l’essence, les sons et le rythme.

D’une langue à une autre, la richesse culturelle préservée

La traductrice Ros Schwartz (Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres 2009)

La traductrice Ros Schwartz

La traductrice Ros Schwartz (Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres 2009) s’est pourtant heurtée à l’impossible traduction de certains mots, directement issus de la culture populaire. « Pimentières », « boza », etc sont laissés tels quels dans le texte en anglais, sans qu’ils perdent en cohérence d’ailleurs. Un parti pris audacieux, mais payant dans la mesure où le roman de Max Lobe reste fidèle à son auteur. Une attention délicate est néanmoins réservée au lecteur qui trouvera un petit lexique des mots et expressions utilisées.

La culture, celle que l’auteur souhaite faire découvrir, et apprécier, est ainsi préservée dans toute sa richesse. C’est d’ailleurs l’attitude adoptée par nombre de traducteurs aujourd’hui qui choisissent, face aux œuvres d’auteurs africains, d’aller au-delà du passage entre la langue cible et la langue source.  » Notre Quelque part » de Nii Ayikwei Parks, auteur ghanéen donc anglophone, en est un bel exemple. La traduction de l’anglais au français est savamment entremêlée de mots propres à la culture locale pour un résultat des plus savoureux.

Loin de Douala traduit en anglais, A Long Way From Douala, c’est le Cameroun qui s’exporte. Un pays dont l’auteur a choisi ici de décrire les aspects les plus plaisants, sans rien omettre des difficultés du quotidien de ceux qui y vivent. C’est un regard chaleureux et bienveillant porté sur ce pays même si l’intrigue en elle-même renvoie à une réalité bien plus sombre. Celle de jeunes qui se lancent dans l’aventure vers l’Europe, très souvent au péril de leur vie. A Long Way From Douala sera publié par HopeRoad Publishing et sortira en février 2021. Le livre peut déjà être précommandé ici.

23 septembre 2020 0 Commentaires
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Deux entreprises africaines qui veulent conquérir le marché des plateformes de livres audio
ActualitéAfrique de l'OuestIndustrie

Deux entreprises africaines qui veulent conquérir le marché des plateformes de livres audio

par La redaction 14 septembre 2020
Rédigé par La redaction

Habituellement très usité par les personnes handicapées visuelles, les livres audio tendent à se démocratiser et touchent désormais un public bien plus large. Ils sont actuellement le format qui affiche le taux de croissance le plus élevé dans l’industrie du livre, avec une progression d’environ 25% par an.

Il faut dire que ses avantages sont nombreux. Décliné sur nombre de supports différents notamment CD-ROM, clé USB, smartphones et autres appareils mobiles, il peut être écouté absolument partout et en pratiquant parallèlement une autre activité. Au-delà de ces aspects, il favorise le développement de plusieurs fonctions cognitives. Il stimule notamment la créativité et l’imagination chez le lecteur. Chez les tout petits, il favorise par exemple l’acquisition  des sons et des mots. Autrefois très peu exploitée, sa diffusion constitue aujourd’hui une niche d’opportunités pour les entrepreneurs africains.

Focus sur AkooBooks et AyokAfrica, deux producteurs et distributeurs de livres audio qui ont pour ambition de révolutioner le secteur du livre sur le continent.

AkooBooks: premier éditeur et distributeur numérique ghanéen de livres audio africains

Akoobooks plateforme livres audioCréée en 2004 par Ama Dadson, la plate-forme de livres audio ghanéenne AkooBooks est d’abord conçue à destination d’un public atteint de déficience visuelle. En effet, c’est cette année-là que Nana Dadson, autrice de livres jeunesse et mère de la fondatrice devient aveugle. Il s’agit alors pour la PDG de cette plateforme de trouver une solution afin que sa mère ait accès aux livres tout en mettant à la disposition de tout le public une version audio des livres de cette dernière. C’est donc un projet qui naît de la nécessité d’offrir à tous un contenu culturel africain de premier ordre.

L’une des plus belles acquisitions récentes de AkooBooks est Time With David, une série d’interviews archives dont les premiers épisodes ont été publiés sur la plateforme en août de cette année. Time With David est une série d’entrevues de premier plan du célèbre journaliste ghanéen David Ampofo, avec plus de 1000 épisodes de conversations percutantes avec des dirigeants du monde des affaires, de la politique, de la société civile et du monde universitaire  au cours des 24 dernières années.

 

AyokAfrica: l’offre francophone venant de Côte d’Ivoire

AyokaAfrica plateforme de livres audio

La plateforme AyokAfrica est quant à elle lancée en 2019 en Côte d’Ivoire par Lué wogui Ange, un jeune étudiant en informatique, et 3 autres associés. Elle produit et distribue des contenus audio créés par des africains. Dans son catalogue, les thématiques autour de l’entrepreneuriat, du développement personnel et de la culture sont privilégiées. AyokAfrica offre aussi la possibilité à ceux qui recommandent ses produits de gagner de l’argent grâce à son programme d’affiliation.

[bctt tweet= »Des plateformes de livres audio multifonctionnelles et créatrices de nouveaux métiers pour la jeunesse africaine » username= »Afrolivresque »]

AkooBooks et AyokAfrica proposent de nombreux services à chaque étape de la chaîne du livre audio. Elles sont aussi créatrices de nouvelles opportunités d’emploi, notamment dans la narration, le développement d’applications ou l’ingénierie du son.

Au-delà de l’aspect économique, c’est aussi pour ces deux entreprises l’ambition d’archiver et de rendre disponible au maximum d’intéressés le riche patrimoine culturel africain.

Ces plateformes de livres audio africaines feront certainement parler d’elles de plus en plus à l’avenir. Elles n’ont presque pas de concurrent dans leurs segments de marché. Avec l’explosion de l’utilisation des smartphones et l’accès aux livres papier qui reste un parcours du combattant sur le continent africain, la distribution du livre audio pourrait être l’une des solutions gagnantes pour une meilleure circulation du livre en Afrique. À condition bien sûr que tous les acteurs de la chaîne, notamment les auteurs, les éditeurs et les régulateurs en saisissent les enjeux avant que les poids lourds comme l’américain Audible (Amazon) ou le suédois Storytel ne viennent dominer ce secteur en Afrique et pousser à la faillite les petites entreprises comme celles que nous vous avons présentées.

14 septembre 2020 0 Commentaires
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"Retour triomphal au Mboa" de Chrime Kouemo: une romance africaine
Notes de lectureAfriqueAfrique CentraleFictionRégionsRomance

« Retour triomphal au Mboa » de Chrime Kouemo: une romance africaine portrait d’une impasse du retour au pays et d’une idylle fantasmagorique

par Baltazar Noah 7 juillet 2020
Rédigé par Baltazar Noah

Retour triomphal au mboa, publié en mai 2020 en autoédition sur Amazon KDP, est le premier fait littéraire de Chrime Kouemo. Passionnée de lecture et d’écriture, elle nous livre une romance africaine qui portraiture et caricature à la fois les impasses du retour au pays, après une longue absence et une idylle fantasmagorique.

Un roman d’amour au ras des réalités de la diaspora camerounaise

Tout est tissé autour de Solange. Ingénieure-architecte qui, malgré les années passées, n’arrive pas à réaliser la trahison de Cédric. Sa romance rêvée depuis les années lycéennes. C’est donc travaillée par cette déception que, celle qui a passé dix et sept ans loin du mboa, sa terre ombilicale, se bat à s’insérer et à s’affirmer professionnellement et à trouver une certaine stabilité sentimentale. En effet, Cédric l’avait larguée pour Aurélie Boun, une lointaine ex de Cédric et sa rivale depuis toujours au lycée. Il s’était marié avec elle et ils avaient eu deux enfants.

Le ciel commence à s’éclaircir peu à peu pour Solange, lorsqu’elle fait la rencontre de Cham dans l’avion pendant son retour définitif au mboa-pays. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de faire la connaissance de celui qui lui ferait oublier son dernier coup dur amoureux. De là vont s’enchaîner plusieurs évènements : entre un Cédric, qui regrette ses choix et tente une nouvelle aventure avec Solange, et un Cham, « qui perdait pied [parfois et] mais ne voulait pas s’avouer vaincu aussi vite, [car] il voulait encore profiter du fourneau de soie qui enserre son membre tel un doux étau » p.193. S’entremêlent donc souffrance, transparence et espérance. Un triangle amoureux est établi. Il y a Solange, Cédric, l’ex à la quête d’un désir perdu, et Cham, l’amant déterminé à dompter tous les sentiers des intimités tant sexuelles que professionnelles de « sa fleur intime, la faisant jouir au même instant ».

Dans cette romance africaine, on est entre choc des mentalités, regrets, déchirements, quête de repères et drame. Ce premier roman de Chrime Kouemo est fortement inspiré de sa trajectoire et marqué sur un espace maitrisé et de référence, le Cameroun. Au passage, elle n’a pas manqué de déminer une brassée de clichés et de stéréotypes faussement homologués.

[bctt tweet= »Le talent et l’authenticité de Chrime Kouemo résident dans sa capacité à mettre en interaction ses personnages au plus près de ce qu’on pourrait appeler leur espace originel » username= »Afrolivresque »]

Une romance africaine facile à lire et à cerner, sans rugosités ni métaphores

Couverture du roman "Retour triomphal au mboa" de Chrime Kouemo

Lire le livre

Chrime Kouemo a su trouver un rythme atypique, fait de délicatesse et de douceur, qui nous fait vivre la beauté savoureuse des rêves et de l’énigme du retour. Elle surfe dans un réalisme scriptural à fleur de mots qui fait que, partout dans son acte d’écriture, on se reconnait, on se voit, on se regarde et on se projette. Entre Marie-France l’orpailleuse de Angéline Bonono, Voici venir les rêveurs d’Imbolo Mbue, Un aller simple de Didier van Cauwelaert et Le retour de Michel Droit, le roman de Kouemo appuie bien fort sur le curseur social. Il faut, dès lors, un certain flair pour ressentir que l’auteure a une forte ambition dans son esprit. Car la romancière est une anti-fataliste et, à l’instant où le lecteur se lasse de ses poncifs et des revirements du récit, elle retourne la situation avec une fin inattendue à portée pédagogique : la témérité ne déçoit jamais, les relations amoureuses à distance sont fragiles, la loi du karma ne badine pas, les affaires de cœurs brodées au lycée finissent mal en général, vie amoureuse et vie professionnelle peuvent être mâtinée.

Dans Retour triomphal au mboa, c’est la quête des désirs avec des préconceptions : la réussite financière et amoureuse, l’attachement à sa famille, son pays, mais aussi son ambition. Pour obtenir gain de cause, les personnages peuvent se montrer intrépides et impitoyables, et les personnes mesquines des personnes attachantes. Dès lors, ce texte aux allures d’Harlequin rame à contre-courant des idées reçues, la peur du retour, la naïveté consubstantielle des autres et l’espièglerie de tout le monde. La romancière camerounaise invite donc, subtilement, ceux qui vivent à l’étranger, loin du mboa, à se purger de toute idée fataliste du retour.

Chrime Kouemo, une révélation à suivre de très près

Sur le plan de la forme, il y a de petites coquilles qui ne diluent pas la teneur du récit. Le fond de l’intrigue est un peu mêlé ; on comprend que pour un premier roman, mener un écrit aussi dense sans être poussif parfois est presque inévitable. L’auteure aurait pu en faire deux volumes. Soit. On sent et ressent cependant une grosse envie de tout dire et de tout livrer. Tenir, captiver le lecteur jusqu’à la fin. Pari gagné. On ne s’ennuie pas en lisant Retour triomphal au Mboa. Ce roman serait intéressant pour les amateurs de romance africaine.

On ne croirait pas que Retour triomphal au Mboa soit autoédité. L’auteure a vraiment fait attention à beaucoup de détails souvent négligés quand il s’agit de l’autoédition, tels que la couverture et le style. C’est sûr, si Chrime Kouemo continue à creuser son sillon et sa ligne d’écriture avec la même ardeur et la même passion, elle se révèlera comme une vraie nouvelle pépite de la littérature camerounaise dont les lignes esthétiques et thématiques sont en plein mouvement.

7 juillet 2020 0 Commentaires
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Manu Dibango Mise en veille de l’Impérissable
ActualitéAfriqueAfrique CentraleLifestyleSociété

Manu Dibango: Mise en veille de l’Impérissable

par Baltazar Noah 24 mars 2020
Rédigé par Baltazar Noah

Nous avons appris le décès du saxophoniste camerounais Emmanuel N’Djoké Dibango dit Manu Dibango, mardi 24 mars 2020, à 87 ans.

Bird call…

On n’entendra plus son grand rire, caractéristique plein de malice et de bienveillance, distillant de la bonne humeur à tout-monde. Sa voix au timbre marqué, si particulier, son humilité, coffre-fort de sa rigueur, nous manquent déjà. Venu au monde au début d’un siècle agité et symbolisé par la réinvention et la libéralisation des codes socioculturels homologués, il s’en va au début d’un siècle brutaliste où la condition humaine est viscéralement menacée et torturée. Son trépas n’est ni scandale ni cacophonies des voix d’ici et de là-bas. Il est profonde symphonie, Soul Makossa, dont les notes savamment choisies illumineront encore et encore nos soirs au village.

Nous continuerons d’écouter ses musiques, dansant, comme toujours, sur fond de son rythme fort et africainement stylisé. Afin que toutes ses portées s’inscrivent maintenant et à jamais dans l’univers. Infatigable serviteur de la vie. Baobab des cultures africaines dont chaque envolée musicale était vectrice d’espoir. Au cœur du dédale musical de notre âge qui, sans cesse, est caractérisé par une incroyable médiocrité qui nous étreint si maladroitement comme une éternelle malédiction qui génère une série d’artistes chiffons et bouffons qui s’extasient dans un folklore indescriptible et abrutissant.

L’universel citoyen culturel

Devant la mondialisation étranglée par les crises sanitaires et sécuritaires, le trépas de Manu Dibango laisse entendre les cris douloureux de l’Homme du monde. Prophète de l’espérance, sa balade en saxo a été de bout en bout le signe de sa permanente waka-marche vers une excellence musicale, désormais perpétuel festin pour les esprits et la vie. Sa musique, enfant des eaux sauvé par trois kilos de café et le jazz, s’origine dans sa quête quasi spirituelle d’excellence. Chez lui-tout comme chez ses pairs, entre autres, Francis Bebey, John Coltrane, Johnny Hallyday, Vincent Nguini, Richard Rey, Jimi Hendrix, Neil Peart, Manitas de Plata, Epeme Théodore (Zanzibar) — cette quête de l’excellence était la meilleure forme de la vie. Au demeurant, de cette quête, artistique, on peut dire qu’elle était le pendant séculier de son originalité musicale dans la mesure où elle alimentera les esprits et les trajectoires existentielles de plusieurs générations.

Manu Dibango a vécu sa vie comme une offrande aux mondes et à son pays, animé par l’espoir que tous les Hommes chanteront, un jour, une même chanson, sous la mesure de ses notes extatiques et féériques, pour célébrer la vie humaine plénière. Nous espérons que le Cameroun, son pays d’origine qui, trop rarement, célèbre ses légendes, saura nous surprendre en le célébrant comme il se doit.

Cet amour, contagieux, de la perfection musicale a conquis toutes les personnes qui ont côtoyé Manu Dibango. On voyait en lui l’ambassadeur de tout un continent. Génie dans son art, il rendait la vie intéressante et joyeuse à tous ceux qui le croisaient.

Manu Dibango est cet héritage auprès duquel, pendant plusieurs décennies, nous nous sommes souvent ressourcés de près ou de loin. Tout a été trop court, mais point de place à la tristesse. Car, sa musique continue de sonder nos cœurs et de scruter nos esprits !

Nous nous souviendrons éternellement de Manu Dibango, effigie du panthéon des immortels, comme l’étoile du matin et la lumière tamisée de la lune qui illumine nos grandes nuits :

A N’Djoké…

Muna mboa

Ongele biso!

 

24 mars 2020 0 Commentaires
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Togo [Vidéo]: L’Espresso Book Machine (EBM) offerte aux universités publiques
ActualitéIndustrieVidéos

Togo [Vidéo]: L’Espresso Book Machine (EBM) offerte aux universités publiques

par La redaction 13 février 2020
Rédigé par La redaction

Après l’Afrique du Sud et l’Égypte, le Togo est le 3ème pays africain à se procurer l’Espresso Book Machine(EBM), une imprimante brevetée qui imprime à la demande un livre de poche en quelques minutes. Grâce à son catalogue de contenu numérique EspressNet®, les livres peuvent être commandés en ligne ou sur place dans les librairies, les bibliothèques et les détaillants non libraires. Plus de sept millions de titres protégés par le droit d’auteur et du domaine public sont disponibles dans le catalogue. Cette machine est également idéale pour l’autoédition.

[bctt tweet= »Après l’Afrique du Sud et l’Égypte, le Togo est le 3ème pays africain à se procurer l’Espresso Book Machine, imprimante qui imprime à la demande un livre de poche en quelques minutes. » username= »Afrolivresque »]

Cina Lawson, Ministre des Postes, de l’Économie Numérique et des Innovations Technologiques du Togo

« Les universités togolaises rejoignent ainsi le rang des universités utilisant cette technologie dans leurs librairies et bibliothèques, à l’instar de l’Harvard Unversity, du New York University Abu Dhabi et de l’University of Johannesburg.», confirme la Ministre des Postes, de l’Économie Numérique et des Innovations Technologiques du Togo, Cina Lawson. Elle a inaugurée l’installation de la machine le mardi 11 février 2020 dans l’auditorium de l’Université de Lomé.

En utilisant des fichiers numériques pour produire des livres physiques et en adaptant l’offre à la demande, l’Espresso Book Machine (EBM) permet aux détaillants et aux bibliothèques de vendre (ou de prêter) plus de titres sans l’inventaire supplémentaire, éliminant ainsi les coûts de la chaîne d’approvisionnement; ce qui permet d’ouvrir aussi un nouveau marché pour l’autoédition à la demande.

D’une simple pression sur un bouton, la machine imprime, relie et découpe un livre de poche de qualité semblale à celle des livres en librairie, relié de façon parfaite, dans n’importe quelle langue, avec une couverture en couleur, en quelques minutes pendant que le client attend.

L’Espresso Book Machine: Une recherche globale avec une impression locale

La technologie de l’Espresso Book Machine remplace la chaîne d’approvisionnement centralisée pour la distribution de livres physiques – essentiellement inchangée depuis Gutenberg – par un modèle de distribution radicalement décentralisé, directement au consommateur.

On Demand Books, LLC (ODB) est l’entreprise derrière la technologie Espresso Book Machine (EBM) et EspressNet®. Basée à New York, l’un de ses co-fondateurs est Jason Epstein est l’ancien directeur éditorial de Random House et co-fondateur de la New York Review of Books, de la Library of America et du Readers Catalog.

Grâce à son partenariat avec Google, des millions de titres classiques, rares et du domaine public sont accessibles, peuvent être recherchés sur Google Books et commandés en ligne via un lien direct vers le site web du détaillant ou de la bibliothèque EBM.

Après le « Wifi Campus » inauguré en janvier 2018, et le déploiement de la fibre optique sur l’ensemble des campus universitaires et des centres hospitaliers universitaires de Lomé et de Kara, la mise à la disposition de ces universités de l’Expresso Book Machine vient certainement renforcer la volonté des institutions togolaises à atteindre les standards de qualité internationaux en matière d’éducation.  

La rédaction

13 février 2020 0 Commentaires
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Cameroun Coup d’envoi de la 5ème édition du Festival Africain des Écrivains Émergents ce 06 février 2020
ÉvénementsAfrique CentraleLittérature

Cameroun: Coup d’envoi de la 5ème édition du Festival Africain des Écrivains Émergents ce 06 février 2020

par La redaction 5 février 2020
Rédigé par La redaction

Le Festival Africain des Écrivains Émergents – FESTAE – est une plateforme internationale qui se propose de réunir les jeunes Camerounais et Africains autour de la culture littéraire en général et de l’écriture en particulier. Il est né de la volonté ferme des jeunes de partager leur passion pour cet art, dans le but de contribuer à l’essor culturel de l’Afrique ; le tout motivé par un esprit de vivre ensemble, de partage et de découverte de l’Afrique profonde.

Ce festival est aussi le lieu de mise en exergue du riche patrimoine culturel et littéraire de l’Afrique. Pour cela, il célèbre chaque année une figure plurielle de l’écriture africaine. Pour cette 5ᵉ édition et pour la première fois, il en célèbre deux : Claude Njike Bergeret et Marcel Kemadjou Njanke.

Crée en 2015, ce projet a connu un succès franc dans la ville de Yaoundé où se sont déroulées, en février 2016 et février 2017, les deux premières éditions. La troisième édition qui s’est déroulée dans la ville de Douala en février 2018 a réuni des centaines de jeunes lecteurs et passionnés du livre et des arts de la scène, dans les espaces culturels tels que Doual’art, Jokko Lab’s… La plus récente édition, celle de février 2019, a eu lieu à Dschang, Foumban, et Bafoussam. Enthousiasmé par l’accueil et la beauté de l’Ouest-Cameroun, encouragé par la réussite de cette quatrième édition, le Comité d’organisation du FESTAE revient à l’ouest en 2020 pour sa cinquième édition.

Le pari des jeunes lecteurs

FESTAE-JeunesLe FESTAE veut mettre en marche un événement littéraire qui comprend, s’adapte et se rapproche de la jeunesse pour célébrer avec elle, le livre à travers la lecture et l’écriture. Le tout est concrétisé par la création de plateformes d’échanges et de partages, la visite et le don de livres dans les établissements scolaires, les lectures, spectacles et déclamations.

Les activités du Festival africain des écrivains émergentes tiennent compte d’une caractéristique essentielle qui définit la jeunesse : LA MOBILITÉ ! Le festival est mobile à deux titres. D’une part, il se déplace dans les écoles, places publiques, musées, espaces culturels, rues, etc. etc, d’autre part, la ville qui l’abrite est susceptible d’être changée chaque année. En 2016 et 2017 les deux premières éditions ont eu lieu à Yaoundé, en 2018 il s’est déporté à Douala, et en février 2019, la récente édition a eu lieu dans trois villes : Dschang, Bafoussam et Foumban. Cette année, le CLIJEC a choisi de retourner à l’Ouest-Cameroun, dans deux villes : Dschang et Bangoulap!

Le Cercle littéraire des jeunes du Cameroun (CLIJEC ) a été fondé en 2011 à Yaoundé. C’est une association légale qui a pour but de promouvoir la littérature et la lecture en milieu jeune, de créer un cadre d’épanouissement, de partage d’expérience et de promotion des jeunes auteurs.
FESTAE-InvitésÀ travers les multiples programmes culturels et intellectuels (Parole à l’écrivain, Festival africain des écrivains émergents, Clijec Mag’, Africa Poetry, etc.) organisés dans les villes et les villages du Cameroun, le CLIJEC s’efforce d’inscrire la littérature dans les habitudes des Camerounais. Le CLIJEC a publié, à ce jour, trois anthologies des jeunes poètes camerounais (Oreille intérieure, Tome I, II et III), et une anthologie de nouvelles. Le CLIJEC est dirigé par le poète camerounais Raoul Djimeli.

 

Cette année, le FESTAE, qui se déroulera du 06 au 08 février 20202, accueillera des écrivains du Tchad, du Togo, du Costa Rica, de l’Argentine et du Pays de Galles.

5 février 2020 0 Commentaires
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« Les 700 aveugles de Bafia » de Mutt-Lon Un roman d’une force inouïe dans l’Afrique coloniale française
ActualitéAfrique CentraleLittératureSociété

« Les 700 aveugles de Bafia » de Mutt-Lon: Un roman d’une force inouïe dans l’Afrique coloniale française

par La redaction 21 janvier 2020
Rédigé par La redaction

Communiqué de presse

Les 700 aveugles de Bafia  retrace le destin de deux femmes qui n’auraient jamais dû se rencontrer : Damienne Bourdin, jeune Marseillaise, médecin des troupes coloniales, fraîchement arrivée en Afrique pour travailler auprès du Dr Jamot, et Débora Edoa, infirmière auxiliaire indigène, princesse Ewondo. Nous sommes en 1929 au Cameroun.

Le Dr Eugène Jamot, grand nom de la médecine tropicale, dirige la Mission permanente de prophylaxie de la maladie du sommeil. À la tête d’une équipe de médecins français et d’infirmiers indigènes, il tente de lutter contre la terrible maladie. Malheureusement une bavure médicale survient dans une subdivision sanitaire, qui rend aveugles plusieurs centaines d’indigènes. Damienne se voit confier par Jamot la responsabilité d’exfiltrer Débora, dont la présence sur les lieux de la révolte est sur le point de provoquer une guerre tribale. Ce magnifique roman au suspens haletant nous ramène dans l’Afrique-Équatoriale de l’entre-deux guerres sous administration française.

Avec talent, Mutt-Lon dresse le portrait incroyablement romanesque d’une femme qui, malgré les échecs et les déceptions d’une première vie, est déterminée à accomplir son rêve à tout prix. Il nous invite aussi à redécouvrir l’œuvre colossale du Dr Jamot au Cameroun et à nous plonger au cœur de l’affaire des 700 aveugles de Bafia, que la grande Histoire semble soucieuse d’occulter.

Mutt-Lon, écrivain camerounais, est né en 1973 et vit à Douala. Il a obtenu le prix Amadou Kourouma 2014 avec Ceux qui sortent dans la nuit (Grasset, 2013). Les 700 aveugles de Bafia est son deuxième roman. L’auteur sera présent pour la promotion du livre au Salon du livre de Paris 2020.

Les 700 aveugles de Bafia

En librairie le 17/01/2020
312 pages • 17 €
Diffusion/distribution : Médiadiffusion/MDS
ISBN : 978-2-490155-22-4

Emmanuelle Collas

21 janvier 2020 0 Commentaires
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Festival crossing borders Zoom sur l'Afrique (1)
ActualitéEuropeÉvénements

Festival crossing borders: Zoom sur l’Afrique

par admin3050 6 novembre 2019
Rédigé par admin3050

Plus de 20 écrivains Africains seront présents lors du festival “Crossing Borders” qui se déroulera du 6 au 9 novembre 2019 à Cologne en Allemagne dans le cadre de la célébration du 10e anniversaire de la série littéraire et éducative “Stimmen Afrikas”.

Une occasion pour les professionnels du livre et les lecteurs de débattre et d’échanger sur les différentes thématiques qui leur seront proposées lors du festival crossing borders. 

Pendant 04 jours, les auteurs de 19 pays conviés présenteront leurs travaux sous forme de lectures, de performances, d’ateliers et de discussions au Kulturquartier am Neumarkt. Ils discuteront de multilinguisme, “de traductions littéraires et culturelles avec le public”, et plongeront les visiteurs dans l’art littéraire et narratif africain. Il sera également possible de découvrir la beauté à la fois touchante et colorée de l’art narratif africain.

Parmi les invités figurent l’éditrice nigériane et curatrice du festival Bibi Bakare-Yusuf, l’écrivain et intellectuel Boubacar Boris Diop (Sénégal), Susan Kiguli (Ouganda),  Mukoma Wa Ngũgĩ (Kenya), Zukiswa Wanner (Zambie), Ebisse Rouw (Éthiopie), Sarah Ladipo Manyika (Nigeria) et beaucoup d’autres. 

 

Le festival Crossing Borders est un programme à la fois riche et varié

Une programmation résolument tournée vers la découverte de la littérature africaine. 

L’idée de ce festival est de traverser les frontières linguistiques qui séparent bien trop souvent les individus. Cette année, les parrain et marraine de l’édition sont l’auteur Navid, Kermani écrivain et orientaliste allemand, et l’actrice Dennenesch Zoudé, actrice allemande d’origine Éthiopienne.

Les écrivains donneront vie à leurs langues et présenteront leurs points de vue poétiques, souvent profondément humains et humoristiques, sur la vie humaine et la communauté. Les visiteurs du festival peuvent s’attendre à des œuvres ludiques et intellectuelles dans des dimensions jusque-là complètement négligées du multilinguisme et de la transculturalité.

Les ateliers interdisciplinaires et les tables rondes offriront l’occasion d’échanges professionnels, de rencontres avec des auteurs et des experts, de leurs contributions, de traductions et d’œuvres littéraires. Les « nomades culturels » (Nam June Paik), c’est-à-dire

“les artistes et les écrivains transfrontaliers, migrants et de la diaspora”, sont des enseignants idéaux pour des équilibres parfois contradictoires entre cultures et langues. Dans le cadre de l’année 2019 qui est consacrée à l’année internationale des langues autochtones,

“L’un des objectifs du festival est de  promouvoir l’appréciation de plus de 2000 langues africaines. Avec ces 180 nations et ses nombreuses langues, une traduction compétente revêt une importance socioculturelle. Il sera donc question de faire prendre conscience que La diversité des cultures et des langues est aussi fondamentale pour la paix sociale que la diversité de la flore et de la faune pour l’équilibre écologique. Ils créent également de nouvelles connaissances et un nouvel art pour la joie de tous”  

comme l’explique Christa Morgenrath, initiatrice et directrice du projet « Stimmen Afrikas » (Voix d’Afrique) un forum constant de discussions sur la littérature, la culture et la politique en Afrique et en Europe.

 

6 novembre 2019 0 Commentaires
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Hervé Martial Owono - Contes et légendes de mon enfance (1)
Notes de lectureAfriqueAfrique Centrale

Hervé Martial Owono : « Contes et légendes de mon enfance », comme une randonnée au cœur de la mémoire !

par Baltazar Noah 25 août 2019
Rédigé par Baltazar Noah

Quel héritage léguer à la postérité ? Comment immortaliser et redonner vie à ces récits qui ont bercé notre enfance, et qui courent le risque de se noyer dans le vertigineux tourbillon de l’oubli ? Ce sont là les interrogations qui forment la membrane de ce projet. Contes et légendes de mon enfance de Hervé Martial Owono, travail littéraire à la vingtaine de récits, est un vaillant « saut réactif à la fossilisation des trésors patrimoniaux que l’oubli à générer » (Bingono).

En effet, Owono nous livre un rendu allégorique et métaphorique qui favorise la compréhension de divers pan-couloirs de l’existence. Cela à travers un foisonnement d’aventures à cheval entre le rocambolesque et le fantastique. En d’autres mots, des conte-légendes qui, sous le prisme d’une esthétique du pacte, offrent à lire et à comprendre l’origine du monde, son fonctionnement et les rapports qui lient les hommes entre eux, et partant avec la nature.

Renouer avec les sources de la vie !

Hervé Martial Owono - contes et légendes de mon enfanceDe « Kabad la chèvre et Essinga le chat » en passant par « L’aventure de fegue, l’enfant rusé », il en ressort que le conteur a réussi non seulement à penser autrement le rapport de la dualité de l’oral et l’écrit, mais aussi à offrir au lectorat une véritable « calebasse de sagesse ». Etiologiques, didactiques, ces différents récits jouent un rôle salutaire dans la saisie de l’intériorité humaine. Éloge subtil de la parémiologie africaine, étude interprétative et explicative des proverbes, qui puise toute sa force dans les dictons, les contes, les légendes.

Plus amplement, découvrir les interdits, ces «  interdiction[s][qui n’ont pas du mal] à être respectée[s] par ceux qui avaient connu le feu patriarche de regrettée mémoire », mieux une herméneutique opalescente des traditions-cultures. Exercice de réappropriation de nos imaginaires, nos récits : manière de restitution processuelle à nos enfants leur part d’humanité, «  afin qu’ils ne deviennent pas adultes sans cette fondation qui nous rattache aux sources de la vie » à la Binda N’gazolo.

Le conteur camerounais, actuellement en service au ministère de la Santé publique, n’a pas omis de vêtir son écriture d’humour sous la coupole d’« Enam Ngom », Dzom-Ekodo-le-bon-chien », « Ndong Eyenga » et tout le tremblement. De l’instruction dans le jeu, jeu de voix, jeu d’aventures… Jeu de mimes et de rengaines. En effet, cette œuvre bourlingue entre représentation graphique et scénique à la fois. C’est dire que la dose de sa réception est la même, qu’elle soit lue ou jouée sur scène. Néanmoins, ces différents conte-légendes demandent à être dits, afin qu’à chaque bout de l’itinéraire de leur voyage de générations en générations, ici, là-bas et partout, ils «  crois[ent] sur [leur] chemin, des hommes, des femmes, des enfants » qui découvriront avec joie l’héritage culturel qu’ils ont en commun, mais qu’ils ignoreraient. Une tâche aux fins ludiques certes, mais essentielle pour la restitution de la mémoire collective.

Par ailleurs, les rengaines incrustées dans les divers textes contribuent à une restitution de la succulence rhétorique des langues africaines. Une action dans l’acte d’écriture du conteur qui contribuerait sans exagération à redorer la virtuosité des subtilités des langues Bantu !

Vive la mémoire collective…

« Contes et légende de mon enfance » se pose, dès lors, comme une contribution virile et surexcitante au projet non moins complexe d’exhumation et d’écriture de la mémoire. Et ce, pour l’entretien de la mémoire collective. Ladite mémoire collective, qui est un principe fondateur de la cohésion sociale, assumerait un rôle singulier dans l’épisode actuel du déroulement de l’histoire du monde en général, mieux Camerounaise en particulier, où l’oubli phagocyte les mémoires sans grand effort. L’œuvre d’Owono a donc l’obsession de l’essentiel : guérison d’une mémoire ivre, agonisante… Amnésique !

On pourrait reconnaître à Owono, à travers la résultante des traces des reflets de son projet, une posture de pédagogue, puisqu’il s’engage à transmettre et à enseigner une richesse-héritage qu’il a lui-même reçu. Un exercice de partage et d’interrogation des méandres du macrocosme culturel africain…Bantu.

En substance, en considérant les divers enjeux critique, étiologique, didactique et stylistique qui habitent Contes et légendes…, il en ressort qu’il serait d’un apport non moins capital pour les jeunes générations en quête de repères dans un univers africain où la profanation des paradigmes des dispositifs serait désormais une mode. Plus sereinement, les producteurs de savoir ont, sous un autre angle d’excellence, tout intérêt à passer ce recueil au crible de la rigueur de leur sens de la pensée critique avec son haleine peu ou prou « bourrage de crânes » (Gaston-Paul Effa). Car, il serait un nouveau corpus exploitable dans le vaste domaine en permanente construction, déconstruction et reconstruction de la littérature orale africaine.

Pour la route, que chante à L’intérieur de la nuit (Leonora Miano) « L’enfant incestueux », dont la vibration des cordes vocales anime cette randonnée au cœur de la mémoire où somnolent ces Contes et légendes de [nos] enfance[s] :

« Mengue ma sœur, je voudrais toucher ta cuisse, car si je vais à l’assemblée des sorciers cette nuit, tu vas te fâcher contre moi » !

25 août 2019 0 Commentaires
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Elnathan John gangant du Prix Les Afriques 2019
ÉvénementsAfrique de l'OuestLittérature

Elnathan John est le lauréat du Prix Les Afriques 2019 !

par Ramcesse Chetmi 22 juin 2019
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Le gagnant de l’édition 2019 du prix littéraire Les Afriques est enfin connu et le prix revient à l’auteur nigérian Elnathan John pour son roman Né un mardi, traduit de l’anglais vers le français par Céline Schwaller et publié aux éditions Metailié en 2018.

Elnathan John est né en 1982 à Kaduna, dans le nord du Nigeria. Avocat, écrivain, satiriste, il vit entre l’Allemagne et le Nigeria. Il a été finaliste du Caine Prize à deux reprises ; Né un mardi, son premier roman, encensé par la critique, a été publié au Nigeria, en Angleterre, aux États-Unis et en Allemagne.

Quatrième de couverture de Né un mardi :

Né un mardi d'Elnathan john

Lire le livre

Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal, mais comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir.
Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d’un imam salafiste. Il apprend l’anglais avec son ami Jibril, tombe amoureux, psalmodie l’appel à la prière, lit tout ce qu’il peut. Le gamin naïf, mais curieux découvre l’étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.

Ils étaient au départ quinze écrivains présélectionnés par un comité de lecture pour concourir au prix des Afriques 2019. Aux côtés du roman récompensé, 4 autres très beaux romans se sont retrouvés dans la « short list » finale :

  1. Il est à toi, ce beau pays de l’écrivaine Franco-américaine Jennifer Richard, publié aux éditions Albin Michel en 2018
  2. Je suis seul de Mbarek Ould Beyrouk, écrivain mauritanien, publié par la maison d’édition Elyzad en 2018
  3. La danse de Pilar de l’écrivaine Franco-gabonaise Charline Effah publié aux éditions La cheminante en 2018
  4. La saison des fleurs de flamme du romancier nigérian Aboubacar Adam Ibrahim, traduit de l’anglais vers le français par Marc Amfreville et publié aux éditions L’observatoire en 2018

Depuis 2016, le prix les Afriques décerné par le Cercle des Amis des Écrivains Noirs Engagés (CENE Littéraire), association suisse fondée en mai 2015 qui a pour but de promouvoir la littérature engagée de l’Afrique et de sa diaspora, distingue tout écrivain noir, auteur d’une fiction mettant en exergue une cause humaine, sociétale et idéologique, politique, économique ou historique en lien avec le monde noir.

Interrogée par la chaîne TV5 sur le choix du gagnant de l’édition 2019, Flore Agnès Nda Zoa Meiltz, présidente de l’association La CENE Littéraire a expliqué que :

« Le choix de ce roman est lié au fait que ce dernier parle des sujets actuels au Nigeria, par ricochet dans toute l’Afrique – terrorisme, stabilité politique, pauvreté, situation de la jeunesse etc. mais aussi grâce à la qualité de l’écriture de ce romancier africain engagé ».

Pour cette édition 2019, le jury était composé du Professeur Ambroise Kom, écrivain camerounais et président du jury, du romancier et essayiste togolais Theo Ananissoh, du Professeur et écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, du romancier et essayiste tchadien Kously Lamko, et d’Hortense Sime, médecin et passionnée de littérature africaine.

Le prix Les Afriques est doté d’une somme de 5 400 euros, d’une œuvre d’art d’une valeur de 3 000 euros et 100 exemplaires du livre primé sont achetés par l’association et distribués gratuitement en Afrique. Le prix les Afriques 2019 sera remis à Elnathan John le 29 juin 2019 à la Société de lecture de Genève en Suisse.

22 juin 2019 0 Commentaires
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Tiken Jah Fakoly ouvre la première bibliothèque de Reggae en Afrique
ActualitéAfriqueAfrique de l'OuestIndustrieSociétéVidéos

Tiken Jah Fakoly ouvre la première bibliothèque de Reggae en Afrique

par Ramcesse Chetmi 21 juin 2019
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Le 30 avril dernier, l’artiste Tiken Jah Fakoly a inauguré la première bibliothèque de reggae en Afrique, dans le quartier de Yopougon, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Au-delà de cette volonté de permettre aux jeunes de découvrir l’histoire du reggae et de la musique jamaïcaine qui puisent leurs racines en Afrique, l’objectif pour Tiken Jah Fakoly est de donner aussi la possibilité aux passionnés de l’univers rasta d’acquérir des connaissances sur le Rastafarisme. Le Rastafarisme est un mouvement rasta, un mouvement social, politique et culturel qui se veut de rébellion et de libération des consciences dont les messages se diffusent en partie à travers la musique reggae, et le panafricanisme.

Il faut dire qu’à côté des livres portant sur l’histoire du reggae tels que Reggae 100 : Parcours musical autour de la Jamaïque de Florent Mazzonely, le 1er rasta d’Hélène Lee, Bass culture de Lloyd Bradley et Reggae Ambassadors de Reggae.fr Team, il existe aussi des livres parlant et portant sur les héros panafricains comme Nkwame Krumah, Frantz Fanon ou Nelson Mandela.

De fait, selon Tiken Jah Fakoly, connaître l’histoire du reggae, musique créée par des Africains descendants d’esclaves, et la philosophie reggae peut servir de source d’inspiration aux passionnés et artistes reggae. Aussi, l’histoire de l’Afrique, qui n’est pas seulement celle de la colonisation ou de l’esclavage, est nécessaire à la construction d’une Afrique unie. C’est aussi le message véhiculé par la musique reggae.

La première bibliothèque de reggae en Afrique est située à l’intérieur du complexe culturel Fakoly. Cet immeuble, qui est aussi le domicile de l’artiste, abrite en son sein des studios d’enregistrement et de répétition, ainsi que les locaux de sa radio, Radio libre Fakoly. L’accès au complexe est libre et gratuit, mais il faudra débourser la somme de 200 francs CFA pour quiconque souhaiterait consulter des livres.

Initiateur du Festival historique de Manding au Mali, festival qui promeut la libre expression des intellectuels noirs sur l’histoire de l’Afrique, Tiken Jah Fakoly est aussi un auteur, compositeur et interprète de musique reggae. Il profite donc, de cette inauguration pour présenter son tout dernier album de 12 titres dont le titre principal est Le monde est chaud, album dont les thématiques sont le réchauffement climatique, la réussite, la politique.

21 juin 2019 0 Commentaires
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Les bateaux sombrent-ils en silence Une variation poétique de Timba Bema
Non fictionPoésieThéâtre

« Les bateaux sombrent-ils en silence ? » Une variation poétique de Timba Bema

par Caroline Despont 12 juin 2019
Rédigé par Caroline Despont

Les bateaux sombrent-ils en silence ? est dédié à Joséphine, de son vrai nom, Josepha, repêchée au large de la Lybie. Cette femme dont la photographie a fait le tour des réseaux sociaux, décida de quitter le Cameroun, pays de Timba Bema, en montant sur un bateau pour l’Europe. À ce jour, le conflit séparatiste qui éclate en octobre 2016 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun est loin d’une résolution. Les séparatistes, les « amba Boys », réclament l’indépendance et la proclamation d’un nouvel état, l’Ambazonie. Le gouvernement refuse, réprime les manifestations pacifiques et depuis fin 2017, le Cameroun est en situation de guerre civile.

Silencieux, les yeux de Joséphine ne le sont pas. Figés dans son corps de survivante, ils questionnent, où me suis-je laissée ? De quelles intentions étaient empreintes les mains dans lesquelles j’ai confié mon destin ? Josepha a vu la mort !

Trempe

D’abord

Ton pied gauche dans l’eau

Avant de te hisser sur ton bateau

Gauche. L’endroit du cœur. L’organe qui guide les choix des hommes. À quel rythme bat le cœur du capitaine et de son équipage ? De quelle couleur est la conscience des bateaux explorateurs des surfaces liquides ? Ils transportent, contre monnaie sonnante et trébuchante, des corps et des cœurs remplis d’espérance, qui implorent la justice humaine de leur rendre liberté et dignité, de leur permettre de créer une existence à l’image de leurs rêves et de nourrir leurs esprits des mots des poètes. Alors, ces hommes et ces femmes embarquent dans des bateaux imprégnés des souffrances d’antan, remettent leurs destins ignorés entre les mains des Dieux des océans, ceux des légendes Duala. Ces hommes et ces femmes quittent leur terre dans l’indifférence des 4×4 du pouvoir dont les fenêtres opaques s’obstinent à rester closes.

Elle rêvait

Elle rêvait

De bateaux de ports et de marins

Comme on rêve d’enfants de bijoux et de

jasmins

Une lecture performance à la Radio Télévision Suisse Les bateaux sombrent-ils en silence? exécutée dans le cadre de l'émission spéciale Les mots délivrés enregistrée à la Villa Sarasin à Genève

Nous, les peuples de l’autre côté des étendues liquides, avons-nous entendu le regard de Joséphine ? Avons-nous ouvert la portière et posé nos pieds sur sa terre rouge ? Avons-nous seulement tenté d’imaginer ce qu’est une existence dénuée de rêves ? Une existence où chaque jour il faut trouver dans ses veines l’élan vital pour croire encore à demain. A votre avis, comment exister lorsque l’on est dépossédé de ses droits les plus fondamentaux ? Cet ouvrage explore l’histoire des bateaux et des hommes, d’une puissante intensité il propose au lecteur de monter à bord, de tenir la main de ces êtres humains qui ont vu dans la promesse des Dieux, leur ultime recours. Chaque quatrain nous entraîne au sein des remous de l’océan, sous les tempêtes du ciel et de son soleil lancinant. La peur au ventre des passagers devient nôtre. Sans pathos,Timba Bema offre la poésie pour s’approprier la tragédie qui se joue sur les océans en plein 21ème siècle, ses vers nous plongent au fond de notre océan intime pour renouer avec notre nature humaine et reconnaître que l’autre, celui que l’on nomme migrant, est un frère humain. Alors, peut-être, verrons-nous surgir

 

Sur le pont du bateau

En train de sombrer, sans une parole, une

larme

Un accordéoniste, chétif, jouait une

rumba

Qui était cette femme au regard lucide

Assise à ses côtés ?

 

Cette variation poétique m’a happée du premier vers au dernier. Un ouvrage indispensable pour porter un autre regard sur la crise migratoire.

Les bateaux sombrent-ils en silence ? est publié par et disponible chez Stellamaris.

 

12 juin 2019 0 Commentaires
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Berlin accueille son premier festival de littérature africaine, Writing in Migration
ActualitéÉvénementsProfessionnels

Berlin accueille son premier festival de littérature africaine, Writing in Migration

par La redaction 26 avril 2019
Rédigé par La redaction

Pour sa première édition, c’est un programme riche et varié que propose la curatrice Olumide Popoola (Nigeria, UK) du premier festival de littérature africaine à Berlin, Writing in Migration.

Du 26 au 28 avril 2018, la capitale allemande accueillera de grands noms de la littérature africaine du Nigeria, du Kenya, du Zimbabwe, de l’Ouganda et aussi de nombreux auteurs de la diaspora africaine vivant en Angleterre ou aux États-Unis. Une trentaine d’auteurs y est attendue à cet événement organisé par l’agence littéraire Interkontinental, dont l’objectif est de représenter les auteurs africains auprès des éditeurs allemands.

Comment écrit-on après une immigration forcée ou volontaire vers l’Europe ou les États-Unis ? Comment les écrivains africains traitent-ils la question de l’identité ? Existe-t-il des obligations envers les « traditions africaines » ou envers une « identité africaine » ? Telles seront les réponses auxquelles tenteront de répondre les différents invités au festival.

Le Festival « Writing in Migration » est dirigé par Karla Kutzner et Stefanie Hirsbrunner, fondatrices de l’agence littéraire Interkontinental avec le soutien de la fondation de l’État fédéral allemand pour la culture et l’administration du Sénat pour la culture et l’Europe.

Consulter le Programme du festival ici

26 avril 2019 0 Commentaires
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Alain Serge Dzotap, auteur jeunesse, vous recommande 3 livres à lire pendant les vacances
Listes de livresAfrique

Alain Serge Dzotap, auteur jeunesse, vous recommande 3 livres à lire pendant les vacances

par Alain Serge Dzotap 2 avril 2019
Rédigé par Alain Serge Dzotap

Eteignez la télévision pendant les vacances. Alain Serge Dzotap vous suggère une solution simple mais efficace pour vous occuper : tournez-vous vers la lecture. C’est connu, lire nourrit l’esprit, permet de se divertir et de se faire plaisir. Dans cet article, l’auteur de livres jeunesse nous propose trois livres de genres littéraires différents à (re)découvrir pendant les vacances.

 

1-Perles : Couleurs d’Afrique de Jean-Paul Notué et Ly Dumas

Perles - Couleurs d'Afrique de Jean-Paul Notué et Ly Dumas

Perles – Couleurs d’Afrique de Jean-Paul Notué et Ly Dumas

Editeur : Gourcuff Gradenigo

ISBN : 2353400744

A propos du livre : Paru en 2009, sous la plume du regretté Professeur Jean-Paul Notué, Perles, couleurs d’Afrique : Ly Dumas est consacré au travail de la créatrice Camerounaise Ly Dumas qui, au fil des années a su valoriser les arts africains, en particulier le perlage africain, essentiellement celui pratiqué depuis longtemps dans les grassfields camerounais. Il raconte les origines du perlage au Cameroun, ses usages, ses liens avec le pouvoir des rois et des nobles.

Comme dans un somptueux musée de poche (une façon de parler parce que le livre est un grand format à couverture cartonnée), Ly Dumas nous donne à savourer du regard, au fil des pages 180 pages du livre, ses créations perlées : objets décoratifs, parures, vêtements, chapeaux raffinés, sensuels et…modernes ! Elle nous présente également des tissus précieux, le ndop Bamiléké en est un, des bijoux et des sculptures brodés de perles, valorisant ainsi un savoir-faire ancestral que des artisans perpétuent encore aujourd’hui, notamment au sein de la fondation Jean-Félicien Gacha, qu’elle a installée avec son mari sur les hauteurs de la colline Boutanga à Bangoulap (Ouest du Cameroun).
Il faut saluer la qualité des nombreuses photos qui contribuent notablement à faire de ce livre un véritable petit bijou.

 

2-Mont plaisant de Patrice Nganang

Mont plaisant de Patrice Nganang

Lire le livre

Editeur : Philippe Rey

ISBN : 2848761776

A propos du livre : Cette œuvre du romancier Camerounais Patrice Nganang, par ailleurs essayiste et professeur de théorie littéraire à la Stony Brook University à New York est un travail monumental, appuyé sur huit années de recherches au Cameroun, en France, en Allemagne et aux États-Unis. Pourquoi, pour raconter une histoire située à Nsimeyong, dans le Yaoundé des années 1931 l’auteur a-t-il besoin de voyager autant, me demanderez-vous, peut-être ? C’est une petite curiosité des pays colonisés, qui s’explique par le fait que leurs archives sont pour la plupart détenues dans des pays étrangers (en général les pays colonisateurs), tant dans des collections d’état que dans des collections privées ! Et de colonialisme et de post-colonialisme, il est aussi question dans le roman de Patrice Nganang.

En racontant l’histoire de Bertha, jeune étudiante aux États-Unis, qui revient au Cameroun faire des recherches sur le nationalisme camerounais, et celle de Sara, travestie en garçon pour rejoindre la cour d’un souverain Bamoun exilé, l’auteur trouve, là, le moyen de saluer la production intellectuelle du roi Njoya, banni de ses propres terres par le colonisateur Français ! Le roi Njoya, personnage curieux de tout, inventeur, entre autres, d’une écriture, le shümum, initiateur, probablement de la première bande dessinée produite au sud du sahara, sans doute premier écrivain camerounais, dont l’impressionnant palais qu’il a construit en 1922 à Foumban se visite encore aujourd’hui. Malheureusement sa bibliothèque, constituée de milliers de feuillets en shümum, pourrit lentement, imperturbablement. C’est à croire que Njoya avait des siècles d’avance sur ses sujets et sur son temps !

 

3-Fables des montagnes de Patrice Kayo

Alain Serge Dzotap recommande Fables des montagnes de Patrice Kayo

Lire le livre

Editeur : Coédition NENA/Éditions Clé

A propos du livre : Ce recueil de contes plutôt modernes est constitué de trente-huit textes. Les contes, très courts, et les personnages se mettent au service des valeurs à transmettre au jeune lecteur : la solidarité, l’honnêteté, la sagesse, etc. D’où un côté moralisateur, qui est peut-être un bémol. Ces contes tirés de la sagesse populaire Bamiléké sont très agréables à lire, et parfois, on se surprend à éclater de rire lorsque deux jeunes gens, des cambrioleurs, dans le conte « La force du silence » se font prendre bêtement alors que personne ne les soupçonnait d’être les auteurs du vol. Cette fable illustre bien l’adage qui le conclut et qui dit que « on attrape l’animal par la patte et l’homme par la parole. »

 

A propos de l’auteur

Alain Serge Dzotap Crédit photo -P érez

Alain Serge Dzotap est né le 18 septembre 1978 à Bafoussam au Cameroun. C’est sûr. Par contre, il ne sait pas à quelle heure. Ses premières histoires, il les lit dans ses livres d’école primaire. Depuis, il n’a plus arrêté d’en lire de toutes les couleurs, venues des quatre coins du monde.
Il a des histoires à lui en français, en anglais, en hongrois et en chinois, et il ne désespère pas de les voir un jour traduites en antilope, en petits cailloux du chemin ou en éléphant, trois langues en voie de disparition. Parfois, il vous prend un poème, il vous le démonte…comme ça ! Et il demande aux enfants de le remonter les yeux bandés, ou même de détourner des parties du pauvre petit poème démonté pour en faire un poème tout différent ! Et dire qu’il appelle ça un atelier d’écriture ! Pff ! Ce gars est vraiment trop nul ! Le pire, c’est qu’il ne le sait même pas !

 

2 avril 2019 0 Commentaires
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Johary Ravaloson - Vo à vif aux éditions Dodovole
LittératureAfrique de l'EstNotes de lecture

« Vol à vif » de Johary Ravaloson: Vis jusqu’à demain… Si possible !

par La redaction 26 mars 2019
Rédigé par La redaction

Mais d’où leur vient cette obsession pour les zébus ? Le jeune Dahalo, ce voleur de zébus du sud de Madagascar, était l’un des personnages de La porte du Sud de Johary Ravaloson, une nouvelle sur un vol de zébus qui tourne mal, récompensée en 1999 par le Grand Prix de l’Océan Indien. Ce même voleur est à présent le personnage principal du troisième roman de l’écrivain.  Ce roman de 190 pages, intitulé Vol à vif, a été édité chez Dodo Vole et a reçu le Prix du Livre Insulaire en 2016 et le Prix Ivoire en 2017.

Le voleur se nomme Tibaar.  Il vole des zébus. Et c’est cette activité périlleuse qui l’amène, lui et ses compagnons, à fuir dès le début du livre. Les forces de l’ordre ont pour mission de traquer et d’éliminer ces hors-la-loi. Mais ces vulgaires voleurs sont des Hommes comme vous et moi. Ils sont tout aussi capables d’exprimer toute une panoplie d’émotions.  Ils rient, ils blaguent, ils pleurent, ils se réconfortent tout en se doutant que l’issue de cette chasse à l’homme ne leur sera peut-être pas favorable.

Vol à vif - de Johary RavalosonTibaar n’est qu’un adolescent. Mais n’a-t-il pas mieux à faire à dix-sept ans que de voler ? Non ! Sûrement parce qu’on l’a délesté de son histoire et de son identité, par la même occasion, on l’a privé de sentiment d’appartenance et de reconnaissance sociale. Selon la prophétie, Tibaar devait être l’héritier de son père Markrik mais ce dernier ne le voyait pas du même œil. Il a tenté par tous les moyens d’éliminer son fils, et le seul moyen de sauver Tibaar était de l’abandonner alors qu’il n’était qu’un nourrisson. D’où son nom Tibaar (rejeté par les Baar). Les Miké, ceux qui ont recueilli Tibaar, se méfient de lui. Tibaar sait qu’il ne sera jamais l’un des leurs. Heureusement qu’il est un chasseur habile, alors il vole. Il vole d’abord par nécessité puis finit par voler par amour. Et quel amour !?

Sana est une jeune fille intelligente et instruite qui passe ses journées à lire. Sa routine est bouleversée quand elle rencontre ce jeune chasseur pas très raffiné et curieux. Elle a enfin trouvé une oreille à qui faire le compte rendu de ses lectures. Tibaar n’y comprend franchement pas grand-chose, mais il aime l’écouter.  Elle se laisse aller avec ce curieux personnage qui ne trouve d’autres moyens de la séduire que de lui promettre n’importe quel gibier.

Dzaovelo est le père de Sana. Il se méfie de Tibaar. Il est aussi le mage qui jadis avait réussi à exfiltrer le nourrisson pour le préserver des manigances de son père biologique. Il sait des choses qu’il refuse de nous avouer. La mère de Sana s’appelle Péla-Soue. Elle porte un lourd fardeau. Un secret qui l’empêche de vivre pleinement et Dzaovelo l’aide tant bien que mal à le supporter. Selon les dire des personnages, l’histoire se passe peu après la révolution à Madagascar. Le gouvernement ayant interdit la chasse dans la réserve, il organise des campagnes de ratissage pour capturer les récalcitrants. C’est ainsi que Tibaar, après avoir promis à Sana de lui ramener des zébus, est tombé dans le piège de l’armée avec ses compagnons.

Johary Ravaloson utilise un style soutenu pour nous relater le périple de Tibaar. Des flashbacks sont régulièrement utilisés pour permettre de comprendre l’histoire, accompagnés d’un style d’écriture poignant et des métaphores vivantes qui peignent des images inoubliables dans la tête du lecteur.

« Mais le passage à la télévision longuement ressassé par les gens de La Source leur laissait le goût amer de la découverte d’un état auparavant insoupçonné qui, semblait-il, reflétait leur quotidien. La solidarité manifestée massivement par les gens de l’extérieur le confirmait. Vus alors comme misérables, ils se sentaient misérables. »

C’est la première fois que je lis un récit sur la vie à Madagascar et je n’ai pas été déçu. Le choc culturel était énorme, car il y avait de nombreuses pratiques que je n’arrivais pas à cerner, notamment l’importance que les malgaches accordent aux zébus. Au fur et à mesure que l’histoire se déroulait, je me suis rendu compte que ce qu’ils vivent n’est pas différent de nos vies dans mon pays. En effet, au-delà des pratiques spécifiques aux malgaches, les personnages de Johary Ravaloson se cherchent une place dans le monde, tiraillés entre la nouvelle vie apportée par le colon et les pratiques ancestrales. Ils nous parlent de la corruption de l’administration postcoloniale, de la résistance de la tradition face à la perversion que la « modernité » amène trop souvent avec elle, et enfin de l’espoir de pouvoir un jour revêtir fièrement son identité. Le narrateur étant omniscient, le lecteur passe plus de temps dans la tête des personnages. On apprend à cerner les mécanismes régissant leurs prises de décision. On peut ainsi dire que c’est un roman psychologique.

J’ai dû être patient avec le roman de Ravaloson au début parce que le premier tiers du livre décrit une chasse à l’homme dont on ne comprend pas vraiment le sens. Il faut donc s’y accrocher. Je suis content d’avoir découvert Madagascar à travers Vol à vif. Certains passages sur la spiritualité sont assez effrayants parce que le narrateur nous fait vivre des rituels dans les détails. En somme, Johary Ravaloson nous fait découvrir son pays à travers les motivations, les peurs et les désirs inavoués de ses personnages et c’est un régal.

Par Noel Zalla

26 mars 2019 0 Commentaires
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Je suis quelqu’un de Aminata Aidara
AuteursInterviews

Aminata Aidara : « Il n’y a pas d’illégitimité dans l’écriture »

par Ramcesse Chetmi 12 mars 2019
Rédigé par Ramcesse Chetmi

Le jeudi 21 février 2019 a eu lieu au sein des galeries MAM, à Douala, au Cameroun, la première rencontre littéraire de l’année 2019 organisée par le Salon littéraire MOSS. La romancière Aminata Aidara y présentait son tout premier roman Je suis quelqu’un, hymne à l’acceptation de soi, de chaque soi que l’on construit au fil des rencontres. Dans un échange animé par la journaliste Severine Kodjo-Grandvaux, Aminata Aidara a pu échanger avec le public autour de la trame du roman se déroulant entre prologue, journal intime, échanges de mails et narration, et ses protagonistes, Estelle, la marginale, et Penda, la femme forte et faible à la fois.

Je suis quelqu’un est en effet un hymne à la vie. Premier tome d’une trilogie, il met en exergue les failles d’une construction identitaire basée sur l’acceptation ou non de soi. Au-delà des personnages de Penda et Estelle, il existe d’autres personnages, qui n’ayant pas achevé de conter leurs histoires, auront une place importante dans les tomes II et III. Dans le tome II, on verra Dialika, la cousine italienne d’origine sénégalaise d’Estelle, la femme positive et dynamique, nous conter sa vie en Italie, et le petit-cousin fragile, Mansour, essayer de mieux gérer son passage de l’adolescence à l’âge adulte en espérant obtenir de meilleures réponses. Et le tome III se déroulera en Grèce avec pour protagoniste Giulietta, meilleure amie de Dialika et jeune femme adoptée d’origine rwandaise.

Les trois mois que l’auteure passera en résidence d’écriture à Chambéry, permettront de consolider les bases de ce qui sera, j’en suis sûre, un chef-d’œuvre de roman. Pour l’instant, nous sommes invités à lire Je suis quelqu’un. Pour Aminata Aidara, Je suis quelqu’un est un « voyage intérieur ». Elle nous en parle un peu plus dans cette interview.

Qui est Aminata Aidara ?

Je suis une écrivaine, une romancière aimant observer le monde et ayant beaucoup de choses à exprimer sur son rapport avec ce monde, son rapport aux autres, aux lieux. Je suis une personne issue de la conjonction de trois cultures : italienne de ma mère, sénégalaise de mon père et résidant depuis huit ans en France. Je suis donc ce que j’appelle « afropéenne ». Ayant vécu le plus souvent en Europe, c’est ici que s’ancre la majorité de mes souvenirs. Toutefois, depuis mon enfance, j’ai été façonnée par la culture et les traditions sénégalaises, car je vis toujours entourée de ma famille paternelle. C’est cela que j’essaie de transmettre dans mon art. L’écriture est pour moi l’histoire d’un mixage culturel, de la naissance d’une nouvelle génération, d’une rencontre entre l’Europe et l’Afrique à travers des personnages qui se doivent de connaître et de comprendre les choses du passé, afin de mieux s’expliquer leur présent et ainsi de déterminer leur avenir. Je raconte l’histoire des personnes qui assument ou pas, un passé qu’elles n’ont pas voulu et sur lequel elles n’ont aucune prise, et qui, au fil des différentes rencontres, comprennent le poids de l’histoire sur leurs vies présentes.

[bctt tweet= »Chaque individu a le droit de décider comment se placer dans le monde selon la phase de sa vie » username= »Afrolivresque »]

Tels vos personnages, votre identité est en perpétuelle construction. Vous avez dit, « je suis afropéenne pour l’instant », serez-vous une autre personne plus tard ?

Peut-être. Qui sait ? Vous savez, quand j’étais toute petite, je pensais que j’étais sénégalaise. En Italie, j’étais la seule noire de ma classe et je tenais à rappeler à tout le monde que mon vrai pays était le Sénégal. Pour moi, malgré tout ce qui se passait, ma différence était une force. Toutefois, arrivée au Sénégal, je me sentais aussi différente et des personnes externes à ma famille me le faisaient savoir. Je n’étais pas complètement sénégalaise. Je me suis rendu compte que je pouvais avoir différentes identités dues à ma richesse culturelle. Pour moi, les identités changeantes et multiples sont une richesse. Chaque individu a le droit de décider comment se placer dans le monde selon la phase de sa vie, l’endroit où il se trouve et ce qu’il veut que les autres perçoivent de lui. C’est aussi dans cette construction d’identité que vivent mes personnages. Estelle, par exemple, sur près de 100 pages, se définit en disant « je suis quelqu’un… Qui a fait ou qui n’a pas fait ». Elle se répète à chaque instant ce mantra. Penda quant à elle, décide de quitter la jetset dakaroise par amour pour un autre homme, pour se retrouver à travailler en tant qu’agent d’entretien dans un lycée de la banlieue parisienne et mère seule élevant trois filles. Pour ces personnages, le miroir de la société n’a pas constitué un frein à leur volonté de se définir tels qu’ils voulaient bien être ou devenir.

Les définitions de la société ne doivent pas entraver notre liberté. Le monde moderne, que l’on veuille ou pas, est tourné vers le métissage, pas seulement des origines, mais aussi culturel et se positionner dans ce monde selon la perception qu’on a de soi, de notre vie à un moment donné est important pour y vivre sa liberté, car les définitions des autres représentent des contraintes à notre quête de soi. Ces identités fluctuantes ne sont pas un déni de soi, une négation de son être. Nous ne devons pas nous enfermer dans des miroirs que nous renvoie la société. Nous ne devons pas nous conformer à ce que la société attend de nous. C’est cette liberté que veulent mes personnages : vivre dans la quête de ce qu’on est.

Au-delà de la thématique sur la quête d’identité, les autres thèmes abordés dans Je suis quelqu’un sont la mort, la perte d’un enfant, la perte d’une mère, la drogue, le racisme, les échecs et déceptions amoureuses : des thèmes assez négatifs. Peut-on dire que votre roman est sombre ?

Non, Je suis quelqu’un n’est pas sombre. Ce sont les réalités du quotidien qui assombrissent la vie. Chacun de nous a connu ça : les déceptions amoureuses, la perte d’un être cher, la marginalisation, les échecs, etc. Je suis réaliste et je ne veux pas que montrer le côté sucré de la vie. Je m’inspire du réel. Certes, je montre des personnes en difficulté, mais ces personnes se relèvent à chaque fois. Dans une société concurrentielle, où tout le monde essaie d’exister, mon roman est considéré plutôt comme un hymne à la vie et comme l’on dit certains lecteurs, « ce livre m’a permis d’avancer ; ce livre m’a fait sourire… ». Et ce sont ces phrases qui sont galvanisantes pour l’auteure que je suis. Les questions existentielles, le retour au passé pour mieux comprendre le présent sont des problématiques récurrentes au sein de nos sociétés contemporaines.

[bctt tweet= »La littérature ne devrait pas rester quelque chose d’élitiste. » username= »Afrolivresque »]

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes écrivains africains ?

Aux jeunes écrivains, je leur demande de penser l’écriture comme une maison en construction. Une maison en construction pour laquelle on n’a pas de plan. C’est au fur et à mesure de la construction, et en fonction de comment vous vous sentirez à l’intérieur de cette maison, que vous saurez si vous allez faire un studio, un appartement, une villa ou une maison à plusieurs étages. Ne vous laissez pas enfermer dans les règles, dans les contraintes, dans les plans. Décorez votre maison comme vous le voulez et surtout ne vous sentez pas illégitimes. L’Afrique est le futur de la langue française. L’Afrique sera bientôt le nouvel épicentre de la langue française et les écrivains africains doivent pouvoir s’approprier cette langue, sans aucun complexe et la manier comme bon leur semble. Chaque écrivain francophone doit pouvoir être le précurseur d’une écriture subversive et il y en a déjà beaucoup qui l’ont fait tel l’écrivain congolais Sony Labou Tansi. Il n’y a pas d’illégitimité dans l’écriture et la littérature ne devrait pas rester quelque chose d’élitiste.

Vous êtes-vous sentie illégitime lors de l’écriture de ce roman ?

Non, à aucun moment. C’est vrai que dans ma vie, j’ai connu parfois des moments d’insécurité comme tout le monde. Mais j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours dit qu’il y avait une place pour moi dans le monde. Ils me disaient : « Si toi, tu te sens illégitime, les autres te percevront comme telle et ne te feront pas confiance. Par contre, si tu penses être à ta place et que les autres ne le croient pas, ton point de vue va peu à peu modifier la réalité autour de toi ». J’essaie de ne jamais m’enfermer dans des réflexions handicapantes et je préfère encore l’action à la réflexion. C’est cette maxime que j’applique chez mes personnages. Ces personnages ne sont pas moi, mais naissent des différents voyages que j’ai effectués via mes rencontres personnelles.

12 mars 2019 0 Commentaires
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Des élèves qui dédicacent un livre Oui c’est possible en Afrique. « Lumière et Ombre » d'une jeunesse qui ose
ActualitéAfrique CentraleÉvénements

Des élèves qui dédicacent un livre ? Oui c’est possible en Afrique. « Lumière et Ombre » d’une jeunesse qui ose

par Rosine Dayo 19 février 2019
Rédigé par Rosine Dayo

Lumière et Ombre est un recueil de nouvelles écrites par des jeunes du collège Libermann, un établissement scolaire de la ville de Douala au Cameroun. Ce projet littéraire lancé par les éditions Ifrikiya vise à encourager les jeunes élèves des lycées et collèges du Cameroun à l’écriture et à la publication de leurs créations.

Ce recueil de nouvelle est en outre le résultat d’un concours. Il a été demandé aux élèves d’écrire une nouvelle et le prix final était donc la publication des meilleures nouvelles. Quatre lauréats se sont ainsi distingués parmi tous leurs camarades et leurs nouvelles ont été publiées sous l’intitulé : Lumière et Ombre dans la collection « Sanaga jeunesse ».

Sonia Rykiel Toukam, Marie Sarah Moune, Johanna Ewoudou, Jackye Carole Mpeck, Ange-Michelle Ngueleu, puisqu’il s’agit d’elles, ont eu le bonheur de partager avec les lecteurs l’objet de leurs pensées : leurs peurs, leurs doutes, leurs inquiétudes, mais également leurs joies quotidiennes. Publié en 2017, ce projet vient booster la créativité littéraire chez la jeunesse camerounaise, lui donner le goût de lire et le courage de croire en l’avenir même quand tout semble flou.

La première nouvelle s’intitule Terre promise et est écrite par Sonia Rykiel Toukamen, élève en classe de 3ᵉ. Le texte nous invite dans la vie d’un jeune garçon aux allures turbulentes qui n’avait aucun goût pour la lecture et encore moins pour la revue de l’actualité tant politique qu’économique de son pays. Toutefois, la cruauté de l’être humain va faire de lui un nouvel homme, un leader. « Vouloir le changement ; dénoncer et se battre au prix de sa vie ! », tel sera son cheval de bataille. Pour ce nouveau combat, le narrateur souligne la nécessité de s’informer car « l’information, c’est le pouvoir ». À la lecture de ce texte, le lecteur est tenté de penser que l’homme naît bon mais c’est la société qui le transforme. Le personnage principal Lakhdar Mba Haïssa incarne un sentiment patriotique, une dévotion si pure et si spontanée que le lecteur à la fin de chacune des phrases de ce jeune auteur se pose la question : pourquoi tant d’engagement ?

La nouvelle deuxième s’intitule Elle !. Marie Sarah Moune, élève en classe de 1ʳᵉ, nous invite dans l’univers d’une adolescente dont le père vit dans la ville de Douala et la mère à Yaoundé, à cause des contraintes professionnelles et personnelles. Une situation que vivent beaucoup de familles camerounaises. Grâce à un coup du destin, elle aura le bonheur de voir ses parents et elle vivre enfin sous un même toit. Seulement, elle va très vite voir son monde s’effondrer. La violence va rapidement se faire une place de choix dans sa vie. Entre les marginalisations en milieu scolaire et les disputes, cris et violences à la maison, la jeune Epossi Mbikai Manon Glawdys nous raconte les souffrances qu’elle, comme plusieurs adolescents, endure dans le silence et l’impuissance. L’auteur décrit comment l’ambiance familiale peut être déterminante dans la réussite scolaire et l’épanouissement d’un enfant.

 

Lumière et Ombre est l’intitulé de la 3ᵉ nouvelle. Johanne Ewoudou, élève en classe de Terminale, nous emmène vers des réflexions existentielles et philosophiques. La lumière et l’obscurité, deux entités pleines de mystères et omniprésentes. Il suffit de faire disparaître l’une pour percevoir la présence de l’autre. L’auteur nous livre les réalités de l’amitié entre filles dans le milieu scolaire. C’est un jeu effrayant dont les pions sont l’hypocrisie, la trahison et l’apparence. Bien qu’effrayant, il constitue le jeu favori de nombreux jeunes. Tel est le mystère de la vie. Le milieu vivant est une jungle où chaque être doit connaître son potentiel afin de mieux choisir sa place dans la société et affûter les armes dont il aura besoin pour survivre et faire valoir ses droits.

Ma bonne étoile de Jackye Carole Mpeck, élève en classe de 3ᵉ, nous entraîne vers un courant plus doux, une vision plus harmonieuse et plus optimiste de l’amitié en milieu scolaire. L’héroïne Michèle Mpeck, alors élève en classe de 3ᵉ, timide de nature va voir son année et son destin prendre une nouvelle dimension avec l’entrée de Jackye dans sa vie.

Un cauchemar frissonnant, de Ange-Michelle Ngueleu, élève en classe de 5ᵉ, nous entraîne dans un voyage effrayant. La jeunesse fille attire l’attention de son lecteur sur la nécessité de contrôler ses émotions. À cause d’une décision prise sur un coup d’extrême euphorie ou de colère, une vie ou une famille peut être détruite.

 

Lumière et Ombre est une première initiative qu’il est nécessaire de féliciter et d’encourager. Ce recueil met sous les projecteurs de jeunes plumes qui ont le goût de l’écriture et qui pourraient écrire des best-sellers. Mais elles auront besoin d’un encadrement efficace. Pour assurer un véritable succès à ces créations, l’accompagnement de ces jeunes auteurs est capital. Ils ont du potentiel mais il revient aux encadreurs de parfaire leur langage et leur style, afin de leur permettre de gagner en originalité, et de produire des textes de haute qualité ; d’où l’importance d’un réel et efficace comité de lecture.

Lire ces jeunes est très divertissant et instructif. Leurs écrits permettent d’explorer la société humaine à travers de nouveaux horizons. Ils surprennent par le choix de leurs thématiques, apaisent l’âme par l’innocence que traduisent leurs réflexions ; et ils surprennent aussi par les souffrances des jeunes qu’ils mettent à nu. Ces souffrances qui sont réduites au silence par les aînés, les adultes. C’est un recueil plein de sagesse que nous livrent ces jeunes.

19 février 2019 0 Commentaires
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LittératureAfrique CentraleÉvénements

Cameroun: Aminata Aidara Présentera « Je suis quelqu’un » au Salon Littéraire MOSS

par Ramcesse Chetmi 11 février 2019
Rédigé par Ramcesse Chetmi

La première rencontre littéraire de l’année 2019, organisée par le Salon littéraire MOSS, verra la présence de la journaliste et romancière italo-sénégalaise Aminata Aidara. L’auteure viendra présenter son tout premier roman Je suis quelqu’un paru aux Éditions Gallimard, en août 2018, dans la collection Continents noirs spécialisée dans la littérature africaine, afro-européenne et diasporique.

Je suis quelqu’un est un roman sur la quête de soi, l’affirmation de soi ; ce soi pluriel, multi-identitaire, ce soi complexe. Ce soi issu d’un métissage culturel, d’une ouverture au monde, d’un apprentissage de différentes cultures qui débouchent sur une identité non pas multiple, mais complexe.

Galleries-MAM

Gallerie MAM

C’est aussi cela qui sous-tend le projet des rencontres littéraires organisées par la fondatrice du Salon Littéraire MOSS, la diplomate Marème Malong, femme d’affaires et actuelle consule du Sénégal à Douala. En effet, le Salon Littéraire MOSS est un lieu de rencontres et d’échanges pour des personnes de différentes cultures passionnées de littérature. Il propose des ateliers d’écriture et de lecture réservés aux plus jeunes, des lectures croisées et des tables rondes. Le salon abrite une bibliothèque de près de 2 500 ouvrages et classiques rédigés aussi bien en anglais qu’en français, portant essentiellement sur les thématiques telles que l’art, l’histoire, la philosophie et la politique avec un focus sur l’Afrique.

S’il est à noter que des auteurs de différentes origines (africaines, européennes, caribéennes etc.) sont présents dans cette bibliothèque privée constituée des livres consultables sur place, une part belle est donnée aux écrivains camerounais. Aux côtés d’Achille Mbembe, de Célestin Monga se trouvent des jeunes auteurs tels Hemley Boum, Max Lobè, Marc Alexandre Oho Bambe etc., qui, tour à tour, y sont venus présenter leurs œuvres.

Ces rencontres littéraires permettent, non seulement de présenter les dernières parutions des auteurs déjà connus, mais aussi de participer à l’émergence de nouveaux écrivains. En conclusion, l’objectif de ce salon, mis sur pied en 2016, est de mettre en lumière les acteurs de la littérature africaine.

La présentation du roman Je suis quelqu’un d’Aminata Aidara aura lieu le jeudi 21 février 2019 au sein des galeries MAM sis à Bonanjo, à Douala, au Cameroun.

Le Salon Littéraire MOSS est l’un des trois services qu’offrent les galeries MAM. Les autres services sont les galeries d’art et le centre d’échanges et d’incubateurs des start-up et des projets de jeunes entrepreneurs.

11 février 2019 0 Commentaires
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Caravane des dix mots : La 4e édition est lancée au Cameroun
ÉvénementsActualitéAfriqueAfrique Centrale

La Caravane des dix mots : La 4e édition est lancée au Cameroun

par Ramcesse Chetmi 5 février 2019
Rédigé par Ramcesse Chetmi

À VOS STYLOS, PRÊTS, ÉCRIVEZ !

Poésie et Slam, arts plastiques, danse, théâtre, conte, concours d’éloquence, concours d’orthographe, concours de poésie et concours de calligramme sont les activités qui meubleront toutes ces neuf semaines de la formation qui a débuté ce mercredi 30 janvier 2019 à l’Institut français de Douala, au Cameroun dans de cadre de l’événement « La Caravane des dix mots ».

La Caravane des dix mots réunit des artistes et citoyens engagés sur leur territoire pour

[bctt tweet= »« Aller à la pêche au sens des mots, au-delà de leur propre définition, afin de montrer la richesse et la diversité culturelle que tout être humain porte en lui. ». » username= »Afrolivresque »]

La Caravane des dix mots est une initiative lancée à Lyon en 2003 par Thierry Auzer, directeur du Théâtre des Asphodèles.

Les élèves des lycées et collèges des villes de Douala, Yaoundé et Ngaoundéré recevront tous les mercredis après-midis une équipe de caravaniers qui viendront leur enseigner l’art d’écrire, de parler et de s’exprimer via les moyens artistiques qui les passionnent. Ces élèves pourront ainsi le 30 mars 2019 restituer ce qu’ils auront appris. Ils pourront oser dire « les dix mots » de la Francophonie – OSER PRENDRE LA PAROLE, OSER S’EXPRIMER, OSER PARTAGER, OSER IMAGINER LE MONDE, LE DÉCRIRE ET L’ÉCRIRE. Tel est l’objectif de l’association « Entre2Vers » qui est à l’initiative de ce projet au Cameroun.

En effet, pour Arnold Kouokam, coordonnateur de l’association, les jeunes camerounais doivent de plus en plus se lancer dans la mise en œuvre et la réalisation de leurs rêves artistiques car « à trop hésiter, on finit par passer à côté de ce qui aurait pu tout changer », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement réunissant les acteurs de cette initiative, les partenaires et bien plus important encore, des élèves passionnés. Bien que la plupart de ces concours soient réservés aux élèves, il faut noter que le concours de poésie est, quant à lui, ouvert au grand public passionné d’écriture.

Le rendez-vous est donc pris le 30 mars 2019 à l’Institut français du Cameroun, à Douala, pour les différentes finales de la Caravane des dix mots.

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Les Éditions Zulma Lancent Le Prix Apulée De La Traduction
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Les Éditions Zulma Lancent Le Prix Apulée De La Traduction

par La redaction 31 janvier 2019
Rédigé par La redaction

C’est par la lettre d’information des Éditions Zulma que la nouvelle a été annoncée. À l’occasion de la parution du quatrième numéro de la revue Apulée, les Éditions Zulma lancent le Prix Apulée de la Traduction.

Il récompensera un texte court, de littérature ou de réflexion, traduit pour la première fois en français et écrit dans l’une des 6 912 langues du monde par un auteur résidant en Europe. Alors que des murs se dressent le long des frontières et dans les esprits, nous voulons saluer les écrivains et traducteurs qui inventent l’Europe.

Rappelons que la Revue Apulée est une revue annuelle de littérature et de réflexion initiée par Hubert Haddad et qui, selon les Éditions Zulma, s’engage à parler du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d’un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d’enjeu l’Afrique et la Méditerranée.

Le lancement officiel du Prix Apulée de la Traduction est prévu à Paris à une date qui n’a pas encore été dévoilée.

31 janvier 2019 0 Commentaires
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Le Festival Africain des Écrivains Émergents (FESTAE) Ce que promet l’édition 2019 organisée au Cameroun
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Le Festival Africain des Écrivains Émergents (FESTAE): Ce que promet l’édition 2019 organisée au Cameroun

par La redaction 26 janvier 2019
Rédigé par La redaction

Pour rappeler la mémoire de Njoya, écrivain et artiste camerounais né en 1889 à Foumban, l’Association littéraire CLIJEC, fondée par des jeunes auteurs camerounais, organise dans trois villes de l’Ouest-Cameroun, la quatrième édition du Festival Africain des Écrivains Émergents – FESTAE (African Festival of Emerging Writers ) sur le thème « Réconcilier l’Afrique avec ses histoires ». Ce festival qui aura lieu du 6 au 8 février 2019 dans les villes de Dschang, Bafoussam et Foumban sera également l’occasion de rendre hommage à des visages littéraires traditionnels du Cameroun restés dans l’ombre depuis plusieurs années.

Le Festival Africain des Écrivains Émergents (FESTAE) : un espace pour le livre

À Yaoundé et à Douala, le CLIJEC est bien connu pour ses activités autour de la littérature. Entre les ateliers de lectures et d’écriture, les conférences avec les auteurs, les cafés littéraires et les spectacles de lectures publiques, les jeunes de ce cercle littéraire fondé autour du poète Jean-Claude Awono, animent avec passion la scène culturelle camerounaise depuis bientôt dix ans. En 2015, le CLIJEC a mis sur pied ce projet littéraire dont le but est de réunir, chaque année, les écrivains émergents du Cameroun et de l’Afrique sur la même scène. Le test de la première édition organisée à Yaoundé a planté le décor d’une initiative qui, depuis, grandit.

Cette année, le FESTAE, qui célèbre NJOYA, annonce à l’affiche un ensemble d’activités autour de l’Histoire, du livre et de la culture. C’est à l’Université de Dschang que s’ouvrent, le 6 février, les activités de ce rendez-vous auquel s’habitue déjà le public du Cameroun.

À l’affiche, une conférence d’ouverture à laquelle participent les écrivains Marcel Kemadjou Njanké qui célèbre ses 25 ans d’écriture cette année, Jean-Claude Awono dont l’étude de l’œuvre complète vient d’être publiée par le Dr Marcel Essiene de l’Université de Douala, le Professeur Alain Cyr Pangop, enseignant et chercheur à l’Institut des Beaux-Arts de Foumban, ainsi que l’étoile montante Djhamidi dont l’œuvre 8clos vient d’être rééditée. Également attendus à cette conférence, les hauts dignitaires du palais Royal de Foumban et les chefs de la région de l’Ouest.

Une table ronde sur le « problème anglophone » au Cameroun est également prévue à la Bibliothèque Panafricaine de Dschang avec les auteurs de l’anthologie Ashes and Memories, un projet d’écriture poétique dirigé par Raoul Djimeli qui est par ailleurs Président du CLIJEC, Mp Mbutoh et Timba Bema.

La visite du Musée de la chefferie Bafoussam et l’échange avec le Roi des Bafoussam, la visite des lieux sacrés, les lectures et les rencontres dans les écoles, constitueront d’autres parcours des festivaliers.

À Bafoussam, c’est l’espace TENGANG situé en plein cœur de la ville, qui accueillera le spectacle d’hommage à Daniel Tongning, écrivain et poète camerounais. Une projection filmique permettra aux festivaliers de découvrir le documentaire Une démocratie africaine de Pierre Loti Simo. Pour les jeunes auteurs, plusieurs ateliers d’écriture au programme et des offres de livres africains pour les écoles.

Il est à noter que toutes les activités organisées par l’association CLIJEC depuis sa fondation se font uniquement dans les espaces culturels camerounais et sont totalement gratuites et libres.

26 janvier 2019 0 Commentaires
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