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Note de lecture : «L'équation avant la nuit» de Blaise Ndala -© Gabrielle Dallaporta
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Note de lecture : «L’équation avant la nuit» de Blaise Ndala

par Alain Raimbault 31 juillet 2025
Rédigé par Alain Raimbault
Ce roman de Blaise Ndala sur le projet de construction de bombe nucléaire par Hitler durant la Seconde Guerre mondiale se lit comme un roman policier. Nous partons d’un message inquiétant que reçoit une professeure à Washington DC, pour remonter ensuite la filière nucléaire qui va nous amener de Belgique au Katanga en passant par le Chili et le Grand Nord canadien. Qui a envoyé les messages menaçants ? Quel rapport entre ce scientifique allemand et Beatriz, la professeure ? Quel rôle joue dans l’affaire ce jeune prince Lunda étudiant en Belgique en 1943 ?
Mystère dès le début, enquête haletante, personnages intenses et torturés, ce roman dévore comme un feu intérieur. Il est également une fable morale sur la science sans conscience et la ruine des âmes. Sur l’importance de la réparation. Sur le dilemme entre rester fidèle à sa communauté, à sa patrie, à son peuple, voire à sa minorité ou à soi-même et la trahison.
Entre autres, il est reproché à Daniel Zinga, le célèbre écrivain, acolyte de Beatriz dans cette enquête identitaire pour le moins originale, de trahir sa communauté. Mais qu’est-ce que « sa », ou la communauté d’un écrivain ? Certes, Daniel vient d’Afrique, il est noir, mais il est aussi écrivain. Il ne peut être réduit à deux caractéristiques. Il ne les nie pas, bien sûr, mais il est aussi autre chose. On ne peut réduire une personne à ses origines, n’est-ce pas ? L’identité est un concept toujours en mouvement, en transformation, et la solution de facilité est de coller une étiquette définitive.
Par ce roman de Blaise Ndala, j’ai d’une part beaucoup appris sur la course à la bombe atomique dans les années 40, et sur le processus de réparation pour les peuples victimes de l’extractivisme colonial. Passionnant ! D’autre part, j’ai beaucoup aimé le principe de l’enquête, partir d’un problème causé aujourd’hui et remonter le cours de l’histoire pour trouver des réponses, la narration à rebours. L’auteur est un maître en la matière.
Le roman pose aussi la question de la culpabilité du traître et ses tourments. Il évoque enfin sans équivoque et avec un certain humour la corruption des élites africaines, plus intéressées par le profit personnel que par le destin des peuples qu’elles sont censées servir. Bref, Blaise Ndala affronte sans complaisance aucune sous le biais de la fiction, des sujets sensibles, au niveau de l’humain et de l’universel.
L’équation avant la nuit est un vaste roman, un grand roman. Chapeau, l’artiste!!! Il sort dans un mois en librairie, le 20 août Chez JC Lattès (France) et le 27 octobre chez Mémoire d’encrier (Canada).
Photo : © Gabrielle Dallaporta
31 juillet 2025 0 Commentaires
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Somaliland : la Zambie à l’honneur de la 18ᵉ édition de la foire Hargeisa International Book Fair
ÉvénementsIndustrie

Somaliland : la Zambie à l’honneur de la 18ᵉ édition de la foire Hargeisa International Book Fair

par La redaction 23 juillet 2025
Rédigé par La redaction

Du 26 au 31 juillet 2025, la ville d’Hargeisa, capitale du Somaliland, accueille la 18ᵉ édition du Hargeisa International Book Fair (HIBF), principal événement littéraire de la Corne de l’Afrique. Organisée par la Redsea Online Culture Foundation et le Hargeysa Cultural Centre, cette rencontre attire chaque année jusqu’à 10 000 visiteurs.

la 18e édition de la Hargeisa International Book Fair tournée vers l’Afrique

Placée sous le thème « Africa », l’édition 2025 met à l’honneur la Zambie, pays invité. Pendant six jours, lectures, conférences, ateliers, expositions et concerts animeront les échanges autour de la littérature africaine. Plusieurs thèmes majeurs seront abordés, notamment la tradition orale, la poésie somalienne, l’accès au livre, les droits de l’enfant ou encore la place des femmes dans l’écriture.

Afin d’assurer la sécurité des participant·es, les autorités locales ont renforcé les dispositifs de contrôle. Le général-major Abdirahman Abdilahi Hasan, chef de la police du Somaliland, a supervisé les installations pour garantir le bon déroulement de l’événement.

Une initiative portée par Jama Musse Jama

Fondée en 2008 par Jama Musse Jama, la foire Hargeisa International Book Fair a connu une croissance rapide, passant de quelques centaines à plus de 10 000 visiteurs. Docteur en ethnomathématiques et chercheur en linguistique computationnelle, Jama Musse Jama est également l’auteur de plusieurs ouvrages portant sur la liberté politique, les jeux traditionnels somaliens et la transmission culturelle.

La foire Hargeisa International Book Fair, qu’il dirige encore aujourd’hui, se veut un espace d’échange, de liberté d’expression et de résilience culturelle dans un contexte régional marqué par de nombreux défis. L’événement contribue à la valorisation des langues locales, soutient l’édition en Afrique et stimule les dynamiques culturelles et économiques du Somaliland.

En amont du festival, la Somaliland Moving Library sillonne les régions du pays pour promouvoir la lecture auprès des jeunes publics. Ce programme itinérant, rattaché à la foire, permet de démocratiser l’accès aux livres et de sensibiliser les populations rurales aux enjeux de l’éducation et de la culture.

Pour plus d’infos, suivre le compte Instagram de la foire : https://www.instagram.com/hargeysabookfair/

23 juillet 2025 0 Commentaires
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Encore 40 jours pour gagner 10 000 euros au concours «Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » d’Amazon
AfriqueCaraïbesEuropeFictionIndustrieProfessionnels

Encore 40 jours pour gagner 10 000 euros au concours «Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » d’Amazon

par La redaction 22 juillet 2025
Rédigé par La redaction

Depuis le 1ᵉʳ mai, Amazon France accueille les inscriptions pour son concours annuel «Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones », dédié aux auteurs autoédités francophones. Organisé via la plateforme Kindle Direct Publishing (KDP) d’Amazon, ce concours propose une dotation de 10 000 euros, une adaptation en livre audio par Audible et un plan promotionnel ciblé sur les sites d’Amazon. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août 2025, soit 40 jours restants pour participer.

Créé en 2015, le concours « Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » est né dans un contexte de mutation du secteur de l’édition, où l’autoédition prenait un essor inédit grâce aux outils numériques. Dès ses débuts, Amazon propose avec KDP une solution simple pour publier un livre au format numérique et broché. En parallèle, le concours se donne pour ambition de révéler de nouveaux talents et d’ouvrir la voie à une reconnaissance plus large du modèle indépendant. L’initiative s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable pour celles et ceux qui souhaitent faire entendre leur voix dans le paysage littéraire contemporain, sans passer par les canaux traditionnels de l’édition.

Le concours « Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » propose aux écrivain·e·s autoédité·e·s de soumettre un manuscrit de fiction en français, disponible en e-book et au format broché, avec la version numérique inscrite au programme KDP Select d’Amazon pendant toute la durée du concours.

Chaque roman candidat bénéficie ainsi d’une vitrine prioritaire sur Amazon.fr, accessible à des millions de lecteurs. Le concours a permis à des milliers d’auteurs de se faire connaître. Parmi les lauréats, on compte notamment Amélie Antoine (prix 2015), dont le thriller Fidèle au poste est devenu un succès de lecture sur Kindle. En 2024, la victoire est revenue à Léonie Bloom pour Le petit vieux qui a fait le tour du monde (3 fois), qui a depuis connu un bel essor.

Comment participer au concours « Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » ?

L’édition 2025 du concours « Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » conserve les fondements qui ont fait sa réputation. Jusqu’au 31 août, les participants doivent publier un roman en langue française via KDP, en versions numérique et papier. 

L’inscription au programme KDP Select est obligatoire pour la version e-book, avec garantie d’une exclusivité temporaire à Amazon. Une fois le livre mis en ligne, il est soumis au regard des lecteurs ; le nombre de téléchargements, les avis et les lectures sur Kindle Unlimited font partie des éléments pris en compte lors de la sélection.

Voici les étapes essentielles pour y participer :

  1. Rédigez un roman inédit, intégralement en français. Il doit s’agir d’un ouvrage jamais publié auparavant (ni en autoédition, ni chez un éditeur classique). Votre livre doit respecter les critères de KDP : aucun contenu illicite ni plagié, respect de la législation et des droits d’auteur.
  2. Créez un compte sur la plateforme Kindle Direct Publishing (KDP) d’Amazon. Publier votre roman via Kindle Direct Publishing (KDP) au plus tard le 31 août 2025.

Lors du dépôt de votre livre sur KDP :

    • Sélectionnez le français comme langue principale.
    • Insérez les mentions et mots-clés recommandés selon les modalités du concours (voir page officielle pour les hashtags ou codes à indiquer pour la sélection).
    • Votre roman doit être disponible à la vente sur Amazon.fr en version numérique (ebook), et idéalement aussi en version papier via KDP.
  1. Finaliser l’inscription au concours. Assurez-vous que votre publication respecte tous les critères fixés par le règlement officiel (inédit, exclusivité, respect du format, etc.). Vérifiez sur la page officielle du concours que votre roman est bien publié.

Attention : tout livre publié avant le 1er mai 2025 ou après le 31 août 2025 ne sera pas pris en compte.

  1. Promouvoir votre livre. Pendant la période du concours, incitez un maximum de lecteurs à télécharger, lire et commenter votre livre sur Amazon.fr. Les avis des lecteurs jouent un rôle majeur dans la sélection des finalistes. Vous pouvez suivre la visibilité de votre titre sur votre compte KDP et ajuster éventuellement sa présentation.

Pour plus d’informations, voir la page officielle du concours : https://www.amazon.fr/b?ie=UTF8&node=14734726031

Le processus de désignation des finalistes

Le processus de désignation des finalistes s’effectue en deux temps. D’abord, une présélection fondée sur l’adhésion du public. Puis, un jury composé de professionnels du livre et de représentants d’Amazon, comme Shabnam Mirsaeedi (Kindle France) ou Lucie Soureillat (Audible), désigne le ou la lauréate. Ce dernier ou cette dernière recevra une récompense de 10 000 euros, un accompagnement marketing personnalisé, ainsi qu’une adaptation audio de son livre produite par Audible. Les cinq finalistes bénéficieront quant à eux d’une liseuse Kindle Scribe et d’une visibilité accrue sur la plateforme.

Au-delà de ces avantages matériels, les témoignages des anciens finalistes soulignent l’impact symbolique et professionnel du concours. En 2024, des auteurs comme Eva Collin (La Goutte d’Eau), Christian Clément (Dark Gravity) ou S.D. Fisher (Une mort trop tranquille) ont partagé sur les réseaux leur gratitude à l’annonce de leur sélection. Pour eux, cette reconnaissance leur a ouvert des perspectives inédites, notamment des lectures publiques, des ventes en hausse, des propositions de contrats, mais surtout, une légitimation dans un milieu encore très attaché à l’édition classique.

La participation au concours « Kindle Storyteller – Les Plumes Francophones » est gratuite et ouverte à toute personne majeure résidant dans un pays francophone. Il suffit d’un manuscrit original, d’un compte KDP actif, et d’un peu d’audace pour se lancer.

22 juillet 2025 0 Commentaires
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Nigéria Enugu accueille la 3ᵉ édition du Umuofia Arts and Book Festival 2025 du 31 juillet au 2 août - RS
ActualitéAfrique de l'OuestÉvénementsIndustrie

Nigéria : Enugu accueille la 3ᵉ édition du Umuofia Arts and Book Festival 2025 du 31 juillet au 2 août

par La redaction 18 juillet 2025
Rédigé par La redaction

La ville d’Enugu, dans le sud-est du Nigeria, accueillera du 31 juillet au 2 août 2025 la troisième édition du Umuofia Arts and Book Festival (UABF). Cet événement culturel, organisé par Eagle Nest Literary Foundation, met à l’honneur la littérature, les arts visuels, le théâtre, la musique et les réflexions intellectuelles autour de l’Afrique et de sa diaspora.

La Eagle Nest Literary Foundation est une organisation littéraire basée dans le sud-est du Nigeria, principalement à Awka (Ọka) et à Enugu. Elle s’est donnée pour mission de promouvoir la culture littéraire et artistique à travers toute la région.

Le Umuofia Arts and Book Festival est un événement annuel dédié à la littérature et aux arts. Il met aussi un accent particulier sur la valorisation et la célébration de la culture Igbo. 

Le programme de cette troisième édition inclura des lectures publiques, des ateliers d’écriture, des expositions d’arts visuels, slams de poésie, ainsi que des tables rondes et discussions interdisciplinaires abordant des thèmes littéraires, technologiques, philosophiques et politiques.

Le nom du festival fait référence à Umuofia, le village fictif du roman Things Fall Apart de Chinua Achebe. Après une première édition réussie en 2023 à Awka, Anambra, le festival a déménagé à Enugu depuis 2024 où il continue de se développer comme un événement culturel majeur dans la région. La seconde édition, qui avait eu lieu du 31 juillet au 3 août 2024 à Enugu, avait pour thème « Rebirth » (Renaissance).

L’édition 2025 aura lieu à nouveau à Enugu, du 31 juillet au 2 août. Parmi les invités annoncés de cette édition, figurent des écrivains et artistes comme Uchenna Ugwu, Rosemary Okafor, Obinna Udenwe, Igboinna Eze, Lydia Ndubuaku, Ismail Bala et Wendy Okeke. La liste complète sera publiée prochainement et les billets d’entrées sont déjà en vente en ligne.

 

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A post shared by Michael Chiedoziem Chukwudera (@chiedoziem_chukwudera)

De Dakar à Nairobi, de Lomé à Johannesburg, les festivals littéraires et artistiques se multiplient. De plus en plus de festivals littéraires émergent à travers le continent africain, ce qui favorise la circulation des idées, la célébration des langues locales et l’affirmation des identités culturelles. Ces événements jouent un rôle essentiel dans la vitalisation des scènes littéraires régionales et la mise en réseau des créateurs africains et afrodescendants.

Le Umuofia Arts and Book Festival s’inscrit dans une dynamique croissante de festivals littéraires sur le continent africain, en particulier dans les régions historiquement marginalisées sur le plan culturel. En misant sur la littérature, les arts visuels et les expressions orales, l’événement contribue ainsi à redonner une visibilité aux langues et traditions locales, tout en créant un espace de dialogue entre générations, disciplines et horizons culturels. En choisissant Enugu, au cœur du pays igbo, le festival affirme également l’importance de décentraliser la production culturelle au Nigeria et de mettre en valeur les patrimoines littéraires régionaux dans un cadre contemporain et ouvert sur le monde.

Comme le rappelait l’autrice nigériane Chimamanda Ngozi Adichie lors de la cérémonie de clôture du Things Fall Apart Festival en juillet 2025 à Enugu, la préservation des langues et cultures locales est essentielle dans un monde globalisé où les identités sont souvent fragilisées.

18 juillet 2025 0 Commentaires
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Ivana Akotowaa Ofori, curatrice du festival du livre africain de Berlin 2025 - African Book Festival 2025
AfriqueEuropeÉvénementsFantasyHorreurIndustrieScience-fiction

Berlin célèbre les littératures spéculatives africaines au African Book Festival 2025

par La redaction 18 juillet 2025
Rédigé par La redaction

Berlin accueille cette année la septième édition de l’African Book Festival, un rendez-vous culturel de premier plan en Allemagne dédié à la littérature africaine et afrodescendante. Organisé du 18 au 20 juillet 2025 à l’Alte Münze (Molkenmarkt, Berlin-Mitte), l’événement propose un riche programme axé sur les littératures spéculatives, avec pour thème « In Other Wor(l)ds » (« Dans d’autres mondes/mots »), en hommage à la créativité sans frontières des auteur·e·s africain·e·s. Ce thème est centré sur la littérature africaine et afrodiasporique de science-fiction, fantasy et horreur. Le Ghana est le pays invité cette année.

Lancé en 2018 par l’association InterKontinental e.V., le African Book Festival Berlin réunit chaque année des professionnel·le·s de l’édition, des artistes et un large public autour d’un programme combinant littérature, arts vivants, débats et activités publiques.

Ivana Akotowaa Ofori, une curatrice en phase avec la thématique

Ivana Akotowaa Ofori a conçu la programmation de l’African Book Festival 2025, autour du thème “In Other Wor(l)ds”, en parfaite continuité avec son univers littéraire engagé et visionnaire.

Ivana Akotowaa Ofori est une autrice, performeuse et blogueuse ghanéenne, figure montante de la littérature spéculative africaine contemporaine. Connue sous le pseudonyme de “The Spider Kid”, elle explore la fiction, la non-fiction et la poésie performative à travers des récits où se mêlent mémoire historique, réalisme magique, horreur et science-fiction. 

Diplômée du Clarion West Writing Workshop (atelier d’écriture Clarion West, aux États-Unis), elle s’est illustrée dans des anthologies comme Africa Risen ou Kenkey for Ewes, et son œuvre la plus remarquée à ce jour, The Year of Return (2024), mêle mémoire de la traite transatlantique et fantômes du passé. Finaliste ou sélectionnée pour des prix tels que le Miles Morland Writing Fellowship (bourse d’écriture Miles Morland) et les Nommo Awards  (prix littéraires de la science-fiction africaine), elle est également très impliquée dans l’encadrement de jeunes écrivain·es, notamment à travers le programme de mentorat Sprinng Writing Fellowship. 

À travers ses écrits et interventions publiques, elle défend l’idée que les récits traditionnels africains sont déjà empreints de spéculation, et que revisiter ces formes narratives permet d’ouvrir de nouveaux espaces d’expression. 

Une programmation riche et variée

Le African Book Festival 2025 accueillera plus de 20 auteurs et artistes issus d’Afrique et de sa diaspora, parmi lesquels Ama Asantewa Diaka, Ayesha Harruna Attah, Cheryl Ntumy, Tendai Huchu, Nii Ayikwei Parkes, Niq Mhlongo ou encore Zoë Gadegbeku. 

Le public pourra assister à des lectures, des tables rondes, des séances de dédicaces, des performances artistiques, ainsi qu’à un marché en plein air mêlant librairie éphémère, artisanat africain, street food et animations.
Des ateliers participatifs sont organisés tout au long de la journée pour les enfants, les familles et les amateur·rice·s d’écriture. Le dimanche, une rencontre spéciale réunira plusieurs clubs de lecture africains invités depuis divers pays d’Europe et d’Afrique.

Découvrez tout le programme ICI.

Accès, horaires et billetterie

Le African Book Festival 2025 se déroule à l’Alte Münze, près de l’Alexanderplatz. Il est accessible par les stations de métro Alexanderplatz, Klosterstraße et Jannowitzbrücke.

Horaires d’ouverture :

  • Vendredi 18 juillet : à partir de 19h
  • Samedi 19 juillet : dès 10h30
  • Dimanche 20 juillet : dès 9h30

Les billets sont disponibles en ligne ou sur place, à partir de 25,96 € par jour. Un pass trois jours est proposé.

18 juillet 2025 0 Commentaires
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ActualitéAmérique du NordCinémaFiction

Washington Black : le roman d’Esi Edugyan adapté en mini-série événement sur Hulu et Disney+

par La redaction 16 juillet 2025
Rédigé par La redaction

Le roman Washington Black de l’autrice canado-ghanéenne Esi Edugyan fera l’objet d’une adaptation télévisée. La mini-série sera disponible dans son intégralité à partir du 23 juillet 2025 sur Hulu (États-Unis) et sur Disney+ à l’international. Tous les épisodes de la première saison seront accessibles dès le jour de la sortie.

l’acteur Sterling K. Brown joue Medwin HarrisWashington Black saison 1 est une mini-série de huit épisodes qui suit le destin de George Washington « Wash » Black, un garçon de onze ans, doté d’un esprit scientifique exceptionnel, né esclave dans une plantation de canne à sucre à la Barbade. 

Le jeune Wash est interprété par Ernest Kingsley Jr, et l’acteur Sterling K. Brown joue Medwin Harris, son mentor à l’âge adulte. Tom Ellis incarne Christopher « Titch » Wilde, un inventeur abolitionniste qui prend Wash sous son aile.

Publié en 2018 (et en français en 2019), le roman Washington Black a remporté le prix Scotiabank Giller et a été finaliste du Booker Prize. Esi Edugyan est coproductrice de la minisérie. 

Née en 1978 à Calgary de parents ghanéens, Esi Edugyan est diplômée de l’Université de Victoria et de l’Université Johns Hopkins. Elle publie son premier roman en 2004, The Second Life of Samuel Tyne. En 2011, elle connaît un succès international avec Half-Blood Blues, qui évoque le sort des musiciens noirs sous le régime nazi. Washington Black est son troisième roman.

Le roman acclamé Washington Black de l’autrice canado-ghanéenne Esi Edugyan Résumé

La Barbade, 1830. À onze ans, Washington Black n’a d’autre horizon que le champ de canne à sucre de la plantation où il travaille avec d’autres esclaves. Quand le destin frappe à sa porte, c’est sous les traits de Titch, un scientifique anglais, jeune frère de son maître qui le choisit comme serviteur. Wash montre un talent inné pour le dessin et une curiosité d’esprit telle qu’il est promu assistant pour le projet fou de l’extravagant inventeur : construire un ballon dirigeable. Lorsqu’un vent mauvais les oblige à quitter précipitamment l’île à son bord, l’aventure prend un cours inattendu. Du pôle Nord à la Nouvelle-Écosse, de Londres à Amsterdam, plus qu’un voyage, c’est un parcours initiatique qui attend le jeune Wash, en ce siècle de découvertes. Mais le chemin le plus dur à parcourir sera celui qui le conduira vers la liberté, une liberté assumée et entière.

16 juillet 2025 0 Commentaires
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Ibrahim Coulibaly sacré champion du monde de poésie Consignas 2025
ActualitéAfrique de l'OuestAmérique LatinePoésie

Côte d’Ivoire : Ibrahim Coulibaly sacré champion du monde de poésie Consignas 2025 au Venezuela

par La redaction 16 juillet 2025
Rédigé par La redaction

L’Ivoirien Ibrahim Coulibaly, connu sous le pseudonyme El Sabio, a été sacré champion du monde de poésie lors de la deuxième édition du concours international « Consignas 2025 ».  Cette compétition s’est déroulée le 6 juillet 2025 au Venezuela sous le thème « Yes, The Youth Can ».

Un concours de poésie d’envergure internationale

Le championnat mondial de poésie-Consignas est une compétition internationale de poésie organisée en espagnol, qui rassemble des poètes issus des cinq continents. Il est organisé par le groupe international Consignas Escritores. 

L’édition 2025  a rassemblé près d’une centaine de poètes venus des cinq continents. La compétition s’est entièrement déroulée en ligne, pour permettre aux participants du monde entier de concourir depuis leur pays d’origine.

Ibrahim Coulibaly, le poète bilingue qui rend fier la Côte d’Ivoire

Ibrahim Coulibaly devient le premier africain à remporter le titre de champion du monde de poésie Consignas. Originaire de Bouaké, il est professeur d’espagnol au Groupe Scolaire Hope Nissi de Yabayo dans la région de Soubré.

L’écrivain ivoirien est l’auteur de plusieurs ouvrages en espagnol et en français, parmi lesquels le roman El Destino de Sinan (Ediciones Wanafrica, 2024) et le recueil de poèmes Gritos sin fronteras (África Joven, 2025).

La ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a reçu Ibrahim Coulibaly dans son cabinet le 15 juillet dernier. Elle a salué cette victoire avec enthousiasme et a souligné que « Sa plume a touché, son talent a séduit et son audace a tout emporté. ».

16 juillet 2025 2 Commentaires
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Édouard D. Kolié À travers l’histoire de Cécé, je voudrais interroger la jeunesse africaine face à la question universelle de l’identité culturelle.
AfriqueAfrique de l'OuestFictionInterviews

Édouard D. Kolié : « À travers l’histoire de Cécé, je voudrais interroger la jeunesse africaine face à la question universelle de l’identité culturelle. »

par Acèle Nadale 14 juillet 2025
Rédigé par Acèle Nadale

Dans Épîtres sous les tropiques, Édouard D. Kolié nous raconte l’histoire bouleversante du jeune Cécé qui écrit pour survivre, comprendre et transmettre. À travers une série de lettres, Cécé, pris entre héritage traditionnel et aspirations du monde moderne, il interroge son identité, sa mémoire, et la société qui l’entoure. Un roman épistolaire qui restitue une parole, une trajectoire marquée par l’initiation, les blessures de l’injustice, l’appel des ancêtres et les contradictions du monde contemporain.

Dans cet entretien, Édouard D. Kolié revient sur ses choix stylistiques, son vécu et le rôle fondamental de la parole ancestrale dans son écriture.

Afrolivresque : Le livre est une série de lettres. L’écriture aide Cécé, le personnage principal, à raconter son histoire. Pourquoi avez-vous choisi ce style narratif ?

Édouard D. Kolié : Ce genre permet d’entrer dans les pensées profondes des personnages. Bien que le récit soit basé sur une fiction, le style épistolaire permet de produire un effet de réalité tout en créant une connexion intime entre le lecteur et les personnages.

De façon plus spécifique, j’ai été, moi-même, à l’enfance, celui qui écrivait et traduisait les lettres dans mon village, à un moment où les téléphones n’étaient pas envisageables.

Afrolivresque : Cécé est pris entre plusieurs mondes. Celui de la tradition et celui de la modernité. Est-ce que l’écriture du roman a été pour vous une manière de réconcilier ces mondes ou d’en prendre distance ?

Édouard D. Kolié : À travers l’histoire de Cécé, je voudrais interroger la jeunesse africaine face à la question universelle de l’identité culturelle. Ce personnage symbolise à la fois les tourments et les aspirations de cette jeunesse perdue à la croisée des vents culturels. Au fil des pages, on s’apercevra que ce roman appelle au retour à la source d’une part et d’autre part à s’ouvrir aux autres cultures, car la véritable sagesse réside dans la capacité à concilier les deux.

Afrolivresque : Quels souvenirs, réels ou intimes, ont influencé les passages liés à l’initiation, à l’école, à l’université ou aux conflits de générations que traverse Cécé ?

Édouard D. Kolié : Ce roman est né de souvenirs. Ce sont d’abord, les souvenirs de mon enfance paradisiaque vécue dans une contrée perdue dans les méandres de la Forêt guinéenne. Une enfance mise en couleur par mes grands-parents maternels et mes compères de jeu. Ce sont ensuite, les souvenirs immortels de mon initiation dans la profonde forêt sacrée, mon passage dans le camp des initiés. Immortels souvenirs dont je ne peux, malheureusement, parler ici. Ce sont des choses de la forêt sacrée. Elles ne se racontent jamais, du moins aux profanes.
Enfin, à cela s’ajoutent les souvenirs de mes années d’études primaires, secondaires et universitaires.

Ce foisonnement de souvenirs a marqué le personnage principal et donné à son existence une motivation : celle de faire la promotion de sa culture d’une part, et d’autre part, de combattre l’injustice et les discriminions de toute sorte.

Afrolivresque : La parole des anciens, les proverbes, les contes rythment le texte sans jamais l’interrompre. Quelle place accordez-vous à ces outils dans votre propre rapport à l’écriture ?

Édouard D. Kolié : Les proverbes et les contes sont des moteurs de transmission de la sagesse populaire africaine. Dans le pays kpèlè, ils servent d’outils d’éducation, de conseils et aussi de divertissement. De ce fait, pour un roman qui se veut traditionnel, il se devrait d’être un outil de promotion de ces valeurs ancestrales. De plus, grâce à leur fonction rhétorique, ces genres oraux permettent de souligner certains messages avec un accent particulier de persuasion.

Afrolivresque : Vous avez été initié très jeune dans la forêt sacrée. En quoi cette expérience a-t-elle façonné votre regard d’écrivain, votre rapport au récit ou au silence ?

Édouard D. Kolié : En tout état de cause, cet arsenal de savoirs qui y est acquis demeure vivace dans la vie de tous les jours de l’initié auquel il se réfère constamment dans ses écrits tout comme dans son silence, sans jamais rien dévoiler. L’expérience de la forêt sacrée ne peut ni ne doit s’expliquer (aux profanes).

Afrolivresque : Écrire un roman comme celui-ci demande du temps, mais aussi une certaine position intérieure. Qu’est-ce qui, pour vous, rendait ce moment d’écriture nécessaire ?

Édouard D. Kolié :D’abord, mon envie incessante de donner à lire ma culture, puis mon envie de participer aux luttes sociales pour défendre tous ceux dont on rabaisse ou bafoue les valeurs au nom de leur appartenance quelconque, pour que l’homme cesse de prendre pour un dieu en considérant les autres comme des bêtes. Pour que l’homme soit simplement homme, pas un dieu ou une bête, peu importe son origine et sa destinée, peu importe sa vision du monde et quelles qu’en soient les manières.

Vous pouvez vous procurer Épîtres sous les tropiques d’Édouard D. Kolié en suivant ce lien.

14 juillet 2025 1 Commenter
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Leila Aboulela remporte le PEN Pinter Prize 2025
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Soudan : Leila Aboulela remporte le PEN Pinter Prize 2025

par La redaction 14 juillet 2025
Rédigé par La redaction

L’écrivaine soudanaise Leila Aboulela a été désignée lauréate du PEN Pinter Prize 2025, une récompense décernée par l’organisation britannique English PEN qui défend la liberté d’expression à travers le monde. L’annonce a été faite le 9 juillet 2025 lors de la soirée d’été d’English PEN à l’October Gallery de Londres. À cette occasion, les acteurs Khalid Abdalla et Amira Ghazalla ont lu des extraits de l’œuvre de l’autrice.

L’œuvre engagée de Leila Aboulela, entre littérature, foi et liberté d’expression

Née au Caire en 1964, Leila Aboulela a grandi à Khartoum avant de s’installer en Écosse en 1990. Elle s’est imposée sur la scène littéraire dès son premier roman, The Translator (La Traductrice aux éditions Zoé), paru en 1999. Depuis, elle a publié plusieurs romans traduits dans plus de quinze langues, dont Minaret (Flammarion), Lyrics Alley (lauréat des Scottish Book Awards), Bird Summons et River Spirit, ainsi que le recueil de nouvelles Elsewhere, Home, récompensé par le Saltire Fiction Book of the Year Award.

Son œuvre, centrée sur la spiritualité musulmane, la migration et les trajectoires féminines, interroge la place de la foi dans des sociétés laïques et souvent méfiantes envers la différence. Dans sa déclaration d’acceptation, elle a affirmé :

Je suis honorée par ce prix créé en mémoire d’Harold Pinter, un grand auteur qui suscite toujours respect et intérêt. Pour quelqu’un comme moi – une immigrante soudanaise musulmane qui écrit d’un point de vue religieux en sondant les limites de la tolérance laïque – cette distinction est importante. Elle élargit et approfondit la signification de la liberté d’expression et fait entendre d’autres récits, souvent ignorés dans la littérature contemporaine. 

Le PEN Pinter Prize rend hommage à la liberté d’expression

Le PEN Pinter Prize est un prix littéraire annuel créé en 2009 par l’organisation britannique English PEN, en hommage au dramaturge et lauréat du Nobel Harold Pinter. Il récompense un écrivain ou une écrivaine résidant au Royaume-Uni, en République d’Irlande ou dans le Commonwealth, dont l’œuvre, écrite en anglais, se distingue par une « regard inébranlable » sur le monde et une « détermination intellectuelle farouche à définir la véritable réalité de nos vies et de nos sociétés », selon les mots du discours Nobel de Pinter. 

Le PEN Pinter Prize 2025 sera officiellement remis à Leila Aboulela le 10 octobre 2025 à la British Library, date anniversaire de la naissance du dramaturge Harold Pinter. Lors de cette cérémonie, elle désignera également le lauréat du Writer of Courage Award, une distinction parallèle décernée à une personne persécutée pour avoir exprimé ses idées, en partenariat avec le comité Writers at Risk d’English PEN.

Leila Aboulela succède à l’autrice indienne Arundhati Roy, lauréate 2024, et rejoint une lignée prestigieuse qui comprend entre autres Malorie Blackman (2022), Tsitsi Dangarembga (2021) et Chimamanda Ngozi Adichie (2018). 

14 juillet 2025 0 Commentaires
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Cette chronique de Baltazar Noah fait l'autopsie un effondrement organisé du secteur du livre au Cameroun
AfriqueAfrique Centrale

Cameroun – Écrivons, publions, disparaissons : autopsie d’un effondrement organisé !

par Baltazar Noah 9 juillet 2025
Rédigé par Baltazar Noah

Au Cameroun, écrire relève de l’acte de foi. Publier tient du pari. Être lu tient du miracle. Entre l’auteur précarisé, l’éditeur essoufflé et la critique quasi inexistante, la chaîne du livre ressemble davantage à un champ de ruines qu’à une industrie culturelle. Cette chronique ne plaide pas : elle autopsie. Elle est l’expression de mon appel à rompre — frontalement — avec le mensonge organisé d’un système, rouillé et à bout, qui maquille l’effacement littéraire en vitalité.

Au Cameroun, on écrit comme on respire : pour survivre. Mais publier y est un acte de perte. Diffuser, une utopie. Être lu relève de la légende. Le roman, la chronique, le poème, l’essai sociopolitique… tout ce qui sort d’une plume engagée ou non meurt sur les rives du silence. Étranglé par l’absence de politique, enterré sous la poussière de la non-circulation, suspendu dans un ciel sans lectorat.
L’expression « chaîne du livre » est ici une antiphrase. Il n’y a pas de chaîne, il n’y a pas de livre. Il y a des actes isolés, des publications au compte-gouttes, des éditeurs devenus comptables, des auteurs transformés en distributeurs ambulants, des lecteurs orphelins d’un système qui ne s’est jamais construit. Le tout servi par une classe dirigeante pour qui « littérature » rime avec « folklore », et par une élite molle, plus pressée de « paraître éditée » que de bâtir un monde lisible.
Rien n’est accidentel. Ce n’est pas une panne. C’est un programme. Une stratégie de déshérence intellectuelle, patiemment normalisée. Voilà pourquoi il ne s’agit plus de dénoncer un retard. Il s’agit de nommer une politique de sabotage.

Tout est en place pour que rien ne tienne

Il faut revenir aux faits bruts. Le nombre total de librairies spécialisées dans le livre généraliste au Cameroun est inférieur à 30, concentrées à 90 % entre Yaoundé et Douala. En dehors de ces centres, il n’existe aucun véritable circuit structuré de diffusion littéraire. Dans des villes comme Ebolowa, Garoua, Maroua, Bertoua ou Batouri un auteur camerounais contemporain, publié trois mois plutôt, est plus difficile à trouver qu’un « roman sud-africain traduit en norvégien ». Ce n’est pas une image : c’est un relevé de terrain.
Les auteurs, eux, survivent dans l’ombre. Sans rémunération. Sans système de sécurité sociale. Sans couverture contractuelle. Le cas de Guillaume Oyono Mbia de regrettée mémoire, avec qui nous avons travaillé dans le cadre de la réalisation d’un film documentaire, en est un exemple direct. Pour publier, il faut payer. Pour diffuser, supplier. Pour être chroniqué, prier. Certains vont jusqu’à offrir 10 exemplaires de leur propre livre à des journalistes ou influenceurs dans l’espoir d’un post Facebook. Ceux qui refusent de « participer aux frais » n’existent tout simplement pas.
Quant aux éditeurs, ils se battent pour survivre sur un sol administratif miné, qui réduit leur chance dans la production. Les droits de douanes ? Un autre chemin de croix. Pas de subventions durables. Pas de lignes budgétaires claires dans les politiques publiques. Pas de mécanismes d’achat institutionnel. Pas de commandes scolaires pour les œuvres camerounaises. Conséquence : le Cameroun perd plus de 500 milliards de F.CFA par an.
Dans les écoles, on enseigne Maupassant, Camus, Molière. Mais Mongo Beti, Sengat Kuo, Haman Mana, Bernard Nnanga, Patrice Nganang ou Philombé ne sont lus que sur recommandation nostalgique et/ou militante. Et pourtant, les ministères de la culture, de l’éducation de base et de l’enseignement secondaire parlent de « valorisation de la production locale ». Jusqu’à quand allons-nous confondre « valoriser » et « ignorer avec élégance » ?

Effondrement n’est pas le mot. Il faut parler de sabotage.

Il ne s’agit pas seulement de défaillances techniques. Il s’agit d’un « schéma ». Une architecture d’inertie pensée pour que rien ne circule. L’État ne finance pas. L’élite n’investit pas. Les bibliothèques ferment ou se figent. L’université, quant à elle, a tourné le dos aux littératures vivantes.
Dans les départements de lettres modernes dans nos universités, les étudiants lisent Balzac, Ionesco, Zola. Très peu d’auteurs camerounais sont proposés à la lecture, et lorsqu’ils le sont, ce sont souvent ceux adoubés par les cercles littéraires parisiens du « Quartier latin ». On forme ainsi des lecteurs qui auront exploré toute la dramaturgie européenne avant d’avoir ouvert le moindre recueil de poésie de leur propre pays. Il y a dans cette architecture universitaire et scolaire un refus du présent — et un mépris glacial pour la production camerounaise contemporaine.
Et pourtant, nos auteurs existent. Publient. Pensent. Créent. Depuis plus de vingt ans, les Camerounais remportent des prix internationaux majeurs. Mais ces distinctions ne résonnent pas dans les murs de notre système éducatif : nos écoles, nos universités, nos bibliothèques. Rien. Elles ne provoquent ni révision des programmes, ni commandes publiques, ni plan de réimpression. Nos intellectuels vivent en exil — chez eux.
Que dire des critiques littéraires ? Rares. Sous-payés. Sans plateforme nationale pérenne. Aucun organe ne dispose d’un espace hebdomadaire garanti pour parler des livres camerounais. À quand remonte la dernière émission publique digne de ce nom consacrée à la sortie d’un recueil de nouvelles ? Le dernier débat sur l’essai d’un jeune chercheur du pays profond ? Il ne s’agit plus d’oubli. Il s’agit d’effacement. De sabotage !

Trois ruptures. Non négociables.

Il faut en finir avec les demi-mesures. Ce pays n’a pas besoin d’activités littéraires sponsorisées par une marque de téléphonie et snobée par l’Etat, nous faisons allusion, entre autres, à la semaine de la Littérature africaine au Cameroun qui se déroule depuis 2021. Il a besoin d’un choc structurel, loin des promesses politiques sans lendemain et des projets de loi voués à l’oubli avant même leur naissance.

  1. Créer un Fonds national d’appui à l’édition et à la circulation du livre camerounais, doté d’au moins 1 milliard FCFA par an. Pas une ligne symbolique dans un budget ministériel. Un fonds structurant, doté d’un comité d’experts, financé à hauteur du désastre. Il doit servir à financer les éditeurs sérieux, les imprimeries professionnelles, les diffuseurs engagés. Pas de copinage. Pas de clientélisme. Des appels à projets, des redevabilités vérifiables, et un système de suivi numérique des ventes et de la circulation effective.
  2. Rendre obligatoire la présence d’au moins 30 % d’œuvres camerounaises contemporaines dans tous les établissements publics de lecture : lycées, bibliothèques, universités. La politique d’achat publique ne doit plus renforcer la dépendance. Elle doit réparer. Commander local, lire local, penser depuis soi : c’est un acte de souveraineté. Ceux qui enseignent la littérature camerounaise doivent être formés. Ceux qui rédigent les programmes doivent cesser de penser que seule l’Europe et leurs copains méritent d’être lus sans accent.
  3. Réinscrire la lecture critique dans les programmes scolaires dès la classe de 4e, avec un accent particulier sur la littérature camerounaise contemporaine. On ne forme pas des lecteurs passifs. On forme des penseurs. Des citoyens capables d’interroger, d’interpréter, de critiquer. La lecture critique est une école de souveraineté intellectuelle. Elle doit être promue comme une matière essentielle. Pas comme un supplément d’âme.

Ce n’est pas une politique culturelle : c’est une extinction programmée

Nous n’avons plus le luxe de la tiédeur. Le luxe de l’attente. Le luxe des promesses floues. Nous avons dilapidé notre crédit symbolique, gaspillé les élans spontanés, usé jusqu’à la corde les bonnes volontés. L’heure n’est plus à « valoriser la lecture ». L’heure est à organiser, structurer, investir, bâtir. Sérieusement. Stratégiquement. Durablemement !
Il n’y a pas de filière du livre au Cameroun. Ce constat est brutal. Il doit cesser d’être nié. Il n’y a pas de système éditorial avec des maillons articulés. Pas d’écosystème viable qui relie écriture, édition, critique, distribution, lectorat, mémoire. Il y a des gestes de survie. Des envolées solitaires. Des éclats. Des talents orphelins. Des manuscrits errants.
Ce que nous appelons encore, avec une indulgence ironique, « chaîne du livre » est en réalité une corde raide. On la traverse seul, les yeux fermés, en espérant que le vent ne se lève pas. Aucune instance ne sécurise la démarche. Aucune structure ne relaie l’élan. Aucune politique ne soutient la traversée. C’est une aventure sans carte, sans boussole, sans filet.
Et pendant ce temps, nous continuons de perdre. Des voix. Des pages. Des mémoires. Des promesses. Nous perdons chaque jour la possibilité d’un avenir pensé depuis nos mots.
Alors il faut le dire une bonne fois : il est temps de construire. Une chaîne solide. Une politique du livre. Un marché. Une critique. Des prix crédibles. Une diffusion organisée. Il faut faire pour la littérature ce que nous prétendons vouloir pour l’économie : industrialiser, accompagner, connecter, distribuer, stimuler.
Sinon — et le risque est déjà là — nous continuerons de faire ce que nous faisons déjà si bien : Écrire. Publier. Disparaître. En silence. Avec dignité. Avec talent. Mais dans le vide !

9 juillet 2025 3 Commentaires
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